AVATAR
Torren McGregor
Statut :
Sang-Mélé
Naissance :
04 août 2039
Nationalité :
Écossaise
Résidence :
Achachork, Écosse
Fonction :
Première année, Poufsouffle
Baguette :
31,1 cm en bois de cerisier et plume d’oiseau tonnerre
Le vent glissait encore au ras des landes quand Torren referma son carnet. Le garçon, onze ans à peine, le visage clair constellé de taches de rousseur, fixait les collines qui s’inclinaient vers le loch. Sa chevelure brune, épaisse et un peu en bataille, encadrait des yeux vert-gris profonds comme l’eau. Un manteau de laine trop grand pour lui et un pantalon de toile usé le protégeaient du froid. Son carnet, usé par le temps, restait toujours sur ses genoux, prêt à recueillir la moindre observation.

Derrière les maisons de Portree, le ciel gris pâle se teintait déjà de rose. Ses fins d'après midi se terminaient souvent ainsi, dans un silence presque total. Presque... Un léger froissement monta de sa manche. Linn venait de bouger. Lové autour de son poignet, il semblait toujours plus éveillé quand la nuit tombait. Linn n’était pas un animal ordinaire, c'était un orvet, semblable à un petit serpent sans pattes, à la peau d’un gris bleuté presque translucide, et aux yeux sombres. Torren l’avait découvert au bord d’un ruisseau, il y a maintenant plus d’un an, immobile mais bien vivant. Depuis ce jour, ils ne s’étaient plus quittés. Linn passait ses journées roulé dans la manche de Torren, blotti dans la poche intérieure de son manteau, ou autour de son poignet. Silencieux, attentif... comme Torren lui-même.

Torren McGregor n’était pas le genre de garçon que l’on remarque au premier coup d’œil. Ni grand, ni bruyant. Il ne courait pas, ne criait pas, ne cherchait pas à se faire remarquer. Il était comme un galet lisse sur la mousse : discret, ancien, à sa place.
Ce calme, il ne le devait pas au hasard. Il avait grandi dans un foyer où l’on parlait bas, où l’on écoutait plus qu’on ne coupait la parole.
Shona, sa mère, ne savait presque rien du monde magique, mais elle n’avait jamais redouté le métier singulier de son mari. Quand celui-ci partait en mission, elle assurait le quotidien seule. Ces périodes renforçaient le lien entre elle et son fils : longues balades sur les sentiers côtiers, initiation aux plantes comestibles et médicinales, récits mêlant légendes locales et vérités oubliées.
Pour Torren, elle représentait cette présence ferme et rassurante, celle qui attend au seuil de la maison lorsque la brume s’installe ou que les vagues deviennent trop hautes.
Son père, Ewan, était magizoologiste, spécialiste des créatures souterraines, souvent envoyé en mission loin de chez eux. Quelques mois plus tôt, il avait été envoyé dans une région reculée de l'Islande pour enquêter sur un « phénomène géomagique inquiétant », selon les journaux sorciers, qui n’en donnèrent pourtant jamais la moindre explication claire. Torren n’en sut jamais les détails, son père ne les partagea pas, et personne ne l’y encouragea. Pourtant, il revint changé. Parfois, ses phrases s’interrompaient sans raison, son regard se perdait dans le vide, comme accroché à un souvenir trop lourd. Torren, sans comprendre, avait appris à s’asseoir près de lui dans ces instants-là, en silence, acceptant ce qu’il ne pouvait pas savoir.

Tous trois vivaient dans un petit hameau isolé, sur la côte Est de l’île de Skye, non loin d'Achachork. Leur maison, accrochée à la colline, dominait un loch paisible. Les murs de pierre s’ornaient de volets grinçants, et autour, les herbes hautes frémissaient sans trêve sous le souffle marin. Entre bruyères, genévriers et pins noueux, Torren passait ses journées à observer, écouter, comprendre.

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La rentrée approchait. La lettre de Poudlard patientait sur le bureau. Pourtant, ce soir-là encore, Torren restait dehors, assis sur un rocher moussu, le regard perdu vers le loch, comme on contemple une chose ancienne, endormie.
Il n’était pas pressé. Il avait le temps.