22 avr. 2021, 01:44
 Irlande   Solo +  Et les notes s'étiolent
ÉLINA CLARKE, 12 ans
2 Avril 2046
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La maison est calme, je n'en ai plus vraiment l'habitude avec toutes ses respirations qui m'entourent au dortoir. Ici, tout est paisible. Peut-être même un peu trop. Je n'ai rien à quoi me raccrocher. Rien sur quoi me concentrer pour éloigner les cauchemars qui guettent le moindre moment de faiblesse pour revenir me hanter. Rien pour éviter de me remémorer le carnage de la grande salle...

Je secoue la tête, ce n'est pas le moment. Je suis de retour à la maison après plus de six mois d'absences et bien des choses ont changés. Pas physiquement, le décor reste le même, mais l'ambiance général est différente de cet été. Elle n'est plus lourde, plus aussi pesante et ça me rassure un peu. Je n'avais pas reçu énormément de nouvelle de la part de Liam, faut avouer que c'était un peu de ma faute aussi, mais les voir heureux, même si ça fait mal de ne pas être avec eux, pourrait presque me rendre heureuse à mon tour. Mais ce n'est pas le cas. Je veux dire, il me manque toujours quelque chose. À Poudlard, c'est plus facile de faire comme si de rien était, mais ici, alors que les souvenirs sont partout, je ne peux pas ignorer ce que je ressens. Je ne suis simplement pas capable de faire comme eux. Comment faire comme si tout était normal, que rien ne s'était passé, qu'elle était toujours là ? Ce n'est plus le cas et à chaque fois que j'y pense, ça me fait mal. Alors comment font-ils ? Ils ignorent tout ? Je ne pense pas en être capable, pas longtemps du moins. Elle est partout sans être là à la fois, s'en est épuisant.

Je me relève dans mon lit, de toute façon, j'arrive plus à dormir et le soleil s'est levé. Ma seule envie est de partir courir. Courir pour évacuer toute la pression en moi. Pour me calmer, m'aider à réfléchir, à garder le cap malgré la tempête qui fait rage en moi. Et pourtant, lorsque je descends les marches, ce n'est pas mes souliers de course qui m'appellent. Non, c'est un coin inoccupé depuis bien trop longtemps qui attire sans cesse mon regard. Je m'étais efforcé de l'éviter tout l'été, de ne pas y penser toute l'année et ma seule envie à l'instant, c'est de m'installer derrière les touches noires et blanches. Ça fait presqu'un an que je n'ai pas joué, personne à l'école ne connait cette partie de moi, pourquoi tient-elle tant à revenir aujourd'hui ?

Du bout des doigts, je frôle le piano, à la recherche de ce que je fabrique ici. Je ne sais pas si je devrais jouer, ça fait tellement longtemps, sans doute que j'aurais tout oublié. Pourtant, l'envie ne disparait pas, au contraire. Hésitante et délicatement, comme pour ne rien abimer, je m'installe sur le tabouret et j'installe mes phalanges sur les touches.

-6 heure avec la France | #356f68 | Septième année RP
• a dreamer, that’s what she was •

22 avr. 2021, 02:16
 Irlande   Solo +  Et les notes s'étiolent

Une note. Puis une autre. Avant d'être suivi par un accord simple. Je souris. J'ai l'impression de retrouver un vieil ami. La musique me viens naturellement comme si elle ne m'avait jamais quitté. Rapidement, la gène que je ressentais s'évapore pour laisser la place à une grande quiétude. Je ne sors pas de partition, je veux seulement jouer. Ma main droite déjà en action, je lance ma main gauche sur les notes, espérant qu'elle soit aussi familière avec celles-ci que sa jumelle. Et le miracle se produit, mon corps se rappelle. Je n'en reviens pas. Sans plus attendre, je me positionne un peu plus confortablement et mes pieds sur les pédales, je joues, et pour de vrai cette fois.

Je ne me retiens plus et laisse libre court à la musique en moi. Je pensais l'avoir perdu à tout jamais. Ne plus être capable d'enchainer deux notes sans en accrocher une troisième et pourtant, me voilà à jouer un morceau ayant été refoulé pendant plus de 365 jours. C'était le favoris de ma mère. Doux. Calme. Rêveur. Il laisse place à interprétation, différant face à chaque musiciens. Je m'abandonne à lui et cesse de réfléchir un instant, laissant place à mes vieux réflexes. Je ferme les yeux et laisse la mélodie retentir dans la maison qui était silencieuse depuis trop longtemps.

***

Été 2044, avant l'entrée à Poudlard...

Je suis installé sur le tabouret, maman à mes côtés. Une nouvelle leçon de piano à l'ordre du jour, elle m'enseigne une nouvelle pièce, sa préférée. Je l'ai toujours adoré ce mrceau, il est jovial et innocent tout comme triste et mélancolique. Il faut seulement savoir l’interpréter selon son humeur du jour. Aujourd'hui, il est jovial et innocent, comme la lavande qui pousse sur son dessus. Oups. Je me suis trompé de note et je m'arrête. Faut que je sois plus concentré, je n'y arriverais jamais parfaitement sinon ! Je m’apprête à recommencer quand maman me stoppe.

-Attend. Je crois que tu n'as pas bien saisi le mot interprétation, lili. Le but, ce n'est pas d'y arriver parfaitement, mais d'ajuster le morceau à notre image. Les fausses notes dû à ta distraction font partie de toi, laisse-les vivre et joue tout simplement. Arrête de réfléchir pour une fois.

Elle me souris gentiment et je sais qu'elle n'est pas fâchée. Je comprend ce qu'elle me dit, mais je n'y arrive pas, c'est plus fort que moi. Une moue déçu s'affiche sur mon visage lorsque je m'arrête de nouveau.

-C'est pas grave, tu y arriveras un jour.


***


Le souvenirs se dissipe alors que je termine la pièce.

-J'y suis arrivée.

Voilà la seule chose que je murmure dans l'aurore alors qu'une larme coule sur ma joue.

-6 heure avec la France | #356f68 | Septième année RP
• a dreamer, that’s what she was •

23 avr. 2021, 00:35
 Irlande   Solo +  Et les notes s'étiolent
LIAM CLARKE, 14 ans
2 Avril 2046
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J'avais prévu faire la grâce matinée. Ce sont les vacances de Pâques, qu'on me laisse me reposer en paix ! Mais c'était sans compter ta présence, petite sœur. Je n'ai jamais douté que le sommeil te manquerait en ce deuxième matin de ton retour, mais le son que tu as réveillé en plantant tes phalanges sur les notes, je l'avais cru perdu pour toujours. Partie en même temps que maman. Pourtant, alors que la maison était endormi, tu les as secoué, doucement, puis presque sauvagement, emporté par la mélodie.

J'ai eu la chance de me réveiller dès les premières notes. D'abord assez de mauvaise humeur qu'on vienne perturber mon sommeil, mais dès que j'ai compris ce qui se passait entre nos quatre murs, je n'ai pas pu me rendormir. Qui l'aurait pu en connaissant notre histoire complète ? Personne n'avait touché au piano, excepté en de rare occasion, comme le ménage. Encore moins toi qui fuyait chaque souvenir méticuleusement. N'essaye pas de paraitre surprise, personne n'est dupe sur ton petit numéro. Tu ne rentre pas pour Noël. Tu nous envoie un minimum de nouvelle pour ne pas nous inquiétez. Tu restes évasives sur chaque question concernant ton humeur. Personne ne se méprend, pas même papa qui ferme les yeux sur pratiquement tout depuis son départ. Alors ma surprise est plus que grande quand j'entends les premiers accords. Et tu n'oserais même pas imaginer mon visage lorsque j'ai enfin reconnu la mélodie. L'escapade.

Maman l'adorait. Et toi aussi. Je me rappelle des nombreux après-midi que vous avez passé ensemble à travailler sur ce morceau sans que tu n'y parvienne. Tu bloquais toujours sur un passage ou sur un autre et tu t'arrêtais malgré les protestations de maman. Pourtant cette fois, tu te laisses emporter et jamais tu ne stoppe tes doigts flottants sans doute sur les notes. C'est beau. Apaisant. Et j'espère que tu continues pour longtemps. Je ne veux pas que ce moment s'arrête. Jamais.

Mais c'est beaucoup trop demandé et l'air se stoppe à un moment ou à un autre. Je ne sais plus trop quoi faire, devrais-je descendre et te rejoindre ? Je ne pense pas que ce soit ce que tu veuilles, mais j'en ai tellement envie. Te serrer dans mes bras et te voir heureuse, vraiment heureuse depuis si longtemps. Mais ce moment, il t'appartient. Alors lentement, je me lève et sort à la pointe des pieds de ma chambre. Il y a une autre personne dans cette maison à qui je dois rendre visite. Kyara. Je sais qu'elle est réveillé, elle a le sommeil léger et tu n'as pas été très délicate avec les notes. Je ne prends donc pas la peine de cogner et entre dans sa petite chambre. Elle est là, assise en tailleur sur son lit attendant surement que tu continues. Je ne perds pas plus de temps et m'installe pour la rejoindre. Vas-y Lili, nous attendons la suite du concert, nous l'attendons depuis tellement longtemps.

-6 heure avec la France | #356f68 | Septième année RP
• a dreamer, that’s what she was •

13 juil. 2021, 18:30
 Irlande   Solo +  Et les notes s'étiolent
JACK CLARKE, 39 ans
2 Avril 2046
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Je me suis levé tôt, comme habituellement. Les plantes n'attendent pas l'aurore pour quérir mon aide. Et puis, le travail m'aide à me tenir éloigné de la maison, des souvenirs. Je suis certain que tu me comprends, Lili, tu fais exactement la même chose. Tu lis, cours, te plonges dans tes études, tu fais tout pour éviter de penser au vide qui te ronge. Tu ne retiens pas ça de n'importe qui, bien au contraire. Tu le dois à ton bon vieux père et je suis navrée pour cela.

Je ne sais pas ce qui t'a poussé à te lever tôt aujourd'hui, tu es en vacances, profites-en ! Peut-être une soudaine envie de courir, surement, mais tes pas ton surpris, n'est-ce pas ? J'attendais depuis longtemps que tu te remettes à jouer. Depuis l'été dernier en fait. Mais tu n'étais surement pas prête, vu comme tu fuyais le piano comme la peste. Et pourtant, tu as réussi à aller par-dessus cette peur qui te paralysait le ventre. Les notes t'ont appelé, comme elles l'ont toujours fait, mais aujourd'hui, tout était différent. Tu ne voulais pas dominer les touches du piano comme tu insistais à la faire avant. Non. Tu n'as pas réfléchi comme tu le faisais à l'époque. Tu t'ai laissé emporté par la mélodie, comme ta mère voulait que tu le fasses. Elle serait fière de toi. *Je suis si fière de toi* Les larmes me montent aux yeux. Ta présence me rappelle la sienne et je suis désolé si je t'ai fait sentir que je m'éloignais. J'en avais besoin, ça m'a fait trop mal de la voir partir. Mais tu n'étais pas à punir et je me rends seulement compte de comment j'ai été absent pour toi ses derniers temps. Tu ne m'as même pas parlé du tournoi de l'école. J'étais au courant, bien sur, j'ai lu la gazette, mais tu t'es totalement fermé à moi, et pas que, Liam non plus ne recevait pratiquement plus de tes nouvelles. Tu voulais certainement nous protéger, qu'on ne s'inquiète pas pour toi et je suis désolé de te dire que ça a fonctionner. Enfin pour ma part et pendant un certain temps.

Tu nous racontais que tout allais bien à l'école et je te croyais, comme je voulais le croire. Mais c'est en te voyant arrivé hier soir que j'ai su que ce n'était pas vrai. Je le savais au fond de moi, mais je ne voulais pas me l'avouer parce que ça aurait signifier que je ne connaissais pas assez bien ma fille pour voir comme elle se sentait mal. Il va falloir qu'on ait une discussion tout les deux. Mais à l'instant, je te laisse ton moment. Je vais continuer de m'occuper de mes plantes, d'accord, si tu veux venir me parler, je serais dans le jardin et si tu ne viens pas, c'est moi qui ira à toi. Hors de question qu'on se quitte en faisant bonne figure.

-6 heure avec la France | #356f68 | Septième année RP
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