Jusqu’à quel Point ?
.oOo.
[ MI-MARS 2046 ]
Un Coin en retrait, Bibliothèque, Rez-de-Chaussée, Poudlard
Charlie, 16 ans.
4ème Année

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[ MI-MARS 2046 ]
Un Coin en retrait, Bibliothèque, Rez-de-Chaussée, Poudlard
Charlie, 16 ans.
4ème Année

∞
La seule chose que j’entends est la mélodie de ma plume sur la partition de mon parchemin.
*Sinon... Virgule. Quand le sortilège…*. Réussi ? S’exécute ? *Est réussi…*. Sans parvenir ? Sans atteindre ? Si j’utilise parvenir, ça sous-entend des efforts et des sacrifices. Alors que si j’utilise atteindre, ça sous-entend plutôt un statut ?
Je me mords la langue.
Franchement, c’est plus ou moins la même chose, ce mot-là n’est pas important. *Sans atteindre la…*. Perfection ? Ouais, c’est ça. *Perfection d’exécution…*. Je jette un coup d’œil à mon manuel. *Il fait apparaître… un simple…*. Amas ? Non, ce n’est pas assez précis. Nuage ! *Nuage de bulles…*.
— C’est dans deux minutes…
La pointe de ma plume se fige en plein milieu du mot « bulles », le laissant amputé. *Quoi ?*. Mon esprit a déjà tout compris, mais je ne veux pas accepter ce qu’il est en train de me gueuler. Ma tête se relève très lentement vers Nejma, qui a la tronche toujours enfoncée dans ses parchemins, une grimace sur sa petite gueule. « Vraiment, là ? ». Sa bouche s’entrouvre.
Trop tard, la chaleur de ma colère est en train de me courir sur la peau, avec ses énormes sabots.
Comme si elle avait ressenti cette vague cavaler sur mes pores, ses lèvres se rejoignent en un silence serré, de merde. *C’est ça, ferme ta gueule*. À quoi ça me servait de lui demander de me prévenir quinze minutes avant dix-neuf heures si elle le faisait alors qu’il n’en restait plus que deux ?! *Plus qu’une maintenant !*. « Bordel ! » crache ma voix, dans notre coin reclus de la bibliothèque ; j’aurais tout aussi bien pu le gueuler au milieu de tous les Autres tellement ma colère me faisait voir Nejma comme la dernière des… *Des…*.
Je ne sais même pas !
Je me relève brusquement de ma chaise, et je me penche vers la Serdaigle, très proche de son visage de sorte à lui faire sentir mon souffle brûlant. C’est un murmure serré, tendu comme un fil de fer que je lui plaque à la tronche : « J’ai pas besoin d’ton foutu cadeau ». D’un mouvement sec, je relève ma manche droite et détache la montre qu’elle m’avait offerte. *’m’énerves !*. La chaleur ne se calme pas, elle m’étouffe.
Je plaque cette foutue montre sur la table, en l’écrasant le plus fort possible. Rien à foutre qu’elle se casse.
J’ai chaud. Je ne sais pas pourquoi il fait tellement chaud ici.
Sans lui accorder un regard de plus, je fais volte-face pour me lancer en courant à travers la bibliothèque. *Vite !*.
Un sprint plus tard, je traverse déjà l’embrasure de la porte. *Gauche*. Là, je prends la direction de l’escali
*NON !*.
Le cours qui m’intéresse est dans le parc ! Et la chaleur de ma poitrine est en train de se mélanger à plein d’autres trucs. C’est une bouillie dégueulasse qui rampe dans mon corps en se foutant ma gueule. *Dar-cyyyy...*. Tout était de sa faute. Absolument tout. TOUT.
Je me retourne encore une fois, le cœur en peine, la poitrine au bord de l’explosion. « CHARLIE ! ». Par réflexe, ma tête vrille vers cette voix qui résonne tellement fort. *Alistair ?!*.
C’est lui.
À cette distance-là, ses yeux-de-ciel sont cachés au fond de sa tronche, mais je le reconnais quand même dans la mélasse de mon crâne. J’ai un peu moins chaud. « OUAIS ?! ». Son buste est écrasé contre la balustrade d’un escalier du deuxième étage, laissant ses longs cheveux couronner son visage.
— DIS À MA SŒUR QUE J’VAIS LA BUTER !
Un rictus brutal défigure tous les traits de mon visage. *Oh bordel*. Il me comprend, lui. Il sait ce que c’est d’être vraiment en rogne.
Je mets mes mains en porte-voix autour de ma bouche tordue, pour lui répondre le plus clairement possible.
— VA À LA BIBLIOTHÈQUE ‘LUI DIRE QU’ON S’RA DEUX À L’FAIRE !
À ma phrase, j’ai l’impression qu’il sourit, mais je ne vois pas bien.
Son bras apparaît à côté de son visage, le pouce en l’air en signe d’approbation. *Bien*. Je détourne les yeux. *’doit être pile l’heure, là*. Ne pas y penser, je dois juste courir pour abandonner cette chaleur qui me colle à la peau. *Vite*.
Je lance mes jambes encore une fois, traversant le hall d’entrée comme une furie pour enfin déboucher dans le parc.
Là, je me fige. Mon cœur bat comme les tambours des dieux grecs, mais je n’y fais pas attention.
Ma main rejoint mon front, pendant que mes yeux se plissent. Le saule-cogneur est en plein milieu de ma vue. Je fais quelques pas sur le côté pour mieux voir au loin. *Oh*. Un instant de temps se bloque dans ses propres rouages ; pour mieux me libérer de sa prison. Les tenailles de ma poitrine se relâchent. « Ssshh… », et un soupir de soulagement m’échappe.
Sur l’esplanade derrière le saule-cogneur, les élèves de troisième année viennent juste de finir leur cours de soin aux créatures magiques, Almeida se tient haute entre leurs silhouettes mélangées. *Bien…*. Ma main s’abaisse.
Je vais l’attendre ici, sur le palier de la grande porte. *Même pas deux minutes*.
Sans quitter des yeux les élèves qui arrivent vers le château, je fais quelques pas en arrière pour m’adosser à la roche. Ma jambe droite s’enroule autour de l’autre.
Là, mon regard recherche frénétiquement sa tronche au milieu de cette masse grouillante.
∞
Dernière modification par Charlie Rengan le 7 nov. 2021, 15:23, modifié 3 fois.
« Bienvenue chez Toi »
Jusqu’à quel Point ?
Mi-mars 2046 (date à préciser)
A la toute fin de journée
Cours de SaCM
3ème année
Depuis que cette journée a commencé, je suis d'une humeur de chien. C'est une fichue expression moldue que ma grand-mère m'a apprise, à moi et à tous mes cousins, sous le regard désapprobateur de mon fichu oncle Neville. J'ai toujours trouvé fascinantes les expressions moldues mais aujourd'hui, celle-là et toutes les autres m'énervent. Mais il n'y a pas grand chose qui ne m'énerve pas aujourd'hui, en fait je n'ai encore rien trouvé.
Je suis assise sur un tronc d'arbre, entourée par mes fichus camarades de troisième année, en cours de Soin aux Créatures Magiques. Les autres vendredis, c'est un de mes cours préférés parce que je le passe assise dehors et que Miss Almeida est trop autoritaire - et respectée - pour que mes fichus camarades bavardent. Pourtant aujourd'hui, et Merlin seul sait pourquoi, ils ont décidé de bavarder quand même et ça a le don de me mettre en rogne. C'est comme dans une cocotte-minute moldue, ça bouillonne à l'intérieur de moi - encore une fichue référence moldue que je me traîne de ma grand-mère.
Et comme si les bavardages de mes fichus camarades ne suffisaient pas à garder allumer le feu de la colère qui brûle décidément au creux de mon estomac serré, je me refais dans la tête toutes les choses de cette journée qui m'ont énervé. Je n'ai pas pu manger avec Chems, Lune a grignoté le fichu parchemin que j'écris depuis des jours pour le cours de Métamorphose de la semaine prochaine, la fichue bibliothèque était tellement remplie que j'ai dû remonter dans mon fichu dortoir après le déjeuner, le soleil brille trop fort et je meurs de chaud sous cette foutue robe de sorcier.
Le brouhaha qui marque la fin du cours, en froissements insupportables de vêtements, en pieds qui tapent, en rires agaçants et en chuchotements trop bruyants ne me soulage même pas. Je me redresse avec le dos endolori, le front transpirant et le visage crispé, comme depuis le début du cours, auquel je n'ai même pas participé - je me rattraperais la séance prochaine, pensé-je comme un rayon de soleil entre les nuages de mes pensées négatives.
« Pfff. »
Grogné-je, en attendant derrière un camarade qui ramasse son sac pour pouvoir me barrer d'ici. Et alors que j'attends, et que l'agacement monte jusque dans ma gorge, je me demande où je vais bien pouvoir aller me mettre après ça. Finalement, je n'ai le temps que de penser à mon foutu lit avant que je ne puisse passer à nouveau.
Alors que mon pas se fait plus virulent que celui des autres sorciers de ma classe, marcher au milieu du nuage grouillant de rumeurs m'énerve. Les mâchoires foutrement serrées, je me force à ralentir et bientôt je trouve du plaisir à traîner des pieds. Un petit sourire crispé par la même colère qui me ronge depuis ce matin apparaît doucement alors que le groupe de troisième année s'éloigne devant moi. Je grimpe avec le même sourire, qui s'évanouit au fur et à mesure que la fichue côte me fait mal aux pieds.
Je lève la tête vers la fichue grande porte qui se dresse, qui me nargue, alors que de la foutue sueur perle toujours de mon foutu front. La manche de ma robe de sorcier vient essuyer mon front alors que je m'arrête à quelques pas d'entrer dans le château.
Mes yeux tombent sur elle, adossée juste à côté de la porte.
A la toute fin de journée
Cours de SaCM
3ème année
Depuis que cette journée a commencé, je suis d'une humeur de chien. C'est une fichue expression moldue que ma grand-mère m'a apprise, à moi et à tous mes cousins, sous le regard désapprobateur de mon fichu oncle Neville. J'ai toujours trouvé fascinantes les expressions moldues mais aujourd'hui, celle-là et toutes les autres m'énervent. Mais il n'y a pas grand chose qui ne m'énerve pas aujourd'hui, en fait je n'ai encore rien trouvé.
Je suis assise sur un tronc d'arbre, entourée par mes fichus camarades de troisième année, en cours de Soin aux Créatures Magiques. Les autres vendredis, c'est un de mes cours préférés parce que je le passe assise dehors et que Miss Almeida est trop autoritaire - et respectée - pour que mes fichus camarades bavardent. Pourtant aujourd'hui, et Merlin seul sait pourquoi, ils ont décidé de bavarder quand même et ça a le don de me mettre en rogne. C'est comme dans une cocotte-minute moldue, ça bouillonne à l'intérieur de moi - encore une fichue référence moldue que je me traîne de ma grand-mère.
Et comme si les bavardages de mes fichus camarades ne suffisaient pas à garder allumer le feu de la colère qui brûle décidément au creux de mon estomac serré, je me refais dans la tête toutes les choses de cette journée qui m'ont énervé. Je n'ai pas pu manger avec Chems, Lune a grignoté le fichu parchemin que j'écris depuis des jours pour le cours de Métamorphose de la semaine prochaine, la fichue bibliothèque était tellement remplie que j'ai dû remonter dans mon fichu dortoir après le déjeuner, le soleil brille trop fort et je meurs de chaud sous cette foutue robe de sorcier.
***
Le brouhaha qui marque la fin du cours, en froissements insupportables de vêtements, en pieds qui tapent, en rires agaçants et en chuchotements trop bruyants ne me soulage même pas. Je me redresse avec le dos endolori, le front transpirant et le visage crispé, comme depuis le début du cours, auquel je n'ai même pas participé - je me rattraperais la séance prochaine, pensé-je comme un rayon de soleil entre les nuages de mes pensées négatives.
« Pfff. »
Grogné-je, en attendant derrière un camarade qui ramasse son sac pour pouvoir me barrer d'ici. Et alors que j'attends, et que l'agacement monte jusque dans ma gorge, je me demande où je vais bien pouvoir aller me mettre après ça. Finalement, je n'ai le temps que de penser à mon foutu lit avant que je ne puisse passer à nouveau.
Alors que mon pas se fait plus virulent que celui des autres sorciers de ma classe, marcher au milieu du nuage grouillant de rumeurs m'énerve. Les mâchoires foutrement serrées, je me force à ralentir et bientôt je trouve du plaisir à traîner des pieds. Un petit sourire crispé par la même colère qui me ronge depuis ce matin apparaît doucement alors que le groupe de troisième année s'éloigne devant moi. Je grimpe avec le même sourire, qui s'évanouit au fur et à mesure que la fichue côte me fait mal aux pieds.
Je lève la tête vers la fichue grande porte qui se dresse, qui me nargue, alors que de la foutue sueur perle toujours de mon foutu front. La manche de ma robe de sorcier vient essuyer mon front alors que je m'arrête à quelques pas d'entrer dans le château.
Mes yeux tombent sur elle, adossée juste à côté de la porte.
Animagus renard polaire
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Jusqu’à quel Point ?
*Non*. Un autre visage. *Non*. Un autre *moche* visage. *Non*.
Mon regard fait des saltos dans toute cette mélasse de tronches, ponctuant chaque tentative par un simple non. Et des tentatives, j’en fais des dizaines et des dizaines ; mais celle que je veux n’est pas là. Rien.
Je ne comprends pas, elle devr…
*Là*. Pensée décapitée.
Elle est là, derrière le cortège des Autres.
Minuscule *’encore plus qu’Nejma*, avec cette même pensée qui me bouscule à chaque fois que je la vois. *Bien… très bien…*.
Adaline.
Et son éclat de brillance, presque dérangeant.
C’est une fille aux… *’plein d’trucs* qui ne se disent pas vraiment, mais qui se ressentent.
Elle ne parle pas, mais quand elle le fait, ça s’entend.
Elle ne regarde pas, mais quand elle le fait, ça surprend.
Elle n’apparait pas, mais quand elle le fait, ça… *’tester tout ça…* juste, ça fait tourner ma tête. Comme une menace, quelque-part, ou quelque-chose qu’il faut surveiller.
Elle me fait un peu penser à Nejma, toute petite, mais que je dois garder du coin de l’œil.
La gryffonne s’approche doucement, et juste à sa manière de marcher, sa présence se fait sentir aux alentours. Ce n’est pas comme tous ces Autres qui courent partout comme des fous, mais que je ne vois même pas tellement ils ne dégagent rien. Ternes, vides, mais libres.
Alors qu’Adaline est vive, pleine, mais écrasée. Je le vois à ses petits pieds qui crissent contre l’assise du monde, ils sont un appel à quelque-chose. Et je surveille ce quelque-chose depuis la première fois que je l’ai vue dans ce salon de lumière étouffante, jusqu’à aujourd’hui où j’ai décidé de vérifier par moi-même l’Étendue.
*Sa portée*. Je vais y caler mes notes, ma main droite ; pour y écouter la proposition de son harmonie, en sa main gauche.
Ma respiration brûlante s’est étouffée toute seule, me laissant enfin respirer dans une tiédeur supportable. Pourtant, mon cœur ne se calme pas, il continue à frapper comme un fou dans ma poitrine. *Pas grave*. Il va avoir un peu de temps pour arrêter de cogner contre les barreaux de mes côtes. *’tout p’tit peu*.
D’un coup, son regard, tout comme son corps entier, s’arrête sur moi.
J’enchaîne — pour que la brillance de son noir n’aille pas se promener loin de moi *’certaine qu’elle…*, je lève ma main droite au niveau de mon visage *’y’a… là…* pendant que je suis sûre de plein de choses, je le vois dans les limbes de ses prunelles. *Pas vrai ?*.
Avec mon index et mon majeur, je lui fais signe de se rapprocher de moi. Le reste de mon corps reste fixe, tout mon poids sur une seule jambe, enroulée par l’autre, mon deuxième bras enfoncé dans la poche de ma robe, et mon regard dans le sien, là, celui aux brillances-qui-feutrent.
Mon regard fait des saltos dans toute cette mélasse de tronches, ponctuant chaque tentative par un simple non. Et des tentatives, j’en fais des dizaines et des dizaines ; mais celle que je veux n’est pas là. Rien.
Je ne comprends pas, elle devr…
*Là*. Pensée décapitée.
Elle est là, derrière le cortège des Autres.
Minuscule *’encore plus qu’Nejma*, avec cette même pensée qui me bouscule à chaque fois que je la vois. *Bien… très bien…*.
Adaline.
Et son éclat de brillance, presque dérangeant.
C’est une fille aux… *’plein d’trucs* qui ne se disent pas vraiment, mais qui se ressentent.
Elle ne parle pas, mais quand elle le fait, ça s’entend.
Elle ne regarde pas, mais quand elle le fait, ça surprend.
Elle n’apparait pas, mais quand elle le fait, ça… *’tester tout ça…* juste, ça fait tourner ma tête. Comme une menace, quelque-part, ou quelque-chose qu’il faut surveiller.
Elle me fait un peu penser à Nejma, toute petite, mais que je dois garder du coin de l’œil.
La gryffonne s’approche doucement, et juste à sa manière de marcher, sa présence se fait sentir aux alentours. Ce n’est pas comme tous ces Autres qui courent partout comme des fous, mais que je ne vois même pas tellement ils ne dégagent rien. Ternes, vides, mais libres.
Alors qu’Adaline est vive, pleine, mais écrasée. Je le vois à ses petits pieds qui crissent contre l’assise du monde, ils sont un appel à quelque-chose. Et je surveille ce quelque-chose depuis la première fois que je l’ai vue dans ce salon de lumière étouffante, jusqu’à aujourd’hui où j’ai décidé de vérifier par moi-même l’Étendue.
*Sa portée*. Je vais y caler mes notes, ma main droite ; pour y écouter la proposition de son harmonie, en sa main gauche.
Ma respiration brûlante s’est étouffée toute seule, me laissant enfin respirer dans une tiédeur supportable. Pourtant, mon cœur ne se calme pas, il continue à frapper comme un fou dans ma poitrine. *Pas grave*. Il va avoir un peu de temps pour arrêter de cogner contre les barreaux de mes côtes. *’tout p’tit peu*.
D’un coup, son regard, tout comme son corps entier, s’arrête sur moi.
J’enchaîne — pour que la brillance de son noir n’aille pas se promener loin de moi *’certaine qu’elle…*, je lève ma main droite au niveau de mon visage *’y’a… là…* pendant que je suis sûre de plein de choses, je le vois dans les limbes de ses prunelles. *Pas vrai ?*.
Avec mon index et mon majeur, je lui fais signe de se rapprocher de moi. Le reste de mon corps reste fixe, tout mon poids sur une seule jambe, enroulée par l’autre, mon deuxième bras enfoncé dans la poche de ma robe, et mon regard dans le sien, là, celui aux brillances-qui-feutrent.
« Bienvenue chez Toi »
Jusqu’à quel Point ?
Il a fallu que ce soit elle qui soit aux pieds de la grande porte pour me barrer la route. La même colère qui vrombit et grandit au fond de moi depuis que je suis sortie de mon lit ce matin m'anime alors que mon regard se fait moins dur. C'est étrange et pourtant, les contours de mes sentiments s'arrondissent considérablement quand je pose les yeux sur elle.
Charlie Rengan. Nous ne parlons pas souvent mais elle en connaît plus sur moi que n'importe qui dans ce château. Non même pas mon ami jaune avec qui je discute souvent, pas non plus mon complice vert même si notre relation s'approfondit et pas la fille du feu lors de nos discussions sur l'oreiller. Personne d'autre que cette fille - plantée entre moi et mon foutu lit que je n'ai même pas vraiment envie de retrouver - n'a vu le hameau. Et c'est une foutrement grosse et aussi importante partie de ma vie et par extension de moi.
Mes fichues mains sont moites alors que, juste après avoir essuyé mon front avec mes manches, j'essuie chaque main sur la manche opposée. Un foutu mélange de transpiration sur le tissu noir, qui est la cause de tous mes maux à cet instant présent. Pour achever la grimace qui déforme mon visage marqué par l'usure de mes nerfs, mes sourcils se froncent au-dessus de mes yeux.
C'est étrange, mais je crois que la colère me donne des ailes. Alors que le doigt qui m'ordonne d'avancer aurait pu être remis en question - est-ce que c'est à moi qu'elle parle ? - sur un ton presque insolent, je ne doute pas un seul instant que ce soit à moi qu'elle destine son geste. Gonflée de confiance en moi, j'avance dans sa direction à la même fichue cadence qui m'a menée jusqu'ici pour aller me figer devant elle et toujours avec la même flegme.
« Rengan. »
Je la salue poliment et sans sourciller.
Ses grands yeux verts encadrés par ses longs cheveux de jais font peur et impressionnent. Mais j'ai la même expression sérieuse et de plus en plus souvent la même confiance en moi que celle qui flotte autour d’elle. C'est vrai de dire qu'il flotte un air différent autour de cette fille que je ne connais pas si bien mais que mon cœur a la folle impression de connaître bien. Ses gros mots effraient les premiers années et son caractère fait peur aux plus jeunes Gryffones dans les dortoirs. Mais moi, je n'ai pas peur. Je crois que je ne peux pas ressentir autre chose que la colère et, je le découvre, ses nombreuses déclinaisons.
Une grimace frustrée sur le visage, j'attends de savoir ce qu'elle me veut.
Si la colère ne troublait pas mon visage, un petit sourire pourrait percer sur ce dernier en pensant que cette chose qu'elle veut me dire, la raison pour laquelle elle me fait venir jusqu'à elle, la question qu'elle veut me poser sera forcément intéressante. Voilà une bonne chose dans cette journée remplie de colère.
Charlie Rengan. Nous ne parlons pas souvent mais elle en connaît plus sur moi que n'importe qui dans ce château. Non même pas mon ami jaune avec qui je discute souvent, pas non plus mon complice vert même si notre relation s'approfondit et pas la fille du feu lors de nos discussions sur l'oreiller. Personne d'autre que cette fille - plantée entre moi et mon foutu lit que je n'ai même pas vraiment envie de retrouver - n'a vu le hameau. Et c'est une foutrement grosse et aussi importante partie de ma vie et par extension de moi.
Mes fichues mains sont moites alors que, juste après avoir essuyé mon front avec mes manches, j'essuie chaque main sur la manche opposée. Un foutu mélange de transpiration sur le tissu noir, qui est la cause de tous mes maux à cet instant présent. Pour achever la grimace qui déforme mon visage marqué par l'usure de mes nerfs, mes sourcils se froncent au-dessus de mes yeux.
C'est étrange, mais je crois que la colère me donne des ailes. Alors que le doigt qui m'ordonne d'avancer aurait pu être remis en question - est-ce que c'est à moi qu'elle parle ? - sur un ton presque insolent, je ne doute pas un seul instant que ce soit à moi qu'elle destine son geste. Gonflée de confiance en moi, j'avance dans sa direction à la même fichue cadence qui m'a menée jusqu'ici pour aller me figer devant elle et toujours avec la même flegme.
« Rengan. »
Je la salue poliment et sans sourciller.
Ses grands yeux verts encadrés par ses longs cheveux de jais font peur et impressionnent. Mais j'ai la même expression sérieuse et de plus en plus souvent la même confiance en moi que celle qui flotte autour d’elle. C'est vrai de dire qu'il flotte un air différent autour de cette fille que je ne connais pas si bien mais que mon cœur a la folle impression de connaître bien. Ses gros mots effraient les premiers années et son caractère fait peur aux plus jeunes Gryffones dans les dortoirs. Mais moi, je n'ai pas peur. Je crois que je ne peux pas ressentir autre chose que la colère et, je le découvre, ses nombreuses déclinaisons.
Une grimace frustrée sur le visage, j'attends de savoir ce qu'elle me veut.
Si la colère ne troublait pas mon visage, un petit sourire pourrait percer sur ce dernier en pensant que cette chose qu'elle veut me dire, la raison pour laquelle elle me fait venir jusqu'à elle, la question qu'elle veut me poser sera forcément intéressante. Voilà une bonne chose dans cette journée remplie de colère.
Animagus renard polaire
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Jusqu’à quel Point ?
*Ouais*. C’est bien ça, une brillance qui ne ressemble en rien à celle des Autres.
Elle, elle feutre. Elle, elle se déplace au niveau du sol facilement, presque invisiblement. Elle, elle glisse vers l’avant, slalome entre les regards avec autant de discrétion qu’une couleuvre dans l’herbe du Parc. *’pas si dangereux qu’ça*. Une couleuvre, ce n’est pas mortel. Mais elle n’est pas un serpent, rien à voir avec une Serpentarde-gonflée-de-faux-venin.
Elle, elle est une lionne.
Et elle est en train de s’approcher de ses pas feutrés, autant que ses yeux, prête à bondir. *Calme…* mais tellement prête. Une lionne qui s’avance vers quelque-chose, le visage froncé, autant que je cherche cette chose en elle. « Rengan. » Peut-être qu’on recherche l’exacte même chose ?
Et ses traits ne se décoincent pas sous sa fausse-façade de neutralité, sa peau a pourtant l’air si paisible, sans la moindre torsion. Parfaite. Mais l’eau dort bien chez elle, belle illusion ; mais je sais déjà, que sous cette peau à l’allure de gamine, la tension et la pression peuvent imploser à n’importe-quel moment. Il suffit que je regarde là où il faut. *Bien…*. Et ça, c’est très intéressant pour moi.
Les Autres font le bordel dans le Hall d’Entrée, ce qui ne va pas m’aider à vraiment la voir, mais je n’ai pas le choix. C’est maintenant, vite.
— Salut.
Une simple réponse pendant que je sors — de ma main gauche — le bout de parchemin plié en deux du fond de ma poche. Je le lève en l’air, à hauteur de mon visage, sans quitter une seule seconde le regard de la petite lionne ; je ne veux rien rater de ses prunelles-aux-allures-feutrées. Il faut que je voie.
Et ce n’est que le début.
— Chems veut que j’te donne ça. Une seconde cliquète, mais j’fais rien d’gratuit, Adaline.
Sans m’en rendre compte, mon visage a avancé vers elle, comme pour mieux scruter les éclats de ses filins.
Elle, elle feutre. Elle, elle se déplace au niveau du sol facilement, presque invisiblement. Elle, elle glisse vers l’avant, slalome entre les regards avec autant de discrétion qu’une couleuvre dans l’herbe du Parc. *’pas si dangereux qu’ça*. Une couleuvre, ce n’est pas mortel. Mais elle n’est pas un serpent, rien à voir avec une Serpentarde-gonflée-de-faux-venin.
Elle, elle est une lionne.
Et elle est en train de s’approcher de ses pas feutrés, autant que ses yeux, prête à bondir. *Calme…* mais tellement prête. Une lionne qui s’avance vers quelque-chose, le visage froncé, autant que je cherche cette chose en elle. « Rengan. » Peut-être qu’on recherche l’exacte même chose ?
Et ses traits ne se décoincent pas sous sa fausse-façade de neutralité, sa peau a pourtant l’air si paisible, sans la moindre torsion. Parfaite. Mais l’eau dort bien chez elle, belle illusion ; mais je sais déjà, que sous cette peau à l’allure de gamine, la tension et la pression peuvent imploser à n’importe-quel moment. Il suffit que je regarde là où il faut. *Bien…*. Et ça, c’est très intéressant pour moi.
Les Autres font le bordel dans le Hall d’Entrée, ce qui ne va pas m’aider à vraiment la voir, mais je n’ai pas le choix. C’est maintenant, vite.
— Salut.
Une simple réponse pendant que je sors — de ma main gauche — le bout de parchemin plié en deux du fond de ma poche. Je le lève en l’air, à hauteur de mon visage, sans quitter une seule seconde le regard de la petite lionne ; je ne veux rien rater de ses prunelles-aux-allures-feutrées. Il faut que je voie.
Et ce n’est que le début.
— Chems veut que j’te donne ça. Une seconde cliquète, mais j’fais rien d’gratuit, Adaline.
Sans m’en rendre compte, mon visage a avancé vers elle, comme pour mieux scruter les éclats de ses filins.
« Bienvenue chez Toi »
Jusqu’à quel Point ?
L'eau qui dort. Je n'aime pas cette expression et pourtant c'est exactement comme ça que je me sens. Je sens quelque chose grouiller sous ma peau calme en attendant de pouvoir exploser. Quand et comment ne sont pas les principales questions, ce que je me demande en sentant cette énergie vrombir en moi c'est pourquoi. C'est peut-être parce que cette fichue journée a mal commencé, qu'elle ne s'est pas mieux passée jusqu'à ce foutu cours qui n'a fait que me taper sur les nerfs, et que je suis maintenant dans une position délicate.
Dans tout ça, c'est cette position délicate qui m'énerve le moins. Je pourrais presque sentir mon énergie se canaliser en battements de cœur quand Rengan se met à parler. La voix de cette fille est toujours sur une fréquence apaisante, avec une résonnance profonde et des mots malheureusement mâchés. Une voix comme la sienne mériterait un vocabulaire aussi guindé qu'il peut l'être. Mais je ne crois pas que Rengan fasse partis d'une quelconque bourgeoisie ou élite, bien que les manières de sa mère (dans mes souvenirs certes vagues) aient été tout a fait courtoises.
Quand elle sort de sa main gauche un parchemin, mon expression change. Je ne sais pas ce que c'est, mais mon cerveau se fait immédiatement des idées sur la provenance ou le contenu. Bizarrement, je m'imagine que cela a un lien avec mes recherches sur cette source de magie perdue. En fait, c'est ce qui m'obsède depuis quelques temps et le fait que mes recherches stagnent rend mes journées toutes plus pénibles les unes que les autres.
Alors que j'espère (naïvement) que ce soit une réponse à mes questions en sachant pertinemment que Rengan n'est pas au courant de mon projet, et que par conséquent cet espoir est vain, j'ai ma réponse.
Effectivement, ce n'est pas ce que je pensais. Mais je ne suis pas déçue pour autant.
Les traits de mon visage jusque là passibles se tordent à nouveau pour prendre une expression jumelle à celle qui a habité mon visage toute la fichue journée. Cette expression là est un mélange de sourcils froncés, de nez retroussé, de lèvres pincées avec un soupçon de rouge aux joues. Alors comme ça, Chems a fait passer ce parchemin en utilisant Rengan ?
Je ne suis pas particulièrement gênée, enfin si, mais je ne suis pas embrassée. C'est simplement que je réalise que cette action n'est pas vide de sens. Et bien oui, il faut dire que je passe le plus clair de mon temps enfermée dans ma salle commune, mon dortoir ou la bibliothèque le nez dans la poussière des bouquins ou les sourcils froncés par la colère. Voilà ce que je fais, ces temps ci.
Rien de gratuit ? Je hausse un sourcil en regardant successivement le visage sombre et froid (à la fois foutrement beau) de ma camarade rouge et le parchemin qu'elle tient dans sa main et qui porte la marque de mon ami jaune.
« Alors, c'est quoi ton prix ? »
Je lui demande en levant la tête dans un petit signe. Son prix sera le mien, je pense en prenant garde de laisser mes pupilles plongées dans les siennes.
Dans tout ça, c'est cette position délicate qui m'énerve le moins. Je pourrais presque sentir mon énergie se canaliser en battements de cœur quand Rengan se met à parler. La voix de cette fille est toujours sur une fréquence apaisante, avec une résonnance profonde et des mots malheureusement mâchés. Une voix comme la sienne mériterait un vocabulaire aussi guindé qu'il peut l'être. Mais je ne crois pas que Rengan fasse partis d'une quelconque bourgeoisie ou élite, bien que les manières de sa mère (dans mes souvenirs certes vagues) aient été tout a fait courtoises.
Quand elle sort de sa main gauche un parchemin, mon expression change. Je ne sais pas ce que c'est, mais mon cerveau se fait immédiatement des idées sur la provenance ou le contenu. Bizarrement, je m'imagine que cela a un lien avec mes recherches sur cette source de magie perdue. En fait, c'est ce qui m'obsède depuis quelques temps et le fait que mes recherches stagnent rend mes journées toutes plus pénibles les unes que les autres.
Alors que j'espère (naïvement) que ce soit une réponse à mes questions en sachant pertinemment que Rengan n'est pas au courant de mon projet, et que par conséquent cet espoir est vain, j'ai ma réponse.
Effectivement, ce n'est pas ce que je pensais. Mais je ne suis pas déçue pour autant.
Les traits de mon visage jusque là passibles se tordent à nouveau pour prendre une expression jumelle à celle qui a habité mon visage toute la fichue journée. Cette expression là est un mélange de sourcils froncés, de nez retroussé, de lèvres pincées avec un soupçon de rouge aux joues. Alors comme ça, Chems a fait passer ce parchemin en utilisant Rengan ?
Je ne suis pas particulièrement gênée, enfin si, mais je ne suis pas embrassée. C'est simplement que je réalise que cette action n'est pas vide de sens. Et bien oui, il faut dire que je passe le plus clair de mon temps enfermée dans ma salle commune, mon dortoir ou la bibliothèque le nez dans la poussière des bouquins ou les sourcils froncés par la colère. Voilà ce que je fais, ces temps ci.
Rien de gratuit ? Je hausse un sourcil en regardant successivement le visage sombre et froid (à la fois foutrement beau) de ma camarade rouge et le parchemin qu'elle tient dans sa main et qui porte la marque de mon ami jaune.
« Alors, c'est quoi ton prix ? »
Je lui demande en levant la tête dans un petit signe. Son prix sera le mien, je pense en prenant garde de laisser mes pupilles plongées dans les siennes.
Animagus renard polaire
Post ASPIC
Post ASPIC
Jusqu’à quel Point ?
Et ils sont foutrement fins, les reflets de ses filins. Aiguisés comme la surface d’une lame, brillants comme de fins cristallins.
Mouillés ? *Un peu*. Parce que le cristal a toujours une texture humide à mes yeux, je le vois dans ses yeux. Noirs. Quelque-part, je sais déjà ce que ça veut dire.
Alors, pourquoi continuer à chercher ?
— Alors, c'est quoi ton prix ?
*Ça*. Juste pour sa manière de se tenir devant moi. Pour son dos que je devine aussi droit que tous les arbres qui étaient plantés autour de chez elle. Pour son menton qui se déboite comme un mini-tiroir quand elle désigne le parchemin dans mes mains. Pour ce rugissement latent que j’entends dans son sang.
Mais surtout pour les souvenirs qui fourmillent de leurs petites pattes sur le cristal. Elles sont partout, ces fourmis, et elles courent dans tous les sens. Le cristal tinte si fort sous leurs pas que je n’entends plus ces Autres dans la Hall. Ils sont complètement étouffés.
Les reflets de ses filins sont mouillés ?
Je cligne des yeux.
*Hein ?*. Mon visage recule d’un coup. *’merde !*. Le visage d’Adaline était si proche ! *’chier !*. Quand est-ce que je me rapprochée comme ça ?!
La salive qui traverse ma gorge est froide ; ou c’est ma gorge qui est glacée ?
Je détourne brusquement mon regard du sien. *Bon dieu…*. Je me rends compte que ça fait vraiment longtemps que je n’ai pas scruté un autre regard que celui de Nejma. Ouais, c’est exactement ça, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas eu un regard aussi proche de moi que je me suis…
D’un geste sec, je plonge le parchemin dans ma poche, fracassant en même temps mes pensées pleines de souvenirs trop vieux. Très loin d’être poussiéreux, mais qui n’avaient rien à foutre là.
Là-bas, il y a un grand Serpentard qui passe. Son regard presque aussi sombre que celui d’Adaline vrille vers le mien.
Et se détourne la seconde d’après. *Bien…*. Le temps continue à dévaler sans attendre personne, alors c’est le bon moment pour courir derrière.
— ‘faut juste qu’tu m’suives.
Mes cheveux tirent mon crâne en arrière, alors je contracte les muscles de mon cou pour arranger ma position.
— T’en es capable ? demande ma voix sans la moindre moquerie, ni même un soupçon de sourire. Mon ton est très sérieux.
Il y a même un contraste entre ce que je dis et comment je le dis, ça s’entend.
C’est comme si on se tenait sur le toit de la tour d’Astronomie, et que je lui demandais si elle était capable de sauter avec moi sur mon balai. *Mh ?*.
J’attends sa réponse sans observer les reflets de ses filins ; je ne veux pas l’influencer. C’est à elle de traverser mon chemin.
Mouillés ? *Un peu*. Parce que le cristal a toujours une texture humide à mes yeux, je le vois dans ses yeux. Noirs. Quelque-part, je sais déjà ce que ça veut dire.
Alors, pourquoi continuer à chercher ?
— Alors, c'est quoi ton prix ?
*Ça*. Juste pour sa manière de se tenir devant moi. Pour son dos que je devine aussi droit que tous les arbres qui étaient plantés autour de chez elle. Pour son menton qui se déboite comme un mini-tiroir quand elle désigne le parchemin dans mes mains. Pour ce rugissement latent que j’entends dans son sang.
Mais surtout pour les souvenirs qui fourmillent de leurs petites pattes sur le cristal. Elles sont partout, ces fourmis, et elles courent dans tous les sens. Le cristal tinte si fort sous leurs pas que je n’entends plus ces Autres dans la Hall. Ils sont complètement étouffés.
Les reflets de ses filins sont mouillés ?
Je cligne des yeux.
*Hein ?*. Mon visage recule d’un coup. *’merde !*. Le visage d’Adaline était si proche ! *’chier !*. Quand est-ce que je me rapprochée comme ça ?!
La salive qui traverse ma gorge est froide ; ou c’est ma gorge qui est glacée ?
Je détourne brusquement mon regard du sien. *Bon dieu…*. Je me rends compte que ça fait vraiment longtemps que je n’ai pas scruté un autre regard que celui de Nejma. Ouais, c’est exactement ça, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas eu un regard aussi proche de moi que je me suis…
D’un geste sec, je plonge le parchemin dans ma poche, fracassant en même temps mes pensées pleines de souvenirs trop vieux. Très loin d’être poussiéreux, mais qui n’avaient rien à foutre là.
Là-bas, il y a un grand Serpentard qui passe. Son regard presque aussi sombre que celui d’Adaline vrille vers le mien.
Et se détourne la seconde d’après. *Bien…*. Le temps continue à dévaler sans attendre personne, alors c’est le bon moment pour courir derrière.
— ‘faut juste qu’tu m’suives.
Mes cheveux tirent mon crâne en arrière, alors je contracte les muscles de mon cou pour arranger ma position.
— T’en es capable ? demande ma voix sans la moindre moquerie, ni même un soupçon de sourire. Mon ton est très sérieux.
Il y a même un contraste entre ce que je dis et comment je le dis, ça s’entend.
C’est comme si on se tenait sur le toit de la tour d’Astronomie, et que je lui demandais si elle était capable de sauter avec moi sur mon balai. *Mh ?*.
J’attends sa réponse sans observer les reflets de ses filins ; je ne veux pas l’influencer. C’est à elle de traverser mon chemin.
« Bienvenue chez Toi »