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9 août 2020, 22:04
Pleurs d'Orion dans ses yeux  PV + 
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« Croiser tes yeux clairs était la plus belle faute à ne jamais commettre. »

Château de cartes - Lorage

I II III
(ici la raison de la colère de Lydia)

5 mai 2045, 22 heures
Dortoir de Serdaigle


Elle ouvre les yeux.
Fixe le plafond aux teintes bleues de sa salle commune. Ce plafond elle l'a regardé à maintes reprises, elle connaît tous ses détails et pourrait décrire parfaitement tous les arabesques que forme le marbre au dessus d'elle.

Impossible de s'endormir. Impossible de partir dans ses Rêves. Impossible de se laisser embarquer par les bras de Morphée. Lydia transpire, elle ne sait pourquoi. *J'étouffe*

Ses poumons fonctionnent moins bien que normalement, ils peinent à se soulever et à faire entrer de l'air. De minuscules gouttes de sueurs coulent le long de son visage. On pourrait croire que ce sont des Larmes *mais y'a longtemps qu'j'ai arrêté de pleurer*. Elle a chaud, les mains moites, le cerveau vidées de toutes pensées. Elle étouffe.

Quelque chose la retient pour sortir dehors, comme une peur de se retrouver si petite dans le noir. Elle l'a pourtant déjà fait plusieurs fois *mais c'était pas pareil* pour la retrouver Elle.

*J'veux pas sortir.*

Elle ne veut pas penser à quelqu'un qui a brisé son coeur.

*J'étouffe en silence.*

Elle ne veut pas la voir, la fillette sait bien qu'elle ne pourra s'empêcher de se jeter dans ses bras.

*J'veux dormir.*

Elle ne veut plus l'aimer.

L'enfant serre encore et encore son drap dans sa petite main, il deviendra sûrement tout froissé. Elle se tourne un moment, regarde fixement le mur en face puis n'y tient plus. Elle a besoin de respirer.

"Elle se lève, sort."


Lydia avance dans le noir de la nuit et essaye de trouver la porte de son dortoir. Elle appuie sa main contre la poignée et l'ouvre doucement pour ne pas faire de bruit. Si elle reste seule au milieu du couloir tant mieux, si des Autres décident de tout Briser, tanpis. Elle a appris à ne plus prêter attention à rien ces derniers jours. Ça ne valait plus la peine. Plus la peine de se Battre pour quiconque. Puisque quand la fillette a donné son affection et sa confiance à une Ombre, celle-ci a décidé de ne donner aucune nouvelle *et de m'abandonner*.

*


5 mai 2045, 22 heures 30
Couloirs


Elle respire mieux déjà. Sortir dans la Nuit la berce et l'apaise. À la lumière du jour on pourrait distinguer un sourire sur les lèvres de la petite Holmes. La pierre sous ses pieds est dure et froide ; elle râpe cette peau blanche si douce. C'est agréable, ça la fait sentir en Vie.

Elle sait exactement où elle va aller maintenant. *Les Étoiles vont m'aider*. Sa seule certitude, la seule parole à laquelle elle peut se raccrocher encore. Les étoiles sont de jolies choses, comme l'avait dit une fille fantôme, une nuit de février. Les étoiles illuminent l'obscurité du ciel nocturne et rendent plus belle la nuit. Les étoiles réconfortent. Les étoiles pleurent parfois, ces sanglots on peut les retrouver dans ses... *Nan. La ferme.*

Ces sanglots on peut les retrouver dans ses yeux, ce sont plus précisément des Pleurs d'Orion. *C'est fini, c'est fini, c'est fini, arrête de penser à ça, elle t'a jamais méritée*
Elle se répète ces mots pour ne plus la voir partout mais petit à petit tout se transforme en « je ne l'ai jamais méritée ».

Devant la fenêtre du couloir, elle lève les yeux vers le ciel et s'adresse aux astres.

-Aidez-moi...

Mais elle ne peut s'empêcher de chercher la forme du visage de l'Autre, *'s'appelle plus Grande Ombre*, parmi les étoiles.

Viens Danser @Kyana Lewis
Ce sera beau.

#5d9686
Préfète inRP & Purée-en-chef HRP - Bad, on your left !
faire une perle d'une larme

9 août 2020, 23:53
Pleurs d'Orion dans ses yeux  PV + 
I've been walking through
A world gone blind
Can't stop thinking of your diamond mind
Careful creature
Made friends with time
He left her lonely with a diamond mind
And those ocean eyes
Billie Eilish — Ocean Eyes
_____

5 Mai 2045, 22h27,
Couloirs, Poudlard,
2nde année.


Elle attendait cet instant où son cœur battrait plus violemment que jamais. Elle attendait cette lueur rouge dans le coin de son écran, cette annonce qu’un nouvel entremêlement allait commencer. Depuis quelques jours, elle savait que le Pas était écrit, qu’elle l’aurait sous les yeux peu de temps après. Mais elle ne mesurait pas sa hâte, sa fébrilité. Elle n’avait aucunement conscience de ce qu’elle ressentirait en parcourant les lignes de cette troisième Danse.


Tes yeux sont fixés sur l’infinité du monde, au-dehors. Hypnotisée par les ténèbres qui couvrent le monde, tu ne dis rien ; ton souffle comme tes pensées ne produisent pas un seul son. Tu contemples les étoiles et la douceur de leurs lueurs, tentes de retrouver les traits de Petite Ombre dans leurs courbes et leurs doux sourires qui éclairent les cieux.
Près de trois mois qu’elle n’existe qu’en rêve, près de trois mois que son visage t’est resté inaccessible, que tes nuits sont habitées de solitude et que tu contemples la Lune sans la présence rassurante de ton Amie-des-Ténèbres près de toi.
Tes yeux se ferment un instant, doucement, tes yeux de glace disparaissent. La fatigue pèse sur tes paupières mais tu sais que si tu t’allongeais elle s’évaporerait soudainement. Elle t’abandonnerait et te forcerait à passer l’épreuve de la Nuit éveillée, les yeux rivés sur le plafond du Dortoir.
Près d’une demi-heure que tu es ici, les coudes appuyés contre la pierre froide ; que, le visage posé dans tes mains fermées en poings tu fixes le Parc, les frondaisons des arbres agitées par le vent nocturne. Ton regard n’est attiré par rien en particulier, dérive du sol aux cieux sans jamais s’accrocher.


Les notes de velours qui retentissent dans ses oreilles, le son de ses doigts qui tapent furieusement sur le clavier noir, le chatouillis de ses mèches rebelles contre ses épaules, rendent la Nuit plus profonde encore. Elle se sent bien, ici, terriblement émue d’écrire une nouvelle fois sa Protégée submergée par ses sentiments.


Combien de fois as-tu pleuré, les yeux égarés dans la profondeur de la Nuit, en songeant à ton Amie et à la beauté de l’instant que vous avez partagé ?
Combien de cris ton oreiller a-t-il étouffés, alors que tu l’appelais, trop faible pour aller t’allonger dans l’herbe du parc en priant pour qu’elle te rejoigne ?
Combien de fois aurais-tu pu aller fouiller chacun des Dortoirs pour trouver une trace, infime, quelle qu’elle soit, pour avoir un indice de sa présence, pour communiquer avec elle ?

Tu aurais bien essayé de lui écrire un message, empli de poésie comme elle avait su le faire. Mais tes mots auraient été trop maladroits ; elle n’aurait pas compris. Une Autre serait venue à la place ; Petite Ombre serait restée seule.
Tu t’es retenue de murmurer son nom alors que les autres filles allaient s’endormir, pour voir si l’une réagissait. Tu t’es empêchée de l’appeler dans tes rêves, de prononcer son nom, pour ne pas qu’elles voient à quel point son absence te rend faible.
Tu clignes des yeux dans la pénombre du couloir, frémis en entendant un craquement. Le couvre-feu ne t’effraie plus depuis bien longtemps mais tu détesterais te faire surprendre, sans explication rationnelle à offrir comme excuse. Les Autres ne comprendraient jamais l’importance que la Nuit a dans ton cœur ; ils ne saisiraient jamais la puissance de son appel.

Une forme se dessine dans les étoiles, et tu la fixes pendant un instant.


« Cassiopée… »


Sa lumière se reflète dans tes yeux, et une prière muette vient se former derrière tes lèvres. *J’t’en supplie, Cassiopée. J’veux la revoir. J’veux revoir Petite Ombre.*
La solitude pèse sur tes sens comme un poids mort, et le vide formé par la disparition de Petite Ombre forme un grand creux dans ton cœur. Tu portes tes mains à ta poitrine, les serres à la place de là où devrait se trouver le palpitant mais où une cavité exempte de toute émotion demeure. *J’voudrais tellement qu’elle revienne.*

Incroyable de songer à ce que Petite Ombre a chamboulé dans ta vie. A ce qu’elle a fait de tes Sentiments, à la forme qu’elle a donné à ton sourire. A quel point les Étoiles ont pris une importance capitale pour toi ; à quel point il t’est impossible de ne pas aller les contempler pendant plus de quelques nuits sans te sentir sombrer. Tu sais que sans elle tu ne serais sans doute pas là, appuyée contre ce rebord glacé. Que ton envie de vivre ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, si elle ne t’avait pas soufflé ces quelques mots, si elle n’avait pas tenu entre ses doigts pâles tes mains froides.

La Plume sourit. Si la Protégée de son Amie a apporté énormément à la sienne, ce qu’elle a appris grâce à sa Partenaire est incommensurable, innommable. Et elle aura beau tâcher de lui exprimer toute sa reconnaissance, tous les mots du monde ne sauraient tout dire. Il en resterait toujours au fond de son cœur, assez pour engloutir un univers.


« Aidez-moi... »


Le son est aussi bruyant qu’un souffle, aussi silencieux qu’un ouragan ; tu reconnaitrais cette voix entre mille. Effleurant Cassiopée du regard une dernière fois, tu tournes légèrement le visage.
Son profil est tellement parfait. Ses courts cheveux noirs balaient ses joues, sa peau pâle paraît transparente sous la lumière blafarde de la Lune et sa voix brisée la rend plus vulnérable que jamais. Silencieuse comme une Ombre, tu t’approches de l’Enfant-pleine-d'Étoiles, tends la main lorsque tu te trouves à sa portée. Le bout de tes doigts effleure sa pommette, descend jusqu’à la commissure de ses lèvres, puis tu fermes les yeux pour retenir ton émotion en retirant ta main. Sa peau est douce.


« J’t’offrirais les Étoiles, tu sais ? J’t’offrirais la Lune pour qu’on soit réunies pour l’éternité. »


*Tu m’as manqué.*

• ‘til it seemed
that Sense was breaking through — •

ent‘r‘êvée

16 août 2020, 12:47
Pleurs d'Orion dans ses yeux  PV + 
La Nuit l’avait cachée, la Nuit l’avait protégée ; elle cette enfant qui trahissait. L’obscurité protégeait cette Autre, elle avait voulu la rendre invisible et cela avait bien marché. Lydia n’avait pas entendu le bruit de son souffle, elle n’avait pas aperçu ses yeux pleins de lumière. Elle avait demandé aux Astres de l’aider à L’oublier, tout le contraire s’était passé. Au lieu de réduire à néant tous les souvenirs qu’elle avait de leurs rencontres, ils avaient éclairé ce beau visage pour montrer à quel point le destin se jouait de la fillette.

« Regarde la, regarde la !».
*Nan j’veux pas la voir.*
« Mais si, tu rêves d’Elle la nuit. Alors regarde la maintenant. »
*Je… pense plus à elle depuis avril.*
« Menteuse. Tu n’es donc même pas capable de soutenir son regard ? Ses ‘Pleurs d’Orion’ comme naïvement tu les appelles. »
*Si. Seulement j’ai pas envie.*
« Alors fais-le. »
*Mais…*
« Regarde, elle marche vers toi. Montre lui que tu l’aimes encore et toujours. »
*Je l’aime pas. Je l’aime plus.*
« Arrête de te mentir à toi-même. »
*Elle m’a trahie, elle m’a fait mal.*
« Tu t’es fait mal toute seule.»
*Non à cause d’elle. Et de la joueuse de violoncelle.*
« Personne ne t’a rien demandé. Tu te montes la tête toute seule. »
* Ferme-la. J’aime pas cette voix dans ma tête.*


Combat incessant entre les deux parts de lumière et d’ombre qui la composaient. Lutter contre ses pensées avait toujours été difficile pour elle et plus particulièrement quand il s’agissait de son Amie.
Quand la fille s’approcha d’elle, tout son corps s’était raidi. Une sueur froide coulait dans son dos. Lente désintégration qui commençait.
*J’veux pas t’voir.*

Elle se rapprochait, inévitablement. La petite Holmes était figée sur place, comme si ses pieds étaient devenus aussi inertes que la pierre sur laquelle ils étaient posés. Elle aurait voulu lui hurler des insultes mais ses lèvres n’arrivaient pas à s’ouvrir. Elle aurait voulu courir ou lui donner des coups de pieds mais ses pieds ne lui répondaient plus.
Elle aurait voulu l’enlacer mais jamais elle n’allait avoir le courage.
*Merlin, dégage !* Lydia n’arrivait pas à lutter contre son A… Affection ? Amour ?

Les deux enfants se font à présent face. Elles ont toutes les deux détourné les yeux des étoiles pour se regarder. Peut-être parce que chacune considère inconsciemment l’autre comme sa bonne étoile, ou plutôt sa belle étoile ?

L’Autre croit sûrement que rien ne s’est passé, qu’elle n’a rien à se faire pardonner. La petite Holmes aimerait tellement crier toutes les raisons pour lesquelles son cœur est brisé. *Pourquoi j’reste là ? Je peux lui dire que j’la hais, je peux lui dire qu’elle m’a trahie, que j’ai eu mal à cause de son abandon !*

Un changement s’opère dans ses yeux. Ils prennent une couleur plus opaque et plus froide. C’est certain qu’elle ne pleurera pas cette nuit ; ce serait inutile et de toute manière, l’eau contenue dans ses yeux s’est figée en glace. Son regard est dur, elle s’inspire de l’air de Tobias quand celui-ci la grondait. Les Mots, bouillonnant dans sa gorge, s’apprêtent à sortir, à déverser leur lave pour former une harmonie avec les yeux-de-glace. Oui, elle s’apprête à tout lui jeter à la figure afin d’éteindre enfin ces Pleurs d’Orion bien trop beaux et lumineux.

Puis soudain…

Une caresse sur sa peau. Ses doigts de violoniste qui courent le long de sa joue blanche. Tout ce que parvient à balbutier Lydia c’est un :

-Mais…


*Elle me touche ? Qu’est-ce qu’elle fait ?*
Il est doux ce geste. Totalement adorable. Empreint d’Amour. Son cœur ne peut s’empêcher de résonner beaucoup plus fort et puissamment dans sa poitrine. *Arrête de battre !*
Il n’obéit pas et continue sa cavalcade à l’intérieur du corps de la fillette.
Pour que l’Autre ne l’entende pas, elle recule et s’enfonce dans les méandres de l’obscurité. Personne ne doit voir ses joues qui se sont soudainement colorées de rose, personne ne doit sentir l’émotion qui s’est soudainement emparée de ce petit être.

Elle est tant troublée que les paroles de la fille lui parviennent brouillées. Son oreille réussit juste à percevoir « Etoiles », « Lune » et « réunies pour l’Éternité ».
*Toi et moi ?*
Oui, elles-deux. Contre tout. Du moment que leurs doigts sont enlacés et que la Nuit veille sur elles.

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faire une perle d'une larme

16 août 2020, 16:31
Pleurs d'Orion dans ses yeux  PV + 
Ces Mots sont beaux, tellement beaux qu’elle… muette, elle cligne des yeux, une fois, deux fois. Rien ne serait assez puissant pour exprimer cette émotion et le bonheur de lire ces lignes. Alors elle se contente de fixer les paragraphes d’un regard où perce un infini bonheur. Elle ne rendait pas compte d’à quel point Danser comme elles s’apprêtent à le faire lui avait manqué.
Elle jette un regard à la pièce autour d’elle, esquisse un sourire, rabat ses yeux sur l’écran. Elle Sait, elle Comprend sa Protégée. Et ce qu’elle voit la rend heureuse.


Le contact reste ancré dans le bout de tes doigts, pulse sur la peau. La douceur de l’éphémère liaison est plus profonde encore que la caresse dont tu te souviens, en cette belle nuit de janvier, contre l’écorce de l’arbre. De violents tremblements viennent saisir tes mains ; tu déglutis difficilement. Ta respiration se fait plus bruyante, tu respires par à-coups *j’veux pas pleurer, non, pas encore*.
Ton cœur te fait mal, battant chaque seconde plus fort au creux de ta poitrine. Petite Ombre a repris sa place, faisant disparaître la douleur qui t’a tourmentée tant de nuits, rallumant la lueur au fond de tes yeux illuminés par les étoiles. Chaque soir tu redécouvres cette infinité qu’est la Nuit, mais avoir Petite Ombre à tes côtés la rend incroyablement plus profonde. Tu pourrais la contempler des heures en tenant sa main, sans jamais t’en lasser.
Il te paraît qu’avec elle ton corps n’a plus de limite, que tu ne fais qu’un avec l’Univers. Que ta pauvre enveloppe charnelle si étriquée n’est plus rien, que ton esprit devient aussi immense que l’air lui-même.

*Quand on s’ra grande on s’ra des constellations*

La Plume hoche la tête. Ces Nuits qu’elles passent ensemble, main dans la main, sont terriblement puissantes à écrire, et elle en ressort changée à chaque fois. Voir sa Gamine ainsi emplie de bonheur lui procure un sentiment étrange. Longtemps qu’elle ne l’avait pas écrite avec une telle douceur, une telle affection.


Il serait si facile d’affirmer que les gouttes d’eau qui dévalent le velours de tes joues ne sont que des gouttes de pluie. Que le temps se ligue contre vous et qu’une tempête s’apprête à vous séparer. Il serait moins honteux de te persuader que non, bien sûr que non, tu n’es pas faible, qu’évidemment que tu es heureuse de revoir l’enfant qui se tient près de toi, mais que jamais tu ne pleurerais pour ça. Que, lorsque viendrait le moment de t’offrir à Morphée, ton passage dans le monde du Sommeil se ferait sans difficulté et tes rêves ne seraient pas colorés de la couleur de ses yeux, de la saveur de ses sourires.
Oui, tout serait tellement plus facile que de t’avouer que les larmes coulent sur tes joues, sans motif particulier. Que même les bonheurs simples comme celui de revoir l’Enfant-Ombre t’affectent jusqu’au plus profond de ton âme. Et que non, ce n’est pas un bonheur simple mais un instant inouï, hors du temps, qui restera ancré dans ton cœur pendant des mois.

Ses traits vaguement éclairés par la Lune t’arrachent un sourire tremblant.
*C’est un rêve, pas vrai ? Ca peut pas être vraiment elle, elle est trop Belle pour être vraie.*
Du dos de la main, tu essuies doucement les larmes qui continuent de couler, sans retenue ; les sillons précis disparaissent. Dans ton esprit martèle l’angoisse de te réveiller, la terreur d’ouvrir les yeux et de ne voir que le haut de ton lit, le plafond du Dortoir. Les étoiles sont trop lumineuses, la Lune trop souriante, la Nuit trop douce, ça ne peut pas être réel. Même la Vie te semble plus attrayante. *Si je Rêve vraiment, c’est doux. C’est beau.*
Sa voix en revanche existe bel et bien. Elle danse sur tes paupières l’espace d’un instant bien trop court, puis se meurt sans avoir formulé de phrase.

« Mais… »


Son souffle caresse ton visage, et tu sens l’univers bien mieux que jamais auparavant. Tu vois chaque détail de la pierre, tu sens chaque souffle d’air, tu inspires le passé du Château lui-même, et surtout tu te sens vivante. Elle est là et tu la Ressens ; chaque souvenir, chaque image que tu as d’elle, remontent à la surface et valsent sur ta conscience en un rythme effréné.

Elle trouve ça étrange, d'écrire sa Protégée dans une telle Danse alors que la Lune dort encore. C’est perturbant. Elle préfère lorsque les étoiles l’inspirent et que le Silence l’accompagne. Mais elle était incapable d’attendre, et les mots se sont déversés seuls de son cœur.


Ce n’est qu’avec un temps de retard que tu réalises qu’elle a reculé. Qu’elle s’est enfoncée dans les bras rassurants de la Nuit, et que désormais tu ne discernes d’elle qu’une vague silhouette indistincte.
*Reviens, reviens, reviens, j’t’en supplie. J’veux pas m’réveiller, Petite Ombre, seulement te prendre dans mes bras jusqu’à la fin des temps.*
Tu contemples les ombres qui l’entourent un instant, tentes de percer les abîmes où elle se dissimule, essuies une nouvelle fois, doucement pour ne pas Briser, les sillons salés qui glissent sur tes joues.
Tu tends la main vers les ténèbres, la laisses bien vite retomber le long de ton corps. Le filet de voix qui s’échappe de ta bouche est aussi doux que ta caresse.


« Je… Tu m’as manqué et… »


Une courte inspiration, puis tu plantes tes yeux d’hiver dans la noirceur.

« T’es belle, Petite Ombre. »


*L’Univers sans toi, il est terne et sans goût, tu sais ?*

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ent‘r‘êvée

1 sept. 2020, 17:21
Pleurs d'Orion dans ses yeux  PV + 
On ira rattraper Cassiopée.


A l'instant ou elle tend la main, Lydia sait qu'elle ne peut pas lui en vouloir plus longtemps.
A l'instant ou elle tend la main, toutes les étoiles filantes qui attendaient le signe du départ, commencent à dévaler le Ciel et à laisser leurs traînées lumineuses sur le bleu de la Nuit.
A l'instant ou elle tend la main, l'enfant comprend que Grande Ombre ne l'a jamais trahie, c'est seulement le fait de ne plus avoir de nouvelles qui l'a rendue folle.
A l'instant ou elle tend la main, la fillette a soudain envie de la prendre entre ses petits doigts et de l'emmener dans une danse, qui sera certainement aussi belle que celle de la dernière fois.

A l'instant ou elle tend la main, tout disparaît. Il n'y a plus qu'Elles Deux, perdues dans l'obscurité.

Et quand son Amie-des-Ténèbres laisse tomber son bras le long du corps, Lydia doit résister encore une fois à l'envie de se précipiter vers elle. *Mais j'suis là, j'serai toujours là, je te l'ai promis, tu t'en souviens ? J'y arrive pas sans toi. J'avais si mal quand j'te voyais plus que j'étais tout le temps énervée et ma colère se répercutait sur des Autres innocents.*

Tout les mensonges faits à elle-même se retrouvent soudain sur une lumière de vérité. Elle assume enfin ses erreurs, son orgueil trop grand, son respect des Autres trop petit, sa jalousie trop forte et son discernement trop faible. Elle comprend aussi que la Fille-aux-Larmes a été en manque de sa Petite Ombre *j'lui ai manqué*. C'est bouleversant cette sensation de savoir que quelqu'un tenait à elle et désirait seulement de la revoir. C'est bouleversant oui, d'imaginer que ce qu'elle ressentait pour une personne était réciproque. C'est bouleversant, doux, agréable, étonnant, étrange, tout ce qu'on veut. Mais surtout c'est beau.

Lydia n'écoute pas la dernière phrase qu'Elle lui dit. Il n'y a que le chant de la nuit qui réussit à atteindre ses oreilles, le reste elle n'entend pas. En revanche elle imagine ses lèvres bouger et prononcer des Mots à son égard. Rien que cette idée lui donne envie de pleurer et de courir enlacer sa Grande Ombre. Ne voulant pas pourtant que les étoiles voient sa faiblesse, elle décide de ne pas laisser des gouttes d'eau sortir de ses yeux et de choisir la deuxième option.

Un pas.
*Mais si ça s'trouve je vais avoir l'air stupide.*
Elle ferme ses paupières un instant, inspire le plus d'air possible et redresse sa tête.
*J'imagine déjà son odeur, la douceur de sa peau.*
L'enfant voit mentalement la scène. Il lui semble que tout était prévu, qu'elle a déjà vécu cette scène. Elle ne se souvient plus vraiment de la fin mais sait qu'en tout cas, tout se finit bien.

Un deuxième pas.
*Pourquoi j'tremble ?*
Elle fixe un instant Cassiopée - en se penchant un peu, elle arrive à voir la fenêtre du couloir - et suit du regard les points lumineux qui composent ce W.
*Cassiopée, j'vais essayer de te rattraper.*

Lydia se met à courir, d'un pas léger mais rapide.

Tout se passe très vite ensuite. Elle rattrape Cassiopée mais ça la fillette n'en a plus rien à faire. Tout ce qui compte maintenant pour elle c'est de serrer celle qui fait battre son coeur entre ses bras et d'enfouir sa tête au creux de son cou.

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1 sept. 2020, 19:08
Pleurs d'Orion dans ses yeux  PV + 
*T’es belle Petite Ombre.*
Anesthésiée, tes pensées se mourant peu à peu dans les méandres de ton esprit, tu fixes ces ombres qui te séparent de ton Amie et t’empêchent de contempler son visage et ses yeux d’océan. Les bras retombés contre ton corps comme autant d’étoiles filantes, tu observes les ténèbres qui la dissimulent en tâchant de voir à travers elles, de La discerner.
Même rendue invisible par la Nuit elle est belle, te semble-t-il. Elle est tellement vivante, tellement lumineuse, tellement pleine d’Infini qu’elle rend tout l’univers plus chatoyant. Et même si elle se dérobe à ton étreinte, même si elle fuit, elle reste celle avec qui tu vois ton avenir. Celle grâce à laquelle tu vois les Autres et leurs regards pleins de sarcasme d’un autre œil, grâce à laquelle la lueur du Soleil est moins douloureuse.
Même rendue invisible par la Nuit elle est douce. Même rendue invisible par la Nuit ses yeux scintillent. Même rendue invisible par la Nuit elle… elle a autour d’elle une aura, quelque chose de beau et d’indéfinissable, quelque chose qui fait d’elle une Ombre unique et sublime.


« Bordel, mais je… », ne peut-elle s’empêcher de penser. Le pressentiment qu’elle a, la certitude qui commence à s’imposer dans son cœur, lui fait un peu peur. Dans quoi sa Gamine s’est-elle embarquée ?
Elle n’essaie pourtant pas de la raisonner, de lui faire emprunter un autre chemin : il est hors de question qu’elle impose sa volonté à sa Protégée, hors de question qu’elle s’immisce dans cette relation.


*T’es belle Petite Ombre*
Incapable de bouger ou de prononcer le moindre son, tu te contentes d’observer, du coin de l’œil, la course des étoiles, les lueurs mordorées que les rares torches jettent sur le sol, les cieux enténébrés. Tes pensées se sont tues un instant, laissant ton esprit vide de tout sauf de l’émotion palpitante qui étreint tout ton Être. Elles ont quitté ton âme et libéré ton cœur ; tu laisses un léger sourire étirer tes lèvres.
*J’suis Vide de tout sauf d’Elle, et c’est beau. J’veux pas me séparer d’ce truc qui fait battre mon cœur, c’est trop lumineux.*

Soudainement elle avance, et tu écarquilles les yeux. Elle s’offre à la lueur de la Lune ; ses cheveux d’ébène resplendissent sous le faible éclairage. Sa robe simple, flottant sur son corps, bat contre ses jambes alors qu’elle met un pied devant l’autre, qu’elle se rapproche un peu plus de toi.
Le choc est violent. Malgré tes espérances et tes prières, jamais tu n’aurais imaginé Petite Ombre t’enlacer aussi brusquement, et, saisie, tu restes raide un court instant.
Droite et fière tandis qu’elle serre ses bras autour de tes épaules, hautaine et distante pendant qu’elle dépose son front au-dessus de ta clavicule, froide et digne quand elle se laisse aller contre toi.
Comme incapable de croire à l’élan, à la volonté, à l’amour, qui l’ont poussée là.
*Comme quand on a dansé, l’autre jour. C’était presque aussi incroyable.*

Peut-être cette étreinte est-elle seulement destinée à te faire taire. A empêcher les mots de couler de ta bouche, à retenir les phrases inspirées par le calme de la nuit. Peut-être Petite Ombre veut-elle juste que tu ne parles plus, pour que vous écoutiez ensemble les sons de la Nuit.
Ou peut-être qu’elle aussi, elle voulait réellement te revoir. Peut-être qu’elle aussi, elle a rêvé, elle a été incapable de dormir, à cause de vos souvenirs communs. Peut-être que ton absence l’a rendue pleine de ces maux qui taraudent les enfants, qu’elle est encore confondue par ces moments vécus ensemble.


Elle ferme les yeux. Elle savait qu’il se passerait quelque chose. Que l’Enfant ferait quelque chose d’aussi inespéré que stupide. D’aussi beau qu’inévitable. Elle s’arrête un instant d’écrire, de laisser ses doigts courir sur le clavier ; elle songe un instant. Grâce à cette Plume, grâce à leurs écrits, elle réalise que sa Gamine a de la chance, tout de même.
Qu’elle ne mérite pas sa Petite Ombre et que pourtant elle la tient là, dans ses bras.


Tu laisses ton visage tomber contre son épaule.
Les larmes continuant de couler sur ta peau pâlie par les douleurs, le souffle court et le cœur battant.
Tes mains crispées l’une sur l’autre, au milieu de son dos, la serrant contre toi, peut-être un peu trop fort.
L’espace d’une courte éternité, tu te tiens là, faible face à cette gamine qui paraît tout comprendre, tremblante d’émotion et incapable de reculer, de bouger, de cligner des yeux, presque de respirer.
Les sanglots alourdissent ta poitrine mais ton esprit est pourtant léger, car Elle est là. Petite Ombre est là, contre ton cœur, et elle le restera jusqu’aux prochaines années lumières.
*C’est c’qu’elle a dit, pas vrai ?*

Tu dégages ton visage du tissu, relâches les muscles de tes bras et libères l’enfant. Tu t’écartes très légèrement, d’un pas hésitant, plongeant ton regard de glace dans le sien, si proche.
*Je… je crois que j’t’aime.*
Tu avances à nouveau ton visage. Comme prise par un réflexe soudain, comme poussée par une intuition qui n’est pas la tienne. Tu fermes les yeux, très fort, et déposes tes lèvres contre les siennes.

Elle suffoque. Mais l’univers est beau. Alors elle se tait, et elle sourit.

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ent‘r‘êvée

7 sept. 2020, 10:16
Pleurs d'Orion dans ses yeux  PV + 
Elle est bien là comme ça, perdue au creux de son cou. Elle se sent à l'abri de toutes les menaces, tous les dangers existant dans le monde. Elle voudrait rester là, pendant longtemps, *jusqu'aux prochaines années lumières*. La vie est belle quand deux Ombres sont réunies et que Cassiopée les contemple, avec douceur et bienveillance.
La vie est belle quand on est une de ces Ombres et que celle qu'on aime de tout son cœur en est une aussi. *J'resterai toujours Petite Ombre pour toi. C'est mon deuxième nom maintenant tu sais ? Mais j'le préfère presque plus que le premier. Y'a quelque chose de beau et d'unique qui s'en dégage.* Ce nom est son pseudonyme d'aventurière dans la Nuit. Il lui permet de garder l'anonymat et d'être elle-même, un peu plus que pendant la journée, quand l'enfant est au milieu des Autres. Ce nom retentira toujours à ses oreilles comme la première fois qu'il a été prononcé. Une nuit de janvier, ou il faisait froid, ou sans le savoir elle avait fait la rencontre la plus incroyable de sa courte existence. La voix de celle qui l'avait prononcé était brisée, désespérée. Elle avait chanté les mémoires d'un ange déchu, juste auparavant. Ces souvenirs lui paraissent si loin et en même temps si près.

Son Amie s'écarte soudain de Lydia et la regarde un instant. Dans ses yeux se reflètent des milliers d'étoiles, scintillantes. Dans ses yeux se reflète quelque chose, un sentiment. *Je suis pas qu'une Autre pour toi ?* Elle n'a pas vraiment conscience que celle qu'elle aime a un regard tout particulier quand elles sont toutes les deux réunies. A vrai dire la petite Holmes ne sait pas encore, elle ne maîtrise pas à quel point le Lien les unissant est fort et indestructible. Mais elle en prend conscience quand les lèvres de la deuxième Ombre atterrissent soudainement sur les siennes.

Les étoiles n'ont plus d'importance, elles se confondent même avec le noir de la Nuit. Ses Pleurs d'Orion, eux en revanche, brillent encore plus fort que d'habitude.

*Je...*

Elle ne sait plus rien. Elle n'est plus rien. Il n'y a plus rien qui compte. Rien. Et au milieu de ce Chaos, Elle est là. A l'embrasser, à poser ses lèvres sur les siennes.

*Je t'...*

Impossibilité de penser. Elle a l'impression de n'être qu'un Corps, en apesanteur dans la Galaxie. Le moindre mouvement pourrait réveiller toutes les Étoiles qui sont profondément endormies, bercées par le chant des planètes.

*Je t'ai...*

La fillette n'est plus qu'une automate, anesthésiée de toutes pensées ou réactions. Seule une parole tourne en boucle dans son cerveau. *Je t'aime.* Elle sait qu'il faut lui dire, maintenant. Alors elle se dégage lentement de l'étreinte si douce, si belle.

- Je t'aime.

Et elle plante ses yeux dans les siens. Elle a envie de pleurer, un peu. Envie de pleurer devant la beauté de cet instant.

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faire une perle d'une larme

25 sept. 2020, 19:31
Pleurs d'Orion dans ses yeux  PV + 
Down by the river by the boats,
Where everybody goes to be alone.
Where you won't see any rising sun,
Down to the river we will run.
______


L’Amour.
L’Amour. Est-ce vraiment cela qui habite mon cœur, en cet instant ?
L’Amour. Est-ce vraiment lui qui agite mon corps de mille troubles, sous le regard de Cassiopée ?
L’Amour. Est-ce cela, la douce torture qui étreint mon âme ? Est-ce l’enfant qui me fait face, et qui pose ses lèvres sur les miennes, qui me procure de telles émotions ?

L’Amour. Jusqu’ici, ça n’existait pas. Jusqu’ici, ce n’était qu’un mot flottant dans un infini insipide et sans nom ; ce n’était qu’un Monstre parmi tant d’autres. Ce n’était qu’une promesse en laquelle je ne croyais plus depuis bien longtemps, un désir qui habitait seulement les cœurs les plus faibles.
Et pourtant, je crois qu’il m’a pris, désormais. Je crois qu’il m’a emportée, qu’il ma contaminée, et c’est amusant parce que je ne veux plus qu’il parte. Je veux sentir la présence de Petite Ombre près de moi pour l’éternité, je veux que l’on soit ensemble et que jamais rien ne nous sépare. Je veux pouvoir fuir la violence d’un monde qui, j’en suis à présent convaincue, n’est pas le mien, m’échapper un instant et retrouver ses bras, ses yeux et ses mots. Je veux pouvoir la protéger et me sentir en sécurité avec elle.

L’Amour. Est-ce cela, qui palpite dans la moelle de mes os, qui fait valser l’intégralité de mon Intérieur et m’empêche de penser ?
Je crois bien.
Oui, j’ai l’impression qu’en cet instant, c’est l’Amour qui m’habite. Et je ne suis pas prête à m’en défaire.
Quelques mots jetés sur le papier par la Gamine, un soir de Mai, sous la Lune. —


L’instant est si long, et pourtant si court. Si long ; tu le verrais terriblement bien s’étirer pour l’éternité, que la Nuit se taise et vous laisse, vous enveloppe de ses bras jusqu’aux prochaines années lumières. Si court ; ton cœur tremble à l’idée que l’Ombre se détache de toi, s’éloigne et laisse le Silence s’insinuer entre vos deux Corps, ton âme frémit à la pensée qu’un jour, vous serez séparées, que tes mains ne seront plus serrées dans son dos, tes doigts entrelacés pour ne pas qu’elle s’éloigne.
La Nuit vous contemple avec ce calme qui la caractérise. Elle vous observe de ses yeux de ténèbres, muselle les Etoiles qui rient de votre étreinte maladroite. La Nuit, pleinement rassurée, laisse un sourire flotter sur ses lèvres d’abîme, laisse son visage s’illuminer.

Ton souffle, empli de sanglots, s’égare pendant un instant. Incapable de respirer, tu t’abandonnes entièrement à l’étreinte qui assemble vos deux âmes, qui les lie pour l’éternité. Tu te laisses aller, gardes les yeux clos, et attends l’arrivé de l’Infini censé accompagner votre baiser.
Un tremblement vient courir le long de ton dos. Adrénaline ou crainte ? Incapable de le définir entièrement, tu te contentes de frémir, de le sentir refroidir ton dos et remonter jusqu’à ta nuque.
Une pensée vient s’imposer à l’instant où il disparait.
*On va devoir partir. On va devoir recommencer à vivre comme si de rien n’était, comme si cet instant avait pas existé. Je… Comment j’vais faire, Petite Ombre ? Comment j’vais faire ?*

La supplique résonne encore dans ton esprit quand Elle s’écarte. *C’est ça l’Amour ?*
A la fois désespérée et comblée d’infini, sans qu’un seul mot parvienne à franchir la barrière de tes lèvres, tu fixes ses cheveux d’ébène et ses yeux d’océan, sans ciller. Comme des centaines de fois auparavant, tu admires son visage nimbé de ténèbres, incertaines quant à sa réalité. Petite Ombre est-elle un rêve ?
Tu secoues doucement la tête. Non, c’est impossible. Tu te sais absolument incapable d’imaginer une telle douceur sans l’avoir vécue ; Petite Ombre est forcément là, dans ce couloir, la lueur de Cassiopée se reflétant dans son regard, sous les étoiles. Petite Ombre était là, il y a un instant, et tu as posé tes lèvres contre les siennes.


« Je t'aime. »


*Tout est dit.*
Petite Ombre a résumé en un mot l’interminable procession de pensées qui venaient frapper à la porte de ta conscience. Petite Ombre a su ignorer les questions, éviter les certitudes pour t’affirmer cela, en un murmure.

J’aurais aimé te répondre en un cri, te hurler que moi aussi, bordel, j’étais dévastée par l’Amour. Que moi aussi, je me sentais anéantie par ce qui venait de se dérouler, par ce baiser d’un beauté inégalée. Que moi aussi, putain, je t’Aimais, et que personne ne pourrait aller à l’encontre de mes paroles.
Pourtant, je suis restée muette, tu sais. J’ai gardé la bouche fermée parce que j’étais absolument incapable de prononcer le moindre mot. Je me suis tue et j’ai cligné des yeux, doucement, deux fois ; j’ai continué d’admirer ton visage alors que tes paroles se frayaient un chemin jusqu’à mon cœur pour s’y graver au fer rouge.
Pourtant mes lèvres sont restées closes, parce que rien n’aurait su exprimer ce que je ressentais réellement.
Je ne t’ai rien dit, alors que tu attendais sans doute quelque chose.
J’ai seulement essuyé la larme qui, intrépide combattante, s’était aventurée jusqu’au bas de ma joue, d’un geste lent et léger.
La Gamine se sent tomber en écrivant ces mots, mais il faut qu’elle les pose sur le papier. Elle sourit
malgré tout, se remémorant chaque seconde de cet instant qu'elle a vécu, et continue de laisser courir sa plume sur le parchemin. —


Ta main, tremblante, dilue le cristal qui s’apprêtait à tomber sur le sol de pierre froide. Tu laisses tes lèvres s’étirer en un sourire un peu hésitant, sens ton visage rougir, et inclines la tête.
Tes joues chauffent, mais protégée par les ténèbres de la Nuit, tu ne tentes même pas de te cacher, gardant tes yeux fixés dans ceux de l'Enfant-Infini.


« C'était... C'était doux. »

• ‘til it seemed
that Sense was breaking through — •

ent‘r‘êvée

12 oct. 2020, 19:48
Pleurs d'Orion dans ses yeux  PV + 
« Alors maintenant, j’écris pour Toi. »

Nekfeu - Ecrire


Deux enfants qui se rencontrent. Deux enfants qui apprennent à se connaître. Deux enfants pas vraiment pareilles que les Autres, plus rêveuses, plus mélancoliques, plus tristes. Deux enfants qui dansent et enlacent leurs mains en se jurant de ne jamais se quitter.

Et ces deux enfants, une nuit, deviennent deux Ombres. Qui s’aiment.

Elle aimerait recommencer ce baiser. Il voulait tout dire ce baiser, y compris les trois mots que Lydia a ensuite prononcé. *Un baiser c’est l’point qu’on met sur le i du verbe aimer.* Elle se rappelle l’histoire de Cyrano de Bergerac que sa mère lui avait raconté. Une belle mais triste histoire. Apparemment l’amour est beau et triste, à chaque fois. *Pourtant là, c’est juste… Beau.* Elle ne veut pas que cette nuit devienne triste, que des souvenirs moroses s’incrustent comme la dernière fois. *Hein, elle est juste belle cette nuit ? Pas triste.*

Ses traits changent quand elle La voit pleurer. La fillette a l’impression qu’on lui arrache brusquement son cœur, qu’on le tord en mille morceaux. *Pleure pas, s’il te plaît pleure pas.* Voir une larme couler le long de cette jolie joue lui donne envie d’attraper la Lune pour réconforter Grande Ombre. *Oui si tu veux, j’t’offre la Lune. Et j’accroche des étoiles à ton cou, ça t’fera peut-être plaisir.*
Elle sait très bien que même avec tout l’or du monde, son amie ne sera jamais plus belle que maintenant. Les Autres quand ils pleurent ont les yeux rouges, reniflent sans arrêt et paraissent pathétiques. Alors qu’Elle, reste magnifique. Encore plus touchante que quand, indécise, elle cherche sa Petite Ombre du regard à travers les différentes constellations. *Mais même si t’es belle, je veux pas que tu pleures.*

En songeant soudainement que peut-être, l’enfant pleure à cause d’elle, la petite Holmes sent ses jambes devenir cotonneuses. Elle aimerait la relever, lui assurer qu’elles sont toutes les deux, qu’elles sont belles et que pleurer ne sert à rien. Seulement aucun mot ne sort, juste la pensée *que je suis faible* subsiste. Elle prend sa main et la serre, jusqu’à lui faire mal. Il ne faut pas qu’elle pleure, il faut qu’elle se relève. *On a b’soin d’équilibre pour danser.*

Lydia serre encore et encore cette paume. Les plis de sa peau lui racontent toute la vie de celle qui lui fait face. Elle voit l’absence qu’a causée sa mère quand la femme s’est endormie à tout jamais dans un sommeil sans rêves et éternel. Elle ressent la tristesse qui a envahi ce corps quand sa sœur est devenue une Autre, quand Maë l’a rejetée à cause de sa différence. Puis dans cette paume se traduit aussi tout son amour pour sa Petite Ombre, toutes les nuits passées à penser à elle en observant les fins traits de Cassiopée.

Elle lui dit que ce moment était doux. *Tu pleurais pas ?* Si, la Fille-aux-Larmes pleurait. Mais pas de tristesse, seulement d’émotion. La gorge nouée, Lydia ne peut résister à l’envie de l’enlacer encore.

- Mais tu sais… J’crois que ce sera toujours doux avec toi.

*Parce qu’on se reverra. On s’écrira. T’es aussi lumineuse qu’une Etoile et sans toi j’serai rien. Oui j’crois que je t’aime. Et c’est la plus belle chose qui soit arrivée dans ma vie.*


Je crois que c'est la fin de mon côté...
Merci. Pour tout ; pour Lydia et pour moi. Tu es une des plus belles rencontres que j'aie jamais faite.

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25 oct. 2020, 17:36
Pleurs d'Orion dans ses yeux  PV + 
Cette Nuit-là, j’ai cru entendre des rires.
Cette Nuit-là, il m’a semblé que même enfermées dans le Château, que même retenues par le Monde qui nous rejetait et nous entravait à la fois, que même guettées par le couvre-feu et les sanctions, on pouvait entendre les étoiles se réunir. Et que même nous, Ombres insignifiantes parmi d’autres, avions notre place dans leurs bras, à éclairer le ciel de nos sourires d’argent.
Cette Nuit-là, il m’a semblé que l’Univers nous appartenait, à Elle et à moi. Qu’il n’attendait qu’une chose ; que nous venions l’enlacer et se blottir avec lui pour l’éternité.
Cette Nuit-là, j’ai senti un intense vent de liberté, un besoin de m’envoler avec Elle, seulement Elle, pour rencontrer les nuages et la Lune.

Cette Nuit-là, c’était une Nuit de douceur, où seul le silence pouvait exprimer ce que nous ressentions. C’était un moment hors du Temps, un moment où nous étions ensemble et où rien ne pouvait nous atteindre. Un moment où les soucis du Monde ne nous atteignaient plus, où les angoisses oppressantes se tenaient loin de nous et où la tristesse n’était plus qu’un mot sans sens.
Des Nuits comme celle-là, je n’en ai que trop peu vécues. Je n’ai que trop rarement désiré toucher les étoiles du bout des doigts en les croyant miennes, je n’ai jamais senti mon cœur s’arrêter en sentant une présence comme celle de Petite Ombre à mes côtés pour contempler Cassiopée.

Oui, les rires de cette Nuit-là, c’étaient ceux qu’avaient laissé échapper les constellations. Certaines que personne ne pourrait les entendre, elles se sont laissées aller à exprimer leur joie, sans doute leur jalousie, de nous voir réunies.
J’ai surpris les constellations rire, mais je crois que je garderai cela dans mon cœur. Que je n’en parlerai jamais, pas même à Elle, pas même à Eux, parce que je veux que le bonheur des étoiles soit un secret seulement percé par moi. Que la jalousie des étoiles soit perceptible par une seule Ombre.
Que la seule personne à avoir vu leurs sourires, à avoir entendu leur voix cristallines, soit cet Être bancal, un peu trop frêle, un peu trop hésitant ; cette gamine qui porte sur ses épaules maigres des tas de douleurs.
L’encre s’écoule, encore et encore, alors que l’enfant qui écrit à la lueur de la Lune pense à sa Moitié-d’Âme. —


Dans la main qui serre la tienne, tu puises une force terrible, capable de soulever les montagnes, prête à ébranler les cieux. Dans la main qui empoigne la tienne, tu vois l’avenir plus lumineux qu’il ne l’a jamais été, tu comprends le Monde et te sens prête à tout affronter, même la dureté des Autres. Dans la main qui tient la tienne, tu ressens à nouveau la fusion qui avait transcendé vos deux Corps, tu vois à nouveau l’écorce qui avait lié vos deux paumes et assemblé vos âmes.
Et grâce aux mots qui, ensorcelants, envoûtants, tournoient dans ton esprit, tu saisis l’étendue de la fusion de vos esprits. Tu vois l’étendue de son amour pour toi ; de ton amour pour elle. Tu souris à l’univers, embrasses ton bonheur retrouvé, te laisses submerger par l’émotion qui fait battre à nouveau ton cœur, qui te rend plus vivante que jamais.


*Tu m’as ramenée à la Vie, Petite Ombre.*
Son corps contre le tien, ses bras qui t’enlacent, veulent tout dire. Ses mots, doucement murmurés au creux de ton oreille, te font fermer les yeux.
*Toujours, avec moi ; toujours, avec moi ; toujours, avec moi.*
Le visage blotti contre l’épaule de la Gamine qui parvient à te rendre la vie, l’émotion et l’amour, qui trouve les paroles parfaites pour exprimer ce que tu ressent, tu te laisses aller. Tes larmes s’en vont, et la sérénité s’empare de l’intégralité de ton corps, te faisant baigner dans un infini doux. Tu te laisses emporter par le son qu’elle émet, la gardes serrée contre toi.

Je te dois tout, Enfant-des-Ténèbres. Je te dois ma santé mentale, mon bonheur, ma vie. Je te dois tous les mots que tu m’as offerts. Je te dois l’intégralité des étoiles, et la Lune que je t’offrirai en pendentif. Je te dois un manteau découpé dans le néant de la Nuit, une caresse sur le dos de la main et un autre baiser. Je te dois des pages et des pages, écrites de la pointe tremblante de ma plume, des larmes de plénitude et de douceur. Je te dois un nouvel univers, où l’on s’installera, et où l’on vivra pour l’éternité, maîtresses des cieux et du Soleil.
Je te dois tout ce que tu n’as pas eu, et plus encore.
Merci, Enfant. Merci, Être Aimé. Merci, Sœur d’Âme.
Une dernière larme tombe sur la pierre, et elle pose sa plume. Elle est prête à tout pour revivre de tels instants ; elle se battra jusqu’à la mort s’il le faut pour permettre à Petite Ombre d’être à ses côtés. —


_____
Oui, chère Plume, laissons ces enfants à leurs Instants ; nous leur devons bien cela.
Merci à toi, ce fut encore une fois un tourbillon d'émotions que tu m'as offert là.
Elles sont belles, nos Gamines, et tu l'es tout autant.

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