7 oct. 2021, 00:01
 solo  Correspondances estivales
Inventaire de toutes les lettres envoyées par Jacob pendant l'été 2045-2046.


1.
De : Jacob Tramontane
A : Elowen Livingstone
Porté par : Izkyos
Remarque : risque d'arriver quelques jours plus tard. Cause : le hibou n'est pas très futé.

Dans la continuité des échanges des deux à Poudlard.

Rappel de la première interaction à l'infirmerie (côté Jacob), pour la comparaison :
*Hein ?!* Rien à rien. Rien de rien de rien du tout. *Mais je suis où ?*
Pierres. Beaucoup de pierres au plafond. Des centaines. Elles ont l'air anciennes, non ?
Matelas, un matelas très doux sous mon dos. Comme dans un dortoir. Mais rien n'est rouge et or, non ?

C'est un endroit que je connais. Je vais retrouver. La plénitude d'une certitude à venir me remplit. Je vais trouver, un sourire traverse mon visage. Mon regard heurte une table de nuit. Dessus, un bout de bois. Une baguette. Baguette cassée, sourire grimacé.

Une lacération de *pourquoi ?* me déchire la poitrine : j'ai la conviction que cette baguette... elle est à moi. Et... elle... est complètement brisée. Et je ne me sens pas très bien. Vidé, en fait. Ca y est, je ne suis plus sorcier. Vidé de mon identité. Flash ! En voyant le décor, je saisis : je suis à l'infirmerie, à Poudlard, dans l'école des sorciers. Carrément pas à ma place.

Et allongé. Mais qu'est-ce que je fais allongé ? Je ne suis pas un véracrasse retraité, moi, je vais bouger ! Je m'apprête à me lever quand je vois Miss Loewy et Miss Montmort en train d'interroger une fille que je ne connais pas. Oh ça y est, je recolle les morceaux. On a atterri en bas et on est monté ici, depuis là-bas. Quand je vois Irene, Elowen et Lilly pas loin de moi, je suis sûr de moi.

[center]On est à Poudlard et on en est sortis. [/center]

Mais il manque quelque chose pour me sentir bien. Quelque chose, ou quelqu'un. Je tourne ma tête d'un côté puis de l'autre, c'est ma façon de chercher. Avant que la vérité ne s'abatte en piqué. Elle n'est pas là. Elle ne sera jamais là. Et tout à coup, mes poings sans baguette se serrent d'impuissance. Je l'ai laissée tomber.

Mon amour. Je l'ai laissée tomber. A des milliers de kilomètres de là, peut-être ; face à des adversaires terribles, sans doute ; seule, prête à mourir d'ennui, sûrement. Comment ai-je pu être aussi aveuglé ? Alors, je plante mon regard dans celui des autres Dominiés et je dis : "Je veux y retourner."


Lettre d'Elowen à laquelle il répond.


Brighton
14 août 2046


Chère Elowen,
Je n'ai pas trop de mots pour te dire, tu sais que l'écrit n'est pas mon point fort. Néanmoins je te soutiens totalement. Je déteste cette potion de sommeils sans rêve que le psychomage m'a conseillée. Je préfère hurler plutôt que cette fausse tranquillité qui donne l'impression d'aller bien. Mais pour fan de potion qu'il soit - mais il est fan de quidditch aussi -, Alexei m'aide un peu.
Je dois reconnaître que sans lui, je n'aurais pas pu renouer dans les meilleures conditions avec Leo. Je l'aime tellement. En sa présence, je sens que tout peut aller mieux. Et je veux me rétablir pour ne pas lui faire subir les répercussions du Dominion. Je n'arrive à rien avaler du passé autrement. C'est comme cette potion, ça ne passe pas. Un passé qui ne passe pas tu te rends compte, le paradoxe ? Mais je fais comme il dit : j'essaie de construire l'avenir dans le réel, dans le en-dehors du Dominion, pour me "projeter".
J'ai la chance de ne pas avoir d'elfes non plus à la maison, les parents ont même accepté d'acheter des appareils moldus - t'imagines un peu, l'effort - pour éviter l'elfe. Même si je ne leur ai pas tout dit, ils sont plus compréhensifs maintenant, comme si le Dominion avait fait de moi un membre à part entière de la famille dont ils peuvent être fiers. Bref, ça, c'est un autre problème.
Ce que je peux faire Elo, c'est te proposer de passer un ou deux jours à Brighton pour en discuter un peu plus chez mes grands-parents si ça te tente, et peut-être rencontrer Alexei ensemble, parce que là, je crois qu'Izkyos est en train de me manger du regard en voyant le pavé que je t'envoie. Irrattrapable, ce hibou, je te jure. J'espère que Chaussette va bien !
Au plaisir d'avoir de ses nouvelles et des tiennes, Elowen ou Elphaba,
Jacob
PS : Oh non, pas des ronces, s'il te plaît. C'est comme les elfes, c'est là-bas, je ne veux pas associer chaque regard que je te porte à ça...
@Elowen Livingstone, pour toi !


Edit : ajout du lien vers le thème musical de Grand Corps Malade ;)
Dernière modification par Jacob Tramontane le 7 oct. 2021, 01:40, modifié 1 fois.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

7 oct. 2021, 00:30
 solo  Correspondances estivales
2.
De : Jacob Tramontane
A : Infini Parker
Porté par : Izkyos.
Remarque : lettre emplumée. Cause : hibou mal luné.

Scène déclenchant la lettre.
Souvenir partagé qui resurgit lors de la scène.
L'entrain est lié à la belle journée que Jacob vient de passer.

Cambridge
26 juillet 2046

Cher Infini,
Tu ne sais pas le truc incroyable où j'ai été aujourd'hui ? Non, je recommence.
Infini, tu ne sais pas quel moyen de transport j'ai pris aujourd'hui ? Allez, cache le bas de la lettre. Souviens-toi, presque le moyen de transport qu'on a pris pour aller en colonie ensemble. J'ai pris le...


... Magicobus. Tu aurais dû voir le regard de ma mère en sortant : on y aurait lu que le conducteur dynamique était un "énergumène extravagant" et la situation était "le faîte du croquignolesque". Bref, j'ai pensé à toi.
J'espère que tu vas bien à Londres, tu me manques et j'ai très hâte qu'on partage de nouveau le dortoir à la rentrée (comment ça, c'est une affirmation ?).
Je suis sûr que tu as encore nagé cet été, je me trompe ? Peut-être même que tu pourras m'apprendre comment m'améliorer à la rentrée ? Un sorcier que j'ai croisé ici m'a assuré qu'en pensant si fort si fort à un bassin dans la salle sur demande, elle nous apparaissait. Ou bien, qui sait, quand on retournera en Ecosse, peut-être qu'il pleuvra tellement là-bas qu'on pourra se baigner dans le parc du château gris.
Au plaisir d'entendre de tes nouvelles et de tes anecdotes (toujours pas de remède au syndrome des pâtes brûlées de Percy ?),
Jacob

Il referma la lettre. Toujours, en écrivant, il avait de ces pensées qui lui venaient. Mais il n'était pas prêt à les coucher sur le papier. Non, il ne dirait pas : on pourra se baigner car si Poudlard est aussi peuplé de difficultés que cette année, on pourra se baigner dans une mer de larmes.
Il ne dirait pas : j'ai toujours des cicatrices et je n'ai encore aucune solution pour le dortoir. Ou même : certaines, je les ai tracées.
Il dirait : château gris, et pas : château hanté.
Ah, il ferma l'enveloppe et le nuage sombre de pensées que chaque lettre soulevait et qu'il n'avait ni la capacité ni la volonté d'insérer. Il la serra dans sa main en serrant ses traits pour former un sourire. Tout allait bien, comme Orelsan le disait.

@Infini Parker, coucou !

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

7 oct. 2021, 01:07
 solo  Correspondances estivales
3.
De : Jacob Tramontane
A : Lilly Zarbi
Porté par : Izkyos (en même temps que celle pour Elowen et celle pour Irene)
Remarque : petit carton, loin des parchemins académiques.

Déclenchement de la lettre : lettre d'Elowen dont le lien figure dans le premier post. A ce moment, Jacob reprend contact avec les autres Dominiés.

Brighton
14 août 2046


Hey Lilly,
Je ne vais pas commencer la formule du moment, qui gratte, qui démange : "tes parents et toi doivent être si fiers et si comblés". Tu en as reçu des comme ça, sérieusement ? Ce matin, j'ai ouvert le colis de miamhibou d'Izkyos (quel glouton) avant les lettres de félicitations des exploits. Ils n'y connaissent rien. Ils ne veulent rien connaître. Ils veulent juste imposer leur vérité. Et en l'imposant, ils étouffent la vérité, la vraie.
C'est pareil chez toi ? Je sais bien que c'est peut-être compliqué de voler pendant les vacances, mais tu vois, cette lettre vole (ne regarde pas la façon dont Izkyos vole par contre, il a dû prendre les options matières à baguette -à la réglisse- quand il était à l'école des hiboux...) et je volerai avec plaisir avec toi à la rentrée.
Toute mon amitié vole vers toi en tout cas et c'est avec plaisir que je recevrai de tes nouvelles,
Jacob
Lilly, Jacob avait discerné très tôt qu'elle risquait de se fermer totalement aux autres. Et il acceptait son choix, mais il savait aussi qu'il la voulait parmi ses amis. Il avait partagé les cauchemars du Dominion avec elle. Elle savait pour lui, lui savait pour elle, et qui savait lire aussi profond en lui était lié par quelque chose d'indéfectiblement fort à lui, et il se sentait de même indéfiniment et indéfinissablement proche de Lilly. Il ne connaissait pas ce roman moldu où une certaine Katniss et un certain Peeta s'épaulaient mutuellement dans les cauchemars, mais en version amicale, c'était ce genre de lien inbrisable avec l'autre. Lilly, il l'avait finalement trouvée là-bas, dans un soulagement à en faire monter les larmes, alors il lui resterait toujours loyal ici, c'était son amie, et il ne permettrait à rien ni personne de la faire couler.

@Lilly Zarbi ;)

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

8 oct. 2021, 22:13
 solo  Correspondances estivales
Bien sûr je réponds toujours avec plaisir aux lettres :D. J'aime bien, ça renouvelle les formats d'écriture ! pour toi, donc, @Lily-Rose Holland !

De : Jacob Tramontane
A : Lily-Rose Holland
Porté par : Izkyos
Remarque : avec la lettre, un petit paquet de bonbons sorciers acidulés de plusieurs sortes (ne connaît pas suffisamment Lily-Rose pour faire plus personnalisé mais sait qu'elle est à Poufsouffle...)


Lettre de Lily-Rose à laquelle il répond.


Cambridge
8 juillet


Hey Lily-Rose,
Quelle belle surprise de découvrir une lettre de toi !
Jacob reposa sa plume pour relire trois fois sa phrase. Non, elle était normale. Et Lily-Rose la lirait normale. Il était très embêté avec cet afflux de lettres d'inconnus qui réagissaient, demandaient sa réaction, admiraient la participation d'adolescents, "vous représentez une génération au service du Conseil des Sorciers". Niania, à quel moment avait-il au juste dit qu'il y était favorable, hein ? "vous êtes le courage de notre belle nation sorcière" Il serait inscrit dans un manuel d'histoire sorcière pour montrer la supériorité des sorciers, aussi ? Mais ils avaient cru... "vous êtes un exemple pour mon fils" Youhou, vous ne me connaissez même pas. Depuis quand une Gazette ça compte pour connaître quelqu'un ?

La vérité derrière cette colère répétée c'était que ces félicitations ne lui laissaient pas le temps de digérer sa souffrance, ce qu'il s'était passé. Elles remuaient la plaie, et cherchaient en même temps à la couvrir ou à la transformer en plaie dorée qui servirait de faire-valoir, qui pour une organisation, qui pour une société, qui pour une activité. Merlin, laissez mes cicatrices ensanglantées en paix. Et la tension montait, à mesure qu'il lisait plus ces lettres et n'était plus sûr de qui avait raison.

Et dans cette histoire, ses parents nourrissaient le mécanisme, distillant de petites anecdotes sur leur fils, vantant les mérites de la lignée Tramontane à leurs collègues, à leurs voisins, à leurs connaissances. Et sous son toit, il lisait la fierté dans chacune des attitudes et des regards qu'ils lui portaient, sans commune mesure avec l'avant-Dominion. Mais Merlin de Merlin, est-ce que Jacob ça veut juste dire Dominié pour vous ? Merlin, Père, Mère, laissez mon enfance en-dehors de ça, mon enfance ce n'est pas le Dominion. Je ne suis pas tout entier le Dominion. Merlin.

Jacob ouvrit la fenêtre, fit le tour de sa chambre. Lily-Rose, ah oui.
Ca me fait plaisir que tu te souviennes de moi, autrement que celui qui a été là-bas, je veux dire. J'adore les films moldus : ça n'a pas changé depuis la troisième année !, j'ai revu récemment Pirates des Caraïbes avec une personne qui m'est très très chère : lequel me conseilles-tu sur ta clé USB ?
C'est là que la partie plus délicate de la lettre intervenait.
J'ai une vieille télévision ancienne ancienne à la maison à Cambridge qu'on a récupéré dans un vide-grenier mais je n'ai pas la fonctionnalité clé USB.
Mes parents ne sont pas moldus-moldus, et même plutôt sorciers et même pas très favorables à... bon, on laisse tomber.
Même si je me souviens de ce que c'est depuis notre sortie au bureau du concierge ! Je vais donc effectivement avoir besoin d'un ordinateur pour lire.
Et ce n'était pas gagné. L'autorisation portait sur la télévision, "en hommage appuyé et référence porteuse de sens à la retransmission du Dominion" dixit papa Tramontane et les outils de cuisine après leur avoir bien expliqué qu'il ne serait absolument pas serein avec un elfe à la maison. En regardant la lettre et d'où Lily-Rose écrivait, il voyait une autre solution.

Je vois que tu écris de Brighton, Lily-Rose. J'y suis chez mes grands-parents en août ! Tu connais peut-être un endroit à Brighton où je pourrais utiliser un ordinateur ? une salle multimédia, c'est bien comme cela qu'on appelle cela ? ou acheter une clé USB pour copier les films ?

Si tu es toujours à Brighton en août et es tentée pour faire un tour au cinéma moldu à ce moment-là ou du côté moldu de la ville, je suis partant avec plaisir. Je compte essayer la "piscine" cet été ! J'en ai vu une avec des toboggans, je ne peux pas rater ça avant de retourner à Poudlard.

Héhé... je suis donc pas peu fier de te dire que je maîtrise désormais les bases de l'ordinateur moldu grâce au programme d'EDM de quatrième année. Mais parle-moi un peu de toi... quelles sont les nouvelles depuis la dernière fois ? Tu as pu trouver une solution pour aller à la Coupe du Monde de Dragonnerie ? Quels sont les évènements moldus importants cet été ?

Passe un chouette week-end,
Amicalement,
Jacob
Oh oui, une sortie dans le monde moldu, loin de ces sorciers fièrissimes du Dominion, une sortie dans un monde où ce mot n'existait même pas. Il se réjouissait à cette perspective.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

10 oct. 2021, 11:26
 solo  Correspondances estivales
5.

Reducio
Attention, c'est un point de vue d'un personnage sur des personnages (Carry et adultes de Poudlard 2046 à l'exception peut-être de Miss Montmort et des quelques NM) qui est dur. Il faut donc se rappeler son statut : point de vue de personnage à personnage ;)


De : Jacob Tramontane
A : Lily-Rose Holland
Porté par : le toujours vaillant Izkyos ! (qui doit maudire son maître d'habiter Cambridge et pas Brighton :wise:)



Lecture de la lettre de Lily-Rose :

Boursouflet et maltraiteur de boursouflet. Jacob parcourut la lettre... wow. Un boursouflet volant... l'image était mi-amusante (un boursouflet avec des petites ailes de dirico chantant I believe I can fly), mi-stupéfiante (il fallait tout de même que cette Carry soit sacrément désespérée pour n'avoir rien d'autre à disposition pour avoir raison ou intimider qu'une mini-pelote de laine sur pattes à lancer par une fenêtre). Il avait retenu juste une seule citation d'HDLM : "Si tu veux savoir ce que vaut un homme, regarde donc comment il traite ses inférieurs, pas ses égaux." Même s'il ne se souvenait plus qui l'avait dite, il en était profondément persuadé. Si Carry n'avait aucun autre moyen de se convaincre de sa puissance et d'en convaincre les autres que descendre plus vulnérable qu'elle, alors elle était une lâche en besoin de puissance. Et les lâches qui se sentaient impuissants sans le regard de reconnaissance des autres, c'était prêt à tout.

Les "évènements". Jacob fronça les sourcils avant d'inspirer pour lire la partie qui les évoquait. Il fronça les traits. Non, ce qui lui était arrivé, ce n'était pas un "truc" qui avait juste frôlé une boule de poils ou de plumes, ou l'avait frôlé lui, ou touché, mais plutôt trans-per-cé, pro-je-té... Il aurait pu ne pas en revenir. Ne. pas. en. revenir. Il serra les dents. Si Lily-Rose mesurait si peu ce que c'était le DANGER et la MORT, alors elle était en grand danger face à une Carry qui arrachait toutes les occasions en pensant montrer au monde sa puissance - quand elle ne montrait que sa stupide lâcheté.

Le Dominion, c'était pas un instantané. C'était des mois de regard, de considération à travers un filtre donné. Et ce filtre avait comme adhéré à sa peau. Lily-Rose avait-elle repris contact avec les autres Dominiés comme elle l'avait fait avec lui ? Si c'était le cas, et qu'elle avait repris contact par empathie pour Dominiés alors cela montrait bien qu'on ne pouvait plus le dissocier de cette étiquette. On ne pouvait pas nier qu'on était Dominié quand ses nuits appartenaient au Dominion et ses pensées : lire le "cheerleading", c'était se rappeler ce qui lui avait fait arrêter la fanfare : le Dominion, lire la "plante" c'était frissonner en repensant aux ronces projetées dans sa peau, plantées, arrachées, arrachées dans le Dominion. Ce que c'était instinctif, irrationnel. Mais un traumatisme n'est pas un élément sous entier contrôle - ou alors ce contrôle n'est qu'apparent. On passe son temps à essayer de le contrôler ou quand on ne le peut pas à le cacher. Je ne veux pas effacer mon traumatisme.

Laver un traumatisme c'est donner bonne conscience à ses responsables. Oh, et ça, ce n'était même pas la peine. Il allait exhiber ses blessures à la rentrée au nez et à la barbe des adultes qui n'avaient rien fait de Poudlard. Et le sentiment de culpabilité de vieux de 40 ans n'atteindrait même pas la hauteur de ce qu'avaient souffert des jeunes de 15 ans. Si tenté qu'ils ne se soient pas encroûtés dans leur insensibilité. Il en connaissait même un, qui, non content de ne pas voir qu'il n'avait rien fait reportait toute la culpabilité sur les élèves. Dans le genre hyper-rassurant pour l'avenir, comme comportement d'un adulte, c'était bien placé. C'était si facile en effet. Ils étaient déjà différents, alors autant les montrer du doigt pour ne pas voir la culpabilité en soi, non ? Les "adultes" n'avaient pas été là quand on aurait eu besoin d'eux. Alors ils étaient bien capables d'avancer en toute bonne conscience pendant l'année à venir, en faisant comme s'il ne s'était rien passé, aussi aveugles qu'ils avaient été inactifs. Mais lui ne contribuerait pas à leur aveuglement en montrant une peau indemne. Pour les adultes, c'était comme pour Carry. On mesurait la valeur de quelqu'un à la façon dont il traitait ses inférieurs. Hum. Par maltraitance ou par négligence, on aurait dû ajouter. Observer le spectacle de la catastrophe des autres, de surcroît supposés placés sous leur responsabilité, sans lever un petit doigt, c'était... au-delà de tous les mots qui exprimaient l'écoeurement.

Films. Ses yeux dérivèrent vite sur la suite. Il aimait bien cette façon de parler moldue appelant l'ordinateur "ordi" et gardait les lettres dans une pochette au prénom de Lily-Rose pour les voir. Mais il mâchait encore le retour de ses souvenirs, ses yeux se brouillaient de colère sous ce flot de pensées qui l'avait envahi. Il ne pouvait plus lire. Il écrirait la lettre plus tard, après avoir couru, après avoir trouvé quelque chose pour pulvériser à coups de mouvement ces reflux d'énergie qui naissaient en lui. Aaaaaaah. Il avait besoin d'évacuer.



Ecriture de sa lettre de réponse :

D'une plume calme, quelques jours plus tard, il écrivit :
Cambridge
15 juillet


Chère Lily-Rose,

Eh bien méfie-toi de cette Carry. Quand on est suffisamment vicieux pour faire du mal à aussi vulnérable qu'un boursouflet, on est capable de tout. Même si un boursouflet, ça ressemble à un pompon de cheerleading (je reste fidèle à la team hibou !), ça reste un être vivant dont on peut voir la souffrance. Avec son passé, si elle continue à jouir de la souffrance des autres, elle est dangereuse. En troisième année et NM reste sur tes gardes.

De mon côté je vais passer une semaine avec ma copine au milieu de l'été - trois jours à Cambridge, trois jours à la Coupe. Elle est ce genre de personne pour lesquelles on a chaque matin envie de se lever, le genre qu'on ne peut pas approcher sans un sourire.

Avant, pour juillet stage à la mairie de Cambridge où travaille ma mère. Je compte me payer un grammomagique et un appareil photo sorcier en associant mes économies et mon salaire, ça sent fort l'arnaque horaire, avec des horaires devant, sur les côtés et derrière, mais bon, si j'ai de la musique cette année à Poudlard, ça aura valu le coup.

Après, en août, je devrai m'entraîner sur les cours (poum, comment rajouter dix kilos de sérieux à une lettre, Izkyos qui n'arrête comme d'habitude pas de s'agiter sauf quand il faut partir emmener une lettre me remerciera !), je vais reprendre les notes de cours d'un de mes frères dans mes bagages pour Brighton. C'est aussi la quinzaine estivale de congés de mes parents avec toutes les réunions de famille qui durent loooongtemps.

Mais parlons des choses sérieuses : quel est ton cocktail favori de l'été ? peux-tu profiter de la plage, que valent les glaces de Brighton ? quelle est ton envie de l'été ?

Passe une pétillante journée,

Jacob

PS : C'est vrai que les boursouflets chantent le lendemain de Noël ?
Passés brillamment sous silence, la relation avec les parents et autre Dominion. C'était ce qui s'appelait en langage de pro "contourner les difficultés".

@Lily-Rose Holland :wink3:

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

13 oct. 2021, 17:51
 solo  Correspondances estivales
6.

De : Jacob Tramontane
A : Irene Gates
Porté par : Izkyos (en même temps que celle pour Elowen et celle pour Lilly)
Remarque : hibou soufflant en arrivant (trois lettres en même temps, les heures supplémentaires pour hibou, c'est é-pui-sant ! sans parler de l'Irlande, si Izkyos pensait, il penserait sans doute que sérieusement, Jacob devrait embaucher un hibou migrateur... :roll:).

Déclenchement de la lettre : lettre d'Elowen dont le lien figure dans le premier post. A ce moment, Jacob reprend contact avec les autres Dominiés.
__________________________________________________________________

Jacob leva les yeux sur le ciel bleu du coin de fenêtre avant d'écrire sa lettre.
Irene. Solitaire, studieuse, prudente, réfléchie.
Jacob. Facétieux, bavard, audacieux, témérairo-hardi.
Oui. On pouvait le dire : leurs caractères avaient vraiment peu en commun.
Pas un petit brin de doxy ou de vermisseau. Disons-le, quasiment rien.

Rien. Mais. Rien, jusqu'à un choix commun, qui leur avaient créé un avant et un après commun.

Ils ne s'étaient pourtant même pas croisés là-bas.
Ils n'avaient même pas fait les mêmes rencontres là-bas.
La nature de leurs traumatismes était bien différente, ces traumatismes de là-bas.
Mais in fine, ce qui comptait, c'est qu'ils y avaient tous deux été, là-bas.
Et par-delà toutes leurs différences, ils se comprenaient sur cela.

Cela.
L'attente, l'attente, avec la peur par suées, les doutes par colliers.
Ces regards qui cognent comme des coups contre le cou, des regards imprimés de mépris, tatoués d'incompréhension, des regards qu'on ne pourra pas oublier.
Le départ là-bas, la sensation de tout abandonner derrière, sans retour en arrière.
Les minutes sans mesure avec la certitude que revenir n'est pas sûr.
La stupéfaction figée de chaque instant défiant et le sentiment intense de la survie qui s'ancrait.
L'envie viscérale, animale de retrouver les autres et de les retrouver en vie.
Les forces décuplées dans cette impression de la vie prête à s'effacer.
Cette peur du geste qui fera tout basculer.
La sensation allongés sur la dalle de Poudlard.
Le double sentiment de l'avoir vécu et d'en être revenus.
Une autre réalité qui jamais ne se résumerait dans une prose de papier et ne se suffirait en un mot plus précis que là-bas ou cela.

Leurs situations présentes, de la côte Sud de l'Angleterre à l'Irlande, ne devaient d'ailleurs avoir à peu près rien à voir : lui, des parents sorciers qui vivaient de la fierté du Dominion (et convainquaient en âme et conscience tout le monde du haut de leur charisme débordant de fierté qu'envoyer 4 élèves à une possible mort était non seulement normal mais bénéfique pour une école), elle, des parents moldus qui sans doute avaient bien du mal à se figurer ce que c'était. Lui, des parents qu'il aurait tellement aimé une fois détourner de ce sujet. Elle, des parents qu'elle aurait sans doute préféré davantage appréhender le sujet. Mais dans les différences de leur espace quotidien, ils devaient tous deux transposer les cicatrices pas refermées laissées par l'immense expérience en commun. Point commun de taille. Point commun taillé dans leurs peaux et leurs mémoires. Point commun qui réunissait comme un lien.

Alors, même différents de caractère, même la sachant solitaire, il sentait qu'il était juste d'écrire à Irene. Et le ton vacancier n'allégeait pas la profondeur du lien.
Brighton
14 août 2046


Chère Irene,

Ca me tenait à coeur de prendre de tes nouvelles.
Es-tu en Irlande pour les vacances ? Tu as pu y retrouver ta famille j'imagine ?
Un cadre moldu est-il plus paisible pour penser aussi à tout autre chose ?
Je suis de mon côté sur la côte Sud de l'Angleterre à des kilomètres... sous le ciel bleu et sur les plages de galets.
C'est avec plaisir que j'apprendrais de tes nouvelles.
En te souhaitant le meilleur,
Jacob
"Penser à tout autre chose", tout autre chose que cela. Mais nul besoin de préciser - au creux d'un mot, ils devinaient séparés à des milliers de kilomètres la suggestion de la même immense réalité qu'il recouvrait. Par-delà leurs différences, ils parlaient définitivement la même langue synthétique d'un même vécu titanesque et se comprenaient.

@Irene Gates :bye:

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

18 oct. 2021, 02:01
 solo  Correspondances estivales
7.

De : Jacob Tramontane
A : Maximilian Volts
Porté par : Izkyos.

Brighton
1 août


Max,
J'espère que tu es en forme. Tu as pu reprendre le rugby ?
J'aurais quelques conseils à te demander si tu veux bien. J'ai pour projet d'aller dans le Brighton moldu pendant les vacances. De vraiment y aller. Pas que pour me promener. Pour tester la "piscine", le "cinéma" et l'"acrobranche" aussi. Et discuter. Et m'intégrer. Je ne veux pas juste paraître moldu comme dans le cours de troisième année. Je veux agir moldu, me comporter moldu, être un cool moldu. Aurais-tu des conseils à me donner ?

J'ai d'ailleurs reçu des nouvelles de Lily-Rose, avec qui on avait été explorer le bureau du concierge à la recherche d'une télé il y a deux ans, tu te souviens ? Ce serait cool qu'on se refasse une sortie à la rentrée.

Tu as pris Pratique et Ouverture pour l'an prochain d'ailleurs ?

Et tu sais quoi ? Je commence à être d'accord avec toi. Le monde moldu est au moins aussi bon que le monde sorcier. Ce n'est pas que les Nés-Moldus qui sont très cool, je crois que ce sont aussi les Moldus. Et ils ne sont pas que très cool, ils nous sont supérieurs dans plein de domaines.

Mes parents nés-sorciers d'autre opinion croiraient-ils avoir contribué à me convaincre de l'inanité de leurs positions ? S'ils le savaient, oh, leurs réactions seraient PRICELESS. Ca s'améliore avec les tiens ?

En te souhaitant tout le meilleur,
Jacob

Au-delà du petit sourire venu du fait de placer juste pour le détourner un mot fétiche de sa mère, "inanité" (souvent associé à "extravagant" et "rocambolesque"), la réalité, c'était que Max lui manquait. Il aimait l'arrogance dans la vérité que l'autre Gryffon avait. Pas cette arrogance qui se donnait des airs policés et qui ne s'admettait pas comme arrogance. Non la provocation, la vraie, celle qui faisait réagir et bouger. Celle qui s'admettait en être.

Et l'intrépidité. Par pitié, il n'en pouvait plus de ces parquets cirés à parcourir en pantoufles pur boursouflet pour ne pas les marquer de chez ses grands-parents. On croyait vivre dans un musée.

Et sa complicité. Au retour du Dominion, certaines nuits de cauchemars il aurait volontiers aimé imaginer la légèreté d'un duvet d'oreiller venant les écraser (*), un sabre Star Wars venant les dilapider (*). Comme des Riddikulus qui auraient donné à ces images d'épouvante la fragilité des dragons de papier (*)... Juste, Max lui manquait.

@Maximilian Volts, pour info et si à un moment une réponse te tente ;)
@Lily-Rose Holland pour info de la mention :wink3:

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)