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4 avr. 2014, 11:13
(05/2039) La dernière bataille







Chapitre Dernier de l'Acte Final

“ La Dernière Bataille ”





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Intervenants :


Arseni Stoyanov, directeur de Poudlard
Erin Grayce, maîtresse des Potions, directrice de Gryffondor et sous-directrice de Poudlard
Ellana Swan, nouveau professeur d'Astronomie
Isabel Almeida, nouveau professeur de Soins aux Créatures Magiques
Jaxson Blackstorm, nouveau professeur de Sortilèges et directeur de Poufsouffle
Keegan Shea, nouveau professeur de Botanique
Kristen Loewy, professeur de Défense contre les Forces du Mal
Melynn Keating, nouveau professeur de Métamorphose et directrice de Serdaigle
Wilhelm Heltowni, nouveau professeur d'Histoire de la Magie et directeur de Serpentard

Dernière modification par Arseni Stoyanov le 2 sept. 2016, 14:43, modifié 4 fois.

15 avr. 2014, 12:54
(05/2039) La dernière bataille


I - POUDLARD : ARSENI STOYANOV CONTEMPLE LE HALL POUR LA DERNIÈRE FOIS


Une lumière douce, orange, digne du soleil couchant, pénétrait dans le grand hall du château par la grande porte d'entrée. Droit comme un i au centre du tapis de lumière qui glissait lentement sur le sol à mesure que le soleil passait sous la ligne de l'horizon, Arseni Stoyanov admirait avec une étincelle particulière dans le regard la hauteur vertigineuse de l'endroit. Le hall était un lieu de transit perpétuel ; entre ceux qui privilégiaient la Grande Salle, ceux qui lui préféraient le bon air du parc, ceux qui émergeaient du sous-sol et ceux qui avalaient les marches du grand escalier pour se rendre dans les étages supérieurs, il ne désemplissait pratiquement jamais.

Arseni Stoyanov était toutefois peu sensible à ce ballet incessant. Son regard alla se poser d'abord sur les niches obscures où se devinaient les reflets argentés des armures moyenâgeuses qui parfois remuaient toutes seules. Puis, tournant légèrement la tête, il s'engouffra dans la Grande Salle ou des grappes d'élèves bavardaient à chacune des quatre tables. Enfin, tournant de nouveau la tête, il s'abaissa au sol, plus encore aux pointes de ses chaussures cirées. Le monde tenait à peu de choses, pensa le directeur en esquissant un sourire. Par la grande porte j'entrais hier dans ce lieu féérique, par la petite je le quitterai dans quelques instants, sans rien laisser d'autre que cette image fugace du directeur froid et tenace qui eut à gérer la plus grande crise que Poudlard ait connu depuis la chute de Voldemort.

Le titre le fit sourire, bien que son coeur s'en trouvait profondément désolé.

Un groupe de jeunes élèves qui sortait de la Grande Salle, et s'apprêtait à monter le grand escalier, lui souhaita en choeur la bonne soirée. Arseni leva le nez de ses chaussures et les salua à son tour :


« Bonsoir jeunes filles. »

Sa réponse fut à ce point choquante que le groupe se figea instantanément sur place. Les six jeunes filles lui firent les yeux ronds, muettes de stupeur. L'entendre parler un anglais parfait, dénué d'accent, et surtout sans le roulement atypique de ses r, semblait relever d'une improbable situation.

« Vous vous apprêtiez à monter l'escalier, il me semble, dit-il enfin, en se retenant de rire. »


II - MINISTÈRE : MICHAEL HODGE PREND LA TÊTE DU BUREAU DES AURORS


Du haut de ses cinquante sept ans, Michael Hodge se demandait comment le Bureau en était arrivé là. Comment lui, l'Auror expérimenté, si prompt à flairer les agissements néfastes autour de lui, n'avait rien vu, rien sentit, rien perçu, de ce qu'Harald McGee avait fomenté sous son nez, ici, au Bureau des Aurors ? Cette question lui martelait la tête au point de lui donner des migraines.

Comment en était-on arrivé là ?

Il secoua la tête et s'affala contre le dossier de sa chaise en poussant un soupire bruyant. En levant les yeux, il reprit conscience des allées et venues incessantes qui agitaient le Bureau depuis la veille au soir ; soit précisément depuis que la nouvelle de l'attaque de Poudlard leur était parvenue. Poudlard attaqué par des Aurors... il imaginait déjà les gros titres de la Gazette, le désaveu, l'opprobre, qui s'abattrait dans les jours à venir sur le ministère et sur le Bureau. Des siècles de réputation partis en fumée. Harald McGee et ses acolytes de l'ombre n'avaient pas fait qu'attaquer l'une des plus grands institutions de la communauté magique britannique, ils avaient aussi remarquablement dynamité de l'intérieur le ministère de la Magie. Un magnifique coup de génie, cruel, horrible, lâche, mais magnifique... dont le ministère ne se relèverait pas de si tôt.

Déjà les premières suspicions avaient éclaté au cours de la nuit... mais comment différencier les pistes concrètes des inimitiés qui existaient naturellement dans tous les grands services d'état ? Comment différencier un potentiel infiltré d'un simple employé détesté au point d'être pointé comme suspect par ses détracteurs ? Michael était abattu.

Mais il se trouva plus abattu encore lorsque Hannah Finnigan, la directrice intransigeante du département de la justice magique, dont dépendait le Bureau, se planta devant lui, les bras croisés dans le dos, son regard gris perçant fixé avec une telle dureté sur lui qu'il eut la vague impression qu'elle allait le foudroyer sur place.


« Michael. J'ai besoin de vous, déclara-t-elle de son petit ton catégorique. Fitzgerald en fuite, Andrews enterrée, le Bureau des Aurors n'a plus de directeur ni de successeur désigné. Nous sommes en crise. Je ne peux pas me permettre de laisser le navire sans capitaine à la barre, qui plus est sans capitaine fidèle, digne de confiance. Je sais que vous aviez prévu de prendre votre retraite, mais il vous faudra repousser tout ça, vous êtes le nouveau directeur de ces lieux. Je compte sur vous. »

Michael ouvrit une première fois la bouche, puis une seconde :

« Excusez-moi mais si c'est une plaisanterie, je l'estime de très mauvais goût. »

« Je vous donne l'impression de plaisanter ? »

La fermeté affichée de son visage, qui s'en trouva renforcé par ses sourcils soudain froncés, ne laissait place qu'à une seule réponse.

« Non... »

« Bien ! Au travail. Nous avons beaucoup à faire. Grant vous attend d'ailleurs dans l'Atrium. Ne le faites pas attendre. »

« Grant ? Dans l'Atrium ? Balbutia Michael sur qui tout le poids du monde était entrain de s'écrouler. Mais... »

« Il vous attend, répéta Hannah Finnigan avec insistance. Kristen Loewy doit être appréhendée et jugée, vous n'avez pas oublié ? Non, bien sûr que non... ALORS AU TRAVAIL ! »


III - POUDLARD : ARSENI STOYANOV ACCUEILLE LES AGENTS DU MINISTÈRE


« Monsieur Grant, monsieur Hodge, soyez les bienvenus à Poudlard, déclara Arseni Stoyanov en serrant la main des deux concernés. »

Son regard balaya l'épaule du grand Horace Grant pour faire un rapide état des forces en présence. Dix. Le ministère avait envoyé dix Aurors pour appréhender Kristen, et d'y joindre deux directeurs pour les formalités. Il sourit à ses invités quand, s'abaissant vers le sol, son regard accrocha un détail qui manqua de lui couper le souffle. Heureusement, Arseni composa avec son sang-froid pour se tourner normalement vers l'escalier comme si de rien n'était.

« Veuillez me suivre. Le professeur Loewy se trouve à l'infirmerie. Votre Auror s'est avéré bien cruel avec elle. »

Il saisit au passage l'échange gêné de regards entre Grant et Hodge avant de leur tourner complètement le dos pour poser le pied sur la première marche de l'escalier.

Tout au long de la montée des marches, Arseni se demanda s'il n'avait pas rêvé en saisissant les détails de la chevalière arborée par Horace Grant : une baguette d'aubépine croisant une discrète fleur d'or. Pour le commun des mortels, ces détails ne signifiaient pas grand chose mais pour Arseni, qui en savait assez sur les anciens ordres de magie pour les avoir longuement étudiés auprès de son frère, ces symboles renvoyaient à un groupuscule supposément disparu depuis des siècles... un ordre de magie enraciné en France... et fondé par un roi...



IV - POUDLARD : MICHAEL HODGE N'EN CROIT PAS SES OREILLES


L'infirmerie de Poudlard était inondée de soleil quand Michael Hodge y pénétra à la suite du directeur de Poudlard et du directeur du Service de détection des magies interdites, Horace Grant. Michael se surprit à découvrir les lieux occupés par un grand nombre de personnes, toutes gravitant autour du lit où se trouvait la coupable, Kristen Loewy. Sans doute s'agissait-il de l'équipe professorale au complet. Michael hocha la tête pour les saluer, mais son regard s'attacha très vite à suivre les pas du mystérieux directeur de Poudlard qui alla se poster devant les baies vitrées, au fond de la pièce, et se mit à observer le paysage sans se soucier, au demeurant, de leur présence. Michael n'aurait su dire pourquoi il avait eu le pressentiment que quelque chose n'était pas normale chez cet homme dès le premier regard qu'il avait posé sur lui. Bien sûr, il avait épluché le maigre dossier que le ministère avait pu compiler sur lui pour apprendre qu'il était le fils d'une vélane et d'un moldu dont l'identité était classée top secret par les instances magiques, mais Michael ne pouvait s'empêcher de penser que cet homme avait beaucoup plus de choses à cacher, en témoignait d'ailleurs la maigreur des informations que le ministère avait pu accumulées sur lui.

A côté de lui, Horace Grant, qui dominait tout le monde du haut de ses deux mètres, cessa de tirer sur son cigare cubain en fixant son regard insipide sur Kristen Loewy.


« Arrêtez-la, ordonna-t-il aux Aurors derrière lui. Kristen Loewy, je vous arrête pour avoir consciemment utilisé le sortilège impardonnable Doloris, hier soir, à 23:04 précisément, sur la personne de Felipe Sampedro. Votre audience est fixée à demain, 9:00. Vous avez le droit de garder le silence en attendant que les instances de justice vous donne le droit de vous justifier. »

Michael Hodge fronça les sourcils et tourna la tête pour fusiller du regard cet homme qui lui inspirait si peu de sympathie. Tout chez Horace Grant respirait la suffisance, de sa façon de fumer à sa façon de se tenir, droit et raide, comme s'il lui plaisait de dominer naturellement tout le monde.

« Attendez ! contre-ordonna Michael en gardant ses yeux étrécis fixés sur Grant. Ces Aurors sont sous mes ordres Horace. Vous n'êtes ni leur supérieur ni le mien. Restez en dehors de tout ça je vous prie, avant que votre manque de convenances ne vienne entacher un peu plus la réputation du ministère. »

Michael détourna les yeux de ce grand dadais aux cheveux poivre et sel gominés puis s'approcha du groupe de professeurs. Il inclina une nouvelle fois la tête en croisant le regard de Kristen Loewy.

« Veuillez excuser mon collègue, professeur, dit-il en lissant sa robe mauve du plat de la main. Il manque de tact parfois. Mais comme il vient de vous le dire, nous sommes ici pour vous appréhender et vous conduire au ministère où vous recevrez un procès équitable. Je crois savoir que votre baguette a été détruite, aussi, si vous me permettez, nous aimerions passer à l'étape suivante et que vous vous prépariez à partir au plus vite. Mes hommes et moi nous vous escorterons jusqu'à votre cellule en attendant l'ouverture de votre procès, demain. Je vous laisse dire au r... »

Un raclement de gorge interrompit sa démarche. Michael leva les yeux et en chercha la provenance. Son regard s'arrêta sur le profil du directeur de Poudlard. Il n'avait pas bougé de place mais sa tête s'était légèrement tournée vers son épaule, de façon que Michael pouvait deviner son regard en coin.

« Un problème professeur Stoyanov ? »

« Oui monsieur Hodge. Un gros, répondit le directeur de Poudlard. Vous êtes venu appréhender l'un de mes professeurs sur la base qu'il a utilisé consciemment un sortilège impardonnable sur l'un de vos ex-employés, n'est-ce pas ? »

« C'est bien ça, professeur, répondit Michael en jetant au passage un coup d'oeil à Grant qui avait recommencé à tirer sur son cigare en fixant toute son attention sur le directeur de Poudlard. »

« Dans ce cas, j'ai bien peur que vous ne vous soyez déplacés pour une mauvaise raison, expliqua Arseni Stoyanov. Il s'avère que le professeur Loewy n'était absolument pas consciente de son acte. Voyez-vous, elle était soumise à mon Impero. »

Un silence de plomb s'abattit précipitamment sur l'infirmerie.

19 avr. 2014, 16:29
(05/2039) La dernière bataille
Melynn Keating venait d'arriver à Poudlard. Pour des raisons personnelles, elle avait quitté les Etats-Unis et se trouvait maintenant dans un château en Angleterre, prête à assurer la fonction de professeur de Métamorphose. Titre tout nouveau et pour cause, son entretien d'embauche avait eu lieu il y avait quelques heures de cela. Et elle n'était pas la seule nouvelle arrivante.
En effet, la jeune femme avait compris qu'elle était arrivée à Poudlard durant une période de crise. C'est pourquoi elle se trouvait dans l'infirmerie du château en ce moment même. Une bataille avait eu lieu. Une bataille assez violente, de ce qu'elle avait pu entendre. Œuvre d'aurors. C'était complètement dingue ! Inutile de dire à quel point elle était contente d'être arrivée après l'affrontement. Seulement, d'autres n'avaient pas eu tant de chance. Melynn ainsi que ses nouveaux collègues se trouvaient autour du lit d'une professeur de Défense Contre les Forces du Mal plutôt mal-en-point. Et ce n'était pas fini.

Alors qu'elle se trouvait près du lit de sa nouvelle collègue, bras croisés, Melynn ainsi que ses collègues purent assister à l'arrivée d'un douzaine d'hommes plutôt propres sur eux et accompagnés par son futur ancien boss, Arseni Stoyanov. Deux de tous ces hommes semblaient diriger le groupe. L'un d'eux salua le groupe professoral, ce à quoi Melynn répondit par un hochement de tête semblable. Elle eut à peine le temps de se demander ce que tout ce petit monde pouvait bien faire là qu'un des deux hommes, le plus grand et celui qui se permettait de fumer à l'intérieur d'une école et d'une infirmerie qui plus est, lança l'ordre d'arrêter sa collègue alitée. Ouvrant grand ses yeux et ne sachant plus quoi penser, Melynn observait la scène. Le second homme du groupe intervint alors, montrant ainsi au monde présent les frictions existantes au sein du ministère. Mais il maintenait la décision : Kristen Loewy était bien arrêtée pour usage d'un sortilège impardonnable. C'est alors que le directeur de l'école se fit entendre. La tête de Melynn, comme celles des deux hommes en tête du groupe d'agents et d'autres encore, fit volte-face pour observer Arseni. Après deux-trois paroles échangées, une bombe était lancée.


« -Il s'avère que le professeur Loewy n'était absolument pas consciente de son acte. Voyez-vous, elle était soumise à mon Impero. » 

C'était incroyable ce qu'il se passait en cet instant ! En entendant cette révélation et sous l'effet de la surprise, Melynn porta sa main à sa bouche. Ses yeux étaient grandement ouverts et elle fut d'autant plus surprise qu'un silence incroyable s'était abattu dans la pièce. Et ce n'était certainement pas elle qui allait le briser.

19 avr. 2014, 19:25
(05/2039) La dernière bataille
Toute la journée, Erin avait été patraque. Les évènements de la veille tournaient en boucle dans sa tête, sans lui donner un seul instant de répit. De la trahison de Cal - même si, à présent, elle en comprenait la raison - jusqu'à la scène qui s'était déroulée dans le bureau du Directeur, elle avait beau tout revivre dans les détails, elle ne trouvait aucune issue. Et plus que tout, c'est son impuissance qui la rendait malade. Sans être une prodige de la divination, elle savait déjà ce qui allait se passer dans les heures à venir. Un sortilège impardonnable avait été utilisé dans Poudlard et jamais le Ministère ne laisserait passer ça, peu importe le contexte. Pire, elle savait à présent que Kristen Loewy en avait utilisé un elle aussi et si Erin avait eu l'espoir que le Directeur échappe à la vigilance des Aurors, elle savait qu'il n'en serait pas de même de sa collègue.

C'est donc avec un début de migraine qu'elle se mit en marche vers l'infirmerie, pour aller prendre des nouvelles des divers blessés. Elle discuta un instant avec Ludmila Pomfresh puis s'avança vers le lit où était étendue Kristen Loewy. Elle avait les traits tirés si bien que la professeur de potions ne dit pas un mot, respectant son repos. Si jamais elle souhaitait parler, elle savait qu'elle le pouvait, n'était-ce pas là le principal ? Et très sincèrement, la jeune femme ne savait trop que lui dire. Et puis, elles n'étaient pas seules, le moment n'était donc pas le plus propice. Erin profita donc de ces instants de calme pour inspecter discrètement les visages inconnus autour d'elle. Deux femmes et trois hommes dont elle ne savait que peu de choses. Leurs noms, leurs matières respectives et guère plus. Arseni avait une fois de plus géré d'une main de maître les conséquences de la bataille de la veille. Face à la démission des professeurs, il leur avait trouvé des remplaçants. Comment avait-il eu le temps de s'en occuper, c'était là un mystère mais le résultat était là. Erin leu adressa un sourire emprunt de la lassitude qu'elle ressentit et reporta son attention sur Kristen.

Et soudain, ils furent là. Dix Aurors... la sous-directrice en écarquilla les yeux. A croire que le Ministère considérait Kristen comme une menace de la plus haute importance. Ou peut être pressentaient-ils des ennuis avec le reste du corps professoral ? Aussitôt sur la défensive, debout à côté du lit de s collègue, Erin écouta en frémissant le speech d'Horace Grant. Elle ne l'aimait pas et son ton hautain n'aidait clairement pas. Pour qui se prenait-il ? Il l'irritait à tel point qu'elle en aurait embrassé Michael Hodge lorsqu'il prit la parole. Apparemment, il avait obtenu une promotion et dirigeait maintenant le bureau des Aurors. Ce n'était pas vraiment une surprise non plus que son discours d'ailleurs. Il n'avait pas le choix, il devait arrêter Kristen. Du moins, jusqu'à ce que la révélation d'Arseni remette tout en cause. C'était donc ça qu'il avait eu en tête dès le début ? La lettre qu'il lui avait remise semblait maintenant lui brûler la poche et elle ressentait l'envie de l'ouvrir mais elle savait que ce n'était pas le moment.

Elle se laissa alors tomber sur la chaise derrière elle, une nouvelle chape de lassitude s'emparant d'elle devant son impuissance à aider Arseni Stoyanov.
Dernière modification par Erin Grayce le 20 avr. 2014, 18:10, modifié 1 fois.

Décédée

20 avr. 2014, 12:01
(05/2039) La dernière bataille
Mais où était-elle arrivée ? Et surtout, pourquoi avait-elle accepté après avoir appris dans quelle situation se trouvait Poudlard? Isabel ne le savait pas vraiment. Et puis « savoir » était un bien grand mot. Elle n'était au courant que de ce qu'Arseni Stoyanov avait bien voulu lui dire il y avait quelques heures lors de son entretien d'embauche. De toute façon, Isabel n'avait pas voulu en savoir plus. Sans en comprendre la raison, le discours de ce Directeur qui allait bientôt s'en aller l'avait convaincu, tout en lui donnant l'envie soudaine de soutenir cette école à travers l'épreuve actuelle. Poudlard avait été sa maison pendant cinq ans, et Isabel était prête à reprendre cette aventure terminée trop vite. 

Et ce jour-ci, l'aventure débuta à l'infirmerie. Dans un des nombreux lits se trouvait une de ses nouvelles collègues. Son état était loin d'être bon au vue de ses traits fatigués. Elle aurait cependant beaucoup de difficultés à se reposer, étant donné qu'Isabel n'était pas toute seule à se trouver autour du lit. En effet, toute l'équipe professorale de Poudlard était présente en ces lieux. 
Elle était d'ailleurs en pleine contemplation de ces nouveaux visages, croisant parfois des regards encore inconnus, lorsqu'un bruit s'éleva dans le calme environnant. Un groupe imposant d'hommes du Ministère arrivèrent dans la pièce et s'approchèrent d'eux. La jeune femme les regarda arriver, balancée entre un sentiment d'inquiétude et d'agacement. Étaient-ils au courant qu'ils était dans une infirmerie? Non parce que là, pour la discrétion faudra revenir...
L'un d'eux, à la taille fort impressionnante, se détacha du lot et commença un speech dénué de toute compassion tout en laissant s'échapper les dernière volutes de fumée de son cigare. Non mais sérieusement, il se croyait où celui-là ? Sans pouvoir contrôler quoi que ce soit, Isabel vit du coin de l’œil une de ses boucles auburn virer au brun. D'un mouvement de main qu'elle voulait discret, elle cacha cette mèche sous le reste de ses cheveux, et croisa les bras sur son ventre en suivant le reste de la scène.

Plusieurs échanges s'en suivirent, jusqu'à ce qu'une véritable bombe ne s'échappe des lèvres d'Arseni. Un Impero. Serrant son ventre un peu plus fort, Isabel tourna discrètement la tête vers ses nouveaux collègues. Est-ce qu'elle avait bien entendu ? Au vue des différentes réactions, elle n'avait pas rêvé cette soudaine déclaration. Une des femmes du corps professoral s'était même assise sur une chaise, le regard fatigué et l'air las. Les yeux un peu plus écarquillés, Isabel détourna son regard pour le poser sur Arseni. Son calme apparent ne faisait qu'accentuer la crainte que ressentait la jeune femme. Comment pouvait-on annoncer une chose pareille d'une façon aussi naturelle. Cet homme l'impressionnait, tout en la mettant étrangement mal à l'aise. Et ce silence de plomb qui régnait, c'était à en devenir fou. Isabel ne souhaitait qu'une chose : que quelqu'un prenne la parole et brise cette atmosphère tendue, presque palpable, qui lui écrasait les poumons. La gorge nouée, peinant à reprendre une respiration calme, elle faisait aller et venir son regard sur les trois hommes qui avaient pris la parole jusqu'ici, attendant que l'un d'eux ne se décide à parler.

Ne faites pas d'enfants, faites des crêpes.
Magizoologiste en voyage.
Code couleur : #0080FF

En baisse de présence jusqu'au 16 février

Baisse de présence jusqu'au 5 janvier

20 avr. 2014, 16:29
(05/2039) La dernière bataille
C'était avec un plaisir non feint que Jaxson s'était rendu à son entretien d'embauche à Poudlard. Parmi tout ses espoirs, cette école était celle qu'il désirait le plus du fait qu'il y avait passé une très grande partie de son enfance. Cette école lui avait permis de s'affirmer et de se connaître lui même après avoir été écrasé par sa famille pendant sa petite enfance. Revenir dans ce château était donc pour lui le plus beau des cadeaux qu'il pouvait avoir et cela avait du se ressentir dans ce qu'il avait dit. Preuve en était que le directeur de l'école, Arseni Stoyanov l'avait accepté en tant que professeur de Sortilèges et à son grand étonnement lui avait proposé le poste de directeur de maison de Poufsouffle. Il ne s'était pas attendu à ce qu'il soit si rapidement promu à ce rang mais le fait est que suite à des événements indésirables, de nombreux professeurs étaient partis et les élèves ne pouvaient pas rester sans professeur ou directeur de maison.

Cependant, tous les professeurs n'étaient pas partis, certains s'étaient faits attaquer lors d'une bataille qui s'était passée dans l'enceinte de l'école. C'est donc pour cette raison que tous les professeurs s'étaient réunis dans l'infirmerie où la professeur de Défense contre les forces du mal tentait tant bien que mal de retrouver ses forces. Jaxson ne la connaissait pas et se sentait comme un intrus dans cette salle mais après avoir fait le tour des autres professeurs, il sembla comprendre qu'il n'était pas le seul nouveau. Il suffisait de voir leur tête interrogatrice et douteuse de certains pour comprendre qu'ils étaient, tout comme lui, en train de se demander comment une telle situation était survenue dans l'un des lieux les plus surs d'Angleterre. Avant de venir dans l'infirmerie, Jaxson s'était renseigné sur ce qu'il s'était passé et il avait cru comprendre que tout cela était du à certains Aurors qu'il avait sûrement connus. Il lui était difficile de se dire que les Aurors n'étaient plus ce qu'ils avaient jadis été, il n'y avait plus d'esprit d'équipe et d'entraide mais une rivalité qui nuisait à beaucoup, il était bien placé pour le savoir.

C'est alors que la porte de l'infirmerie s'ouvrit sur le directeur de Poudlard que Jaxson avait vu quelques heures plus tôt ainsi que sur deux hommes que Jaxson avait déjà vu. Il connaissait le premier, Michael pour l'avoir croisé dans le bureau des Aurors quelques années plus tôt mais il lui était impossible de remettre un nom sur la personne qui se tenait à côté de son ancien collègue. Ce-dernier, par politesse, fit un signe aux professeurs de Poudlard auquel Jaxson ne répondit pas. Les deux hommes commencèrent alors à parler, se contredisant par la même occasion, et Jaxson comprit que la professeur de Défense Contre les Forces du Mal avait fait, pour échapper à un sort funeste, usage d'un des sorts impardonnables. Ceci était passible d'emprisonnement et Jaxson n'osait même pas imaginer la souffrance à laquelle les détenus étaient sujets. Le coupant dans ses pensées, le directeur de Poudlard prit la parole.

Jaxson tourna la tête vers celle de son supérieur et ce qu'il entendit le surprit. Le nouveau professeur de Sortilèges du d'ailleurs regarder ses collègues pour voir si il avait bien entendu et ce fut malheureusement le cas. Une de ses collègues avait posé la main sur sa bouche qui formait un o tandis qu'une autre regardait les trois hommes qui avaient parlé montrant ainsi son étonnement. Jaxson posa malgré lui sa main dans son cou en répétant le même geste, formant ainsi un o avec sa bouche, que sa collège de métamorphose. Arseni Stoyanov venait d'avouer avoir jeter un sortilège impardonnable sur l'un de ses professeurs.

21 avr. 2014, 13:00
(05/2039) La dernière bataille
Alors que le professeur Loewy se posait une énième fois la question de savoir ce qu'il conviendrait de faire le moment venu, elle reçut de la visite. Beaucoup de visite. Elle sentait le regard de tout un tas d'inconnus rivé sur elle, se posant peut-être quelque question sur la situation dans laquelle elle se trouvait, mais aussi et surtout sur la situation dans laquelle eux-mêmes se trouvaient. ''Pourquoi étaient-ils tous là ?'' était la question commune aux deux côtés. En effet, si Kristen n'était déjà pas franchement en confiance en présence de personnes qu'elle ne connaissaient pas, tout devenait oppressant, après ce qu'elle avait vécu. Ne pouvait-elle pas avoir un peu de répit avant ce qui l'attendait ? À peine eut-elle le temps de se plaindre intérieurement qu'elle eut la réponse à sa question. Arseni Stoyanov, accompagné d'une autre flopée d'inconnus, entra dans l'infirmerie. Il ne fallut pas longtemps au professeur de Défense contre les Forces du Mal pour comprendre qu'il s'agissait là de membres du ministère et d'Aurors. Comme le lui avait dit le directeur de Poudlard plus tôt, ils étaient venus pour l'embarquer. L'un deux, hautement insupportable, prononça les mots qu'aucun sorcier ne voudrait entendre : je vous arrête, et cætera. On aurait dit que tout ceci ne signifiait absolument rien pour lui, comme s'il s'agissait d'un exercice de routine consistant à faire le tri parmi les bons et les mauvais sorciers. Un autre membre du ministère intervint alors. S'il employait un ton bien moins ''ministériel'', le fond restait plus ou moins identique. Kristen n'eut rien le temps de répondre que déjà Arseni mettait en œuvre ce dont il l'avait informée plus tôt, et qui n'avait pas manqué de déplaire au professeur, rappelons-le.

Elle s'était finalement convaincue, à contrecœur, de laisser faire son futur ex-collègue. Mais à présent, devant tant d'inconnus, certains dont, si tout se passait comme convenu, elle allait devoir affronter le regard plus tard, elle ne savait plus que faire et comment réagir. Elle ne pouvait décemment pas croiser le regard de son supérieur, au risque de se trahir. Sans mot dire, elle attrapa le bord du matelas sur lequel elle se trouvait, et le serra fort, très fort, comme pour canaliser le flot de paroles traîtresses qu'elle manquait de proférer en cet instant. Elle tenta du mieux qu'elle le put de conserver une expression des plus fermées, ne trahissant rien d'autre que la fatigue et la contrariété qu'elle éprouvait indubitablement. Seuls Arseni Stoyanov et probablement Erin Grayce pouvaient comprendre ce que signifiaient réellement ces gestes, à savoir une affreuse envie de tout déballer, que les choses soient claires, et qu'il s'ensuive ce qu'il devait s'ensuivre. Les autres adultes présents dans la pièce devaient penser que le professeur Loewy éprouvait une certaine rancœur envers le directeur, qu'elle se sentait trahie. Dans un sens, oui... après tout, le professeur Stoyanov ne lui avait pas vraiment laissé le choix. Sourcils froncés et lèvres serrées, dans la situation présente, en tout cas dans celle qu'ils offraient à ces bons agents du ministère, n'étaient que réactions physiques purement logiques.

Les rayons du soleil qui traversaient la fenêtre en face d'elle furent pendant quelques brèves secondes la seule chose qui obsédait son regard. Ses yeux bleus, bien trop sensibles à la lumière, lui piquaient terriblement. Elle dut bien vite se résigner à tourner le regard vers les agents du ministère, ne pouvant toujours pas affronter celui du directeur. Elle espéra de tout son cœur que ses yeux sauraient mentir, et que tout serait bientôt fini. Sans plus croire à la happy end, il fallait limiter les dégâts.

21 avr. 2014, 16:00
(05/2039) La dernière bataille
Dans quel guêpier s'était-il encore fourré ? Voilà ce que Keegan, la personnalité raisonnable de notre nouveau professeur de botanique, ne cessait de se demander depuis quelques minutes. A croire que ce n'était pas lui qui avait assisté à son entretien, le matin même avec le directeur de la prestigieuse école de Poudlard. D'ailleurs, en regardant de plus près Arseni Stoyanov, il se demandait si ce n'était pas Amélia qui avait signé le contrat. Elle avait sûrement succombé à l'étrange charme qui émanait du directeur et n'avait donc pas prêté attention à la situation. Une bataille, terminée, voilà ce qui lui était restée en tête. Et à voir les membres du ministère s'avancer dans l'infirmerie, ce n'était pas exactement le cas. Du moins, pas au sens propre du terme. D'où cette question récurrente : *mais qu'est-ce que je fais là !*

Keegan assista donc, interloqué, à la scène qui se déroulait sous ses yeux. L'accusation portée par celui qui semblait se prendre pour le chef de la délégation ministérielle, l'intervention de celui qui l'était vraiment - mettant là en avant le peu de solidarité qui régnait dans le groupe - et enfin la sentence du professeur Stoyanov. Le silence qui s'ensuivait était assourdissant mais pire encore l'étaient les tambourinements des pulsations cardiaques sur les tempes de néo-zélandais. Car il sentait, sans pouvoir y faire grand chose, que Hans prenait le contrôle. Il était excédé de voir qu'aucun de ses nouveaux collègues ne bougeaient. Alors quoi, ils allaient laisser leur directeur se faire emprisonner sans autre forme de défense alors qu'ils venaient de subir une attaque venait de l'institution que représentaient les intrus ?

Les poings serrés, Hans - alias Keegan - prit la parole d'une forte et parfaitement en colère :


"Est-ce donc là la justice selon le ministère anglais ? L'école qui forme vos enfants se fait attaquer par ceux qui sont sensés la défendre et on accuse son directeur de s'être défendu et d'avoir ainsi sauver la vie des élèves ? Rassurez-moi, ceci n'est qu'une mascarade ?"

22 avr. 2014, 16:22
(05/2039) La dernière bataille
      Un cri. Le cri d'une femme venant de perdre son mari. Voilà ce que résonnait dans l'esprit de Wilhelm depuis la veille, lorsque Anatéine et lui avaient délivré Ana-Rose Coolidge du joug de ses assaillants : deux Aurors pourris jusqu'à l'os. Il savait avant d'aller se coucher qu'il ne pourrait pas dormir, à tel point qu'il avait passé une partie de la nuit à tourner dans le château, une fois que les batailles eurent cessés de faire rage, à regarder si on n'avait pas besoin de lui, puis s'était enfermé dans ses appartements à Serpentard. Pendant plusieurs heures, il avait essayé d'oublier ce cri déchirant et lancinant. Pourtant, il savait que ce serait un échec. Assis au bord de son lit, il ressassa la soirée qu'il venait de passer, se tordant les mains. Il ne fut tiré de sa transe qu'après un long moment – probablement jusqu'à l'aube. Soudainement, le feu de sa cheminée commença à vaciller et se transforma en une forme étrange.
      Selon cette dernière, il était attendu dans une salle de classe, inutilisée depuis bien des années, par le Directeur de l'école. Bon gré, mal gré, il mit sa cape et se dépêcha d'aller à son rendez-vous.

[...]


      Plusieurs heures s'étaient écoulées depuis qu'il avait reçu le fameux message, le destinant à un nouveau poste de professeur à Poudlard, qu'il avait accepté. Il était à présent dans l'infirmerie avec les quelques anciens collègues qui restaient de la bataille, dont Kristen à qui il avait murmuré
« Courage... » en entrant, ainsi que des nouveaux professeurs qui compléteraient les rangs. Parmi eux, le meilleur ami que Wilhelm ait jamais eu : Jaxson Blackstorm. Malgré la situation, il s'était précipité pour le serrer dans ses bras, comme un frère, lui chuchotant qu'il n'était pas arrivé à la meilleure période.
      Sur ces entre-faits, la lourde porte de l'infirmerie s'ouvrit sur le Directeur, accompagné de plusieurs hommes à l'allure sombre, dont l'un d'eux faisait au moins deux mètres de hauteur. Quelle ne fut pas la surprise du professeur d'Histoire de la Magie de découvrir que c'étaient deux hommes du Ministère qui venaient arrêter sa collègue mal-en-point. L'étonnement atteint son paroxysme lorsque le professeur Stoyanov annonça qu'elle était sous son Impero. Le nouveau professeur de Serpentard – un certain Keegan Shea, d'après ce que Wilhelm avait compris – s'égosilla devant l'injustice qui planait concernant l'arrestation du professeur Loewy.


      « Dans ce cas, il ne vous reste plus qu'à emprisonner l'homme qui a sauvé des centaines de vies hier soir, Messieurs les Agents du Ministère... ne put-il s'empêcher de laisser sortir après quelques secondes de silence et sur un ton parfaitement ironique et insistant bien volontiers sur le rang des visiteurs. »

Ami des Centaures de la Vieille Forêt
Zarbi de l'année (Magic'Awards III)

22 avr. 2014, 18:53
(05/2039) La dernière bataille
Alors que ses yeux se trouvaient clos, Arseni pouvait sentir les derniers rayons de soleil lui chatouiller le visage, comme si celui-ci avait souhaité le réconforter avant de disparaître au profit de la nuit. Tourné comme il l'était, Arseni ne pouvait voir les réactions que son mensonge avait suscitées ; sinon imaginer l'amertume et la tristesse qu'il venait d'insinuer dans le coeur de certains. Il s'en trouva d'ailleurs bien plus désolé qu'il ne l'avait jusqu'alors imaginé. Les dents serrés, il chercha en lui le courage de se retourner après les interventions franches d'Heltowni et de Shea ; le courage d'affronter les regards qui se poseraient irrémédiablement sur lui.

« Keegan, Wilhelm, s'il vous plaît, appela-t-il les nouvelles têtes pensantes de Serpentard en leur servant un sourire implorant. J'ose croire que ces messieurs ne sont pour rien dans ce qui est arrivé. Ils ne font là que leur devoir... »

Arseni hésita un court instant mais finalement tourna son attention vers Kristen.

« Je vous demande pardon de vous avoir ainsi utilisé, Kristen... mais il le fallait. J'espère qu'un jour vous le comprendrez. »

En même temps qu'il déclarait cela, Arseni plongea sa main valide sous sa cape et la ressortit armée de sa baguette magique. La réaction immédiate des Aurors fut de dégainer les leurs, Hodge y compris. Arseni leva vers eux un regard pétillant, mélange subtile de lassitude et d'amusement.

« Si j'avais souhaité m'en prendre à vous, j'aurais trouvé mille occasions de le faire depuis que nous nous sommes serrés la main dans le hall, déclara-t-il en harponnant le regard du nouveau directeur du Bureau des Aurors. A son côté, Grant n'avait pas bougé d'un cil, n'avait même pas cherché à saisir sa baguette. Hodge, soyez raisonnable, dîtes à vos louveteaux de ranger leur baguette. »

Hodge fronça les sourcils, resserra même l'emprise que sa main exerçait sur sa baguette magique ; il hésita, le regard tremblotant, tandis que la tension palpable grimpait plusieurs paliers successifs, avant de céder...

« Rangez vos baguettes... et notant l'hésitation de certains, insista, sur un ton beaucoup plus menaçant. Rangez vos baguettes ! C'est un ordre ! »

Arseni regarda la troupe s'exécuter à contre coeur. Il attendit patiemment que le dernier Auror eut fini de fourrer sa baguette sous le revers de sa veste pour exprimer sa gratitude.

« Je vous remercie, dit-il, le plus simplement du monde, avant de donner un petit coup de poignet à sa baguette. Prior Incanto. »

La baguette en bois de cerisier bourdonna comme si elle était poussée à agir contre sa volonté, enfin elle cracha une fumée grisâtre ponctuée d'une voix reconnaissable parmi toutes ; celle-là même d'Arseni prononçant un Impero parfaitement audible. La lueur grisâtre grossit, se mua en un nuage épais qui prit la forme d'un dos humain, puis vola en poussière avant que la personne ne soit clairement identifiée.


« Ludmila s'il vous plaît, dit Arseni en baissant la tête, accablé par le souvenir du terrible dénouement de la nuit dernière. »

Le visage livide, Ludmila Pomfresh aborda Hodge et Grant en tenant un petit plateau en argent entre les mains. Un plateau sur lequel était posé un papier que Grant saisit et porta lentement à son attention.

« Voici mes aveux... commenta Arseni en relevant la tête, signés et datés. Et si cela ne vous suffisait pas, ma baguette... »

Un Auror, qui avait remarqué l'hésitation de son supérieur, s'avança et saisit la baguette que tendait Arseni non sans lui décocher au passage un regard craintif. Mais alors que tout semblait se dérouler comme Arseni l'avait prévu, Grant renifla, les yeux plissés sur ses aveux signés.

« Comment expliquez-vous que nos moyens de détections aient détecté le Doloris de votre employée et non votre Impero... monsieur Stoyanov ? »

« Un mage noir peut dissimuler bien des choses, répondit Arseni sans la moindre hésitation, plus calme à présent qu'il ne l'avait paru depuis son entrée dans l'infirmerie. Allons monsieur Grant, réfléchissez un instant, qui d'autre qu'un mage noir aurait pu tromper votre vigilance si ce n'est Harald McGee ? »

Alors que la mâchoire d'Hodge se décrochait pour pendouiller bizarrement, celle de Grant se crispa.

« Qu'avez-vous fait du corps d'Harald McGee ? »

« Rien, répondit Arseni en soutenant le regard de cet homme trop perspicace, trop bien renseigné à son goût. Jusqu'à preuve du contraire, Harald McGee s'est volatilisé. Vous n'avez aucune preuve de sa mort ni aucune preuve qui puisse attester de sa survie. »

Une veine se mit à palpiter sur la tempe de Grant qui fourra le papier entre les mains d'Hodge avant de s'avancer, menaçant, vers Arseni qui resta de marbre.

« Vous l'avez tué aussi facilement que vous avez tenté de tuer votre frère ! siffla Grant entre ses dents serrés. »

Arseni accusa le coup. Il décocha même un regard sondeur en direction de sa sous-directrice.

« Je vous demande pardon ? »

« Je sais qui vous êtes. Vous pouvez vous faire passer pour un homme honorable si ça vous chante mais je sais ce que vous cachez derrière ce joli minois, murmura Grant ( bien que tout le monde put l'entendre vu le silence qui régnait sur place ) en se penchant sur Arseni. Je sais l'horrible sang hybride qui coule dans vos veines et qui vous confère cette dégoûtante assurance. »

Soudain, Arseni recula en regardant Grant d'un oeil effaré. Les dernières paroles que ce-dernier venait de lui lâcher un ton plus bas ( de sorte que personne ne put l'entendre cette fois ) lui assurèrent qu'il tenait toute la vérité d'une seule et unique personne. Stanislav Stoyanov, le frère qu'Arseni était pourtant certain d'avoir tué quelques années plus tôt.

« Détruisez sa baguette sur le champ et emmenez-le. »