« À au moins minuit dix ! »

VENDREDI 3 MARS 2045
00H10

Feat. @Kyana Lewis


« J'ai oublié quelque chose. J'ai oublié quelque chose. J'ai oublié quelque chose. »

Je sais que ça fait depuis que je me suis couché que je me répète ça et que je n'ai probablement rien oublié mais je sens que j'ai oublié quelque chose. J'ai oublié quelque chose.

Je me tourne et me retourne dans mon lit en essayant de me convaincre que j'essaye de dormir. Mais je sais que c'est faux : je sais que mon cerveau préfère amplement chercher ce qu'il a bien pu oublier en m'empêchant de dormir. Foutu cerveau.

« Oh. Mince. »

C'est bon, l'éclair de lucidité tant attendu m'a frappé de plein fouet. Je sais ce que j'ai oublié.

« Le devoir... D'Histoire. »

Je me redresse d'un coup et cherche à tâtons ma baguette avant de murmurer un petit « Lumos. » pas trop éclairé. La montre mécanique posée sur mon chevet affiche la terrifiante heure de minuit dix.

« 'Chier. »

Je fais tâtonner mes pieds jusqu'à mes baskets, je les enfile le moins proprement au monde et je coince ma baguette entre mes dents pour farfouiller dans mon sac en quête dudit devoir.

« Ah bah bravo, Ed', super pour l'organisation ! C'est pas comme si le devoir était à rendre dans huit heures, en plus, noon ! »

Je m'empare du parchemin avant de me redresser vivement et de me diriger vers la sortie des dortoirs sans prendre la peine d'être discret.

« De toute façon, ils ont un sommeil de mammouth dans ce dortoir. »

Direction bibliothèque.

Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini

« À au moins minuit dix ! »
Serre les dents putain,
Montre que t'es pas un pantin
Tu peux faire c'que tu veux,
Vas-y explose et fous l'feu.
Eddy de Pretto — Grave
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3 Mars 2045, 00h10,
Couloirs, Poudlard,
2nde année.

Tu ouvres un œil, puis l’autre. Tournes le visage, sens le froid de la pierre contre ta joue. Tes paupières, encore lourdes de sommeil, sont presque douloureuses, et il te faut un effort considérable pour les garder ouvertes. *Qu’est-ce que j’fous là, exactement ?*
Tes sourcils se froncent d’eux-mêmes, tu clignes des yeux, tends le bras, rencontres un obstacle. Un bruit sourd accompagne le choc que tu ressens dans ta phalange, et, encore perdue dans l’univers de tes rêves, tu hésites.
*Une… armure ? Mais qu’est-ce que…*
Le froid du métal vient courir sur ta peau, confirmant ton intuition, et un long soupir t’échappe. L’incompréhension fait lentement place à un profond sentiment d’exaspération que tu ne comprends pas tout de suite.
Tournant la tête à gauche, puis à droite, inclinant un peu le buste pour voir la fenêtre qui se tient face à toi, tu contemples le ciel étoilé d’un œil perturbé.
*J’ai… vraiment dormi derrière une armure ?*

« Putain… »


Le mot est soufflé, chuchoté, exprimant l’étendue de ta stupidité. Tu contemples le couloir d’un regard critique, certaine de voir apparaître dans l’un des coins un préfet dissimulé, un professeur, et sens un frisson parcourir tes épaules. Les feuilles qui étaient auparavant soigneusement ordonnés sur tes genoux sont à présent éparpillées en tous sens, autour de tes jambes ; ta plume est posée à même le sol.
Tu inclines le visage, tends l’oreille sans percevoir le moindre bruit qui vienne perturber la tranquillité de la nuit. Rassemblant les parchemins disparates, tu te redresses, tâches tant bien que mal de te remettre sur tes pieds, le corps encore envahi de sommeil.
La dureté de la pierre de rappelle à tes muscles qui gémissent de douleur alors que tu te lèves. Le plus silencieusement possible, tu grimaces, esquisses un pas, puis deux.


*J’ai pas vraiment l’droit d’être là*, et ce songe t’accompagne quelques mètres. D’ordinaire, la Nuit, tu te sens bien plus à l’aise, mais ce soir, alors que cette sortie se trouve totalement imprévue et dérangeante, tu ne sais pas quoi faire. Rentrer au dortoir, au risque de réveiller les Autres, de te faire dénoncer ? Entreprendre de rejoindre ton Amie-des-Ténèbres, qui te manque tant ? Retourner dans ton coin derrière l’armure, et reprendre ton écriture ou le fil de ton rêve ? Soudainement immobile, tu réfléchis, incertaine quant à la marche à suivre. Ton hésitation, perceptible dans ton air interrogatif et ta posture nerveuse, se mue bientôt en détermination, et tu commences à marcher.

Un son. Bruits de pas.
Bien plus discrète que quelques secondes auparavant, tu avances en plissant les yeux. L’Autre qui se trouve là est ou bien un professeur ou bien un élève particulièrement mal réveillé et très peu discret. Rasant les murs, tu poses un pied devant l’autre le plus doucement possible.
Parvenue à l’angle du couloir, tu écarquilles les yeux en apercevant le garçon qui se tient là, acharné à ouvrir la porte de la Bibliothèque.
*Et lui, il fout quoi là ?*
Pendant un court instant, tu restes là, à le contempler, un petit sourire venant courir sur tes lèvres lorsque tu vois ses vains efforts pour débloquer la serrure. Puis, sortant de l’ombre, tu t’avances vers lui en murmurant tout près de son oreille :

« T’es vraiment sûr que tu veux dormir dans la Bibliothèque ? Y’a des Dortoirs pour ça, t’sais. »


Ta tentative d’humour te surprend toi-même, mais tu ne fais rien pour modifier tes paroles. Certaine de le voir sursauter avec un air apeuré, tu croises les bras en fixant ton regard de glace, empli de moquerie, sur son dos.

• ‘til it seemed
that Sense was breaking through — •

ent‘r‘êvée