Papa où t'es?
Fin août 2043, @Joanne Taylor
C'était l'effervescence sur le chemin de Traverse en cette fin du mois d'août. A croire que toutes les familles attendaient la dernière minute pour venir faire ses emplettes de début d'année scolaire. Ethan ne faisait pas exception. Il était excité comme une puce à l'idée de rentrer à Poudlard dans quelques jours, et passer par cette case obligatoire d'achat rendait la chose encore plus concrète. L'achat de ses livres scolaires et de ses trois robes s'étaient déroulés sans problème. Enfin, si on omet de parler qu'il s'était trompé de pile sur le comptoir en prenant les robes beaucoup trop grandes d'un élève de cinquième. Heureusement, celui-ci s'en était tout de suite aperçu.
Le voilà donc chargé de ses robes et de ses livres en marchant à côté de son papa, lui aussi bien chargé de fournitures pour son travail. Ils se rendaient d'ailleurs dans une obscure boutique pour de nouveaux achats en relation avec le travail de son père. Juste avant d'y entrer, Ethan aperçut la devanture du vendeur de balai. Ses yeux pétillèrent en voyant au loin des modèles qui le faisaient rêver. Il n'était pas un fin connaisseur, mais comme tout le monde, il savait apprécier les objets de grande précision magique.
Quand ils ressortirent du magasin, Ethan, qui devançait son père, lui souffla quelques mots.
- On va voir les balais?
Il ne se rendit pas compte que le brouhaha de l'animation bruyante emporta sa voie fluette comme de vulgaires poussières insignifiantes. Il se dirigea néanmoins droit devant lui vers la boutique en face de la rue, son père suivant ses pas. Du moins le pensait-il. Son père, le nez sur sa liste de courses, ne remarqua absolument rien et bifurqua vers leur prochaine destination, convaincu que son fils le suivait comme à son habitude. La foule les enveloppa tous les deux après à peine quelques pas. Ethan alla coller son nez à la vitrine à côté d'autres jeunes enfants, sans doute de futurs camarades de première année. Il dût un peu pousser pour se retrouver devant l'éclair de feu mythique au prix exorbitant.
- Tu as vu comme il est beau papa?
Aucune réponse.
- Papaaaa, t'as vu comme il est beau dis??
Toujours pas de réponse. Ethan se retourna, un peu contrarié. A sa grande surprise, son père n'était pas derrière lui, ni nulle part. Il sentit une première vague de panique l'envahir.
- Papa, où t'es? s'entendit-il dire stupidement. Son visage se décolorait. Il ne pleurait pas encore mais il n'en était plus très loin. Comment allait-il faire pour le retrouver?
Dernière modification par Ethan Threepipes le 5 juin 2019, 10:27, modifié 2 fois.
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Papa où t'es?
L’effervescence du Chemin de Traverse en cette fin de vacance scolaire ressemblait à un chaudron bouillonnant : des sorcières, des sorciers, des mini-pousses que l’on ne voyait qu’à peine dans l’atmosphère bariolé des habits sorciers. Et une profonde exaspération lisible sur le visage de Joanne. Qu’est-ce qui l’avait poussé à venir sur l’artère sorcière alors qu’elle devait pertinemment se douter que le monde qu’il y aurait la ferait indéniablement fuir. D’ailleurs, c’était l’avis qu’elle avait là, alors qu’elle fendait la foule avec un dédain clairement affiché. Peu importait les coups de coudes, les coups d’épaules. Elle restait droite, imperturbable. Son regard bleu parcourant la foule, affichant clairement non pas son dégoût des gens mais bien son dégoût de la foule. Elle aimerait disparaître. Etre ailleurs.
Mais elle a promis à son père, souffrant, de lui ramener cette épice si particulière qu’on ne trouve que sur le Chemin. Une fois encore elle a baissé les yeux, elle a dit oui. Obéit. Comme un chien obéirait à son maître. Rictus méprisant sur son visage. Il était temps que cela change. Qu’elle évolue. Qu’elle déploie ses ailes et s’envole loin du joug familial qui lui attachait les chevilles. Qui lui opprimait la poitrine, elle avait tellement mal.
Accaparée à ses pensées, elle ne s’était pas rendue compte qu’elle s’était arrêtée. Devant le magasin de Quidditch, les yeux perdus à la contemplation d’un balai dont elle n’avait que faire. Non pas qu’elle n’aimait pas le Quidditch – elle avait accompagné Erin plusieurs fois dans les tribunes pour encourager Noah. Les souvenirs remontés à la surface alors qu’un sourire fleurissait doucement sur les lèvres de Joanne. Un souvenir emporté bien loin malgré elle quand quelqu’un la bouscula en lui tapant l’épaule.
Furibonde, elle s’apprêtait à répliquer verbalement en se retournant. Mais son regard fut aussitôt alpagué par un enfant, là juste à côté. Le teint blafard, il semblait avoir la trouille de sa vie. Des yeux, elle chercha l’adulte référent à côté de lui. Personne ne pouvait laisser un enfant de cet âge sans surveillance, n’est-ce pas ? Pourtant, elle ne le vit pas, et le jeune garçon semblait plutôt hagard. Bientôt, il se ferait dévorer par la foule, ça ne faisait aucun doute.
Elle s’approcha doucement, posa une main sur son épaule et demanda, presque brutalement « Tu es tout seul ? ». Un sourcil arqué, elle ne regardait pas le gamin mais plutôt la foule qui le bousculait. Il fallait être inconscient pour laisser ainsi son enfant. Ou peut-être était-ce une autre raison ? La sorcière ne voulait pas vraiment le savoir, seul le résultat comptait pour elle et il ne faisait aucun doute que le jeune garçon n’avait rien à faire là tout seul. Au fond, elle espérait qu’il puisse répondre à sa question de manière rapide pour qu’elle soit rassurée et puisse repartir sereinement. Ce qui ne serait peut-être pas le cas.
Mais elle a promis à son père, souffrant, de lui ramener cette épice si particulière qu’on ne trouve que sur le Chemin. Une fois encore elle a baissé les yeux, elle a dit oui. Obéit. Comme un chien obéirait à son maître. Rictus méprisant sur son visage. Il était temps que cela change. Qu’elle évolue. Qu’elle déploie ses ailes et s’envole loin du joug familial qui lui attachait les chevilles. Qui lui opprimait la poitrine, elle avait tellement mal.
Accaparée à ses pensées, elle ne s’était pas rendue compte qu’elle s’était arrêtée. Devant le magasin de Quidditch, les yeux perdus à la contemplation d’un balai dont elle n’avait que faire. Non pas qu’elle n’aimait pas le Quidditch – elle avait accompagné Erin plusieurs fois dans les tribunes pour encourager Noah. Les souvenirs remontés à la surface alors qu’un sourire fleurissait doucement sur les lèvres de Joanne. Un souvenir emporté bien loin malgré elle quand quelqu’un la bouscula en lui tapant l’épaule.
Furibonde, elle s’apprêtait à répliquer verbalement en se retournant. Mais son regard fut aussitôt alpagué par un enfant, là juste à côté. Le teint blafard, il semblait avoir la trouille de sa vie. Des yeux, elle chercha l’adulte référent à côté de lui. Personne ne pouvait laisser un enfant de cet âge sans surveillance, n’est-ce pas ? Pourtant, elle ne le vit pas, et le jeune garçon semblait plutôt hagard. Bientôt, il se ferait dévorer par la foule, ça ne faisait aucun doute.
Elle s’approcha doucement, posa une main sur son épaule et demanda, presque brutalement « Tu es tout seul ? ». Un sourcil arqué, elle ne regardait pas le gamin mais plutôt la foule qui le bousculait. Il fallait être inconscient pour laisser ainsi son enfant. Ou peut-être était-ce une autre raison ? La sorcière ne voulait pas vraiment le savoir, seul le résultat comptait pour elle et il ne faisait aucun doute que le jeune garçon n’avait rien à faire là tout seul. Au fond, elle espérait qu’il puisse répondre à sa question de manière rapide pour qu’elle soit rassurée et puisse repartir sereinement. Ce qui ne serait peut-être pas le cas.
Papa où t'es?
La rue était bondée de sorciers mais pas un ne correspondait à son père. Il regarda à gauche et à droite: pas de trace. Il ne savait même pas de quel côté il avait pu disparaître. Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire pour le retrouver. La panique le gagnait de plus en plus. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin! Il se demandait si son père s'était aperçu de sa disparition.
Ses pensées furent interrompues par une main posée sur son épaule. Le soulagement le submergea. Son père l'avait retrouvé. Quand il tourna la tête du côté d'où venait la main, il ne put s'empêcher d'émettre un hoquet de surprise. Une adulte aux yeux bleus au regard intense l'interpellait d'un ton pas très avenant. Elle lui demandait si il était seul. Que répondre? On lui avait toujours dit de ne pas parler aux inconnus. Ce qui n'arrangeait rien, c'était son langage non-verbal qui indiquait fortement que s'adresser au garçon l'ennuyait au plus haut point. Est-ce qu'elle voulait profiter du fait qu'il soit seul pour l'enlever?
En même temps, si elle voulait l'enlever, sa technique n'était pas habituelle. On lui avait toujours dit que les ravisseurs appâtaient les enfants avec des friandises. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'était pas en train d'essayer de l'endormir par un petit jeu charmant. Sa froideur continuait de lui faire peur malgré tout. Mais il avait besoin d'aide et elle saurait peut-être comment faire pour retrouver son père. Tout ce qu'il fut capable de faire, trop contracté qu'il était pour émettre un son de sa bouche, ce fut un "oui" de la tête, le regard pointé vers le sol. Il savait qu'il prenait un risque en l'avouant. Il espérait qu'il n'aurait pas à le regretter.
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Ses pensées furent interrompues par une main posée sur son épaule. Le soulagement le submergea. Son père l'avait retrouvé. Quand il tourna la tête du côté d'où venait la main, il ne put s'empêcher d'émettre un hoquet de surprise. Une adulte aux yeux bleus au regard intense l'interpellait d'un ton pas très avenant. Elle lui demandait si il était seul. Que répondre? On lui avait toujours dit de ne pas parler aux inconnus. Ce qui n'arrangeait rien, c'était son langage non-verbal qui indiquait fortement que s'adresser au garçon l'ennuyait au plus haut point. Est-ce qu'elle voulait profiter du fait qu'il soit seul pour l'enlever?
En même temps, si elle voulait l'enlever, sa technique n'était pas habituelle. On lui avait toujours dit que les ravisseurs appâtaient les enfants avec des friandises. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'était pas en train d'essayer de l'endormir par un petit jeu charmant. Sa froideur continuait de lui faire peur malgré tout. Mais il avait besoin d'aide et elle saurait peut-être comment faire pour retrouver son père. Tout ce qu'il fut capable de faire, trop contracté qu'il était pour émettre un son de sa bouche, ce fut un "oui" de la tête, le regard pointé vers le sol. Il savait qu'il prenait un risque en l'avouant. Il espérait qu'il n'aurait pas à le regretter.
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Papa où t'es?
Un silence assourdissant. Malgré la présence d’une foule dense sur le Chemin de Traverse, la seule chose que retenait la jeune femme, c’était ce silence qui provenait de l’enfant. Aucun mot ne traversa ses lèvres alors qu’elle avait posé sa question quelques secondes auparavant. Elle n’avait pas conscience que son comportement – peu avenant – n’aidait pas l’enfant à se détendre. Mais elle n’était pas là pour cela en même temps.
Pour elle il était totalement dangereux de laisser un enfant vagabondait seul dans l’artère sorcière. Il est probable qu’elle passe un savon à l’adulte référent si elle mettait la main dessus. Mais peut-être aussi que l’adulte concerné gueulerait lui-même sur sa probable progéniture qui s’était éloignée ? Elle soupira, elle n’aimait pas ça. Ce n’était pas dans sa nature d’aider la veuve et l’orphelin, elle était plutôt du genre solitaire, toisant froidement les gens qui se présentaient à elle.
Il était crispé, elle sentait ses muscles se raidir sous ses doigts posés sur son épaule. Le gamin avait probablement une peur bleue de Joanne. Comment pourrait-il en être autrement ? Aucun son, mais un mouvement, enfin. Il confirme qu’il est tout seul, et alors elle se demande si elle n’aurait pas mieux fait de poser une autre question que cela. Pour en savoir plus. Elle se penche par-dessus lui, ses cheveux noirs de jais venant fouetter son visage. « Tu veux dire que tu es venu ici tout seul ? ». Elle a toujours les sourcils froncés, son visage est clairement marqué, tant par l’incompréhension que par le désir de résoudre rapidement ce problème.
Car oui, le gamin est un problème pour elle. Un caillou dans sa chaussure. Quelque chose qu’il faut résoudre. Vite, et de préférence bien. Comme ça elle oubliera cet épisode et reprendra sa vie comme si de rien n’était. C’était pas plus mal, n’est-ce pas ? Elle continue son interrogatoire, sans douceur aucune. « Tu veux dire qu’il n’y a pas d’adulte avec toi ? ». L’incompréhension demeure clairement dans les yeux azurs de la sorcière.
Pour elle il était totalement dangereux de laisser un enfant vagabondait seul dans l’artère sorcière. Il est probable qu’elle passe un savon à l’adulte référent si elle mettait la main dessus. Mais peut-être aussi que l’adulte concerné gueulerait lui-même sur sa probable progéniture qui s’était éloignée ? Elle soupira, elle n’aimait pas ça. Ce n’était pas dans sa nature d’aider la veuve et l’orphelin, elle était plutôt du genre solitaire, toisant froidement les gens qui se présentaient à elle.
Il était crispé, elle sentait ses muscles se raidir sous ses doigts posés sur son épaule. Le gamin avait probablement une peur bleue de Joanne. Comment pourrait-il en être autrement ? Aucun son, mais un mouvement, enfin. Il confirme qu’il est tout seul, et alors elle se demande si elle n’aurait pas mieux fait de poser une autre question que cela. Pour en savoir plus. Elle se penche par-dessus lui, ses cheveux noirs de jais venant fouetter son visage. « Tu veux dire que tu es venu ici tout seul ? ». Elle a toujours les sourcils froncés, son visage est clairement marqué, tant par l’incompréhension que par le désir de résoudre rapidement ce problème.
Car oui, le gamin est un problème pour elle. Un caillou dans sa chaussure. Quelque chose qu’il faut résoudre. Vite, et de préférence bien. Comme ça elle oubliera cet épisode et reprendra sa vie comme si de rien n’était. C’était pas plus mal, n’est-ce pas ? Elle continue son interrogatoire, sans douceur aucune. « Tu veux dire qu’il n’y a pas d’adulte avec toi ? ». L’incompréhension demeure clairement dans les yeux azurs de la sorcière.
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La dame ne le lâchait pas. Il avait de plus en plus l'impression qu'elle lui voulait du mal. Il devrait se dégager l'épaule avant toute tentative de fuite. Réussirait-il? L'idée de s'encourir à travers la foule en criant "Papa" de toutes ses forces lui semblait être la meilleure option qui s'offrait à lui. Elle ne le poursuivrait peut-être pas car elle se ferait immédiatement repérer en lui courant après. Mais il avait déjà vu des films à la tété avec ce genre de course poursuite et elle se terminait bien pour le gentil que s'il était supérieur au méchant. Ici, le rapport de force ne laissait pas le moindre doute: il était clairement le plus faible.
De toute façon la peur le tétanisait et le clouait sur place. La dame lui posa d'autres questions. Elle voulait savoir s'il était venu seul. Que répondre? Si il mentait et qu'il disait qu'il était venu sur le chemin de Traverse tout seul, il serait probablement fichu. Sa seule chance était de lui dire la vérité. Savoir qu'un adulte était dans les parages aurait peut-être pour effet qu'elle s'éloigne de lui.
- Non, croassa-t-il avec peine pour répondre à sa première question.
Apparemment elle voulait vraiment savoir s'il était seul car elle posa une troisième question sur ce thème en lui demandant s'il n'y avait pas d'adulte avec lui.
- Si, parvint-il tout juste à articuler.
Il se demandait si sa curiosité était enfin satisfaite et si elle allait s'en aller ou bien si elle allait encore poser la même question sous d'autres formes. Avec un peu de chance, son papa allait réapparaître...
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De toute façon la peur le tétanisait et le clouait sur place. La dame lui posa d'autres questions. Elle voulait savoir s'il était venu seul. Que répondre? Si il mentait et qu'il disait qu'il était venu sur le chemin de Traverse tout seul, il serait probablement fichu. Sa seule chance était de lui dire la vérité. Savoir qu'un adulte était dans les parages aurait peut-être pour effet qu'elle s'éloigne de lui.
- Non, croassa-t-il avec peine pour répondre à sa première question.
Apparemment elle voulait vraiment savoir s'il était seul car elle posa une troisième question sur ce thème en lui demandant s'il n'y avait pas d'adulte avec lui.
- Si, parvint-il tout juste à articuler.
Il se demandait si sa curiosité était enfin satisfaite et si elle allait s'en aller ou bien si elle allait encore poser la même question sous d'autres formes. Avec un peu de chance, son papa allait réapparaître...
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L’incompréhension était telle que la jeune femme posait le même genre de questions : d’une part cela lui permettait d’être certaine de la réponse et d’autre part cela camouflait aussi le fait qu’elle n’ait aucune idée du quoi faire en de pareilles situations. Mais il lui semblait que le ton froid et l’attitude qu’elle arborait jusqu’alors n’aidait en rien le garçon à se détendre – ou à se confier. Il fallait qu’elle change de stratégie si elle ne voulait pas être taxée d’enlèvement d’enfant. Elle soupire. Elle n’était vraiment pas prête à ça, pas du tout.
Toutefois, elle finit par s’accroupir face à lui, et avec un courage qu’elle trouve - sans trop savoir où – elle lui indique d’une voix calme. Pas forcément douce mais relativement calme. C’est toujours mieux que rien, n’est-ce pas ? « Ecoute, je trouve ça assez dingue qu’un si jeune enfant comme toi soit tout seul, je veux juste t’aider, je n’ai aucune mauvaise intention ». Les yeux bleus scrutent le visage inquiet et crispé du garçonnet. Visiblement sa méthode n’était pas la bonne.
Elle n’était pas faite pour ça, dans le sens aide de la veuve et de l’orphelin. Elle était adepte des méthodes plus brutes. Sauf quand il s’agissait des runes évidemment mais ça c’était quelque chose de différent. Elle s’était enfermée derrière une carapace de laquelle elle ne sortait jamais. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que sa famille l’avait toujours vu comme une bâtarde. Alors quand on s’habitue à être un vilain petit canard, il ne fait nul doute qu’on se charge d’arborer un caractère qui corresponde. Ainsi personne ne s’attache. Personne ne prend la peine de s’offusquer. C’était mieux ainsi.
Finalement, elle arrive à lui dire « Je ne veux pas te faire de mal, vraiment ». Elle était juste saoulée que les badauds alentours ne s’inquiètent pas outre mesure de la présence d’un enfant seul sur le Chemin de Traverse. « La personne qui t’accompagnait, tu l’as vu où pour la dernière fois ? ». C’était peut-être par là qu’elle aurait dû commencer plutôt. On ne se refait pas.
Toutefois, elle finit par s’accroupir face à lui, et avec un courage qu’elle trouve - sans trop savoir où – elle lui indique d’une voix calme. Pas forcément douce mais relativement calme. C’est toujours mieux que rien, n’est-ce pas ? « Ecoute, je trouve ça assez dingue qu’un si jeune enfant comme toi soit tout seul, je veux juste t’aider, je n’ai aucune mauvaise intention ». Les yeux bleus scrutent le visage inquiet et crispé du garçonnet. Visiblement sa méthode n’était pas la bonne.
Elle n’était pas faite pour ça, dans le sens aide de la veuve et de l’orphelin. Elle était adepte des méthodes plus brutes. Sauf quand il s’agissait des runes évidemment mais ça c’était quelque chose de différent. Elle s’était enfermée derrière une carapace de laquelle elle ne sortait jamais. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que sa famille l’avait toujours vu comme une bâtarde. Alors quand on s’habitue à être un vilain petit canard, il ne fait nul doute qu’on se charge d’arborer un caractère qui corresponde. Ainsi personne ne s’attache. Personne ne prend la peine de s’offusquer. C’était mieux ainsi.
Finalement, elle arrive à lui dire « Je ne veux pas te faire de mal, vraiment ». Elle était juste saoulée que les badauds alentours ne s’inquiètent pas outre mesure de la présence d’un enfant seul sur le Chemin de Traverse. « La personne qui t’accompagnait, tu l’as vu où pour la dernière fois ? ». C’était peut-être par là qu’elle aurait dû commencer plutôt. On ne se refait pas.
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Pourquoi fallait-il que ce soit cette dame peu avenante qui s'aperçoive qu'il était seul? Il y avait dans la rue de nombreuses personnes qui avaient l'air plus sympathiques, et même plein de mamans. Quoique celles-là semblaient pour la plupart très stressées donc ce n'était pas sûr qu'il y gagne.
La dame s'abaissa à son niveau. Est-ce que son visage se transformerait en une espèce de grande bouche avec des grandes dents pour engloutir sa tête, de la même manière qu'il avait vu dans une série qu'il avait regardé avec des amis plus âgés? C'était peu probable en pleine journée au milieu de gens. D'ailleurs la voix de la dame perdit en tension. Elle l'assura qu'elle ne lui voulait pas de mal. C'est comme ça que les kidnappeurs d'enfants opéraient, avaient répété maintes et maintes fois ses parents. Commençait-elle à essayer de l'amadouer? C'était décidé, si elle lui proposait un chocogrenouille, il hurlerait aussi fort qu'il le pourrait pour attirer l'attention sur eux.
Elle lui demanda enfin où il avait vu son papa pour la dernière fois. Elle était bien curieuse! De toute façon il ne lui parlerait plus. Il en avait déjà trop dit. Ses parents lui disaient qu'il ne pouvait pas parler aux inconnus, or il lui avait déjà dit deux mots, ce qui était déjà beaucoup trop. Et puis une idée lui vint.
- Comment tu t'appelles madame? demanda-t-il en ignorant les questions qu'elle lui avait posé, le visage un tout petit peu moins fermé, curieux de la réponse.
S'il connaissait son nom, ce ne serait plus une inconnue et alors il pourrait envisager de répondre à toutes ses questions. Il n'était pas sûr que ses parents approuveraient, mais ils n'étaient pas là non plus pour lui dire s'il faisait bien ou pas. Pas évident de prendre des décisions quand on avait à peine onze ans et quelques semaines...
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La dame s'abaissa à son niveau. Est-ce que son visage se transformerait en une espèce de grande bouche avec des grandes dents pour engloutir sa tête, de la même manière qu'il avait vu dans une série qu'il avait regardé avec des amis plus âgés? C'était peu probable en pleine journée au milieu de gens. D'ailleurs la voix de la dame perdit en tension. Elle l'assura qu'elle ne lui voulait pas de mal. C'est comme ça que les kidnappeurs d'enfants opéraient, avaient répété maintes et maintes fois ses parents. Commençait-elle à essayer de l'amadouer? C'était décidé, si elle lui proposait un chocogrenouille, il hurlerait aussi fort qu'il le pourrait pour attirer l'attention sur eux.
Elle lui demanda enfin où il avait vu son papa pour la dernière fois. Elle était bien curieuse! De toute façon il ne lui parlerait plus. Il en avait déjà trop dit. Ses parents lui disaient qu'il ne pouvait pas parler aux inconnus, or il lui avait déjà dit deux mots, ce qui était déjà beaucoup trop. Et puis une idée lui vint.
- Comment tu t'appelles madame? demanda-t-il en ignorant les questions qu'elle lui avait posé, le visage un tout petit peu moins fermé, curieux de la réponse.
S'il connaissait son nom, ce ne serait plus une inconnue et alors il pourrait envisager de répondre à toutes ses questions. Il n'était pas sûr que ses parents approuveraient, mais ils n'étaient pas là non plus pour lui dire s'il faisait bien ou pas. Pas évident de prendre des décisions quand on avait à peine onze ans et quelques semaines...
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Les gamins étaient décidément incompréhensibles. Pourquoi ? Parce qu’au lieu de répondre aux questions de la sorcière comme un charmant petit bambin, le gamin lui retournait une question. Quelques secondes passèrent ainsi où Joanne resta incrédule. Oui, aussi surprenant que c’était, elle était muette face à la question du garçon. Finalement, après un léger soupir, elle lâcha son épaule pour lui tendre sa main. « Joanne ». Qu’elle lui indiqua doucement.
Peut-être qu’ainsi le garçonnet comprendrait qu’il n’y avait rien à craindre d’elle. Tout ce qu’elle souhaitait c’était qu’il reparte avec son adulte référent et qu’elle-même puisse retourner à la contemplation de ses pensées profondes – ou non d’ailleurs. Mais il fallait croire que la manière dont elle avait accosté le jeune garçon n’aidait pas ce dernier à lui faire confiance. Comme si elle n’avait que ça à faire d’être la baby-sitter d’un jeune inconnu.
Elle soupire. Tente de remettre un peu d’ordre dans ses pensées en massant ses tempes. A côté la foule dense ne s’est pas rétrécie, loin de là même. Il semble presque à Joanne qu’elle se referme sur eux, les étouffe entièrement. Souvent, elle envoie des œillades foudroyantes aux personnes qui les bousculent « Ne peuvent-ils pas faire attention » qu’elle marmonne en reportant son attention sur le jeune garçon. A nouveau, elle se penche vers lui. « Tu sais, je ne te veux pas de mal, mais si je te laisse ici, tout seul, tu vas te faire piétiner, tu ne veux pas au moins qu’on se décale vers une vitrine ? ».
C’était une proposition qui n’avait rien d’embarrassante. Aux vitrines des magasins les nez étaient souvent collés pour regarder les objets en exposition, de ce fait, les sorciers allaient plus doucement, marchaient moins vite. Il y avait, selon la sorcière aux cheveux d’ébènes, une certaine sécurité à rejoindre l’un des deux côtés de l’artère sorcière.
Peut-être qu’ainsi le garçonnet comprendrait qu’il n’y avait rien à craindre d’elle. Tout ce qu’elle souhaitait c’était qu’il reparte avec son adulte référent et qu’elle-même puisse retourner à la contemplation de ses pensées profondes – ou non d’ailleurs. Mais il fallait croire que la manière dont elle avait accosté le jeune garçon n’aidait pas ce dernier à lui faire confiance. Comme si elle n’avait que ça à faire d’être la baby-sitter d’un jeune inconnu.
Elle soupire. Tente de remettre un peu d’ordre dans ses pensées en massant ses tempes. A côté la foule dense ne s’est pas rétrécie, loin de là même. Il semble presque à Joanne qu’elle se referme sur eux, les étouffe entièrement. Souvent, elle envoie des œillades foudroyantes aux personnes qui les bousculent « Ne peuvent-ils pas faire attention » qu’elle marmonne en reportant son attention sur le jeune garçon. A nouveau, elle se penche vers lui. « Tu sais, je ne te veux pas de mal, mais si je te laisse ici, tout seul, tu vas te faire piétiner, tu ne veux pas au moins qu’on se décale vers une vitrine ? ».
C’était une proposition qui n’avait rien d’embarrassante. Aux vitrines des magasins les nez étaient souvent collés pour regarder les objets en exposition, de ce fait, les sorciers allaient plus doucement, marchaient moins vite. Il y avait, selon la sorcière aux cheveux d’ébènes, une certaine sécurité à rejoindre l’un des deux côtés de l’artère sorcière.
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L'adulte qui le tenait par l'épaule semblait être assez bête car on aurait dit qu'elle ne connaissait pas son nom, ou n'avait pas compris la question. C'était bien sa chance! Tomber sur une adulte agressive et idiote en plus d'être perdu en plein milieu d'une foule hostile, on a vu mieux comme jour d'emplette pour faire ses emplettes pour la rentrée. Mais elle finit par répondre au moment où il allait lui répéter la question en parlant plus lentement et audiblement. Elle ne daigna pas lui demander son nom à lui. Il jugea préférable de ne pas le lui donner spontanément.
Joanne s'énerva ensuite contre les passants qui les bousculaient sans cesse. Il avait l'intuition que c'était ce qui l'attendait dans les couloirs de Poudlard. Il était minuscule et les "grands" ne semblaient pas le voir. Peut-être que s'il tenait à l'aide d'une cordelette un ballon gonflé à l'hélium au dessus de sa tête, on remarquerait sa présence? Quoi qu'il en soit, ces bousculades incessantes les avaient fait dériver au milieu de la rue. La vieille dame lui proposa de se déplacer à nouveau vers une vitrine. Ce n'était pas de refus.
- D'accord m'dame Joanne, répondit-il.
Une fois sur le côté, Ethan fit le ménage dans ses pensées. Il réfléchit aux priorités de l'instant. L'une d'entre elles s'était frayée un chemin à l'avant plan après toutes ces émotions, maintenant que la peur s'était largement amenuisée vu qu'il ne parlait plus à une inconnue. Il décida d'en parler avant que cela devienne pressant.
- M'dame Joanne? J'dois faire pipiii, dit-il d'une toute petite voix.
Il la regarda avec des yeux de biche implorante. Il préféra laisser l'insolence de côté. Il avait la certitude que c'était une attitude à éviter avec cette dame qui avait au moins trente ans. Elle avait presque l'air aussi vieille que sa maman, c'est dire!
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Joanne s'énerva ensuite contre les passants qui les bousculaient sans cesse. Il avait l'intuition que c'était ce qui l'attendait dans les couloirs de Poudlard. Il était minuscule et les "grands" ne semblaient pas le voir. Peut-être que s'il tenait à l'aide d'une cordelette un ballon gonflé à l'hélium au dessus de sa tête, on remarquerait sa présence? Quoi qu'il en soit, ces bousculades incessantes les avaient fait dériver au milieu de la rue. La vieille dame lui proposa de se déplacer à nouveau vers une vitrine. Ce n'était pas de refus.
- D'accord m'dame Joanne, répondit-il.
Une fois sur le côté, Ethan fit le ménage dans ses pensées. Il réfléchit aux priorités de l'instant. L'une d'entre elles s'était frayée un chemin à l'avant plan après toutes ces émotions, maintenant que la peur s'était largement amenuisée vu qu'il ne parlait plus à une inconnue. Il décida d'en parler avant que cela devienne pressant.
- M'dame Joanne? J'dois faire pipiii, dit-il d'une toute petite voix.
Il la regarda avec des yeux de biche implorante. Il préféra laisser l'insolence de côté. Il avait la certitude que c'était une attitude à éviter avec cette dame qui avait au moins trente ans. Elle avait presque l'air aussi vieille que sa maman, c'est dire!
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Papa où t'es?
Il était d’accord – c’était déjà un bon point – il ne fallait pas trop en demander aux enfants de cet âge, le cerveau, pas encore arrivé à maturité, était trop étroit pour capter plusieurs informations en même temps. Alors la jeune femme laissait faire, une moue quelque peu désabusée sur le visage. Quel était l’idiot qui laissait ainsi un gamin sur le bas-côté ? Vraiment c’était un comportement qui la dépassait ! Si l’on n’était pas capable de s’en occuper, il ne fallait tout simplement pas en faire. C’était ainsi que Joanne voyait la vie. Enfin, c’était ainsi qu’elle avait été éduquée, dans l’égoïsme exacerbé de l’être humain dans toute sa déchéance.
Pire encore, le gamin avait des envies pressantes, qui lui valut un regard dès plus noirs de la part de Joanne, lâchant au passage un « J’suis pas ta gouvernante », chose qu’il était peu probable que le gamin comprenne. Murmure presque inaudible insultant les géniteurs du gamin – fallait pas penser à se vider la vessie avant de partir quelque part ? Non ? Elle soupira. « Je sais pas quoi faire pour toi là, je pense que le plus simple serait qu’on retrouve la personne qui est venu avec toi ». Voilà, c’était plutôt pas mal comme idée pour débuter ça. La personne chargée du gamin s’occuperait ensuite de sa vessie et Joanne repartirait sans l’ombre d’une pensée pour cette rencontre pour le moins … hors- norme.
« Est-ce que tu vois cette personne ? » avant de regarder le gamin, puis de regarder la foule. Et enfin, elle ajoute « Non parce que tu vois, j’avais des trucs à faire tout de même ». N’y a-t-il pas une mère dans la foule qui serait susceptible de prendre la place de Joanne pour qui c’était tout à fait nouveau et pas vraiment de son goût ? Il était peu probable que sa patience se montre remarquable en cet instant.
Pire encore, le gamin avait des envies pressantes, qui lui valut un regard dès plus noirs de la part de Joanne, lâchant au passage un « J’suis pas ta gouvernante », chose qu’il était peu probable que le gamin comprenne. Murmure presque inaudible insultant les géniteurs du gamin – fallait pas penser à se vider la vessie avant de partir quelque part ? Non ? Elle soupira. « Je sais pas quoi faire pour toi là, je pense que le plus simple serait qu’on retrouve la personne qui est venu avec toi ». Voilà, c’était plutôt pas mal comme idée pour débuter ça. La personne chargée du gamin s’occuperait ensuite de sa vessie et Joanne repartirait sans l’ombre d’une pensée pour cette rencontre pour le moins … hors- norme.
« Est-ce que tu vois cette personne ? » avant de regarder le gamin, puis de regarder la foule. Et enfin, elle ajoute « Non parce que tu vois, j’avais des trucs à faire tout de même ». N’y a-t-il pas une mère dans la foule qui serait susceptible de prendre la place de Joanne pour qui c’était tout à fait nouveau et pas vraiment de son goût ? Il était peu probable que sa patience se montre remarquable en cet instant.