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15 juil. 2021, 08:24
 +  Enfer(s) et Dalmatiens
Dimanche 24 Juin 2046
Poudlard Express

Nom du Rp sorti d'un délire lointain, sous copyright T-)


Je sentis la poignée de ma malle glisser de ma main moite sous la chaleur étouffante qui régnait en ce mois de juin. De ma main libre, je rattrapai juste à temps la lourde charge qu’étaient mes affaires scolaires et mes vêtements rassemblés. Je montai les marches qui séparaient le quai du train rouge et entrai dans le wagon. Je posai ma malle au sol avant d’essuyer ma main moite contre le tissu de ma robe de sorcière. Ma main gauche s’empara de la valise et la souleva avec difficulté. Je m’avançai dans le long couloir, cherchant des yeux un compartiment vide, ou pas trop rempli, ne voulant pas passer le trajet entassée contre des corps dégageant de la chaleur et une forte odeur nauséabonde.

Au plus je faisais de pas, au plus je me mettais à croire que je finirais par rester dans le couloir durant de longues heures. Déjà, je me voyais, mangeant à même le sol des dragées surprises aux goûts répugnants. Peut-être arriverais-je à me dénicher un coussin pour avoir une petite chance de dormir ? Je regardai dans le compartiment qui se trouvait sur ma droite. Seules trois filles aux couleurs de Gryffondor et à l’air plus âgées que moi s’y trouvaient. J’inspirai profondément avant de me diriger vers la porte. J’ouvris celle-ci, interrompant leur conversation et souris bêtement. Trois têtes se tournèrent vers moi, d’un mouvement presque simultané à l’ouverture de la porte, comme si elles avaient un sixième sens, un instinct de prédateurs partant à la recherche d’une proie. Les yeux d’une des trois têtes à la chevelure rousse quittèrent mes yeux pour descendre le long de mon corps. Je sentis une vague d’eau froide m’asperger intérieurement. Soudain, le besoin de prendre la parole s’imposa à moi, pensant qu’elle quitterait peut-être mon corps de son regard rempli de jugements.

- Euh… J’peux m’asseoir ici ? demandai-je d’une voix mal assurée.

Les yeux de la rousse quittèrent l’inspection de mes jambes pour revenir sur mes yeux, ce qui fit rougir tous les centimètres carrés de mon corps. Elle étira ses lèvres en un sourire assassin qui me fit frissonner. J’ouvris la bouche et dis d’une voix tremblante :

- En fait… Euh… J’vais y aller… Salut.

Obéissant à mes propres paroles, je cherchai la poignée de la main avant de la trouver, de l’actionner et de m’extirper du compartiment. Je ne partis pas assez vite pour ne pas entendre les rires moqueurs des trois Rouges. Les larmes me montèrent automatiquement aux yeux, et je les ravalai presque aussitôt qu’elles apparurent. Je m’adossai à la paroi du train et fermai les yeux, pensant à ce qui m’attendrait à mon arrivée à Londres. Je ne savais pas vraiment quels sentiments battaient en moi. J’espérais ne plus jamais croiser les trois Rouges de ma vie. J’étais heureuse de quitter cet Enfer qu’était Poudlard, et décidée à me diriger vers mon Enfer, celui qui était écrit pour moi, où je participais en tant que « joueuse » et non en tant que « spectatrice ».

@Eryne O'Kieran, prête ? :decayed:

#457898 · Marrainage

15 juil. 2021, 20:11
 +  Enfer(s) et Dalmatiens
Franchement. Le créateur du Poudlard Express, il pouvait-brûler-en-Enfer. Dans un monde de sorciers, emplit de magie par ci, magie par là, saupoudré de miracles et mélangé à des tonnes de façon de se faciliter la vie, il fallait que la seule manière de se déplacer entre Poudlard et nos chez-nous soit un train. Vieux. Moldu. À vapeur ! Il devait dater de quoi, la construction des premières locomotives ? Alors qu’on aurait pu être dotés de portoloins, bénéficier de poudre de cheminette ou allez savoir quelle autre merveille, *il faut se taper dix heures dans une machine rouge et lente*. On aurait même pas pu avoir une autre sorte de transport : des licornes, des carrosses, des tapis volants, des péniches souterraines ; non, chaque trajet devait s’effectuer dans ce train aux allures tortureuses.

La non-cohérence avec le monde où on vivait ne faisait pas tout, loin de là. Non, en plus de cet engin à vapeur vétuste, couvert de peinture écaillée, il fallait supporter la chaleur d’été condensée en un endroit si restreint, où des élèves s’entassaient jusqu’au toit. Des compartiments de six places pour autant de voyageurs ; je ne voulais même pas essayer de calculer le nombre d’espaces clos que comptait l’endroit. Et le transport d’autant d’adolescents ne nous épargnait même pas l’odeur régnant à l’intérieur : parfum transpiration mêlé aux bonbons et sucreries vendus par une vieille femme. *Venez découvrir le nouveau flacon Dior…*

Pouvais-je trouver d’autres inconvénients ? Oh, mais bien sûr. Comment oublier la calamité qui vous accompagnait si, comme à votre habitude, vous étiez sûr.e d’arriver à l’heure et bam, vous voilà dans les dernières à monter ? Je rouspétais en silence, continuant de traîner mes bagages dans le sinueux et éternel couloir de la mort, parce qu’évidemment, c’était ce qui m’était arrivé. Je devais maintenant commencer le porte à porte, cherchant le compartiment où s’étaient installées certaines de mes amies afin de passer le voyage avec elle. Dix heures de plus en partageant une banquette avec des élèves inconnus au bataillon ? Encore une fois ? J’avais déjà fait combien de trajets comme ça ? La rentrée de première, retour de Noël, retour à la maison, *chouette voyage de rentrée de deuxième avec Lena*, encore Noël, seule et déprimée, retour de Noël, remotivée, l’aller de mars avec la Serdaigle de deuxième année, Élina. Six ? Il était temps de passer un très bon moment dans le Poudlard Express.

Coup d’œil à droite. Compartiment occupé. Plein de Grands. Beurk. Coup d’œil à gauche. Pile d’élèves assis les uns sur les autres. Coup d’œil à droite. Oh, ils n’étaient que trois. Ils n’allaient pas tarder d’être assaillis par des SCF – Sans Compartiment Fixe. Coup d’œil à gauche. Cet endroit était un abattoir ou ça se passait comment ? Une éternité que j’avançais comme ça, tournant la tête d’un côté à l’autre, cherchant désespéramment à apercevoir mes amies, en me promettant, comme à chaque fois, de monter en avance la prochaine fois. La main serrée autour de mes affaires, je croisai imperceptiblement deux doigts pour qu’elles ne se soient pas installées de l’autre côté du train.

En voyant un attroupement devant une porte, je dus un peu jouer des coudes pour voir par qui il était occupé. *Ce serait bête de les rater…* Mais ce n’était toujours pas les personnes que je recherchais. *On continue* Droite. Inconnu.e.s. Gauche. Inconnu.e.s. Droite. Inconnu.e.s. Gauche. C’était éternel. Droite. Je m’ennuyais ! Gauche. Quelqu’un était penché vers l’intérieur. *Dis-moi que-* Quand l’élève referma la porte, je me précipitai voir qui l’occupait.

Me saoule, marmonnai-je en reculant. Pas elles.

Je posai les yeux vers la personne qui venait de s’éloigner de cette porte, maintenant adossée au mur du couloir. Était-ce… Je dus attendre quelques micro-secondes avant de me risquer sur l’identité de la sorcière. *Elle est moins grande que dans mon souvenir ou c’est moi ?*

Euh… Ivy ? *Ivy Mercer ?*

Absolument pas :wise:

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16 juil. 2021, 09:47
 +  Enfer(s) et Dalmatiens
J'étais toujours perdue dans mes pensées quand j'entendis une voix familière prononcer mon nom. Avec ses longs – si longs ! – cheveux blonds et son regard bleu-gris, Eryne se tenait devant moi. J’écarquillai les yeux et balbutiai :

- Er... Eryne ?

Les larmes me montèrent à nouveau aux yeux sous le coup de diverses émotions. Je n'avais qu'une envie : me jeter dans ses bras et ne plus jamais la lâcher, mais je m'en empêchai, tentant de garder un semblant de dignité devant cette personne avec qui je n'avais jamais été dans la meilleure des formes. Mes mains se trouvèrent dans mon dos et mes doigts se tortillèrent. Je rougis, sans trop savoir pourquoi, et lui demandai :

- Toi non plus, t'as pas trouvé de place ?

Je posai mon regard sur le sien, ne comprenant pas pourquoi j'avais autrefois évité ses beaux yeux aux couleurs du ciel d'hiver. Je déposai ma malle que je n'arrivais plus à tenir, détachant enfin mes yeux des siens. Je ne savais plus quoi faire. J'étais partagée entre l'envie de continuer à fixer son regard et lui parler. Je me mordis la lèvre inférieure, perdant peu à peu mes moyens.

La chaleur étouffante du wagon n'arrangeait rien. Tout-à-coup, je me posai une question : Eryne avait-elle vu ce qu'il s'était passé dans le compartiment des trois rouges ? J'espérais que non, la situation était déjà bien assez embarrassante comme ça. Le silence devenait pesant, mais je n'avais – hélas – aucun sujet de conversation, n'étant pas habituée à parler. Durant cette année scolaire, combien de fois n’avais-je pas réussi à garder une conversation normale ? Des multitudes. En voici une qui va s’ajouter à la longue liste. Je soupirai et priai intérieurement pour que quelqu'un dise quelque chose.

Je me souvins de cette remarque que j'avais faite sur ses yeux, lors de notre rencontre à la Tour d'Astronomie. Elle était sortie de ma bouche sans que je pense l'arrêter. Après, tout m'avait semblé si rapide et m'apparaissait flou, maintenant. Penser à cela me donna mal au crâne. Tout ce qu’il s’était passé à Poudlard me donnait mal à la tête. J’espérais que ma deuxième année se passerait mieux. Je revins à l'instant présent, remarquant avec gêne que je n'avais cessé de fixer son visage durant mon voyage mental. Je déplaçai mes yeux, bafouillant quelques excuses :

- Je... Euh... Désolée... J'voulais pas...

*Tu peux pas te comporter normalement, avec elle ?*, me dis-je, énervée contre moi même. Je plaquai ma main droite contre mon visage, en bouclier : personne ne pourrait voir ma honte, et je ne pourrais voir personne. Je baissai la tête, laissant mes cheveux bruns couvrir ce que ma main ne pouvait cacher. Je me sentais si bizarre, je ne savais pas ce qu’il m’arrivait, je voulais partir en courant, et en même temps rester… Ne sachant que faire, je décidai de retourner affronter le regard d’Eryne. Je déplaçai ma main et relevai la tête, les joues empourprées sous la honte.

Que va-t-il se passer ? Comment réagira Eryne ? Vous le saurez après la pub :roll:

#457898 · Marrainage

3 août 2021, 16:16
 +  Enfer(s) et Dalmatiens
La fille semblait ennuyée, ainsi appuyée contre le mur tapissé du train – voire excédée. Il était difficile de trouver une place… En entendant ma voix, elle sembla se réveiller d’un long rêve, croisant mon regard. J’avais ma confirmation : c’était bien Ivy Mercer. Les mêmes yeux lar-moyants – ils étaient toujours comme ça ou elle pleure ? –, les mêmes joues roses, les mêmes che-veux bruns et décoiffés ; mais elle semblait tout de même moins haute que la dernière fois que l’on s’était croisées. Avait-elle rapetissé ou… *il était bien temps*.

J’optai pour un ton enjoué pour lui répondre. *Vaincre la fatigue avec l’amusement*

Oh, j’étais pas sûre de t’avoir reconnue ! *Petit sourire tranquille, dépose la valise* Coucou !

Je devais lui montrer que la revoir après tout ce temps ne me stressait pas du tout. Que le peu de souvenirs que j’avais de l’épisode de la tour d’Astronomie ne m’importaient plus du tout. Qu’elle n’était plus que cette première année avec qui j’avais partagé un moment assez étrange. Que je n’avais pas attendu de recevoir un mot de sa part – que je n’étais pas blessée qu’elle ne m’ait pas écrit. Je n’avais aucune raison de l’être, alors je ne l’étais pas. Parce que, sérieux, au-rais-je vraiment pu penser qu’elle le ferait ? Bien sûr que non. Bien sûr que notre retrouvaille, en mars, n’avait pas hypnotisé mes pensées et imagination. Bien sûr que je ne pensais pas la revoir, qu’un certain lien*Stop* Ces mots étaient tellement *impossibles* que je n’avais pas à les penser.

Non… Enfin, si, si, je vais prendre le train avec une amie, mais je suis montée en retard, donc je cherche où elle s’est installée. Y’avait un troupeau d’élèves immeeeense, y’avait pas moyen d’être dans les premières à monter !

Je tournai ma tête vers le côté d’où je venais pour lui montrer tout mon trajet du bout du bras, et puis regardai tout ce qu’il me restait à parcourir. Il ne manquerait plus que la seule place libre se trouvait de l’autre côté…

C’est long, hein…

Je lui souris d’une moue ennuyée, puis haussai les épaules, rapportant mon regard sur elle. Mon cœur loupa un battement lorsque je remarquai que ses yeux n’avaient pas quitté les miens, et ce depuis qu’elle avait ouvert la bouche. *Elle… Elle me fixe* Et ça devenait foutrement étrange. Je ne pensais pas avoir un reste de mon goûter sur la joue ; que regardait-elle ainsi ? Étais-je aussi intéressante ? En un tic nerveux, je frottai ma joue et détournai les yeux. Dans les situa-tions de tous les jours, je haïssais me sentir observée. C’était comme si tous mes membres étaient soudain contrôlés par les fenêtres de verre de la personne qui me surveillait, comme si je ne devenais qu’une foutue marionnette qui ne bougeait plus que pour satisfaire la vision de l’autre. Comme si tous mes mouvements n’étaient plus que le reflet de ce que voudraient les gens que je fasse. Que voulait Ivy pour moi ?

De plus en plus angoissée par ce regard, je passai une main gênée dans mes cheveux. Mes che-veux ; la texture par laquelle mes mains étaient le plus attirées quand elles ne savaient où se mettre. Ou ma montre. La jolie montre offerte par Papa pour mon anniversaire, toujours à mon poignet droit – une manie. C’était une bonne idée : faire comme si je regardais l’heure ! Et bonne manière de détourner mes billes des siennes. *On respire… On fait un petit sourire… Non, pas un sourire gêné qui la prend pour une folle. Euh, non, celui-là non plus, tu peux pas faire un sourire normal ? Arf tant pis, regarde ta montre*

Pile quand je baissai la tête, elle prit la parole. *Pas croyable* Elle ne pouvait pas supporter que je m’éloigne de son regard ? *Et si… elle est…* Non, non, non. Interdiction de penser à ça. Interdit. Interdit.

Désolée ? Euh... *Ok* Lors de notre dernière rencontre, j'avais noté qu'il ne fallait pas relever certaines paroles... étranges d'Ivy. Oui, il valait mieux. Pour ma santé mentale, notamment. Qu'avait-elle dit, la dernière fois ? À propos de mes yeux ? Non, par rapport à la couleur du ciel... À mon goût c'était trop ro... Trop étrange.

Il fallait que je change de sujet. Et le plus vite serait le mieux. Je parcourus rapidement le cou-loir des yeux et reportai l’attention sur son visage. Elle me dévorait tantôt des yeux, se tenait tantôt la tête entre les mains, puis finissait par relever le visage rouge de honte… Cette conver-sation ne me plaisait pas, mais alors là, pas du tout. Elle faisait ressurgir plein de vieux doutes que je préférais enfouir, loin d’ici. La conversation du 14, c’était à cause des muffins. Et pas-d’autre-chose. Et si elle m’observait de cette façon, ça n’avait rien à voir avec ses paroles dou-teuses du même jour. Non. Elle était tout simplement… spéciale. Pour ne pas utiliser un autre mot.

*Spéciale*

Je n’avais plus qu’à m’en convaincre.

Tu… Tu veux qu’on continue à chercher dans les compartiments ? je baissai la main pour attraper le bagage que j’avais déposé.

Plus tôt je trouvais ma place, plus tôt je pourrais mettre fin à ces instants gênant. *T’l’avais tant attendu pourtant* La ferme. Je n’avais rien attendu du tout – rien, ni personne. *Mhm*

Tu venais de quel côté, toi ? Par là, ou par là ? fis-je en montrant les deux directions, frustrée par mes propres pensées.

Oups.
Désolée pour le léger retard !

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29 août 2021, 10:22
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La bonne humeur me semblait étrangère : cela faisait si longtemps que je n’avais pas ri, pas eu de crampes au ventre sous les chatouilles de mon père. *Papa*, pensai-je. Il y avait peu de chances pour que je le revoie un jour dans ma vie. Si je l’avais su plus tôt, je lui aurais fait mes adieux le dernier jour des vacances de Noël. Mais ce jour-là, je ne l’avais qu’entraperçu, et son regard en disait long sur ce qu’il pensait de moi : *D’la haine*. J’agitai nerveusement la tête, ne voulant pas me remémorer ces souvenirs qui avaient le don de me faire pleurer.


Heureusement pour moi, Eryne reprit la situation si gênante entre ses mains. Je ne savais pas ce qui me faisait agir ainsi. Eryne était ton amie, rien de plus. Alors pourquoi je me comportais étrangement face à elle ? Était-ce encore l’effet des muffins ou bien autre chose ?


Euh, j’vais rester dans l’couloir. Mais si tu veux chercher un autre compartiment, j’t’en empêche pas, dis-je, répondant à sa question.


Je ponctuai mes mots d’un petit sourire, comme si rien de tout ce qu’il venait de se passer n’avait pas eu lieu. Comme si tout était normal. *Normal, tout est normal* Je sentais bien qu’Eryne tentait de démarrer une réelle conversation d’amies, c’est pourquoi je pris part à son jeu, laissant derrière moi ma gêne, mes bafouillages et mes regards appuyés qui avaient gêné Eryne autant que moi. Je pointai la porte du train par-laquelle j’étais entrée et dis :


D’là-bas. Euh, Eryne ? mon intonation était interrogative, je voulais saisir l’attention de la blonde, même si j’étais sûre qu’aucun de mes mots ne lui échappaient. Je… J’ai pas osé t’écrire, comme j’te l’avais promis, j’crois… Et, heu, tu t’souviens de c’que j’t’avais dit à la Tour d’Astronomie ?


Je sentais la peur, la tristesse et une émotion, que je ne découvris que bien plus tard, me parcourir les veines et atteindre mon cœur. Je sentis ma cage thoracique se compresser, comme si elle voulait me faire disparaître de la surface de la Terre. Je décidai de *tout déballer*, de ne faire aucune pause pouvant interrompre mon récit.


J’ai r’çu une lettre. De mon frère. Mes parents se sont séparés. Ils… Ils vont divorcer cet été.


J’expirai et avalai une grande bouffée de l’air confiné du wagon. Je posai mon regard sur le paysage qui m’apparaissait par la fenêtre du train et calmai ma respiration. Je n’allais pas pleurer. Je n’allais pas chanter. Je n’allais pas m’effondrer à nouveau aux pieds de mon amie – car, oui, c’était mon amie et rien d’autre. Je relevai la tête, et avalai ma salive pour lui dire, un petit sourire aux lèvres :


Mais j’m’en doutais, après tout. J’vais pas p… Pleurer pour ça, hein, pas pleurer…


Je me sentis défaillir. La tristesse était bel et bien présente, et il n’aurait servi à rien de la cacher, pourtant, je luttais pour que ma tête ne sombre pas dans le désespoir. J’allais proposer à mon amie de repousser la tristesse avec moi. Je rassemblai tout mon courage pour lui dire :


Avant qu’tu partes, tu voudrais bien j… Jouer avec moi ? mes mots me semblaient si enfantins que si les circonstances me l’avaient permis, j’en aurais ri moi-même. Tu sais jouer au morpion ?


Je sortis de ma poche un petit bout de papier et un crayon – j’avais beaucoup de mal à m’habituer à écrire avec une plume. Attendant sa réponse, je traçai déjà le quadrillage qui séparait les neuf cases du jeu.

Désolée pour le retard

#457898 · Marrainage

29 août 2021, 13:49
 +  Enfer(s) et Dalmatiens
Dans le couloir ?

*J’suis sûre qu’il y a encore plein de places libres*, il fallait juste savoir s’imposer. Passer une journée de voyage dans le couloir du train ? Assise inconfortablement, bloquant le passage et s’attirant des regards de partout ? Pour quoi faire ? Je haussai les épaules. *J’espère bien qu’tu vas pas m’en empêcher*

Ok… eh bien…

Le moment très gênant où je devais dire « eh bien j’y vais, bonne journée et bonnes vacances ! » était arrivé. Je pris une grande inspiration, un sourire neutre sur la visage pour ne pas la vexer et ouvris la bouche… *Argh* Mon prénom, avec cette petite voix et cette moue qui faisait pitié. Impossible de partir comme ça. Même si je voulais me convaincre de tout le mépris que je ressentais à cet instant pour elle, je n’y arrivais pas. Là, je voulais m’asseoir à côté d’elle, lui demander « oui ? » ou *pourquoi tu me regardes avec ces yeux de chien battu ?*, lui dire qu’elle n’était pas obligée de rester dans le couloir et qu’elle pouvait sûrement retrouver ses amies dans le train.

Ouais j’m’en souviens.

*Comment l’oublier ?* Voyant que je n’allais jamais rien recevoir, j’avais presque effacé cette promesse de mes pensées, pour ne pas être blessée par l’absence de ses mots. Mais, d’un autre côté, ça m’avait rassuré. Je ne devrais pas y répondre, je ne devrais pas essayer de comprendre ce qu’elle ressentait pour moi – parce que ce serait foutrement ennuyant.

Pourquoi ?

Les mots commencèrent à couler à flots de ses lèvres, avec quelques pauses pour reprendre sa respiration. J’avais envie de me demander *qu’est-ce qui la stresse autant ?*, mais ce serait une pensée de mauvaise foi. Je savais très bien ce qu’elle devait ressentir à me raconter tout ça, et les battements de mon cœur s’accélérèrent en se souvenant de cette matinée d’orage avec Lena. Les gens déballaient leurs secrets quand iels se sentaient en confiance. Pourquoi Ivy se sentait en confiance avec moi ? *Astro, chute, nez, divorce, tu l’as consolée*

Oui, mais… Pourquoi à ce moment-là avait-elle osé me parler de tout ça ? Je ne comprenais pas, et je ne voulais pas penser que tout me rapportait à la Saint-Valentin.

Surtout pas.

Tu peux pleurer.

Pourquoi ? Pourquoi ne montrais-je aucune émotion dans mes mots, semblai-je aussi vide face à elle ? Qu’est-ce que je voulais prouver, de quoi voulais-je me convaincre ? J’étais étrange, mes joues roses étaient étranges, mes mains tremblotantes étaient étranges. Je les fixai, tenir mes affaires, secouées de petits spasmes presque imperceptibles. J’étirai le majeur, puis le repliai, et fis de même avec l’annulaire.

C’étaient bien mes doigts, des membres de mon propre corps. Comment pouvais-je être sûre qu’ils m’appartenaient ? Alors qu’ils tremblaient, sans raison apparente ? Je n’avais pas froid, n’étais ni triste ni fâchée.

Et la Bleue voulait jouer avec moi.

Le morpion ? Je n’avais jamais entendu ce nom. Qu’est-ce que c’était ? Mes yeux se baissèrent jusque ses mains, qui traçaient quelques lignes sur un bout de papier. Toujours en silence, je tournai un peu la tête pour voir ce qu’elle dessinait. *Aaaah, ce jeu-là !*

Ok.

Je regardai à droite, puis à gauche. Quelques élèves circulaient encore, et nous n’avions pas l’air de faciliter la circulation. Je m’appuyai un peu plus contre le mur, redéposant ma valise contre le sol et la poussant jusque la paroi.

J’prends le carré ?

Le carré avait une forme définie ; quatre côtés de même longueur, des angles de la même amplitude, des traits que l’on pouvait dessiner entre les côtés ou les coins et qui allaient mesurer pareil. Le carré était décidé, ne pouvait pas douter, le carré avait la même forme que les traits de la première année sur le papier et s’emboîtait à la perfection dedans, sans dépasser : le carré était *parfait*.

Pas comme un cercle qui, avec ses imperfections, pouvait douter, pouvait imaginer, pouvait être différent et pleurer devant quelqu’un dont la relation n’était pas claire.

Je voulais être un carré, puis partir à la recherche de mes amies dans le train.

T’as un crayon pour moi ? Steuple ?

Cette fois-ci, j’ajoutai à mes mots une petite touche de sympathie, un demi-sourire aimable. *J’vais gagner, j’ai une tactique imparable*

Pas de souci ! Un plaisir de continuer à écrire :cute:

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29 août 2021, 16:22
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Ouais, j’aime pas trop m’entasser dans un compartiment, répondis-je d’une petite voix.

Le fait qu’Eryne se souvienne de ce qu’il s’était passé en haut de la Tour d’Astronomie ne me surprenait pas. Comment aurais-je réagi face à une inconnue qui était tombée amoureuse de moi lors d’une Saint-Valentin poudlardienne, qui avait complimenté la couleur de mes yeux, qui après avait essayé de s’enfuir, qui s’était fracassée contre le sol de pierre de la haute tour, qui m’avait confié ses peines, et qui pour finir se trouvait bien des mois après devant moi, sa promesse de m’écrire non tenue, et rouge comme un pivoine ?

Je l’aurais prise pour une folle.
*Comme tout l’monde*

Peut-être qu’au fond, j’étais folle. Si tout le monde était d’accord sur ce point, cela voulait peut-être confirmer cette hypothèse. J’avais pris l’habitude d’ignorer les surnoms qu’on m’avait jadis donnés. Mais aujourd’hui, ils revenaient, ils martelaient mon crâne comme un serpent cracherait des insultes. Tous ces « peut-être » ne faisaient que tourner dans ma tête avant de tomber vers mon cœur déjà si rudement mis à l’épreuve. Je pouvais sentir leur poids sur ma poitrine, la compressant ainsi un peu plus.

Des mots, encore des mots. Eryne O’Kieran prononça une phrase dont le sens était double. Étais-je capable de pleurer, ou bien avais-je la permission de pleurer ? Je posai mon regard sur ses yeux, comme pour les questionner. Mais je sentis la détresse passer par mes iris pour rejoindre ceux d’Eryne. Je baissai rapidement les yeux, dans l’espoir qu’elle ne l’ait pas vue. Je ne voulais pas qu’elle me console. Je ne voulais pas que mes larmes et mon sang tâchent sa robe. Je ne voulais pas m’effondrer en cet endroit rempli d’élèves. Je repoussai une mèche de cheveux bruns derrière mon oreille avant d’inspirer profondément, repoussant plus loin le poids qui écrasait plus tôt ma poitrine.

J’ai plutôt l’habitude de jouer avec une croix et un cercle, dis-je en fronçant les sourcils. J’ai pas d’deuxième crayon, désolée. Mais j’peux t’prêter l’mien, si ça t’dérange pas.

Je lissai le bout de papier pourtant dépourvu de plis sur ma jambe avant d’approcher mon crayon du papier. Je traçai un rond en haut de la feuille et écrit mon nom à côté. Mon carré dessiné, je m’arrêtai :

Comment on écrit ton nom ? Enfin, ton prénom, demandai-je, le crayon prêt à recevoir les instructions.

J’avais conscience que poser cette question si tard était déplacé, comme si de tous les mots que nous avions échangés, seul son prénom m’importait. Or, ce n’était pas vrai : s’il y avait bien une chose que je voulais savoir chez elle, ce n’était pas comment il fallait écrire son nom.

J’aurais aimé connaître son secret.

Chaque personne gardait au plus profond de soi-même un secret. Maman me disait que si je voulais bien connaître une personne, la meilleure question à lui poser était « quel est ton secret ». D’une part, cette question permettait de savoir si la personne savait garder des secrets. De l’autre, elle permettait de fouiller les profondeurs de l’individu. Peut-être que certains des élèves présents dans ce wagon cachaient des vérités des plus effroyables.

Dis-moi, quel est ton secret ? T-)

#457898 · Marrainage

29 août 2021, 19:05
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S’entasser. S’entasser était-il le verbe correct ? On était entassé.e.s, les un.e.s sur les autres, dans la Grande Salle, par exemple. Mais dans un compartiment ? Les compartiments avaient six places. D’accord, s’il y avait six personnes et tous les bagages ensemble, ça faisait beaucoup, mais c’était tout de même supportable. Et même : la plupart des fois, nous étions trois ou quatre dans cet espace, ce qui était relativement confortable – si on aimait les personnes avec qui on s’asseyait.

Je marmonnai, sans trop savoir quoi répondre. J’avais envie de la contredire, lui dire « s’entasser ? T’es sérieuse ? », et en même temps de l’inviter dans mon wagon – ce qui était, bien sûr, hors de question.

T’as passé tous les trajets dans le couloir ?

Ça en faisait déjà pas mal, six en tout, si elle rentrait durant les petites vacances. Ça devait être inconfortable, et gênant vis-à-vis de tous les élèves, professeurs, et j’en passais ! Et même la dame avec le petit chariot. Comment faisait-elle pour passer ? La petite-grande ne se faisait jamais engueuler ? *Ça m’étonne*

Je rendis son regard à la Bleue, un peu embarrassée. Ses yeux, très – *trop* – expressifs étaient intimidants, et sa manie de me fixer sans arrêt me gênait. *Dévisager* était même le mot exact… Qu’est-ce qu’avait encore mon visage de si intéressant ? Je détournai mes prunelles d’elle pour me reconcentrer sur la conversation. *Regarde le sol, le toit, les compartiments, les gens : regarde ce que tu veux mais-pas-moi*

Je détestais ce picotement ancré sur moi.

Je détestai les billes bleues d’Ivy.

Et j’étais fatiguée.

La voix grave de la fille me sortit de mes pensées. *Une croix ?* Sérieux ? Jouer avec une croix au lieu d’un carré ? Je n’avais jamais vu ça, et ça m’étonnait au plus haut point.

Mhm, croix ? Ouais, t’inquiète.

Je n’aimais pas les crayons. Je ne les trouvais pas assez précis, trop irréguliers… Je n’aimais que les porte-mines, et encore. Seules les plumes et stylos-plumes pouvaient satisfaire mon écriture.

J’évitai de prononcer un soupir ennuyé à sa question. Je n’aimais pas que l’on me pose cette question, pourtant elle revenait souvent. « Deryn, tu as dit que tu t’appelais ? Ah, Eryne. Eryne, avec un I ? Avec ou sans E ? » J’épelai machinalement, même pas sûre d’être assez claire avec un marmonnement ennuyé.

Eryne, avec Y et E à la fin. E-R-Y-N-E. O’Kieran. O-apostrophe-K-I-E-R-A-N.

Je jetai un coup d’œil à son écriture, puis haussai la voix.

Qui commence ?

Si je voulais que ma stratégie fonctionne, je devais être première. Et l’en convaincre… Je pouvais glisser un « j’peux ? » tout à fait innocent, auquel elle n’avait pas intérêt de dire non – surtout que j’avais accepté de jouer avec elle pour je ne savais quelle raison.

Et, si je pouvais dessiner mon carré avant elle, je le mettrai au centre. C’était un endroit stratégique et, si elle obéissait bien à ce dont j’avais besoin qu’elle fasse, je pouvais gagner très facilement.

*Ça fait beaucoup de si*

Il fallait que j’accélère un peu les choses.

J’peux ? demandai-je, tendant la main vers son crayon et la regardant avec insistance.

*Tu vois ce que ça fait ?* songeai-je avec un petit sourire se voulant amusé.

Je suis cheffe d'un réseau de trafic de baguettes.

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30 août 2021, 10:33
 +  Enfer(s) et Dalmatiens
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Mes mains étaient moites. Je n’arrivais plus à actionner les muscles de mes bras, si bien que ces derniers pendaient comme morts le long de mon corps. Je jetai un regard vers un compartiment, me sentant observée. Effectivement, plusieurs paires d’yeux nous fixaient – moi et Eryne –, la curiosité se lisant sur leur visage. Je soupirai, fatiguée d’être jugée de toutes parts avant de réussir à déplacer mon bras droit pour que ma main agrippe mon coude gauche. Mes ongles non-coupés depuis belle lurette entraient dans ma peau sous la fermeté de mes doigts.


J’aurais p’têt’ dû. Ça m’aurait épargné quelques mésaventures…, répondis-je.


Je me souvins de ce groupe de filles au regard plus froid que le froid lui-même. Au regard remplis de jugements. Je réprimai un frisson de justesse, et, sentant que mes ongles s’enfonçaient trop profondément dans ma peau, je libérai mon coude de son emprise. Mes bras pendaient à nouveau, tranquilles, sereins. Je les enviais : j’étais toujours aussi raide qu’un piquet, les jambes tremblantes et les mains moites. Elles m’auraient presque parues froides, ce que je trouvais étrange.


Sous la dictée d’Eryne, j’écrivis son nom. Je ne pus m’empêcher de murmurer son nom comme pour le graver dans ma mémoire, même si j’étais sûre que rien ni personne ne pourrait effacer cette personne de ma tête. J’avais toujours pu lire le prénom « Erin » E-R-I-N, et non avec un Y et un E. Cela rendait encore plus facile à retenir son prénom, car la différence ressortait sur la banalité. Sur une étendue noire, on remarquait tout de suite le petit point blanc. Et c’était bien l’un des gros problèmes de l’espèce humaine. Nous n’étions pas capables de faire abstraction des différences des autres, de nous comporter exactement pareil avec tout le monde. Il y avait forcément des exceptions, des cas où la différence serait trop importante pour être ignorée. C’est de là que partaient toutes les discriminations. Le racisme était la différence de la couleur de peau, le sexisme, la différence de sexe, etc. Chaque jour, des milliers de personnes souffraient de ces différences parfois mises en évidence dans le harcèlement. Pourquoi les différences physiques se retournaient contre ceux qui n’avaient pas choisi leurs corps ? Pourquoi les différences étaient un moyen de rejet et pas un atout ? Ne devrions-nous pas être fiers de nos différences ? En faire nos plus belles qualités ? Ne pas rentrer dans les rangs ne faisait pas de nous des personnes uniques et magnifiques ? C’est du moins ce que j’aurais trouvé.


La blonde me demanda qui commençait avant de m’indiquer le crayon dans mes mains :


Oui, oui, dis-je, répondant à son « J’peux ? ».


Je lui tendis le crayon à la mine non-taillée depuis très longtemps, trop longtemps. Je le remarquai, mais je ne dis rien, ne voulant pas arracher le bout de bois des mains de la blonde. Je lui tendis ensuite la petite feuille où le quadrillage n’attendait que nous pour commencer la partie.

On apprend des choses bien étranges par ici...

#457898 · Marrainage

30 août 2021, 14:58
 +  Enfer(s) et Dalmatiens
D’un regard curieux, j’imaginais quel genre de « mésaventures » pouvaient être arrivés à la première année. Pour utiliser ce terme, il fallait vraiment que ce soit quelque chose de sérieux, et pas seulement empêcher les gens de passer… S’était-elle pris un sort dans la figure ? Je gloussai, sans savoir pourquoi cette idée m’était venue en tête, mais mes pensées continuèrent de creuser l’hypothèse. Et si c’était… un sort couvrant son visage de pustules ? Arriver à Londres comme ça, devant ses parents… Ça devait être drôle. *Pour les autres* Pour elle… sûrement une catastrophe. Maîtrisait-elle le Finitem incantatem ? Il était parfois plus difficile de se le lancer à soi-même.

De toute façon, ce genre de choses ne pouvaient plus arriver maintenant, à cause de ces *cons* qui avaient décidé que nos baguettes seraient – cette fois oui – entassées dans des boîtes par millier. Cette bande de brutes, qui risquaient même de nous les casser durant ces deux mois. Et que se passait-il si deux baguettes commençaient à faire des étincelles ensemble ? Si l’entrepôt où elles étaient rangées brûlait ? Et si, à notre retour de vacances, notre instrument magique n’était plus ?

Cette décision n’avait aucun sens, et je n’étais pas la seule à le penser. J’avais vu certain.e.s élèves protester face à celleux qui nous ôtaient nos précieux des mains, d’autres se résigner. Moi, je ne voulais pas me résigner. J’avais dévisagé avec haine la femme qui était chargée de m’interdire l’usage de la baguette – *pourquoi on lui a pas craché dessus ?*. Un regard plein de sous-entendus, la tête haute, alors que le doute et l’angoisse m’assaillaient. Et s’iels n’en prenaient pas soin ?

Je pris une longue inspiration pour effacer ce moment de mes pensées et fixai les lettres dessinées par Ivy. Aucune faute, et ça, ça me plaisait. Je détestais les gens capables d’oublier un E – et ce, même après l’avoir épelé lentement et séparant bien chaque lettre. Je soulignai intérieurement qu’elle ne notait pas mon nom de famille – même si, si elle l’avait fait, ç’aurait été très froid. Très… document officiel. Je me demandais si elle l’avait mémorisé après ma dictée. Ou peut-être… peut-être le connaissait-elle déjà ? Je voulais dire, avant la tour d’Astronomie. M’avait-elle épiée, surveillée ? *Flippant*

Mes doigts s’enroulèrent autour du crayon et le firent tourner jusqu’à ce que la mine pointe vers le bas. J’appuyai le bout contre mon menton, faisant semblant de réfléchir un peu, même si mes actions étaient très claires dans mon esprit. *Mais queee pourrais-je dooonc faiiire ?* Avec l’autre main, je me saisis du papier et levai le genou pour l’appuyer – pas pratique de ne pas avoir de table. Dans cette position un peu inconfortable, je frottai la pointe grise sur la feuille.

Reposant mon pied au sol, je lui tendis ce dont elle avait besoin pour jouer.

À toi.

Dans deux ou trois mouvements, la partie serait finie, et je reprendrais le chemin à la recherche d’une place. Mais, en attendant, le temps s’allongeait en même temps que le silence – et c’était quelque chose qui m’angoissait particulièrement. Il fallait que je comble ce vide d’une façon ou d’une autre…

T’vas où en vacances alors ?

… même si je n’en avais aucune idée.

Je fronçai les sourcils.

*Merde*

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O Ivy
Eryne
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On respecte ces tableaux qui m'ont pris presque autant de temps que le post lui même svp :grin:

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