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10 nov. 2019, 16:59
 Russie  Ceux pour qui la mort s'en vient
Ces évènements font suite à cette aventure.
♪♫

Attention, ce RP est susceptible de heurter la sensibilité des plus jeune et des plus sensibles. Si vous craignez d'en faire parti, abstenez-vous.


1. Traque au clair de lune


Septembre 2044 ~ quelque part en Russie


L'enfant courait à perdre haleine. La nuit était claire et glaciale. Son souffle se transformait en trainées blanches vaporeuses et éphémères, panaches déchiquetés qui disparaissaient tels des fantômes dans son sillage. Plusieurs fois, il trébucha, les paumes écorchées, les genoux ensanglantés, mais toujours il se relevait pour continuer à courir. De temps à autre, une goutte vermeille prenait son envol pour s'écraser sur la neige telle une fleur écarlate. Un hurlement déchira la nuit. La meute était à la chasse. Avec un hoquet de panique, l'enfant jeta ses dernières forces dans sa course. Les branches basses des pins séculaires le giflaient avec violence, laissant sur ses joues rondes de fines lignes sanglantes. La neige crissait sous ses pieds. Sa peur était telle qu'il ne pouvait penser à rien d'autre. Ses pensées étaient figées, focalisées sur la mort qui l'attendait s'il s'arrêtait de courir. Ses larmes figées par le froid s'éternisaient sur ses joues, petites perles de glaces qui s'agrippaient avec désespoir à la peau rougie par le froid.

**

A moins d'une centaine de mètres derrière lui, les bêtes pistaient leur proie telles une meute infernale baignée dans la lueur blafarde d'une pleine lune éclatante. Ecumantes de rage, tiraillées par leur appétit féroce, s'adonnant à la jouissance malsaine de savoir que la mort courrait à leurs côtés. L'odeur du sang frais ne faisait qu'attiser leur sauvagerie.
En apparence dispersée, la meute coupait peu à peu toute retraite à l'enfant. La forêt dense les obligeait à se fondre avec souplesse entre les troncs des pins centenaires, mais cela les ralentissait à peine. Le halètement féroce des bourreaux se faisait plus puissant et erratique à mesure qu'ils gagnaient du terrain. Leurs foulées souples et rapides les rapprochaient inexorablement de leur proie qui montrait des signes certains de fatigue
.

**

L'enfant trébucha une nouvelle fois, voulu se relever, mais ses jambes se dérobèrent sous son poids. Epuisé, terrifié, il ne put que voir scintiller des yeux jaunes et féroces braqués sur lui avant que n'émerge d'entre les pins la silhouette cauchemardesque d'un loup-garou, bientôt suivie d'une autre et encore une autre. Jusqu'à ce que la meute entière forme un cercle dont l'enfant était le centre. Tremblant comme une feuille la petite silhouette recroquevillée semblait minuscule face aux chasseurs féroces. Des chasseurs habités d'une faim qui ne pouvait s'étancher, mais qu'ils n'avaient de cesse de satisfaire. Son effroi grandit encore lorsqu'il il vit les bêtes se ramasser, bander leurs muscles pour bondir. Avec ses dernières forces, l'enfant lança un appel désespéré :

« мама ! »

La dernière vision que devait avoir l'enfant était celle de gueules ouvertes et écumantes se jetant sur lui pour le déchiqueter. Les instants qui suivirent ne furent que crocs, griffes et hurlements entrecoupés du son écoeurant des os brisés et de la chair broyée. Les hurlements se perdirent dans l'immensité de cette forêt qui ne semblait plus receler que des monstres.

21 ans inRP
Benjamine de la Pédagogie, Championne du Tournoi des Trois Sorciers, Rôtisseuse de Sang-Pur (BBQEAF), coeur du KEN et Briseuse de Rêves. La fille du FEU!
¤ Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce ¤

10 nov. 2019, 17:14
 Russie  Ceux pour qui la mort s'en vient
La neige se teinta d'écarlate, laissant s'épanouir en corolles sanglantes la seule fleur qui viendrait orner la tombe de l'enfant. Un spectacle lent et délicat, parfait antagoniste de la sauvagerie qui en était l'origine. A quelques dizaines de mètres au-dessus, perchés sur les branches de l'arbre aux pieds duquel se tenait le macabre festin, trois silhouettes encapuchonnées observaient en silence ce spectacle. Elles avaient assisté à la chute de l'enfant et à l'arrivée de ses poursuivants, mais aucune d'elles ne fit le moindre geste ni n'émis le moindre son lorsque l'attaque survint. Elles se contentèrent d'observer la meute sans laisser paraître ne serait-ce qu'un frémissent d'horreur. Hors de portée de l'odeur métallique et acre du sang versé, elles demeurèrent immobiles telles des fantômes. Si les yeux morts levés vers le ciel de l'enfant avaient encore pu voir, peut-être les aurait-il pris pour les envoyés de la mort venus pour mener son âme dans l'au-delà.

Progressivement, le silence reprit ses droits sur la forêt. On n'entendait plus que le vent glacial de l'hiver russe siffler entre les branches des arbres. Même la meute monstrueuse s'était faite silencieuse, mais il ne s'agissait pas du silence repu de loups-garous satisfaits de leur chasse. La carcasse minuscule n'aurait de toute manière pas suffit à contenter autant de bêtes. L'une après l'autre, les silhouettes monstrueuses s'affaissèrent et semblèrent s'endormir. Le temps que le dernier loup-garou se couche sur la neige et cesse de bouger, la lune était sur le point de disparaître à l'horizon. Ce n'est qu'à ce moment-là que les spectateurs fantomatiques se décidèrent à bouger. Avec un claquement caractéristique, trois colonnes de fumée se dirigèrent vers le sol. L'apparition d'intrus au cœur même de la meute ne sembla pas déranger les loups-garous car pas un ne broncha. La plus frêle des trois silhouettes avança jusqu'à se tenir au centre de la meute endormie tandis que les deux autres restaient légèrement en retrait. Les respirations lentes et profondes des bêtes restèrent imperturbables. De deux autres panaches de fumée émergèrent deux nouvelles venues, encapuchonnées elles aussi, qui vinrent se joindre au trio. L'une d'elles s'adressa à la fine silhouette se tenant au milieu des créatures maudites.


« Tout s'est déroulé comme prévu. Toute la meute est là. »

Les mots avaient été prononcé d'une voix égale alors qu'un rayon lunaire venait éclairer le visage de celle qui avait parlé. Sous la lumière blafarde, les yeux gris de Sybille Luneau dépourvus de chaleur semblaient avoir pris la teinte de l'acier. La silhouette interpelée tourna la tête révélant un visage à la peau pâle encadré de cheveux tout aussi pâles contrastant avec l'étoffe sombre de la cape qu'elle portait. Les yeux bleus d'Elina Montmort se posèrent sur Sybille avant qu'elle ne laisse tomber quelques mots :

« Vous savez ce qu'il vous reste à faire. »

Sans un mot, la silhouette la plus imposante du groupe étendit son bras vers l'amas de chairs déchiquetées qui se délita, ne laissant derrière lui qu'un petit tas de terre. De la même manière, la corolle écarlate dessinée par le sang de l'enfant prit la couleur de la poussière. La manche de sa cape glissa légèrement le long de l'avant-bras de la silhouette, dévoilant une peau d'ébène sur laquelle courraient d'étranges symboles géométriques. Ne se préoccupant pas de cette étrange métamorphose, Sybille et les deux dernières silhouettes prirent la direction par laquelle était venue la meute sans émettre d'autre son que le frottement feutré des capes sur la neige. Seuls demeurèrent Elina et la haute silhouette à la peau d'ébène.

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Benjamine de la Pédagogie, Championne du Tournoi des Trois Sorciers, Rôtisseuse de Sang-Pur (BBQEAF), coeur du KEN et Briseuse de Rêves. La fille du FEU!
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13 nov. 2019, 11:23
 Russie  Ceux pour qui la mort s'en vient
De longues minutes s'écoulèrent dans l'attente des premières lueurs de l'aube. Immobiles, les deux silhouettes veillaient sur les bêtes, s'assurant qu'aucune ne s'éveille de son profond sommeil. Il y avait là une dizaine de loups-garous. Le clan des Wojkowick était constitué de plusieurs meutes de taille variable. Cependant, les membres du clan étaient d'une telle sauvagerie que chaque meute ne comptait qu'un nombre limité d'individus, sans quoi elle était vouée à l'implosion. Cette meute était la plus importante du clan en dehors de celle menée par Egeniusz Wojkowick lui-même. Le seul capable de se faire obéir d'autant des leurs.
Lorsque les premiers rayons de l'astre solaire les atteignirent, les créatures meurtrières retrouvèrent forme humaine. Aucune ne reprit connaissance pour autant. A cet instant Sybille et ses compagnons réapparurent à leurs côtés comme s'il s'était agi d'un signal.

« Toutes les traces ont été effacées. Cette chasse n'a jamais existé. »

Elina acquiesça doucement, conservant un visage impassible. Il ne s'agissait que du premier pas vers l'anéantissement des Wojkowick. Si ceux-ci s'apercevaient de la disparition de l'une de leurs meutes, ils ne trouveraient aucun indice sur ce qu'il venait de se passer. Il s'agissait là d'une simple précaution car ils n'avaient bien entendu aucune intention de laisser le temps ou l'occasion au clan de réaliser que certains de ses membres s'étaient volatilisés.
Des mois. C'était le temps qu'il leur avait fallu pour mettre ce plan au point et s'assurer de ne rien laisser au hasard. C'était aussi le temps qu'il avait fallu pour que Lahela parvienne à mettre au point le poison dont le golem d'Ojong avait été imprégné. Chacun d'entre eux maitrisant les métamorphoses ou les illusions avait participé au perfectionnement de cet appât et le résultat s'était avéré des plus convainquant sur tous les plans, tant visuel, qu'olfactif et, de toute évidence, gustatif. Postés en des points stratégiques de la forêt, ils s'étaient assurés que l'enfant demeure aussi convainquant qu'il puisse l'être tout au long de la traque. A aucun moment la meute n'avait flairé le piège. Les amulettes d'Alaa les avait rendu indétectables par l'odorat sensible des bêtes maudites. En dévorant vivant ce malheureux enfant, les loups-garous s'étaient condamnés eux-mêmes. Par la sauvagerie les  Wojkowick régnaient, par la sauvagerie ils périraient.

« Il faut faire vite. Le poison les tuera bientôt. »


Ce poison paralysait progressivement ses victimes, leur offrant une mort lente et inéluctable. Plongés dans un état de catalepsie, les lycanthropes sombraient lentement vers le trépas sans que rien ne puisse s'y opposer. Il leur était absolument nécessaire que les loups-garous soient encore en vie lorsqu'ils reprendraient forme humaine. Cet état ne durerait cependant pas éternellement. La jeune femme en avait suffisamment vu et appris sur leur compte pour être convaincue que seule la mort pouvait les empêcher de tuer.
En réponse aux paroles d'Elina, chacun commença à s'affairer autour les loups-garous empoisonnés dont la respiration faiblissait à mesure que le temps passait. A leur retour à la tour Ombreuse, Elina pourrait confirmer à Lahela et Alaa que leurs œuvres avaient fonctionné à la perfection. Les deux sorciers, auquels le front seyait mal, avaient naturellement été désignés pour veiller sur leur propre loup-garou qui subissait lui-aussi l'influence de la lune.

**

Moins d'une heure s'était écoulée lorsque les silhouettes se préparèrent à quitter les lieux. Du clan de loups-garous il ne restait aucune trace. Les corps gisants avaient disparu, tout comme les restes du golem. Sur les lieux, ne demeurait qu'un épais manteau neigeux d'une blancheur éclatante et aussi lisse que lors de sa chute. Les cinq silhouettes disparurent dans le tintement de petites fioles de verre au fond desquelles dansaient paresseusement les volutes vaporeuses d'une étrange matière argentée.
Au cœur de la forêt, il ne subsistait plus rien des évènements de la nuit. Comme si tout n'avait été qu'un songe que la clarté du jour avait dissipé. La première phase du plan était achevée.

21 ans inRP
Benjamine de la Pédagogie, Championne du Tournoi des Trois Sorciers, Rôtisseuse de Sang-Pur (BBQEAF), coeur du KEN et Briseuse de Rêves. La fille du FEU!
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23 mars 2020, 16:45
 Russie  Ceux pour qui la mort s'en vient
2. Par la sauvagerie ils régnaient...


Octobre 2044 ~ un petit village de Russie


Au cœur même d'une forêt de conifères, un craquement sec retenti tandis que deux silhouettes faisaient leur apparition comme sorties de nul part. Le soleil était haut dans le ciel, mais les lieux étaient déserts à l'exception des nouveaux arrivants. Seul le vent se déplaçait entre les larges troncs, sinuant en sculptant les congères de neige. Faisant parfois s'ébrouer une branche que le poids de la poudreuse mettait à rude épreuve.

Sans échanger le moindre mot, les deux silhouettes se mirent en mouvement. Il ne s'agissait pas d'un silence pesant marquant un désaccord, mais plutôt de l'attitude taiseuse de deux personnes concentrées sur leur objectif. Pendant quelques minutes, seuls le bruit des pas crissants sur la neige et le frottement des épaisses capes d'hiver qu'ils portaient retentirent. Il ne leur fallu par bien longtemps pour gagner la lisière de la forêt. De là, on pouvait apercevoir un petit village. Il n'y avait là que quelques isbas éparses construites en rondins de bois et aux toits de taule ondulée. Les potagers bien entretenus à la belle saison avaient pour l'instant disparus sous la neige. Au cœur du village se tenait une petite église, guère plus grande que les isbas et construite de manière similaire, si ce n'est que la bâtisse était doté d'un clocher. Les lieux eurent paru désert s'il n'y avait eu la fumée s'échappant des cheminées et les chiens gambadant à leur guise. Cela ressemblait en tout point à n'importe quel autre petit village de Russie perdu à des kilomètres de toute autre trace de civilisation. La vie y était rude, mais pour beaucoup de ses habitants, c'était la seule chose qu'ils connaissaient. Pourtant ce village n'était pas tout à fait ordinaire car une part de ses habitants étaient des sorciers. Alertés par les aboiements des chiens, des visages curieux apparurent à certaines fenêtres tandis que les deux étrangers traversaient le village. Un regard de la plus haute des deux silhouettes suffisait à ce que certains des canidés s'éloignent craintivement.

Semblant savoir exactement où se rendre, les visiteurs s'arrêtèrent sur le perron de l'une des maisons. L'un d'eux asséna quelques coups contre le battant de bois de la porte d'entrée afin de signaler leur présence. Un curieux petit symbole gravé dans le bois juste au dessus de l'entrée ne laissait pas place au doute quant à leur destination. Après une courte attente, la porte s'ouvrit sur une petite femme douloureusement courbée au visage buriné et plissé comme la peau d'un vieux Veaudelune. Elle avait dû être dans la moyenne dans sa jeunesse et même plutôt jolie, mais le travail manuel et les années avaient amené sa carcasse à se tasser et se courber à la manière de ces vieux arbres forgés par les vents violents. Presque centenaire désormais, sa stature avait diminué de moitié, mais même les années n'avaient pu la priver de son regard bleu perçant. Son regard s'attarda sur le plus grand de ses visiteurs avant qu'elle ne déclare d'une voix d'une clarté surprenante et presque dépourvue des tremblements de l'âge.


« Voilà un visage qui m'est vaguement familier... Toi par contre je ne t'ai jamais vu.*»  Ajouta t-elle en se tournant vers le second visiteur. « Qu'est-ce qui amène deux jeunes hommes comme vous chez la vieille Ivaneshka ? »

Ivaneshka Ronisov, que tous appelaient la vieille Ivaneshka était la doyenne du village et était connue des autres villageois comme une guérisseuse un peu étrange, mais à qui ils ne manquaient jamais de demander conseil. Dans ce village reculé, seuls les actes définissaient une personne et chaque habitant du petit village lui était redevable de bien des manières. Beaucoup d'entre eux pensaient qu'elle était un peu sorcière et c'était un respect mêlé de crainte qu'ils lui portaient. Personne ne voulait contrarier celle qui veillait sur leur village depuis bien avant leur naissance au risque de voir le malheur s'abattre sur eux tous. Les plus jeunes voyaient ces rumeurs avec beaucoup d'indulgence. Quel petit village reculé comme le leur n'avait pas sa sorcière ? Il ne s'agissait à leur yeux que de vieilles superstitions. Mais il n'était pas question que de superstitions puisque la vieille Ivaneshka était bel et bien une sorcière. C'était cependant aussi le cas de quelques autres villageois qui se gardaient bien d'en donner des preuves. Le visiteur qui avait retenu l'attention de la vieille Ivaneshka fut le premier à prendre la parole.

« Nous aimerions aborder avec vous un sujet un peu délicat madame Ronisov. Serait-il possible de parler à l'intérieur ? »

Le jeune homme inclina la tête d'un air entendu que la vieille femme sembla comprendre. Son regard se porta vers les fenêtres des demeures qu'elle pouvait apercevoir derrière ses visiteurs et dont les mouvements de rideaux ne pouvaient s'expliquer par un climatisation trop forte. Après un nouveau coup d'oeil à ses deux visiteurs, elle leur céda le passage.


« Entrez. La moindre situation sortant de l'ordinaire devient un événement dans ce village. »

*tous les dialogues sont en Russe

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23 mars 2020, 16:45
 Russie  Ceux pour qui la mort s'en vient
La vielle femme referma la porte derrière eux, ce qui ne manqua pas de décevoir bon nombre de curieux. Elle mena les deux sorciers dans son petit séjour d'un pas claudiquant. La pièce était propre et meublée modestement, un poêle trônant en son centre. Le plancher quant à lui était partiellement couvert de tapis qui étouffaient le bruit des pas. Lorsque la vieille Ivaneshka les invita à prendre une chaise, les deux visiteurs s'exécutèrent. S'adressant toujours au plus grand des deux sorciers, la vieille russe déclara plus qu'elle ne demanda :

« Tu es un Podgorski n'est-ce pas ? *» Reportant un instant son attention sur son second invité, elle ajouta : « Toi en revanche, je n'ai toujours aucune idée de qui tu es. »

A ces mots, le second sorcier bondit sur ses pieds pour saluer la doyenne.

« Elias Ebner madame. »

La vieille femme lui lança un regard courroucé qui traduisait tout ce qu'elle pensait de cet excès de zèle. « Ne me donne pas du madame blanc-bec. Tout le monde ici m'appelle la vieille Ivaneshka. Et rassieds-toi tu vas me donner un torticoli. »

Un peu décontenancé par le caractère un peu rude de cette petite bonne-femme, le jeune Elias obéit.

« Bien madame. Ivaneshka... »

« Mouais... C'est pas gagné. » Lança la vieille femme avec un air mi-amusé, mi-dépité avant de s'adresser de nouveau au jeune  Podgorski tandis qu'elle mettait une bouilloire sur le poêle. « Je croyais que les Podgorski avaient tous été tués. Des gens bien les Podgorski, ils faisaient de leur mieux. Mais ils n'étaient pas de taille. »

La vieille Ivaneshka s'éloigna un instant de la petite table autour de part et d'autres de laquelle les deux sorciers étaient assis. Elle sortit d'un placard une boite de métal un peu cabossée qu'elle posa sur le bois de la table avant de révéler la montagne de petits biscuits secs qu'elle contenait.


« Est-ce que toi tu pense être de taille mon p'tit ? »

Le regard de la vieille sorcière ne quittait plus Bohdan comme si elle essayait de déterminer la réponse à cette question.

« C'est justement la raison de notre visite madame Ronisov. »

« Bien. Puisque les deux impertinents que vous êtes s'entêtent à me rappeler mon âge, je vous condamne a prendre le thé avec la vieille femme que je suis. Je préfère vous prévenir que votre discussion à intérêt à en valoir la peine. J'ai assez de vieilles voisines avec qui parler du temps qu'il fait par ici. »

** quelques heures plus tard **

Les deux sorciers repartirent comme ils étaient venus, déclenchant un nouvel émoi parmi les chiens du village et une furieuse agitation de rideaux. Un enfant passa la tête par la porte de l'une des Isbas, un air curieux sur le visage. Une réplique presque parfaite de l'enfant que les loups-garous avaient cru chasser lors de la précédente pleine lune. Les deux sorciers n'y prêtèrent pas attention. Ils avaient fait ce pour quoi ils étaient venus et beaucoup de travail les attendaient encore. Lorsqu'ils se furent suffisamment éloigné du village pour être tout à fait caché par les arbres, Bohdan marqua un arrêt :

« Que pense tu de la vieille Ivaneshka ? »

Elias compris immédiatement où son compagnon voulait en venir. Sa présence durant cette entrevue  n'était pas le fruit du hasard et n'était pas seulement due à sa connaissance du Russe. Bohdan aurait très bien pu mener seul cette discussion. Mais Elias avait développé une capacité à déceler la vérité qui dépassait de loin l'instinct. Elina le savait. Tout comme elle avait su que Bohdan était la personne toute indiquée pour mener ces négociations.

« Je crois qu'on peut compter sur elle. »

Se rendre auprès d'Ivaneshka avant toute chose n'avait rien d'anodin. Ils avaient besoin de s'assurer de la coopération des villageois pour la phase finale du plan et convaincre la veille femme était le moyen le plus sûr de les raliers à leur cause. Ce village et ses habitants étaient la proie des loups depuis des décennies et les seules personnes capables de faire face à cette menace n'étaient plus de ce monde. Du moins, c'est ce qu'il avaient cru.

*tous les dialogues sont en Russe

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31 mai 2020, 12:28
 Russie  Ceux pour qui la mort s'en vient
Février 2045 ~ un petit village de Russie


Au plus froid de l'hiver, le minuscule village semblait plus que jamais privé de toute vie. Nombreux étaient ceux qui quittaient leurs isbas pour rejoindre le luxe de la grande ville en attendant des températures plus clémentes. Il en était certains cependant pour qui ce petit village représentait leur monde. Eux restaient, comme en témoignait les lueurs tremblotantes à quelques rares fenêtres et les panaches de fumées qui s'échappaient des cheminées, rapidement déchiquetés par le vent hivernal. Il était encore tôt, mais la nuit avait déjà repris ses droits.

Tout semblait figé dans le givre. Mais ce silence fut brisé lorsqu'un premier hurlement bestial retenti, bientôt suivit par d'autres. Lorsque le silence repris ses droits, il n'avait plus rien d'apaisant comme en témoignait certains signes d'agitation dans les demeures. Il eut fallu une ouïe particulièrement développée pour percevoir le son assourdi de nombreuses foulées rapides dans la poudreuse. Émergeant d'entre les troncs des conifères, une première bête apparue. Des muscles puissants roulaient sous la fourrure sombre de la créature. Les crocs luisants dépassants de sa gueule écumante, le loup se dirigeait droit sur le petit village. Sa course rapide lui permettrait d'atteindre très rapidement les premières isbas. Plusieurs autres bêtes suivirent, se joignant à la chasse fondant sur le petit village par tous les côtés. Avalant à une vitesse effarante les quelques mètres les séparant des demeures, il ne fallut guère de temps avant qu'une première porte ne cède sous la charge de l'une de ces créatures, déversant la douce lueur d'un feu de cheminée sur la neige piétinée où s'échouèrent les restes du battant de bois.


** Une heure plus tôt **


Depuis un surplomb où le regard pouvait embrasser le village dans son ensemble, une haute silhouette se tenait, observant d'un air impassible les demeures en contrebat. Une seconde personne, plus en retrait, semblait attendre un signe de sa part, la tête baissée en signe de soumission. Lorsque la voix grave de la première silhouette troubla le silence, ce fut pour poser une question :


« Tu dis que c'est près de ce village que tu as relevé les dernières traces de la meute de Jakub ? »

La réponse fut brève et immédiate : « oui. Il n'y a plus rien après ce village. »

« Qu'en est-il des autres meutes ? »

« Nous n'avons pu contacter aucune d'entre elles. »

Un air contrarié vint crisper les traits d'Egeniusz Wojkowick. Sans un regard pour l'homme qui se tenait derrière lui il demanda :

« Où se trouve ta meute Orest ? »

« Ils nous rejoindrons rapidement. Ils arrivent par l'est. »

S'adressant plus à lui-même qu'a son béta, Eugeniusz grogna :


« Comment quelques misérable moldus et une poignée de sorciers auraient-ils causé la disparition d'autant des nôtres ? Il y a forcément quelqu'un d'autre. »

Orest garda le silence et les yeux baissés. Nul dans le clan Wojkowick ne se serait permis de soutenir le regard de l'alpha. Encore moins lorsque celui-ci était en colère. Le moindre signe de défi et les crocs de l'alpha broieraient leur gorge. Si la stature humaine d'Egeniusz Wojkowick était déjà impressionnante, sous la forme d'un loup il défiait toute concurrence.

« En fait... »

Le béta marqua une hésitation, semblant soupeser ses chances de déclencher une colère plus grande encore chez son alpha qui ne tarda pas a montrer des signes d'impatience.

« Qui-y-a-t'il ? Parle ! »

Avec un tressaillement vite réprimé il déclara : « En vous rejoignant j'ai identifié une odeur qui n'appartient pas à notre clan à proximité du village. Elle ne ressemble pas à celle des villageois. »

A cette information, les yeux de l'alpha s'étrécirent et son regard se posa pour la première fois sur son béta. Sa voix tranchante ne pouvait rien annoncer de bon.

« Montre moi. »


** Un peu plus tard en un autre endroit de la forêt **


« C'était ici. »

La tête toujours résolument tournée vers le sol, Orest céda le pas à son alpha. Ce dernier le dépassa sans s'en soucier avant de stopper net son avancée. Il tourna légèrement la tête sur le côté, ses narines frémissant légèrement, son attention visiblement attirée par quelque chose.


« Effectivement, nous avons de la visite. » Tournant la tête vers son béta il ajouta à son intention : « Attaquez dès l'apparition de la lune. Il est temps de rappeler à ces imbéciles ce qu'ils n'auraient jamais dû oublier. Rappelez-leur l'odeur de la terreur et du désespoir. Je me charge de notre visiteur. »

Orest salua une dernière fois son alpha avant de repartir d'où il était venu pour transmettre ses instructions au reste de la meute. Egeniusz Wojkowick quant à lui ne lui prêtait déjà plus attention, suivant la piste de l'odeur incongrue en un tel lieu. Une odeur qui ne lui était pas pour autant inconnue. Les loup-garous, à plus forte raison ceux de son clan, conservaient un odorat plus développé que n'importe quel humain même lorsqu'ils n'étaient pas sous forme animale. Il en allait de même pour la mémoire des odeurs. Cela faisait plus d'un an qu'il n'avait pas senti celle-ci, mais il l'avait immédiatement identifiée. C'était la réponse à ses questions. La pièce du puzzle qui lui manquait. Son sourire carnassier repris place sur son visage.

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31 mai 2020, 15:16
 Russie  Ceux pour qui la mort s'en vient
♪♫
3. ...par la sauvagerie ils périrent.


Dans la petite clairière plongée dans la pénombre, l'alpha faisait face à une silhouette bien plus chétive dont l'apparence semblait d'autant plus frêle qu'elle avait un genou à terre.

« Vous vous imaginiez qu'en tant que loup-garou nous ne comptions que sur notre forme animale ? »

Son sourire sans chaleur s'élargit encore laissant entrevoir des canines légèrement plus développées que la moyenne tandis qu'il appréciait sa supériorité.

« Rassurez-vous, ce poison ne va pas vous tuer... du moins pas tout de suite. Nous n'avons aucun plaisir à chasser des proies déjà mortes. Mais c'était imprudent de venir profiter du spectacle. Quand bien même je puisse comprendre cette curiosité morbide. »

Ses cheveux blonds glissant sur le côté pour révéler son visage, Elina releva la tête pour soutenir le regard de l'alpha. Devoir se dévisser le cou de la sorte pour voir son visage n'était pas sans lui rappeler son douloureux séjour à l'Académie des Arts Obscurs. Elle secoua brièvement la tête tentant de faire retrouver à sa vision toute sa netteté, mais ne parvint qu'à accentuer ses nausées.

« On dirait que vous n'avez toujours pas appris à ne pas vous jeter dans la gueule du loup... »

L'alpha ne pris pas la peine de retenir un petit rire sarcastique devant l'ironie de l'expression. Elina ne répondit rien, mordant l'intérieur de ses joues pour maintenir un semblant de lucidité. Devant le silence buté de la jeune sorcière l'alpha s'approcha, lui lançant un regard plein de dédain en surprenant son coup d'oeil furtif vers sa baguette abandonnée à quelques mètres de là. Fléchissant les genoux, il alla cueillir le menton d'Elina entre son pouce et son index pour l'empêcher de détourner le regard. Inclinant légèrement la tête sur le côté, il déclara de sa voix tranchante :

« Dante à une manière bien trop douce d'infliger la mort. Vous ne connaîtrez pas le même sort que votre amie. » Après un court silence il ajouta. «  Il y a tout de même une question que je vais vous poser avant ça ; Comment avez-vous convaincu ces couards qui rampent devant nous depuis des décennies de vous aider ? »

Serrant les dents et se forçant à ne pas détourner les yeux comme Ilya le lui a appris, Elina contrôle ses tremblements pour répondre : « Lorsque des personnes côtoient la peur et le désespoir depuis trop longtemps, ils finissent pas considérer qu'ils n'ont plus rien à perdre. »

Les yeux d'Egeniusz Wojkowick s'étrécirent tandis que le mépris déformait ses traits en une grimace.

« Et tu pense être leur lueur d'espoir ? Les loups que tu chasse sont aussi des sorciers. Tu nous ressemble plus que tu ne veux bien le croire. Te voilà toi aussi devenue une tueuse. »

Les yeux d'Elina cillèrent brièvement tandis qu'elle déglutit avec peine. Cependant, sa voix était ferme lorsqu'elle répondit : « Soit. »

Profitant de sa position et le la proximité de son ennemi, elle tira un court poignard d'un fourreau attaché à sa cheville et la pointe de la lame fusa en direction de la carotide de l'alpha. Le poison faisant son effet, l'homme en pleine possession de ses moyens n'eut aucun mal à saisir son poignet au vol, interrompant la lame dans sa course.

« Si décevant... »

Sans prêter attention à ses paroles, Elina modifia sa prise sur l'arme dirigeant la lame, non plus vers le cou de l'alpha, mais vers la main qui retenait son poignet. Pouvant difficilement bouger ce dernier, c'est d'une pression du pouce sur l'extrémité du manche qu'elle parvint à entailler la chair de son adversaire à la base du pouce. Par réflexe Egeniusz lâcha sa prise. Aussitôt, Elina déplaça sa jambe qui ne se trouvait pas repliée sous elle pour prendre appuis sur le genou de son adversaire et, mettant toute sa force dans la poussée, mis un peu de distance entre eux en allant rouler plus loin dans la neige.

Désormais véritablement furieux, l'alpha jeta un regard à la coupure avant de grogner plus qu'il ne prononça ces mots :
« Ceux qui ne savent pas quand abandonner sont les plus agaçants. »

Le souffle court, un pâle sourire vint se dessiner sur les lèvres d'Elina.

« Vous n'avez plus de temps. »

Le double sens de ces paroles ne devait pas apparaître de suite à l'alpha, mais à ces mots, le regard de la jeune sorcière se porta sur un point situé bien au-dessus de l'épaule d'Egeniusz. Après une brève hésitation à l'idée que ce ne soit qu'une diversion, l'alpha suivit son regard pour constater que la lune émergeait de derrière la cime des arbres. Une lune parfaitement ronde, éclairant la scène comme en plein jour. Ignorant de son mieux ses tremblements face à la transformation qui débutait devant ses yeux, Elina se concentra sur sa propre métamorphose. Tandis que le son des os se brisant et se reconstituant retentissait la genette pris lentement forme. Vascillante, elle s'efforça de mettre de la distance entre elle et le loup-garou tandis que les grognements de douleur de l'alpha se transformaient en un hurlement à la lune. Le silence anormal qui suivit incita la genette à lancer un regard en arrière pour constater qu'une paire d'yeux jaunes, dénués chaleur et de toute trace d'humanité, étaient braqués sur elle. En une seule foulée de ce corps massif, il serait sur elle. Mais lorsque la créature banda ses muscles pour bondir, une masse légèrement plus petite la percuta avec violence, arrivant par le côté. Les deux masses enchevêtrées allèrent rouler un peu plus loin dans la neige sous la force de l'impact.


** A quelques centaines de mètres de là **


Orest se tenait seul sur le promontoire. La meute avait encerclé le village, attendant que la lune ne fasse son apparition et qu'il ne donne le signal de l'attaque. Lorsqu'elle apparu, froide et étincelante, la métamorphose débuta chez les membres de la meute. Mais la silhouette du béta demeura étonnamment statique. Au lieu de quoi, il inclina sa tête d'un côté, puis de l'autre dans un mouvement lent, le visage crispé et les muscles de sa gorge travaillant anormalement. Lorsque le hurlement de l'alpha du clan Wojkowick retenti, annonçant sa transformation, Orest hurla à son tour. Mais malgré son apparence toujours humaine, le cri qui sorti de sa gorge était en tout point semblable à celui des bêtes qui s'apprêtaient à fondre sur le village. Les premiers loup-garous atteignirent le village tandis que la silhouette douloureusement repliée sur elle-même d'Orest semblait se troubler. Quelques instants plus tard, le béta d'Egeniusz Wojkowick avait cédé la place à une jeune femme brune au souffle court.

21 ans inRP
Benjamine de la Pédagogie, Championne du Tournoi des Trois Sorciers, Rôtisseuse de Sang-Pur (BBQEAF), coeur du KEN et Briseuse de Rêves. La fille du FEU!
¤ Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce ¤

19 juil. 2020, 21:41
 Russie  Ceux pour qui la mort s'en vient
La genette, dont la taille paraissait ridiculement petite en comparaison des deux loup-garous qui s'affrontaient, se hâta de gagner un endroit en hauteur lui assurant de se tenir à l'écart de leur lutte. Lorsqu'elle parvint à atteindre une branche suffisamment solide pour supporter le poids de sa forme humaine, Elina se métamorphosa de nouveau. Son essoufflement se faisait plus prononcé, de même que les nausées qui accompagnaient l'action du gaz empoisonné des Wojkowick. C'était une sage précaution de la part de l'alpha d'avoir diffusé un échantillon de la large collection de vapeurs empoisonnées du clan sur le village et ses alentours pour assurer leurs arrières. Ce qu'il ignorait cependant, c'est qu'Elina et ses acolytes ne s'étaient pas contenté de mettre fin à la menace des autres meutes du clan. Ils en avaient également tiré une quantité d'information non négligeable. Les souvenirs dérobés aux loup-garous désormais décédés avaient permis à Lahela d'identifier les actions et les composants d'un certains nombre de leurs célèbres vapeurs empoisonnées tout au long des derniers mois. Elle avait également réussit a mettre au point divers moyens d'en neutraliser les effets comme en témoignait le petit cachet rond et blanc qu'Elina tira d'une petite boite en bois. Cette boite, c'était Lahela elle-même qui la lui avait remise après avoir identifié la vapeur diffusée par les Wojkowick quelques instants seulement avant que l'alpha ne se montre, manquant de causer une crise cardiaque à Elina. Sans perdre davantage de temps, elle fit rouler le cachet dans sa paume avant de l'amener jusqu'à ses lèvres. Elle dû user du contenu d'une petite fiole de potion anti-nauséuse pour l'avaler malgré sa gorge sèche. Par miracle, l'une d'elles était intacte. Avec un soupir elle se laissa aller contre le tronc du pin sur lequel elle avait trouvé refuge. La jeune femme allait devoir se montrer patiente le temps que l'antidote fasse effet. Afin d'assurer l'alpha de sa supériorité, elle avait dû retarder le moment de sa prise. De toute manière elle ne serait pas d'une grande aide dans le combat qui faisait rage en contrebas.

Il apparut assez vite que le plus petit et le plus jeune des deux loup-garous n'aurait pas le dessus en terme de force. L'alpha des Wojkowick n'avait pas usurpé sa place. Les deux créatures se tournaient autour avant de se jeter l'une sur l'autre avec violence, répétant ce balais funeste sans relâche dans l'attente que l'un des deux cède. Là où l'alpha des Wojkowick se jetait avec fureur et sauvagerie dans le combat, son adversaire moins imposant agissait avec plus de retenue. S'il montrait la même rage et la même violence, il semblait aussi instinctivement conscient de son désavantage. La différence de masse était en faveur de l'alpha et son challenger ne parvenait pas à compenser cela par sa vitesse. En témoignait les blessures, heureusement trop peu profondes pour le mettre véritablement en danger, qu'il arborait déjà. Pourtant l'alpha commença à montrer des signes de fatigue, perdant lentement en réactivité. Entre deux assauts, il agitait sa gueule comme ennuyé par quelque mouche obstinée. Sa respiration se faisant plus lourde à mesure que le temps passait. Non loin de là, abandonné sous un épais buisson épineux où Elina l'avait jeté dans sa chute, le court poignard suintait étrangement...


** Pendant ce temps au village **


En quelques minutes les loup-garous avaient pénétré dans chacune des isbas du village laissant dans leur sillage des bris de vers et des fragments de bois. S'ensuivait alors les bruits de meubles heurtés violemment et de divers objets fracassés par les déplacements brutaux des créatures. Les demeures peu nombreuses offraient une faible diversité de cibles. Trop occupés à se lancer en quête des villageois pour se livrer à leur massacre, les loups ne remarquèrent que trop tard que de fines lignes enflammées naissaient aux alentour du village, se rejoignant rapidement pour l'encercler. La lueur des flammes révéla la présence de silhouettes jusqu'alors tapies dans l'ombre, agitant des baguettes auxquelles les flammes semblaient obéir. Un des rares loup-garous se tenant encore à l'extérieur des habitations tenta de franchir cette limite d'un bond avant que les flammes ne s'élèvent davantage, mais le feu refusa de laisser cette proie lui échapper. Le feu gagna rapidement sa fourrure et ses gémissements de douleurs n'y changèrent rien. La silhouette de la bête ne tarda pas à s'immobiliser dans la mort, répandant une odeur acre de chair et de fourrure brûlée. Insensibles à cette mort, les flammes ne firent que croître jusqu'à former une limite infranchissable.

A l'entrée du village protégée des loup-garous par les flammes, se tenait la vieille Ivaneshka courbée sur une cane tout aussi tordue que sa propriétaire, sa baguette à la main. Le vieux visage ridé se fendit d'un sourire dépourvu de joie. Le sourire un peu fou d'une personne qui voit la vengeance dont elle avait rêvé sans oser y croire s'accomplir devant ses yeux. Entendant le bruissement des pas d'une personne approchant, elle se détourna légèrement des flammes pour faire face à la jeune sorcière brune qui sortait des bois.


« C'est à vous de jouer maintenant. »

Sans un mot Eugénie acquiesça et, sans perdre un instant, se saisit d'une branche et commença a tracer une série de cercles à même la neige. L'agencement des cercles achevés, elle tira de sa ceinture une petite bourse dont elle desserra le cordon pour en extirper plusieurs pierres qu'elle disposa avec soin selon une logique qu'elle était la seule à saisir. S'asseyant en tailleur au cœur de la configuration qu'elle venait de dresser, elle entama un rituel de magie primitive. Tandis qu'elle psalmodiait dans une langue incompréhensible, la neige sembla s'agiter autour d'elle, opposant à la danse imprévisible des flammes un balais d'une rare grâce. Les flux virevoltèrent autour d'elle, puis au dessus d'elle, se rassemblant peu à peu en la silhouette squelettique d'un oiseau gigantesque aux airs de rapace dont le crâne arborait une parure de plumes rougeoyantes. Imperturbable, Eugénie ne relâcha à aucun moment sa concentration tandis que la créature, défiant les lois de l'apesanteur, s'élevait en quelques battements d'ailes puissants. Lançant un cri spectral, l'oiseau squelettique se mit a décrire des cercles au dessus du village, ses orbites vides dirigées vers les créatures toutes de crocs et de fourrure qui grouillaient au sol.

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1 août 2020, 11:43
 Russie  Ceux pour qui la mort s'en vient
** Quelques minutes plus tôt **


Au sein de la meute, la fébrilité du massacre avait cédé la place à l'incompréhension. Les habitants de ce petit village auraient dû être des cibles faciles. Le gaz répandu par les soins des Wojkowick était supposé leur assurer une victoire facile et indiscutable ou du moins un massacre exemplaire. Pourtant, le chaos qui régnait sur le village n'était pas celui auquel ils avaient aspiré. En témoignaient les flammes qui s'élevaient désormais autour du village les privant de toute retraite sous les ordres de sorciers dont aucune des bêtes n'avait senti la présence. Au centre du cercle de flamme s'élevait désormais doucement une fine brume qu'on aurait pu croire causée par la fonte de la neige. Se développant au ras du sol elle commença doucement à s'élever sans que nul n'y prête attention...

Dans les isbas aux fenêtres desquelles ont pouvait encore percevoir de la lumière et des mouvements quelques instant plus tôt, il ne demeurait plus trace de présence humaine. Les habitants semblaient s'en être évaporés à l'instant même où les portes avaient cédées. Un flottement gagna les membres de la meute encore à l'extérieur des bâtiments. Flottement qui fut brutalement interrompu lorsque la façade de l'une des isbas explosa littéralement, envoyant valser des esquilles de bois dans toutes les directions. Un loup-garous se tenant tout près fut aussitôt ensevelis sous les gravas sans avoir eu la moindre chance d'en réchapper. De la façade désormais éventrée s'extirpa une créatures massive. Son corps trapu et brun, dépourvu de fourrure de plume ou d'écaille, reposait sur quatre pattes courtaudes. Faisant près de 3 mètres au garrot, la créature était dotée d'une mâchoire disproportionnée dont un lycanthrope était encore prisonnier, se débattant pour échapper aux crocs acérés. Ses tentatives infructueuses furent bientôt interrompues par un craquement sinistre lorsque sa nuque se rompit sous la pression de la mâchoire monstrueuse. Deux autres loup-garous qui étaient parvenus à s'extirper de justesse des décombres, évitant l'effondrement de la toiture, prirent d'assaut ce nouvel ennemi. Bien plus agiles, les loups attaquaient de toute part ce nouvel assaillant, mais au lieu de chaire et de sang, leurs crocs ne rencontraient qu'une matière légèrement friable au goût de terre. Qui plus est, la silhouette semblait se régénérer doucement malgré les attaques répétées. Sans sembler s'inquiéter de ses assaillants le colosse relâcha sa mâchoire, laissant choir la carcasse du loup-garou au sol. Ses mouvements semblaient lents, mais néanmoins inéluctables. Les articulations de son cou n'offrirent aucune résistance lorsqu'il tourna la tête en direction des deux loups-garous s'acharnant sur son dos, comme s'il en avait purement et simplement été dépourvu. Désarçonné par ce mouvement improbable, ses assaillants ne réagirent pas assez vite pour éviter que l'un d'eux ne se fasse happer par la monstrueuse mâchoire, rejoignant bientôt au sol le cadavre du loup précédent.

Trois autres loups vinrent immédiatement prêter main forte au survivant face au colosse. Décrivant des cercles lents autour de ce nouvel ennemi qui ne semblait pas le moins du monde perturbé par leurs manigances, ils cherchaient à identifier son point vulnérable. L'un des loups-garous, se trouvant dans l'angle mort du colosse, se décida à bondir. Crocs et griffes en avant pour déchiqueter son ennemi, il ne pu cependant jamais l'atteindre. Venu du ciel, d'immenses serres squelettiques vinrent le cueillir, transperçant son flanc en de multiples endroits avant de relâcher sa carcasses un peu plus loin, lui laissant achever sa course dans boue formée par la neige fondue après une chute d'une dizaine de mètres.

Face à cette attaque subite venue d'en haut, les loups levèrent leurs gueules vers les ciel nocturne, tentant d'identifier la menace. Il découvrirent ainsi que l'oiseau n'était pas seul à régner dans les airs. A quelques dizaines de mètres, une autre bataille semblait se livrer. A la différence près qu'ici, les loups affrontaient les loups dans des combats sanglants. Bien au-dessus d'eux flottait un tapis volant dirigé par un jeune homme à la peau sombre, mais au yeux d'un bleu pâle saisissant. Derrière lui était assis Elias, visiblement très concentré. De même que Sybille, les cheveux noués en un chignon serré, qui les accompagnait sur son balai. Aucun des loups se tenant sous eux ne semblait en mesure de remarquer leur présence et a mesure que les combats duraient, leur nombre diminuait.


***


De l'autre côté du cercle de flammes, une femme aux longs cheveux lisses et noirs comme l'ébène portant une tenue traditionnelle d'Asie avait rejoint Eugénie, se postant à ses côtés en silence. La lueur des flamme faisait luire ses yeux, seule source de mouvement perceptible sur son visage caché par un masque grimaçant. Cependant, loin de fixer la bataille, son regard se portait sur la légère brume qui doucement avait continué de s'élever en silence.

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1 août 2020, 17:23
 Russie  Ceux pour qui la mort s'en vient
Alors que la situation des loup-garous semblait de plus en plus désespérée, le coup de grâce vint d'une manière inattendue. La brume que tous avaient négligé imprudemment et qui les enveloppait désormais tous semblait soudain se refermer sur eux. Alors que les loups monstrueux commençaient à suffoquer, leurs poumons appelant désespérément de l'air, leurs ennemis se trouvaient à distance suffisante pour ne pas en subir les effets. Les sorciers choisirent ce moment pour se retirer, laissant le colosse et l'oiseau squelettique faucher les derniers souffles de vie de la meute. Il ne leur fallu que quelques instant pour rejoindre Eugénie et Lahela de l'autre côté du cercle enflammé. Ne dérangeant pas l'américaine, ils attendirent en silence.

Après une longue attente, l'oiseau fantasmagorique d'Eugénie se dispersa comme le ferait un songe au réveil et la jeune sorcière repris ses esprits. A peines quelques instants plus tard, le colosse traversait le cercle de flamme. Le sortilège ne sembla pas le considérer comme un être vivant car les flammes ne s'accrochèrent pas au corps massif. Un corps qui ne tarda cependant pas à s'ouvrir en deux pour laisser Ojong s'en extirper.


« C'est fini. Il n'y a plus âme qui vive dans le village. »

A ces mots un signal fut donné et le cercle de flammes disparu presque immédiatement de même que la brume meurtrière. Tous les sorciers présents se mirent à l'oeuvre. Les carcasses des loups-garous furent rassemblés pour être brûlées tandis que d'autres travaillaient à la reconstruction du village. Lorsque des étincelles rouges apparurent au dessus de la cime des arbres Eugénie et Sybille échangèrent un regard entendu avant que la française ne transplane.


** Quelques minutes plus tôt, dans la petite clairière a quelques centaines de mètres de là **


L'issue du duel mortel qui s'annonçait en faveur de l'alpha jusqu'à présent ne semblait plus si certaine. Le monstrueux chef de famille faiblissait désormais alors que son challenger semblait retrouver toujours plus de vigueur en voyant l'écart de force entre eux diminuer.

Depuis son point d'observation, Elina, désormais en plus grande forme, ne pouvait néanmoins pas se mêler à l'affrontement. Elle ne pouvait prendre le risque de toucher le jeune loup-garou en utilisant la magie pour l'aider. Elle observait l'enchevêtrement de crocs, griffes et fourrure avec une certaines appréhension. La jeune femme ne pouvait détourner les yeux de l'affrontement. Si l'alpha sortait vainqueur de ce combat, ce serait à elle de l'abattre. Le chef du clan Wojkowick disposait d'une résistance aux poisons plutôt impressionnante. Mais c'était également la raison pour laquelle Lahela avait veillé à privilégier des substances avec lesquelles ils n'avaient pas ou peu été en contact au cours de sa vie. Le combat semblait interminable à la jeune femme, mais alors que l'alpha vacillait sur ses appuis, le jeune loup parvint à le saisir à la gorge. Avec un regain de vigueur dû à l'adrénaline, l'alpha se débattit, cherchant à lui faire perdre prise. Il eu cependant beau faire, les coups ou les griffes s'enfonçant dans la chair de son challenger ne parvinrent pas à lui faire lâcher prise car ce dernier avait compris que c'était sa chance.

Lorsqu'il fut certain que la carcasse du loup-garou ne bougerait plus le vainqueur se détourna de son adversaire pour commencer à passer quelques coups de langue rappeuse sur ses nombreuses plaies. Voyant cela, Elina leva sa baguette, envoyant une gerbe d'étincelles rouges dans le ciel nocturne. Suite à quoi, elle rangea avec soin sa baguette avant de se laisser glisser de la branche sur laquelle elle se tenait, reprenant avec fluidité son apparence de genette. La petite genette atterrit avec souplesse dans la poudreuse avant de s'approcher doucement du jeune loup-garou. Elle marqua un arrêt lorsqu'il releva la tête pour le laisser l'identifier, puis repris sa progression. Arrivée à proximité du museau qui faisait déjà aisément la moitié de sa taille, la petite créature vint poser sa tête contre celle du loup, lui appliquant de petites pressions. Le loup-garou sembla comprendre le message car il se releva non sans difficultés avant de suivre sa petite guide qui avait déjà commencée à s'éloigner, se retournant de temps à autre pour s'assurer qu'il la suivait toujours.


** Quelques heures plus tard, au village **


Le village avait retrouvé un aspect très similaire à son apparence habituelle a défaut d'absolument identique. Les sorciers qui avaient aidé à la lutte contre les Wojkowick, avaient retrouvé leur foyer chacun leur tour. Il ne demeurait désormais que la vieille Ivaneshka qui se tenait face à Elias à l'écart du village. Les autres sorciers de la tour Ombreuse étaient parti peu avant. Il était temps d'achever la dernière phase du plan. Celle qui avait pour but de protéger chacun des acteurs de cette nuit sanglante.


« Comme nous l'avions convenu, les souvenirs de cette nuit ont été effacés de la mémoire des personnes présentes. Il ne reste plus que vous... » *

Le jeune sorcier ne semblait pas certain de l'attitude à adopter en présence de la vieille femme. Ses manières un peu brusques, mais étrangement chaleureuses continuaient de le désarçonner.


« Ne t'en fait pas mon garçon. La vieille femme que je suis ne revient pas sur ses promesses. Vous m'avez offert la vengeance que j'étais incapable d'accomplir. Je peux bien oublier pour ne pas vous mettre davantage en danger. » Après un silence elle ajouta : « Remercie le jeune Podgorski pour moi, tu veux. Quelque chose me dis que la nuit à été rude pour lui aussi. »

Elias eut un pâle sourire à cette pensée. Mais rapidement il focalisa son attention sur le visage buriné de la vieille russe.


« Fermez les yeux. »

La vieille femme s'exécuta, fermement maintenue sur ses pieds par la cane sur le pommeau de laquelle reposaient ses deux mains ridées. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, son visage pris une expression étonnée. Que diable faisait-elle seule à l'orée de la forêt, elle qui ne s'éloignait jamais de plus de quelques mètres de son isba ?

« Tu perds la tête ma bonne vieille Ivaneshka. Si c'est pas malheureux d'arriver à cet âge pour ne même plus savoir où l'on va... »

Mais malgré ses ruminations elle avait l'étrange sensation qu'un poids avec lequel elle avait appris à vivre s'était évanoui. A compter de ce jour les récits relatant des attaques de loups monstrueux dans la région cessèrent de fleurir. Ce que ces bêtes étaient devenues, seuls quelques sorciers vivants dans une tour devaient s'en souvenir...

*les dialogues entre Elias et la vieille Ivaneshka sont en Russe

21 ans inRP
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