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16 avr. 2020, 23:47
Et nos Corps fleuriront en Larmes  PV + 
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Commencement
6 février 2045,
Dortoir de Serdaigle


Cela faisait 32.
32 nuits où Elle revenait dans ses rêves.
32 soirées où une chaleur bienheureuse lui inondait le corps quand elle pensait à ce moment.
32 jours où Lydia passait aussi tout son temps à réconforter Éléonore de la mort de sa grand mère. La fillette avait fait ce qu'elle pouvait, s'occupant au mieux des Morceaux brisés du Coeur de son amie.

*Faudrait qu'Élé ait elle aussi sa Grande Ombre*

32 c'était trop. Elle avait envie de la revoir ou plutôt de revoir l'ombre de sa main sur l'Arbre. Elle en avait besoin surtout.
Besoin de voir autre que les Autres qui déferlaient dans les couloirs de l'école, parlant trop fort, riant trop fort alors que ce ne sont que des faibles.
Ils sont incapables d'avoir des Ailes.
Ils sont incapables de suivre leur instinct dans la Nuit.
Ils sont incapables de pleurer de belles Larmes pures et cristallines.
Ce sont des incapables.

Grande Ombre n'est pas incapable. Il faut veiller sur elle, ne pas laisser de Ténébreuses Terreurs l'envahir. C'est une des raisons pour laquelle la brunette, ce soir au lieu de se laver, gratte sa mine de plume sur un bout de papier jauni.
Elle élabore des énigmes, des mots qui donneront rendez-vous à la fille-aux-larmes. La jeune Holmes n'est même pas sûre de sa démarche pour trouver sa maison. Son seul indicateur est Curiosité; elle semblait aussi présente que dans l'esprit d'une Serdaigle.
Alors depuis dix minutes, elle exploite ses méninges pour trouver de belles phrases, des Mots qui se lient et Dansent ensembles. Leur Danse sera peut-être une valse, peut-être une mazurka mais elle sait déjà que ce seront des Mots aériens, compréhensibles seulement par les Esprits de la Nuit.

Les Autres du dortoirs le verront sûrement ce bout de papier. Il faut qu'il y ait une Magie, une Force dans ses Mots tracés à l'encre. Un sentiment trop beau pour eux: il les repoussera.

«Grande Ombre.»
*J'dis quoi après?*
Elle ferme les yeux un instant. Écarte toutes les pensées de son cerveau pour se concentrer sur sa tâche ultime. Enfin la plume vomit des mots noirs d'encre, des paroles mystiques.
«J'espère que la Lune a fini par t'aider. J'aimerais te revoir, contempler la Nuit avec toi. Rejoins moi, si tu le veux bien, dans deux jours au lever des étoiles dans la salle où les chants retentissent.
P.O.»
P.O pour Petite Ombre.
P.O pour Pleurs d'Orion aussi.
C'est ce qu'Elle a dans les yeux n'est ce pas? Des Larmes d'Étoiles.
La fillette ne pouvait pas voir leur Couleur dans la Nuit mais c'est ainsi qu'elle les imagine.

"Elle se lève, accroche son papier sur la porte."


Oui, Pleurs d'Orion est le nom des Yeux.
Deux petites taches de lumière dans un corps fait d'Obscurité.



*


«LA NUIT ON N'DORT PAS ON DANSE, ET QUAND ON DANSE PAS, ON PENSE, ON CHERCHE DES RÉPONSES À TOUTES CES QUESTIONS QU'ON NE POSE PAS.»

8 février
22h30, Salle de Répétition


*Fait noir*
Première pensée de Lydia lorsqu'elle pénètre dans la salle-où-les-chants-retentissent.
Sans torche, il avait été compliqué de courir furtivement en chaussons dans le château. Elle avait heureusement repéré le chemin avant, ainsi son trajet s'était plutôt bien déroulé. Rien ne l'encourageait pourtant à avancer. Même la porte de la Salle, cette ouverture du Graal, grinçait désagréablement et tentait de lui faire passer un message.
Au prix de nombreux sursauts à cause du moindre bruit, après un bon nombre de bosses faites en se cognant aux murs rocailleux, elle y était.

Mais pas Grande Ombre.

*Elle est pas là?*
Non.
A-t-elle abandonné Lydia?

*Nan*
Peut-être n'était-elle pas à Serdaigle?
*...*
Si ça se trouve elle s'en fout de Petite Ombre. C'est qu'une petite après tout.
*Je... J'sais pas*
Un temps.
*J'veux pas savoir*

"Elle chancelle, glisse par Terre."


Et devient (s)Ombre.

Plume de @Kyana Lewis, du moment où j'ai écrit le titre, jusqu'à mon dernier mot, j'ai vibré de toutes sortes de sentiments inexplicables. Je sais que cette Danse va être Belle, je sais que tes Pas me feront pleurer et rêver.

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17 avr. 2020, 01:14
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A la lecture des mots, la Plume tremble. Elle tremble de tout son corps, de tout son coeur, de toute son âme. Elle laisse le parfum des mots envahir ses sens et la faire suffoquer. Sa Protégée, la Gamine pourtant si faible, crie et se débat à l’intérieur de son esprit. Elle veut savoir, elle veut comprendre. Elle veut Danser, elle aussi.
Alors la Plume soupire. Son sommeil, il ne vaut pas la beauté des mots qui viennent de lui être offerts. Il ne vaut pas les battements irréguliers de son cœur et son souffle qui s’est perdu.
Elle prend une inspiration hachée, troublée par l’émotion qui serre sa gorge, et arrache, à grand coups de plume, les mots qui valsent sur sa conscience.


Tes yeux sont ouverts dans la pénombre. Ouverts sur le monde, ouvert sur les ténèbres de la nuit, ouverts sur un univers tellement plus beau lorsqu’il est enfermé dans cette noirceur abyssale. Ils clignent, de temps à autres, mais tu n’en es pas consciente.



Automatisme forgé par le temps, tu laisses tes paupières se fermer sur la glace de ton regard. Les cieux disparaissent pour laisser place à cette myriade de points sombres, cette infinité d’éclairs lumineux, ces couleurs indéfinissables, qui traversent ta vision.
Et lorsque tu les rouvres, c’est pour porter sur la Nuit un regard sans cesse renouvelé. Un œil nouveau et changé.
La Nuit est Belle. La Nuit Rassure. La Nuit Entraîne. La Nuit Endort. La Nuit Inspire.


La Plume s’interrompt, contemple les mots qui se sont inscrits d’eux-mêmes sur la page. Elle n’a pas réalisé qu’elle avait écrit. Elle n’a pas remarqué que ses pensées faites de lumières s’étaient, ici, retranscrites. Observant, par la fenêtre près de sa tête, les étoiles qui scintillent, la haut, si haut, elle hoche la tête. La Nuit est Belle.


Tu as dû songer à Petite Ombre, ces dernières semaines, c’est certain. Tu as dû penser à la Danse de vos Paroles que vous avez partagée, là-bas, il y a une éternité. Tu as dû rêver de ses mots, de ses promesses. Mais tu as oublié. Petite Ombre disparaît puis revient, s’évapore comme un mirage, sans que jamais tu ne puisses la saisir complètement.

Elle vole loin de ton esprit puis s’y impose avec force, plane près de ton cœur sans s’y poser.

Petite Ombre, elle n’est pas vraiment réelle. Elle est sans aucun doute un fol espoir né de tes croyances torturées. Elle est une prière à laquelle tu te raccroches, à laquelle, ardemment, tu penses lorsque tu sombres à nouveau dans ton Puits de Douleur.

C’est une pensée réconfortante. Elle est le flottement qui te ramène à la raison, le crépuscule avant ces nuits qui te rassurent. Elle est là pour te guider, elle te mène vers ta destinée.

Tu contemples, parfois, ta main, avec la certitude d’y voir une marque. D’y retrouver, ancré sur ta peau, le souvenir de l’écorce froide et de la main pâle de la Gamine.

Mais tu te ressaisis vite, bien trop vite, et Petite Ombre regagne l’univers de tes songes. Elle s’enfonce dans tes rêves si facilement, si douloureusement.

Et ton esprit crie son désaccord. Ton cœur se rebelle. Ton âme s’agite.


La Plume cesse de laisser couler les Mots. Indécise, elle ferme les yeux pour se laisser pleinement envahir. Sa Protégée s’est apaisée, à présent elle murmure. Elle espère, elle guette. Elle prie pour que la Valse soit douce.


Allongée, tu Ressens. Tes sentiments, exacerbés par le silence et la plénitude qui est désormais tienne, entrelacent les innombrables émotions qui t’étreignent et la réalité qui tente de s’imposer à toi. Tu les laisses t’entourer, te frôler, tes yeux d’hiver toujours perdus dans les ténèbres de la nuit, dans cet Ailleurs si mystérieux.

La Promesse est serrée dans ton poing. Elle ne l’a pas quitté, depuis le début de la journée. Et même si tu n’as vu les mots qui y ont été inscrits qu’une seule fois, tu les as retenus.

*Petite Ombre existe.*

Petite Ombre n’est pas un songe.

Petite Ombre n’est pas un espoir né de ton esprit torturé.

Petite Ombre est une vraie enfant.

Petite Ombre veut contempler la Nuit.

Avec *moi*.


Un peu effrayée, la Plume ne veut pas faire de mal à sa Protégée. Elle ne veut pas les abîmer, ce petit corps si fragile et cet esprit si instable. Elle sait que sa Gamine a encore mal, très mal, alors elle ne veut pas risquer le moindre faux pas. Pourtant, elle se jette à cœur perdu dans la Danse qui se déroule. Elle entraîne sa Protégée sur ces sentiers envahis de la belle Noirceur du crépuscule. Elle l’y balance en relisant avec la même émotion les Mots de l’Autre. Avec Espoir.


Le sol est froid, sous tes pieds nus. Ta robe de chambre frappe sur tes jambes maigres, tes cheveux battent ta nuque. Tu voles, là, dans les couloirs déserts emplis de ces bruits si effrayants, tu te laisses porter par le Souffle de la Nuit, par l’Appel de l’Ombre.

Chacun de tes pas est un battement d’aile. Chacun de tes mouvements un mètre de plus vers la confiance, vers ton Amie des Ténèbres.

Petite Ombre t’attend, Petite Ombre te manque. Et tu vas la retrouver.

Sur le seuil de la Salle-où-l’on-vole-avec-ses-pieds, tu hésites. Tu t’immobilises, fermes les yeux.

*« Tu fais quoi là ? T’es venue prendre la Nuit ? »*

Et tes lèvres scellées, qui depuis si longtemps n’avaient pas prononcé une seule parole, s’entrouvrent pour murmurer :



« Contempler la nuit… avec moi. »

Un pas, puis deux. Ton regard frôle les angles, remonte le long des murs, à la recherche de cette Ombre-vivante.



« Aujourd’hui, on Brisera pas. J’te l’promets. »





Cette Danse sera belle, j'en ai l'intime conviction.

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ent‘r‘êvée

17 avr. 2020, 16:40
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Échouée.
Par terre.

*La terre c'est c'qui m'éloigne du ciel*
Brisée.
Sans pouvoir renaître.
Elle s'était pourtant promis de ne plus jamais Briser quoi que ce soit. Ni son bonheur de vivre à cause des questions stupides des Autres, ni la Nuit par sa chute contre le mur il y a un mois.
Seulement c'est sa confiance qui est brisée cette fois. Elle a été déchirée, torturée et abîmée. Tout ça par qui?
*Grande Ombre*

Effondrée sur le sol comme un oiseau en manque de Ciel, elle respire doucement.
Peut-être que Lydia dort?
Ce serait l'embarquer dans un monde traitre, Monde où elle rêvera de choses bien trop heureuses pour elle, Monde mensonger.
Paisible enfant.
Plongée dans le Noir aveuglant, finalement presque agressant sans Elle pour tout illuminer et éclairer de ses Pleurs d'Orion.
Un hululement de chouette retentit, la petite Holmes l'entend; c'est bien la preuve que son endormissement n'est qu'une couverture.
Un flot de pensées commence à se déverser, violemment, dans l'unique But d'accaparer ce petit corps retenu par le sol depuis cinq minutes.


*Est-c'que les chouettes peuvent voir le jour? J'sais qu'elles vivent la nuit mais comment elles font lors des Insomnies?
Si ça s'trouve c'est des vampires, le Soleil ça leur fait mal.
Mais pourquoi alors elle viennent pas me mordre le cou?
Ça doit être bien d'être un oiseau nocturne...
Au moins t'es pas cloué au sol comme dirait l'Autre.*


Cette Curiosité inlassable, qui a extorqué les peines de son esprit maintes fois. Cette voix dans la tête, la fillette devrait la remercier un jour. Enfin non pas la remercier, elle la déteste en même temps.

Toutes les fois où elle n'arrivait pas à parler de son histoire, ou elle était cette voix, hein?
Toutes les fois ou Lydia faisait une erreur sans s'en rendre compte, avec Yesenia par exemple.
Toutes les fois où elle avait besoin d'aide pour soutenir Éléonore.
Toutes les fois où elle a voulu s'engager contre Parkinson mais finalement son tempérament réfléchi l'a retenue.
Hein, elle était ou cette maudite voix?

La brunette est en colère contre ses pensées. Elle ne peut donc pas être un Corps échoué sur le dallage? Et bien non, il faut que le cycle de ses songes, aussi sempiternel que l'écume sur la plage, recommence dès qu'il a fini.

Lydia voudrait couper court à tout ce qui circule sans cesse dans ses neurones. Casser les circuits nerveux, ils arrêteront peut-être de transmettre des messages.
Elle glisse sa main tout le long de son visage. Cette petite main blanche qui avait délicatement pris cette congénère appartenant à Grande Ombre. Elle est rêche maintenant cette paume.
La fillette, une fois que ses doigts sont arrivés en haut du front, passe une main dans ses cheveux courts dont elle est si fière.
Elle voudrait les empoigner, les arracher pour faire sortir tout ce qu'Ils protègent.

Mais... Après tout elle ne peut pas.
Car elle aime son Corps n'est ce pas? Il est beau tout de même, il l'a soutenu depuis le temps que dure sa minuscule vie.

"Elle prend ses genoux entre ses mains, se recroqueville."


Corps doit pouvoir la protéger des pensées agressives. Et quand il y arrivera, il fleurira. Les pensées seront ensuite plus douces, plus bienveillantes comme les délicates fleurs de Frangipannier sur les arbres de Thaïlande.

22h45
Sur le sol


Lydia est restée dans sa position de recueillement, son Corps qui se défendait contre son imagination aggressive. Une voix enfin la réveille de son Coma. Et en relevant sa tête elle Les voit, ces Pleurs d'Orion.
Son esprit incrédule est absorbé, fasciné par cette contemplation de cette-fille-aux-Larmes tout droit sorti des Mondes trompeurs.

"Elle s'assied sur ses genoux, prend sa baguette."


-Lu...Lumos, balbutie la première année.

Totalement inutile ce mouvement de baguette.
Grande Ombre éclaire déjà la salle avec ses yeux et sa présence. Finalement elle est arrivée! Elle a trouvé le chemin et le mot dans le dortoir n'était pas aussi inutile que les Pensées voulaient le faire croire.
Elle est ici!

*J'devrais pas être aussi pitoyable, j'suis forte.*

Sous cette constatation, Lydia se relève péniblement. Encore une fois Corps la soutient, comme à l'infirmerie même si au début elle croyait qu'Il l'avait trahi.
Elle s'avance lentement et difficilement vers l'Autre lumineuse et au moment où la fillette arrive à sa hauteur, elle se retient de justesse à son épaule.

*Faut...Faut pas qu'elle tombe avec moi*
Non, il ne faut pas.

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17 avr. 2020, 19:06
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La Plume voudrait hurler. Hurler la beauté de ces mots. Hurler son cœur qui bat la chamade. Hurler son estomac retourné. Hurler la Gamine qui pleure, dans son esprit.
Elle voudrait évacuer les innombrables émotions qui l’ont saisie alors qu’elle parcourait de ses yeux sombres les lignes. La musique qui résonne dans ses oreilles la calme aussitôt. Les larmes de sa Protégée coulant lentement sur sa conscience, elle ferme les yeux, éteint ses pensées qui tournoient. Et laisse les Mots s’envoler à la rencontre de sa partenaire.

Le silence et la pénombre sont oppressants. Sans la présence si légère de Petite Ombre, elles pèsent sur ton cœur, l’écrasent. Elles te font mal. Et si Lune est certes là, son éclat n’est pas atténué par ton Amie des Ténèbres. Elle brûle tes yeux.
Nuit a pris la place qui lui revenait. Elle s’est installée. Elle a pris ses aises, a déployé ses longs filaments sur ton Monde. Elle a ordonné aux Autres de dormir. Elle t’a sommée de te lever. Elle t’a demandé, suppliée, de rejoindre Petite Ombre.
Elle a entravé ton cœur de ses remords et t’a lynchée de ses regrets. Elle t’a remise sur le droit chemin, pour quelques heures.
Elle a calmé l’orage d’indifférence qui allait s’installer dans ta tête, écarté la pluie de doutes, viré la tempête de haine.
Elle a ramené à la vie la Gamine qui se laissait peu à peu enterrer, loin, sous le terreau de ses souvenirs, l’a sortie de sa tombe de noirceur. Elle lui a montré la Vie, les Etoiles et le voile des rêves, elle lui a présenté la beauté sombre de la Noirceur. Elle l’a initiée aux secrets des ténèbres et lui a rappelé son enfance. Elle a appris à la Gamine à redevenir elle, le temps d’un soir.


Songeuse, la Plume fronce les sourcils. Les Mots se dérobent à elle. Elle ne parvient pas à arracher de son cœur les émotions qui l’étreignent. Elle ne veut pas les déloger, en fait. Elles sont bien cachées là-bas, servantes de sa seule volonté.
Elle se refuse à oser les expliquer, parce qu’elles perdraient toute leur puissance. Pourtant, elle force sa conscience à jeter les Mots sur sa page. Elle les y contraint, parce qu’elle veut expliquer à sa partenaire à quel point elle aime cette Danse.

Tu voudrais te mentir. Tu voudrais t’assurer que tu es parfaitement saine d’esprit. Te persuader que le Murmure de la Nuit dans tes oreilles n’est qu’un courant d’air. T’affirmer que les frissons qui parcourent ta peau ne sont qu’une illusion.
Te promettre que ton esprit où la Gamine se noie est en parfaite santé. Que la mer sombre et l’écume rouge qui bat les rochers n’est rien. Une image. Une simple image.
Tu voudrais te jurer que tes certitudes sont ancrées si profondément que jamais on ne pourra les faire bouger. Que tu es, enfin, reconstruite.
Que ta volonté est un mur sur lequel s’écraseront les assauts des Autres. Que rien ne pourra jamais ébrécher.
Mais tu échoues. Tu ne parviens pas à te répéter ces phrases pourtant simples, pourtant évidentes. Ces phrases qui résonnent fort dans la tête des plus téméraires.
Elles s’envolent lorsque tu cherches à tendre la main vers elles, elles disparaissent et ne reviennent que quand tu ne les veux plus près de toi. Elles se dérobent et fuient devant ta détresse.
Tes pensées sont lâches. Si lâches. Elles ont peur de tes espoirs démesurés. De ton âme détruite. Elles ont peur de tout ce qui te fait encore ressembler à un être humain, et s’acharnent à détruire les preuves de ton existence.
Petite Ombre n’est pas une pensée. Petite Ombre est courageuse. Petite Ombre a pris entre ses mains ta vie que tu avais laissée choir sur le bas-côté du chemin. Elle te l’a portée. Elle te l’a rendue, et elle t’a persuadée qu’elle valait la peine d’être vécue pleinement. Petite Ombre, le temps d’une nuit, elle t’a donné envie de renaître.
Elle t’a montré l’Espoir. Elle t’a montré la Sérénité. Elle t’a montré l’Envie. Elle t’a montré la Curiosité. Tant de choses disparues, tant d’idées oubliées. Tant d’essentiels qui ne le sont plus, qui perdent leur consistance et leur sens.

Lorsque tu captes enfin, dans l’ombre, ce mouvement que tu désirais si fort, cet instant que tu guettais où tu te rendrais compte de la présence de ton Amie des Ténèbres, ton cœur bondit. Il se transforme en un filet d’eau qui tournoie. Qui, volatil, devient tantôt une vague destructrice, tantôt une caresse aux accents de liberté.
Une larme, écho de l’émotion qui te serre dans son étreinte douloureuse, roule sur ta joue.


La Plume hésite. A-t-elle hâte ? A-t-elle peur ? La Danse qui se déroule est trop imprévisible. Chacun des pas effectué par les danseuses est une légende qui s’écrit. Elle déborde d’envies, elle voudrait imposer ses désirs à sa Protégée. Elle voudrait lui indiquer le chemin, pour que la Gamine suive sa volonté.
Mais l’Enfant s’y refuse. Se rebelle violemment. Petite Ombre, c’est son Amie. Pas l’Amie de sa Plume. Celle-ci n’a pas son mot à dire dans l’Instant qui se déroule.

La main sur ton épaule est presque douce. Presque. C’est un appel à l’aide. Un cri de détresse muet, un sanglot caché. Petite Ombre choit. Sous ses jambes faibles, son corps tombe, se rattrape lourdement à toi.
Ta main, sans que tu l’aies réellement souhaité, vole au secours de l’Autre sous le poids de laquelle, doucement, tu ploies. Elle agrippe l’enfant sous le bras, la porte, la redresse. Elle se lui apporte ce secours qui t'a été offert il y a tant de nuits, celui dont elle a besoin.
Tu te baisses doucement et la laisses s’asseoir. Une fois que tu es bien certaine qu’elle ne pourra plus lâcher prise, tu te penches pour te laisser tomber près d’elle.
Ainsi installées, côte à côte, dans cette salle mystique, vous êtes l’Ombre et la Lumière. Une Gamine de Ténèbres et une Enfant pleine de belles Lueurs. Deux parfaites moitiés.


« Elles sont tristes, les Etoiles, ce soir. Elles brillent pas comme d’habitude. »

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18 avr. 2020, 18:06
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Au moment où elle agrippe le bras, *Son bras*, une force renaît en elle.
Plus puissante que celle de la floraison qu'il était possible de prévoir tout à l'heure.
Plus ardente que le vain trait de lumière échappé de sa baguette auparavant.
Plus belle que tout autre. Que tous les Autres.
Parce qu'elle est là, Elle qui ne l'a finalement pas abandonnée mais retenue et soutenue.
Sous cette Force, Lydia s'asseoit à côté de Grande Ombre. Ainsi la fillette ne s'était pas tant trompé, Curiosité est parfois un bon indicateur!

Le vent frappe contre les vitres de la salle où l'on vole avec ses pieds, située au quatrième étage. Ses coups sont brutaux et agressifs. Comme s'il voulait chasser les deux enfants de cet endroit où elle n'ont pas le droit d'être. À l'égal des membres de la petite Holmes, tout tremble.

Le zéphyr forcit encore quand le second Enfant des Ténèbres critique la beauté des étoiles, il ne doit pas apprécier cette opinion. Que deux intruses s'enveloppent dans sa Nuit, qu'une critique ses Étoiles, il ne le supporte sûrement pas et veut frapper, frapper pour déloger enfin ces deux Ombres.
Pourtant il est las au bout d'un moment. Brisé même à force de se jeter contre le verre des fenêtres; les deux fillettes sont trop Fortes pour lui.

Le cerveau embumé de Lydia essaye de sortir de son brouillard et d'analyser la situation. Encore une fois Elle est sa voisine-de-fugue, encore une fois Elle se trouve le dos appuyé contre les pierres d'un mur, encore une fois elles partagent la même Nuit.
Une chose diffère; le lien entretenu avec les Astres Sombres n'est plus une ligne droite, d'Une à Un mais un triangle, deux fois Une et une fois Un.

"Elle tourne sa tête et La regarde"


*Belle Ombre...*
La fillette veut répondre à la remarque faite auparavant.
Elle essaye, ouvre la bouche comme un poisson qui manque de l'Air de l'Eau. Les Mots ne veulent pas sortir, ils sont aussi lâches que les pensées, tantôt un amas de choses grouillantes et inutiles et rien d'assez vrai quand il s'agit de parler du Manteau Noir de la Nuit. Le plus lâche avec ces Mots c'est que chez certains ils sont beaux. Will a des rayons de soleil qui filtrent à travers ses lèvres quand il parle, Colombe arrive à en faire des histoires et les coucher sur le papier.

*Maman!*

Elle ne va pas penser à sa mère tout de même? Pas le droit, jamais le droit. La serdaigle déglutit lentement et essaye d'effacer l'image de Colombe, aussi belle que l'oiseau à l'origine de ce nom.

-P'têtre elles étaient tristes de pas nous voir réunies.
*Stupide remarque*
-Enfin...

Les Larmes lui montent doucement aux yeux. Ces gouttes d'eau traversent un long périple; d'abord partir du coeur puis remonter dans la gorge pour enfin sortir par les yeux. La dernière fois c'était Lydia qui était solide et invincible. Elle arrivait même à lutter contre les Démons de son histoire.
*Grande Ombre, j'y arrive plus!*
Ce soir c'est impossible de riposter contre la valse insupportable de ses Pensées. Pour la deuxième fois la brunette ferme les yeux et reprend sa respiration. Tout peut bien se passer, c'est son anniversaire demain, elle est actuellement sous la lueur protectrice de la Lune.
Elle ne croit pas réussir et suffoque de plus en plus.
Puis un cheveu glisse sur son épaule.
Un petit cheveu rougeoyant dans l'obscurité. Il lui apporte la certitude que son Ange gardien est présent et près. La vue de ce filament capillaire l'apaise, enfin et permet à ses paupières de découvrir de beaux yeux bleus, trempés d'émotion mais pas de Tristesse.


- Merci.

Les Mots ne sortent que par touffe alors qu'elle voudrait les mettre en bouquet mais le ton de sa voix, si suppliant, si reconnaissant fait ce qu'il peut pour ajouter dans un simple mot l'admiration d'une Ombre.

D'une Petite Ombre envers une Grande.


Si vous voulez avoir accès au lien, n'hésitez pas à me demander par hibou

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20 avr. 2020, 00:48
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L’écoute du morceau a été un Instant Eternel. La Plume, emplie de ce sentiment que l’on nomme reconnaissance, entrouvre la bouche mais aucun son n’en sort. Les notes sont belles, le rythme parfait. Elle ne peut exprimer son respect autrement que par son regard, qui scintille. Alors, elle écrit à sa partenaire. Un seul mot. Merci.
Elle comprend qu’elle ne regrettera rien. Quoi que la Gamine dise, fasse ou taise, cette Danse sera belle. Quoi qu’elle écrive, quoi qu’elle ressente, leurs Pas seront beaux. Quoi qu’elles prévoient après – et pour le moment elle se refuse à songer à une suite – ces instants seront incroyables.


Tout n’est plus que plénitude, tranquillité et espoirs. Tout a perdu son aspect terne et triste. Tout est sombre mais tout est éclairé par la présence de Petite Ombre. Tout est flou mais tout est beau.
Tu es heureuse, infiniment heureuse. Emplie de ce sentiment d’être enfin toi-même. D’avoir trouvé ce qui te manquait, celle sans qui tu ne pouvais vivre. Celle sans qui ton cœur devenait peu à peu pierre, ta conscience nid de serpents et ton âme suintante de venin.
Sous ton corps, la morsure du sol froid ne te fait même plus frissonner. Sous tes pieds nus, les rayons de Lune paraissent encore plus clairs, encore plus purs. Sous tes yeux de glace, Petite Ombre paraît renaître. Comme une fleur après l’insupportable passage de l’hiver, elle semble éclore à nouveau, vivre comme jamais elle n’a vécu, s’épanouir comme jamais elle ne s’est épanouie.


« P'têtre elles étaient tristes de pas nous voir réunies. »


Sa voix se perd. Elle évite ta compréhension pour flotter au-dessus de ton cœur, pour l’envahir de mille tristes regrets. Elle demeure loin de ton esprit, pour ne pas qu’il la saisisse ; pas encore. Indocile, elle survole la peur sourde qui palpite, la douleur qui reste cachée et les larmes envolées.
Traversant tes sentiments, les contemplant comme de beaux paysages, elle est vent et eux nature. Elle est l’eau et eux la terre. Elle est le tremblement qui soupire sur une peau d’albâtre.


Se mordant la lèvre, la Plume fixe ses Mots. Elle aussi tremble ; un peu. Son esprit est pris dans un tourbillon qui entraîne à la fois ses propres ressentis et ceux de sa Protégée, un fouillis inextricable qui la prend aux tripes et qui serre sa gorge. Elle déglutit difficilement, cligne une fois, puis deux, des paupières – sans doute pour en chasser les larmes qui s’y pressent, et se replonge tout entière dans cette mer incroyable qu’est la Danse qui se déroule.


Comme pour montrer ton désaccord, tu secoues la tête. Tu ne peux pas croire que les Étoiles soient tristes. Les Étoiles sont libres. Les Étoiles sont au-dessus de tout. Les Étoiles au-delà des sentiments humains. Les Étoiles ne pleurent jamais. Même lorsque deux Ombres se perdent, elles se contentent d’assister, impassibles, au spectacle, à la douleur qui saisit le cœur des deux enfants. Au sentiment d’abandon qui le prend brusquement et fait vibrer leurs corps du mal de la passion. Les Étoiles connaissent le passé qui regrette, le présent qui rit et l’avenir qui lacère. Elles savent que les Ombres se retrouveront. Elles ordonnent que, lorsque les Gamines se reverront, lorsqu’enfin, elle se sentiront réunies et complètes, elles soient infiniment reconnaissantes à la Nuit de leur avoir permis de s’envelopper ensemble de son manteau.
Jamais les Etoiles ne sont tristes, seule la Nuit Ressent. La Nuit, plus humaine que n’importe quel humain, comprend. Elle se laisse envahir des tristesses des deux Ombres et pleure leurs insomnies. Elle offre à leurs pensées la douleur qui les rend si vraies. Et scintille, comme un sourire, lorsque les Gamines se tendent la main. La Lune est une Ombre, elle aussi. Une Ombre brillante. Une Ombre, le phare qui guide les enfants perdues.


La Plume jette un regard un peu fatigué à sa montre. Il est tard, mais elle ne peut se résoudre à abandonner sa Protégée là. Elle ne peut pas se permettre de la laisser sur le bord du chemin sans lui en montrer l’issue. Elle doit, impérativement, la sauver, lui permettre de profiter des mots qui acceptent enfin de sortir de sa bouche. Elle ne peut pas lui rendre son mutisme aussi vite. Elle se frotte les yeux, contemple son lit, près d’elle, qui semble l’appeler, et secoue la tête. Elle doit finir.


Tu ne te sens pas enfermée, là, dans cette belle salle. Assise au centre de la pièce, ton Amie des Ténèbres près de toi, aussi fragile que tu l’étais à votre première rencontre, tu te sens bien. Bien plus que depuis des moins. Mieux sans doute que depuis des années. Sans le poids de ta solitude qui a mystérieusement disparu à la vue de Petite Ombre, ton dos est droit, tes yeux vivants et ton cœur palpitant.

« Merci. »


Tu tends le bras, la peau frémissante, approchant délicatement ta main de celle de Petite Ombre. Calme, tu la saisis et la serres dans la tienne. Elle est douce, comme lorsque vous vous trouviez près de l’arbre, il y a une éternité. Aucun son ne sort de ta bouche. Aucun mot, aucune prière. Le Silence tend ses griffes vers vous, vous enveloppes de ses ténèbres étouffantes. Puis recule lorsque tu murmures :

« Les Etoiles elles pleurent pas. Y’a qu’les humains qui pleurent. Et les Ombres. »


La Plume voudrait arrêter la Gamine là, la faire taire pour enfin aller se coucher. Mais celle-ci ne veut pas disparaître maintenant, pas alors qu’elle se sent mieux que jamais elle ne s’est sentie, enfin entière. La Plume a beau lui assurer qu’elle reviendra, qu’elle vivra encore ces Instants des centaines de fois, l’enfant lui assure que le moment n’est pas venu. L’une certifie que le temps est désormais au sommeil et non aux Mots, mais l’autre supplie. Elle veut, elle espère, elle implore. Ses espoirs étreignent le cœur de la Plume, qui finit par esquisser un sourire. Elle ne peut pas abandonner la Gamine.


Tes yeux quittent le visage pâle de Petite Ombre pour se poser dans la noirceur abyssale qui habite le fond de la salle. Ils y puisent la vérité, ils y comprennent que le temps s’écoule et n’a plus aucune prise sur vous. Ils y apprennent que cet Instant est hors du temps, et qu’il ne faut pas y mettre fin.
Tu serres à nouveau la main de l’Autre, lui emprunte le courage qui te fait défaut.


« Dis moi pourquoi t’as mal, Petite Ombre. »

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ent‘r‘êvée

22 avr. 2020, 17:44
Et nos Corps fleuriront en Larmes  PV + 
Les yeux toujours un peu trempés, elle La regarde.
Tout ceux qu'elle aime se retrouvent dans Grande Ombre. Lydia ne la voit pas bien à cause de l'obscurité qui les enveloppe toutes deux comme des chenilles dans un même cocon de toile pas encore fracturé. Pourtant elle l'imagine, lui prête le sourire de Colombe, les mains déjà usées de Marguerite, le grain de peau de Tobias et quelques autres traits de visage empruntés à Will ou Éléonore.
Seul ces yeux, ces Pleurs d'Orion foudroyants d'intensité et ces cheveux restent uniques, indissociables d'Elle.

Elle parle avec philosophie, avec la voix d'une Gamine déjà sortie de son enfance. Elle connaît les Étoiles, elle sait ce qu'elles veulent dire et elle connaît leur signaux lumineux. Elle...
Ce Mot tourne dans la tête de la petite Holmes pour la désigner, une entité si complexe, si mystérieuse mais si belle.

Ah bon les Étoiles ne pleurent pas?

*Mais d'où ils viennent tes yeux alors?*
Grande Ombre ne peut que descendre du ciel, ce n'est pas possible que ce soit une enfant-de-la-Terre, c'est une fille sauvage qui prend le ciel nocturne pour un terrain de jeu.
Ses lèvres continuent de s'ouvrir, de laisser sa Voix qui Brisait au début mais qui maintenant reconstruit tout.

«Les Ombres ont le droit de pleurer...»

*J'suis forte normalement.*
Une Larme recommence à couler c'est un filament qui descend de son iris, elle en a d'ailleurs emprunté la couleur.
Et elle glisse le long de cette blanche joue enfantine.
Et elle tombe.
Pour rejoindre la mare que forme le reflet du quartier de lune sur le sol, pour alimenter ce ciel désespéré sans doute.

Lydia s'aperçoit seulement à ce moment que sa main n'est plus toute seule.
Ses doigts sont de nouveau proches de leurs alter-ego. Grande Ombre lui sert sa petite paume, encore plus fort quand elle lui demande ce qui va mal.
Comment expliquer?
Comment expliquer qu'une plaie refermée est rouverte depuis septembre par les questions des Autres?
Comment dire qu'elle pourrait être heureuse?
Comment expliquer que ses pensées ne veulent pas s'arrêter de dégueuler?
Comment expliquer qu'elle n'en peut plus de cacher ses émotions et son histoire lorsqu'on lui demande si elle a des frères ou soeurs?
Comment faire?


-C'est mes pensées qui reviennent tout le temps.
*Je sais pas lutter contre!*

-Et c'est... les Autres

"Elle serre son poing, ferme les yeux."


Ses doigts regroupés ne s'entrelacent plus avec ceux de Grande Ombre. Ils restent cloitrés dans sa paume, cette dernière est une impasse aux coup que ce petit poing voudrait donner.
Son amie de la Nuit la retient, peut-être sans s'en rendre compte. Elle la retient de maniere si autoritaire que c'en est trop pour la petite.
Sa rage n'arrive pas à aller au delà de cette impasse de chair et ne parvient pas à trouver un autre chemin.

La brunette doit la garder en elle et faire avec cette colère. C'est un effort dur, douloureux qui l'épuise.
Alors elle arrête de résister, à quoi bon?, et elle se laisse couler sur les dalles froides, pour rejoindre le reflet de la Nuit et sa larme qui s'y est glissée dedans. Sa main reste cependant emboîté dans celle de Grande Ombre, pour être sure que rien ne séparera ces deux moitiés.


-Et toi? demande Lydia.

*C'est qui tes démons?
Pourquoi tu chantais la dernière fois?
Tu...
Tu pleures parfois?*



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faire une perle d'une larme

22 avr. 2020, 22:58
Et nos Corps fleuriront en Larmes  PV + 
Encore. Encore. Toujours ces mêmes émotions. Toujours l’incroyable sérénité qui s’empare de son cœur à la lecture des mots. Toujours la petite larme, qui perle au coin de son œil, qui, timide, n’ose pas tomber sur sa joue. Encore la peur qui la fait vibrer. Toujours la hâte, d’en savoir plus. Elle va dire à son amie, qu’une nouvelle fois, elle a aimé. Mais la joie qu’elle ressent à la lecture des Pas est au-delà de tout. Alors, comme toujours, elle va écrire. Ecrire pour évacuer. Ecrire pour expliquer. Ecrire pour vivre.


Il ne reste que sa main. Sa main serrée dans la tienne, petit trésor d’albâtre qui te donne envie de vivre. Il n’y a plus ses yeux, il n’y a plus ses cheveux d’ébène. Il n’y a plus sa voix douce et son âme tranquille. Il n’y a plus la salle autour de vous, il n’y a plus ses peurs et les tiennes, il n’y a plus tes émotions et ses larmes.
Tout gravite autour de la petite chose que tu serres. Ton pouls qui, régulier, s’est accordé au sien, ta conscience qui danse avec la sienne et tes pensées qui volent au même rythme que sa voix. Tu réfléchis en même temps qu’elle ; tu Vis en même temps qu’elle.
Tu ne Crains plus. Tu es aux côtés de celle-qui-avait-Brisé, de la petite fille qui avait osé perturber le calme de la Nuit. Mais tu es aussi près de celle qui a su rappeler tes espoirs. Qui a su te ramener à la vie.
Tu tiens entre tes doigts un présent fragile que tu voudrais pourtant serrer le plus fort possible pour te sentir puissante. Pour ressentir partout dans ton corps des frissons de bonheur simple et couler dans tes veines le plaisir d’exister. Petite Ombre est ici, et c’est essentiel. Sa présence indispensable et inespérée.
Sans aucun doute, votre rencontre était prévue. Par les Etoiles, la Nuit et la Lune. Elles ont orchestré chaque seconde de votre vie, elles ont souhaité que vous vous trouviez là, toutes les deux. Elles ont su que vous étiez destinées à être l’une avec l’autre. Elles ont su que, toi sans elle, tu n’étais rien.
Une Ombre brisée. Une moitié solitaire. Un cœur vide de la chose dont il avait le plus besoin. Une Gamine comme les Autres, une Gamine paumée. Une Enfant aux rêves pourris, sans étoile pour la guider.
Tu ne serais rien sans Petite Ombre.
Et quand bien même serait-elle l’un de ces Monstres qui hantent les nuits, il te faut te rendre à l’évidence : tu t’en fous. Quand bien même elle te ferait mal, quand bien même elle détruirait ton cœur de Mots acides, tu fermerais les yeux. Tu ne veux pas partir, là, maintenant. Tu te sens bien et tu n’es pas prête à laisser ton bonheur partir en fumée maintenant.
Tu veux profiter des grains du Sablier du Temps coincés, tu veux vivre ces instants encore et encore pour ne plus jamais devoir rester avec les Autres.
Tu veux que cette Nuit soit éternelle, que Petite Ombre soit toujours là. Tu veux rester dans cette salle, que jamais la lumière ne s’allume. Tu ne veux plus de tes lèvres closes, tu veux enfin pouvoir hurler ta honte au ciel.


La Plume se tait. Il n’y a que le grattement de son stylo sur le papier qui retentit dans le silence de sa chambre. Et pourtant, résonnent dans sa tête une multitude de sons. Les murmures de sa Protégée, entremêlés à ce que lui souffle son inconscient, la perturbent. Elle se laisse porter mais la rivière est puissante ; le courant fort. Fusent les cris qu’a poussés la Gamine lorsqu’elle a lu les Pas précédents, s’assemblent passé, présent et futur pour ne faire plus qu’un. La vérité et le mensonge deviennent une même entité suprême qui s’agite dans son cœur. Elle ne sait pas où elle va. Elle a peur ; un peu.


Mais hurler ici serait stupide. Pas adapté. Tu ne sais pas ce que veut ton Amie des Ténèbres, tu ne veux pas le savoir, mais tu as compris que balancer ta colère n’est pas une bonne idée. Tu ne peux pas te permettre de haïr. Tu ne peux pas profaner ce temple du Silence et de la tranquillité. Tu ne peux pas Briser ; c’est impossible.
Tu te contentes de serrer dans la tienne la main de Petite Ombre. Et de t’adonner au simple bonheur d’exister, parce que c’est la seule chose que tu désires désormais.


« Les Autres… »


Tu es de ceux qui, funambules, balancent en équilibre sur un fil étroit qui n’est autre que celui de la vie. Tu es de ceux qui se perdent, qui se retrouvent, qui désirent et qui pleurent. Tu es de ceux qui se laissent violemment déchirer par de simples regards. Tu es de ceux qui vivent constamment entourés de ténèbres, qui n’attendent que quelqu’un pour les éclairer.
Tu es de ceux qui sont abandonnés, égarés entre les « J’m’en fous » et les « J’sais pas », les yeux fixés sur un horizon trop lointain pour que espérer un jour l’atteindre.
Tu es de ceux qui ne sont pas acteurs de leur propre vie. Qui tentent de survivre à tous ces masques que l’on veut leur faire porter. Qui se débattent pour ne pas se faire oublier, pour ne pas être noyés sous les flots d’indifférence qui s’abattent sur eux.


« Les Autres, c’est des monstres. Ils attendent que tu tombes. Ils veulent que tu crèves. »


Tu contemples la petite fille avachie contre le mur, jettes un regard à la main que tu serres toujours dans la tienne.

« Et les pensées… les pensées c’est méchant. C’est trop toi pour que tu puisses t’en débarrasser. Mais ça fait mal quand même. »


La nuit te plaît. La nuit te fait respirer. Elle te laisse être et mourir à ta guise. Elle te laisse pleurer, et ne juge jamais les larmes qui tombent.
Tu entrouvres la bouche, et ton souffle s’en échappe par volutes qui jouent et voltigent, emportées par les courants d’air.


« Moi j’suis morte. Mais, p’tètre grâce à toi, j’me suis relevée. Tu vois, mon cœur il s’est remis à battre. Et j’suis née. Une deuxième fois. Toi aussi, faut qu'tu t'relèves, Petite Ombre.»

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24 avr. 2020, 15:51
Et nos Corps fleuriront en Larmes  PV + 
Elle écoute les paroles de Grande Ombre.
Son ouïe recueille et enregistre.
Chaque Mot, chaque inspiration sera gravée dans son esprit.
Et dans le même temps, un feu s'embrase dans la poitrine de la petite Holmes.
Il transcende tout, étend ses bras de chaleur dans tout son corps.
Lydia a chaud, la gorge sèche et la main moite. Son coeur n'arrive à supporter cette reconnaissance, encore plus grande que tout à l'heure, envers Elle et la Nuit qui a réuni deux enfants, deux parties d'un tout. Ses poumons sont comme emplis de lave mais pourtant la respiration se fait plus fluide.

Les Pensées se sont arrêtées. Elles ne pouvaient pas lutter contre le feu dévorant de cette amitié si unique, si...stellaire.

*Elle s'est relevée...*
Grace à la douceur de Petite Ombre.
*Grâce à moi*
Grâce à sa Force, pas inexistante finalement.
*Grâce à moi*
Grâce à l'arbre protecteur qui avait accueili leurs deux petites mains.
*Grâce à moi*
Grâce à elle.

Enfin elle a été utile à quelque chose, enfin le voile noir si désagréable quitte ses Yeux pour voir à nouveau les choses Belles.
Des Larmes ont envie de poindre une dernière fois au creux des cils.
Mais non.
À la place se dessine une rangée de carrés d'ivoire.
Un sourire.
Elle a envie d'hurler, de crier sa victoire face aux ennemis que la fillette citait auparavant. Elle a envie de serrer encore plus fort ses doigts, à présent relâchés sous le coup de l'émotion, dans ceux de celle à qui elle doit ses rêves si beaux.
Elle a envie de la serrer dans ses bras pour être sûre de ne pas la perdre, jamais, car c'est à l'instant sa plus grande frayeur, sa plus grande crainte.

Seulement, tout ces gestes Briseraient.
Ils casseraient la Nuit et le chant des Étoiles qui résonne si bien à l'instant même. Il créeraient de la lumière blafarde et aggressive dans cette obscurité si belle...
Lydia cherche comment renforcer l'atmosphère magnifique de ce moment encore plus unique que le premier mais aucun des gestes qu'elle pourrait faire en temps normal ne sont dignes pour Grande Ombre.


-J'me suis pas relevée.

La preuve; la première année est toujours avachie, presque comme une larve.

-Par contre grâce à toi...

Elle modèle ses Mots dans sa bouche, tel du glaive pour leur donner la bonne forme qu'ils doivent avoir.

-J'ai ressuscité.

Peut-être bien qu'elle avait un phénix à l'intérieur de ses entrailles? Cela expliquerait la sensation du feu-transcendant à l'intérieur de sa poitrine. Mais peut-être que c'est seulement la bienveillance de son amie lunaire qui lui provoque cette chaleur aussi intense.

"Elle se lève et lui tend sa main"


Sa paume est une invitation.
«Viens» veut-elle dire.
«Viens on s'en fout des Autres.
Viens on part à la recherche des planètes.
Viens on transforme nos Larmes en fleurs
Viens on part toutes les deux.
Viens on fait battre nos Coeurs à l'unisson.
Viens on existe pour de vrai.»


-Tu danses? finit par dire Lydia.

Elle espère que cette phrase n'a rien Brisé. Que Grande Ombre comprendra le feu qui l'habite, flammes issues des paroles prononcées auparavant.
Indécise, la fillette attend la réponse que prononcera cette bouche située au dessus des Pleurs d'Orion. Elle se mordille la lèvre et retrouve cette impression que ses Mots étaient une erreur.

Un frisson lui parcourt le corps malgré le pull qui cache ses épaules. Le froid semble décidé à s'immiscer entre les deux enfants, il est contrarié que la Serdaigle ait pu lutter contre sa fille; la maladie.

*J'serai pas malade cette fois*
En regardant sa main tendue, elle en a la certitude. Non elle ne sera pas malade parce que Grande Ombre acceptera sa valse et à l'instant où les deux chairs se recroiseront, un feu renaîtra dans sa poitrine.

Il y chassera la glace, il y chassera le froid.

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faire une perle d'une larme

24 avr. 2020, 21:54
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Danse, petite Etoile.
Danse, et ne t'arrêtes jamais.


La Plume a froid. Elle se sentait bien, avant de réaliser que son amie avait écrit. Elle était plutôt heureuse, s’ennuyait un peu, essayait de réfléchir à un moyen de faire passer le temps. Elle ne pensait pas vraiment que le texte serait achevé maintenant. Mais lorsqu’elle s’en rend compte, elle est ravie. Elle ne s’attend pas au déferlement d’émotions qui s’emparent de tout son être. Elle ne sait pas qu’une nouvelle fois, elle aura envie de pleurer, de se recroqueviller sur elle-même.

Danse, petite Etoile, Danse. Pleure, petite Enfant, Pleure. Crie, petite Gamine, Crie. Meurs, petite Poussière, Meurs. Souffre, petite Lueur, Souffre. Mais ne regrette jamais.
Valse au rythme du sempiternel mouvement des astres. Vis avec la certitude que ton bonheur n’est qu’éphémère. Offre à Petite Ombre ce que tu n’as jamais eu, promets-lui que tu seras toujours là.
Laisse-toi submerger par l’Inconnu au lieu de le fuir. Enlace-le. Pleure dans ses bras, hais avec lui. Cours au-devant des dangers avant qu’il ne soit trop tard, rêve et embrasse les étoiles pour ne jamais qu’elles partent.
Bats-toi. Combats ce Silence qui te ronge. Jette toi avec hargne dans la lutte contre ce qui t’empêche de hurler ta douleur à la nuit.
C’est beau la Nuit, ça fait sourire. C’est beau l’hiver, c’est pur. C’est beau les souvenirs, c’est une partie de nous. C’est beau les larmes, ça fait briller les yeux. C’est beau l’espoir, ça donne envie de se relever. C’est beau la rage, ça fait se battre corps et âme contre sa souffrance. C’est beau l’Ombre. Mais tu ne peux pas expliquer pourquoi. Petite Ombre est Belle.
Elle scintille dans la nuit, elle fait te sentir plus vivante que jamais. Elle fait crier ton cœur et pleurer ta raison, hurler les ténèbres qui tentent de prendre possession de toi. Elle n’est pas une Autre. Elle a gagné, par la force inconsciente qui se dégage d’elle, une place incroyable dans ton cœur, une place qui n’existait pas avant. Une place qu’elle-même a créée.
Tu ne sais pas si tu aimerais Petite Ombre de jour. Si elle serait l’Enfant qui éclaircit la noirceur de tes cauchemars sous le soleil éclatant. Si son visage serait celui dont tu rêves, dont tu n’as pourtant entrevu que quelques traits. Si ses cheveux d’ébène seraient aussi sombres que dans les plus lumineux de tes espoirs.
Ta respiration s’étire et s’enroule, jolie fumée visible grâce au mince filet de Lune qui éclaire de sa lumière pure l’immense salle.
Pleure, petite Enfant, Pleure.
La larme est belle. Elle n’est pas le reflet d’une quelconque douleur, non. Elle n’est pas l’image des immenses troubles qui perturbent ton âme. Elle est le synonyme de ton infinie reconnaissance et de ton amour pour la douceur de la Nuit. Elle est une caresse à l’attention de ton Amie des Ténèbres. Elle roule sur ta pommette mais tu n’en as pas honte. Elle est un cristal pur dans la nuit la plus noire, elle te libère mieux que n’importe quel hurlement, que n’importe quel coup.
Souffre, petite Lueur, Souffre.
Ton cœur a mal. Ton cœur déplore la disparition de ta haine. Ton cœur pleure la mort de ton insensibilité. Ton cœur est un monstre. Ton cœur veut ton autodestruction. Il veut, tout simplement que tu crèves.


« J'me suis pas relevée. »


Frémissement de l’âme. Frisson de l’être. Douleur de l’esprit.
*ELLE EST PAS MORTE, C’EST PAS POSSIBLE ! PAS PETITE OMBRE.*
Petite Ombre a sombré. Elle est tombée, elle aussi. Elle s’est perdue dans le puits sans fond. Elle a disparu, elle s’est détruite.
Tu te sens périr.


« Par contre grâce à toi... »


Lueur qui accroche le regard. Eclat qui réveille. Conscience qui se redresse.
*Grâce à… moi ? Mais…*
Tu fronces les sourcils. Qu’as-tu à voir là-dedans ? As-tu contribué à sa chute ? As-tu entraîné Petite Ombre à ta suite ?
Effroi. Colère. Terreur.


« J'ai ressuscité. »


Sursaut du cœur.

Tu ne l’as pas vue bouger. Egarée, tu n’as pas remarqué qu’elle se levait, qu’elle se dressait au dessus de toi.
Sa main se tend vers toi. Comme une invitation, elle t’appelle.
« Viens », supplie-t-elle.
« Viens », implore-t-elle.
« Viens », souhaite-t-elle.
Mais ses mots te glacent.
« Viens on danse », murmure-t-elle.
Tout ton corps se rebelle. Mais figée, tu ne peux qu’assister au combat qui se déroule dans ta tête, alors que tu aimerais reculer, t’éloigner de cette main qui chuchote dans la nuit.

*Non, j'veux pas, j'veux pas, j'veux pas.*
Non tu ne veux pas, parce que tu préfèrerais rester assise là à contempler la Lune, Petite Ombre à tes côtés.
Non tu ne veux pas, parce que la Nuit était belle, alors qu’elle vous enlaçait de ses bras de ténèbres.
Non, tu ne veux pas parce que tu as peur, trop peur, de Briser.
Tu veux secouer la tête, en répétant en boucle, de ta voix rauque, que tu ne danseras pas. Que tu ne danses jamais. Que tu ne veux pas.
Mais ses yeux bleus qui reflètent le monde, qui te renvoient l’univers et te transforment en étoile, te font fermer la bouche, aussi brutalement qu’elle s’est ouverte.
Tu fermes les paupières.

*J’veux pas.*
Tu tends le bras.
*Non !*
Saisis une nouvelle fois sa main, que tu serres, te relèves doucement. Déferlent sur ta peau une multitude de fourmillement qui t’électrisent.
*Pourquoi j’ai envie maintenant ?*
Tu ne sais pas. Tu ne sais plus.
« Viens on danse. »


« Je… d’accord. »


Tu as peur, si peur. Peur de ce que tu découvriras avec Petite Ombre. Peur de cette Danse qu’elle te propose et qui te donne envie, une nouvelle fois, de pleurer.
Mais tu as la conviction que ce sera beau. Plus beau que tout ce que tu aurais pu imaginer.

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