Pensées en tyrolienne
10 février 2046 — peu après minuit
Couloirs — Poudlard
5ème année
Minuit a déjà sonné lorsque je me glisse hors de la Salle Commune. Zikomo et Nyakane ne dorment pas encore. Le premier m’a regardé partir ; ses yeux brillaient d’inquiétude. Il aurait aimé m’accompagner, je le sais, mais je ne lui ai pas proposé, pas plus qu’il ne l’a fait — de toute façon, j’aurais refusé, comme je refuse la plupart de ses propositions depuis trois semaines. Le Serpentaire, lui, n’a rien dit. Je n’ai pas trouvé trace, dans le regard qu’il m’a lancé, du jugement que j’y attendais. Il s’est contenté de hocher la tête, comme pour me souhaiter la bonne soirée ou pour m’encourager dans ma démarche. Ce qui est idiot puisqu’il ne sait pas ce que je vais faire.
À vrai dire, je ne le sais pas non plus. Ce soir est un soir qui m’a appelé à sortir alors je suis sortie. Je rechigne pourtant à me rendre près de l’Ombre de la mort, comme il m’arrive de le faire quand je sors à cette heure-là. Je n’y suis plus retournée depuis ma dernière rencontre avec Loewy. Ce n’est pas pas peur, pas du tout. Peut-être est-ce une question de fierté. Quand je m’approche du tableau, mon ventre se noue et mon coeur frappe contre ma cage thoracique. Et quelque chose de très puissant me fait faire demi-tour. Je n’ai pas envie de m'appesantir sur ces pensées ce soir.
Il n’y a pas pléthores d’activités à faire dans les couloirs la nuit et mon intention n’est pas de perdre mon temps à me balader. Le pire qui pourrait m’arriver serait de croiser un abruti qui commencerait à me faire la conversation ; quel ennuie cela serait ! Je préfère encore tomber sur un adulte. De toute façon, je me fous de ce que l’on peut me dire, je me fous de ce que l’on peut penser. Et si je tombe sur Loewy ? Bah ! que dirait-elle ? Hein, que pourrait-elle dire ? Bordel, ne pas savoir me donne envie de crier. J’aimerais pouvoir deviner la moindre de ses actions mais j’en suis incapable. Incapable également d’empêcher mes pensées de se tourner vers elle, on dirait.
Naturellement, mes pas prennent le chemin de la bibliothèque. Voilà une chose intéressante à faire lorsque l’on enfreint le règlement, aller fouiller dans la Réserve. Au moins, là-bas je cesserais de penser. Je ne fais que cela, penser. Alors que depuis septembre, j’ai un rythme de travail harassant, ces dernières semaines m’ont vu réfléchir. Ce n'est pas de la réflexion productive, celle qui me fait étudier de bons gros ouvrages ou qui me fait songer à la Magie. Non, c’est de la réflexion inactive. Je m’assoie sur le rebord d’une fenêtre, dans un couloir à l’écart de la population fatigante de Poudlard, et le regard perdu dans le paysage je songe à la magie noire et à cette première étape dont m’a parlé Loewy. Je crois que moi et elle avons une façon très différente d’appréhender cette magie et je n’arrive pas à savoir si elle veut m’imposer sa façon de voir ou si elle essaie de me conseiller. Je ne sais pas, je ne sais plus, j’ai l’impression de me prendre la tête avec des questions idiotes alors qu’il suffirait que je me lance, par la barbe de Merlin !
Un soupir franchit mes lèvres tandis que je m’éloigne des tonneaux refermant la Salle Commune. Je marche lentement, l’oreille dressée pour prévenir la moindre arrivée et frôlant les murs au cas où. Ma baguette est sagement rangée dans ma poche, je ne me repère qu’à la maigre lumière qu’offrent les torches accrochées aux murs. Les courants d’air sont frais, ici, et je frissonne malgré ma cape épaisse et l’écharpe que j’ai passé autour de mon cou. Peut-être aurais-je dû enfiler autre chose que mon pyjama mais en sortant du lit je n’ai pas eu le courage de me changer. De toute façon, une fois dans la Réserve à m’abreuver de savoir le froid n’aura plus la moindre importance.
Totalement libre pour qui veut !
La seule chose que je désire, c’est terminer ce RP dans un temps raisonnable.
Couloirs — Poudlard
5ème année
Minuit a déjà sonné lorsque je me glisse hors de la Salle Commune. Zikomo et Nyakane ne dorment pas encore. Le premier m’a regardé partir ; ses yeux brillaient d’inquiétude. Il aurait aimé m’accompagner, je le sais, mais je ne lui ai pas proposé, pas plus qu’il ne l’a fait — de toute façon, j’aurais refusé, comme je refuse la plupart de ses propositions depuis trois semaines. Le Serpentaire, lui, n’a rien dit. Je n’ai pas trouvé trace, dans le regard qu’il m’a lancé, du jugement que j’y attendais. Il s’est contenté de hocher la tête, comme pour me souhaiter la bonne soirée ou pour m’encourager dans ma démarche. Ce qui est idiot puisqu’il ne sait pas ce que je vais faire.
À vrai dire, je ne le sais pas non plus. Ce soir est un soir qui m’a appelé à sortir alors je suis sortie. Je rechigne pourtant à me rendre près de l’Ombre de la mort, comme il m’arrive de le faire quand je sors à cette heure-là. Je n’y suis plus retournée depuis ma dernière rencontre avec Loewy. Ce n’est pas pas peur, pas du tout. Peut-être est-ce une question de fierté. Quand je m’approche du tableau, mon ventre se noue et mon coeur frappe contre ma cage thoracique. Et quelque chose de très puissant me fait faire demi-tour. Je n’ai pas envie de m'appesantir sur ces pensées ce soir.
Il n’y a pas pléthores d’activités à faire dans les couloirs la nuit et mon intention n’est pas de perdre mon temps à me balader. Le pire qui pourrait m’arriver serait de croiser un abruti qui commencerait à me faire la conversation ; quel ennuie cela serait ! Je préfère encore tomber sur un adulte. De toute façon, je me fous de ce que l’on peut me dire, je me fous de ce que l’on peut penser. Et si je tombe sur Loewy ? Bah ! que dirait-elle ? Hein, que pourrait-elle dire ? Bordel, ne pas savoir me donne envie de crier. J’aimerais pouvoir deviner la moindre de ses actions mais j’en suis incapable. Incapable également d’empêcher mes pensées de se tourner vers elle, on dirait.
Naturellement, mes pas prennent le chemin de la bibliothèque. Voilà une chose intéressante à faire lorsque l’on enfreint le règlement, aller fouiller dans la Réserve. Au moins, là-bas je cesserais de penser. Je ne fais que cela, penser. Alors que depuis septembre, j’ai un rythme de travail harassant, ces dernières semaines m’ont vu réfléchir. Ce n'est pas de la réflexion productive, celle qui me fait étudier de bons gros ouvrages ou qui me fait songer à la Magie. Non, c’est de la réflexion inactive. Je m’assoie sur le rebord d’une fenêtre, dans un couloir à l’écart de la population fatigante de Poudlard, et le regard perdu dans le paysage je songe à la magie noire et à cette première étape dont m’a parlé Loewy. Je crois que moi et elle avons une façon très différente d’appréhender cette magie et je n’arrive pas à savoir si elle veut m’imposer sa façon de voir ou si elle essaie de me conseiller. Je ne sais pas, je ne sais plus, j’ai l’impression de me prendre la tête avec des questions idiotes alors qu’il suffirait que je me lance, par la barbe de Merlin !
Un soupir franchit mes lèvres tandis que je m’éloigne des tonneaux refermant la Salle Commune. Je marche lentement, l’oreille dressée pour prévenir la moindre arrivée et frôlant les murs au cas où. Ma baguette est sagement rangée dans ma poche, je ne me repère qu’à la maigre lumière qu’offrent les torches accrochées aux murs. Les courants d’air sont frais, ici, et je frissonne malgré ma cape épaisse et l’écharpe que j’ai passé autour de mon cou. Peut-être aurais-je dû enfiler autre chose que mon pyjama mais en sortant du lit je n’ai pas eu le courage de me changer. De toute façon, une fois dans la Réserve à m’abreuver de savoir le froid n’aura plus la moindre importance.
Totalement libre pour qui veut !
La seule chose que je désire, c’est terminer ce RP dans un temps raisonnable.
Pensées en tyrolienne
Lucy était dans sa salle commune, la lumière de la cheminée réchauffait la petite irlandaise qui était au coin du feu, sur l'un des magnifiques fauteuils bleu saphir. Perdu dans ses pensées, elle s'occupait de savoir si elle avait eu raison d'utiliser une encre d'une différente couleur dans sa prise de note, des cours auxquels elle avait assistée dernièrement. Clivée, elle se demandait si le noir ne serait pas plus ennuyeux à relire que sa couleur bleue habituelle. Le noir étant plus profond augmenterai surement le contraste, après tout, l'encre noire était la plus utilisée il devait y avoir une raison, non ? Mais quand même le bleu était bien plus agréable et doux à regarder et à lire. Ceci dit elle ne relirait pas vraiment les notes, elle n'en a pas vraiment besoin. Mais si cette fois c'était nécessaire, et si elle devait prendre le temps d'ajuster des détails. Non définitivement elle ne pouvait se résoudre à pousser son expérience sur la couleur de l'encre plus longtemps, il fallait réécrire ces notes. Alors que la salle commune était devenue déserte, la petite irlandaise se hâta vers son dortoir, elle attrapa un petit télescope puis chercha sa cape en vain. Finalement, elle se contenta de ses bonbons aux piments si le froid venait la ronger. Sortant du dortoir elle attrapa un petit sac, mis un parchemin, ses notes d'astronomie et surtout un pot d'encre bleue avec sa plume d'écriture. Il fallait réécrire cela sans plus tarder coute que coute, tout en ajoutant des détails qu'elle pourrait sans nul doute observer depuis l'extérieur de cette salle commune bien trop lumineuse. Le sac sur l'une de ses épaules, le télescope dans une main et enfin l'autre main prise par une bougie elle se faufila derrière la porte au heurtoir.
Une fois dehors, la porte se referma derrière elle, la laissant seule au milieu du couloir. Si par malheur elle n'arrivait pas à trouver la réponse à l'énigme pour rentrer à nouveau ? Non impossible cela ne s'était jamais produit et il n'y avait aucune raison pour que cela change. D'un pas léger, elle se mit en mouvement, sa robe en satin violette aux allures de la mode des années 1900 française suivant sa porteuse scrupuleusement derrière elle. Les nombreuses marches qu'elle devait descendre la fit douter à mesure qu'elle s'engouffrait dans l'obscurité contré par la petite flamme orangée de sa bougie. Encore une fois, des pensées rongeaient la jeune fille. Si elle croisait un fantôme ? Elle pourrait peut-être le voir venir, grâce à cette bougie justement. Elle pourrait donc anticiper plus ou moins les fantômes, restait plus que le problème de Peeves ou encore pire les professeurs. Pour Peeves il suffisait soit d'encaisser, soit de courir s'il avait l'idée dangereuse de lui lancer autre chose que de la craie. Mais pour les professeurs elle n'aurait certainement pas d'excuse et courir serait bien optimiste. Cherchant une solution au problème majeur de cette sortie réécriture, elle continuait de manger l'obscurité, ne faisant plus vraiment attention à avancer d'un pas feutré. Alors qu'elle passait en revue les informations qu'elle avait sur l'emploi du temps des professeurs, elle finit par conclure qu'il y avait peu de chance d'en croiser un. Soit il devait dormir, soit, être dans leur bureaux respectif à corriger des devoirs d'élève. Il suffisait donc d'esquiver les dit bureaux avec suffisamment de distance afin que le son n'atteigne pas les oreilles des adultes encore debout, surement en train de crouler sous la fatigue d'une tâche redondante.
Le cœur léger Lucy avançait donc plus sereine, se permettant d'admirer la pierre finement éclairée par la flamme vacillante faisant danser quelques ombres sur les murs parfois non éclairés. Le froid commença à se manifester timidement, elle posa donc son télescope sur le sol, piocha un bonbon puis se remit en route après avoir prit le temps de ranger le sachet pour attraper son télescope à nouveau. Ce n'est qu'au détour d'un des multiples couloirs du château que son sang se glaça. Elle avait fait une erreur, une silhouette à peine perceptible grâce à l'éclairage des murs était bien présente dans les couloirs, ce n'était pas un de ses camarade de première année ou du moins cela n'aurait pas de sens à la vue de cette silhouette. Elle voulut faire demi-tour comme si de rien était, mais c'était trop tard, si c'était un professeur la fuite ne ferait qu'aggraver la situation. Prise au piège, elle finit par se dire que la meilleure stratégie était encore d'aller vers elle. Lorsqu'elle fut assez prête pour y décerner suffisamment les formes de celle-ci, la petite irlandaise put souffler, ce n'était sans nul doute une élève. Une élève plus grande qu'elle certes, mais une élève quand même. Affichant un sourire comme si la situation était normale.
- Bonsoir… Lui adressa elle de sa voix calme, douce et chantante dû à son accent, tout en continuant à marcher
Ses pensées devinrent chaotiques. « Bonsoir ? » pensât-elle, « Non mais pourquoi pas, youhou je suis là » n'importe quoi.
- Il faut rester poli. Murmurait-elle à son attention alors que son combat intérieur contre elle-même commençait.
« Non mais tu es débile ou quoi ?» se fit elle comme remarque « si je suis débile tu l'es aussi on est la même » continua elle, « Qu'a fait Dame Serdaigle en t'envoyant chez les « intelligents » »
- Mince, tu m’ennuis, je m’ennuie. Murmurait-elle toujours à son attention avant d’évacuer sa frustration causée par elle-même avec un. Bah ! à peine plus sonore.
Une fois dehors, la porte se referma derrière elle, la laissant seule au milieu du couloir. Si par malheur elle n'arrivait pas à trouver la réponse à l'énigme pour rentrer à nouveau ? Non impossible cela ne s'était jamais produit et il n'y avait aucune raison pour que cela change. D'un pas léger, elle se mit en mouvement, sa robe en satin violette aux allures de la mode des années 1900 française suivant sa porteuse scrupuleusement derrière elle. Les nombreuses marches qu'elle devait descendre la fit douter à mesure qu'elle s'engouffrait dans l'obscurité contré par la petite flamme orangée de sa bougie. Encore une fois, des pensées rongeaient la jeune fille. Si elle croisait un fantôme ? Elle pourrait peut-être le voir venir, grâce à cette bougie justement. Elle pourrait donc anticiper plus ou moins les fantômes, restait plus que le problème de Peeves ou encore pire les professeurs. Pour Peeves il suffisait soit d'encaisser, soit de courir s'il avait l'idée dangereuse de lui lancer autre chose que de la craie. Mais pour les professeurs elle n'aurait certainement pas d'excuse et courir serait bien optimiste. Cherchant une solution au problème majeur de cette sortie réécriture, elle continuait de manger l'obscurité, ne faisant plus vraiment attention à avancer d'un pas feutré. Alors qu'elle passait en revue les informations qu'elle avait sur l'emploi du temps des professeurs, elle finit par conclure qu'il y avait peu de chance d'en croiser un. Soit il devait dormir, soit, être dans leur bureaux respectif à corriger des devoirs d'élève. Il suffisait donc d'esquiver les dit bureaux avec suffisamment de distance afin que le son n'atteigne pas les oreilles des adultes encore debout, surement en train de crouler sous la fatigue d'une tâche redondante.
Le cœur léger Lucy avançait donc plus sereine, se permettant d'admirer la pierre finement éclairée par la flamme vacillante faisant danser quelques ombres sur les murs parfois non éclairés. Le froid commença à se manifester timidement, elle posa donc son télescope sur le sol, piocha un bonbon puis se remit en route après avoir prit le temps de ranger le sachet pour attraper son télescope à nouveau. Ce n'est qu'au détour d'un des multiples couloirs du château que son sang se glaça. Elle avait fait une erreur, une silhouette à peine perceptible grâce à l'éclairage des murs était bien présente dans les couloirs, ce n'était pas un de ses camarade de première année ou du moins cela n'aurait pas de sens à la vue de cette silhouette. Elle voulut faire demi-tour comme si de rien était, mais c'était trop tard, si c'était un professeur la fuite ne ferait qu'aggraver la situation. Prise au piège, elle finit par se dire que la meilleure stratégie était encore d'aller vers elle. Lorsqu'elle fut assez prête pour y décerner suffisamment les formes de celle-ci, la petite irlandaise put souffler, ce n'était sans nul doute une élève. Une élève plus grande qu'elle certes, mais une élève quand même. Affichant un sourire comme si la situation était normale.
- Bonsoir… Lui adressa elle de sa voix calme, douce et chantante dû à son accent, tout en continuant à marcher
Ses pensées devinrent chaotiques. « Bonsoir ? » pensât-elle, « Non mais pourquoi pas, youhou je suis là » n'importe quoi.
- Il faut rester poli. Murmurait-elle à son attention alors que son combat intérieur contre elle-même commençait.
« Non mais tu es débile ou quoi ?» se fit elle comme remarque « si je suis débile tu l'es aussi on est la même » continua elle, « Qu'a fait Dame Serdaigle en t'envoyant chez les « intelligents » »
- Mince, tu m’ennuis, je m’ennuie. Murmurait-elle toujours à son attention avant d’évacuer sa frustration causée par elle-même avec un. Bah ! à peine plus sonore.
Couleur des dialogues : #004080
Pensées en tyrolienne
Merci de me rejoindre !
Mon coeur s’envole lorsque je l’aperçois au bout du couloir. Il n’est pas difficile de deviner que ce n’est qu’une élève, une jeune élève qui plus est, mais mon regard n’est pas attiré par son visage ou par son accoutrement extravagant, non. Il se décale lentement sur la chandelle qu’elle tient dans les mains et je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire moqueur. Bordel, nous sommes dans une école de magie. Quelle sorcière se déplace une bougie dans la main alors qu’elle est détentrice d’une baguette magique, bordel ? *Une moins que rien*, me susurre mon esprit, et voilà l’enfant d’ores et déjà catégorisée parmi les moins intéressants des Autres.
Je cache aisément le trouble dans lequel cette rencontre me plonge — il est si rare que je vois du monde durant mes sorties ! — en durcissant mon regard. Je me fous de croiser des élèves après le couvre-feu, tant qu’ils ne me créent pas de problèmes. Je sais pertinemment bien que je ne suis pas la seule à enfreindre le règlement mais je dois être l’une des seules à le faire pour une bonne raison. Les Autres sortent pour se sentir exister, pour se donner des défis ou que sais-je encore ; rien de bien palpitant. Les mains enfoncées dans mes poches, je préserve le rythme de ma marche, bien déterminée à dépasser cette élève et à disparaître le plus rapidement possible.
C’est sans compter ladite élève, évidemment. J’aurais dû m’y attendre. Un bonsoir, déjà, auquel je ne réponds que par un regard en coin. « Oui, oui, veut dire ce regard, c’est ça, bonsoir, maintenant je vais m’en aller de mon côté et toi du tien ». J’ai le vague espoir que, bien qu’inintéressante, cette gamine soit aussi sauvage que moi : ainsi, elle passera son chemin sans chercher à me dire quoi que ce soit. Je l’espérais réellement. Quelle surprise quand je remarque que ses lèvres murmurent d’autres mots !
Le silence est tel, dans ces couloirs vides de tous occupants et de tous bruits, que je ne peux que comprendre son discours absurde. Dommage. *Je l’ennuie ?* ; cette fois-ci, mon regard se braque carrément sur elle. Je m’arrête sans y penser, à peine éclairée par la foutue chandelle de l’autre fille. Je la regarde de la tête au pied, mes yeux s’arrêtant sur le bazar qu’elle transporte avant de se plonger dans ses prunelles. Ma voix s’élève à peine, pas assez forte pour caresser la hauteur du plafond mais suffisamment perceptible pour que la gamine ne manque rien de ma phrase :
« T’avais bien commencé, pourtant. Va baragouiner ailleurs, pas envie qu’tu rameutes tous les adultes du château. »
J’accompagne ces mots d’un regard d’avertissement : laisse-moi tranquille, qu’il veut dire ce regard. Puis sans autre forme de procès, je reprends ma marche et dépasse la rousse. Malgré ce que je montre, je ne suis pas en colère. Je préfère amplement rencontrer une idiote au discours incohérent qu’un Autre qui a envie de discuter.
Mon coeur s’envole lorsque je l’aperçois au bout du couloir. Il n’est pas difficile de deviner que ce n’est qu’une élève, une jeune élève qui plus est, mais mon regard n’est pas attiré par son visage ou par son accoutrement extravagant, non. Il se décale lentement sur la chandelle qu’elle tient dans les mains et je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire moqueur. Bordel, nous sommes dans une école de magie. Quelle sorcière se déplace une bougie dans la main alors qu’elle est détentrice d’une baguette magique, bordel ? *Une moins que rien*, me susurre mon esprit, et voilà l’enfant d’ores et déjà catégorisée parmi les moins intéressants des Autres.
Je cache aisément le trouble dans lequel cette rencontre me plonge — il est si rare que je vois du monde durant mes sorties ! — en durcissant mon regard. Je me fous de croiser des élèves après le couvre-feu, tant qu’ils ne me créent pas de problèmes. Je sais pertinemment bien que je ne suis pas la seule à enfreindre le règlement mais je dois être l’une des seules à le faire pour une bonne raison. Les Autres sortent pour se sentir exister, pour se donner des défis ou que sais-je encore ; rien de bien palpitant. Les mains enfoncées dans mes poches, je préserve le rythme de ma marche, bien déterminée à dépasser cette élève et à disparaître le plus rapidement possible.
C’est sans compter ladite élève, évidemment. J’aurais dû m’y attendre. Un bonsoir, déjà, auquel je ne réponds que par un regard en coin. « Oui, oui, veut dire ce regard, c’est ça, bonsoir, maintenant je vais m’en aller de mon côté et toi du tien ». J’ai le vague espoir que, bien qu’inintéressante, cette gamine soit aussi sauvage que moi : ainsi, elle passera son chemin sans chercher à me dire quoi que ce soit. Je l’espérais réellement. Quelle surprise quand je remarque que ses lèvres murmurent d’autres mots !
Le silence est tel, dans ces couloirs vides de tous occupants et de tous bruits, que je ne peux que comprendre son discours absurde. Dommage. *Je l’ennuie ?* ; cette fois-ci, mon regard se braque carrément sur elle. Je m’arrête sans y penser, à peine éclairée par la foutue chandelle de l’autre fille. Je la regarde de la tête au pied, mes yeux s’arrêtant sur le bazar qu’elle transporte avant de se plonger dans ses prunelles. Ma voix s’élève à peine, pas assez forte pour caresser la hauteur du plafond mais suffisamment perceptible pour que la gamine ne manque rien de ma phrase :
« T’avais bien commencé, pourtant. Va baragouiner ailleurs, pas envie qu’tu rameutes tous les adultes du château. »
J’accompagne ces mots d’un regard d’avertissement : laisse-moi tranquille, qu’il veut dire ce regard. Puis sans autre forme de procès, je reprends ma marche et dépasse la rousse. Malgré ce que je montre, je ne suis pas en colère. Je préfère amplement rencontrer une idiote au discours incohérent qu’un Autre qui a envie de discuter.
Pensées en tyrolienne
euh ben de-rien ? Merci a toi surtout d'offrir des libres.
« Ça valait la peine, elle t'a si bien ignorée » pensât-elle alors que la camarade plus âgée venait d'ignorer royalement le bonsoir. « Il faut être gentille, elle m'a dit Melody ». Son sang ne fit qu'un tour quand la fille en question ouvra la bouche. À peine le temps de se retourner qu'elle avait déjà fini sa phrase qui était pour le moins hostile. Ajouter à cela un regard visiblement lourd de sens. Qu'est ce qu'elle avait à réagir avec autant de punch, elle l'aurait entendu ? L'irlandaise estima la distance qui les séparaient, c'était sûr elle l'avait entendu murmurer. Qu'avait-elle entendu ? Elle pesta intérieurement contre elle-même, satané réflexion, il fallait vraiment qu'elle fasse quelque chose contre ça. Le regard flegmatique elle rompît alors le silence.
- Euh...Sauf votre respect il se trouve qu'on est suffisamment loin de toutes les salles de professeurs. Fit-elle calmement avant de reprendre. Il n'est que peu probable qu'un adulte entende cet échange au point de se « rameuter ». Son accent était bien prononcé, elle avait du mal à le canaliser et avait même insisté sur le dernier mot. Maintenant allez piller votre bibliothèque si ça vous chante, mais nul besoin d'adopter une posture agressive.
Elle se retourna reprenant sa marche, s’immobilisant avant de faire face à cette camarade pour le moins hostile.
- Si vous êtes si intéressée par les adultes vous devriez savoir qu'il y en a un qui réside dans cette dite bibliothèque. Lança-elle calmement, mais avec assurance. Vous devriez aussi prendre une bougie ça pourrait vous permettre d'être avertie.
Elle tourna les talons avant de reprendre sa marche lentement. Elle se demanda alors si c'était bien la bibliothèque son objectif après tout elle ne savait pas, elle avait juste fait une supposition bien hâtivement. Elle parcourra alors le plan du château qu'elle avait en tête, cette élève ne venait clairement pas d'une autre maison que Serpentard voir peut être Poufsouffle, sauf si elle était à Gryffondor, qu'elle ère sans but et qu'elle a fait demi-tour pour rentrer. Peut-être, mais elle apparaissait bien déterminée et elle semblait bien aller quelque part. L'explication la plus logique étant que l'une des deux maisons lui demandait de monter un ou plusieurs étages pour se rendre quelque part, le lieu le plus proche était sans nul doute la bibliothèque. Ceci dit il lui restait quelques pas à faire pour l'atteindre. Mais bon il y avait bien des mondes ou la petite serdaigle pouvait se tromper et celui-ci en faisait malheureusement partie. C'était plus ou moins obscure, mais elle passerait bien pour une idiote si elle se rendait autre part que dans la bibliothèque. Néanmoins, vue la personnalité de sa camarade bien plus âgée, soit-elle ne relèverait pas soit... Bon il y avait aussi un monde où elle était capable d'agresser Lucy. Elle n'avait pas l'air de réfléchir beaucoup et elle serait donc plus encline à se moquer des conséquences d'une agression. La petite irlandaise accéléra légèrement le pas. Elle ne pouvait prédire si cette fille bien plus âgée avait suffisamment d'honneur ou de savoir vivre pour ne pas s'en prendre à plus faible, ce qui serait bien lâche. La jeune rousse était aussi prête à crier si le bruit d'un sortilège fusait vers elle. Elle s'arrêta posant son télescope afin de mettre sa main sur le cristal de sa baguette, juste au cas où. Lucy était bien consciente qu'elle avait peu de chance de sortir indemne si l'autre fille décidait d'engager un duel. Vu qu'elle devait être en quatrième année voir plus, il se pouvait même qu'elle n'ait besoin d'un unique sortilège pour en finir. Mais si on l'attaquait, l'autre tomberait avec elle sous le jour de son infraction. Scrutant, les mouvements du prédateur hostile comme elle avait pu le faire devant un documentaire animalier, Lucy était prête à crier, courir ou lancer un sort. Peu importe lequel sa baguette était suffisamment bruyante pour rompre le silence des couloirs et arriver sans nul doute, au moins aux oreilles de O'Lake, mettant fin à la sortie nocturne. Allait-elle faire preuve de sagesse ou se comporter comme une idiote ?
Couleur des dialogues : #004080
« Ça valait la peine, elle t'a si bien ignorée » pensât-elle alors que la camarade plus âgée venait d'ignorer royalement le bonsoir. « Il faut être gentille, elle m'a dit Melody ». Son sang ne fit qu'un tour quand la fille en question ouvra la bouche. À peine le temps de se retourner qu'elle avait déjà fini sa phrase qui était pour le moins hostile. Ajouter à cela un regard visiblement lourd de sens. Qu'est ce qu'elle avait à réagir avec autant de punch, elle l'aurait entendu ? L'irlandaise estima la distance qui les séparaient, c'était sûr elle l'avait entendu murmurer. Qu'avait-elle entendu ? Elle pesta intérieurement contre elle-même, satané réflexion, il fallait vraiment qu'elle fasse quelque chose contre ça. Le regard flegmatique elle rompît alors le silence.
- Euh...Sauf votre respect il se trouve qu'on est suffisamment loin de toutes les salles de professeurs. Fit-elle calmement avant de reprendre. Il n'est que peu probable qu'un adulte entende cet échange au point de se « rameuter ». Son accent était bien prononcé, elle avait du mal à le canaliser et avait même insisté sur le dernier mot. Maintenant allez piller votre bibliothèque si ça vous chante, mais nul besoin d'adopter une posture agressive.
Elle se retourna reprenant sa marche, s’immobilisant avant de faire face à cette camarade pour le moins hostile.
- Si vous êtes si intéressée par les adultes vous devriez savoir qu'il y en a un qui réside dans cette dite bibliothèque. Lança-elle calmement, mais avec assurance. Vous devriez aussi prendre une bougie ça pourrait vous permettre d'être avertie.
Elle tourna les talons avant de reprendre sa marche lentement. Elle se demanda alors si c'était bien la bibliothèque son objectif après tout elle ne savait pas, elle avait juste fait une supposition bien hâtivement. Elle parcourra alors le plan du château qu'elle avait en tête, cette élève ne venait clairement pas d'une autre maison que Serpentard voir peut être Poufsouffle, sauf si elle était à Gryffondor, qu'elle ère sans but et qu'elle a fait demi-tour pour rentrer. Peut-être, mais elle apparaissait bien déterminée et elle semblait bien aller quelque part. L'explication la plus logique étant que l'une des deux maisons lui demandait de monter un ou plusieurs étages pour se rendre quelque part, le lieu le plus proche était sans nul doute la bibliothèque. Ceci dit il lui restait quelques pas à faire pour l'atteindre. Mais bon il y avait bien des mondes ou la petite serdaigle pouvait se tromper et celui-ci en faisait malheureusement partie. C'était plus ou moins obscure, mais elle passerait bien pour une idiote si elle se rendait autre part que dans la bibliothèque. Néanmoins, vue la personnalité de sa camarade bien plus âgée, soit-elle ne relèverait pas soit... Bon il y avait aussi un monde où elle était capable d'agresser Lucy. Elle n'avait pas l'air de réfléchir beaucoup et elle serait donc plus encline à se moquer des conséquences d'une agression. La petite irlandaise accéléra légèrement le pas. Elle ne pouvait prédire si cette fille bien plus âgée avait suffisamment d'honneur ou de savoir vivre pour ne pas s'en prendre à plus faible, ce qui serait bien lâche. La jeune rousse était aussi prête à crier si le bruit d'un sortilège fusait vers elle. Elle s'arrêta posant son télescope afin de mettre sa main sur le cristal de sa baguette, juste au cas où. Lucy était bien consciente qu'elle avait peu de chance de sortir indemne si l'autre fille décidait d'engager un duel. Vu qu'elle devait être en quatrième année voir plus, il se pouvait même qu'elle n'ait besoin d'un unique sortilège pour en finir. Mais si on l'attaquait, l'autre tomberait avec elle sous le jour de son infraction. Scrutant, les mouvements du prédateur hostile comme elle avait pu le faire devant un documentaire animalier, Lucy était prête à crier, courir ou lancer un sort. Peu importe lequel sa baguette était suffisamment bruyante pour rompre le silence des couloirs et arriver sans nul doute, au moins aux oreilles de O'Lake, mettant fin à la sortie nocturne. Allait-elle faire preuve de sagesse ou se comporter comme une idiote ?
Couleur des dialogues : #004080
Pensées en tyrolienne
Je n’ai pas d’autres choix que de m’arrêter pour lui offrir de nouveau mon regard froncé ; en tournant la tête dans sa direction, je laisse un soupir dégringoler le long de mes lèvres pour marquer ma lassitude. Je ne sais pas ce qui m’étonne le plus : que cette fille sache répliquer ou qu’elle le fasse de manière si étrange ? Je crois que c’est la première fois qu’une personne aussi jeune me vouvoie. Je ne sais pas si j'apprécie cela, à vrai dire — je n’y ai jamais réfléchi. Ce qui est certain, c’est que cela me met mal à l’aise, mais bien moins que le contenu des paroles de l’enfant. Je me tourne carrément vers elle pour l'écouter, le menton dressé, et la regarde avec hauteur tout en essayant de comprendre le lien entre une bougie et le fait d’être avertie.
Tandis qu’elle s’éloigne, je reste silencieuse. À vrai dire, une dizaine de réponses me vient en tête, de la plus désagréable à la plus vulgaire, en passant par la plus moqueuse. Il me serait aisé de laisser filer ma voix pour réduire cette fille à rien du tout, mais j’ai bien peur de ne pas avoir envie de perdre mon temps. Et une réponse de ma part entraînera une réponse de sa part et alors qui sait quand est-ce que cette histoire se terminera ? Des Autres qui ne me comprennent pas, il en existe à la pelle. Si je devais me m'agacer pour chacun d’entre eux, Merlin, je n’aurais plus le temps pour rien.
*’M’a fatigué* avec son discours de grande. Comme si elle savait mieux que moi comment ça se passait dans les couloirs de l’école que je parcours depuis cinq ans. Il n’y a que les gamines orgueilleuses pour croire cela. C’est plus pitoyable qu’agaçant, à vrai dire.
Au moment de me retourner, peut-être dans l’idée de disparaître au plus vite pour éviter que ma nuit soit définitivement gâchée par cette drôle d’enfant, mon regard accroche le mouvement qu’elle fait pour déposer son télescope au sol. Je n’aurais pas été intriguée si je n’avais pas eu l’intuition que… *Elle fait quoi, là ?* ; de là où je me tiens, je n’aperçois pas grand chose mais après toute une vie à vivre avec des sorciers, je sais reconnaître quand l’un d’eux dégaine sa baguette. Et cette petite gamine vient de sortir la sienne et le regard qu’elle me lance ne laisse pas la place au hasard.
Je me tends brusquement. Tout à coup, toute ma flegme et toute ma lassitude disparaissent au profit d’un mélange de concentration et de peur — certainement un peu de rage, aussi, le mélange parfait pour faire face à des ennemis. Je ne comprends pas pourquoi cette fille me menace de la sorte, ni pourquoi elle décide de faire ça là, maintenant, au beau milieu d’un couloir en pleine nuit, mais la réponse m’importe peu. Un grand râle me soulève le coeur, ce monstre qui s’agite comme un fou dans mon corps ; personne n’a le droit de me menacer.
Dans le secret de ma poche, ma main s’enroule autour de ma baguette magique. Je ne la sors pas de son antre, pas encore. Si j’aimerais, d’un simple sortilège, remettre cette gamine à sa place, j’ai conscience que cela gâcherait ma sortie nocturne. Je n’ai pas envie d’oublier mes plans seulement pour cette fille que je ne connais pas et que je ne comprends pas. Hors de question. Voilà pourquoi, pour une fois, je décide d’utiliser les mots.
« Qu’est-c’tu fous, putain ? » chuchoté-je d’une voix acide.
En toute franchise, si on m’avait dit qu’il m’arriverait une telle scène si je sortais après le couvre-feu, je me serais abstenue. Ce qui est en train de se passer est complètement idiot, j’en ai conscience. Tout est de la faute de cette fille, évidemment, qui d’autre ? Et désormais, en plus d’être inintéressante, cette dernière est également catégorisée comme abrutie ; et Merlin seul sait combien il lui sera difficile de sortir de ces cases-là.
Tandis qu’elle s’éloigne, je reste silencieuse. À vrai dire, une dizaine de réponses me vient en tête, de la plus désagréable à la plus vulgaire, en passant par la plus moqueuse. Il me serait aisé de laisser filer ma voix pour réduire cette fille à rien du tout, mais j’ai bien peur de ne pas avoir envie de perdre mon temps. Et une réponse de ma part entraînera une réponse de sa part et alors qui sait quand est-ce que cette histoire se terminera ? Des Autres qui ne me comprennent pas, il en existe à la pelle. Si je devais me m'agacer pour chacun d’entre eux, Merlin, je n’aurais plus le temps pour rien.
*’M’a fatigué* avec son discours de grande. Comme si elle savait mieux que moi comment ça se passait dans les couloirs de l’école que je parcours depuis cinq ans. Il n’y a que les gamines orgueilleuses pour croire cela. C’est plus pitoyable qu’agaçant, à vrai dire.
Au moment de me retourner, peut-être dans l’idée de disparaître au plus vite pour éviter que ma nuit soit définitivement gâchée par cette drôle d’enfant, mon regard accroche le mouvement qu’elle fait pour déposer son télescope au sol. Je n’aurais pas été intriguée si je n’avais pas eu l’intuition que… *Elle fait quoi, là ?* ; de là où je me tiens, je n’aperçois pas grand chose mais après toute une vie à vivre avec des sorciers, je sais reconnaître quand l’un d’eux dégaine sa baguette. Et cette petite gamine vient de sortir la sienne et le regard qu’elle me lance ne laisse pas la place au hasard.
Je me tends brusquement. Tout à coup, toute ma flegme et toute ma lassitude disparaissent au profit d’un mélange de concentration et de peur — certainement un peu de rage, aussi, le mélange parfait pour faire face à des ennemis. Je ne comprends pas pourquoi cette fille me menace de la sorte, ni pourquoi elle décide de faire ça là, maintenant, au beau milieu d’un couloir en pleine nuit, mais la réponse m’importe peu. Un grand râle me soulève le coeur, ce monstre qui s’agite comme un fou dans mon corps ; personne n’a le droit de me menacer.
Dans le secret de ma poche, ma main s’enroule autour de ma baguette magique. Je ne la sors pas de son antre, pas encore. Si j’aimerais, d’un simple sortilège, remettre cette gamine à sa place, j’ai conscience que cela gâcherait ma sortie nocturne. Je n’ai pas envie d’oublier mes plans seulement pour cette fille que je ne connais pas et que je ne comprends pas. Hors de question. Voilà pourquoi, pour une fois, je décide d’utiliser les mots.
« Qu’est-c’tu fous, putain ? » chuchoté-je d’une voix acide.
En toute franchise, si on m’avait dit qu’il m’arriverait une telle scène si je sortais après le couvre-feu, je me serais abstenue. Ce qui est en train de se passer est complètement idiot, j’en ai conscience. Tout est de la faute de cette fille, évidemment, qui d’autre ? Et désormais, en plus d’être inintéressante, cette dernière est également catégorisée comme abrutie ; et Merlin seul sait combien il lui sera difficile de sortir de ces cases-là.
Pensées en tyrolienne
La fille n'avait pas bougé, elle restait là à regarder Lucy qui se posait alors beaucoup de questions sur celle-ci. Pas un mouvement, totalement immobile, Lucy scrutait si elle faisait un mouvement qui serait considéré comme déclencheur. Elle n'était jamais tombée sur quelqu'un avec autant d'aura hostile que celle-ci dans sa vie. Mais que pouvait-il lui arriver, elle était à Poudlard n'est-ce pas ? Malgré elle, la petite irlandaise avait bien trop souvent à son goût, été témoin de harcèlement ou comportement déviant dans cette école. C'était même bien plus fréquent, dur et violent que dans son école moldu. Presque assez loin des histoires que lui racontait son père. Fixant toujours cette opposante, soucieusement et suspicieuse elle se demandait alors si elles n'étaient pas victime d'un malheureux quiproquo. Sinon pourquoi attendre avant d'attaquer ? Bien évidemment sa posture indiquait tous les signes d'une personne hostile, pourtant quelque chose clochait. Quand elle brisa le silence obscure Lucy, s'avança d'un pas lent et mesuré. Une fois à son niveau elle attrapa son sablier et pris conscience du symbole bleu saphir luisant lui indiquant l'heure. Après un geste calme pour le ranger, elle fixa sa camarade d'un air suspicieux. Lucy remarqua les mains dans les poches de sa camarade, son regard descendit un instant vers celle-ci et remonta aussitôt sur le visage de l'intéresser.
Gérant sa peur grandissante comme elle le pouvait et surtout savait le faire, elle se contenta de résoudre des sortes d'équations qui n'avaient aucun sens, essayant de garder son flegme. Les fins courantes d'air ne semblaient pas la déranger malgré sa tenue légère, le froid n'ayant jamais été réellement un problème pour la serdaigle. Se demandant pourquoi cette personne apparaissait à ses yeux comme un petit animal plein de hargne, elle ne poserait néanmoins pas cette question directement. Elle lâcha le cristal de sa baguette, jugeant que cette situation lui avait fait perdre bien trop de temps et que cela aurait sans nul doute un terrible impact sur le calcul du scénario du soir. Elle avait besoin de la nuit pour observer les étoiles et d'une nuit dégagée sans trop de lumière lunaire. Elle rompit alors le silence.
- Je ne sais guère vous comprendre, mais il semble que nous soyons dans un terrible malentendu, il est vrai que mes facultés sociale ne sont pas mes points forts. Fit-elle d'une voix calme. Plus les minutes passent et plus les chances de réussite de chacune se détériore. Ajouta-t-elle avec flegme. Alors, je vous propose de vous retourner et de partir devant en première, vers votre objectif, car je ne vous fais pas confiance. Lançait-elle en détournant le regard vers les mains soigneusement misent au chaud de sa camarade. Puis une fois l'angle de ce couloir passé, je partirais de mon côté. Je me doute que vous ne vous pavanez pas sans raison, mais il serait à mon sens acceptable d'oublier toute cette situation. Ainsi vous partez de votre côté faire vos affaires je suppose illégale, vous vous faites avoir, trahis par cette sorte d'impulsivité mélangée à une certaine sur confiance qui vous donne l'air hostile, mais comme vous ne m'avez jamais vu, je continue de mon côté d'avancer sur le programme et la quête des notes maximales. Vous y gagnez et j'y gagne, le résultat de l'équation qui me semble le plus sensé pour nous deux.
Elle fit une sorte de petite révérence avec sa robe violette satiné de sa main libre, avant d’ajouter un petit geste du revers de la main qui signifiait pour la plupart des gens de cette terre, un « aller ouste ». Sa main se posa à nouveau sur le cristal de sa baguette, juste en prévention, toujours le regard suspicieux envers cette camarade. Ceci dit même la plus stupide des personnes comprendrait que l’accord annoncé par la serdaigle était sans nul doute l’un des meilleurs et seulement un fou ne l’accepterai pas. Lucy attendait une réponse ou un mouvement en signe d’accord, sans oublier de scruter les signes éventuels d’une interaction ratée. Est-ce qu’elle comprenait néanmoins les mots de la petite irlandaise ? Un doute subsista vu le peu de mots échangé jusqu’à lors.
Gérant sa peur grandissante comme elle le pouvait et surtout savait le faire, elle se contenta de résoudre des sortes d'équations qui n'avaient aucun sens, essayant de garder son flegme. Les fins courantes d'air ne semblaient pas la déranger malgré sa tenue légère, le froid n'ayant jamais été réellement un problème pour la serdaigle. Se demandant pourquoi cette personne apparaissait à ses yeux comme un petit animal plein de hargne, elle ne poserait néanmoins pas cette question directement. Elle lâcha le cristal de sa baguette, jugeant que cette situation lui avait fait perdre bien trop de temps et que cela aurait sans nul doute un terrible impact sur le calcul du scénario du soir. Elle avait besoin de la nuit pour observer les étoiles et d'une nuit dégagée sans trop de lumière lunaire. Elle rompit alors le silence.
- Je ne sais guère vous comprendre, mais il semble que nous soyons dans un terrible malentendu, il est vrai que mes facultés sociale ne sont pas mes points forts. Fit-elle d'une voix calme. Plus les minutes passent et plus les chances de réussite de chacune se détériore. Ajouta-t-elle avec flegme. Alors, je vous propose de vous retourner et de partir devant en première, vers votre objectif, car je ne vous fais pas confiance. Lançait-elle en détournant le regard vers les mains soigneusement misent au chaud de sa camarade. Puis une fois l'angle de ce couloir passé, je partirais de mon côté. Je me doute que vous ne vous pavanez pas sans raison, mais il serait à mon sens acceptable d'oublier toute cette situation. Ainsi vous partez de votre côté faire vos affaires je suppose illégale, vous vous faites avoir, trahis par cette sorte d'impulsivité mélangée à une certaine sur confiance qui vous donne l'air hostile, mais comme vous ne m'avez jamais vu, je continue de mon côté d'avancer sur le programme et la quête des notes maximales. Vous y gagnez et j'y gagne, le résultat de l'équation qui me semble le plus sensé pour nous deux.
Elle fit une sorte de petite révérence avec sa robe violette satiné de sa main libre, avant d’ajouter un petit geste du revers de la main qui signifiait pour la plupart des gens de cette terre, un « aller ouste ». Sa main se posa à nouveau sur le cristal de sa baguette, juste en prévention, toujours le regard suspicieux envers cette camarade. Ceci dit même la plus stupide des personnes comprendrait que l’accord annoncé par la serdaigle était sans nul doute l’un des meilleurs et seulement un fou ne l’accepterai pas. Lucy attendait une réponse ou un mouvement en signe d’accord, sans oublier de scruter les signes éventuels d’une interaction ratée. Est-ce qu’elle comprenait néanmoins les mots de la petite irlandaise ? Un doute subsista vu le peu de mots échangé jusqu’à lors.
Couleur des dialogues : #004080
Pensées en tyrolienne
Aussi immobile que les armures qui parsèment les couloirs de cette école, je la laisse s’avancer vers moi. Je scrute le moindre de ses gestes à la recherche de l’étincelle qui m’indiquera qu’elle va m’attaquer ; même si je doute sérieusement qu’elle le fasse. Avec des inconnus, je n’ai pas droit à l’erreur. Je ne peux deviner ni la couleur de leurs pensées, ni leurs intentions. Alors je dois faire comme s'ils me voulaient du mal, à chaque instant. Je n’ai pas peur de cette fille, j’ai peur des conséquences de ses actions. Si elle beugle son sortilège comme l’abrutie qu’elle est, c’est certain que je vais me faire prendre dehors après le couvre-feu. Et si je me suis déjà habituée à cette éventualité, au cas où, ce n’est pas pour autant que j’ai envie que cela arrive — perdre mon temps avec une heure de retenue, non merci.
Quand elle prend la parole, et quand elle se lance dans un long discours ennuyeux prononcé avec un accent étrange — et sur un ton des plus dérangeants —, je me demande si je ne préférerais pas qu'elle me lance un sortilège. Au moins, je pourrais agir. Là, je suis condamnée à attendre qu’elle la ferme et Merlin, j’ai hâte que ça arrive ! Son ton est si présomptueux, ses paroles si lourdes d’orgueil ! Se rend-elle compte de ce qu’elle dit, au moins ? De la façon dont elle me parle ? C’est évident qu’elle n’a pas peur, ni de moi, ni de ce qui pourrait lui arriver dans ce sombre couloir. Elle est tellement certaine de ce qu’elle dit et de ce qu’elle pense. Comme si j’allais acquiescer à sa proposition et m’en retourner sans un mot ; comme si j’allais accepter de lui faire confiance. Il y a dans ses mots un petit quelque chose qui réveille mes envies de violence. C’est latent et très profond, mais c’est bien là. Mes entrailles remuent et se glacent ; je n’aime pas du tout cette fille, pas du tout.
C’est rare que je me sente mal devant les Autres mais aujourd’hui, c’est ce qui arrive. Devant cette toute petite fille, je me sens presque démunie. C’est idiot, hein ? C’est complètement con puisqu’elle n’est qu’une gamine pas très importante, pas très puissante. Dans un flash, je me revois de nombreux mois en arrière. Je ne sais pas pourquoi je songe à cela maintenant. Je me revois après le Bal, à balbutier comme une moins que rien, incapable de me défendre, incapable de faire quoi que ce soit. Ma gorge se noue. *Pense pas à ça, bordel !*. Pourquoi ces souvenirs, pourquoi maintenant ? Je n’en ai aucune idée mais je me fais le devoir de les repousser le plus loin possible de moi.
Pour me départir de mon immobilité, j’arrache mon regard noir des billes de la fille, insistant sur la grimace moqueuse qui me déforme les traits, et me détourne d’elle. L’air de rien, les gestes nonchalants, je m’adosse au mur le plus proche et croise les bras sur ma poitrine. Je dresse le menton, un sourcil levé sur le front.
« J’y gagne rien du tout, dis-je à mi-voix, soucieuse de garder ma présence ici secrète. Par contre, j’m’en fous de ta quête, alors va. » Je désigne le couloir du bout du menton. « J’compte pas t’montrer mon dos, hein, je suis pas débile contrairement à ce que tu crois. »
Peut-être pas débile, certes, mais insupportablement fière ; pour une fois, j’en ai terriblement conscience. Si je n’étais pas aussi fière, je me serais barrée sans un mot, avec un sortilège de défense sur le bout des lèvres si besoin. Je n’ai rien à craindre de cette fille, je le sais, ce n’est pas tant lui offrir mon dos qui me dérange que de lui laisser le dernier mot. Cette idée m’est insupportable. Je ne sais pas pourquoi. C’est sa tête, ou ses yeux peut-être, à moins que ce ne soit cette horrible voix — je ne veux juste pas qu’elle me donne l’impression de perdre.
Si j’étais franche avec moi, sans doute aurais-je reconnu que toute cette histoire est la bienvenue pour me détourner de mes pensées. Ainsi, nul besoin de songer à l’Ombre de la mort qui m’attend quelque au part au troisième étage ou pire encore, à la sorcière que j’associe toujours à ce tableau. Je préfère me plonger à coeur perdu dans cette dispute plutôt que de me remémorer mon passage sur ce lointain plateau perdu dans la nuit d’Écosse.
Quand elle prend la parole, et quand elle se lance dans un long discours ennuyeux prononcé avec un accent étrange — et sur un ton des plus dérangeants —, je me demande si je ne préférerais pas qu'elle me lance un sortilège. Au moins, je pourrais agir. Là, je suis condamnée à attendre qu’elle la ferme et Merlin, j’ai hâte que ça arrive ! Son ton est si présomptueux, ses paroles si lourdes d’orgueil ! Se rend-elle compte de ce qu’elle dit, au moins ? De la façon dont elle me parle ? C’est évident qu’elle n’a pas peur, ni de moi, ni de ce qui pourrait lui arriver dans ce sombre couloir. Elle est tellement certaine de ce qu’elle dit et de ce qu’elle pense. Comme si j’allais acquiescer à sa proposition et m’en retourner sans un mot ; comme si j’allais accepter de lui faire confiance. Il y a dans ses mots un petit quelque chose qui réveille mes envies de violence. C’est latent et très profond, mais c’est bien là. Mes entrailles remuent et se glacent ; je n’aime pas du tout cette fille, pas du tout.
C’est rare que je me sente mal devant les Autres mais aujourd’hui, c’est ce qui arrive. Devant cette toute petite fille, je me sens presque démunie. C’est idiot, hein ? C’est complètement con puisqu’elle n’est qu’une gamine pas très importante, pas très puissante. Dans un flash, je me revois de nombreux mois en arrière. Je ne sais pas pourquoi je songe à cela maintenant. Je me revois après le Bal, à balbutier comme une moins que rien, incapable de me défendre, incapable de faire quoi que ce soit. Ma gorge se noue. *Pense pas à ça, bordel !*. Pourquoi ces souvenirs, pourquoi maintenant ? Je n’en ai aucune idée mais je me fais le devoir de les repousser le plus loin possible de moi.
Pour me départir de mon immobilité, j’arrache mon regard noir des billes de la fille, insistant sur la grimace moqueuse qui me déforme les traits, et me détourne d’elle. L’air de rien, les gestes nonchalants, je m’adosse au mur le plus proche et croise les bras sur ma poitrine. Je dresse le menton, un sourcil levé sur le front.
« J’y gagne rien du tout, dis-je à mi-voix, soucieuse de garder ma présence ici secrète. Par contre, j’m’en fous de ta quête, alors va. » Je désigne le couloir du bout du menton. « J’compte pas t’montrer mon dos, hein, je suis pas débile contrairement à ce que tu crois. »
Peut-être pas débile, certes, mais insupportablement fière ; pour une fois, j’en ai terriblement conscience. Si je n’étais pas aussi fière, je me serais barrée sans un mot, avec un sortilège de défense sur le bout des lèvres si besoin. Je n’ai rien à craindre de cette fille, je le sais, ce n’est pas tant lui offrir mon dos qui me dérange que de lui laisser le dernier mot. Cette idée m’est insupportable. Je ne sais pas pourquoi. C’est sa tête, ou ses yeux peut-être, à moins que ce ne soit cette horrible voix — je ne veux juste pas qu’elle me donne l’impression de perdre.
Si j’étais franche avec moi, sans doute aurais-je reconnu que toute cette histoire est la bienvenue pour me détourner de mes pensées. Ainsi, nul besoin de songer à l’Ombre de la mort qui m’attend quelque au part au troisième étage ou pire encore, à la sorcière que j’associe toujours à ce tableau. Je préfère me plonger à coeur perdu dans cette dispute plutôt que de me remémorer mon passage sur ce lointain plateau perdu dans la nuit d’Écosse.
Pensées en tyrolienne
Les calcules fusent de plus en plus vite dans la tête de l’irlandaise, plantée dans le couloir à observer attentivement son opposante. Scrutant le moindre geste ou expression qui pouvait laisser trahir ses intentions, Lucy s’était préparée au pire. Son corps avait une seule envie c’était de s’écrouler. Cette fille aussi mystérieuse, hostile soit elle, avait une aura qui échappait à la petite O’Reilly. Alors qu’une grimace déforma le visage de cette sorcière, son corps bougea de façon suffisamment nonchalante, pour éveiller un soupçon d’incompréhension. La phrase qui suit n’est pas salvatrice pour Lucy, bien au contraire, elle est emplie de défi. Comme clouée par une pièce sur un plateau d’échec, l’irlandaise observe ce corps adossé sur le mur, fermée par sa posture. Lucy, gardant une distance suffisante se replaçait afin d’être sur un angle plus à gauche de la fille.
- Vous venez à l’instant d’abandonner vos objectifs initiaux. Elle marqua une pause avant de reprendre. Vous êtes par conséquent bien plus dangereuse qu’avant. Dit-elle d’une voix flegmatique.
Elle se contenta de fixer cette élève. Ne comprenant pas ses actions et encore moins sa façon de penser, l'irlandaise était à présent bien plus méfiante. Elle se souvenait de tous les harcèlements et agression qu'elle avait vu depuis son entrée. L'expression concentrée, Lucy n'avait pourtant jamais vécu autant d'émotion en si peu de temps. Peur, honte, frustration, impuissance, incompréhension, elle se demandait comment son corps faisait pour supporter ça. Le mélange d'émotion qui pouvait parcourir la jeune serdaigle était tel que la flamme de sa bougie fut soufflée, laissant une fine cheminée de fumée s'élever sur le côté de son visage devenu obscur. Seulement éclairée par les fines flammes attachées au mur, Lucy ressentait une tension palpable, l'envie de fuir la démangeait, mais elle savait très bien que ce n'était pas la bonne solution face à un prédateur, plus rapide et entrainé. Le regard toujours fixement posé sur sa camarade, elle se contentait de se nourrir du silence.
Peu à peu la serdaigle perdait la notion de temps, comme prise dans un monde déformé par la gravité de la scène. Les jambes lourdes, presque tremblante, l'irlandaise s'accrochait au réel, prise dans l'instant. Les fantômes, les esprits frappeurs, voir même les professeurs étaient en ce moment même, une possible porte de sortie de cette impasse. L'idée de prendre une retenu la rendait fébrile, elle avait néanmoins suffisamment d'avance pour ne pas que cela l'affecte trop. Un mal de cœur s'empara d'elle, changeant son visage concentré en un visage plus surpris, légèrement écœuré. Cette fille… Allait-elle au moins proposer quelque chose pour mettre fin à cette impasse ou allait-elle continuer de se délecter de cette situation ? Elle était à présent catégorisée à la fois d'idiote, mais de tortionnaire par l'irlandaise. Elle devait être folle, c'était la seule explication que Lucy avait trouvée pour expliquer cet abandon dans lequel elle était tombée au profit de l’impasse.
Voulant briser le silence en ouvrant sa bouche, elle ne le fit pas, gardant juste sa petite main sur le cristal de sa baguette tandis qu'elle se débarrassait de ce bougeoir maintenant inutile. Le posant sur le sol en pierre pour ne pas engager une sorte de chaos sonore dans le couloir à cause de l'écho. Après s'être relevée, Lucy se frotta les yeux dans un mouvement calme. Toujours concentrée sur la fille. C'était la première fois qu'elle devait faire face à quelqu'un si longtemps, les autres moldus se lassaient bien plus vite de manière générale. Est-ce que c'était une caractéristique des sorciers de manière générale ou simplement propre à cette fille ? Les sorciers avaient certes plus d'ego que les moldus, mais tout de même... à quel point il pouvait être aussi démesuré chez certain sorcier ?
- Vous venez à l’instant d’abandonner vos objectifs initiaux. Elle marqua une pause avant de reprendre. Vous êtes par conséquent bien plus dangereuse qu’avant. Dit-elle d’une voix flegmatique.
Elle se contenta de fixer cette élève. Ne comprenant pas ses actions et encore moins sa façon de penser, l'irlandaise était à présent bien plus méfiante. Elle se souvenait de tous les harcèlements et agression qu'elle avait vu depuis son entrée. L'expression concentrée, Lucy n'avait pourtant jamais vécu autant d'émotion en si peu de temps. Peur, honte, frustration, impuissance, incompréhension, elle se demandait comment son corps faisait pour supporter ça. Le mélange d'émotion qui pouvait parcourir la jeune serdaigle était tel que la flamme de sa bougie fut soufflée, laissant une fine cheminée de fumée s'élever sur le côté de son visage devenu obscur. Seulement éclairée par les fines flammes attachées au mur, Lucy ressentait une tension palpable, l'envie de fuir la démangeait, mais elle savait très bien que ce n'était pas la bonne solution face à un prédateur, plus rapide et entrainé. Le regard toujours fixement posé sur sa camarade, elle se contentait de se nourrir du silence.
Peu à peu la serdaigle perdait la notion de temps, comme prise dans un monde déformé par la gravité de la scène. Les jambes lourdes, presque tremblante, l'irlandaise s'accrochait au réel, prise dans l'instant. Les fantômes, les esprits frappeurs, voir même les professeurs étaient en ce moment même, une possible porte de sortie de cette impasse. L'idée de prendre une retenu la rendait fébrile, elle avait néanmoins suffisamment d'avance pour ne pas que cela l'affecte trop. Un mal de cœur s'empara d'elle, changeant son visage concentré en un visage plus surpris, légèrement écœuré. Cette fille… Allait-elle au moins proposer quelque chose pour mettre fin à cette impasse ou allait-elle continuer de se délecter de cette situation ? Elle était à présent catégorisée à la fois d'idiote, mais de tortionnaire par l'irlandaise. Elle devait être folle, c'était la seule explication que Lucy avait trouvée pour expliquer cet abandon dans lequel elle était tombée au profit de l’impasse.
Voulant briser le silence en ouvrant sa bouche, elle ne le fit pas, gardant juste sa petite main sur le cristal de sa baguette tandis qu'elle se débarrassait de ce bougeoir maintenant inutile. Le posant sur le sol en pierre pour ne pas engager une sorte de chaos sonore dans le couloir à cause de l'écho. Après s'être relevée, Lucy se frotta les yeux dans un mouvement calme. Toujours concentrée sur la fille. C'était la première fois qu'elle devait faire face à quelqu'un si longtemps, les autres moldus se lassaient bien plus vite de manière générale. Est-ce que c'était une caractéristique des sorciers de manière générale ou simplement propre à cette fille ? Les sorciers avaient certes plus d'ego que les moldus, mais tout de même... à quel point il pouvait être aussi démesuré chez certain sorcier ?
Couleur des dialogues : #004080
Pensées en tyrolienne
Je ne la comprends pas. Ce n’est pas étonnant, je ne comprends jamais les Autres. Parfois, il m’arrive de capter un détail sur leur visage ou dans leur regard, parfois même dans leurs gestes, qui me donne une idée de ce qu’il se passe à l’intérieur — je vois alors l’intérêt ou le jugement, la peur, la colère, la tristesse, ce genre de choses. Mais la plupart du temps, je suis complètement hermétique à ce qu’ils peuvent bien ressentir. Déjà parce que je me fous de leurs états-d’âme, certes, mais aussi et surtout parce que je ne comprends pas, bordel, je ne comprends pas les Autres ; ils sont si différents de moi ! Souvent, je me dis qu’ils sont anormaux, que ce n’est pas logique qu’ils ne fonctionnent pas comme moi et alors je me sens unique, la seule personne sur cette Terre à être un tant soit peu équilibrée. Certes. Le reste du temps, j’ai l’impression que c’est moi, l’anormale, et cette idée me fait ressentir le même sentiment : je suis unique. Par définition, je suis plus importante. Les Autres ne comprennent pas cette importance. Ils ne veulent pas comprendre.
Un soupir me soulève les épaules. Bien qu’incapable de l’appréhender, je n’en observe pas moins la jeune fille. Son regard, ses traits, tout ce qui fait qu’elle est elle. Je ne manque pas l’étouffement de la flamme de sa bougie ; un léger sourire me fend le visage et mon regard se perd dans les volutes de fumée. Ça, c’est intéressant. La fille n’a semble-t-il rien fait pour l’éteindre mais moi je sais. Je sais que sa magie a agi sans qu’elle lui donne l’ordre de le faire. Cela prouve deux choses : premièrement, que la fille ne contrôle pas sa magie — ce qui est guère étonnant pour une enfant de son âge ; et deuxièmement, qu’elle doit être bien chamboulée pour faire de la magie accidentelle. Tout à coup, je retrouve confiance en confiance en moi. Terminée, l’étrange sentiment qui m’a noué les entrailles. Je sais à présent que j’ai bien plus de contrôle qu’elle et c’est la seule chose dont j’avais besoin pour me sentir mieux, pour me sentir légitime.
Le silence s’étire sans que l'enfant ne parle ne parle. Bah ! peut-être ne rajoutera-t-elle rien, je ne m’y attendais pas. Et elle n’a pas l’air prête à s’en aller. Un deuxième soupir s’échappe par mon nez. Je lève le regard vers le plafond, réfléchis, et le baisse de nouveau sur la fille.
« T’as beau croire que tu me connais ou me comprends… T’es loin du compte. »
Abandonner mes objectifs initiaux. A-t-elle une aussi forte estime d’elle-même ? Si ce n’était pas le cas, elle ne penserait être suffisamment intéressante pour faire abandonner à Aelle Bristyle ses objectifs initiaux. Cette idée est hilarante mais je n’ai pas envie de rire, ce soir. Il est fort appréciable, cependant, qu’elle me trouve dangereuse. J'aime l'idée d'inspirer un quelconque effroi aux Autres. C'est plus acceptable que de leur inspirer moquerie et pitié.
« Pourquoi tu me vouvoies ? » demandé-je soudainement en fronçant les sourcils.
Cette question me démange depuis que la gamine est dans ce couloir. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi elle fait ça. Je me demande si c’est une habitude semblable à celle que j’ai d’appeler les Autres par leur nom de famille — certains élèves, et adultes, ne comprennent pas ça. Et moi, je ne comprends pas pourquoi ils ne comprennent pas que je n’aime pas être appelée Aelle par des gens qui ne me connaissent pas.
Un soupir me soulève les épaules. Bien qu’incapable de l’appréhender, je n’en observe pas moins la jeune fille. Son regard, ses traits, tout ce qui fait qu’elle est elle. Je ne manque pas l’étouffement de la flamme de sa bougie ; un léger sourire me fend le visage et mon regard se perd dans les volutes de fumée. Ça, c’est intéressant. La fille n’a semble-t-il rien fait pour l’éteindre mais moi je sais. Je sais que sa magie a agi sans qu’elle lui donne l’ordre de le faire. Cela prouve deux choses : premièrement, que la fille ne contrôle pas sa magie — ce qui est guère étonnant pour une enfant de son âge ; et deuxièmement, qu’elle doit être bien chamboulée pour faire de la magie accidentelle. Tout à coup, je retrouve confiance en confiance en moi. Terminée, l’étrange sentiment qui m’a noué les entrailles. Je sais à présent que j’ai bien plus de contrôle qu’elle et c’est la seule chose dont j’avais besoin pour me sentir mieux, pour me sentir légitime.
Le silence s’étire sans que l'enfant ne parle ne parle. Bah ! peut-être ne rajoutera-t-elle rien, je ne m’y attendais pas. Et elle n’a pas l’air prête à s’en aller. Un deuxième soupir s’échappe par mon nez. Je lève le regard vers le plafond, réfléchis, et le baisse de nouveau sur la fille.
« T’as beau croire que tu me connais ou me comprends… T’es loin du compte. »
Abandonner mes objectifs initiaux. A-t-elle une aussi forte estime d’elle-même ? Si ce n’était pas le cas, elle ne penserait être suffisamment intéressante pour faire abandonner à Aelle Bristyle ses objectifs initiaux. Cette idée est hilarante mais je n’ai pas envie de rire, ce soir. Il est fort appréciable, cependant, qu’elle me trouve dangereuse. J'aime l'idée d'inspirer un quelconque effroi aux Autres. C'est plus acceptable que de leur inspirer moquerie et pitié.
« Pourquoi tu me vouvoies ? » demandé-je soudainement en fronçant les sourcils.
Cette question me démange depuis que la gamine est dans ce couloir. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi elle fait ça. Je me demande si c’est une habitude semblable à celle que j’ai d’appeler les Autres par leur nom de famille — certains élèves, et adultes, ne comprennent pas ça. Et moi, je ne comprends pas pourquoi ils ne comprennent pas que je n’aime pas être appelée Aelle par des gens qui ne me connaissent pas.
Pensées en tyrolienne
Lucy continue d'observer son opposante, un petit sourire sonna le glas d'une sorte d'apaisement dans cette aura pourtant si assassine. Bien que toujours méfiante, cette sensation de nausée disparaissait peu à peu de la jeune irlandaise. Des soupirs suivirent cette scène lourde pour Lucy avant finalement que le silence soit brisé. Elle avait raison, elle ne la connaissait pas, la jeune rousse n'avait finalement fait que des observations surement imprécises voir fausse. Pour ce qui était de la comprendre, elle avait déjà suffisamment de mal à comprendre le monde alors les autres... Blessée d'être tombée « si loin du compte », son corps détendu baissait légèrement sa garde. Elle espérait que l'impasse de tension pouvait s'envoler. Finalement, le silence se brisait à nouveau, l'hostilité reprenait sous cette question qui fusant vers elle.
Un peu désemparée, Lucy soupirait. Elle sortit de son sac un morceau de tissu très épais puis l'enroula autour de la pointe de sa baguette. Ses gestes étaient suffisamment lents et précis pour ne pas qu'ils soient mal interprétés par sa camarade plus âgée. Elle se baissa pointant sa baguette sur la mèche de sa bougie et murmura la formule d’un sortilège. « Incendio ». Une magnifique petite flamme vert émeraude et dorée jaillissait dans une détonation d’un souffle violent, avant de reprendre une couleur normale. Heureusement le son était suffisamment étouffé par le tissu pour ne pas résonner dans tout l'étage, restreint à une zone suffisamment acceptable autour des deux élèves. Sa baguette était bruyante, même pour un simple petit sortilège. Une fois le tissu enlevé et la baguette rangée Lucy releva les yeux vers sa camarade.
- Je n'ai pas la prétention de vous connaître. Fit-elle d'une voix calme avant d'ajouter. Vous êtes néanmoins libre de m'expliquer pour que je comprenne. Elle marqua une pause, laissant le silence se réinstaller pour laisser au temps une fenêtre afin de respirer. Depuis que je suis arrivée au château, je me suis aperçu que quiconque avait le droit à cette touche de respect pour celui qu'il était, peu importe sa différence, ses actes, sa souffrance... même si cette personne instaure chez moi une émotion comme de la peur. Finit-elle par dire en regardant sa camarade pour lui faire comprendre qu'elle était cette personne.
Elle ne savait pas comment elle allait réagir, sa seule présence avait mis à mal un sacré nombre de calcules de la petite serdaigle et c'était encore plus le cas depuis qu'une interaction s'était créé. Lucy, avait même dû bafouer le principe clef de ne pas utiliser sa baguette bien trop bruyante à ses yeux pour rallumer cette bougie. Toujours sur ses gardes, mais quand même bien moins qu'il y a quelques instants, Lucy observait les réactions de sa camarade. Observant de temps à autres les flammes de toutes les bougies environnante. Prise dans une sorte de tension, à la fois apaisée et palpable, Lucy ressentait à la fois de la curiosité mélangée à de la peur et du respect. Elle ne savait pas trop quoi penser à présent, même si elle voulait éprouver une certaine forme de sympathie, c'était encore bien trop tôt pour ça. Pour l'instant l'heure était à la prudence, elle ne pouvait toujours pas lui faire confiance, son froncement de sourcils lors de sa question était très loin d'être amical. Le chaos des réactions de l'inconnu, étaient intéressantes, mais à la fois si frustrante et si...personnelle ?
Fatiguée de contrôler les caprices de ses jambes pour ne pas tomber, ni trembler. Lucy s'appuya contre le mur opposé, laissant son corps souffler. Le mur de pierre était relativement froid, mais Lucy semblait parfaitement gérer ce détail malgré sa tenue légère en cette période de l'année. Se contentant d'apprécier le réveil de ses muscles, précédemment tétanisés, son sang et sa magie circuler, son estomac se dénouer. C'était si reposant pour la petite irlandaise qui s'était laissé envahir par un profond stress depuis qu'elle était arrivée dans ce couloir. Inspirant l'air frais des couloirs, ses sens en alerte bien que toujours à l'affut, s'endormaient légèrement.
Un peu désemparée, Lucy soupirait. Elle sortit de son sac un morceau de tissu très épais puis l'enroula autour de la pointe de sa baguette. Ses gestes étaient suffisamment lents et précis pour ne pas qu'ils soient mal interprétés par sa camarade plus âgée. Elle se baissa pointant sa baguette sur la mèche de sa bougie et murmura la formule d’un sortilège. « Incendio ». Une magnifique petite flamme vert émeraude et dorée jaillissait dans une détonation d’un souffle violent, avant de reprendre une couleur normale. Heureusement le son était suffisamment étouffé par le tissu pour ne pas résonner dans tout l'étage, restreint à une zone suffisamment acceptable autour des deux élèves. Sa baguette était bruyante, même pour un simple petit sortilège. Une fois le tissu enlevé et la baguette rangée Lucy releva les yeux vers sa camarade.
- Je n'ai pas la prétention de vous connaître. Fit-elle d'une voix calme avant d'ajouter. Vous êtes néanmoins libre de m'expliquer pour que je comprenne. Elle marqua une pause, laissant le silence se réinstaller pour laisser au temps une fenêtre afin de respirer. Depuis que je suis arrivée au château, je me suis aperçu que quiconque avait le droit à cette touche de respect pour celui qu'il était, peu importe sa différence, ses actes, sa souffrance... même si cette personne instaure chez moi une émotion comme de la peur. Finit-elle par dire en regardant sa camarade pour lui faire comprendre qu'elle était cette personne.
Elle ne savait pas comment elle allait réagir, sa seule présence avait mis à mal un sacré nombre de calcules de la petite serdaigle et c'était encore plus le cas depuis qu'une interaction s'était créé. Lucy, avait même dû bafouer le principe clef de ne pas utiliser sa baguette bien trop bruyante à ses yeux pour rallumer cette bougie. Toujours sur ses gardes, mais quand même bien moins qu'il y a quelques instants, Lucy observait les réactions de sa camarade. Observant de temps à autres les flammes de toutes les bougies environnante. Prise dans une sorte de tension, à la fois apaisée et palpable, Lucy ressentait à la fois de la curiosité mélangée à de la peur et du respect. Elle ne savait pas trop quoi penser à présent, même si elle voulait éprouver une certaine forme de sympathie, c'était encore bien trop tôt pour ça. Pour l'instant l'heure était à la prudence, elle ne pouvait toujours pas lui faire confiance, son froncement de sourcils lors de sa question était très loin d'être amical. Le chaos des réactions de l'inconnu, étaient intéressantes, mais à la fois si frustrante et si...personnelle ?
Fatiguée de contrôler les caprices de ses jambes pour ne pas tomber, ni trembler. Lucy s'appuya contre le mur opposé, laissant son corps souffler. Le mur de pierre était relativement froid, mais Lucy semblait parfaitement gérer ce détail malgré sa tenue légère en cette période de l'année. Se contentant d'apprécier le réveil de ses muscles, précédemment tétanisés, son sang et sa magie circuler, son estomac se dénouer. C'était si reposant pour la petite irlandaise qui s'était laissé envahir par un profond stress depuis qu'elle était arrivée dans ce couloir. Inspirant l'air frais des couloirs, ses sens en alerte bien que toujours à l'affut, s'endormaient légèrement.
Couleur des dialogues : #004080