13/03/46 Ombre qui rôde PV A.N Terminé

MARDI 13 MARS - 3ÈME ANNÉE
COULOIRS (21h13)
@Aliosus Nerrah



Au fond de son lit, au chaud, sa peluche oiseau du tonnerre serrée contre son cœur, Élicia dormait, depuis environ une demie heure, étant tombée de fatigue après une journée de cours chargée. Jusque là, son sommeil avait été sans rêve, paisible. Jusqu'à ce qu'il arrive. C'était toujours le même, depuis la rentrée de janvier. La seule chose différente, c'était la personne qui l'accompagnait dans son cauchemar. Parfois Lumah, parfois son frère, ou Lyam, son cousin. Parfois son père, Brett une fois, Aliosus une fois aussi. Ces présences n'étaient jamais rassurantes, surtout que c'était les personnes qu'elle ne voulait surtout pas voir là-bas, comme ça.
Cet horrible cauchemar qui revenait, de plus en plus souvent, malgré la présence de son doudou oiseau du tonnerre, son gardien du sommeil.
Ce cauchemar :

Je marchais, seule pour une fois. C'était un paysage tranquille, qui ressemblait comme deux gouttes d'eau au Parc de Poudlard. Quelque chose au fond de moi me hurlait de me réveiller, car il savait ce qui allait ce passer...mais je ne l'entendais pas, et continuais ma route.
Puis subitement, le soleil s'éteignit, des volutes de fumées noires arrivèrent de nul part, et masquèrent le paysage si beau. Je commençais à m'affoler, je ne voyais rien d'autre que le noir.
Je me retournais dans tout les sens, jusqu'à apercevoir au loin une lueur blanche, l’entrebâillement d'une porte. Sûrement celle du château, j'étais pas loin du Hall !
La lumière était légère, mais je parvenais à distinguer parfaitement l'ombre qui avançait doucement vers moi. Mon cœur s’accélérait, mon souffle diminuait...jusqu'à ce que je remarque l'arc de jais tenu par l'ombre, les flèches de la même couleur dans son dos, et celle qui pointait dans ma direction, prête à être envoyée sur moi.
Je partis en courant, dans le sens contraire, à l'aveuglette dans le noir, en espérant semer l'ombre.
Je pensais y être arriver, jusqu'à ce qu'un corbeau noir vole au dessus de moi, une boîte entre les serres, qui me criait des menaces. Puis soudain, une vive douleur au cou. Je levais les mains pour l'agripper, savoir ce qu'il m'arrivait...et je me faisais piquer par les épines de ce qu'il semblait être des ronces. Surprise, paniquée, je perdis l'équilibre et tomba au sol. Je me retournais ensuite, juste à temps pour voir l'ombre et son arc à deux mètres de moi, un sourire diabolique sur le visage.


Dans un sursaut, la rousse se réveilla, pleine de sueur, totalement paniquée. Il lui fallut un moment pour retrouver ses esprits, et elle fondit en larme.
Elle ne voulait pas déranger de nouveau sa meilleure amie, alors une autre idée germa dans son esprit. Que se soit interdit ou non, elle s'en fichait, pour le moment. Elle voulait juste voir quelqu'un, même un professeur si il le fallait, pour la rassurer...

Pieds nus, ses cheveux roux ébouriffés, son doudou entre ses bras, et sa baguette dans une main, elle prit le chemin de la salle commune à la lueur de sa baguette et en sortit.
Elle avait froid, mais peu importe : elle avait besoin de marcher, remettre ses pensées en place, penser à autre chose même, et être loin de son nid à cauchemar.

La jeune fille ne savait pas où elle allait, elle ne le voyait même pas, sa vue était brouillée par ses larmes. Elle n'entendait rien d'autres que ses pas sur le sol, ne sentait rien d'autres que l'eau sur ses joues, le froid à ses pieds et la faible chaleur qui émanait de Thundily, sa peluche - nom qu'elle lui avait donné elle-même.
Elle avait peur, elle avait froid, et se sentait seule et perdue. Au moins, où elle était, elle ne risquait rien, son cauchemar était là, tout près, mais si elle ne s'endormait pas, il n'aurait pas l'occasion de lui sauter dessus et de l'emporter.
Et elle continuait de rôder, sans but


J'espère que ça te va ^^
Dernière modification par Élicia Caldin le 30 avr. 2023, 19:19, modifié 3 fois.

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Red hair, the crown you never take off

13/03/46 Ombre qui rôde PV A.N Terminé
Bien malgré lui, une certaine routine s'était installée durant les tour de garde d'Aliosus, lorsqu'il arpentait pour la énième fois les mêmes couloirs au cours de ce qui lui paraissait être la millième ronde de couvre feu depuis la rentrée de septembre. Il allait et venait assez machinalement, repérant de ci, de là, de petits détails, une armure dont ont à joué avec le casque, mal remis en place, un tableau vide dont le sujet est allé se balader ailleurs, un encrier tombé d'un sac et abandonné derrière une colonne...

Pour meubler un peu l'atmosphère lugubre son esprit se remplissait la plupart du temps d'une chanson, ou plus souvent d'une bribe de chanson qu'il avait retenu tout particulièrement. Il en avait fait le plein plus d'un an auparavant, sa famille allemande s'étant révélée beaucoup plus mélomane qu'il l'aurait imagé. Ces chansons étaient le plus souvent en vieil allemand, qu'il ne comprenait qu'à demi, ou bien en français, sa grand mère Nerrah descendant d'une famille s'étant établie en Afrique du Nord au XIXème siècle. Ainsi lui tenait compagnie une certaine Marie Dominique dont on ne savait pas ce qu'elle fichait à Saïgon, ou bien évidemment Herr Mannelig le chevalier suédois rencontrant la troll suppliante. Mais en cette nuit naissante du mois de mars, c'était un chant de marche ancien, remontant aux temps où le fondateur de sa famille arpentait encore le monde.

Und haben wir im Ranzen Et nous l'avons dans la sacoche
Nichts als ein Kanten Brot, Rien qu'un quignon de pain
wir werden leichter tanzen, Nous danserons alors avec entrain
wir tanzen in den Tod. Nous danserons dans la Mort
Duri Dei Durida Duri Dei Durida
Wir tanzen in den Tod. Nous danserons dans la Mort


Oui il n'était plus aussi alerte qu'à ses premières rondes où il craignait de surprendre des élèves bien plus âgés qui lui poseraient bien des soucis. Il était en quelque sorte blasé, lassé de prendre des première année qui invoquaient des «Heu je me suis perdu» et qui menaçaient de pleurer s'il faisait les gros yeux.

Ce fut le passage fugace d'une ombre qui lui fit détecter un nouveau contrevenant. Il soupira et repris aussitôt ses réflexes : baguette à la main, il prit en chasse l'inconnu, chose rendue facile par les bruits de pas qui, même légers, semblaient résonner dans tout le château vide et silencieux. Il lui fallut une minute environ pour rattraper la silhouette.

«Le couvre feu est passé de près d'une heure, nom, année et maison je te prie.» dit-il à l'adresse de ce qu'il identifiait comme une jeune fille mais dont il ne distinguait pas le visage.

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13/03/46 Ombre qui rôde PV A.N Terminé
L’Ombre étrange était là, tout près, elle la sentait presque. Ses mains griffues la touchait presque. Et pourtant, une barrière les séparaient. L’imagination, et plus précisemment le monde des rêves et des cauchemars. Pourtant, impossible pour Élicia de la sortir de son esprit, elle avait planté ses griffes trop profondément dans ses pensées qu’il lui faudrait un moment pour passer à autre chose. Jusqu’à la prochaine fois où elle s’endormirait et qu’Elle reviendrait.

Le pire, c’était que tout autour d’elle lui rappelait la présence de son cauchemar. Des armures du château qui projetaient des ombres inquiétantes, jusqu’aux bruits dehors, ou le silence des couloirs.
La rousse sanglotait doucement, son cœur battait encore vite, après le trop plein de peur qu’il avait accumulé. Elle ne voyait toujours pas où elle allait, et ne s’y intéressait pas. C’est d’ailleurs pour cette raison qu'elle trébucha et tomba à genoux sur les pierres froides du château. Sa baguette lui échappa des mains et s’éteignit, et sa peluche tomba au sol devant elle. Immédiatement, elle la ramassa et récupéra sa baguette, puis se remit en marche.

Trop enfoncée dans ses pensées aussi noires que la nuit, elle n’entendit pas les pas qui arrivaient derrière elle. Sa baguette était toujours éteinte, elle l’avait rangé dans la poche de son pyjama,et serrait son doudou avec ses deux bras.
Quand elle entendit la voix derrière elle, elle se retourna dans un sursaut, totalement paniquée.C’était-elle rendormi ? C’était la première chose à quoi elle pensa avant de comprendre ce qui avait été dit.
Sa voix sèche, elle essaya de répondre.

J..je…

Puis Élicia reconnut la voix. Etait-ce le hasard, que ça soit lui qui soit tombé sur elle, ou un signe ? Personne ne le saura jamais. Elle, elle était mitigée. D’abord heureuse que ça soit lui, mais elle avait peur qu’il la punisse d’être sortie quand même. Et aussi parce qu’elle ne voulait pas qu’il la voit dans cet état. Mais c’était trop tard, et d’une certaine manière, c’est ce qu’elle avait voulu : trouver quelqu’un. Peut-être même qu’au fond d’elle-même, elle avait souhaité tomber sur lui.
Le doute s’encra doucement en elle. Et si ce n’était pas lui ? Peut-être s’était-elle trompée ?

A..Aliosus, c’est toi ?

Si c’était vraiment lui, allait-il la reconnaître ? Et si s’était le cas, la dénoncerait-il aux professeurs ?

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Qui que soit cette contrevenante, elle n'avait pas l'air bien en forme. La baguette à la main, il dirigea son Lumos sur le visage aux yeux rougis par ce qui semblait être des larmes, des yeux qu'il reconnaissait malgré tout, ceux d'Elicia. Par Merlin, s'il s'attendait à la trouver là...

«Élicia c'est toi ? Mais qu'est ce qu'il t'arrive ? Qu'est ce que tu fais dans cette tenue à courir dans les couloirs, et à cette heure là ?» il avait beau chuchoter, son ton ne laissait pas de place à l'interprétation : il était tout à la fois mécontent et surpris de l'avoir trouvé là et comptait bien tirer au clair le mystère de la présence de la Poufsouffle en dehors de son dortoir après le couvre-feu. La dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés en dehors des heures autorisées c'était deux ans auparavant, suite à un défi stupide, pour se battre en duel dans les toilettes abandonnées. L'affaire avait tourné au fiasco évidemment et le Serpentard avait fait sa retenue dans le bureau de la Directrice de Poufsouffle, miss O'Sullivan. Tout ça paraissait avoir eu lieu dans une autre vie, c'était un temps bien plus simple, avant le Conseil, avant le Bal, avant Harrison, avant son préféctorat... Ils n'étaient, Élicia et lui, plus les mêmes enfants qu'alors et pourtant, elle paraissait ce soir plus vulnérable encore qu'en première année. Que s'était-il passé ?

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Aveuglée par la lumière qui sortait de la baguette d’Aliosus, Élicia ferma les yeux instinctivement, et recula d’un pas en titubant.
Au moins, avec cette lumière, il l’avait reconnu. Elle, elle l’avait reconnu à la voix. D’ailleurs, maintenant qu’il savait que c’était elle, sa voix reflétait sa surprise, mais elle n’y fit pas attention.

Elle renifla, monta son doudou à son visage, au niveau de sa bouche et de son nez, et essaya ses yeux rougis par ses pleurs.
Mais pour le moment, il lui était impossible de lui répondre, sans fondre en larme de nouveau. Alors elle prit sa respritation, souffla et renifla plusieurs fois.

Malgré le noir, elle distinguait sa silhouette, et devinait ses traits. Par quel hasard était-il tombé lui, sur elle ? Mais maintenant qu’il était là, elle se sentait en sécurité. L’Ombre qui la poursuivait ne pouvait pas l’atteindre tant qu’elle ne dormait pas, et Aliosus était là, au cas où.

Avec difficulté, elle murmura très bas :

Elle...elle me suit par...partout…

Il comprendrait sûrement rien à cette révélation, mais tant pis. La rousse ne se sentait pas encore capable de lui parler de l’Ombre comme ça. De son arc immonde, de ses flèches mortelles, de sa façon de courir, sa voix, le corbeau qui la suivait, et le collier de ronces aussi.

Tout ça, c’était à cause de cette soirée l’année passée. Cette dame qui était morte dans la Grande Salle car l’infirmier n’avait pas pu la sauver. Ses flèches noires plantées en elle, et son tigre...Puis l’urne, avec sa voix affreuse et son corbeau de malheur, et pour finir, ces quatres élèves choisient pour aller dans le Dominion, leur cou montrant le collier de ronces noires. C’était trop pour la jeune fille.

Alio...sus, j’ai peur…

Et ça se voyait. Élicia tremblait de tous ses membres, impossible de s’arrêter, malgré la présence de sa peluche serrée contre elle.

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Le jeune garçon avait déjà vu sa camarade ne pas aller bien, mais cette fois dépassait toutes les autres en terme d'intensité. Elle bégayait, peinait à prendre sa respiration, elle semblait perdues, aux abois. Quelle force l'avait poussée hors de la sécurité de son dortoir ? Quelle menace était-elle en train de fuir en pleine nuit, peluche à la main, en tenue de nuit ?

Il écarta sa baguette afin de ne plus agresser les yeux rougis de la Poufsouffle et s'approcha d'elle, une main un peu levée, sans oser encore la poser sur son épaule. Elle emblait vouloir dire quelque chose mais le souffle court, les sanglots étranglant sa gorge, il comprit à peine quelques mots réussissant à passer les lèvres tremblantes d'Elicia, mais ils n'avaient pas de sens.

«Attends, on va s'asseoir et tu vas reprendre ton souffle d'accord ?» Il s'approcha et posa sa main libre sur le bras de la troisième année. Elle tremblait tellement qu'il comprit que ce ne serait pas suffisant. Il rangea sa baguette, les plongeant à nouveau dans la pénombre et posa sa main droite afin qu'elle se sente accompagnée et protégée. Lui adressant un sourire confiant, il lui indiqua une volée de marche non loin pour qu'ils s'y installent. Il y avait quelques torches dans l'escaliers, de quoi se sentir mieux, de quoi souffler.
«Là, installe toi. Il passait sa main dans son dos, doucement. Il avait pris de l'assurance ces trois dernière années, pour à la fois oser ce contact et en comprendre l'intérêt et la nécessité. Raconte moi tout

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Ses pleurs commençaient à s'évaporer, très, très doucement. L'eau ne brouillait plus sa vue, bien qu'avec la lumière qui sortait de la baguette d'Aliosus, elle ne voyait pas grand chose, ses yeux n'étant pas habitués à une telle luminosité, alors que tout autour d'elle étaient ombres et ténèbres.
Élicia lui en fut donc reconnaissante lorsqu'il écarta sa baguette. Il lui fallut un moment avant que ses yeux se réhabituent à la pénombre, moment où son ami de Serpentard se rapprocha. Elle ne le remarqua qu'au son de ses pas, encore un peu éblouie. Toujours sous le choc de son cauchemar, elle se tendit, et s’apprêtait à reculer un pas, quand une évidence la frappa : elle ne risquait rien avec lui. Elle se détendit immédiatement, et le regarda approcher sa main. Elle le voyait mieux à présent, ce qui la rassura un peu plus.

Aliosus finit par poser sa main sur son bras, ce qui calma un peu ses tremblements, bien qu'ils ne s'arrêtèrent pas totalement. Il éteignit sa baguette, ce qui tendit de nouveau la rouquine, qui se détendit en remarquant la lumière des torches, pas loin. Le garçon avait posé son autre main et la guidait jusqu'aux escaliers.
Élicia se laissa faire, son doudou toujours dans ses bras, sa gorge encore sèche après ses pleurs. Elle s'assit sur la première marche, serra sa peluche contre elle et remonta ses genoux. La main d'Aliosus dans son dos la surpris d'abord, puis elle en comprit le sens et se tourna vers lui, essayant de lui offrir un sourire pour le remercier. Son sourire ne ressemblait pas à celui qu'elle voulait, mais elle n'arriverait pas à faire mieux, pour le moment. Le rythme de sa respiration s'apaisait grâce à ce contact, elle commençait à aller mieux...
Jusqu'au moment où le jeune homme lui demanda de raconter ce qu'il s'était passé. Pendant un temps, elle avait réussi à écarter, à oublier la raison de son escapade nocturne, à oublier l'Ombre et toutes les autres horreurs de son cauchemar.
Ses tremblements reprirent, elle sentait ses yeux la piquer de nouveau, les larmes étaient proches. Comment pourrait-elle lui dire ? Et si...et si il se moquait d'elle ? Elle trouvait ça ridicule, mais en y pensant, elle eut un doute.
La jeune fille baissa légèrement la tête, incapable de le regarder.

Je...C'est que...je..j'ai fait un..cauchemar..

Elle eut un frisson. Serait-elle capable de lui raconter ? Comprendrait-il ? Et si ce n'était pas le
cas ?...Trop de pensées négatives tourbillonnaient dans son esprit, elle en avait presque mal à la tête.

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Les cheveux d'Élicia reflétaient curieusement la lueur chaude des torches de l'escalier, ils paraissaient flamboyer, ce qui contrastait étonnement avec le comportement de sa camarade : tête basse, regard humide et fuyant, épaules basses... Tout indiquait une peine, une perte de confiance, une peur particulière, en tout cas pas un simple cauchemar comme elle semblait essayer de lui faire croire.

«Élicia, je te forcerai pas à en parler si tu ne veux pas tu sais. Je vais rester avec toi et tu me diras quand tu te sentiras la force de te lever et de marcher.»

Dans sa tête il élaborait une solution pour ne pas avoir à punir la Poufsouffle. Si le règlement interdisait les errances dans le château en dehors du couvre feu, il semblait bien au Préfet que la situation était différente, ce n'était pas une infraction d'un petit malin qui cherchait à défier l'autorité, non, Élicia allait mal, pour de vrai, quelque chose l'avait chassé non seulement hors de son lit, mais hors de sa Maison où elle aurait du se sentir bien plus en sécurité que dans les couloirs sombres, vides et froids de l'école. Il se demandait bien ce qui avait provoqué une telle fuite, mais il ne pousserait pas sa camarade ce soir pour avoir plus d'indices.

«Tu veux te changer les idées, qu'on parle de choses en particulier ?»
Ce n'était vraiment pas terrible, mais il ne se voyait pas rester là, assit et silencieux, il préférait être maladroit plutôt qu'insensible.

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Sa tête toujours basse, ses cheveux cachant légèrement son visage, Élicia regardait ses genoux sans les voir. Elle se contrôlait pour ne pas se remettre à pleurer, pour calmer sa respiration et ses tremblements. Elle se répétait en boucle que ce n'était qu'un rêve, que rien n'était réel, mais une petite voix dans sa tête lui rappelait sans pitié qu'une partie de son rêve existait bel et bien. Elle n'avait pas inventé le corbeaux et l'urne, ni les colliers de ronces, l'Ombre était une représentation de Dai Hong Dao, et les flèches noires étaient celle qui avaient ôté la vie à cette dernière.

La rousse serra de nouveau sa peluche contre elle, et tourna la tête vers son ami. Il semblait comprendre qu'elle allait mal et qu'elle aurait dû mal à parler. Cette prise du conscience lui fit du bien, elle n'avait plus de doute, elle pouvait lui faire confiance.
Elle leva la main afin de chasser les quelques larmes prêtent à rouler sur ses joues, et murmura un Merci à peine audible.

L'envie de se confier était maintenant plus forte. La seule chose qui la bloquait, c'était justement de parler, parce qu'elle savait que c'était revivre son cauchemar et donc avoir mal de nouveau.
Elle voyait bien qu'Aliosus faisait des efforts pour la mettre à l'aise, pour qu'elle se sente mieux, et elle lui en était reconnaissante. Elle ne se sentait pas encore prête pour parler, alors elle attendrait un peu et elle lui dirait. Après tout, c'était ce pour quoi elle s'était levée et était sortie de sa salle commune, pour trouver du réconfort.

Je veux bien...

Élicia remonta légèrement ses genoux, son visage éclairé par les torches toujours tourné vers le Serpentard.

Mais je sais pas de quoi parler...tu as une idée toi ?

L'ambiance c'était un peu détendue, elle était devenue plus légère. Malgré ça, la jeune fille eut un nouveau frisson. Mais, étrangement, c'était plus à cause du froid que de la peur. En même temps, la nuit en plein mois de mars, malgré les torches, il faisait pas très chaud dans le château.

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Aliosus était touché par la vulnérabilité d'Élicia. Il ne pouvait se résoudre à aller la livrer ainsi à une sanction qui, s'il suivait les obligations du rôle de préfet qu'on lui avait fait l'honneur de lui décerner, devait lui tomber dessus. Heureusement l'esprit d'Aliosus turbinait à plein régime, à la fois pour trouver une solution et pour trouver un sujet de conversation pour changer les idées de sa camarade et amie.

Le premier soucis se résoudrait simplement en conduisant Élicia à l'infirmerie plutôt que de l'obliger à retourner à sa salle commune. Il faudrait trouver une astuce pour expliquer comment il est tombé sur elle à cette heure pareille, mais peut être que l'infirmière ferait preuve de discrétion. Après tout, elle n'a sans doute aucun intérêt à ce que les élèves aient l'impression qu'elle les dénoncerait aux directeurs de maisons.

Pour ce qui était de la suite, il s'agissait maintenant de trouver un sujet de conversation suffisamment léger pour égayer un peu les pensées de la Poufsouffle, ou en tout cas, suffisamment éloigné leur situation.
«Je crois que je n'ai pas eu l'occasion de te raconter cette histoire, c'était il y a un peu plus d'un an, quand je suis allé en Allemagne pour Noël. Il y avait une de mes tantes que je n'avais jamais rencontré, évidemment, elle parlait très peu anglais et se promenait toujours accompagnée d'un magnifique Dalmatien...»
Aliosus continua quelques minutes ainsi, racontant cet après-midi où sa tante et lui avaient passé un très beau moment au bord de la Mer Baltique, à promener ce chien et comment il avait saisit son pantalon dans ses mâchoires, lui évitant de tomber dans l'eau alors qu'il était dans les rochers. C'était un beau souvenir, il ne savait pas s'il allait plaire à Elicia, mais dans la pénombre du château, lui souriait.

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