26 déc. 2019, 18:50
Du noir et du blanc  8/12/44   ft. Emma Lockses 
@Emma Lockses


La fillette était mal, ces derniers temps, et ne cessait de se le faire remarquer.
Pourquoi elle était mal ? Oh, il y avait de quoi. Elle s'était toujours sentie différente à Poudlard, depuis qu'elle y était, car elle y subissait des moqueries. Légères, peut être. Mais qui n'avaient fait qu'accentuer son mal-être. Désormais, elle était sûre de ne rien avoir à y faire, en tant que né-moldue, et qui plus est, poufsouffle.
Oui, être poufsouffle était une raison pour que certains s'en moquent. Allez savoir. On vous fournit les meilleurs amis, mais apparemment, ce sont les incapables qui y vont. Or Lumah n'y avait pas vu d'incapables. Elle se réconfortait avec ça.

Cependant, l'épisode de la rentrée, les serpentards, de plus à plus à cran sur le statut de sang, et ce bal, avaient créé un malaise chez certains, et juste une hausse de confiance en soi chez d'autres. Pile ce qui ne fallait pas.

La petiote était sérieusement mal. Elle l'avait trop gardé pour elle, s'efforçait à sourire, tout ça... Et encore elle n'était pas des blessés ou ceux dont un proche avait été blessé. C'est bien pour cela qu'elle ne se plaignait pas. Il ne valait mieux pas être égoïste, en plus.
Si Lumah n'avait que ça, ça allait, mais les gens pouvaient à tout moment sortir que Lumah était petite, maigre, avait les cheveux "blancs" et les yeux "violets". Un monstre, en soi.

Mais la fillette ne voulait pas en être un. Non, elle voulait être normale, acceptée telle qu'elle était. En pensant cela, ses papiers, jusqu'alors dépliés dans sa poche, se mouvèrent et ses ratatinèrent. Ils sortirent de la poche de Lumah, sous forme d'oisillons et de petites bêtes de la forêt, écureuils, blaireaux, taupes, et se mirent à danser. C'était un moyen de se réconforter que Lumah utilisait inconsciemment.

De loin, on voyait une fillette, aussi pâle que la neige, regardant des animaux danser, comme si elle regardait un spectacle. Comme blanche neige et les sept nains.

19 ans 4B004F promo'43, diplômée

26 déc. 2019, 23:21
Du noir et du blanc  8/12/44   ft. Emma Lockses 
Emma passa devant les portes du château, puis s’arrêta quelques instants devant le magnifique paysage Écossais qui s’étalait devant elle. Poudlard était blanc de neige, immaculé et étincelant, brillant sous le léger soleil qui perçait avec peine les nuages.

Emma respira un bon coup l’air frais, puis s’avança, sans buts précis.

Au bout de quelques minutes de marche bondissante, la jeune fille reconnut une silhouette qui se démarquait du paysage blanchâtre. Un petit corps, un peu maigre, mais néanmoins très mignon et attendrissant ; Lumah Greenleaf !

Cette jeune fille adorable que Emma avait déjà rencontré auparavant était là, seule dans la neige. Emma marcha un peu plus vite et, alors qu’elle s'apprêtait à interpeller son amie, elle lui remarqua une petit me bouille triste, déprimée presque.

Intriguée, Emma s’approcha de la jeune fille et lui mit une main sur l’épaule. Elle remarqua autour d’elle des petits animaux de la forêt. Emma sourit, attendrie, puis reporta son attention sur Lumah.
- Salut Lumah ! Euh, est-ce que tout va bien ? Tu as l’air... préoccupée, ou un truc du genre..! Tu veux qu’on en parle ?

Emma laissa à son amie le temps de répondre, ou lui laissa le temps tout court. Ensuite, elle reprit avec un ton de compassion :
- Au fait, ces animaux sont adorables ! Vraiment mignon... ils vont bien avec ta personne en tout cas...

Emma sourit à Lumah, essayant malgré tout de lui remonter le moral...

la fille aux cheveux roses

24 janv. 2020, 15:56
Du noir et du blanc  8/12/44   ft. Emma Lockses 
Lumah regardait le sol, aussi blanc qu'elle, et repensa aux choses noires qui lui torturaient l'âme. D'aussi loin qu'elle se souvenait, ça ne lui était arrivé que lorsqu'elle n'avait plus personne pour l'aider, qu'elle était au fond du trou, après ces deux années, remplies de rires, mais pas de bons, des rires moqueurs, ravageurs. De violences physique.

La petite albinos s'en souvenait clairement, mais ça avait été si fréquent, un peu trop fréquent, qu'elle y repensait par images superposées, par flashs destructeurs.
Du jour où il lui avait mis du verre dans le sac. Le jour à il lui avait envoyé le ballon dans la figure. Le jour ou il lui avait tiré les cheveux. Le jour où il l'avait poussée dans le vide pour rire, et où une rivière l'avait heureusement accueillie. Le jour où il l'avait tapée, sans relâche. Le jour où il l'avait attaquée avec des pierres. Le jour, ce fameux jour, où il lui avait coupé les cheveux, et que la professeure avait enfin vu Lumah, la pauvre Lumah, la petite Lumah, la muette, qui ne parlait plus depuis le début de l'année, mais qui disparaissait des cours, qui passait ses journées dans la forêt, à courir derrière un lapin blanc imaginaire.

La professeure avait tout appris, et l'élève avait été renvoyé, et la professeure, démissionne, trop choquée de ne l'avoir réalisé qu'à cet instant, deux ans après.

Mais Lumah, elle, s'en était voulue, de n'avoir rien dit. Simplement par peur, par timidité.

Elle était devenue phobique des garçons, et cette peur s'était transformée en simple indifférence. L'année d'après, elle s'était inscrite au karaté, et le malheureux et seul élève qui avait tenté de se moquer s'était fait plaquer. Puisque plus aucun ne l'approchait, elle n'avait pas besoin d'en avoir peur.

Maintenant, Lumah, 12 ans, s'était à nouveau sentie dépaysée, et un autre garçon avait profité de cette faiblesse pour lui faire mal.

La petite albinos avait reperdu ses mots, mais différemment : Cette fois-ci, c'était pire, elle faisait comme si de rien n'était.

Physiquement, elle maigrissait juste plus encore qu'elle ne le faisait déjà, et ses pensées étaient confuses. Dès qu'elle voulait en parler, sauf à sa meilleure amie, elle s'était dit "Voyons, tu ne vas pas l'embêter avec tes soucis ridicules.".

Et c'est ainsi que Lumah s'était créé un masque, solide. Mais ce masque pleurait lui aussi, désormais.

La fillette jeta un oeil aux petite créatures faites de papier qui se dandinaient à ses pieds et rit un peu.

C'est alors qu'elle sentit une main sur son épaule. Elle leva ses yeux qui furent éblouis. Parmis tant de noirceur, parmis le gris ciel et cette atmosphère tristounette qu'était l'hiver, Emma était comme un soleil ; elle apportait bonheur et joie.

"Salut Lumah ! Euh, est-ce que tout va bien ? Tu as l’air... préoccupée, ou un truc du genre..! Tu veux qu’on en parle ? "

Un reniflement. Le "ça va" qu'elle aurait voulu dire ne s'échappait pas.

"Au fait, ces animaux sont adorables ! Vraiment mignon... ils vont bien avec ta personne en tout cas..."

Lumah explosa en pleurs.

Ses mots sortaient par larmes, ces images, ses idées, tout.

Après un moment où la fillette tenta de se reprendre, tant bien que mal, pour ne pas attaquer Emma de sa tristesse, Lumah réussit à articuler un petit "Non... Je suis désolée, j'aurais voulu te rendre un sourire, mais je n'y arrive pas..."

@Emma Lockses <3 Désolée pour mon pavé, et pour ce retard ! J'espère que tu prendras tau plaisir à lire (soit, là Lumah n'est pas heureuse, mais bon :wry: ) N'hésite pas à me le dire s'il y a un problème ! :happy:

19 ans 4B004F promo'43, diplômée

23 févr. 2020, 17:43
Du noir et du blanc  8/12/44   ft. Emma Lockses 
Lorsqu'Emma vint poser des questions à la petite Lumah qui semblait triste, celle-ci ne répondit pas avant quelques secondes. Comme un nouveau-né, elle ouvrait la bouche puis la refermait, comme si elle ne savait pas encore parler.
Elle avait l'air glacée, gelée, autant extérieurement, agressée par le froid, qu'intérieurement, dans sa posture.
Elle ne répondit pas. Des pleurs profondément tristes et accumulés sortirent des ses lèvres rosées par le froid. Emma, si surprise, ne répondit pas pour le moment, et l'observa, le coeur déchiré.

La jeune fille lui dit alors d'une voix saccadée et étranglée qu'elle aurait voulu lui dire que ça allait. ais qu'elle n'avait pas put. De toute façon, même si elle l'aurait dit, Emma aurait sans doute deviné que c'était faux. La petite Lumah, comme elle était, ne pouvait pas aller bien.

La jeune Lockses se reprit alors en main, et s'approcha de Lumah pour la serrer fort dans ses bras.
- Chhht..., tout va bien, je suis là..., fit-elle, comme elle avait l'habitude de faire à sa petite soeur Lucy.
Elle ferma les yeux. Et soudain, ressentit une profonde compassion pour Lumah, et eut presque envie de pleurer elle aussi. La peau blanche de son amie était rougie sur les joues, pas seulement par le froid mais aussi par les larmes, et celles-ci ne faisait qu'amplifier ce tristesse ambiante.

Emma rouvrit les yeux, et attrapa délicatement le menton de Lumah. Elle lui dit d'un ton réconfortant et chaleureux :
- Est-ce que tu veux qu'on en parle, petit coeur ? Tu as l'air si triste... tu ne mange plus... ne bois presque plus... ne rit plus.?! En tant que ton petit soleil, je me dois de te réconforter, d'accord p'tit coeur ? Allez viens, allons nous asseoir sur un banc...

Emma prit la main de Lumah et l'entraîna doucement vers les bancs enneigés qui encadraient le Parc blanchi. La jeune Lockses essuya à grands coups la neige, puis s'assit aux côtés de Lumah.
- Tu veux bien m'expliquer..?

Sous son sourire chaleureux, Emma cachait des larmes de voir Lumah comme ça.

@Lumah Greenleaf vraiment désolée pour le retard T_T

la fille aux cheveux roses

5 avr. 2020, 19:22
Du noir et du blanc  8/12/44   ft. Emma Lockses 
Lumah avait honte de pleurer ainsi, mais elle n'avait pas un mot suffisamment fort pour dire combien ça la délivrait, combien elle en avait eu envie, combien ça le pesait de s'être retenue aussi longtemps. Combien elle avait eu peur de ne plus rien ressentir, de paraître si vide, si semblable au sol neutre, dénué de toute expression et sentiment. Elle était si brisée, elle était tellement en colère et en même temps soulagée que ses larmes étaient véritablement indéchiffrables, autant que ses mots ne sortaient pas, trop nombreux. Enfermés trop longtemps. Et même, ses larmes étaient honte ; la honte qu'elle avait eue en se rendant compte qu'elle avait réussie à être jalouse des personnes heureuse. Pour cela, elle s'était détestée. Mais se détester, ces derniers temps, ce n'était que s'enfoncer plus, un pas vers le gouffre, qui tantôt la tentait, démon, tantôt l'effrayait, ange.
Elle en était venue à penser à sauter, mais non pas du haut de ce gouffre. Mais elle ne l'avait pas fait.

Emma avait réussi à délivrer tout cela. C'était dur, mais elle ne pouvait dire combien elle aimait Emma pour l'avoir aidée à cela.

« Chhht..., tout va bien, je suis là... »

Sa voix résonna comme une berceuse dans la tête de Lumah. peu à peu, ses pleurs se turent, seules restèrent les larmes. Elle enfouit sa tête dans le cou d'Emma, elle la serra, soulagée par sa présence.
Emma lui releva le menton, et Lumah, mécaniquement, renifla et essuya ses larmes.

Elle état si mal, mais Emma avait vraiment cette allure de grande soeur, si réconfortante, chacun de ses gestes étaient si doux, et sa voix si apaisante. C'est pour ça que Lumah l'avait appelée petit soleil. Autour d'elle, tout semblait aller si bien, elle était si lumineuse que l'obscurité pouvait bien la jalouser de là où elle s'était réfugiée.

« Est-ce que tu veux qu'on en parle, petit coeur ? Tu as l'air si triste... tu ne mange plus... ne bois presque plus... ne rit plus.?! En tant que ton petit soleil, je me dois de te réconforter, d'accord p'tit coeur ? Allez viens, allons nous asseoir sur un banc... »

La Poufsouffle obéit, docile. Elle ne savait pas que faire, de tout de manière. Alors, comme un papillon, elle suivit son soleil. Elle s'assied à côté d'elle. Mais finalement, qu'allait-elle dire ? Elle avait tant à dire, c'était si difficile condenser le tout.

« Tu veux bien m'expliquer..? »

Lumah, à cette question, ne put qu'en poser une autre. C'était idiot. Mais elle n'arrivait qu'à ça.

« Dis, Emma... Est-ce qu'être né-moldu, c'est n'appartenir à aucun monde ? »

19 ans 4B004F promo'43, diplômée

18 juin 2020, 19:49
Du noir et du blanc  8/12/44   ft. Emma Lockses 
Après avoir demandé à Lumah de lui expliquer ce qui n'allait pas, Emma la conduit à un banc. Après quelques instants d'hésitation, la jeune Pouffi's s'installa à côté de la Lockses, les joues rougies par les pleurs. Comme pour l'encourager à parler, Emma leva les sourcils et lui sourit, frottant son dos affectueusement. Lumah parla alors.
Elle lui demanda si les nés-moldus faisaient partis d'un monde.
Ou plutôt
si obligatoirement être né-moldu signifiait ne faire parti d'aucun monde.
Cette phrase déchira le coeur d'Emma. Elle s'était toujours posée cette question, ne se sentant pas à sa place à Poudlard, toujours se lever le matin avec cette crainte que soudain, on la chasse du château pour ses origines, ses parents, son sang.

Emma en était arrivée à une sorte de déprime intérieure, qu'elle ne montrait pas aux autres, car elle ne voulait pas qu'ils pensent qu'elle ne serait pas là pour remonter le moral aux autres. Et aujourd'hui, Lumah, sans le vouloir et sans savoir, lui avouer partager les mêmes craintes, les mêmes complexes. En y repensant, Emma ne savait pas que Lumah était née-moldue. Dans sa tête, en fait, Emma se pensait être la seule née-moldue en danger à Poudlard. Quel égoïsme. Emma se sentait comme la pire des personnes sur Terre.

Néanmoins, elle fit comme si de rien était, comme si elle avait pleinement confiance en elle, et qu'elle et son sang-de-bourbe s'assumaient complètement.

- Lumah mon dieu ! Bien sûr que non, ma pauvre. Je suis née-moldue, tout comme toi, et tu vois ! Je suis là, appartenant au monde, étant à Poudlard en train de consoler une de mes plus proches amies, ma meilleure en fait. Celle qui depuis très longtemps, ne se sent pas à sa place à Poudlard, j'ai l'impression. Et dis le moi si je me trompe, Lumah, mais j'espère que c'est une illusion que j'ai ; celle que tu ne te sens plus joyeuse, plus heureuse, plus vivante. Qu'est-ce qu'il se passe Lumah ? Tu es née-moldue, moi aussi, et en quoi c'est un défaut ? Transformons ce que certains détestent chez nous en une force, celle de ce dire : "je suis née-moldue, et pourtant j'ai la chance d'être là à Poudlard" ! Lumah, sans toi, sans ta beauté, sans ton dynamisme propre, sans ta fidelité, sans ton humour, sans toi... Poudlard ne serai pas Poudlard. Je t'adore ma Lulu, conclut son long discours Emma avant d'enlacer Lumah.

Si Emma aurait été seule sur le banc, en cet instant, elle aurait pleuré. Pleuré sur son sort, pleuré sur le sort de Lumah, pleuré sur leur sort, pleuré sur ce monde.
Mais elle n'était pas seule. Elle était avec Lumah, et elle devait la réconforter.


- Écoute-moi bien Lumah Greenleaf : même si tu n'avais pas ta place dans ce château ou même dans ce monde, je me battrai jusqu'à la mort pour t'en obtenir une. Jusqu'à la mort Lumah, répéta Emma, serrant fort les mains de Lumah dans les siennes.

la fille aux cheveux roses

26 juin 2020, 17:11
Du noir et du blanc  8/12/44   ft. Emma Lockses 
La petite n'arrivait plus à discerner Emma ; les larmes avaient rongé son visage, noyé ses yeux, et pourtant, malgré cela, la jeune Lockses continuait de rayonner derrière ce masque d'eau, comme si le bleu ne l'atteignait pas. La Lumah des abysses, plongée dans une abîme noire de douleur et de peine, enviait cette fille qui réussissait à rester aussi lumineuse en cette période où le ciel était sombre, et les esprits ravagés par les dernière nouvelles, par le bal. Bien qu'elle était absolument incapable de connaitre le réel état d'esprit d'Emma, qu'elle ne savait pas ses maux. Emma était la personne qu'elle aurait voulu être, avait le sourire qu'elle aurait voulu porter, le réconfort qu'elle aurait voulu pouvoir apporter.

D'ailleurs, elle ne connaissait pas grand-chose d'elle, malgré les nombreuses discussions qu'elle avait eues avec la jeune fille, les nombreuses fois où elle l'avait croisée, en cours, en salle commune, dans les couloirs, la Grande Salle ; il lui était par exemple inconnu qu'elle était née-moldu, tout comme elle, qu'elle avait ressenti les mêmes choses qu'elle. Malaise, peur, dégoût. Et ne le saurait pas, Lockses se cachant habilement derrière un mur de confiance ; pas avant qu'elle n'ose lui avouer la vérité. Mais au moins, elle était rassurée par ses paroles.

« Je ne savais pas », bafouilla-t-elle à l'annonce d'Emma. Qu'il y en avait d'autres.

Ce fut la première et dernière fois qu'elle interrompit l'autre jaune et noir, avant de tomber dans un mutisme parfait, trop attentive aux paroles de la fille aux jolis cheveux roses, qu'elle suivait de ses deux oreilles, attentive. Elle laissa Emma terminer son harmonie de mots, la laissa l'enlacer, l'enlaça en retour.

« Ça ne date pas que de cette année... Mais tu as raison. », avoua faiblement Lumah. « J'avais l'impression d'être une impostrice par la seule force de leurs mots, encore maintenant, d'ailleurs. »

Lumah haussa les épaules. Elle non plus ne savait pas leurs réelles rasions, puisqu'elle devenaient de simples prétexte. Puis de l'incompréhension, son visage passa à l'indescriptible dégout.

« La force de mes mots n'ont pas servi à résister à la force de leurs coups, Emma... »

19 ans 4B004F promo'43, diplômée

28 juin 2020, 18:17
Du noir et du blanc  8/12/44   ft. Emma Lockses 
Emma se tut, après avoir déclaré avec une fausse confiance tout un discours à Lumah. Elle la regarda dans les yeux, puis la jeune fille lui répondit.
Qu'elle ne savait pas.
Mais que ne savait-elle pas ?
Qu'elle représentait une meilleure amie pour Emma ?
Qu'elle comptait beaucoup pour Emma ?
Qu'elle était unique et qu'elle aurait parfaitement sa place partout dans le monde ?

Emma se força à oublier ses réflexions débiles, et écouta Lumah parler. Elle expliqua à la jeune Lockses, d'un voix brisée, toute faiblarde et ratatinée, qu'elle se sentait intruse à Poudlard. Parce que d'autres parlaient. Parlaient non pas le langage des gentils et normaux, mais bel et bien le langage des méchants, qui n'existent pas que dans les films.
Ce langage raciste.
Ce langage ayant pour devise
« A bas les sangs-de-bourbe ».

L'albinos en face d'Emma haussa faiblement les épaules. L'air de dire qu'elle ne comprenait pas quelque chose. Emma elle ne comprenait pas leur existence, le fait que personne ne s'en plaigne aux adultes responsables et gentils, le fait de trouver les nés-moldus si différents.
Emma vit alors le visage de Lumah passer de la jeune sorcière déprimée et dépourvue de force à la jeune sorcière dégoûtée et horrifiée. Emma fronça discrètement les sourcils, ce changement d'humeur oudain l'inquiétant légèrement.

Puis Lumah parla, sa phrase expliquant sa giboulée d'humeur. Que tous ses mots délicats sa voix enfantine et attendrissante et sa sagesse en avance sur son temps n'avaient pas formés un bouclier assez solide contre les horribles mots et les viles insultes lancées contre elle.

Emma eut envie de pleurer, une seconde fois.
Mais elle se retint.
Pour sa réputation de petit soleil.
Pour sa réputation de meilleure amie auprès de Lumah.
Pour Lumah.

Emma regarda le ciel furtivement, pour ravaler et faire sécher les larmes qui étaient sorties toutes seules, puis elle se racla la gorge avant de dire à la blondinette :

- Lumah, c'est... pour être franche, c'est hyper touchant ce que tu viens de dire. Très poétique, vraiment magnifique, mais pourquoi n'en avoir parlé à personne ? C'est du harcèlement ce qui t'arrive, je t'assure..! Et même, pourquoi ne m'en avoir pas parlé à moi ? Tu sais que je serais toujours là pour toi n'est-ce-pas ? Viens là ma Lulu..., fit-elle en la prenant dans ses bras.Écoute-moi bien, et jure-moi de le faire, d'accord ? Si ils recommencent, tu viens me voir immédiatement, tu m'explique, et moi, je les engueule, OK ? Je les engueule comme ma foutue grand-mère m'engueule quand j'ai pas rangé le couloir. Ce qui veut dire qu'après tant d'années d'engueulade, j'en ai pris de la graine..! Je serais toujours là pour toi Lumah Greenleaf, t'es ma meilleure amie.

Emma, pour la enième fois durant cette discussion endiablée, serra fort dans ses bras la Pouffi's, et lui embrassa le crâne, tout comme son père lui faisait.

la fille aux cheveux roses

8 juil. 2020, 00:13
Du noir et du blanc  8/12/44   ft. Emma Lockses 
« Les yeux peuvent exprimer à eux seuls une émotion. » Pas besoin de bouche, de cris, pas besoin de froncer les sourcils, de se crisper. C'était ce qu'Isabel avait assuré à sa fille, une fois. Et Lumah, quelques années plus tard, pouvait approuver ces dires. Son regard, plongé dans celui d'Emma, communiquait chacune de ses émotions, et elle était certaine de per-çevoir celles d'Emma également. C'était aussi drôle que c'était beau, et c'était aussi beau que ça lui faisait peur ; la petite savait tout confier à Emma, en qui elle avait pleinement confiance, mais qui croire désormais ? La peur lui serrait les entrailles ; véritable fléau, elle lui rongeait le ventre, et se répandait aussi vite qu'une maladie.

Mais les yeux d'Emma lui donnaient une pincée de réalité, assez pour ne pas sombrer, ne pas faire qu'une avec la peur. Emma... Elle aurait tant voulu la remercier autrement qu'en l'encombrant de ses malheurs ; mais le mal était fait, et la maladresse empêchait la suite d'avoir lieu.

Lumah se sentait bien dans le confort de ses cheveux, chatouillée par les rayons de soleils qu'étaient la chaleur d'Emma ; sa voix, si inattendue, la secoua un peu. Et ses termes, plus.

D'une part, Emma lui avouait qu'elle, Lumah, petite fille de douze ans, planquée derrière un masque qu'elle avait désespérément brisée pour en sortir es mots, avait réussi à l'affecter. Qu'elle avait réussi à être claire malgré ses handicaps. Peut-être était-ce une félicitation, un peu de joie, un soulagement que Lumah ressentit un moment durant. Peut-être.
Et d'autre part, c'est un mot qu'elle voulait oublier, la cause de sa fuite et de ses malheurs, qui, à l'inverse, lui serra le coeur, comme pour l'éclater. Harcèlement. Le même mot qu'il y a bien longtemps, ce bien longtemps qui l'avait faite rencontrer Antonn, garçon qu'elle perdra aussitôt de vue. L'éphémère est parfois bien mais il a eu tout pour lui déplaire.

Lumah était profondément troublée, elle pensait avoir bien agi. Mais tout ce qu'elle avait fait n'était donc qu'inutile. Du mal pour un rien, ironie.

« Je... »

La petite déglutit, emportant la voix éraillée et rauque qu'elle avait usé. Mais au final, c'est l'étreinte d'Emma qui la libéra de son mal.

« Je te promets, je suis désolée, Emma, tellement désolée... » (Sa voix se tut)

La blondinette, n'osant parler, serra plus fort encore Emma contre elle. Moi aussi, je veux être là pour toi, Emma.


FIN DE CE RP.


Merci infiniment Emma <3

19 ans 4B004F promo'43, diplômée