Sinuosité
3 juin 2044
Toilettes des filles — Poudlard
3ème année
« C'était ennuyant, soupiré-je en suivant du regard deux garçons qui passent devant moi. Vraiment ennuyant. »
Postée devant les toilettes des filles, les bras croisés et un pied négligemment appuyé contre le mur, je surveille les gens qui passent et repassent devant moi. Quand, pour la énième fois, une fille me frôle pour rentrer dans les toilettes un grognement m'échappe ; impossible d'aller pisser en paix dans cette école ! Les toilettes sont bondées, des troupeaux y entrent, envahissent tout l'espace ; les filles rient, discutent et que sais-je encore ? Comme s'il était absolument impossible de faire toutes ces choses ailleurs.
« Tant mieux, cela signifie que tu as le niveau. »
Je lance un regard ennuyé au tout petit Mngwi qui est assis par terre, près de moi. Lui aussi regarde les autres passer, mais il le fait sans doute avec un intérêt plus grand que le mien. Certains abrutis le regardent et chuchotent en passant devant nous. Heureusement, personne ne s'est arrêté pour lui parler.
« Mh, » fis-je d'un ton agacé.
La matinée s'est écoulée rapidement. Tous les étudiants sont sortis de leur examen, sauf peut-être ceux des années les plus élevées, et les couloirs grouillent de monde. *Et les toilettes*, maugréé-je encore une fois. J'ai eu mon épreuve théorique de sortilège, ce matin. Et j'en suis ressortie plus affligée que jamais, après un temps infini d'attente barbante ; Zikomo dit que j'aurais dû relire mes réponses pour être certaine de ce que j'avais écris au lieu d'attendre sans ne rien faire. Mais il ne sait pas, lui. Il ne sait pas qu'il a été si facile de répondre aux questions qu'il était absolument inutile de me relire. Il ne sait pas ce que c'est que de répondre à des questions aussi bêtes.
Bête, c'est le mot.
Il n'y avait aucun enjeu à cet examen, aucun défi. Rien. Seulement les réponses automatiques que j'ai donné à ces questions débiles et simplettes. Et dire qu'un Autre est sorti de la salle les larmes aux yeux et paniqué.
Un groupe bruyant de filles sort des toilettes et je tourne paresseusement la tête sur leur passage. L'une d'elle me regarde avec insistance et je résiste à l'envie de lui grimacer au visage. Je me contente de tourner la tête de l'autre côté et bientôt elle disparaît à l'angle du couloir avec son groupe. Si personne d'autre ne rentre dans les sanitaires, je pourrais bientôt y aller me soulager sans devoir subir toutes ces personnes étouffantes. C'est vraiment insupportable.
Ce matin, j'ai entendu certains sixième année de Poufsouffle dire que les examens n'auraient pas dû être maintenus. Qu'il était inutile de passer son temps assis le cul sur une chaise alors que le monde dehors allait mal. Il y en a même une qui a dit qu'elle était bien trop crevé pour passer ses examens, car elle passait trop de temps à s'entraîner au duel.
Cette conversation surprise au petit déjeuner a occupé mon temps d'attente en sortilège. J'y ai repensé et, après m'être dit qu'il fallait être idiot pour attendre que le monde aille mal pour s'entraîner, je me suis demandé l'intérêt de tout cela. Après tout, c'est pas comme si cette fille allait se battre demain, non ? Poudlard est protégé et ce n'est tout de même pas la guerre dehors. J'en ai conclu que cette Autre était une angoissée.
Mais cela n'empêche en rien mes pensées de s'entortiller dans mon crâne : et si Poudlard est attaqué, saurais-je me défendre ?
L'esprit ailleurs, le regard posé sur un groupe de Grands qui discutent passionnément à l'autre bout du couloir, je demande à Zikomo :
« Dis, on va s'faire une séance plus tard ? »
Je sens le regard du Mngwi sur moi. Je sais qu'il préfèrerait que je révise, même si je me tue à lui dire que cela est inutile, que je sais bien plus que ce qu'ils demandent dans leur examen — et j'ai passé suffisamment de temps ces dernières semaines à réviser tout le programme de troisième et de deuxième année.
« Ça pourrait attendre la fin de tes examens, non ? » me répond Zikomo d'un ton sérieux.
Je baisse la tête sur lui. Le museau dressé au ciel, il me regarde. Un petit sourire déforme mon visage ; comme souvent quand je regarde Zik, mon coeur sursaute de bonheur.
« Non, » dis-je sur un ton espiègle. Il me regarde d'un air impassible, mais je divine à la façon dont il bouge ses moustaches qu'on ira s'entraîner en fin de journée ; et qu'il y prendra autant de plaisir que moi.
Plusieurs fois ces derniers temps, il m'a accompagné dans la salle désaffectée pour m'aider à m'entraîner à créer un golem de pierre à la seule aide de ma magie. Il faut dire qu'il a passé des années en compagnie de Nyakane et qu'il s'y connait en magie élémentaire ; ses conseils sont les meilleurs que l'on pourrait me prodiguer. J'ai passé des heures à m'épuiser sur cet entraînement. Zikomo, il n'aime pas quand je passe trop de temps là-bas. Un jour, il m'a dit qu'il détestait me voir me faire du mal ainsi. Je n'ai pas compris et je ne comprends toujours pas : je ne me fais pas mal en apprenant, au contraire, c'est la chose qui me rend la plus heureuse au monde.
Une autre fille sort des toilettes. Elle m'offre un sourire en passant près de moi et je ne lui rend pas. Avant que la porte ne se referme, j'ai le temps d'apercevoir quatre ou cinq gamines ameutées devant les lavabos. Un soupir au bord des lèvres, je fais pianoter mes doigts sur mon bras. Merlin, je vais perdre patience.
Toilettes des filles — Poudlard
3ème année
« C'était ennuyant, soupiré-je en suivant du regard deux garçons qui passent devant moi. Vraiment ennuyant. »
Postée devant les toilettes des filles, les bras croisés et un pied négligemment appuyé contre le mur, je surveille les gens qui passent et repassent devant moi. Quand, pour la énième fois, une fille me frôle pour rentrer dans les toilettes un grognement m'échappe ; impossible d'aller pisser en paix dans cette école ! Les toilettes sont bondées, des troupeaux y entrent, envahissent tout l'espace ; les filles rient, discutent et que sais-je encore ? Comme s'il était absolument impossible de faire toutes ces choses ailleurs.
« Tant mieux, cela signifie que tu as le niveau. »
Je lance un regard ennuyé au tout petit Mngwi qui est assis par terre, près de moi. Lui aussi regarde les autres passer, mais il le fait sans doute avec un intérêt plus grand que le mien. Certains abrutis le regardent et chuchotent en passant devant nous. Heureusement, personne ne s'est arrêté pour lui parler.
« Mh, » fis-je d'un ton agacé.
La matinée s'est écoulée rapidement. Tous les étudiants sont sortis de leur examen, sauf peut-être ceux des années les plus élevées, et les couloirs grouillent de monde. *Et les toilettes*, maugréé-je encore une fois. J'ai eu mon épreuve théorique de sortilège, ce matin. Et j'en suis ressortie plus affligée que jamais, après un temps infini d'attente barbante ; Zikomo dit que j'aurais dû relire mes réponses pour être certaine de ce que j'avais écris au lieu d'attendre sans ne rien faire. Mais il ne sait pas, lui. Il ne sait pas qu'il a été si facile de répondre aux questions qu'il était absolument inutile de me relire. Il ne sait pas ce que c'est que de répondre à des questions aussi bêtes.
Bête, c'est le mot.
Il n'y avait aucun enjeu à cet examen, aucun défi. Rien. Seulement les réponses automatiques que j'ai donné à ces questions débiles et simplettes. Et dire qu'un Autre est sorti de la salle les larmes aux yeux et paniqué.
Un groupe bruyant de filles sort des toilettes et je tourne paresseusement la tête sur leur passage. L'une d'elle me regarde avec insistance et je résiste à l'envie de lui grimacer au visage. Je me contente de tourner la tête de l'autre côté et bientôt elle disparaît à l'angle du couloir avec son groupe. Si personne d'autre ne rentre dans les sanitaires, je pourrais bientôt y aller me soulager sans devoir subir toutes ces personnes étouffantes. C'est vraiment insupportable.
Ce matin, j'ai entendu certains sixième année de Poufsouffle dire que les examens n'auraient pas dû être maintenus. Qu'il était inutile de passer son temps assis le cul sur une chaise alors que le monde dehors allait mal. Il y en a même une qui a dit qu'elle était bien trop crevé pour passer ses examens, car elle passait trop de temps à s'entraîner au duel.
Cette conversation surprise au petit déjeuner a occupé mon temps d'attente en sortilège. J'y ai repensé et, après m'être dit qu'il fallait être idiot pour attendre que le monde aille mal pour s'entraîner, je me suis demandé l'intérêt de tout cela. Après tout, c'est pas comme si cette fille allait se battre demain, non ? Poudlard est protégé et ce n'est tout de même pas la guerre dehors. J'en ai conclu que cette Autre était une angoissée.
Mais cela n'empêche en rien mes pensées de s'entortiller dans mon crâne : et si Poudlard est attaqué, saurais-je me défendre ?
L'esprit ailleurs, le regard posé sur un groupe de Grands qui discutent passionnément à l'autre bout du couloir, je demande à Zikomo :
« Dis, on va s'faire une séance plus tard ? »
Je sens le regard du Mngwi sur moi. Je sais qu'il préfèrerait que je révise, même si je me tue à lui dire que cela est inutile, que je sais bien plus que ce qu'ils demandent dans leur examen — et j'ai passé suffisamment de temps ces dernières semaines à réviser tout le programme de troisième et de deuxième année.
« Ça pourrait attendre la fin de tes examens, non ? » me répond Zikomo d'un ton sérieux.
Je baisse la tête sur lui. Le museau dressé au ciel, il me regarde. Un petit sourire déforme mon visage ; comme souvent quand je regarde Zik, mon coeur sursaute de bonheur.
« Non, » dis-je sur un ton espiègle. Il me regarde d'un air impassible, mais je divine à la façon dont il bouge ses moustaches qu'on ira s'entraîner en fin de journée ; et qu'il y prendra autant de plaisir que moi.
Plusieurs fois ces derniers temps, il m'a accompagné dans la salle désaffectée pour m'aider à m'entraîner à créer un golem de pierre à la seule aide de ma magie. Il faut dire qu'il a passé des années en compagnie de Nyakane et qu'il s'y connait en magie élémentaire ; ses conseils sont les meilleurs que l'on pourrait me prodiguer. J'ai passé des heures à m'épuiser sur cet entraînement. Zikomo, il n'aime pas quand je passe trop de temps là-bas. Un jour, il m'a dit qu'il détestait me voir me faire du mal ainsi. Je n'ai pas compris et je ne comprends toujours pas : je ne me fais pas mal en apprenant, au contraire, c'est la chose qui me rend la plus heureuse au monde.
Une autre fille sort des toilettes. Elle m'offre un sourire en passant près de moi et je ne lui rend pas. Avant que la porte ne se referme, j'ai le temps d'apercevoir quatre ou cinq gamines ameutées devant les lavabos. Un soupir au bord des lèvres, je fais pianoter mes doigts sur mon bras. Merlin, je vais perdre patience.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 11 déc. 2020, 12:36, modifié 2 fois.
Sinuosité
Ce post a été supprimé car incohérent. Navrée pour la gêne occasionnée. Sur concertation avec Aelle Bristyle, le RP se transforme en SOLO.
Merci de bien vouloir supprimer ce post si vous passez par-là, je n'en ai pas la possibilité.
Maisie.
Merci de bien vouloir supprimer ce post si vous passez par-là, je n'en ai pas la possibilité.
Maisie.
Dernière modification par Maisie Wilbury le 13 févr. 2020, 11:23, modifié 3 fois.
Griffes et crocs, griffes et coeurs, Gryff' vainqueurs.
Code couleur : #4C1130
Sinuosité
Une fille rentre dans les toilettes. Elle y rentre. Ne vient-elle pas d’en sortir ? Pourquoi elle y retourne ? Par Merlin, qu’a-t-elle de si important à faire dans ces foutus toilettes ? Excédée, je laisse tomber ma tête contre le mur et ferme les yeux.
« ‘Fait chier, » sifflé-je entre mes dents.
Je devais aller dans la Grande Salle. Ou la bibliothèque. Ou la salle d’étude. Je devais y aller pour voir si Thalia y était. C’est tout simple. Je devais seulement la trouver quelque part, aller m’asseoir quelques minutes avec elle. Elle serait en train de lire, peut-être. Et moi j’aurais fait semblant de lire également. C’est tout.
Et là, je dois attendre d’aller pisser. Non, je dois attendre que toutes ces filles bêtes abandonnent leur siège et me laissent pénétrer dans les toilettes. A cause d’elles, je perds un temps phénoménale.
« Je pensais que les Poufsouffle étaient patients ? »
Je jette un regard noir au Mngwi. Combien de fois m’a-t-il dit cette phrase ? Un nombre incalculable. Pour lui, qui est resté des années et des années enfermé dans un talisman avec pour seule occupation d’aller visiter les rêves à des gamins, c’est facile d’être patient. Il a eu tout le temps d’apprendre. Moi, je n’ai pas le temps, je n’en ai pas l’envie. A être trop patient, on s’encroute. C’est ennuyant, la patience.
« Ouais, bah selon beaucoup d’gens j’suis même pas digne de Poufsouffle alors ça doit expliquer l’problème, » dis-je sur un ton hargneux.
Zikomo n’a pas même le temps de m’envoyer sa réplique dans la tête qu’une fille arrive près de nous. Contrairement à toutes les autres, elle ne rentre pas dans les cabinets. Elle se place derrière nous et attend. Elle est bien trop proche. Et elle a l’air bien pressé.
*Bah tu vas attendre, j’te l’dis, moi*. Je la toise. A mes pieds, je sens le regard de Zikomo sur moi. Je sais qu’il sait. Il sait que ma patience a atteint ses limites.
« Eh ! fis-je pour interpeller l’Autre. R’garde où tu marches, tu veux ? Si t’avances encore, tu vas l’écraser ! »
Je baisse la tête pour regarder Zikomo, si petit entre nous deux. Ce n’est qu’une impression. Calmement assis, il me jete un regard insondable ; il a toujours l’air plus grand qu’il ne l’est, Zik. Il paraît toujours fort et sûr de lui. Enfin, la plupart du temps.
Je lève les yeux au ciel avant même qu’il parle.
« Ne t’en fais pas, sourit Zikomo à la fille. Tu ne me déranges pas. »
J’ai beau montrer un visage agacé et m’énerver à la moindre parole du petit Mngwi, je suis rassurée, chaque jour qui passe, de voir qu’il me connaît aussi bien. C’est le seul à me connaître. Le seul. Il sait écouter ce que cachent mes paroles, il sait me rassurer, il sait me comprendre. Il sait tout de moi. Presque tout. Zikomo, il me comprend tellement qu’il n’est jamais en colère, jamais. Presque jamais. C’est pour ça qu’il ne sera jamais un Autre.
Je ne jette qu'un vague regard à l'inconnue près de moi. Aussitôt le regard détourné, elle quitte mon esprit et je peux me concentrer sur ma grande et folle impatience. Les signes de cette dernière peuvent aisément se remarquer sur mon corps : ma jambe bat à un rythme fou et mes doigts pianotent le long de ma jambe. Régulièrement, je jette un regard sombre en direction de la porte des toilettes, comme si cela pouvait faire se dépêcher les filles y étant enfermées. Mais je sais que cela ne fonctionnera pas. À l'heure de pointe, le temps semble toujours se ralentir, se ralentir ; le fait que l'on soit en période d'examen ne change rien à cela, ce qui a de quoi m'exaspérer — les gens devraient avoir autre à faire, étudier par exemple ! S'ils ne passaient pas autant de temps dans les chiottes, peut-être les Autres seraient-ils moins cons.
« ‘Fait chier, » sifflé-je entre mes dents.
Je devais aller dans la Grande Salle. Ou la bibliothèque. Ou la salle d’étude. Je devais y aller pour voir si Thalia y était. C’est tout simple. Je devais seulement la trouver quelque part, aller m’asseoir quelques minutes avec elle. Elle serait en train de lire, peut-être. Et moi j’aurais fait semblant de lire également. C’est tout.
Et là, je dois attendre d’aller pisser. Non, je dois attendre que toutes ces filles bêtes abandonnent leur siège et me laissent pénétrer dans les toilettes. A cause d’elles, je perds un temps phénoménale.
« Je pensais que les Poufsouffle étaient patients ? »
Je jette un regard noir au Mngwi. Combien de fois m’a-t-il dit cette phrase ? Un nombre incalculable. Pour lui, qui est resté des années et des années enfermé dans un talisman avec pour seule occupation d’aller visiter les rêves à des gamins, c’est facile d’être patient. Il a eu tout le temps d’apprendre. Moi, je n’ai pas le temps, je n’en ai pas l’envie. A être trop patient, on s’encroute. C’est ennuyant, la patience.
« Ouais, bah selon beaucoup d’gens j’suis même pas digne de Poufsouffle alors ça doit expliquer l’problème, » dis-je sur un ton hargneux.
Zikomo n’a pas même le temps de m’envoyer sa réplique dans la tête qu’une fille arrive près de nous. Contrairement à toutes les autres, elle ne rentre pas dans les cabinets. Elle se place derrière nous et attend. Elle est bien trop proche. Et elle a l’air bien pressé.
*Bah tu vas attendre, j’te l’dis, moi*. Je la toise. A mes pieds, je sens le regard de Zikomo sur moi. Je sais qu’il sait. Il sait que ma patience a atteint ses limites.
« Eh ! fis-je pour interpeller l’Autre. R’garde où tu marches, tu veux ? Si t’avances encore, tu vas l’écraser ! »
Je baisse la tête pour regarder Zikomo, si petit entre nous deux. Ce n’est qu’une impression. Calmement assis, il me jete un regard insondable ; il a toujours l’air plus grand qu’il ne l’est, Zik. Il paraît toujours fort et sûr de lui. Enfin, la plupart du temps.
Je lève les yeux au ciel avant même qu’il parle.
« Ne t’en fais pas, sourit Zikomo à la fille. Tu ne me déranges pas. »
J’ai beau montrer un visage agacé et m’énerver à la moindre parole du petit Mngwi, je suis rassurée, chaque jour qui passe, de voir qu’il me connaît aussi bien. C’est le seul à me connaître. Le seul. Il sait écouter ce que cachent mes paroles, il sait me rassurer, il sait me comprendre. Il sait tout de moi. Presque tout. Zikomo, il me comprend tellement qu’il n’est jamais en colère, jamais. Presque jamais. C’est pour ça qu’il ne sera jamais un Autre.
Je ne jette qu'un vague regard à l'inconnue près de moi. Aussitôt le regard détourné, elle quitte mon esprit et je peux me concentrer sur ma grande et folle impatience. Les signes de cette dernière peuvent aisément se remarquer sur mon corps : ma jambe bat à un rythme fou et mes doigts pianotent le long de ma jambe. Régulièrement, je jette un regard sombre en direction de la porte des toilettes, comme si cela pouvait faire se dépêcher les filles y étant enfermées. Mais je sais que cela ne fonctionnera pas. À l'heure de pointe, le temps semble toujours se ralentir, se ralentir ; le fait que l'on soit en période d'examen ne change rien à cela, ce qui a de quoi m'exaspérer — les gens devraient avoir autre à faire, étudier par exemple ! S'ils ne passaient pas autant de temps dans les chiottes, peut-être les Autres seraient-ils moins cons.
- Fin -