13 févr. 2021, 21:34
Solo OS Irlande Chapitre 2 : Les histoires magiques
Quatre ans s'étaient écoulé depuis la naissance de la sœur de Lucy, le quartier était toujours le même sauf quelques familles du voisinage qui avait changé. Certain était parti d'autre arrivait et d'autre maison étaient en vente, faute de ne pas avoir trouvé de nouvelles familles. Ce jour-là Ena réveilla les filles, l'une pour aller à l'école et l'autre pour garder son bon rythme de sommeil. Cependant, Lucy était déjà presque réveillée et il ne fallut pas longtemps pour la sortir du lit. Celle-ci descendit de son lit bien trop grand pour son petit corps, aux notes de noir et jaune rappelant les couleurs d'une certaine maison de Poudlard. Elle emprunta l'escalier en faisant bien attention de ne pas tomber, pour ça, elle se tenait à la rampe en bois comme elle le pouvait. Une fois en bas elle traversa le couloir menant de la porte d'entrée vers la salle à manger, qui faisait aussi office de cuisine et posa ses fesses sur une chaise. Sa maman lui posa une assiette plus ou moins remplit devant elle, ce qui était sans nul doute son possible déjeuné du matin. Comme chaque jeudi il y avait dans celle-ci, des tranches de bacon grillé ainsi que des œufs, accompagnés par une tranche de pain et un jus de fruit frais, pressé le matin même. Ce n'était pas ce qu'elle préférait, mais c'était toujours mieux que le mardi où il y avait des légumes. Son déjeuner préféré était de loin le dimanche, car elle avait le droit à des pancakes soufflés avec du sirop d'érable. Une fois son repas fini, elle se dirigea une nouvelle fois à l'étage pour y rejoindre la salle de bain, l'eau du bain était déjà prête et à bonne température. Elle y plongea les orteils, puis sa jambe, avant d'immerger son corps entier. Elle se lava rapidement le corps puis elle s'attaqua à sa chevelure. Ses cheveux étaient roux, comme ceux de sa mère et plutôt long pour son âge. Elle faisait toujours attention quand elle se lavait les cheveux, si elle aimait bien les laver, elle détestait avoir ses yeux hazel remplit de mousse qui provoquait des douleurs et des picotements sans pareils, la faisant crier et pleurer à tous les coups. Alors que le bain était fini, elle continua sa routine matinale en s'habillant. Elle ouvrit une grande armoire ou y figurait des robes de toute sorte de couleur, des pantalons, des jupes et des t-shirts aussi variés en couleur que l'arc-en-ciel le permettait. Elle attrapa une jupe rose et un t-shirt bleu indigo et les enfila. Quand Lucy croisa sa maman, celle-ci l'attrapa par l'avant-bras, tira Lucy une nouvelle fois dans sa chambre, la plaça devant l'armoire et lui dit.

- Non Lucy ! tu ne pars pas dans cette tenue, tu enfile ton uniforme

Lucy contrarié souffla et lança une rébellion plutôt courte dont Ena avait droit plus ou moins tous les matins d’école.

- Il est pas beau… Je..j’aime pas beugla Lucy en sachant très bien qu’elle n’aurait pas le dernier mot

- On ne te demande pas si tu aimes, on te demande de le porter répondit Ena avec une voix entre la bienveillance et l’agacement, aller tu enfile ton uniforme, on va être en retard sinon.

Lucy ne se rebella pas plus longtemps, elle savait pertinemment ce qui arriverait ensuite, si du haut de ses sept années, elle continuait son spectacle. En effet cette gentille dispute matinale était très courante et parfois il arrivait qu'elle soit punie parce qu'elle n'écoutait pas et n'en faisait qu'à sa tête. Cela demeurait néanmoins rare qu'elle en arrive jusque-là, mais elle essayait dans l'espoir secret de pouvoir un jour aller à l'école sans cet uniforme ignoble, composé d'une jupe noire, d'une cravate vert foncé, d'une chemise blanche et d'une veste aussi noire que la jupe avec le blason de son école, brodé sur le côté gauche de la poitrine. Une fois changée elle sauta dans la voiture familiale. La voiture orange criard avait disparu de l'allée, Ena ne pouvait se permettre de la garder. Les deux filles étant installée à l'arrière, respectivement de chaque côté et dans un siège adapté à l'âge de chacune. Une fois devant l'école Lucy rentra dans la cour de celle-ci et se mit à attendre la rentrée des classes. Lucy prenait place avec ses camarades dans une classe de deuxième année du cycle d'enseignement primaire.

Tandis que les cours s'enchaînaient Lucy écoutait sans vraiment le faire, elle était occupée à lire les manuels qu'elle avait en sa possession, afin d'y apprendre un tas de choses diverses et variées. Elle trouvait que les cours parfois traînaient en longueur pour ceux et celle qui ne comprenait pas ou pour une autre raison, qui lui échappait. Elle ne faisait pas vraiment de vague, ses notes étaient excellentes et les seuls reproches qu'on lui faisait, était sur son attention en classe. Si elle aimait par-dessus tout apprendre, elle détestait travailler, ainsi dès qu'il fallait apprendre un texte ou quelque chose qu'elle jugeait inintéressant par cœur, ses notes s'écroulaient. Cependant, il fallait bien admettre que d'un point de vue comportement il n'y avait rien à lui reprocher si ce n'est peut-être, sa tenue parfois nonchalante pendant qu'elle parcourait les différents manuels. Ce qu'elle préférait par-dessus tout finalement, c'était les récréations où elle pouvait aller à la bibliothèque pour lire un tas de choses sur l'histoire, la science, les langues étrangères et tout un tas d'autre matière. L'avantage de la bibliothèque c'était que Lucy, bien qu'en seconde année, pouvait plonger son esprit dans des manuels plus avancé. Elle ne comprenait pas tous, mais quand elle butait sur quelque chose, elle prenait soin de le noter et de demander, parfois en plein cours et cela même s'il n'y avait aucun rapport avec celui-ci, parfois à la fin du cours et plus rarement à ses parents. Aujourd'hui lors de la récréation du matin, l'aspirante Poufsouffle dont le père mettait beaucoup d'espoir en elle, tomba sur un livre qui dépassait de loin son niveau, car, il s'inscrivait dans le programme de septième année de primaire. Elle parcourra celui-ci, mais ne comprenait pas tout. Plongée dans la lecture elle n'entendit pas la fin de la récréation et continua de lire en notant tout ce qu'elle ne comprenait pas sur un papier. Alors, absente dans sa classe, son professeur se demandait où elle avait bien pu passer. Etant relativement solitaire, personne parmi ses camarades ne savait où elle passait ses récréations. Au bout d'une bonne heure, c'est les surveillant qui finirent par mettre la main dessus. Ayant crut tout d'abord à une sorte de fugue, ils avaient retourné ciel et terre à l'extérieur pour la retrouver. Un surveillant déposa sa main sur l'épaule droite de Lucy qui l'a fit sursauter. Elle regarda le surveillant l'air hébété et celui-ci ouvrit la bouche pour lui demander de le suivre. La fillette rangea le livre dans le rayonnage où il était, puis se mit à suivre le surveillant. Elle n'avait en aucun cas conscience de l'heure et pour elle, c'était encore la récréation. Naïve, elle suivi le surveillant jusqu'à la salle dans laquelle son professeur finissait son cours, lorsque qu'elle eut franchi la porte, elle vit ses camarades la dévisager, son cœur se serra au moment où elle comprit la situation. Son teint laissait peu à peu sa couleur naturelle pour du rose puis du rouge de honte. Son professeur l'invita à s'asseoir.

Sans dire un mot, Lucy se dirigea vers sa place, s'assit tout en fuyant tout contact visuel avec un autre humain présent dans la pièce. Honteuse elle n'osait regarder qui que ce soit pour le moment. Il ne fallut pas longtemps pour que la cloche retentisse, afin de marquer la fin du cours. Elle se releva et commença à se diriger vers la sortie quand son professeur l'interpella lui indiquant qu'elle ne sortirait qu'en dernière, lorsqu'il l'aurait décidé. Lucy se stoppa et se mit à attendre que la salle se vide, alors que tous ses camarades venaient de sortir et étaient déjà loin, Lucy restait sans bouger à proximité du bureau de son professeur, les yeux vers le sol. Il rompit le silence en lui posant un tas de questions pour savoir où elle était, ce qu'elle faisait, pourquoi elle n'avait pas entendu la sonnerie. Toujours les yeux vers le sol elle se fit sévèrement réprimander, l'invitant à regarder son interlocuteur quand celui-ci lui parlait et qu'elle apportait ses réponses. Elle savait que si sa maman apprenait qu'elle avait raté un cours, elle serait pour sur punis, rien que l'idée d'une punition par sa mère faisait paniquer son petit cœur, qui battait violemment dans sa poitrine à présent. Après une longue réprimande et sur ce qu'il se passerait pour elle suite à cet incident, sa situation en cours, ses notes et son côté fainéant dès qu'il s'agissait de travailler sur un sujet qu'elle ne trouvait pas intéressant, son professeur lui expliqua ce qui se passerait par la suite. Il préviendrait ses parents, mais surtout laisserait la directrice décider de sa sanction afin d'être sûr que cela serait la dernière fois que quelque chose de la sorte se produisait. Lucy resta silencieuse, ses larmes coulaient le long de ses joues et elle était bien incapable de prononcer le moindre mot.

La petite O'Reilly s'activa et se mit à suivre son professeur, il marchait d'un pas rapide et la fillette devait presque courir pour arriver à le suivre convenablement. Son professeur tapa à plusieurs reprises sur une porte en bois couleur acajou, tout en indiquant à Lucy de s'asseoir sur l'une des chaises présentes devant le bureau de la directrice. Son professeur ouvra la porte et elle entendit distinctement celui-ci expliquer toute la situation qui venait de se passer. Il ressortit et lança un regard d'empathie à Lucy avant de rejoindre le secrétariat, d'où il appellerait les parents de la petite fille. L'attente était si longue que la petite O'Reilly, s'ennuya au point de se perdre dans ses pensées. Elle imaginait un ciel étoilé, avec une sorte de brume de diverse couleur comme du bleu, du vert, du rose et du mauve à la place du plafond. Elle fut arrachée de ses pensées quand la porte acajou s'ouvrit pour l'inviter à entrer. Lucy attendait qu'on l'invite à s'asseoir pour le faire et cela ne tarda pas. Les sièges étaient très confortables et le bureau cossu. La directrice regarda la fillette avant de lui expliquer qu'il faudrait changer son comportement en cours et celui qu'elle avait à l'égard de certaine activité. Bien qu'elle soit discrète et rarement remarquée, le fait qu'elle ait mobilisé pendant presque une heure tous les surveillants de l'école avaient suffi pour qu'elle se retrouve pour la première fois de sa vie, au centre de cette dite attention. La directrice fut très clair et strict. Ce n'était pas à elle de décider ce qui était intéressant ou non, de ce fait, elle serait à présent interdite de bibliothèque sauf besoin des professeurs et elle était invitée à remonter ses notes qui nécessitaient un apprentissage demandant un investissement dans le travail.

Lorsque la petite Lucy fut autorisée à sortir pour rejoindre ses camarades, elle alla s'asseoir sur un banc. La fillette regardait ses partenaires de classe, courir pour certain, jouer pour d'autre. Les filles, elles, étaient en train de jouer à la marelle. Vitreuse Lucy soupira, elle ouvrit son cartable et de façon machinale prit un de ses manuels de cours pour le feuilleter. Ce jour-là, elle n'alla pas manger à la cantine de l'école, préférant de loin rester sur son banc avec pour seule compagnie, elle-même et ses manuels. Quand les cours reprenaient, elle se dirigea vers sa classe, prit place et se força à rester sur la même page en écoutant le professeur, restant bien droite. Afin de passer le temps plus vite, Lucy participa de manière active a toutes les questions que le professeur pouvait poser. Plus surprenant encore, lors des travaux de groupe, l'aspirante Poufsouffle aidait très activement ses voisins. Le reste de l'après-midi se déroula de la même façon, si d'apparence Lucy semblait bien intégrée c'était pour noyer le poisson, elle était là, sans y être vraiment. Pour trouver du réconfort dans cette situation bien désagréable elle pensait à la fois aux travaux, mais aussi à toutes sortent d'histoires magiques que son papa lui racontait, soit le soir avant de s'endormir, soit pendant leur session de jeu.

Une fois libre Lucy se dirigea vers sa maman qui ne manqua pas de lui dire, qu’il parlerait une fois rentrée. Le trajet se déroula dans un silence tel qu’il était possible d’entendre les roulements de la voiture par-dessus le bruit du moteur. La maison fut atteinte relativement vite, ou plutôt Lucy en avait l’impression, bien trop occupée à regarder par la fenêtre la fine pluie qui commençait à tomber. Ce n’est qu’une fois sa petite sœur couchée pour une petite sieste qu’Ena demanda à Lucy de la rejoindre, afin qu’elle explique ce qu’il s’était passé aujourd’hui. Bien entendu elle avait déjà tous les détails, néanmoins il était très important pour elle d’avoir la propre version de sa fille. Lucy prit place dans le canapé d’angle et une fois installée, Ena brisa le silence.


- Alors explique moi, pourquoi l’école m’a appelé aujourd’hui ? questionna t’elle d’une voix calme qui se voulait rassurante

- A la récréation je suis allée à la bibiotèque, comme d’habitude et je ai pas entendu la cloche qui dit que c’est fini, la récréation. Le surveillant est venu me chercher et après le professeur m’a emmené voir le directeur qui m’a puni. Répondit-elle tandis qu’elle rougissait à chaque fois qu’elle prononçait un mot de plus.

Ena la regarda, elle hochait la tête discrètement tout en réfléchissant à ce qu'elle pourrait dire ou faire à présent. Elle vit Lucy qui gonfla une joue, une habitude de la petite O'Reilly qui faisait cela, quand elle était anxieuse. Ena repris alors de façon prudente comme si elle cherchait les bons mots.

- Je… ne vais pas te punir pour être allé à la bibliothèque, elle marqua une pause avant de reprendre calmement mais j’aimerais, que tu comprennes, que tu ne peux pas te permettre de rater des cours.

- J’ai pas fait exprès !

- Je ne dis pas que tu as fait exprès… ce n’est pas grave, mais je ne veux pas que ça se reproduise, d’accord ?

- Oui maman…

- Bon… aller sors tes devoirs on va voir ça ensemble.

Installée à la table de la salle à manger Lucy survola ses devoirs comme chaque soir. C'est même peut être pour cette raison que sa mère ne lui en voulait pas pour ce petit incident du jour. Une fois le tout terminé, elle fonça dans sa chambre pour enlever son uniforme et mettre un ensemble de vêtements bien plus coloré. Puis, se mit à jouer avec sa sœur, lui inventant un monde remplit de magie. Tantôt elle était la princesse d'un royaume prit sous le joug de sorcier malfaisant, Mélody elle était la créature magique qui combattait au côté de la princesse, Tantôt elle était la magicienne la plus respectée et sa sœur son apprenti. Peu à peu le soleil tomba et la chambre devenait de plus en plus sombre. Si ça ne dérangeait pas Lucy, Melody elle, était effrayé par le noir au point d'en allumer la lumière par magie. Une fois la session de jeu terminé, Lucy se dirigea vers ses étagères remplies de livres et en attrapa un. C'était les contes de Beedle le Barde, un ouvrage de contes pour enfants ce passant dans le monde magique. Elle ouvra le livre et s'imaginait vivre les contes comme si elle en était la protagoniste. Lors du diner, Reece raconta sa journée au sein de la banque et Lucy, le regard pétillant, buvait ses paroles. Pourtant, il n'y avait rien d'intéressant, mais le fait de pourvoir toucher ce monde par l'imaginaire, monde, qu'elle ne pouvait raconter en dehors de la maison, suffisait amplement pour la projeter dans celui-ci.

L'heure du coucher arriva, comme à son habitude Reece coucha les filles, les embrassa puis éteignait la lumière. Lumière qui aussitôt fut rallumée par Melody qui ne supportait pas le noir, cependant, Lucy était incapable de fermer un œil si, la moindre lumière présente dans la pièce, arrivait jusqu'à ses yeux pourtant cachés sous ses paupières. Elle descendait alors du lit pour appuyer sur l'interrupteur afin d'éteindre à nouveau la lumière, néanmoins Melody semblait comme à son habitude ne jamais se fatiguer. Abandonnant tout espoir l'aspirante Poufsouffle attrapa un livre et se plongea dedans. Les minutes s'écoulaient et quand ce fut finalement au tour des parents de se coucher, ils apercevaient la lumière dans le bâillement de la porte. Reece passa la tête et aperçu Lucy lire dans son lit, tandis que Melody, elle, était en train de dormir. Il entra dans la chambre et dans un murmure s'adressa à Lucy, en prenant soin de ne pas réveiller la plus petite des sœurs.

- Il faut éteindre et dormir ma chérie

- Mais Melody, elle arrête pas d’allumer la lumière.

- Elle dort maintenant, et tu devrais faire pareil dit il en attrapant le livre que Lucy avait dans les mains

- Tu crois que moi aussi je vais vivre plein d’aventures papa ?

Reece la regarda un instant avec un regard emplie de bienveillance puis lui murmura

- Quand tu seras grande je ne doute pas une seconde, que tu les vivras, un jour tu recevras une lettre et tu pourras te perdre dans ce magnifique château, dans lequel je suis allé.

- Tu me raconte une histoire si te plait ?

Reece s’installa sur le lit, il sorti sa baguette magique, tamisa les lumières puis d’un coup de baguette fit apparaitre un lièvre à l’apparence fantomatique.

- Un jour, alors que tout le monde était endormi. Un tout petit lapin vint me voir, il était à peine plus grand que mes petites mains. Alors qu'il racontait son histoire, la magie illustrait celle-ci. Il était adorable, peut-être même le plus mignon de tous les lapins. Sa main s'était posé dans les cheveux de la petite rouquine et faisait des mouvements de caresses très légère. Le petit lapin avait un nom, alors que je le regardais il monta dans ma main puis, sauta sur mon épaule. Il me murmura, je suis Pinpin. Pinpin sauta de mon épaule et commença à avancer, tandis qu'il était en train de se perdre dans les couloirs du château, il s'arrêta, se tourna vers moi... et me fit signe de le suivre. Il avançait en faisant des petits bonds, il avait l'air très content. Une fois arrivé dans le parc, Pinpin me montra le ciel...à l'intérieur de celui-ci, on pouvait voir une centaine de petits lapins courir et s'amuser ensemble. Pinpin m'expliqua alors que c'était un lapin des étoiles, et, par inadvertance, il était tombé du ciel comme le ferait une étoile filante. Il me demanda si je pouvais l'aider à le ramener chez lui. Alors, dans le silence le plus total je pris une branche pour la changer en balais, puis, je me suis élevé vers le ciel avec Pinpin. Je suis monté si haut dans les étoiles, que le château était minuscule et la terre elle-même devenait de plus en plus petite au point de n'être plus que grain de sable, flottant dans l'univers. Une fois dans l'espace je fonçais à travers les étoiles, j'esquivais les comètes, les soleils et... traversait les nébuleuses aux couleurs rose, verte et bleu. Pinpin me montra alors sa planète sur la gauche, c'était, la planète aux lapins. Une magnifique planète remplie de prairies verdoyantes. Pinpin sauta du balais et parti rejoindre ses copains lapins. Je m'élevais alors...

Lucy s’était endormie. Bercée par la voix de papa et les animations magiques au plafond, sans oublier les douces caresses, elle ne pouvait lutter contre les bras de Morphée. Reece déposa un baisé sur le front de sa première fille et il ajouta un chuchotement dans le creux de son oreille.

- Depuis… si tu regardes le ciel, tu peux voir un lapin dans les étoiles.

Le vendredi se passa comme l'après-midi de la veille pour Lucy, toujours privé de bibliothèque, elle restait seul sur un banc pendant les récréations. Néanmoins, son implication en cours, surpris ses camarades et elle put pour la première fois, à l'école, se faire une amie. Lucy ne savait pas comment, mais le fait d'expérimenter un dialogue avec les autres la mit plus à l'aise avec eux. Elle était toujours discrète, mais petit à petit elle arrivait à s'ouvrir et à discuter d'autre chose que les cours avec ses camarades. Elle arrivait à parler d'animaux, ou même de jeux ou bien des garçons et leur fâcheuse tendance à courir partout et faire n'importe quoi. Quand le week-end arriva la petite sorcière s'éclipsa dans la voiture de sa maman et elle put rentrer chez elle, afin d'enlever pour deux jours entiers, cet uniforme qu'elle trouvait horrible. Elle passa son samedi à lire et à jouer avec sa sœur et quand le soleil tombait elle faisait ses devoirs avec son papa. C'était amusant de voir parfois son père ne plus se rappeler de l'histoire moldu, de toute façon quand ça devenait trop obscure pour lui c'était Ena qui prenait le relais. Une fois les devoirs finis, toute la petite famille a l'exception de Melody qui n'avait que quatre ans, jouait à des jeux de société. Un des jeux préférés de Lucy était sans nul doute résoudre des énigmes, posées par une sorte de sphinx en plastique ensorcelé. Elle arrivait souvent à gagner, même si parfois, quand les énigmes étaient d'un tout autre niveau elle donnait sa langue au chat. La soirée continua avec une partie d'échec version sorcier, Lucy affrontait son papa avec pour allier sa maman. Ena ne jouait pas vraiment elle surveillait surtout Melody, mais il arrivait parfois qu'elle conseille sa fille quand une pièce refusait de jouer ou commentait la stupidité du coup. L'aspirante Poufsouffle était certes plutôt douée, mais il arrivait tout de même souvent qu'elle manque une opportunité, parce qu'elle n'arrivait pas lire le plateau dans son entièreté. La soirée se passait pour le mieux, il y avait une victoire partout, mais Lucy se faisait poursuivre et attaquer sans répits son roi par les tours et un fou adverse. Elle regarda l'échiquier et comme ayant une illumination, bougea sa reine en diagonal vers la droite du plateau, mettant le roi adverse en échec. Il sortit de l'échec mais s'était désormais trop tard, la reine compléta sa manœuvre en attaquant le roi, se positionnant devant lui, la reine étant couverte par un fou à l'opposé du plateau, Lucy venait de faire un échec et mat fulgurant. Elle sauta de joie et Reece, bien qu'embarrassé de ne pas l'avoir vu venir, était fier de sa fille.

- Bravo, très très bien joué ! maintenant au lit !

La petite O’Reilly courra se laver les dents laissant ses parents ranger les jeux de société. Ena regarda son mari et lui demanda amusée.

- Tu l’as laissé gagner ?

- C’était le but, mais je voulais que ça arrive un peu plus tard…pour être honnête, je ne l’avais pas vu venir ce coup-là. Répondit-il avec embarra.

Une fois les dents brossées, Lucy s'enroula dans ses draps aux couleurs de Poufsouffle. Elle regardait sa sœur dormir, ne pouvant s'empêcher de lui trouver un air adorable. Elle adorait Melody, parfois quand elles étaient en train de jouer, Lucy ne pouvait s'empêcher d'éprouver une grande satisfaction d'être sa grande sœur. Bien évidemment tout n'était pas parfait et il arrivait parfois que l'ainé des sœurs, ai besoin d'espace, sans que Melody vienne l'embêter pour un oui ou pour un non. Quand son papa arriva pour lui lire une histoire, ou plutôt, lui raconter, ses yeux brillaient de mille feux. Elle lui demanda alors de lui raconter l'histoire des trois frères. C'était de loin son conte favori, rien que l'idée de reliques très rares suffisait pour s'inventer toute une histoire fantastique. Elle imaginait souvent ce qu'elle-même ferait si elle était en possession d'une ou des trois reliques présentes dans le conte. Dans son imaginaire, les reliques étaient bien réelles, mais bon, tout le monde savait pertinemment que ce n'était qu'un conte pour enfant et que l'existence de telles reliques étaient totalement farfelues. Certain partageant l'idée d'une enfant de sept ans, croyaient sincèrement que les reliques existaient, ils maintenaient fermement, que le conte avait un sens caché que seul eux, arrivaient à décoder. Les légendes étaient parfois bien fourbes, au point de voir des sorciers passant leur vie à courir après une idée qu'ils considéraient comme réel. Mais c'était bien plus facile de courir après des fantômes, eux au moins, pouvaient être trouvés. Comme à son habitude Reece sortit sa baguette magique pour illustrer de façon envoutante, ses paroles par la magie. Il s'éclaircit la voix puis commença son récit.

- C'était l'histoire de trois frères, alors qu'ils parcouraient les terres anglaises, leur chemin fut stoppé par une large rivière, alors que le soleil faisait place au crépuscule. Celle-ci était bien trop large pour la traverser à la nage sans s'épuiser et le courant bien trop fort pour espérer atteindre l'autre rivage sans se noyer, bien trop profonde pour la traverser à gué. Néanmoins, les trois frères étaient spéciaux. Ils avaient connaissance de la magie et savaient s'en servir. Ensemble, d'un coup de baguette magique, ils s'empressaient de construire un pont de bois, leur permettant de traverser la rivière sans se noyer... Maaaais ce n'était pas du gout de la mort, elle qui attendait que les voyageurs tentent l'impossible pour les accompagner dans l'autre monde. Rusée la mort apparue sous son capuchon et fit semblant de féliciter les trois frères, leur proposant même, de les récompenser pour leur exploit en leur accordant à chacun, une récompense pour leur habileté. Le plus grand des trois frères adoraient les combats, il réfléchit un instant et lui demanda une baguette magique si puissante que personne ne pourrait plus jamais rivaliser avec lui. Lui garantissant toujours la victoire, une baguette...digne d'un sorcier... ayant vaincu la mort elle-même. La mort fit une sorte de révérence et fabriqua alors une baguette avec les branches d'un sureau qui était à proximité, puis la remit à l'ainé... Le deuxième frère, arrogant décida d'humilier la mort plus que ce n'était déjà fait. Il demanda le pouvoir de ramener les hommes à la vie. La figure encapuchonnée ramassa une pierre et la donna au second frère lui indiquant qu'elle avait le pouvoir de ramener les morts. Quand ce fut le tour du plus jeune de dire ce qu'il désirait. Celui-ci bien plus humble que ses frères, ainsi que le plus sage, demanda quelque chose qui lui permettrait de quitter cet endroit, sans que la mort puisse le suivre. À contre cœur la mort lui tendit alors sa propre cape d'invisibilité. Elle s'écarta enfin, laissant les trois frères, poursuivre leurs chemins. Alors, qu...

- Papa ? Questionna Lucy, Tu crois qu’elles existent ?

- Ce n’est qu’un conte pour enfant chérie

- Mais imagine elles existent ! on pourrait faire tellement de truc avec

- Lucy… Tu te souviens de comment ça fini ?

- Oui les deux premiers frères sont victime d’eux même.

- Parfaitement, tu ne peux vaincre la mort, du moins… tu serais voué à te battre contre un adversaire que tu ne peux battre, tu comprends ?

- Mais… elle prit le temps de réfléchir. C’est pas la mort le problème papa, c’est eux, ils auraient pu trouver une autre façon de les utiliser.

- Tu les utiliserais comment toi ?

- Moi déjà j’aurais pas dit que j’avais la baguette puissante, parce que c’est sur que tout le monde voudrait la voler, je m’en servirait pour accomplir plein de chose incroyable sans laisser penser que je triche. La pierre on pourrait l’utiliser pour apprendre tellement des gens qui ont fait l’histoire pour… pour… ne pas faire les mêmes erreurs. Et la cape…ben… ça pourrait servir à… je sais pas… se cacher des méchants. Tu vois c’est pas les objets le problème, c’est la façon de s’en servir…

- Eh bien eh bien, même avec la plus grande sagesse dont tu fais sans aucun doute preuve ma chérie, la vie t’amènerai un jour ou l’autre à faire un écart et une fois cet écart fait, plus rien ne t’empêchera d’en faire un autre et finalement à la fin, tu finirais comme les frères.

- Mais !

- Le plus sage Lucy ça serait de refuser de s’en servir. J’ai un copain qui était à Serdaigle qui me répétait sans cesses, « si tu adopte une certaine forme de sagesse et que tu en fait ton chemin, personne ne trouvera en toi les faiblesses pour te nuire »

- T’avait dit que les Serdaigle ils étaient ringard…

- Je n’ai pas tout à fait dit ça… Néanmoins ! Ils ont une approche parfois différente de voir les choses et…

- Mais alors, si je refuse de toucher à, aux objets ça fait que personne ne pourra me tuer ?

- Quand tu seras plus grande mon petit soleil, tu pourras par toi-même poser la question a tes professeurs. Une fois que tu auras les différents sons de cloche, tu pourras forger ton avis avec plus de recul, d’accord ?

- Oui, et tu crois qu’elles sont au château ? Que ça fait partie des secrets que tu me raconte ?

- Lucy, mon petit soleil, il faut que tu comprennes une chose… Parfois certaines choses ne sont que des histoires pour divertir. Que c’est une invention de l’imaginaire pour permettre a plein de petit garçon et de petite fille comme toi, de rêver. Les reliques ma chérie n’existent pas. Ne passe pas ta vie à courir après des chimères et passer à côté de ta vie. Elle est trop précieuse. Maintenant, il va falloir dormir.

Reece, embrassa le front de sa fille, puis, sortit de la chambre en éteignant la lumière. Il ne fallut pas longtemps pour que la petite Lucy s'endorme, la tête remplit de questions, mais aussi de magie.



Couleur des dialogues : #004080