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13 oct. 2020, 22:05
 privé  To skies that we once knew
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Avril 2045
Feat @Edmund Long

La porte grince quand elle fut poussée. La salle de répétition était vide de présence humaine, au plus grand soulagement d'Eugène. La porte claque dans un bruit sourd et, aussitôt, le garçon s'approche d'un instrument qu'il connaît à la note prêt : le piano. La musique fait partie intégrante de sa vie, grâce à son éducation de bonne famille ou encore en s'investissant dans le Chœur Paroissiale de sa ville. Il sait jouer du piano, mais également de la harpe et surtout de l'orgue, un instrument qu'il vénère pratiquement.

Ses doigts glissent le long du clavier et il savoure la sensation du toucher. Avec précaution, Eugène s'installe sur le tabouret rembourré, avant de contempler le piano. Cela fait plusieurs mois, maintenant, qu'il n'avait pas joué. Eugène appuie sur des touches aux hasards, ne cherchant pas à créer un sens à la mélodie. Il réfléchit. Chopin ? Bach ? Ou alors Beethoven ?

La mélodie cesse d'être chaotique et trouve un sens. Maladroitement, ne maîtrisant très peu cette composition de Beethoven, Eugène enchaîne les touches blanches et noires. Les souvenirs remontent au grès des notes qui composent le 3e mouvement Moonlight Sonata, imparfait sous ses doigts. Mais qu'importe, cette œuvre était sa préférée et il avait bon espoir de lui rendre hommage un bon jour.

Mais pour l'heure, il avait le sentiment d'être à la maison.
Dans sa bulle, loin du monde et l'angoisse constante.

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Dernière modification par Eugène Harlow le 17 oct. 2020, 16:12, modifié 1 fois.

"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

14 oct. 2020, 19:26
 privé  To skies that we once knew
La fin d'après-midi se faisait sentir alors que le soleil s'échouait lentement vers l'horizon, son éclat jaune tissant des ombres de plus en plus grande sur l'îlot hors du monde qu'était Poudlard. Assis dans les marches d'un des escaliers mouvants du menant au quatrième étage, Edmund observait le paysage avec la clairvoyance du spectateur d'une tragédie classique : ne connaissant pas le dénouement exact de la pièce mais sachant qu'elle s'achèvera sur la chute dans l'obscurité. Cette pensée arracha un demi-sourire à l'enfant. S'il commençait à penser ainsi, alors il pourrait réellement faire office de parodie de dramaturge.

Le garçon était confortablement installé sur l'avant-dernière marche de l'escalier dont la fissure centrale s'enfonçait dans sa peau depuis une petite dizaine de minute, les pieds posés sur la marche du dessous, les bras repliés sur les genoux. L'air détendu qu'il tentait de se donner était totalement démenti par ses sourcils légèrement froncés, ses mains collées l'une à l'autre, ses genoux serrés, ses yeux perdus dans un ailleurs soucieux et son nez crispé. Sa tension était telle que l'escalier sur lequel il se trouvait avait cessé de se mouvoir depuis qu'il s'était assis là, et s'était même spontanément élevé au niveau d'une des fenêtre du mur de sorte que le sorcier pût s'oublier dans l'observation méticuleuse du parc.

Il va bien falloir que je me lève à un moment ou à un autre, se dit l'enfant tout en détaillant à présent les petits losanges qui constellaient la fenêtre.

D'un mouvement de cou, il pivota la tête jusqu'à ce que ses yeux fixent le couloir du quatrième étage partant sur sa droite, là où, un peu plus loin, se trouvait la raison de sa présence en ces lieux. Il resta statique quelques secondes durant, corps et esprit immobiles sous la tension, encore incertains de l'issue de ce duel de regard. Avec un frisson, Edmund détourna les yeux. Encore quelques minutes, se répéta-t-il.

Une cacophonie impromptue brisa le silence et fit sursauter le jeune élève. Surpris, il tomba sur le côté et heurta le mur dans un choc amorti par sa main gauche. Les premières secondes de surprise passées, Edmund s'habitua au son — qu'il identifia comme étant du piano — qui avait perdu son agressivité initiale, et reconnut là une nouvelle distraction potentielle. Après s'être relevé et avoir épousseté sa robe, il s'avança dans le couloir de gauche, la musique chaotique le guidant naturellement jusqu'à la salle de répétition.

Alors qu'il approchait, la musique se fit soudainement plus structurée, les accords dégageant un sens et les nuances un but. Peu connaisseur de musique classique, le garçon finit cependant par reconnaître la Sonate au Clair de Lune de Beethoven alors qu'il se trouvait à présent dans l'embrasure de la porte de la salle d'où se libérait la mélodie.

Les notes étaient hésitantes, les accords mal rythmés, les forte tirant sur l'agressif et l'usage de la pédale mal géré, cependant cela ne dérangeait nullement l'amateur de musique. Il avait toujours trouvé la capacité à pouvoir créer de la musique absolument fantastique, et ce quelque fût la qualité de celle-ci. C'était une magie qu'il enviait sans aucune jalousie, comme on peut s'extasier sincèrement devant la splendeur d'une nuit étoilée et la souhaiter désespérément sienne tout en sachant que c'est impossible. Pouvoir diffuser un peu de soi dans des notes et les offrir aux autres était un don qui le fascinait tout autant que n'importe quelle prouesse magique.

Sans s'en apercevoir, Edmund avait pénétré dans la pièce et, porté par la mélodie subtilement bancale, avait progressé jusqu'à se retrouver pratiquement au niveau du musicien qu'il regardait sans s'en rendre compte. Il suivait les mouvements de ses bras, les tressaillements de son pied sur la pédale forte, les à-coups irréguliers de ses mains alors qu'il hésitait ou se trompait. Il percevait sans le réaliser tous ces détails alors qu'à chaque frappe de nouvelles notes prenaient vie et, libres, dansaient dans la salle, couraient dans le couloir du quatrième étage et s'envolaient dans les recoins du château.

@Eugène Harlow
Je n'ai pas décrit la fin du morceau au cas où tu voudrais faire quelque chose avant ça. Si tu le préfères, je peux faire avancer le RP encore un peu.

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Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
Poufsouffle Vult !

17 oct. 2020, 21:44
 privé  To skies that we once knew
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Avril 2045
Feat @Edmund Long

Eugène ne put finir le morceau trop imparfait et qui est d'un niveau au-dessus du siens. La mélodie ce stop net et le silence tombe, tel un coup de massue. Il marque une pause et ferme les yeux pour savourer ce bruit blanc qui bourdonne dans ses oreilles. C'est fort agréable, malgré le tiraillement le long de sa main. Trop préoccupé à masser ses doigts douloureux, Eugène ne remarque guère la présence à ses côtés. Il est dans sa bulle, si ce n'est à une vie d'ici.

Sur cette île, entre les quatre murs de sa chambre, à construire une cabane avec Theo et Caleb.

Eugène sourit à ce souvenir. Nostalgie et Bonheur se mêlent, tandis qu'il regrette : il aurait souhaité passer la porte de la grande salle à leurs côtés. Sa petite voix lui dit que ce n'est pas plus mal, en soit. Ici, en étant plus seul que jamais, il s'est enfin ouvert aux autres.

Oui, c'est un mal pour un bien, conclut-il.

Il remarque – enfin – l'ombre à sa droite, puis l'individu en lui-même du coin de l'œil. Eugène se tourne vers lui dans un brusque sursaut, faisant tomber sa canne par la même occasion. Elle retombe dans un bruit sourd, brisant le silence le temps d'une seconde. Eugène dévisage l'élève qui, comme lui, fait partie de Poufsouffle. Malgré tout, le gamin reste méfiant à son égard. Son visage est vaguement familier, une sensation de déjà-vu, sans pour autant réussir à ce souvenir concrètement. Et cette impression est des plus déplaisante, tant elle est tenace.

Eugène inspire,
Puis expire.

Aucun des deux ne semble partant pour briser le silence, alors Eugène décide de ce lancer, malgré l'embarras chauffe ses pommettes :

— Salut...? chuchote-t-il, incertain et timide.

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Cela me convient parfaitement, étant donné qu'il ne finit même pas xD

"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

18 oct. 2020, 15:57
 privé  To skies that we once knew
@Eugène Harlow


Le silence tomba. Sec. Brusque. Douloureux. Un rappel à la réalité violent et sans appel. Comme le choc soudain d'un corps en chute libre avec le sol.
Edmund cligna des yeux plusieurs fois, déséquilibré, les dernières notes jouées résonnant encore dans ses oreilles et les quelques notes qui auraient dû suivre planant à l'orée de sa conscience, comme stoppées dans leur élan, incapables de franchir la frontière vers le présent, bloquées dans cet avenir qui était en train de disparaître. Art is how we decorate space, music is how we decorate time. Si une toile à moitié peinte donne l'impression d'être à moitié disparue, une musique arrêtée avant son dénouement confère le sentiment d'un avenir perdu. Telle était l'impression d'Edmund.

Les notes emprisonnées dans ce futur inachevé finirent par quitter complètement l'esprit du jeune garçon qui, privé de ce lien, retrouva son ancrage dans le présent. Décontenancé, ne comprenant pas la raison de l'interruption inopportune de la mélodie, il dirigea son regard vers le musicien assis à côté de lui, une certaine perplexité lisible sur son visage. Pourquoi avoir arrêté ?

Il était sur le point de lui demander cela — non sans un certain reproche — lorsqu'il réalisa enfin la situation dans laquelle il se trouvait : il était en plein milieu de la salle de répétition, devant le piano, prêt à morigéner un parfait inconnu parce qu'il n'avait pas fini son morceau. Les mots se bloquèrent dans sa gorge alors qu'il lança un coup d'œil surpris à la porte de la pièce — là où selon toute logique il aurait toujours dû se trouver — sans comprendre par quelle forme de magie il était arrivé ici.

Un tintement sourd fit sursauter Edmund alors qu'une canne avait chu sur le sol, et il recentra son attention sur le musicien. Il avait une chevelure enflammée, le teint pâle et ses yeux marron le fixaient comme avec accusation. Était-ce à cause de lui qu'il avait cessé de jouer ?

Le silence s'étira entre les deux garçons sans qu'aucun ne le brise, jusqu'à ce que le musicien entame enfin les hostilités, les joues échauffées par son énervement :

- Salut... ?

Le ton était étonnamment doux, et plus hésitant qu'énervé. Mais Edmund se savait peu observateur, et aussi préféra ignorer ce qu'il estima être une analyse probablement faussée.

« Je, euh... je suis désolé de t'avoir interrompu, commença-t-il pour s'excuser. Je voulais pas te déranger. J'ai, euh... entendu la musique et j'ai pas réalisé que j'étais venu aussi près. »

Le sorcier baissa les yeux vers le sol et y vit la canne qui avait tinté un peu plus tôt. Il se baissa hâtivement pour la récupérer et la tendit à celui qui lui faisait face.

« Tiens. Encore désolé du dérangement. »

Il n'avait qu'une envie : que l'autre reprenne sa canne et partir avant de subir sa légitime colère.

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Poufsouffle Vult !

19 oct. 2020, 17:17
 privé  To skies that we once knew
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Avril 2045
Feat @Edmund Long

L'inconnu s'excusa de l'avoir dérangé, avant de justifier sa présence même entre ses murs. Eugène lui offrit un timide sourire et, avant même qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, le Poufsouffle s'abaissa pour ramasser sa canne.

— Tiens, dit-il en la tendant, encore désolé du dérangement.

Eugène se pinça les lèvres, pendant qu'il récupérait sa fameuse troisième jambe. Ne pipant mot, il posa cette dernière contre le piano, avant de jeter un coup d'œil furtif à son interlocuteur, dont le nom était encore inconnu. Son attention tomba sur ses doigts rongés, bien trop timide pour soutenir son regard.

— Tu ne me dérange pas, souffla-t-il, et encore moins interrompu.

Eugène marqua une pause, alors qu'il fit craquer ses doigts. Ces derniers le tiraillaient encore, une légère douleur lancinante. Il était bête : Eugène savait parfaitement qu'il n'avait pas encore le niveau requis pour une telle composition, mais à chaque fois, il s'essaie à quelques notes.

— M'appelle Eugène... et toi ?

Le gamin lui donna un autre coup d'œil, incertain. Son camarade voulait-il au moins converser avec lui ? Après tout, Eugène pouvait ressentir sa gêne. Lui-même était le premier à vouloir se terrer dans un moment embarrassant. Nerveusement, il joua avec sa lèvre du bout de sa langue. Eugène ajuste sa position sur le tabouret, bien qu'il garde le dos courbé et la tête légèrement baissée. Ce n'était clairement pas une bonne façon de se tenir, d'ailleurs, son dos le faisait bien savoir. Chaque soir, il était un peu plus douloureux.

En regardant autour de lui, Eugène remarqua la chaise à sa gauche. Maladroitement, il s'empressa de la pointer du doigt.

— Tu peux t'installer... si... eh bien... si tu le souhaites ?

S'il était seul, Eugène se serait aussitôt cogné sont front contre la paume de sa main. Il avait l'impression d'être empoté. Et si le garçon voulait vraiment s'en aller ? Si s'était le cas, le pauvre aurait l'impression de devoir rester après son invitation déplacée. Eugène mâchouilla sa langue.

— Enfin... tu n'es pas obligé, pardon...

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Je change de temps, je ne suis vraiment pas à l'aise avec le présent xD

"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

19 oct. 2020, 18:38
 privé  To skies that we once knew
@Eugène Harlow


Le musicien récupéra sa canne et resta silencieux. Prenant cela comme une invitation à partir, Edmund voulut entamer un mouvement de fuite vers la porte de la salle de répétition, mais il fut arrêté par une voix faible :

- Tu ne me déranges pas, lui indiqua l'inconnu. et encore moins interrompu.

Le châtain se retourna, surpris, vers le garçon assis sur le tabouret. Il n'était donc pas en colère ? Il aurait pourtant juré... Enfin, cela n'était pas la première fois qu'il se trompait sur les intentions d'une autre personne.
Rassuré mais toujours aussi tendu, le sorcier observa celui qui lui faisait face avec plus d'attention qu'avant. Il avait l'air grand — mais pour Edmund, tout le monde avait l'air grand — mince, voire maigre, et sa robe et son écharpe trahissaient une appartenance à la maison jaune et noire. Encore un camarade dont je n'avais pas dénoté l'existence, songea le sang-mêlé. Ce ne fut qu'en remarquant que la tête de l'autre était résolument tournée vers ses mains, posées sur ses genoux, que le petit garçon se rendit enfin compte qu'il était en train de scruter l'inconnu sans aucun savoir-vivre. Les joues rougies par l'embarras, il détourna brusquement le regard au profit du sol à droite de ses chaussures.
Avait-il remarqué sa scrutation ? Était-ce pour cela qu'il fixait ses genoux ? Il fallait décidément qu'Edmund cessât de se comporter n'importe comment dès qu'il était hors de sa zone de confort.

Son acolyte reprit la parole pour se présenter et demander le nom de son interlocuteur. Avait-il réellement oublié de donner son nom ? C'était la moindre des politesses ! Le garçon fronça les sourcils et dut réprimer l'instinct de prononcer un Mais quel imbécile vous êtes Monsieur Long ! à voix haute, ce qui n'aurait certainement pas manqué d'aggraver la situation. Il aurait plutôt eu besoin de l'améliorer — ou en tout cas d'arrêter de l'empirer. Prenant sur lui de redresser le regard — Regarde toujours les gens auxquels tu parles, c'est la base de la politesse — et se préparant à parler d'une voix claire — C'est à toi de faire en sorte que l'on t'écoute, pas aux autres de faire un effort pour t'entendre — Edmund prit une petite inspiration et, une fois de plus, fut coupé juste avant d'entreprendre ce qu'il comptait faire.

- Tu peux t'installer si... eh bien... si tu le souhaites ?

Alliant le geste à la parole, Eugène pointait du doigt la chaise la plus proche de la longue rangée qui allait depuis le piano jusqu'à la petite estrade. Le châtain était de plus en plus étonné : le pianiste était de toute évidence très gêné par la présence d'un inconnu et pourtant il lui proposait de s'asseoir ? Quelle étrange situation. Fronçant les sourcils de confusion, la bouche s'entrouvrant et se fermant rapidement, Edmund demeura silencieux alors qu'il essayait de résoudre le casse-tête qui se présentait à lui. Lui proposait-il cela par simple politesse ? Ou bien s'était-il fourvoyé en pensant le musicien embarrassé par sa présence ? Était-ce une ces situations où il était censé refuser la proposition qu'on lui faisait afin de laisser l'autre tranquille ou bien était-ce une situation où refuser la proposition qu'on lui faisait était impoli ?

Heureusement pour lui, son camarade prit une nouvelle fois la parole pour l'aider à résoudre son puzzle :

- Enfin... tu n'es pas obligé, pardon...

Perdu.
Edmund était complètement perdu.
Quelle était la marche à suivre dans ce genre de cas ?
Ses yeux firent un aller-retour entre la figure rougie d'Eugène et la chaise qu'il lui indiquait d'une main maladroite. Finalement, son esprit égaré finit par décider par défaut de suivre la main tendue par le Poufsouffle et de prendre place sur la chaise avec un automatisme mécanique. Installé sur l'assise, il se souvint par miracle qu'il avait encore à se présenter — D'une voix claire et distincte ! et parvint à énoncer un « Edmund » un peu plus plus fort que nécessaire. Le son de sa propre voix le sortit de sa torpeur et, il se sentit forcé d'ajouter :

« Euh, je veux dire : je m'appelle Edmund. Enchanté de te rencontrer Eugène. »

Sa formule de politesse avait l'aspect policé des phrases toutes faites que l'on pourrait presque s'attendre à voir écrites en un seul mot, mais le ton se voulait néanmoins sincère. Ne désirant pas laisser planer un silence gênant — ce serait un peu étrange d'accepter l'invitation à s'asseoir pour ensuite ne rien dire du tout — il s'enquit alors :

« La Sonate au Clair de Lune, hein ? Ça a l'air compliqué comme morceau... pourquoi t'être arrêté en plein milieu ? »

Les mots n'avaient pas quitté sa bouche depuis une seconde que le Poufsouffle se mordit soudainement la lèvre inférieure : on ne commençait pas les conversations avec des questions potentiellement délicates enfin ! Quid de s'il ne voulait pas aborder ce sujet avec quelqu'un qu'il ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam ! Quelle belle entrée en matière, vraiment !

« Euh... si ça ne te dérange pas d'en parler bien sûr. »

Je ne te laisse pas beaucoup de matière à travailler : si tu le souhaites, je peux allonger un peu mon post.

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Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
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Poufsouffle Vult !

21 oct. 2020, 18:57
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Avril 2045
Feat @Edmund Long

L'instant était embarrassant. L'inconnu semblait complètement perdu et Eugène bougea nerveusement. Quel empoté il était ! À l'heure actuelle, il devait faire une mauvaise impression ! Eugène ne montra rien de son exaspération. Il passa une main le long de sa nuque alors que, de temps en temps, il donna des coups d'yeux à son camarade. Ce dernier s'installa finalement et, bien vite, le silence s'en suivit.

Eugène inspira et expira. De nouveau, il bougea avec nervosité, faisant grincer le tabouret sous lui. Eugène était conscient qu'il devait engager la conversation, surtout après avoir invité le garçon – dont il ignorait encore le nom – à s'installer. Alors, non sans un brin d'anxiété, Eugène réfléchit à un sujet de discussion, mais en vain. Tout ce qui lui venait en tête était plus que bancale qu'intéressant ! Il craignait que les sujets s'épuiseront dans la seconde pour laisser sa place à cette tension remplit d'embarras.

— Edmund.
Eugène revint à lui dans un sursaut et, surpris, il interrogea son camarade d'un coup d'œil.
— Euh, je veux dire : je m'appelle Edmund. Enchanté de te rencontrer Eugène.
Le susnommé formule un faible "oh", avant de prendre la parole :
— Enchanté également...

Bien que sa voix manquait de clarté et d'intonation, Eugène n'en était pas moins sincère : il était toujours bon de rencontrer une nouvelle personne. Un ange n'eut guère le temps de s'installer, que le dénommé Edmund s'enquit aussitôt – et Eugène l'en remercia – ,

— La Sonate au Clair de Lune, hein ? Ça a l'air compliqué comme morceau... pourquoi t'être arrêté en plein milieu ?

À ses mots, l'irlandais regarda sa main. Ses doigts tapotèrent un instant son genou, avant de venir gratter sous sa joue, bien que cette dernière ne le démangeait pas. Du coin de l'œil, Eugène nota que son interlocuteur se mordilla la lèvre et, alors qu'il s'apprêtait à formuler une réponse des plus simple, Edmund s'empressa de rajouter :

— Euh... si ça ne te dérange pas d'en parler bien sûr.
Eugène lui sourit timidement et secoua sa tête :
— Non, il... il n'y a aucun problème, rassura-t-il, c'est un morceau que ma mère aime particulièrement. J'essaie de l'apprendre, mais oui, c'est compliqué.
Eugène marqua une pause, le temps de rire doucement avant de reprendre :
— Mes mains commençaient à me faire mal et... et une tendinite est bien la dernière chose dont j'ai besoin.
Son sourire s'accentua un court instant, seulement le temps d'un battement de cil. Eugène frotta ses mains contre ses cuisses et, pensivement, il mordilla sa lèvre.
— Tu... Tu connais Beethoven ?

La question était rhétorique, bien sûr qu'il connaissait Beethoven ! Disons que cette question servirait à rebondir sur la musique classique en général. Le gamin n'était pas non plus le plus grand des connaisseurs, mais ses parents lui avait transmit des bases qu'il jugeait de solide.

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C'est tout bon ! Et j'espère que ma réponse te conviens tout autant ^^

"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

28 oct. 2020, 12:15
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L'interlocuteur afficha un sourire discret à la question d'Edmund avant de lui signifier qu'elle ne le dérangeait pas. La tension dans les épaules du sorcier se relâcha quelque peu alors qu'il écoutait la réponse. Comme il s'en était douté en écoutant le morceau, celui-ci était effectivement compliqué — ou en tout cas c'était ce qu'en avait dit le Poufsouffle avec lequel il conversait. Le né-moldu fronça légèrement les sourcils à cette confirmation. Il comprenait l'attrait qu'il pouvait y avoir à tenter d'interpréter un partition affectionnée par un proche, mais si celle-ci était au-delà du niveau de la personne qui s'y essayait, alors il serait plus judicieux de s'entraîner sur des exercices plus simples pour progresser, non ? À s'acharner sur quelque chose de trop difficile pour soi, on ne faisait que perdre son temps.

Cette pensée, il la garda bien évidemment pour lui — même si son désaccord pour les méthodes du musicien se lisait très clairement sur son visage — et il se contenta simplement de prêter attention à la deuxième partie de la réponse que lui partageait son camarade jaune et noir, laissant paraître une surprise non contenue : il était possible de se faire mal aux mains simplement en jouant ? Sa posture droite et polie fut complètement cassée alors qu'il écarquilla les yeux, avança la tête, voûta le dos et ouvrit légèrement la bouche. Il tourna les yeux sur les mains du Poufsouffle et vit que ce dernier les frottait sur ses cuisses avec insistance. Peut-être tentait-il là de calmer la douleur ? Si c'était une tendinite qu'il craignait, des massages circulaires eussent semblés plus appropriés.

Alors qu'il s'apprêtait à faire cette remarque au Poufsouffle, il dénota soudainement la position très stupide qu'il affichait et entreprit entre autres choses de se redresser et de fermer la bouche. Ce n'était pas une apparence à avoir en face de quelqu'un qu'il rencontrait pour la première fois ! Il se disait cela, mais il ne put s'empêcher de remarquer la posture affaissée de son interlocuteur. Le fait était que ce dernier risquait assez mal de lui reprocher quoi que ce fût qui concernât des vices de position.

Comme lors d'un jeu de ping pong, Eugène posa alors à son tour une question à Edmund : il se demandait si ce dernier connaissait Beethoven. Le garçon pencha légèrement la tête sur le côté à ce propos. Bien sûr qu'il connaissait Beethoven : il aurait semblé improbable qu'il connût le titre du morceau qu'interprétait l'autre à son arrivée et pas son compositeur. Mais le fait était qu'improbable ne signifiait pas impossible. Et puis Eugène lui offrait une chance de repousser le silence gênant qui allait fatalement tomber lorsque les deux enfants n'auraient plus rien à se dire — ce qui risquait d'arriver bientôt — aussi Edmund ne se fit-il pas prier pour répondre.

« Je connais effectivement Beethoven. Enfin, je connais quelques unes de ses musiques. Je ne suis pas forcément fan de musique classique, mais j'imagine qu'il faut être un ermite pour ne pas avoir entendu au moins une fois un morceau de Beethoven. »

La balle était à présent de son côté de la table. Il lui fallait la renvoyer. Mais comment ? Il ne pouvait pas lui demander et toi ? cela eût été stupide : bien évidemment que son interlocuteur connaissait Beethoven s'il jouait un morceau de sa composition. Trouver une question, trouver une question...

Le châtain se mordilla la lèvre inférieure commença à faire tapoter son talon gauche sur le sol alors qu'il réfléchissait à ce qu'il pourrait faire pour relancer la conversation avant de s'enquérir d'une voix moins assurée que dans ses précédents échanges :

« Je préfère écouter les styles celtiques ou romantiques ou le rock. J'aime beaucoup Debussy et Imagine Dragon notamment. Tu connais ? Ce sont des musiques que tu apprécies ? »

Le garçon avait conscience que son retour avait été un peu faible, son coup de revers franchement perfectible, mais au moins il avait réussi à renvoyer la balle. Et puis l'avis de son camarade sur ces musiciens qu'il appréciait n'était pas sans l'intéresser.

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Poufsouffle Vult !

28 oct. 2020, 14:51
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Avril 2045
Feat @Edmund Long

À sa réponse, Edmund avait écarquillé les yeux, tout en voûtant son dos et entrouvrant sa bouche. Il paraissait surpris, Eugène avait-il dit quelque chose de particulier ? Le susnommé l'interrogea du regard, quelque peu perturbé par sa réaction. Edmund dut prendre conscience de sa position, se remettant aussitôt droit comme un piquet. À côté, Eugène devait faire bien pâle figure, non par manque de politesse ou de bonne manière. Seulement, le garçon avait pris l'habitude de se faire petite pour ne pas encombrer les autres par sa présence. Aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, sa mère l'avait toujours réprimandait pour ses mauvaises postures, surtout lors de repas de famille.

Edmund répondit qu'il connaissait le compositeur, tout du moins quelques-unes de ses musiques, avant de rajouter qu'il n'était pas forcement un fan de musique classique. Il préférait écouter du celtiques, du romantique ou encore du rock. Edmund cita ensuite un compositeur et un groupe, avant de lui demander s'il connaissait et s'il appréciait. Eugène ne répondit pas aussitôt, prenant le temps de hocher la tête pour montrer qu'il l'écoutait, avant de prendre à son tour la parole :

— Ce n'est pas non plus quelque chose que j'écouterais au quotidien... en fait, avoir des bases en musique classique fait partie de mon éducation, expliqua Eugène, je n'ai donc pas vraiment d'affinité particulière.
Il marqua une pause, puis reprit :
— Je connais vaguement Debussy, mais je n'ai pas encore travaillais dessus, par contre j'écoute de temps en temps Imagine Dragon.
Il sourit, un peu plus confiant.
— Je les ai connus en m'intéressant aux championnats de LoL, j'ai vu qu'ils avaient composé une musique pour celui des Words de 2014.

Eugène et les jeux vidéo étaient clairement une grande histoire d'amour. Si le gamin était anxieux et timide au quotidien, il communiquait plus aisément derrière un écran. Il interrogea Edmund du regard, avant de lui demander timidement :

— Tu dois connaître du coup LoL ?

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"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
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29 oct. 2020, 14:50
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@Eugène Harlow


L'interlocuteur mit quelques secondes à répondre à la question d'Edmund, peut-être pour prendre le temps de réfléchir un peu sa réponse. Le Poufsouffle fut peu étonné d'apprendre que son camarade n'était pas grand amateur de musique classique non plus — à vrai dire il doutait qu'il existât beaucoup d'enfant qui s'extasiassent à l'écoute d'un morceau de Chopin ou de Mozart — et qu'il s'agissait surtout de vertus de son éducation. Il fut en revanche un peu plus surpris de savoir que l'autre garçon partageait son goût pour Imagine Dragons : au collège non-maj qu'il avait fréquenté avant d'entrer à Poudlard, il avait plus souvent été raillé qu'apprécié pour aimer un groupe vieux de vingt à trente ans. Le regard de l'enfant se mit à pétiller de curiosité alors qu'il prononça un « Ah bon ? » plein d'intérêt mais suffisamment discret pour ne pas interrompre Eugène. La mention de LoL le laissa cependant assez indifférent puisqu'il ne connaissait que très peu ce jeu — tout juste le nom et le principe. Il n'avait jamais été très intéressé par les vieux MOBA.

« Oui, je connais LoL. Il faut dire que ce serait difficile de ne pas connaître ce jeu avec tout l'engouement qu'il a connu jusqu'il y a encore assez peu, répondit Edmund d'une voix assez égale. Je dois bien admettre que je suis pas fan en revanche. Je connais le principe — c'est un MOBA quoi — mais c'est à peu près tout. »
Il ajouta ensuite avec un intérêt non contenu :
« Je savais pas qu'ils avaient utilisé une musique d'Imagine Dragons pour une de leurs compétitions en revanche. Laquelle ?»

Si le jeu ne l'intéressait pas plus que cela, la partie concernant la musique piquait sa curiosité, même s'il aurait certainement admis de lui-même que savoir quelle chanson en particulier avait été utilisée pour la campagne de promotion des Worlds 2014 ne changerait pas grand chose à sa vie. Mais pourtant, il voulait le savoir. Il aurait penché vers Believer ou Demons qui suscitent beaucoup d'émotions, mais il n'était pas certain qu'elles fussent déjà sorties en 2014 — Warriors peut-être ?

Ayant hâte de savoir quel titre avait été jugé digne d'un événement aussi important que des Worlds de LoL — le jeu était connu en 2014, non ? — Edmund s'avança sur sa chaise, à l'écoute de son camarade. Alors qu'il attendait la réponse, une autre question lui traversa l'esprit : comment Eugène savait-il qu'une musique d'Imagine Dragons avait été utilisée pour des Worlds de 2014 ? Il n'était même pas né ! Avait-il regardé une rediffusion sur internet d'un événement aussi vieux que cela ?

Il chassa cependant rapidement ces pensées à profit de l'écoute de son interlocuteur. Il pourrait lui demander cela un peu plus tard.

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Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
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