Dis-moi, toi aussi tu penses à moi parfois ?
28/06/2050
Maison des Ruewen.
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Maison des Ruewen.
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Toujours dans son pyjama de fortune – qui se constituait d'un t-shirt appartenant à Aydan et d'un bermuda en jogging – emmitouflée dans sa couette et les yeux encore gonflés de sommeil, Etoile observait l'ennemi de ses iris couleur océan. Repliée à la tête de son lit, recroquevillée dans un coin entre ses coussins et ses peluches – principalement des dragons –, la jeune fille cherchait depuis bien quinze bonnes minutes le courage d'ouvrir l'enveloppe qui trainait sur sa table de chevet depuis qu'elle avait regagné le logis familial. Son prénom, écrit avec application d'une belle écriture sophistiquée, semblait la narguer. Stella Qui savait ce qu'elle allait trouver à l'intérieur ? Elle inspira profondément et tendis une main tremblante vers l'enveloppe. « Allez j'peux l'faire » s'encouragea-t-elle à voix basse, déterminée. Roulé en boule au pied du lit, Shadow releva sa tête noire touffue et miaula avec mauvaise humeur, probablement contrarié qu'elle ait osé percer le silence. Etoile fronça les sourcils et lui tira la langue lorsqu'il se recoucha.
Fébrile, la jeune fille ouvrit précautionneusement l'enveloppe et en tira un parchemin soigneusement plié en quatre. Elle effleura le papier avec un sourire en songeant que c'était Orion qui l'avait caressé de sa plume. Un nœud d'angoisse dans l'estomac, Stella se demandait ce qu'il avait bien pu lui écrire. « Sois pas ridicule, c'est qu'une lettre » marmonna-t-elle, gênée, pour essayer de retrouver un peu contenance.
Elle déplia le papier en retenant son souffle, puis laissa ses yeux glisser sur les Mots du garçon.
Bonjour St
Salut,
Chère Etoile,
Je n'ai pas pu m'empêcher d'écrire ces lignes Tu dois sûrement te demander pourquoi est-ce que tu reçois cette lettre. Et, pour être complètement honnête, je me demande moi-même pourquoi je l'écris. Un besoin instinct ? Peut-être. Toujours est-il que je suis assis à cette table, dans ma salle commune déserte, la plume en main. La réalité, c'est que tu hantes mes pensées je n'arrive pas à te sortir de ma tête je pense à toi. Souvent Parfois. En me levant, en me couchant, aussi quelques fois pendant la journée. J'ai honte Je n'en ai pas honte, je te l'ai dit : tu m'as marqué, touché. En une simple petite soirée.
Et ce soir, au banquet, j'ai compris que je ne voulais pas simplement te laisser t'envoler parmi les parfums de l'été. Pardonne-moi si ces mots ne t'arrivent jamais, cela veut probablement dire que je me suis dégonflé j'ai décidé que ça n'en valait pas la peine. En revanche, si tu lis ceci, s'il te plait, réponds ne m'ignore pas. Je ne sais pas très bien où cela va nous me mener, mais réponds-moi. Parce qu'après tout, ces mots sont écrits dans le silence, dans la nuit et que peut-être tu t'es trompée ; peut-être que je le comprends, ce silence, cette nuit.
Mon adresse est en-bas de la page.
Prends soin de toi, petite Etoile,
Orion Blackburn
1 Chalmerston Rd
Stirling
Écosse
Royaume-Uni
Le cœur battant d'une émotion qu'elle n'arrivait pas à identifier, la jeune sorcière n'avait même pas remarqué le sourire béat et timide qui s'était dessiné sur ses lèvres – trop absorbée par les phrases dessinées sous ses yeux. En revanche, elle pouvait sentir ses joues la chauffer, signe qu'elles avaient probablement pris une délicate teinte rosée. « Par tous les diables il arrive à m'faire rougir même quand il est pas là cet idiot ! » se lamenta-t-elle avec un sourire, un tantinet embarrassée de réagir ainsi – mais surtout soulagée que personne ne puisse la voir dans cet état. Oh dieux, elle était perdue pour perdue.
Sans pouvoir s'empêcher de sourire, Etoile relut la lettre. Une fois, deux fois, trois fois, de si nombreuses fois qu'elle n'aurait pu les compter. Jusqu'à ce que le papier perde ses plis et qu'il se lisse entre ses mains, jusqu'à ce que les Mots viennent trouver leur place dans son esprit et qu'elle connaisse la lettre par cœur, jusqu'à ce que les mots se dessinent devant ses yeux – même lorsqu'elle fermait ses paupières. Elle étudia chaque tracé de lettre, essaya de déchiffrer chaque rature, se gorgea de la joie que cette bête attention lui procurait. *Pour moi, il a pris le temps, au milieu de la nuit, de s'assoir et d'écrire pour moi* Dire qu'elle avait angoissée sur le contenu de cette missive pendant si longtemps ! La Serdaigle se sentait un peu ridicule de s'être montrée si méfiante, en venant presque à regretter le temps perdu. Une pensée terrible la frappa soudain de plein fouet : est-ce qu'Orion croyait qu'elle l'avait oublié et qu'elle avait jeté sa promesse de lui répondre à la poubelle ? Pensait-il qu'elle s'en moquait ? Cette idée était insupportable.
Stella se leva précipitamment de son lit, la lettre dans une main et l'autre s'appuyant maladroitement contre le mur pour se dégager de ses draps. Surprit, Shadow sauta sur ses pattes et fila se réfugier dans l'armoire à vêtements de la jeune fille. Cette dernière s'emmêla les pieds dans sa couette et bascula dramatiquement en avant. Sa tête manqua de peu le sol, et Etoile exécuta une roulade peu artistique pour essayer de retomber sur ses pieds. Elle roula à la manière d'un phoque échoué et se retrouva sans trop savoir comment assise par terre au pied de son lit. Sonnée, sa première pensée fut pour le précieux parchemin qu'elle avait dans la main. Il était très légèrement froissé mais rien de bien grave. Ouf.
Etoile se remit debout et alla s'installer à son bureau. Elle posa la lettre d'Orion à côté d'elle, s'empara d'un parchemin, d'une plume et d'un encrier puis elle réfléchit. Que dire ? Comment commencer ? Hm, ça s'annonçait plus compliqué que ce qu'elle avait imaginé. Concentrée, elle écrivit quelques mots, les ratura, soupira puis reprit. Au fur et à mesure qu'elle progressait, les mots lui venaient plus naturellement.
Pendant de longues minutes le seul son qui se fit entendre dans la chambre de la cadette des Ruewen ne fut que celui d'une plume grattant le papier. Une fois terminée, après avoir reposé sa plume et refermé son encrier, l'Aiglonne s'étira en souriant. Les doigts tachés d'encre mais le visage souriant, Stella relut rapidement sa réponse – bien plus longue que la lettre initiale du garçon – puis sourit, satisfaite. C'était loin d'être parfait, il y avait quelques rayures, son encre avait coulé lorsqu'elle avait écris la date et il était possible qu'elle se soit un peu embrouillée, mais au moins c'était d'elle. C'était étrange comme elle s'exprimait avec beaucoup plus de légèreté à l'écrit, se laissant même aller à plaisanter un peu. Sa plume lui donnait une personnalité plus lumineuse. Qu'importait, elle était certaine que cela suffirait à Orion, et c'était le plus important. Après avoir plié la missive en quatre et l'avoir glissée dans une enveloppe, la sorcière écrivit rapidement sa propre adresse sur un morceau de feuille et elle l'ajouta dans l'enveloppe. Puis elle s'appliqua à recopier l'adresse du Serpentard. Puis elle scella le tout, et dévala les escaliers de chez elle pour trouver Athéna – la chouette de la famille – et lui confier son courriel.
Après avoir affectueusement caressé les plumes soyeuses du rapace, elle attacha l'enveloppe à sa patte et lui murmura quelques mots avant de l'envoyer en mission : « Essaye de faire vite s'il te plait...et fais attention à toi ma belle. » La chouette hulula doucement et lui mordilla gentiment l'index puis elle ouvrit ses grandes ailes majestueuses et elle prit son envol, en direction d'Orion, le Chasseur de la Nuit.
★★★
28 juin 2050
Cher Orion,
Tes mots m'ont fait grand plaisir me touchent, et je suis ravie de voir que la Nuit te fait penser à moi – même si je ne suis pas là pour te divertir en me lançant dans de grandes conversations avec des tableaux ridicules. J'ai gardé ce mot comme un fil rouge, et chaque fois que l'utilise je reviens en arrière dans ce couloir au milieu de la nuit, quand un garçon au regard sombre et à la froideur brûlante m'a interpellée et a changé ma vie depuis. Finalement, je suis heureuse que t'aies osé briser le Silence.
Moi aussi je pense à toi – beaucoup trop – et je parle tout le temps de toi beaucoup de toi à Shadow (tu sais, le félin un peu surprotecteur et un tantinet agressif que t'as rencontré à la gare). Je crois qu'il se souvient de toi et qu'il est toujours jaloux parce qu'il me fait la tête dès que je prononce ton prénom ! Il va quand même que vous réussissiez à vous entendre tous les deux, parce que je ne veux pas avoir à choisir entre vous deux moi. En même temps si tu l'appelais pas "l'affreux", peut-être qu'il serait moins vexé tu sais. (puisqu'on parle du loup : au moment où je t'écris il rode autour de mes jambes et mordille mon short de pyjama pour réclamer mon attention, je crois qu'il sait que c'est à toi que j'écris !) Enfin bref. Je m'ennuie toute seule Tu me manques un peu Maliah (ma petite soeur) s'est révélée posséder bien moins de répartie que toi – ce qui est assez décevant parce que j'avoue sans rougir que nos taquineries joutes verbales me manquent. En revanche je crois bien qu'elle t'a surpassé question diabolisme ! Laisse-moi te raconter mes malheurs (avec ferme interdiction de te moquer de moi) :
Depuis le début des vacances, elle n'arrête pas de me trainer de tous les côtés pour me forcer à faire tout un tas d'activités. (je ne sais pas comment elle arrive à me convaincre, c'est terrible)
Hier on est allées sur le Chemin de Traverse. La balade était sympa, et je suis passée chez Fleury & Bott pour me trouver un peu de lecture pour l'été. Et évidemment, il a fallu que je me casse la figure en essayant d'attraper un livre ! J'ai gagné un beau bleu sur la hanche, et une bosse sur le crâne. Maliah a tellement ri quand je lui ai raconté ce qui s'était passé... Et devine quoi ? Aujourd'hui, comme par hasard, elle tient à ce qu'on aille au Roller Nation ! C'est comme une patinoire sauf qu'on enfile des patins à roulettes, qu'il y a beaucoup de lumières, beaucoup de musique et beaucoup de gens. En somme, un cauchemar. Je suis certaine qu'elle souhaite secrètement ma mort et que son plan consiste à espérer que je me rompe le cou sur ces pistes de malheur, ou que je percute quelqu'un.
Terrible. En plus nos parents ont entendu sa proposition et ils ont décrétés que c'était une excellente idée (mouais) alors ils ont proposé à Finn et Charlie de venir avec nous, et évidemment ces deux idiots ont acceptés ! Quand je te dis qu'elle est diabolique, je ne plaisante pas.
Au fait, je ne sais pas si je t'ai déjà parlé de Charlie ? C'est un garçon de mon âge, mon voisin. Enfin, c'est surtout mon meilleur ami ! (avec Matthew, mais c'est pas pareil) On se connait depuis qu'on est gosses, et dire que je l'adore est un euphémisme. Vous êtes très différents... Il a les cheveux dorés et les yeux ambrés, et c'est certainement la personne la plus lumineuse que je connaisse ! Je lui ai toujours dis qu'il était comme mon p'tit soleil à moi, alors il dit que je suis sa lune. Finn c'est son grand frère, il a trois ans de plus que moi. Ce qui est fou c'est que leurs parents sont des Moldus, Charlie aussi mais pas Finn ! C'est un grand, il va rentrer en Sixième Année (il est à Poufsouffle, ce qui ne m'étonne pas, il est aussi solaire que Charlie) Enfin, tout ça pour dire qu'à cause d'eux je suis obligée d'accompagner Maliah à son truc de roller du démon. Ils ont de la chance que je les aime de tout mon cœur. (surtout Charlie, parce que c'est lui qui a accepté en premier et qui a entrainé Finn avec lui, quel traitre).
Et toi ? Aurore t'entraine aussi dans ses idées folles ? Je suis sure qu'elle est du genre à réussir à obtenir tout ce qu'elle veut de son grand frère adoré juste en lui offrant son plus beau sourire ! Prions pour qu'elle et Maliah ne se rencontrent jamais, je pense que ça serait officiellement notre fin.
Parle-moi un peu de toi ton été, raconte-moi tes vacances. Je n'arrive pas vraiment à m'imaginer le grand Chasseur Orion faire bronzette à la plage alors...qu'est-ce que tu fais de tes journées ? Tu sais faire du skate ? Aydan oui, et il m'a appris (même si, spoiler alert, j'ai encore un peu de mal). T'imagine pas non plus que je suis une débutante, je connais les basiques et je suis capable de me déplacer en skate tu sais. T'es un peu impressionné ? Peut-être qu'à la rentrée prochaine je pourrais emmener ma planche pour t'apprendre ? En tout cas je suis sure que ça serait sympa. Elijah, un garçon de ma promo, est un pro du skate, peut-être que je devrais lui demander des conseils pour m'améliorer. Qu'est-ce que t'en penses ? En espérant qu'il ne fasse pas exprès de me faire tomber : )
Hm, malheureusement Shadow s'impatiente, et il me fait comprendre assez douloureusement qu'il a envie de manger (et les gens se demandent pourquoi mes jambes sont toujours couvertes de morsures), alors je vais en rester là pour aujourd'hui. Tu vas me répondre pas vrai ? J'aime bien l'idée de s'envoyer des lettres, merci. Comme ça, c'est moins bizarre si je pense à toi Très bonne idée !
A très vite,
Etoile.
PS : j'ai rajouté une note dans l'enveloppe avec mon adresse dessus...maintenant c'est moi qui vais m'inquiéter de te voir débarquer à l'improviste chez moi !
@Orion Blackburn, voilà qui est lancé !
(j'espère qu'aujourd'hui s'est bien passé hehe
)
~2312 mots, pas mal pour un début...
(j'espère qu'aujourd'hui s'est bien passé hehe
~2312 mots, pas mal pour un début...
15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
Dis-moi, toi aussi tu penses à moi parfois ?
29 JUIN 2050
DÉBUT DE MATINÉE, RÉSIDENCE DES BLACKBURN
DÉBUT DE MATINÉE, RÉSIDENCE DES BLACKBURN
Pour la première fois de sa vie, rentrer de Poudlard et errer chez lui n'avait jamais paru aussi long. D'ordinaire, Orion appréciait son retour chez lui ; il retrouvrait les rires de son Aurore, l'odeur familière de la cuisine exquise de sa mère et les ronflements bruyants de son père à travers le mur de sa chambre et qui faisaient trembler sa maison une fois la nuit tombée. Bien qu'il n'aurait jamais vraiment pu se qualifier d'extrêmement proche de ses parents, il ne pouvait ignorer le réconfort qu'il pouvait ressentir une fois remis en leurs bons soins. C'était sa maison. C'était chez lui. Alors, si d'habitude, il en profitait pour retrouver ses coins favoris — la petite rivière qui coulait non loin de sa maison, les champs qui s'étendaient devant elle et l'à peine remarquable bruit de l'autoroute qui passait à quelques kilomètres de là —, cette fois, il se sentait complètement démuni. Pourtant, son Aurore avait bien essayé. « Allez, viens te promener ! » ou bien encore « Regarde la nouvelle recette que maman m'a montrée ! ». Mais rien n'y faisait. Une boule au ventre, il traversait ses journées en se demandant pourquoi diable il s'était pointé sur ce quai il y a de cela neuf jours, une lettre en main à donner à l'inconnue de la nuit. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
Trainant des pieds, il avait erré dans les couloirs de sa maison, demandant chaque jour à ses parents si un hibou était arrivé à son attention. Mardi ? Rien. Mercredi ? Le néant. Jeudi ? Vendredi ? Samedi ? Rien, rien rien. Toujours rien. Lui qui pensait qu'il mourrait s'il ne recevait pas de réponse, il comprit finalement que ce n'était pas l'absence de réponse qui allait le tuer mais l'attente. L'incessante, inévitable, douloureuse attente. Qui durerait probablement une éternité. Et à la rentrée, que ferait-il ? Bien plus que la douleur de l'ignorance, c'était aussi de la colère qui commençait à monter en lui. Envers l'Etoile. Et une fois retourné sur les bancs de l'école, il était prêt à la faire souffrir aussi. Finalement, il avait bien fait de ne rien promettre. Je ne te lâcherai pas. Il se sentait désormais stupide d'avoir été si gentil, si compréhensif envers la belle ; tout ça pour qu'elle l'ignore royalement. Bien sûr, il devait s'y attendre ; changer ses habitudes, se rapprocher des autres, ça n'avait jamais rien de bon, et il en payait maintenant les frais.
Ce jour-là, Orion s'était donc levé de mauvaise humeur, sans grande surprise. La rage imprégnant ses entrailles, il n'arrivait même pas à rire aux blagues douteuses de sa petite sœur. Lui qui se forçait même quand elle racontait n'importe quoi. Ainsi, il était descendu en pyjama, le moral dans les chaussettes, pour prendre son petit-déjeuner — toujours un délice, quand sa mère le préparait pour lui. Au menu : bacon et œufs, simple mais efficace et rien ne pouvait égaler l'assaisonnement particulier de sa mère. Au moins, il pouvait se réjouir de ça.
« Tu as reçu une lettre, chéri. Une chouette est arrivée ce matin » dit-elle, encore aux fourneaux, sur un ton léger et enjoué. Elle avait bien sûr remarqué les demandes incessantes de courrier de son fils à son égard.
Mh ? Levant les yeux de son assiette, il vit trôner une enveloppe sur le coin de la table, un fin halo de lumière l'éclairant. Ou bien était-ce le fruit de son imagination ? Sans le réaliser, les battements de son cœur commencèrent à s'accélérer. Oh ? Oh. Stella ne l'avait pas ignoré. Elle avait pris son temps, elle l'avait un peu tourmenté. Mais au moins, elle ne l'avait pas ignoré. Soudain, la tension qui s'était accumulé au fil des jours dans sa tête sembla imploser à la vue de la lettre. Encore divisé entre colère et soulagement, il se saisit du courrier avec contenance, prudent. Aurore, de l'autre bout de la table, le fixa avec de gros yeux, le regard inquisiteur.
« C'est de qu- »
Orion la fit se taire d'un geste de la main, les yeux rivés sur le bout de papier. Un peu surprise, elle ne releva cependant pas.
« J'arrive. »
Doucement, il se leva de la table, abandonnant son petit-déjeuner, les yeux ne quittant pas la missive une seule seconde. Mince, il ne rêvait vraiment pas ! Sur le dos de l'enveloppe étaient déposées les cinq petites lettres de son prénom écrites élégamment, aux côtés de son adresse. Au ralenti, il quitta la pièce et monta jusqu'à sa chambre, les émotions complètement bousculées. Pourquoi avait-elle tant attendu ? Avait-elle eu pitié et était-ce la raison pour laquelle il ne recevait une réponse que maintenant ? Que renfermait cette lettre ? Orion déglutit en s'asseyant sur son lit, le cœur battant à toute allure. Il contempla quelques minutes son ouverture ; en avait-il vraiment envie, à présent ? Lui qui avait senti son cœur commencer à la détester au fur et à mesure que les jours sans réponse s'additionnaient. Comment en était-il arrivé à avoir ce muscle, cet organe aussi dépendant de cette fille ? Il aurait pu se gifler.
Les doigts légèrement hésitants, il finit par la desceller et en sortit le bout de papier qui renfermait désormais la source de ses angoisses. Allait-il la lire ? Probablement. Maintenant ? Il hésitait grandement. Mais l'urgence était bien trop forte. Tout comme il avait toujours eu besoin de la savoir, il avait besoin de savoir ce que renfermaient ses pensées et, surtout, il avait besoin de comprendre pourquoi elle avait pris tant de temps à répondre. D'un gest lent, il déplia alors soigneusement le papier, sentant la tension monter dans l'air. Perdu pour perdu. La lettre finalement découverte, il prit une profonde inspiration avant de se plonger dedans. Misère, pourvu que ce ne soit rien d'humiliant...
Un lourd poids s'enleva de ses épaules à la lecture des premiers mots de la lettre. De la reconnaissance. Simple, facile, sincère. Et des mots légers. Il dut cligner des yeux quelques fois pour s'assurer que ce qu'il lisait venait bel et bien de l'Etoile. Mais oui, les appellations, la prose ne laissait aucun doute sur l'autrice de ces mots. Pourtant, il avait l'impression de la voir sous un nouveau jour. Elle n'évoqua pas son retard ; au contraire, elle ne semblait qu'être heureuse de finalement lui répondre. Peut-être n'avait-elle pas eu le courage de lire sa lettre avant de l'avoir écrite ? Peut-être ? Peut-être. Non, à la place, elle lui raconta des choses. Elle se racontait. Son quotidien, des anecdotes, son chat — évidemment. Orion se surprit à rire par moment, amusé par ses histoires. L'empotée s'était cassé la figure en cherchant un livre et s'était faite trainer à une sorte de patinoire sans glace. Bien mérité, pensa-t-il taquin, le sourire aux lèvres. Il fronça légèrement les sourcils à l'évocation d'un fameux 'Charlie', sentant son cœur s'accélérer légèrement mais se ravisa rapidement en se rendant compte de la stupidité de sa réaction. Il n'avait pas l'air bien méchant, un peu ridicule mais qui était-il pour juger ? Elle ponctua sa lettre par lui demander comment il se portait, polie et avenante. Elle semblait si à l'aise, par écrit. Pas qu'elle ne l'était pas dans la vraie vie, du tout, elle avait juse l'air tellement... bien ? Comme si la proposition d'Orion d'échanger des lettres pouvaient la libérer du poids de devoir s'exprimer à voix haute. Etrangement, c'était plutôt mignon.
Arrivant finalement au bout de la lettre de l'Etoile — qui était plutôt longue, sans mentir —, Orion se sentait soulagé. Le stress qu'il avait pu ressentir jusque là semblait doucement s'envoler et il se sentait mieux. La colère qu'il avait accumulée en lui ne semblait plus autant prendre de place ; elle lui avait répondu, c'était le plus important. Aussi, il se leva de son lit pour aller vers son bureau. On aurait pu penser qu'Orion était le genre de personne à vouloir rendre la monnaie de la pièce au gens ; œil pour œil, dent pour dent, n'est-ce pas ? Et, la plupart du temps, c'était le cas. Pourtant, la faire attendre de longs jours pour qu'elle s'en morde les doigts, il ne voulait pas le faire à Stella,. Comme toujours, il voulait cueillir ses mots précieusement pour pouvoir y réagir de la meilleure des manières. Désormais assis, il prit du papier à lettre qui trainait dans l'un des tiroirs de son bureau et se munit d'une plume. Elle n'attendrait pas, elle ne l'attendrait pas, il y mettait un point d'honneur. Et doucement, il s'attela alors à la rédaction de sa réponse.
Orion ratura son dernier mot. Il aurait pu se gifler, quelle blague stupide ! Secouant la tête, il reprit :Chère Etoile,
Ça me fait plaisir d'avoir de tes nouvelles, j'ai bien cru que tu étais morte ! Cela dit, de ce que je lis, tu n'as pas manqué d'en faire autant. Ainsi, ce n'est donc pas moi qui arriverai à bout de toi mais plutôt un livre de Fleury & Bott ? Et bien, je suis un peu vexé... J'ai dit un peu ! Il ne faut pas déconner non plus.
Je ne suis pas vraiment étonné que tu penses à moi. Pour les neuf jours que tu as pris pour me répondre, je suppose qu'au moins huit d'entre eux m'étaient consacré et ça me va très bien. Shadow a bien raison de me craindre, je vais bientôt prendre sa place. Miaouh !
Orion fronça les sourcils. Et puis quoi encore ? Argh. Il ne pouvait pas se montrer un tantinet agréable, si ? Il souffla un grand coup.Cela dit, je ne regrette pas vraiment mes mots. Je trouve que l'affreux lui va très bien et, de toute façon, un surnom ne se choisit pas — sauf par la force mais c'est pas ses trois kilos et demi qui feront vraiment le poids face à moi... Un peu comme toi, tu vois ? Je comprends d'où vient l'expression 'Telle maitre, tel chat' maintenant (totalement remixée de l'original mais je trouve qu'elle convient plutôt bien à la situation, tu ne penses pas ?)
J'ai bien rigolé Ta petite sœur a l'air énergique, je l'aime bien — rien à voir avec son diabolisme évident, bien sûr, je n'oserais pas ! Et du coup, verdict ? T'es tombée combien de fois ? Je parie sur au moins une vingtaine. Enfin, la prochaine fois, évite peut-être de tomber dans l'endroit le plus sûr du monde (aussi connu sous le nom de librairie), ça t'évitera sûrement de frôler la mort. Je n'ai jamais fait de rollers. C'est chouette cool sympa ?
Amitiés à Charlie.
Mensonge, mensonge, mensonge. Mais c'était mieux de dire qu'il avait attendu sa réponse ? Et puis, ce n'était pas si faux que cela... si ?Amitiés à Charlie. Et à Finn.
De mon côté, tout se passe bien. J'ai retrouvé ma petite sœur, elle est encore plus énergique que d'habitude et elle a hâte de sa rentrée à Poudlard. Elle ne me parle que de ça et, bien sûr, elle a surtout hâte d'avoir sa première baguette. J'avoue que j'ai été un peu fatigué de ma rentrée donc je n'ai pas fait grand chose ces derniers jours.
Orion était un piètre écrivain. Tant pis, pensa-t-il. Il plia soigneusement le papier et le plaça dans une enveloppe qu'il scella. Ecrivant le prénom de Stella avec beaucoup d'attention, il y ajouta l'adresse sur le petit bout de papier joint à la lettre de l'Etoile. Puis, redescendant en-bas, il la donna à sa mère pour qu'elle puisse la transmettre via le Service de hibou postal, la famille d'Orion n'ayant pas encore fait acquisition de leur propre messager — il fallait dire que le père d'Orion était toujours un peu déboussolé face à toutes les normes sorcières et préférait qu'elles ne soient pas trop présentes à la maison.Mais ça fait du bien d'être chez soi. Ma mère est cuistot, elle cuisine si bien ! Du coup, je me régale avec tout ce qu'elle a prévu pour mon grand retour ; j'ai à chaque fois droit à un banquet quand je reviens de Poudlard. Entrée, plat, dessert à tous les repas. Cela dit, c'est la moindre des choses pour Orion Blackburn, non ?
Enfin bref, que du plaisir, je crois ? Je pense aller faire quelques randonnées dans les prochains jours, je fais souvent ça pendant l'été. Cette fois, j'aimerais bien aussi essayer de faire un peu de camping sauvage. Chez les Moldus, c'est assez répandu et comme ma mère n'est pas une fanatique de ça, c'est un peu ma seule option vu que je ne peux pas vraiment performer un sortilège de dissimulation. Et (je ne sais pas si tu le savais déjà) mon père est Moldu donc de ce côté-là, je suis aussi cuit. Bref, ce sera juste entre moi et ma tente, du coup ! Je proposerai peut-être à mon Aurore de venir mais elle est un peu petite pour ça, je pense. Je préfère la protéger en la gardant à la maison.
Je n'ai jamais fait de skate non plus. Je suis à peu près sûr que je serais excellent, cela dit. Tu pourras me montrer un jour, peut-être ?
Quels sont tes plans pour les prochains jours ? Cette fois, je t'autorise à prendre quelques jours à répondre Des vacances de prévues ?
Peut-être que Maliah et mon Aurore deviendront amie à la rentrée, elles ont l'air aussi amusantes l'une que l'autre.
Je vais retourner aller manger (ta lettre m'a bizarrement arraché à mon petit-déjeuner), ma maman m'a fait un p'tit-dej' classique mais tellement bon, je pense que ça pourrait corrompre n'importe qui ! Enfin, sauf moi, bien sûr...
J'ai hâte de te lire,
Orion
PS : je fermerai ma porte à double-tours pour éviter une visite surprise...
Et maintenant ? Plus qu'à attendre. Encore.
@Stella Ruewen, et voilà pour la première réponse d'Orion ! On peut dire qu'il est passé par tous les états (sans grande surprise)
2327 mots — je ne répondrai à aucune accusation !
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige
Dis-moi, toi aussi tu penses à moi parfois ?
30/06/2050
environ 11h30-40
Maison des Ruewen
pnj : Maliah Ruewen
~
environ 11h30-40
Maison des Ruewen
pnj : Maliah Ruewen
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Perchée sur le toit de chez elle depuis l'aube, enroulée dans une couverture, négligemment allongée sur le dos et le regard rivé sur les nuages, Etoile rêvait. A moitié consciente, l'esprit embrumé de sommeil et le subconscient encore rattaché au Présent de Morphée, elle confondait sa Réalité et le Réel, imaginant des formes, des sons et des couleurs. Quoique maintenant habituée au vacarme urbain de fond de Londres – qui était principalement composé de coups de klaxons, de joyeuse musiques et d'un léger brouhaha naissant des conversations de trottoir –, la jeune fille profitait du calme relatif de la matinée pour écouter le silence de ce début de journée. Vivre dans le quartier de Camden était plaisant sur bien des abords, mais dire que la Serdaigle regrettait l'agitation constante qui y régnait aurait été un euphémisme. Réputé pour son ambiance dynamique, ses marchés animés, sa scène musicale et sa culture punk, gothique ou encore rock, Camden Town était une destination très prisée par les touristes et les jeunes. Certes cela apportait de la vie et de la couleur, mais ces derniers venaient avec le bruit et la foule. C'était, malheureusement, le revers de la pièce. Pour autant, Stella n'aurait échangé son quartier pour rien au monde.
Etonnamment, bien qu'elle soit une fille solitaire et quelque peu asociale, elle aimait l'activité autour d'elle. Voir des Etres bouger et des lumières s'allumer l'aidait à se rendre compte que le désordre dans sa tête pouvait ressembler à autre chose qu'un horrible monstre, froid et difforme. Etoile aimait le monde, elle n'aimait simplement pas en faire partie. Mais lorsqu'elle était là haut, perchée au sommet de son bâtiment et qu'elle sentait le vent emmêler ses longs cheveux sombres, elle se sentait libre. Loin de tout.
Elle aimait s'échapper de sa chambre – située dans ce qui avait été un grenier puis avait été aménagé pour elle, et donc stratégiquement placée sous les toits – par son velux et grimper sur le toit de sa maison pour écouter les clameurs d'en bas s'envoler, tournoyer et venir flotter jusqu'à elle. Seule Maliah et Charlie avaient connaissance de cette habitude d'Etoile d'aller se réfugier en hauteur, et il arrivait parfois que l'un ou l'autre vienne la rejoindre. Liam et Vanya auraient hurlé s'ils savaient que leurs filles chéries s'amusaient à jouer aux acrobates sur les toits. Rien que pour ça la Serdaigle aimait le faire. Et puis, tant qu'elle ne tombait pas ses parents ne l'apprendraient jamais et ils n'auraient jamais besoin de la réprimander pour quelque chose d'aussi futile. Certaines choses valaient peut-être de faire l'objet de grandes conversations et de débats animés, mais à ses yeux il était franchement inutile de discuter le fait de sur le toit. D'autres choses en revanche, revêtaient une importance particulière.
Comme attendre l'arrivée d'une chouette ou d'un hibou par exemple.
Athéna était rentrée la veille, en fin d'après-midi, délestée de son chargement. Si Etoile avait secrètement espéré qu'elle revienne avec la réponse du garçon, elle s'était bien gardée d'exprimer sa déception. Les réprimandes de Vanya, sa mère, l'avaient refroidies. En y repensant, la jeune sorcière sentit son coeur se serrer et ses yeux la piquer. Une nouvelle fois, il semblait qu'elle n'avait pas pris la bonne décision.
Il s'était malheureusement avéré que sa mère avait eu urgemment besoin de leur chouette hier midi pour contacter un client, et lorsqu'elle avait appris que leur messagère était déjà partie en mission, elle avait tout simplement perdu son calme. Et Stella s'était retrouvée punie dans sa chambre comme une gamine de 7 ans – humiliation suprême – avec en plus l'interdiction formelle de sortir le lendemain. Et comme si ça ne suffisait pas, sa génitrice était venue s'excuser auprès d'elle très tard le soir, le visage plissé d'inquiétude et les yeux brillants de larmes. L'Aiglonne l'avait pardonnée – comment n'aurait-elle pas pu ? – et elle s'était couchée le coeur lourd, sachant pertinemment qu'à la première occasion sa mère ferait de nouveau pleuvoir ses foudres sur elle, puis qu'elle viendrait de nouveau lui présenter ses excuses avant d'aller dormir – juste histoire d'alléger sa conscience. Et elle ? Elle continuerait d'encaisser réprimandes sur réprimandes, puis d'accepter excuses sur excuses. Un cercle vicieux, sans fin. Insupportable.
– Elle va changer, murmura-t-elle dans le vide. Elle va changer, c'est certain. Elle m'a promis...
Comme la fois d'avant, et celle d'encore avant, et celle d'encore, encore avant. Parce que c'était comme ça avec Vanya, les choses ne changeaient pas. Jamais, sinon elle devenait fébrile et angoissée comme jamais.
D'humeur maussade, Stella guettait le ciel avec ardeur, désireuse d'échapper à sa famille pour se plonger dans celle d'Orion. Allait-il lui répondre immédiatement ? Allait-il oser ouvrir sa lettre ? Ou bien allait-il la garder une semaine sur son bureau, trop impressionné et intimidé pour oser la lire, comme Etoile ? Elle soupira, frustrée. Pourtant hier tout allait bien. Elle avait écris avec facilité au garçon, ses parents étaient de bonne humeur, elle était sortie avec sa soeur et ses amis. Alors pourquoi était-elle de si mauvaise humeur ce matin ? Ce n'était pas juste. Pas juste, pas juste, pas juste ! L'univers lui en voulait pour quelque chose, ce n'était pas possible autrement. La Ruewen était tellement occupée à être de mauvaise humeur qu'elle n'évita que de justesse la crise cardiaque lorsqu'une petite tête apparut à ses côtés.
– Boba ! s'exclama une voix fluette et manifestement contrariée.
La Serdaigle sursauta violemment et se redressa vivement, en alerte. Lorsque ses iris bleues se posèrent sur la frimousse familière de sa petite soeur, elle se détendit aussitôt – le coeur battant. « J'suis occupée Mal » grommela-t-elle en se rallongeant. « Qu'est-ce que tu veux ? » Pas le moins du monde affectée par les propos rudes de sa grande soeur, la fillette escalada la fenêtre pour venir s'assoir à ses côtés. « J'voulais te donner quelque chose, mais t'es occupée j'vais attendre plus tard alors » chantonna-t-elle, malicieuse. Son intonation amusée ainsi que sa formulation attirèrent l'attention d'Etoile. Se redressant lentement, elle fronça les sourcils, réfléchissant à toute allure. Etait-il possible que...
– Me donner quelque chose ? répéta-t-elle. C'est pas encore un de tes traquenards pour m'entrainer dans une idée foireuse hein ? J'suis privée de sortie j'te rappelle, marmonna-t-elle avec amertume.
Les mots avaient un goût désagréable dans sa bouche. Un goût chimique mêlant humiliation et colère.
– Ouais ça craint ça, soupira la fillette à ses côtés. Mais c'est pas à propos de ça. Après si tu veux pas sav-
– Si si, dis-moi ! s'exaspéra l'aînée, un sourire attendri malgré tout étiré sur ses lèvres.
Amusée, Maliah fit durer le suspense, restant mutique pendant quelques instants. Faussement agacée, Etoile s'approcha furtivement et elle la chatouilla gentiment. Les rires de sa benjamine chassèrent sa mauvaise humeur aussi efficacement qu'un coup de vent fait fuir quelques nuages. C'était exactement l'effet que sa petite soeur avait sur elle. Chasser son chagrin, colorer ses journées, habiller sa routine. Sans Maliah, Stella était certaine qu'elle aurait perdu la tête depuis longtemps. Sans son arc-en-ciel de Vie, elle n'osait même pas imaginer quel genre de monstre elle aurait pu devenir. Le genre que même le Serpent n'aurait pu supporter, le genre que même lui n'aurait pu mettre en pièces.
Les gloussements de la fillette la tirèrent de ses pensées. Vicieuse, la plus âgée coinça la tête de sa soeur sous son bras. Elle avait beaucoup plus de force que sa frêle petite soeur, cette dernière ne faisait pas le poids. Elle se débattit encore quelques secondes puis abandonna et tapa deux fois sur le toit pour signaler sa défaite. « J'me rends, j'me rends ! » rit-elle en s'extirpant maladroitement des bras de sa grande soeur. Cette dernière lui ébouriffa les cheveux sans ménagement, ignorant ses protestations. « Alors c'est quoi ? » la relança-t-elle. Maliah lui jeta en regard mauvais en essayant de réarranger sa masse sombre puis sourit.
– Y a ton prince charmant qui a répondu !
Le coeur de Stella rata un battement. Puis un deuxième. Prince charmant tu parles, il tenait bien plus de Lucifer. En plus agréable. Et plus intelligent. Elle soupira, essayant de faire taire les battements désormais effrénés de son coeur puis demanda à sa benjamine où était la lettre, priant pour ne pas paraitre aussi nerveuse et excitée qu'elle ne l'était vraiment. Fort heureusement Maliah semblait avoir compris qu'elle avait assez fait durer le supplice, et elle se contenta de sortir la lettre de la poche-kangourou de son pull pour la lui remettre. Etoile s'étouffa avec sa respiration. « Bonne lecture ! » s'exclama-t-elle avec un sourire en coin. Elle disparut avant que son aînée n'ait le temps de lui faire payer son affront.
Amusée, la Serdaigle contempla un bref instant la fenêtre par laquelle Maliah venait de disparaitre. Puis son regard tomba sur l'enveloppe qu'elle serrait fermement mais délicatement entre ses mains, et sa gorge se serra. Il avait répondu. Il avait vraiment répondu, ce n'était pas une lettre rédigée à la va-vite sur un coup de tête, non. Il avait lu ses mots et avait décidé de lui écrire en retour. Intimidée mais ravie, Etoile prit une profonde inspiration et ouvrit méticuleusement l'enveloppe. « Alors Orion, quels mots ont bien pu glisser de ton esprit jusqu'au bout de ta plume ? » murmura-t-elle en sortant précautionneusement la missive de sa coquille. A la mention du prénom du garçon, Shadow surgit comme par magie, sortant de nulle part. Amusée par la coïncidence, la jeune sorcière sourit et offrit une caresse au félin. Puis elle se reconcentra sur la lettre et se plongea dans sa lecture, le coeur battant.
A la lecture des premiers mots, un rire la gagna en même temps que la culpabilité lui pinçait le coeur. Il n'avait pas l'air de vraiment lui en vouloir pour le délai, mais Etoile devina qu'il l'avait attendue et qu'il avait été agacé. Contrarié ? Non, pas à ce point. Néanmoins, l'Aiglonne se mordilla la lèvre, nerveuse. Poursuivant sa lecture, elle rit franchement en secouant la tête, faussement désabusée, lorsqu'il mentionna Shadow. Prendre la place du félin ? *Eh beh j'te souhaite bon courage pour ça* s'amusa-t-elle en jetant un regard en coin au matou paisiblement endormi à ses côtés. Le garçon ne pourrait probablement pas la supporter à longueur de journée – il ne semblait pas faire partie de ces Autres qui aiment partager leurs journée avec leurs amis. Souriant, elle découvrit que évidemment – parce que c'était Orion et que personne ne lui disait quoi faire – il s'était octroyé le plaisir de la taquiner sur sa maladresse. Il souligna l'ingéniosité diabolique de Maliah, et Etoile se promit de mentionner à sa benjamine que le « Prince Charmant » avait décrété l'apprécier. Oh dieux, elle n'osait même pas imaginer ce qui se passerait s'ils venaient à se rencontrer. Ç'en serait fini d'elle. La mention de la rentrée d'Aurore à Poudlard attira l'attention de la jeune fille, la distrayant de ses plans machiavéliques. Elle sourit, malicieuse. S'il s'amusait de ses chutes, elle n'allait certainement pas se priver de le taquiner sur la future rentrée d'Aurore.
Enfin, elle arriva à ce qu'elle avait attendu avec plus d'impatience qu'elle n'aurait dû.
A travers la plume du Serpentard, elle découvrit sa maman – une cheffe cuisto que le garçon semblait porter dans son coeur. Il était si tendre dans sa manière de parler d'elle...c'était touchant. Elle découvrit son père, un Moldu – l'information l'étonna et elle se surprit à sentir les commissures de ses lèvres se soulever en imaginant Orion expliquer avec grand sérieux des cours de Sortilège à son père un peu perdu. Il fallait voir quelle tête faisait Elina, sa propre tata Moldue, lorsque ses neveux et nièces essayaient de lui faire comprendre le processus pour jeter un sort. Appréciant naturellement les Moldus qu'elle trouvait touchants, Etoile n'avait que plus de tendresse pour ceux mis dans le secret magique et qui se trouvaient un peu perdus face aux inventions des sorciers. Nuls doutes que le père de son ami – ami, vraiment ? – ne ferait pas exception si jamais elle était amenée à le rencontrer. Peut-être en septembre à la rentrée.
Plus elle avançait dans la lettre, et plus elle sentait qu'il prenait de l'assurance – comme s'il n'en avait déjà pas suffisamment. Orion Blackburn avait probablement un égo de la taille du Lac Noir, mais Stella était prête à se noyer dedans uniquement pour lui faire plaisir. Elle leva les yeux au ciel sans pouvoir s'empêcher de sourire lorsqu'il affirma avec arrogance être certainement excellent en skate. *Pfff, on verra ça à la rentrée* s'amusa-t-elle en plissant les yeux. Rira bien qui rira le dernier.
Le post-scriptum lui arracha un ultime rire et, sans même y réfléchir, Etoile avait déjà décidé de rédiger sa réponse immédiatement. Elle sauta souplement dans sa chambre – fidèlement suivie de son félin – et s'installa confortablement à sa chaise de bureau. Attrapant un parchemin, une plume et de l'encre, elle n'hésita pas et commença la rédaction de sa missive sans se poser de question. Les mots s'écoulaient naturellement à la pointe de sa plume. Orion se satisferait de ses Mots quels qu'ils soient, elle en était certaine à présent. Enfin disons, à 98% certaine. 99 si elle relisait la première lettre du Serpentard.
30/06/2050
Cher Orion,
Tes Mots sont arrivés à bon port, et en très peu de temps ! J'ai profité de ta lettre dès qu'elle m'a été remise (à l'instant), en fin de matinée. Et devine qui était douillettement pelotonné contre moi ? Ton nouveau meilleur ennemi, Shadow ! (qui n'est pas d'accord pour que tu prennes sa place, alors il va falloir que vous vous battiez pour moi, que la guerre commence !)
Tu as le bonjour de ma soeur (bon ce n'est exactement ce qu'elle m'a dis, mais c'est moins embarrassant pour moi si je le formule ainsi), et j'ose espérer que tu transmettras toute mon affection à ta famille de ma part. Tes parents ont l'air extra, je suis jalouse ! Quelque chose me dit que les plats de ta maman valent le détour. Chez moi, il vaut mieux que ça soit mon père qui cuisine, crois-moi. (et encore, je me sens hors de risques d'intoxication alimentaire lorsque Maliah l'assiste, c'est elle l'experte culinaire) Comme tu peux le constater, c'est elle le vrai prodige de la famille ! Mais ça c'est juste parce que mes parents ne sont pas au courant du diabolisme dont elle peut faire preuve.
Si la tentative d'homicide des livres de chez Fleury & Bott a échouée, survivre à cette patinoire de l'enfer était bien plus compliqué ! J'ai failli y rester, je ne sais honnêtement pas comment j'ai réussi à revenir en un seul morceau. Enfin, un seul morceau c'est beaucoup dire. Malheureusement pour toi (et heureusement pour moi) je n'ai pas tenu les comptes de mes chutes, mais je peux t'assurer qu'elles étaient nombreuses (bien trop à mon goût). J'ai récolté quelques bleus en plus et des courbatures partout. Le seul point positif c'est que mes pitreries involontaires ont fait rire Maliah et Charlie aux éclats – eh oui, seul Finn a eu pitié de moi et a bien voulu m'aider à ne pas me briser la colonne vertébrale. Merlin m'en soit témoin, je jure sur ce qu'il reste de mon amour-propre que je ne laisserais pas cet affront impuni (si jamais tu as des idées diaboliques à me soumettre pour que je prenne ma vengeance sur ces trois démons, n'hésite pas) Je dois cependant admettre avoir beaucoup ri.
Stella s'interrompis brutalement dans son écriture, soudain hésitante. Peut-être qu'elle racontait trop de choses ? Naturellement bien plus à l'aise à l'écrit qu'à l'oral, elle avait tendance à s'emballer et à entrer dans trop de détails. Incertaine, elle mordilla sa lèvre inférieure – tic nerveux dont elle n'avait jamais réussi à se débarrasser – et soupira. *Te casse pas la tête écris comme ça te vient* songea-t-elle en replongeant sa plume dans son encrier. Le principal était qu'elle rédige une réponse au garçon.
Tu dois être heureux d'avoir retrouvé Aurore, et encore plus de savoir qu'elle sera à Poudlard l'année prochaine ! Je n'oublierais jamais mon excitation quand j'ai assisté à la Répartition de Maliah (elle a fait sa rentrée cette année, elle sera en Deuxième Année à la rentrée). A la fois je trouverais ça sympa qu'elle et Aurore deviennent amies, mais en même temps connaissant ma soeur je suis certaine qu'elle arriverait à entrainer Aurore dans ses idées folles. Quoi qu'il en soit, ne t'inquiète pas trop à ce sujet ! (parce que tu risques d'avoir des cheveux blancs à la vingtaine et que j'aime bien tes cheveux comme ils sont) Ta petite soeur sera bien entourée, elle aura son grand frère pour veiller sur elle, et je m'engage à garder un oeil sur elle dans les couloirs.
Etoile sourit. Cette petite Aurore lui plaisait déjà, même si elle ne l'avait jamais rencontrée, et elle avait on ne peut plus hâte d'assister à sa Répartition. Cette réflexion lui fit réaliser quelque chose, et elle ouvrit des yeux ronds, étonnée de ne pas y avoir pensé plus tôt.
En parlant de ça, je viens de réaliser l'étendue de ma bêtise : je n'ai jamais pensé à te dire que ma petite soeur était à Serpentard ? Tu l'as probablement déjà vue cette année ça veut dire ! (même si je me doute que les Premières Années doivent faire partie des personnes que tu évitent en général) Bref, voilà une nouvelle bonne raison de ne pas lui donner ton nom tout de suite, je la connais assez pour savoir qu'elle arriverait à se rappeler de toi et pour l'instant je préfère que tu restes mon secret.
Je n'ai jamais fais de camping de ma vie, sur une échelle de 1 à 10 à quel point tu penses que ça pourrait me plaire ? Peut-être que je pourrais proposer ça à mes cousins pour cet été. J'ai quelques plans mais ils sont assez vagues. La semaine prochaine je vais aller assister au Championnat Britannique de Karaté (ne te mets pas en tête que je suis une future ninja, ça fait juste très longtemps que mes parents me promettent de m'emmener à une compétition d'art martial alors...ils ont sauté sur l'occasion !) Sinon je ne pense pas que ma famille ait prévue de gros voyage, il y a deux ans on est allés aux Etats-Unis (puis moi en Norvège avec ma marraine) et l'été dernier ils nous ont emmenés en Ecosse, dans la région de l'ISDM (je sais pas si tu connais, l'institut supérieur de droit magique ?). Donc à mon avis, je ne vais pas beaucoup bouger cet été. J'aurais vraiment aimé pouvoir me rendre à la Coupe de Dragonnerie mais apparemment on s'y est pris trop tard pour acheter des billets. Tant pis, je suivrais les épreuves à la radios ! J'attends la Coupe avec impatience, j'avais que quatre ans à la dernière et je suis assez excitée parce que maintenant je vais mieux comprendre ce que disent les commentateurs. Irina Moldavan, une de mes dragonnières favorite, a été de nouveau sélectionnée, qu'est-ce que j'aurais aiméla voir voler ! Et surtout, j'aurais aimé voir Amara Loupes-Diouf en pleine action (c'est une nouvelle dragonnière et cette année elle sera la plus jeune de la compétition).
Désolée ça fait beaucoup d'informations. Quand je me lance sur les dragons je peux continuer pendant des heures ! (tu as le droit de ne pas lire cette partie si ça t'ennuie, je ne dirais rien)
Parle-moi de toi, raconte-moi tes journées ! Pour l'instant je suis bloquée à Londres alors tout ce que je vois est soit gris, gris ou gris. Heureusement qu'il y a pas mal de vie dans mon quartier (et des parcs), sinon ça serait invivable. Enfin, de toute façon je passe le plus clair de mon temps à vadrouiller avec Maliah ou à aller nager (sans rire, je dois avoir testé toutes les piscines de Londres).
Raconte-moi la vie chez toi, j'ai besoin de m'échapper un peu de chez moi. S'il te plait ?
Avec affection (et un regard mauvais de Shadow),
Etoile.
PS1 : toi et moi savons qu'une porte n'est rien d'autre qu'un vulgaire panneau de bois, ça se casse plus aisément que ce qu'on dirait (aucune volonté de rentrer chez toi par effraction hein)
PS2 : ne ris pas trop vite, à la rentrée j'apporte mon skate et on verra si tu es toujours aussi sur de toi Monsieur-j'ai-un-égo-grand-comme-le-ciel (mais bon après tout le ciel est constitué d'étoiles, non ?)
Satisfaite de sa lettre – certes très longue mais au moins remplie d'elle –, la jeune fille la relut une dernière fois par acquis de conscience puis la plia soigneusement et la glissa dans une belle enveloppe crème. Réfléchissant à la probabilité que ses parents la laissent utiliser Athéna pour renvoyer une lettre, elle songea qu'il valait mieux attendre ce soir et envoyer la lettre en catimini. Tant pis, Orion recevrait sa lettre demain au matin et non aujourd'hui dans l'après-midi comme il aurait dû. Pourtant cette fois Stella prit l'initiative d'expliquer le retard, et elle s'empressa d'attraper un petit morceau de papier pour griffonner à la hâte quelques mots dessus. Il méritait une explication après tout.
Mes parents ne m'ayant pas laissée utiliser Athéna (notre chouette) pour te faire parvenir ma lettre dès ce midi, je l'enverrais ce soir dans leur dos. (je me suis un peu fâchée avec ma mère à ce sujet, t'inquiète pas) Ne t'étonne pas si elle arrive demain pour ton petit-déjeuner ! (encore, oui je sais)
Des bises,
Stella
Après avoir ajouté la note de sorte à ce que le garçon la trouve en première en ouvrant l'enveloppe, elle scella cette dernière avec application. Affalé sur son étagère, Shadow l'observait faire de ses yeux ambrés indescriptibles. « Me fais pas cette tête » dit-elle en recopiant l'adresse d'Orion – qu'elle avait soigneusement épinglée à son panneau en liège. « La jalousie est un vilain défaut, et en plus tu sais que personne pourra te remplacer » soupira-t-elle en se tournant vers son chat. Il miaula avec mauvaise avant de se détourner d'un air digne et Etoile haussa les épaules. Quelle tête de pioche. « STELLA A TAAAAABLE ! » l'appela Maliah du bas de l'escalier. « J'arrive ! » La Ruewen déposa un baiser dans le pelage doux et soyeux de son matou pour se faire pardonner puis et lui gratouilla le menton.
L'enveloppe prête, elle la cacha dans un coin de sa chambre avant de descendre pour déjeuner.
______________
nuit, environ 00h40
nuit, environ 00h40
Après s'être assurée que ses parents étaient bien endormis, Stella se glissa hors de sa chambre, sa lettre dans la main, et rejoignit vivement le jardin où Athéna aimait dormir – quand elle ne partait pas en chasse. Après l'avoir appelée d'une voix douce, la jeune fille lui confia la lettre.
– Profite du vol de nuit, chuchota-t-elle avec affection. N'hésite pas à te reposer un peu chez eux avant de revenir, j'suis sure que ça les dérangera pas...enfin sauf si tu leur ramènes une souris morte !
La chouette hulula doucement puis prit son envol dans la nuit. Le coeur léger, la jeune sorcière resta dehors pour observer le rapace majestueux s'envoler vers l'Ecosse. Puis elle disparut de son champs de vision, et le froid poussa Etoile à se replier à l'intérieur, au chaud dans ses draps. Mission accomplie.
Orion recevrait sa lettre à son réveil.
@Orion Blackburn ça a pris plus de temps que prévu mais voilà la suite !
(et elle est dense....courage à Orion pour tenir et suivre le fil des pensées de Stella
)
~3922 mots, bon je me suis un peu beaucoup emportée
(et elle est dense....courage à Orion pour tenir et suivre le fil des pensées de Stella
~3922 mots, bon je me suis un peu beaucoup emportée
15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
Dis-moi, toi aussi tu penses à moi parfois ?
1er JUILLET 2050
AUBE, RÉSIDENCE DES BLACKBURN
AUBE, RÉSIDENCE DES BLACKBURN
C'était à peu près simple. Orion, depuis qu'il avait envoyé sa lettre, avait une boule au ventre qui était presque aussi grande que celle qui avait commencé à se former dans son ventre au fil des jours sans réponse de la part de l'Etoile. Mais à la différence, la boule qui plombait ses entrailles n'était pas remplie de rage, cette fois, mais bien d'angoisse. Comme un poids qu'il avait décidé de replacer sur ses épaules par lui-même, comme s'il n'avait pas assez réfléchi avant de remettre cette lettre entre les mains du Service de Hibou Postal. Pourquoi est-ce qu'après la curiosité et la hâte, c'était toujours la stupidité qu'il avait l'impression de ressentir le plus en songeant à Stella ? Pourquoi se montrait-il aussi bête à chaque foutue fois ? Orion aurait pu simplement l'ignorer, l'oublier, comme il le faisait si bien pour toute âme qu'il rencontrait, à peu près. Mais non, avec l'Etoile, il en était incapable. Il devait répondre, il devait savoir et, par-dessus tout, il se devait de la savoir.
Aussi, pendant tout le reste de la journée et celle qui avait suivi, il avait tourné en rond dans sa propriété comme un lion en cage, ne sachant que faire de son temps libre. Celle qui en avait le plus pâti était son Aurore qui, bien qu'elle ait essayé, ne se prenait que des vents de la part de son grand frère. Enfin, plutôt des tornades. Il ne répondait pas à la moindre de ses demandes et, elle qui avait pour habitude d'être au centre de son attention, elle avait l'impression de devenir folle. En réalité, elle en était même arrivée à lui râler dessus. Néanmoins, même sentir une aura négative dégager de sa petite sœur n'arrivait à ébranler son sentiment de crainte et d'angoisse. Pourtant, il n'avait pas non plus l'impression d'avoir été ouvert à outrance, mais une petite voix interne ne cessait de lui répéter qu'il avait laissé son esprit errer bien trop longtemps sur le papier au point qu'il n'arrivait plus clairement à se souvenir ce qu'il y avait couché. Et s'il avait été vexant ? Énervant ? Pire — ennuyant ? Il avait envie de se taper la tête contre un mur en pensant à quel point l'Aiglonne avait réussi à retourner son esprit. Foutue insomnie.
La nuit du 30 juillet, il n'avait tout simplement pas réussi à fermer l'œil. Il avait l'impression qu'une enclume compressait sa cage thoracique et que, même s'il avait essayé, il ne serait parvenu à la soulever pour s'en débarrasser. C'était tout bonnement impossible. De se calmer ou de la retirer de sa tête ? Peu importe. Elle avait voulu le hanter, elle avait gagné. Les oiseaux commençaient déjà à chanter et le Soleil à pointer le bout de son nez qu'il n'avait pas réussi à grapiller une seule minute de sommeil. À la place, il gigotait comme un vers de terre dans ses draps, tentant tant bien que mal de la jeter dans un coin inatteignable de son esprit. Pourtant, il avait surtout l'impression qu'elle était déjà dans l'un d'entre eux et que c'était pour ça qu'il n'arrivait plus à l'en détrôner.
Je dois bouger. Il prit une profonde inspiration et se leva d'un coup sec de son lit, déterminé, si bien que même l'enclume sur sa poitrine ne pouvait pas le clouer à son matelas. Il s'empressa de se mettre en habits de sport et enfila ses chaussures de course. Oui, un footing matinal, voilà de quoi bien se vider la tête. Et puis, à quoi bon se torturer ? La dernière fois, elle a pris plus d'une semaine. Il sortit à la hâte de sa maison et, après avoir étiré rapidement ses jambes et ses bras, commença à courir, sans but. La lumière du jour était encore sombre et il pouvait encore voir un léger voile de brume obscurcir l'horizon ; la rosée du matin drapait toujours l'herbe comme un baiser tendre et doux qu'aurait déposé la pluie après un fin d'orage et l'air filait à travers ses cheveux, froid mais agréable. Le paysage était paisible, chaleureux, familier. Ces chemins de terre qu'il parcourait, il les avait arpentés des centaines de fois ; il les connaissait par cœur et pourtant, ils ne cessaient de le rassurer. Ici, il n'avait pas à se soucier de quiconque ; ni des cours, ni de son Aurore, ni de l'Etoile. C'était lui et ses jambes qui le portaient où il le souhaitait, sans qu'il n'ait à savoir pourquoi.
Il continua à courir une bonne heure avant que le Soleil ne soit complètement levé, lui chuchotant qu'il était probablement temps de rentrer pour ne pas donner une crise cardiaque à sa mère s'il n'était pas dans son lit — en réalité, elle aurait probablement compris que le garçon avait encore une fois décidé de n'en faire qu'à sa tête sans la prévenir. Sur la route du retour, il suivit le cours d'eau qui bordait son quartier ; une petite rivière agrémentée de petits canards par-ci par-là mais aussi de mésanges qui n'hésitaient pas à s'y abreuver. Là encore, il se retrouvait calmé. Stella ne pouvait pas le toucher dans ce havre-là. Et pourtant. Orion entendit un bruit peu familier — un appel ? Il leva les yeux au ciel et vit une chouette voler en direction de sa maison. Que... Il plissa les yeux et, en concentrant un peu plus son regard, il reconnut l'animal que sa mère lui avait décrit quand il lui avait posé la question.
Stella.
Déjà ? Ou plutôt, déjà ! Sentant le rythme de son cœur accélérer, cela ne l'empêcha toutefois pas à accélérer le pas. Au contraire, le garçon se mit à sprinter vers sa demeure, coursant la chouette aussi rapidement qu'il ne le pouvait. Son souffle commençait à lui manquer mais cela lui importait peu ; il devait intercepter cette lettre avant quiconque — il redoutait l'interrogatoire qu'il aurait reçu si elle tombait dans des mains autres que les siennes. Ses jambes en mode automatique, elles passaient l'une devant l'autre sans se soucier du relief et, comme si un ange l'empêchait de se planter, il parvint à sa maison quelques secondes à peine après l'oiseau. Ce dernier était perché à une branche devant la fenêtre de sa cuisine et le regardait d'un drôle d'air — cela était probablement dû aux grosses gouttes de sueur qui dégoulinaient le long de son visage et de son dos. Ironiquement, cela lui rappela que, finalement, peu importe le moment, Orion ne serait jamais présentable quand il en venait à Stella. D'une certaine manière, elle se devait de le recevoir tel qu'il était, brutement et simplement. En se méfiant légèrement, il s'avança vers la chouette qui le fixait de ses yeux ronds et il tendit la main pour récupérer la lettre qu'elle tenait dans son bec. Peu agressive, il se permit même de lui donner une légère caresse sur le sommet de sa tête pour la remercier du voyage qu'elle venait de parcourir et, aussitôt, elle ouvrit les ailes pour reprendre son voyage et retourner auprès de ses maîtres. Il la regarda quitter les lieux puis, finalement, il baissa les yeux vers la missive dont il connaissait pertinemment l'autrice ; les lettres épelant son nom ne firent que confirmer ses suspicions.
« Alors comme ça, on ne prend plus dix ans à répondre, petite Etoile ? » murmura-t-il pour lui-même.
Un petit sourire étira ses lettres et il contourna sa maison pour retrouver son jardin. Au fond de ce dernier, entre deux arbres, il y avait un petit hamac qui pendait. Le tissu était encore un peu mouillé à cause de la rosée mais pas beaucoup plus qu'Orion. Aussi se posa-t-il dans ce dernier sans sourciller pour un sou. Allongé, il ouvrit alors la lettre, ne sachant clairement caractériser s'il se sentait animé par une joie immense ou une angoisse grandissante. Au moins, les seuls témoins de son questionnement étaient les arbres et le chant des oiseaux.
Cher Orion. Son cœur gonfla. Il était clairement heureux et apaisé. Plus la peine de le nier. Avec attention, il lit les mots qui suivaient. Encore une fois, elle mentionna son affreux — Orion en fit d'ailleurs une affaire personnelle de prendre sa place, coûte que coûte, comme le Stella le voulait — ainsi que sa sœur. Doucement, elle réagissait aux mots d'Orion, avec attention et minutie. Les mots de la belle étaient à nouveau complètement décomplexés, mignons, touchants. Elle était drôle, spontanée, plaisante. Il se surprit à sourire. Vraiment sourire. Elle racontait comment sa sœur était bonne cuisinière et douée. Il pouvait sentir un réel amour fraternel de la jeune fille envers cette dernière, même si elle s'efforçait de maquiller ça en la dépeignant comme un petit diable. Une petite voix lui murmura que cela semblait être son truc, les petits diables. S'ensuivit l'épisode de la patinoire sans glace et Orion ne fut pas vraiment surpris de constater qu'elle n'était pas la plus grande des équilibristes, elle qui ne cessait de trébucher pour atterrir dans les bras du garçon. Un petit rire quitta sa bouche quand elle fit mention d'une vengeance envers les trois personnes qui l'avaient emmené dans ce lieu du démon — enfin, Orion restait intimement persuadé qu'il n'aurait fait qu'une bouchée de cette patinoire.
Gentiment, elle parla de son Aurore, parce qu'après tout, l'Etoile savait toujours comment le faire mordre à l'hameçon. Cependant, il ressentit un petit pincement au cœur quand elle mentionna la répartition de sa sœur. Il n'avait pas hâte du tout. Au contraire, il aurait préféré qu'elle reste bien loin des portes de Poudlard, en sécurité. Il secoua rapidement la tête pour retirer cette pensée de la tête et reprit sa lecture. La sœur de Stella, Maliah, était à Serpentard. Curieusement, il chercha dans le fond de sa mémoire mais bien rapidement, il se rendit compte qu'il n'était pas assez physionomiste pour se souvenir de s'il l'avait croisée ou non. Pourtant, il songea au fait qu'il avait l'impression d'avoir déjà croisé des yeux similaires à ceux de Stella. Se pourrait-il bien que... ?
Balançant sur le hamac, il se remit à lire les mots de l'Aiglonne. Finalement, elle répondit à sa question concernant ses vacances. Plus chargées que celles de l'écossais, elle parla d'un championnat de karaté et Orion se surprit à rire en imaginant la jeune fille en karatéka, même si elle n'oublia pas de dire qu'elle n'était pas nécessairement compétente en la matière. Stella était une voyageuse ; elle avait été aux États-Unis, en Norvège, en Écosse, avait déjà assisté à une Coupe de Dragonnerie et espérait y retourner cette année une fois encore. Alors, celle qui détestait se mêler au monde aimait l'explorer ? Orion leva les yeux vers sa petite maison et songea à celle que devait habiter la brune. Pour voyager autant, elle devait avoir bien plus de moyens que lui. Sûrement une bien plus grande maison que lui, ou bien, si elle vivait à Londres, une belle maison de maître ou un appartement beaucoup plus luxueux. Orion ne s'était jamais senti pauvre, d'autant plus que ses grands-parents étaient plutôt aisés, mais ce n'était pas sa mère avec son métier de chef cuistot et son père avec son job dans une start-up qui allait lui permettre de voyager tous les étés, pour sûr. Peu importe, sa maison et les paysages qui l'entouraient lui suffisaient.
Alors, comme ça, Stella aimait les dragons ? La seule chose qu'ils avaient en commun avec le garçon étaient probablement les écailles qui pouvaient rappeler celle du Serpent. Autrement, lui était plutôt du genre à souffler de la glace que du feu, quand bien même elle semblait fondre au contact de l'Etoile. C'est qu'elle aimait bien le faire fondre, Stella. Et Orion, lui, se surprenait bien souvent à apprécier cela en retour. Il déglutit à cette pensée et se sentit rougir légèrement. Un dragon venait-il de passer par là ? Se replongeant pour la dernière fois dans sa lettre et chassant ses contemplations parasites, il la ponctua en se sentant submergé par un sentiment de satisfaction. Peut-être n'avait-il plus besoin de se soucier, lorsqu'il aurait répondu. Elle semblait l'accepter sans sourciller, pour son plus grand bonheur. Il rigola à ses quelques phrases finales et se promit de lui rendre l'appareil une fois qu'il se mettrait à l'écriture de sa réponse.
Mettant la lettre contre sa poitrine, il se mit à regarder vers le ciel, se perdant dans ses pensées. Misère, Stella. Ce n'était pas sa faute, mais elle l'embêtait malgré elle. Il aimait recevoir ses lettres autant qu'il méprisait l'attente qui menait à elles. Est-ce que ça allait être ainsi tout l'été ? Venaient-ils de créer une routine ? Merlin, Orion détestait la routine au plus au point. Pourtant, cela ne le faisait pas tant crisser que ça. Quelque part, au fin fond de son esprit, il se languissait même de se poser tous les quelques jours à son bureau pour espérer n'avoir qu'une bribe du quotidien de la belle. Et elle, ressentait-elle la même chose ? Devait-il lui dire ? Deux mois, c'était long. Il aurait tout le loisir de le lui dire plus tard, si le cœur le lui soufflait. Non, il devait se contenir.
« Orion ! Mon grand, c'est là que tu te cachais ?! Le petit-déjeuner est prêt, viens avant que ça ne refroidisse ! »
La voix de sa mère le sortit de ses pensées. Il arqua un sourcil puis souffla. Il replia la lettre avec attention puis, sans vraiment réfléchir, l'enfonça dans sa poche, gâchant son effort précédent. Du Orion tout craché. Il sauta du hamac et se promit à lui-même qu'il répondrait à l'Etoile aussitôt son petit-déjeuner englouti.
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Une fois le stress retombé, l'écossais ne pouvait plus se permettre d'ignorer sa sœur. Aussi, une fois son petit-déjeuner terminé, il finit par se laisser avoir par les supplices de cette dernière et passa la journée avec elle, ce qui l'empêcha de se pencher sur sa réponse quand il l'aurait voulu. Fort heureusement, puisque son Aurore était plutôt du genre à se coucher tôt, il put se mettre à son bureau une fois mise au lit et s'atteler à répondre à l'Aiglonne. Ni une, ni deux, il brandit un feuille de parchemin vierge et, plaçant la lettre maintenant un petit peu chiffonée à côté de la sienne à en devenir, il sortit également sa plume.
« Allez Orion, sois pas un blaireau » s'encouragea-t-il comme il pouvait.
Était-il trop sarcastique ? Trop hautain ? Sûrement. Mais ça ne le dérangeait pas spécialement — il le valait bien.1er Juillet 2046
Chère Etoile,
Je le confirme, ta chouette a été plutôt efficace et ta lettre m'est parvenue ce matin comme prévu. Je le sais parce que j'étais en train de courir quand je l'ai vue arriver. On a même un peu fait la course (je te laisse deviner qui a gagné...). Enfin, tout ça pour dire que tes mots sont également arrivés à bon port et que ta chouette a eu droit à un intercepteur de choix (moi). En revanche, je ne peux pas te retourner le retour de ma sœur. Pour éviter un interrogatoire, je n'ai pas dit à tout le monde que tu m'avais écrit en retour (tu te doutes que si ma sœur savait que tu m'écrivais, je n'aurais plus une minute de paix). Et puis, pour finir ma matinée, j'ai de nouveau eu droit aux délices de ma mère — peut-être qu'elle aurait deux-trois trucs à apprendre à Maliah, qui sait ?
Content de voir que tu aies fait rire la galerie, je me doute que les chutes devaient être un peu hasardeuses amusantes. Je dirais que Finn est probablement le plus gentleman. Cela dit, j'espère qu'il ne te prête pas de pull, lui aussi je doute qu'il soit aussi charmant que moi. Pour te venger, je te proposerais bien de simplement leur montrer à quel point je suis génial — il y a de quoi en faire complexer quelques-uns — mais je pense que le châtiment est trop sévère. À la place, montre-leur Shadow l'affreux, il m'arrive presque à la cheville, je suppose (enfin, littéralement, il est plutôt à ta cheville que la mienne, si j'en crois tes mots).
Trop proche, Orion, trop audacieux. Il secoua la tête et ratura à plusieurs reprises la phrase en question. Il ne savait même pas où il voulait en venir avec ça. C'était comme si son cerveau s'était mis en pilote automatique.Je suis content d'avoir retrouvé mon Aurore, oui. Mais non, je n'ai pas hâte de sa répartition. Je l'aime beaucoup, J'ai un peu peur de la jeter dans le bain de la vie sorcière comme ça. Enfin, elle s'y connait quand même pas trop mal, mais c'est un personnage. Je pense que tu pourras la découvrir par toi-même. Cela dit, nul doute qu'elle s'entendrait avec Maliah. Les deux m'ont l'air d'être hors du commun. Qui se ressemble s'assemble, non ? Enfin, sauf nous, on ne se ressemble pas et pourtant...
Il manquait bientôt de place sur sa feuille. Mince, depuis quand Orion était-il une pipelette ? Aujourd'hui, visiblement. Il se sentait presque indécent. Et toutes ces piètres blagues ? Allait-elle rire ? Avec un peu de chance, oui. Mais si elle était un peu sensée, probablement pas. De toute façon, il n'y avait plus de retour en arrière, Orion ne voulait pas réécrire tout ça. Enfin, il l'aurait fait, s'il n'était pas une heure du matin. Comment diable avait-il pu prendre autant de temps pour écrire tout ça ? Se frottant les yeux, encore plus fatigué à cause de la nuit blanche de la veille, il se sentait sombrer vers les bras de Morphée. Misère, trois heures pour écrire une lettre... Heureusement qu'elle ne le voyait pas. Mine de rien, elle pouvait le remarquer vers la fin. Les phrases se faisaient plus courtes, plus aléatoires. Il y mettait moins d'attention et plus de pensées volatiles. Néanmoins, pas une seule d'entre elles n'était pas pour elle, c'était au moins ça.Alors, je vais te décevoir mais j'ai une piètre mémoire des visages. Pour te dire, tu dois être l'un des rares visages que j'aurais pu reconnaître dans la foule (n'en fais pas tout un plat). Enfin, il se peut que je l'ai croisée mais reconnue ? Aïe, désolé Maliah, je jure solennellement que je ferai un effort à la rentrée pour te reconnaître. Cela dit, si elle a des aussi beaux yeux aussi bleus que toi, je ne devrais pas avoir tant de mal que ça.
Le camping, pour toi ? Si j'additionne tes capacités à mettre un pied l'un devant l'autre + ta résistance au froid + ton besoin d'aide constant pour rester debout, je crois qu'on tend plutôt vers un 2/10 pointé graaand maximum. Désolé, je ne peux pas te mentir. Mais n'aie crainte, si jamais tu veux t'essayer un jour, je pourrai te montrer (et t'apporter quelques pulls pour dépanner). Et puis, si on prend une tente soumise à un sortilège d'extension, tu pourras avoir un lit douillet donc ça devrait le faire. Je suppose que l'affreux pourra venir, lui aussi (tant qu'il ne nous me ralentit pas pour marcher !).
En tout cas, ton été s'annonce bien chargé. Karaté, Dragons et Maliah ? On dirait bien que tu n'auras pas un seul instant pour toi. J'adore les dragons aussi, mais je n'ai pas les moyens de me rendre à la Coupe de Dragonnerie. Peut-être la prochaine fois, qui sait ? J'espère que tu parviendras peut-être à avoir des tickets et que tu t'amuseras si tu y vas. Pour ma part, j'avoue que je n'ai pas fait grand chose entre avant-hier et aujourd'hui. J'ai beaucoup tourné en rond mais je commence à me lasser. À mon avis, je vais demander à ma mère si je peux aller à Edimbourg. Tu as déjà été ? Elle y a son restaurant donc ça ne devrait pas poser trop de problèmes. C'est une super jolie ville, j'aime beaucoup m'y balader. Tu as déjà fait l'ascension du siège d'Arthur ? Elle est plutôt facile, je te la conseille si jamais tu y vas un jour.
Enfin, tu l'auras compris, j'adore la randonnée. Je fais ça presque tous mes étés. Enfin, j'ai bien une grande tante en France mais... ce n'est pas la plus grande fan de notre famille donc il n'y a que ma cousine qui a pu lui rendre visite dernièrement. Mais maintenant que j'ai reçu ta lettre maintenant que tu ne prends plus des plombes à me répondre, je vais devoir me trouver un nouveau hobby qui n'est pas t'attendre. Aujourd'hui, j'ai passé la journée avec Aurore. Elle m'a montré le début de cabane qu'elle a décidé de construire au fond du jardin. C'est... abstrait. Cela dit, elle y met tout son cœur et j'ai pu lui dégoter deux-trois bois qui se mariaient bien avec l'ensemble. Elle veut créer une antre pour prendre le thé (je déteste le thé) mais je sais qu'elle va me forcer à être son client le plus fidèle donc... sauvez-moi ?
Sinon, cet été, je vais aussi reprendre mes cours de danse avec mon professeur. J'ai toujours été le meilleur dans ma classe. Ça ne m'était jamais arrivé mais... je n'en ai pas envie ? C'est assez étrange. Je fais de la danse depuis que je suis petit (beaucoup de genres différents) mais pour une fois, j'en ai marre. La routine, sûrement ? En parlant de routine, je déteste ça. Pourtant, ça ne me déplairait pas d'encore recevoir quelques lettres de ta part. Si le cœur t'en dit, évidemment. Si tu veux.
Tu préfères nager dans les piscines ou dans la mer ? Personnellement, j'adore l'Océan. C'est bien plus grandiose.
Enfin, bref. Je me fais long. J'espère que tu as eu une chouette (sans parler d'Athéna) journée et que ta mère ne t'a pas trop tapé sur les doigts. S'il le faut, je glisserai une photo de moi dans la prochaine lettre pour qu'elle comprenne pourquoi tu es accro.
Raconte-moi ton quotidien, ça m'intéresse.
À bientôt,
Orion
PS1 : Toujours pas de signe de toi... Tu as abandonné ta mission effraction ? Ou bien tu as trop peur ? Je ne serais pas contre te voir pointer le bout de ton nez
PS2 : Monsieur humilité a hâte de te battre à plat de couture en skate. Méfie-toi, je suis plutôt bon en sports.
Repliant la feuille en quatre, perdant un peu de minutie quand il en venait à lisser les côtés à cause de la fatigue, il la plaça dans une enveloppe et écrit l'adresse de Stella ainsi que son prénom ; pour ce dernier, cependant, il s'y appliqua plus que nécessaire. Demain, il irait la poster lui-même si sa mère acceptait de le prendre avec lui à Edimbourg. Comme ça, pas besoin d'éveiller des soupçons et l'Etoile pouvait rester son petit secret.
@Stella Ruewen, pardonne-moi pour ce délai ! On peut dire que la langue d'Orion se délie tout doucement — j'oserais même dire que Stella commence à avoir de la compétition ?
3827 mots — plaisir coupable, je l'avoue
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige
Dis-moi, toi aussi tu penses à moi parfois ?
03/07/2050
fin de matinée
Maison Ruewen
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fin de matinée
Maison Ruewen
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Deux jours. C'était long, bien trop long. Stella avait toujours été persuadée qu'elle était une personne extrêmement patiente, qui accordait le bénéfice du doute aux gens et qui n'était pas trop à cheval sur les horaires, pourtant cet été semblait être celui des nouveautés. Sa lettre pour Orion était partie dans la nuit du 1er juillet, Athéna était entrée en fin de matinée la veille et pourtant toujours pas de réponse. Est-ce qu'elle avait trop tardé à répondre ? Peut-être que le garçon lui en voulait et qu'il la punissait en retardant sa réponse. A moins qu'elle ne l'ait mis mal à l'aise ? La jeune fille soupira. Allongée en étoile de mer sur le parquet de sa chambre, le regard rivé aux petites étoiles qu'elle avait collée à son plafond lors de son dixième anniversaire, nerveuse, Etoile ne pouvait s'empêcher de ressasser ses pensées. Est-ce qu'elle s'était montrée trop à l'aise ? Non, impossible, Orion ne serait jamais dérangé qu'elle s'épanche sur sa vie et ses états d'âme. Elle savait qu'il appréciait lorsqu'elle parlait d'elle, quand elle lui racontait ses pensées et se confiait à lui. Après tout, c'était bien la volonté de vouloir se connaitre l'un et l'autre qui les avait rapprochés cette nuit-là — ça et un baiser volé. Quand elle y repensait, la jeune sorcière se prenait encore à rougir. Le coeur battant, elle ferma fort ses paupières pour chasser le souvenirs de son esprit et revenir au sujet qui la préoccupait. A savoir ce qui retardait tant l'arrivée de la lettre d'Orion.
— Peut-être qu'il reçoit des gens chez lui, réfléchit-elle en rouvrant les yeux. Ou peut-être qu'il est partit camper... Est-ce que Athéna aurait pu le trouver s'il était entrain de randonner ?
Seul le silence lui répondit. Soupirant, Stella se tut. De toute évidence, les échos n'allaient pas lui apporter de réponses, pas plus que les abysses de ses pensées. La voix fluette de Maliah lui parvenait depuis la pièce voisine bien qu'elle ne puisse comprendre ce qu'elle racontait. En bas, sa mère était surement en grande conversation avec Tatie Hannah qui était venue passer la journée ici. Son père était sans doutes dans la cuisine, entrain de préparer le repas. La maison était calme, si calme. La Serdaigle se tenait à l'affût de tous froissements d'ailes ou de hululements depuis plusieurs jours, mais la résidence des Ruewen ne lui avait jamais parut aussi tranquille et silencieuse — un véritable calvaire.
— J'me demande ce qu'il fait, murmura-t-elle.
Elle s'imagina Orion, toujours aussi nonchalant, assit au pied d'un arbre près de chez lui pour lire. Installé dans une cuisine chaleureuse, une assiette remplie devant lui et sa mère attablée à ses côtés. Tenait il ses cheveux sombres d'elle ? Ou peut-être de son paternel. Elle l'imagina entrain de jouer avec Aurore, chère Aurore dont elle avait tant entendu parler. C'était comme se sentir nostalgique de quelque chose qu'elle n'avait jamais eues, regretter des instants jamais vécus.
Résignée à faire quelque chose plutôt que se lamenter sur le parquet de sa chambre, Etoile se releva lentement. Un bref vertige l'étourdit, sa vision se flouta un instant et en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire "astronomie" elle se sentait mieux. *Un peu d'hypoglycémie ? Bah, c'est presque l'heure de manger !* songea-t-elle en haussant les épaules. « Shadow ! Shadow mon grand ! » appela-t-elle à la fenêtre, ses yeux balayant les environs pour essayer d'apercevoir la fourrure noire du félin. Quelques secondes plus tard, un bruit feutré à l'entrée de sa chambre indiqua à Stella que son compagnon à poils l'avait entendue et était de retour. Elle se tourna, sourit avec tendresse en voyant le matou assit dans l'encadrement de sa porte, et s'approcha de lui dans une démarche sautillante. « Toi t'es allé quémander des gourmandises à papa », s'amusa-t-elle en s'accroupissant face à lui pour lui caresser le crâne. Il ronronna et se frotta contre sa main. Bon, puisque attendre en se lamentant ne la mènerait nulle part, la jeune sorcière décida de descendre et d'aller profiter de la présence de sa tante avant que celle-ci ne reparte. De toute façon ce n'était pas en s'angoissant pour rien dans sa chambre qu'elle accélèrerait le délai de réponse. Silencieuse, Stella se redressa et quitta la pièce en direction du salon, Shadow fidèlement sur les talons.
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06/07/2050
début d'après-midi
Maison des Ruewen
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début d'après-midi
Maison des Ruewen
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Affalée sur le canapé du salon, l'humeur morose et l'énergie à plat, Stella relisait pour la cinquième fois la même phrase du livre qu'elle tenait entre les mains. La veille elle avait passé la journée à la piscine avec Maliah, Charlie et Finn. Elle s'était beaucoup amusée et, pour quelques heures, elle avait réussi à se sortir Orion de la tête. Elle ne s'était pas inquiétée de sa réponse qui n'était toujours pas arrivée, elle n'avait pas repassé en tête les choses qu'elle aurait pu écrire qui auraient mises le garçon mal à l'aise, elle n'avait pas envisagé le pire. Elle avait nagé, elle avait coulé un peu Finn et beaucoup Charlie, elle avait fait la course avec Maliah et ils avaient profité du jacuzzi sans les adultes. Profiter ainsi de ses journées sans penser au lendemain, sans avoir à s'inquiéter de son travail et surtout sans se torturer à imaginer le visage d'Orion,... Voilà qui ressemblait à de vraies vacances, c'était presque comme si elle était redevenue une enfant insouciante, uniquement inquiète de savoir ce qu'elle allait manger pour le goûter et si Charlie allait avoir le droit de rester dormir à la maison. Mais aujourd'hui, ne restaient de la journée d'hier que des courbatures et une fatigue qui lui pesait. Et à cela s'ajoutait le train de ses pensées qui était reparti à toute allure.
Maussade, elle abandonna la phrase qu'elle était de nouveau entrain de relire — toujours sans en comprendre le sens — et ferma son livre. « C'est possible qu'un hibou ou une chouette se perde en chemin ? » demanda Stella à haute voix, rompant le fragile silence qui régnait depuis seulement un petit quart d'heure. « Ou de se tromper d'adresse ? » reprit-elle, soudain plus anxieuse. Allongé contre elle, Shadow se contenta de ronronner un bref instant avant de se replonger dans sa sieste. *Mouais, tu parles d'un soutien* ronchonna-t-elle en silence. S'il continuait ainsi, peut-être bien qu'elle allait songer à l'appeler l'Affreux, comme Orion, juste pour le contrarier.
Inévitablement, penser à Orion l'amena à penser à cette lettre qui n'était toujours pas arrivée et qui ne semblait pas vouloir pointer le bout de son nez. Etait-ce le nouveau plaisir du garçon, de la faire patienter ainsi ? Moue plissée, l'adolescente envisagea un instant la possibilité qu'il lui en veuille d'avoir mis si longtemps avant de le contacter, puis elle chassa cette pensée. Non, si elle n'avait pas encore de nouvelles c'était simplement qu'il n'avait pas eu le temps de lui répondre.
— Par Circée, voilà qui commence à bien faire ! s'agaça-t-elle en se levant du canapé.
Surpris, le félin bondit sur ses pattes, la regarda d'un oeil encore endormi et émit un borborygme à mi-chemin entre le miaulement et le ronronnement avant de sauter à terre et pour glisser vers les escaliers et se faufiler à l'étage — très surement dans la chambre d'Etoile.
Cette dernière le regarda faire, fatiguée, puis elle s'étira et sortit en quête d'air frais.
Fort malheureusement il faisait encore lourd et la journée n'était pas encore assez avancée pour que la fraicheur du soir allège l'atmosphère. Réduite à s'assoir sur le perron de chez elle, Stella n'essaya même pas d'empêcher ses pensées de partir en direction d'Orion. Elle se demandait ce qu'il faisait, à quoi pensait-il, s'il était avec sa mère entrain de cuisiner ensemble, avec son père pour une aventure montagnarde ou en compagnie d'Aurore, la gentille, pétillante et douce Aurore dont elle avait tant entendu parler. Aurore qui ferait sa rentrée à Poudlard en septembre. D'ailleurs elle avait mentionné la rentrée dans sa lettre, n'est-ce pas ? Incertaine, frustrée de n'avoir toujours aucune réponse et angoissée à l'idée que le garçon l'ait tout simplement oubliée, la jeune sorcière soupira lentement...avant de se reprendre aussitôt. Jamais auparavant elle n'aurait imaginer soupirer à cause d'un garçon, voilà qui était nouveau. Mais était-ce agréable ? Quoi qu'il en soit ça l'était déjà plus que de rester enfermée dans sa chambre dans le noir à attendre la rentrée.
— Comme dit le dicton, "plutôt qu'être seule, mieux vaut être mal accompagnée", chantonna-t-elle à mis-voix, perdue dans ses pensées. Tu sais c'qu'on dit..."sois près d'tes amis les plus chers", mais aussi... "encore plus près d'tes adversaires"....
C'était une très vieille chanson française qu'Helen lui avait un jour fait écouter et que la jeune sorcière avait absolument tenu à apprendre par coeur, bien qu'elle ne comprenne pas les deux tiers de ce qu'elle racontait. Sa prononciation n'était pas terrible et elle doutait que quiconque puisse reconnaitre les paroles, mais l'air lui plaisait et c'était agréable d'entendre les consonnes rouler sur sa langue. « Mais ma meilleure ennemie c'est toi...fuis-moi », reprit-elle en fermant les paupières, se balançant au rythme de l'air de musique qu'elle imaginait. « Le pire c'est toi et moi.. »
Un bruit métallique sec fit sursauter l'adolescente qui cessa aussitôt de fredonner, le coeur battant. Perplexe, elle tourna la tête et croisa le regard de sa voisine qui tenait un liasse d'enveloppes dans la main. C'était une femme âgée qui vivait avec son époux et que la famille Ruewen appréciait beaucoup. Le couple avait régulièrement babysitter Stella et Maliah tandis qu'en échange Liam et Vanya venaient les aider pour quelques tâches domestiques ou travaux de jardinage. Alors Stella salua sa voisine d'un petit signe de tête, et celle-ci s'excusa, expliquant que c'était le bruit de sa boite aux lettres qui avait dû lui faire peur. « Il n'y a pas de mal, vraiment », insista la Serdaigle, gênée de voir la vieille femme se confondre en excuses. Elle lui sourit puis retourna chez elle.
L'ainée des Ruewen songea distraitement qu'il faudrait demander à l'un de ses parents de venir s'occuper de la rouille, quand la lumière se fit dans son esprit. *La boite aux lettres, mais évidemment !* Mais pourquoi diable n'y avait-elle pas pensé plus tôt ? *Orion est un Sang-Mêlé après tout*, réfléchit-elle en se levant d'un bond pour s'élancer vers la petite boite métallique sur laquelle il était écrit "Famille Ruewen, Liam, Vanya, Stella et Maliah".
A ses yeux, cette boite faisait office de déco — pourquoi s'embarrasser d'attendre des semaines la réponse de quelqu'un alors qu'une chouette pouvait la lui apporter en quelques heures à peine ? — mais c'était parce qu'elle vivait comme une sorcière. Orion, en revanche, semblait plutôt familier avec les habitudes moldues. *Mais quelle demeurée !* se tança-t-elle en ouvrant la boite avec une précipitation fébrile qui n'avait rien à voir avec son calme ordinaire.
Sa main tremblante se referma sur une enveloppe adressée à son nom. La jeune fille retint de justesse une exclamation mêlant joie, surprise et soulagement. Il ne l'avait pas oubliée. Non, évidemment qu'il ne l'avait pas oubliée, comment avait-elle pu croire qu'Orion l'avait oubliée ?
La boite métallique à peine refermée correctement, la lettre pressée contre son coeur, Etoile courut chez elle sans attendre. Trébuchant presque dans les escaliers, elle se rattrapa in extremis et poursuivit sans course sans s'arrêter, le coeur battant. Quelque part dans la maison sa mère la sermonna en lui demandant d'arrêter de courir dans les escaliers, mais elle l'ignora également. Ce ne fut qu'une fois la porte de sa chambre soigneusement fermée et verrouillée derrière elle que la jeune Ruewen s'autorisa à respirer. De tout le trajet, l'enveloppe soigneusement fermée était restée délicatement pressée contre son coeur. Il lui avait répondu. Merlin il lui avait vraiment répondu, et elle avait passé une semaine à tourner en rond comme un chat sauvage enfermé, à maugréer dans son coin sans même que l'idée d'aller vérifier sa boite à lettres ne l'ait effleurée. *Quelle idiote !* Depuis combien de temps est-ce que l'enveloppe était arrivée ? Depuis combien de jours l'Etoile se tourmentait-elle inutilement ? Une pensée terrible la frappa alors. Si elle avait mis aussi longtemps à trouver la réponse du garçon, est-ce que cela signifiait que c'était désormais lui qui l'attendait ?
Vite vite, elle n'avait plus une seconde à perdre en réflexions inutiles.
Stella grimpa maladroitement sur son lit et se blottit contre ses coussins, presque aussitôt rejointe par Shadow. Doucement, elle ouvrit l'enveloppe, en sortit la lettre soigneusement pliée et inspira profondément avant de la déplier. La Serdaigle se plongea dans sa lecture avec plaisir.
Chère Etoile. Son coeur s'emballa un peu, et elle ne put s'empêcher de faire glisser son index sur les lettres tracées sur le papier. En le lisant, elle pouvait presque entendre sa voix lui raconter ses aventures — oh oui, elle l'imaginait très bien courser Athéna pour la rattraper. Un rire amusé lui échappa quand il mentionna son Aurore. Ses lèvres s'ourlèrent d'un sourire doux à l'évocation des talents cuisiniers de sa mère, et à ceux de Maliah. Comme à chaque lettre, elle retrouvait très bien Orion à travers son écriture — ses taquineries, son ton suffisant et moqueur qui aurait fait lever les yeux au ciel à la jeune sorcière s'il lui avait dit ça en face, le surnom attribué à Shadow. Elle s'interrompit pour jeter un regard au matou et lui caresser le ventre. « Moi je pense qu'il t'aime quand même un peu », murmura-t-elle avec affection avant de poursuivre sa lecture.
Il était évident qu'Aurore avait un grand frère très aimant, et ce constat arrêta momentanément le coeur de Stella. Est-ce qu'elle transmettait autant de joie, de chaleur et d'amour quand elle parlait d'Aydan ? Ne voulant pas s'attarder sur la question, elle reprit où elle s'était arrêtée.
Même pas vexée qu'il ne lui recommande le camping qu'à 2/10, elle rit à sa proposition, imaginant très bien la scène. Des paysages comme elle n'en voyait jamais, le poids du sac sur les épaules mais le bonheur de se perdre sur les routes, Orion pour seule compagnie — et Shadow, puisqu'il ne s'opposait pas à sa présence, même si la sorcière doutait de l'enthousiasme du félin — et le réconfort d'une tente confortable le soir. Oh oui, elle visualisait très bien la chose.
Le Serpent poursuivait en parlant de ses vacances, de son envie d'aller se promener à Edimbourd — ville que Etoile ne connaissait pas du tout —, du restaurant de sa mère, de sa passion évidente pour la randonnée, des idées folles d'Aurore... C'était captivant.
« Oh ? » Shadow releva la tête, circonspect, puis la reposa en constatant que sa maitresse allait parfaitement bien. « De la danse..pas étonnant qu'il bouge avec tant d'aisance », dit-elle pour elle-même. Elle essaya de s'imaginer à quoi ressemblait un Orion pris dans une danse, mais elle était si peu familière avec la discipline qu'elle abandonna bien vite, incapable de visualiser autre chose que les choré des cheer de Poudlard. Peut-être qu'un jour il pourrait lui montrer ?
Elle lut les derniers mots en secouant la tête avec un rictus rieur, n'en attendant pas moins de lui.
Ses deux post-scriptums sentaient le défi à plein nez, si bien que la Serdaigle arqua un sourcil taquin. Oh alors comme ça il la provoquait ? Pas de problèmes, elle était la bonne personne.
Décidant de rédiger sa réponse immédiatement, elle s'offrit une seconde lecture de la lettre, profitant de chaque mot, chaque rature et chaque hésitation. Puis elle s'extirpa des coussins — dérangeant au passage un Shadow somnolant — et s'installa à son bureau, des feuilles vierges, une nouvelle plume et un encrier déjà prévus à cet effet.
Stella s'interrompit, replongea sa plume dans son encrier et se relut rapidement. Peut-être que ça faisait trop de ratures. Pourtant ce n'était pas faute d'essayer d'être naturelle, mais elle avait envie malgré elle de rassurer le garçon sur sa relation avec Finn et Charlie. *Et puis zut, c'est pas important*, décida-t-elle en secouant la tête. Plume de nouveau en main, la jeune sorcière souffla pour faire sécher l'encre avant de reprendre la rédaction de sa lettre.06/07/2050
Mon cher Orion,
Ici à Londres, tes mots étaient attendus avec une grande impatience ! Tu excusera cette réponse si lente, je ne suis pas familière avec le système postal moldu si bien que je n'ai pas pensé à vérifier la boite de aux lettres de chez nous. Tu n'imagines pas le culot que j'ai presque eu de te reprocher de me faire patienter exprès (oui, j'avoue, toutes mes excuses), je ne peux que remercier ma voisine qui m'a, sans le savoir, mise sur la bonne voie. Quoi qu'il en soit, désormais je n'oublierais pas de guetter le posteur (je ne suis pas certaine que ça soit le bon mot ?) en plus du ciel.
Pour conclure sur mes malheurs et mes chutes, j'ai récolté un joli bleu sur le genou ! Exact, Finn est le plus gentleman — même si ça ne l'a pas empêché de rire avec les autres et il aurait tout de même pu m'offrir sa main pour m'empêcher de tomber, il est donc évidemment moins charmant que toi. Mais ça ne me surprend pas, après tout tu es de loin le gentleman le plus attentionné doux sophistiqué que je connaisse. (mais attention, ce n'est pas une raison pour prendre la grosse tête, je te vois venir !)
Elle hésita une seconde, ne sachant quel mot employer.Je ne doute pas que ton Aurore s'entendrait à merveille avec Maliah, même si je me dois de t'avertir que ma petite soeur a tendance à avoir des idées un peu...
Misère, était-ce trop prétentieux ? Ou trop...suggestif ? Non, elle tenait simplement à lui montrer comment utiliser un skate elle-même voilà tout. Et elle le taquinait un peu. C'était tout...folles. Elle est très curieuse et elle aime bien fourrer son nez dans ce qui ne la regarde pas. Ne t'étonne pas si à la rentrée elle vient te parler dans votre salle commune ou si elle te pose des questions, elle sait que nous échangeons par lettres alors elle me titille avec ça. D'ailleurs elle t'a surnommé "le prince charmant", malgré mes protestations. Je crains qu'elle ne lâche jamais l'affaire.
Pas de camping pour moi sauf en ton illustre compagnie, c'est noté. Ou alors c'est une excuse pour passer du temps avec moi ? A la guerre comme à la guerre, je te déconseille vivement de tenter le skate avec quelqu'un d'autre que moi. Tu passerais à côté d'un cours exceptionnel et je risquerais de me vexer croire que tu ne me fais pas confiance.
Est-ce qu'elle divaguait trop ? La future quatrième année se relut consciencieusement, à l'affût d'étourderies ou de non-sens, et elle fut soulagée de constater qu'elle s'en était bien sortie. Elle n'avait pas rebondit sur tout ce qu'il avait évoqué, craignant alors que sa réponse ne soit trop longue, mais elle se promit de ne rien oublier de ce qu'il lui confiait pas écrit.Mes étés sont souvent chargés, d'ailleurs c'est rare que je sois encore chez moi à cette période de juillet ! Tu n'as pas non plus l'air de t'ennuyer, je parie que les environs autour de chez toi sont sublimes et que tu aimes te promener presque tous les jours. Par plaisir de randonnée autant que pour fuir les idées d'Aurore ? Quel manque de reconnaissance, elle fait de toi son invité d'honneur et tu oserais prendre la fuite ? Je t'ai connu plus audacieux ! Si j'ai pu affronter une paire de patins à roulettes sans me briser la colonne vertébrale, tu peux très bien batailler contre une tasse de thé, j'en suis certaine. Ou peut-être qu'elle pourrait t'accompagner à tes cours de danse ? Si elle s'ennuie ça lui ferait plaisir de venir avec toi, et tu pourrais négocier une seule tasse de thé par jour !
Moi j'aimerais bien pouvoir venir avec toi, je suis assez curieuse de voir comment tu danses. Je ne suis pas surprise que tu sois le meilleur de sa classe, c'est plutôt le contraire qui m'aurait étonnée.
Ne t'en fais pas, je ne compte pas te priver de mes merveilleuses lettres, d'autant plus que moi aussi j'aime recevoir les tiennes. Certes je préfère te voir en vrai, mais j'aime bien pouvoir les relire de temps en temps. Je te propose qu'on s'écrive tout l'été. Alors, tu relèves le défi ? Moi, je continuerais de t'écrire, c'est agréable de garder contact avec quelqu'un pendant les vacances.
Shadow délaissa le lit et vint grimper sur l'arbre à chat fièrement dressé à côté du bureau de la jeune fille. Cette dernière enfonça un bisou dans son flan tout poilu et tout doux, riant un peu au son qu'il produit. « Ben alors, on est jaloux ? » le taquina-t-elle, glissant ses doigts dans le pelage soyeux sombre du matou. Il émit un petit grognement que Stella trouva adorable et tourna un peu sur lui-même avant de sortir les griffes pour se défouler sur son perchoir. Elle l'observa faire quelques secondes, amusée, avant d'avoir une idée. « Toi tu bouge pas de là », lui ordonna-t-elle en se levant pour aller fouiller dans une commode.
Elle se redressa avec une sorte d'appareil photo entre les mains, l'air satisfaite.
La suite ne fut pas des plus aisées, surtout une fois que le félin eut compris l'intention de sa bien aimée maitresse. Heureusement, après avoir bagarré une bonne dizaine de minutes, avoir échangé des regards de la mort et quelques coup de pattes, l'affaire était réglée et Shadow put s'échapper.
Etoile admira un peu le cliché qu'elle avait finalement réussi à prendre avec le matou, pas peu fière du résultat, et le déposa précautionneusement sur le bureau. Sa lettre était loin d'être terminée, en attendant elle n'avait pas besoin de la photo — tant qu'elle n'oubliait pas de la glisser dans l'enveloppe après l'avoir légendée, évidemment. Sinon elle aurait lutté avec les griffes de son chat pour pas grand chose, ce qui serait sacrément dommage. D'autant que le résultat était chouette.
Plume en main, elle se replongea dans sa lettre.
Soudain, Stella s'arrêta d'écrire. *J'ai complètement dévié du sujet*, constata-t-elle sourcils sourcils froncés, ennuyée. Voilà qu'elle se mettait à répandre ses angoisses dans sa lettre.... Misère, Orion n'avait surement aucune envie de lire tout ça, il allait s'ennuyer ferme.J'aime autant nager dans l'Océan que dans la piscine, même si je partage ton avis. Nager dans l'Océan a quelque chose de mystique, je me sens comme un personnage de roman, une héroïne magique ou une guerrière en pleine aventure... C'est grisant ! Dommage que l'eau soit si froide en Angleterre, même si le pire c'est la distance entre la plage et chez moi, c'est toujours l'excuse de mes parents pour expliquer qu'ils ne nous y emmènent pas. C'est trop nul, heureusement qu'il y a beaucoup de piscines à Londres. Je vais nager presque toutes les semaines, ça me fait un bien fou et en plus ça me détend. J'aimerais bien qu'il n'y ait personne d'autre, mais je suppose que ça serait trop demander.. A Poudlard je vais nager dans le Lac, et là il n'y a personne pour me déranger au moins. Poudlard me manque Les vacances me paraissent toujours longues à cause de ça (même si Maliah dit que je suis simplement snob et que si je pouvais je passerais l'été à Poudlard....en même temps c'est pas faux).
Que dire, j'ai l'impression d'avoir mis ma vie en pause tant j'étais prise par mon attente ! Cela dit ça m'a bien occupée, je dois le reconnaitre.
La soeur de ma mère est passée nous rendre visite, mais j'aurais bien aimé que mes cousins soient venus avec elle. Linh et Felix, tous les deux plus âgés que moi, ils sont adorables mais ils sont presque toujours occupés l'été, encore plus que moi tu te rends compte ? Enfin bref, ça m'a fait plaisir de voir ma tante, même si ce n'était pas aussi chouette sans eux. Felix a fini ses études à Poudlard et il a été pris à l'IMSM (l'institut de médicomagie et des sciences magiques), il veut devenir psychomage. Quant à Linh, elle va rentrer en septième année et l'année suivante elle a envie d'intégrer la Magifac... C'est fou d'écrire ça, dans ma tête ils ont encore 11 et 12 ans tandis que j'en ai 8. Le temps passe vite, et ça a un côté un peu angoissant, tu ne penses pas ? Je ne sais toujours pas ce que je veux faire plus tard et il va bientôt falloir faire des choix, tout d'un coup j'ai l'impression de grandir à toute vitesse.
Tant pis, maintenant que c'était écrit elle n'avait aucune envie de raturer et tout recommencer.
La jeune fille dû s'interrompre, constatant qu'il ne lui restait plus que très peu de place. Elle allait devoir raccourcir sa lettre et commencer à conclure. De toute façon, ils avaient encore tout l'été devant eux pour continuer de correspondre.Toutes mes excuses, je me suis emportée ! Je voulais simplement te parler un peu de mes cousins et voilà que je t'embête avec ces histoires d'orientation, oups ?
Ici à Londres il ne se passe pas grand chose, malheureusement. Ma mère a beaucoup de travail, ce qui m'arrange puisque ça signifie qu'on se voit moins. Elle est assez agaçante les derniers temps, même si elle soutient que c'est l'inverse. Mon père est plutôt cool, je crois qu'il est simplement heureux de nous revoir Maliah et moi. Il a dit qu'il m'aiderait à m'améliorer en potions, mais étant donné à quel point il est catastrophique en cuisine ça ne promet rien de bon. Qui sait, peut-être que d'ici ma prochaine lettre j'aurais une nageoire dans le dos ou mes cheveux seront bleus ! (je n'espère vraiment pas, je les aime bien comme ça, en plus c'est interdit de se teindre les cheveux à Poudlard)
Ta famille a l'air plutôt calme à vivre au quotidien, et j'ai l'impression que vous vous aimez tous très fort, ce doit être chouette. J'aimerais bien rencontrer tes parents un jour, peut-être à la rentrée sur le quai ? Encore deux mois avant de te revoir, voilà qui va me sembler bien long, je vais bien devoir trouver comment m'occuper autrement qu'en me lamentant sur le sol de ma chambre ou en épuisant tous mes encriers dans tes lettres. Tiens d'ailleurs, à propos de lettres, sache que j'ai envie d'acheter un coffret pour les ranger. Mais je n'y mettrais que les tiennes, cela va de soi.
Voilà. Une fois la lettre terminée – légèrement à la va-vite, mais c'était mieux que rien –, Etoile plia soigneusement le papier et le glissa dans une enveloppe portant déjà le nom et l'adresse du garçon. Ensuite, elle ajouta la photo qu'elle avait développée et légendée, espérant qu'elle ferait rire Orion. Puis, très précautionneuse, elle rangea son encrier, son papier et ses plumes.Dans trois jours j'irais assister à des compétitions d'arts martiaux, je crois que je t'en ai déjà parlé ? En tout cas je suis plus que ravie, et je te raconterais évidemment tout en détails ! Entre temps je pense que je vais rester à la maison (il commence à faire vraiment chaud dehors), j'en profiterais pour faire un peu de tri, lire et passer du temps avec Maliah. Même si elle ne me force pas à boire de thé, elle essaye sans cesse de me convaincre de faire ses ateliers d'art plastique avec elle. Et ce n'est pas faute de lui avoir expliqué que j'étais une piètre artiste ! Au moins je fais quelque chose.
La vie est un peu monotone par ici, tout est gris et les gens désagréables. Comment était ta sortie à Edimbourg, est-ce qu'il a fait beau ? J'espère que tu en as profité !
Affections,
Etoile.
PS1 : qu'est-ce qui te fait croire que je ne suis pas entrain de préparer l'expédition la mieux organisée que le monde ait connu ? Peut-être que finalement j'ai besoin d'une photo
PS2 : j'ai glissé une surprise avec ma lettre ! (sois indulgent, j'ai bravé les griffes de Shadow pour ça !)
Une fois son bureau remis en ordre, la jeune sorcière offrit une papouille au félin affalé sur le rebord de la fenêtre menant au toit avant de descendre les escaliers, le coeur battant.
Personne en vue ? Oui, la voie était libre ! Aussitôt, elle traversa la maison à toute allure, l'enveloppe pressée contre son coeur, retenant presque sa respiration. Direction le coin d'Athéna !
La chouette chevêche était sur son perchoir, somnolente, et ouvrit grand ses beaux yeux jaunes dès que Stella l'appela.
– Toujours chez Orion, souffla-t-elle en attachant la missive au rapace. Fais attention à toi !
Athéna hulula d'un air indigné, comme si la jeune fille l'avait insultée en suggérant qu'elle ne ferait pas attention, puis elle mordilla ses doigts avec affection et prit son envol. L'adolescente la suivit des yeux jusqu'à ce qu'il lui soit impossible de la voir, et sur ce elle retourna à l'intérieur, soulagée d'avoir pu envoyer une réponse aussi vite. Orion n'en méritait pas moins, et elle s'en voulait toujours de ne pas avoir pensé à vérifier sa boîte aux lettres – c'était une bête étourderie qu'elle ne reproduirait pas ! *Dorénavant, je regarderais deux fois par semaine*, se promit-elle en refermant la porte qui séparait la maison de la pièce de la chouette.
Désormais, il ne lui restait plus qu'à attendre et prier pour qu'Athéna vole vite.
@Orion Blackburn, oh mon dieu désolée, quasiment 6 mois de retard, je me ratatine sur place !
La voici, Stella l'étourdie ! J'ai beaucoup aimé écrire ce post, j'espère qu'il te plaira autant :-)
~4933 mots, disons que ça rattrape mon retard ?
La voici, Stella l'étourdie ! J'ai beaucoup aimé écrire ce post, j'espère qu'il te plaira autant :-)
~4933 mots, disons que ça rattrape mon retard ?
15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
