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3 mars 2021, 00:10
 Solo - 2043  Sans elle, je suis seul...
TW: Certaines parties de ce texte vont parler d'alcool et de ce que sa consommation peut engendrer.


Nuit du 25 mars au 26 mars 2043
Jack's Bar, Isabella Street


Les yeux embrumés, les joues creusées par le sillon de larmes amères et trop précieuses. Je n’arrivais pas à voir la vérité en face ; tout ce que j’eusse construit était à présent réduit en cendres. Tout cela pour une maudite histoire de sang… Je n’étais pas des leurs ; je le savais et j’avais persisté, mais rien n’eut d’effets. Je devais maintenant vivre de cette solitude ; survivre dans la perte d’une partie de mon âme ; subsister au-delà de ce que mon ascendance avait brisé, enfin… tout ce que leur apologie du sang avait mis à terre : mon mariage, ma vie. Comment pouvais-je espérer la revoir, la serrer à nouveau dans mes bras ?
Cette réflexion bien trop sombre pour mon cœur à vif me provoqua une nouvelle vague de perles salées, plus jamais je n’allais pouvoir être heureux à ses côtés ; plus jamais je ne pourrais être celui que j’eusse été avec elle ; plus jamais je ne vivrais réellement.

Alors comme un pantin, je me saisis du verre que j’eusse commandé préalablement et en bus une gorgée. Ce geste était comme une sollicitation au secours auquel personne ne répondrait présent, néanmoins, il me permettait de faire abstraction à certaines pensées, mais les plus douloureuses restaient ; les plus prenantes continuaient de me hanter. Ne pouvais-je donc pas les rendre inutiles à ma vie ? Non, parce que je l’avais aimé et le chérissais toujours en cet instant. Était-ce conséquemment le manque de cette maladie que l’on appelait l’Amour ? À cette époque, je n’en étais pas conscient.

L’alcool coulait dans mon sang au même rythme que mes larmes à l’extérieur de mon corps. Je n’avais plus personne à aimer, alors pour quoi tentais-je de lutter en utilisant ces breuvages comme réconfort ? Je ne le savais pas, dès lors, je me penchais encore plus sur le comptoir comme un médiocre ivrogne ; un homme sous la détresse émotionnelle.
Un naïf… Non, que pensais-je, j’étais tout simplement un bon à rien. Un Né-Moldu qui devait retourner dans les jupons de sa mère pour y pleurer sa défaite ; voilà ce que j’étais ; mais avant de la retrouver, je devais cacher ma tristesse. Être cette personne que je ne reconnaissais plus comme étant moi-même. Le Lancelot heureux laissait ainsi place au Lancelot maladif.

Un blonT - Abadass et EpicFamily
Et cette machine dans ma tête, machine sourde et tempête
Avez-vous vraiment cru que c'était cette chanson ? :lol:

13 mars 2021, 20:01
 Solo - 2043  Sans elle, je suis seul...

Le verre vide dans les mains, je fixais inlassablement le nombre de bouteilles aux saveurs alcoolisées qui se trouvaient à l’arrière du comptoir. J’avais besoin d’oublier, mais était-ce réellement la solution la plus adéquate ? Pour moi, oui. Je ne voyais que cela et surtout dans le monde qui ne connaissait rien de ma vie depuis que j’eusse adopté officiellement l’autre côté ; je ne pouvais rien dire, et donc, ces verres à répétition m’aidaient à ne plus penser, à ne plus agir comme le sorcier que j’étais. Je redevenais en quelque sorte le moldu que les mages apercevaient en moi. J’avais besoin de cela, après tout, qui me trouverait en cet endroit ? Quelle personne pourrait me contacter ? Une bonne partie de mes proches m’imaginaient encore dans le monde magique en ce jour ; ils savaient pertinemment que la technologie n’y fonctionnait pas, alors je me sentais tranquille de forcer mon cœur à sa propre réparation malgré les épanchements spiritueux. Oui, je m’y exhalais librement… personne ne partirait me chercher, personne ne viendrait me sauver…

Du moins, cela ne fut qu’une espérance, car je n’eus pas senti le propriétaire de ce bar s’emparer de mon portefeuille où se trouvait le papier contenant les numéros de Soizig et de Hector. Ces deux amis qui eurent préféré retrouver une vie semi-moldue pour rester au plus proche de leur famille : ce que je n’eusse pas réalisé parce que, pour moi, la magie avait pris de l’importance ; un quotidien, une routine que je ne pouvais pas abandonner pour vivre comme mes sœurs et mes parents. J’étais autre et je devais le persister, mais c’était à cause de cette fichue différence que j’étais à ce bar, à noyer notre séparation avec mon épouse. C’était cette fichue différence qui nous avait forcés à préparer un divorce. C’était cette fichue différence qui me rappelait sans cesse que je ne pourrais jamais être entièrement heureux… Un mariage brisé, une femme magnifique que je perdais ; plus jamais, je ne pourrais la prendre dans mes bras, lui prouver mon amour par des actes, des baisers. Plus jamais, nous ne serions un tout.
Alors, oui, je l’avais inconsciemment laissé faire venir ces deux êtres que furent mes amis de Serpentard…

Oui, j’avais tout laissé s’écrouler sous mes pieds : mon mariage avec Riley ; Riley tout simplement et ma vie. Tout ce dont j’eusse cherché à protéger.

Je ne sus, dès lors, combien de période j’allais pouvoir encore profiter de ce moment de presque solitude. Combien de temps me restait-il avant d’être interrogé sur la cause de mon état ? Ce fut une impression d’une courte éternité ; je sentais bien la poigne ardue et colérique d’un chevalier du feu sur mon épaule alors qu’une vue toujours remplie d’une douceur hypocrite se posait sur le regard détruit que je possédasse. Ils étaient donc là ainsi que la terrible suite que j’appréhendais…

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Et cette machine dans ma tête, machine sourde et tempête
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11 avr. 2021, 02:02
 Solo - 2043  Sans elle, je suis seul...


Sorti de force en dehors de ce bar, je restais chancelant. Tout ce que mon corps vivait n’était que bateau en pleine mer. Mes sens ne subsistaient plus réellement ; j’étais confus, ivre et triste. Ma tête partait en avant tout comme l’ensemble de ma chair avant d’être renvoyée dans une position plus arriérée ; provoquant dès lors — de manière involontaire — mes premiers haut-le-cœur. J’avais ainsi cette envie de remettre, à même le sol, tout ce que contenait mon estomac ; je le sentais, l’acide remontait, mais ces amis m’empêchaient de le faire.

Rapidement, ma joue droite commença à chauffer. Une première gifle, puis une seconde alors qu’une voix grave tentait de me ramener à la réalité ; celle que je ne voulais pas retrouver. Ce qu’il me restait de conscience était au fait que si j’acceptais derechef l’authenticité de la vie, tous les remords reviendraient. À nouveau, je pleurerai cette douloureuse rupture, ce divorce que je n’avais guère demandé, mais ce qui se trouvait avec eux, ce « moi » détruit restait silencieux, seule Riley existait dans son esprit, dans ma pensée.

Qu’est-ce qu’il te prend ? Qu’est-ce que tu fais dans ce lieu, bourré ? Pourquoi n’es-tu pas avec ta femme ? Pourquoi a-t-il dû nous appeler pour venir te chercher ? Réponds, Lancelot ! À quel point cela ne va-t-il pas chez toi pour faire cela ?
— Pour… ça… il faudrait peut-être… que j’aie… ENCORE UNE MAISON ! Il faudrait que j’en possède encore une… il le faudrait !
Mais qu’est-ce que tu racontes ? Lancelot, tu as une habitation avec Riley !
— Riley… Riley…

Ces mots furent prononcés dans un murmure, mes lèvres tremblaient, je suffoquais. Riley, je ne l’avais plus. Elle faisait partie de mon passé, et tout cela contre mon gré. Mes larmes débordèrent à nouveau de mes yeux ternes. La réalité m’avait rattrapé et me torturait comme un simple bout de chiffon. Personne ne pouvait donc comprendre… Ils ne voulaient pas m’entendre. Pourtant, je les voyais insister. Je les écoutais me forcer à répondre à leurs méconnaissances. Pourquoi ne pouvaient-ils pas saisir que ne plus avoir de domicile signifiait tout sobrement que Riley et moi n’étions plus qu’une histoire de cendres ?
Mes haut-le-cœur revinrent de plus belle et une restitution d’acide tomba sur les chaussures de Hector qui frissonna de dégoût tandis que Soizig commençait à caresser mon dos ; que je pus ainsi continuer à rendre le contenu de mon intérieur !

Ça va aller, Lancelot, ça va passer… Ressaisis-toi !
Mais qu’est-ce qu’il te prend, ça ne te ressemble pas, autant sur l’ingurgitation alcoolisée que sur cette tristesse déroutante ?
Hector, laisse-le se calmer.
Non, je dois savoir ce qui se promène dans sa tête d’intellectuel pour agir de la sorte !

Il avait raison. Jamais, ô grand jamais, je n’avais réagi de cette manière. Jamais je n’avais été aussi mal jusqu’à faire baigner mes dents du fond. Jamais je n’eus été cet individu pitoyable, mais la douleur était si considérable que l’impossibilité d’être normal ne s’était pas présentée à moi.
Quelques minutes supplémentaires me furent acquises afin de finaliser ces sensations de brûlure à l’acide. Toutefois, mes larmes continuaient d’être bien présentes. Être seul dans ma tête me privait de la réalité d’interaction ; tout ce qui en résultait n’était que les paroles d’un homme à l’alcoolisation déprimante.

Lance…
— Riley… m’a quitté…
Non ! C’est impossible, vous vous aimez bien trop pour cela ! Alors, comment est-ce envisageable ?
— Ce statut… ce sang sale qui coule dans mes veines indignes. Même pour elle… maintenant… je ne suis rien ! Mais sans… sans elle, je suis seul…

Mes larmes redoublèrent, tandis que je sentis mes deux bras passés autour des épaules de mes camarades alors qu’ils s’efforçaient de me ramener chez « moi », chez mes parents. J’allais aussi leur faire honte. Comment pourrais-je bien affronter bien plus de regards que ce que je vivais en cet instant ? Comment pouvais-je imaginer une suite convenable à cette soirée désastreuse ?
Mon âme meurtrie commençait à faire avancer cette dépouille végétative que je possédai et je les imitai tandis que je souhaitai encore noyer mon chagrin dans cette boisson aride. Mais je n’avais pas le choix ; plus rien ne m’était accordé librement en cette période. Alors, je me mis à chantonner, ivre, cette chanson abrégeant si bien mon état d’âme.

— Sans elle, je suis seul… Sans elle, mon amour… Ma vie ne signifie plus rien… À quoi sert de lutter, à quoi sert d’exister…
On te ramène chez toi, Lance, ne t’en fais pas, on va t’aider…

Mais ce fut un regard triste qui lui répondit, allait-on véritablement faire quelque chose de moi ?

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3 août 2021, 22:33
 Solo - 2043  Sans elle, je suis seul...


Semé d’embuches, le chemin vers la maison de mes parents fut un enfer supplémentaire à mon supplice. Jamais, je n’avais paru encore plus lamentable qu’en cet instant. En plus d’être particulièrement saoulé par la tristesse à l’esprit, mon corps — lui — me rappelait sans cesse que mon esprit n’était pas le seul « être » dans les dommages collatéraux de cette séparation. Il rejetait souvent — toutes les cent bornes — tout ce dont je l’eusse forcé à ingérer : des spiritueux de toute variété (bières, cocktails, triples secs, whiskey, vodkas, etc.). Il n’y avait donc plus d’histoire, tellement j’étais sale et laid comme un orphelin dans un dortoir. Pourtant, mes amis — mes quais de gares — me retenaient quand mon corps faisait ressortir tout ce désespoir.
Ils se comportaient parfaitement avec moi, mais je m’en foutais tellement, je n’étais qu’un rocher, qu’un poids de plus accroché à leurs bras. L’épuisement était roi dans cette soirée et me faisait ressembler à un oiseau mort privé de tous ses chants, car plus aucun mot ne sortait de cette bouche sèche : j’étais dépouillé.

Néanmoins, une sonnette particulièrement distinguable en raison de son tintement me força reprendre le train de la reconnaissance, mais pour combien de temps ? Le temps de voir ma mère sortir en plein soir sur le trottoir de la maison. Ce que je vis sur son visage me rendit encore plus triste, bien plus malade de cette situation : elle était inquiète. J’avais failli à ma mission de fils en plus d’avoir échoué en tant qu’époux. Ce n’était pas bon signe, car ce qu’elle affichait dans ses magnifiques iris était un véritable désespoir. Qu’arrivait-il au fils qu’elle avait tant aimé ?
Pour moi, en cet instant, il était mort noyé dans un lac de néant parce qu’il ne voulait plus « vivre sa vie ». Rapidement, ma carcasse laissa exploser des ruisseaux d’eau salée sur ses joues alors qu’elle me les touchait, m’inspectant comme un condamné. Jamais, elle ne m’avait vu ainsi.

Lancelot, que t’est-il arrivé ?

Mais aucune réponse ne vint pour son questionnement hormis des sanglots lourds de sens ; malgré sa présence, je me sentais seul, privé de toutes ces choses qui faisaient de moi celui que j’étais avant cette nuit.

Lancelot !
Madame O’Lake, il était seul dans un bar à se mettre dans cet état… De ce qu’on a pu comprendre, le récit d’amour entre lui et Riley est terminé.
Oh non. Faites-le entrer… je vais m’occuper de lui.

Le corps tiré vers l’intérieur, je ne voyais plus ce qui pouvait m’entourer, tout me paraissait flou, j’avais l’impression d’être redevenu le gosse idiot qui n’attendait que la bonne finalité de l’histoire. Un happy ending qui ne viendrait surement plus jamais.

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12 sept. 2021, 02:47
 Solo - 2043  Sans elle, je suis seul...


Le corps détruit et aussi raide que celui d’un automate, j’avançais aidé par mon plus proche ami. Je n’étais nullement bien dans ma peau, dépendant à l’idée de vouloir replonger même si la connaissance des dégâts se montrait déjà tel un guet-apens m’étant dressé sur mon sentier ; identique à un nœud coulant qui se resserrait autour de ma gorge. L’envie de rejeter une nouvelle fois le contenu de mon estomac auparavant bien endommagé me reprit, mais je le retenais comme si je bouclais volontairement le bout de la ceinture que représentait l’ensemble de ma dépouille. Je ne désirais pas flatter les égos de ces amis qui m’avaient longuement répété sur le chemin ardent de mon habitacle que cela ne servait à rien. Mais qu’eurent-ils véritablement compris de cette histoire, pour eux une séparation par le divorce n’était qu’éphémère. Ils avaient tort ; la torture était réalité dans ce cas de figure et je ne pouvais pas accepter, imprimer, leurs mots dans mon esprit.

Je retombai tel un poids mort sur le canapé familial tandis que ma mère s’efforçait de toucher la moindre parcelle de mon visage. Ses mains étaient si froides que je crus un instant qu’elle était l’image de l’apaisement au trépas que j’endurais. Mes yeux vitreux ne la quittaient pas d’une seconde, agissant de manière involontaire, dépendant d’une certaine façon à une entité que je ne connaissais guère. Elle me paraissait douce, maternelle, une véritable mère devant la débauche que je représentais.

Tout ira bien, mon chaton. Je suis là et tu n’es pas seul.
Maman… tu te trompes tellement… C’est un pire sentiment que celui de la mort dans son plus simple appareil. Puisque sans Riley, je ne suis qu’ombre du Lancelot que tu as fait naître.
Ne dis pas cela, car même si tu te retrouves au fond du puits, je serais toujours présente pour te venir en aide. C’est mon rôle en tant que mère, ma mission de pouvoir sauver la moindre parcelle de mon enfant.
Mais, maman, tu n’appréhendes vraiment rien…
Je le comprends et le conçois parfaitement, chaton. Repose-toi, maintenant, nous en reparlerons demain.

Elle me redéposa doucement sur le canapé alors que je tentais vainement de me redresser face à elle. Mais, faible comme je le fus, cela pouvait paraître comme étant une mauvaise idée puisque je n’ai rien pu faire de plus que d’obéir à sa requête. Je commençai, dès lors, à ne plus rien entendre les sons d’une manière distinguée malgré les bourdonnements qui furent la preuve de la continuité de la discussion. Mais le néant m’attrapa comme une vieille amie, mettant ainsi fin à l’enfer que j’eusse vécu ce jour-là.


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