Une pluie tiède sur ses boucles
Le 12 Août 2045,
Quelque part dans Londres.
Avec @Mahaud Joyce
Quelque part dans Londres.
Avec @Mahaud Joyce
Une pluie tiède sur ses boucles

Nous étions un 12 Août. Le ciel s’était paré de lourds nuages ronflants, talonnés par le vent au-dessus des maisons londoniennes. L’atmosphère en était toute chamboulée ; dans les avenues, les érables bruissaient en cœur pour exprimer leur inquiétude, et les trottoirs suintaient d’une humidité assurément hostile aux souliers. Très perturbés, les drapeaux de Buckingham Palace claquaient avec fureur, pressant l’allure de Garrett Joyce et sa mère qui longeaient justement les imposantes grilles forgées.
Le nez en l’air, le jeune garçon se demandait d’où venait cette agitation soudaine, Oxford n’ayant pas souffert d’une météo aussi déplorable ce matin. Son père aurait convenu d’un élément climatique perturbateur, fidèle à ses lectures scientifiques malgré ses ascendances sorcières ; sa mère, en revanche, voyait cet orage latent d’un très mauvais œil. Sa main dans la sienne, la jeune femme fronçait les sourcils en zieutant les hauteurs, sans parvenir à masquer son inquiétude. À ses côtés, Garrett trottinait, pour suivre cette cadence effrénée.
Ils tournèrent, encore et encore, dans les ruelles assombries, tentant d’éviter les passants Moldus qui gagnaient dare-dare un abri avant le déluge. Garrett finit par perdre son précieux sens de l’orientation, et délaissa ses observations célestes pour se concentrer sur l’intensité de leur course.
Finalement, ils déboulèrent tous les deux devant une vieille fontaine fissurée, à moitié affaissée au milieu d’un square. Représentant un homme à barbe couvert de médailles, cette sculpture de pierre pissait une eau claire par une main tendue vers les visiteurs. Un drôle de chapeau cassé couvrait sa tête aux lignes effacées, et l’on pouvait – quand on y prêtait attention - y apercevoir des petits galets. Sans donner la moindre explication à son fils, Sybilla tendit alors une main assurée vers ce couvre-chef incongru et attrapa l’un de ces fameux galets.
Aussitôt, elle et Garrett ressentirent un vent brusque les aspirer vers le haut, et les emporter dans un formidable tourbillon d’air vers des hauteurs … vertigineuses. Ils tournoyèrent ainsi parmi des couleurs et des lumières éclectiques, le vent hurlant à leurs oreilles, avant de chuter subitement vers une grande ruelle qui s’étendait en contre-bas. Le sol se rapprochait à une vitesse effroyable, mais Sybilla déploya ses jambes vers l’avant et se mit à piétiner le vide ; Garrett l’imita et soudain les pavés heurtèrent ses bottines.
Le Portoloin les avait menés à bon port, et le légendaire Chemin de Traverse filait désormais devant leurs yeux jusqu’à la banque Gringotts, qui terminait la rue.
Reprenant leur marche, Sybilla adopta une allure plus apaisée – désormais, ils avaient pénétré le monde des sorciers, et beaucoup de dangers s’en trouvaient amoindris. Ils progressèrent lentement dans la grande avenue, se frayant un chemin parmi les futurs élèves de Poudlard accompagnés de leurs parents. Beaucoup de sorciers de Grande-Bretagne avaient en effet choisi cette date – un samedi d’Août – pour effectuer leurs emplètes.
Bientôt, mère et fils déboulèrent devant une devanture boisée. Une somptueuse enseigne au-dessus indiquait la présence d’un grand magasin. Son nom était inscrit en immenses lettres d’argent. C’était de fait ici que se trouvait le commerce florissant de Madame Joyce. Cette dernière inventait et vendait des ameublements sorciers d’exception, que tous ceux qui en avaient les moyens s’arrachaient.
Sybilla salua poliment quelques clients qui sortaient, et s’engouffra sans attendre dans sa propre boutique, ignorant scrupuleusement l’envie indéniable qu’avait sa clientèle de la féliciter pour ses travaux. La jeune femme vérifia que Garrett la suivait bien et gagna le premier étage où se trouvaient les caisses.
Garrett nota immédiatement que beaucoup de parents avaient eu la même idée : les allées grouillaient de monde, et des enfants impatients courraient dans tous les sens. Cela l’amusa, et il se posta dans un coin pour observer les allées et venues des gens. Sa mère l’avait déjà gratifié d’un regard entendu, avant de prendre la température de la journée auprès de son équipe ; Garrett était donc livré à lui-même, mais cela ne le dérangeait pas vraiment.
Environ trois chutes de bambins, un vase cassé puis réparé, et une dizaine de sermons parentaux plus tard, Sybilla réapparut avec un air exténué sur le visage. Son fils devina que plusieurs clients devaient lui avoir tenu la jambe, et il savait aussi qu’elle détestait ça. Ce fut pourtant d’une douce poigne qu’elle lui prit la main, et ils descendirent enfin en direction de l’artère principale.
Lorsqu’ils furent dehors, une pluie tiède à l’odeur métallique noircissait déjà les pavés. La foule s’était réfugiée sous les paravents des boutiques, et seuls quelques courageux osaient mouiller leur échine. Garrett et Sybilla furent de ceux-là – après tout, ils venaient de la campagne, où les paravents n’étaient pas légions.
Tout à coup, le garçon nota une petite silhouette enveloppée dans une cape grise ; elle tenait la main d’un grand type muni de la même cape anthracite, et une imposante chevelure bouclée dépassait de sa capuche. Ce dernier détail fit mouche dans l’esprit de notre détective en herbe, et Garrett s’exclama de toutes ses dents :
— Ça ... par exemple !
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« Prête Pâquerette ? »
Un grommellement s’échappa de la salle de bain où Mahaud se trouvait, une brosse à dents dans une main, un vieux livre dans l’autre, et de la mousse dégoulinante sur son menton. Les yeux au ciel, elle rinça sa bouche dans de tonitruants gargarismes, écartant le précieux bouquin du lavabo et de ses crachats.
Vérifiant dans le miroir que sa tête se trouvait bien au milieu de ses épaules, elle s’infligea un regard noir, se promettant de ne plus s’attarder à la Cour du Roi Arthur et de se concentrer sur la balade que son paternel lui infligeait. À vrai dire, elle avait toujours aimé les promenades dans les Cornouailles avec son père, mais les sombres nuages annonçant l’orage ne semblaient pas d’accord pour une marche énergique près de la mer. À moins que …
La jeune sorcière n’était pas aveugle. Elle savait que son père lui cachait des choses. Le regard fuyant d’Eustache lors du diner lorsqu’il lui avait proposé une sortie. Il y avait aussi son silence, et son brusque appétit lorsqu’elle lui avait demandé leur destination, et le temps qu’il prenait pour répondre, tournant autour du chaudron sans interruption. Elle avait quelques pistes, des hypothèses, mais elle les avait toutes écartées durant la nuit.
À pas mesurés, la Joyce descendit les marches en colimaçon une à une, faisant craquer sous ses chaussettes à pois les marches de bois. Son père l’attendait en bas, une vieille cape à capuche dans les bras, et une moue peinte sur son visage taillé à la serpe.
« Dépêche-toi, on va être en retard. »
Un sourcil levé, Mahaud s’immobilisa à quelques marches du sol, un pied en suspension.
« En retard pour quoi ? La pluie ? »
Eustache Joyce grogna et lui fit signe d’avancer en tendant devant lui le vêtement étanche que Mahaud enfila par-dessus sa tête. Elle enfila ses bottes en caoutchouc tout en regardant son géniteur à la dérobée.
« Où allons-nous, dis ? »
« Ça, jeune fille, tu le découvriras bien assez tôt. Allons-y ! »
Main dans la main, les Joyce sortirent de leur étrange maison. Dans le paysage de Cornouaille, la vieille tour Martello semblait bien loin de ses sœurs de l’est. Elle s’élançait, solitaire et imposante sur leur jardin près des dunes, avec ses vieilles pierres grisâtres. La Solitaire, que Mahaud appelait en secret Pénélope, montait la garde et observait la mer en silence depuis des siècles, Eustache l’avait achetée puis aménagée lorsqu’il avait quitté la médicomagie et la capitale, bien avant sa naissance. Le jardin, l’entourant, était plongé dans un silence lourd, l’herbe roussie par le soleil de l’été semblait crier au ciel de déverser sa moite fureur, tandis que les arbustes gémissaient et dansaient sous le vent. La mer, non loin, grondait elle aussi.
Au lieu de partir vers la plage où ils avaient leurs habitudes, Eustache bifurqua sur le chemin menant à la ville. Mahaud, dont les rouages mentaux grinçaient sous la lourde atmosphère orageuse, tenta de déchiffrer le visage concentré de l’adulte, sans succès.
Le petit village de Tinworth semblait endormi, les volets fermés des maisons moldues et sorcières jaugeaient les deux passants. La petite main de la jeune fille se resserra sur celle de son père alors qu’il la traînait, de ses pas de géants, vers une ruelle déserte. Il s’arrêta soudainement près d’une poubelle où trônait une vieille casserole trouée.
« Nous y voilà et juste à temps. Il rit en voyant la moue mi-inquiète, mi-interrogative de son enfant. Je ne suis pas fou Pâquerette, c’est un portoloin. Tiens ! »
Obéissant et posant sa main libre sur le morceau de métal, Mahaud ouvrit la bouche pour demander une fois de plus où ils allaient, mais elle fut vite obligée de la fermer alors que le tourbillon malmenait ses sens, lui arrachant un cri de surprise.
Les yeux fermés, elle ne sentait que la main puissante de son père. La tension familière de son bras lui annonça leur retour sur la terre ferme. Elle ouvrit enfin les yeux sur ce qu’elle reconnut être Le Chemin de Traverse. Elle posa enfin ses pieds sur le sol tandis qu’Eustache la déposait en douceur.
« Bienvenue à Londres ! »
Il rit et Mahaud ne put s’empêcher de lui faire son plus beau sourire alors que des trombes d’eau se déversaient sur leurs capuches. Cela faisait déjà un mois qu’elle avait pris sa décision d’aller dans la célèbre école de sorcellerie britannique, un mois qu’elle n’avait pas vu sa mère. Avec un pincement au cœur, elle regarda les ruelles pavées, les échoppes et sorciers autour d’elle, un paysage que sa mère ne verrait certainement jamais – et refuserait de voir de toute façon.
« Par quoi tu veux commencer Pâquerette ? Baguette, livres, chaudrons ? »
La future étudiante de Poudlard gémit intérieurement, faire des choix, ce n’était pas sa plus grande qualité. Elle avait lu et relu sa liste. Les livres semblaient passionnants, le chaudron rutilant, la baguette importante, mais il lui fallait aussi des robes neuves et pourquoi pas un petit animal pour lui tenir compagnie ? Elle regarda autour d’elle, décidant de choisir la première boutique qu’elle verrait, mais la masse de gens sous les paravents la décourageait profondément.
C’est alors qu’Eustache rompit sa réflexion et pointa du doigt un couple similaire au leur :
« Je crois que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l’idée de sortir par ce temps de Croup … »
En un coup d’œil, Mahaud reconnut Tante Sybilla et Garrett, leurs cheveux blonds ne passant pas inaperçus dans la grisaille londonienne. Sans un mot, elle courut après son père déjà parti les rejoindre. Ses bottes claquant dans les flaques d’eau, la fillette s’approcha à son tour.
« Bonjour tante Sybilla, bonjour Garrett !»
Elle sourit doucement, alors que les adultes se lançaient dans une discussion tout à fait inintéressante sur le temps et le hasard qui les avaient fait se rencontrer en ce lieu. Elle lâcha vite le fil, se sentant dériver dans ses pensées. Quelle boutique aurait-elle choisie si … Puis elle se souvint qu’elle n’était plus seule et que la politesse incitait généralement les gens à s’intéresser à leurs semblables. Elle adressa une moue contrite à son cousin, d’un mois son aîné. Il était le préféré de la famille Joyce, avec ses cheveux blonds et son air brave. Mahaud l’aimait bien, mais il pouvait parfois lui taper sur les nerfs. Quoi qu'en cet instant, il semblait un peu moins énervant et prétentieux que d’habitude.
« Tu es là pour faire tes achats toi aussi ? »
Dernière modification par Mahaud Joyce le 8 juil. 2021, 11:37, modifié 2 fois.
Une pluie tiède sur ses boucles
Une figure familière émergea de la plus grande des capes anthracite.
Garrett reconnut son oncle Eustache.
Le visage de ce dernier s'éclaira brusquement en les reconnaissant, lui et sa mère. Ravi, l'homme tendit un long doigt vers eux et s'approcha d'un bon pas. A ses arrières, une petite frimousse enveloppée d'une abondante crinière ébène apparut entre les gouttes : Mahaud.
Pour ainsi dire, la jeune fille de onze ans et Garrett avaient beau être cousins germains, il semblait au garçon que chaque retrouvaille était irrévocablement une nouvelle rencontre : tous deux changeaient tellement, d'année en année... Et ce n'était pas comme si leurs parents organisaient des rendez-vous tous les quatre matins. Ils ne s'étaient d'ailleurs aucunement concertés pour leurs achats de rentrée, et toute cette petite mascarade familiale n'était que fortuite, improvisée.
Mahaud rattrapa son père, chaussée de ses jolies petites bottes que Garrett ne manqua pas de noter. Lorsqu'ils furent tous réunis, ils se saluèrent avec conviction, malgré leurs épaules raidies par l'eau tombée ; les parents entamèrent une discussion animée sur les circonstances présentes, et cessèrent de se préoccuper de leur progéniture. Les yeux de Garrett décortiquèrent chaque détail du visage de l'Oncle Eustache, remarquèrent une ancienne tache de confiture sur son habit, puis papillonnèrent vers leur cousine.
Toute frêle et presqu'aussi grande que lui, Mahaud semblait se désintéresser totalement de cette discussion d'adultes aux allures de réunion familiale. Le nez un peu froncé, elle arborait une apparence rêveuse que Garrett trouva amusante à regarder ; elle ne pipait mot, mais elle lui transmettait quelques messages, bien malgré elle.
Tout à coup, Mahaud releva ses immenses pupilles sombres et grimaça en découvrant l'attention portée par son cousin. Elle ne paraissait pas offusquée, plutôt contrite en fait. La jeune fille se détourna un peu de son père et attira Garrett subrepticement pour lui demander s'il était là pour faire ses achats de rentrée. Ce à quoi le garçon répondit d'une voix assez détachée :
— Oui, nous sommes arrivés il y a une heure, mais nous sommes d'abord passés par la boutique de Maman. Inutile de te dire que ce fut plus long que prévu ... Garrett leva les yeux au ciel, puis zieuta la devanture du dit-magasin, et se rapprocha un peu de sa cousine. Vous aussi, j'imagine ? Vous n'êtes pas là pour acheter une nouvelle pipe à Grand-père ... Tu as vu les nouveautés de Fleury & Bott ? J'ai hâte d'y passer tout à l'heure, je suis intéressé par leurs livres sur la Métamorphose.
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Garrett reconnut son oncle Eustache.
Le visage de ce dernier s'éclaira brusquement en les reconnaissant, lui et sa mère. Ravi, l'homme tendit un long doigt vers eux et s'approcha d'un bon pas. A ses arrières, une petite frimousse enveloppée d'une abondante crinière ébène apparut entre les gouttes : Mahaud.
Pour ainsi dire, la jeune fille de onze ans et Garrett avaient beau être cousins germains, il semblait au garçon que chaque retrouvaille était irrévocablement une nouvelle rencontre : tous deux changeaient tellement, d'année en année... Et ce n'était pas comme si leurs parents organisaient des rendez-vous tous les quatre matins. Ils ne s'étaient d'ailleurs aucunement concertés pour leurs achats de rentrée, et toute cette petite mascarade familiale n'était que fortuite, improvisée.
Mahaud rattrapa son père, chaussée de ses jolies petites bottes que Garrett ne manqua pas de noter. Lorsqu'ils furent tous réunis, ils se saluèrent avec conviction, malgré leurs épaules raidies par l'eau tombée ; les parents entamèrent une discussion animée sur les circonstances présentes, et cessèrent de se préoccuper de leur progéniture. Les yeux de Garrett décortiquèrent chaque détail du visage de l'Oncle Eustache, remarquèrent une ancienne tache de confiture sur son habit, puis papillonnèrent vers leur cousine.
Toute frêle et presqu'aussi grande que lui, Mahaud semblait se désintéresser totalement de cette discussion d'adultes aux allures de réunion familiale. Le nez un peu froncé, elle arborait une apparence rêveuse que Garrett trouva amusante à regarder ; elle ne pipait mot, mais elle lui transmettait quelques messages, bien malgré elle.
Tout à coup, Mahaud releva ses immenses pupilles sombres et grimaça en découvrant l'attention portée par son cousin. Elle ne paraissait pas offusquée, plutôt contrite en fait. La jeune fille se détourna un peu de son père et attira Garrett subrepticement pour lui demander s'il était là pour faire ses achats de rentrée. Ce à quoi le garçon répondit d'une voix assez détachée :
— Oui, nous sommes arrivés il y a une heure, mais nous sommes d'abord passés par la boutique de Maman. Inutile de te dire que ce fut plus long que prévu ... Garrett leva les yeux au ciel, puis zieuta la devanture du dit-magasin, et se rapprocha un peu de sa cousine. Vous aussi, j'imagine ? Vous n'êtes pas là pour acheter une nouvelle pipe à Grand-père ... Tu as vu les nouveautés de Fleury & Bott ? J'ai hâte d'y passer tout à l'heure, je suis intéressé par leurs livres sur la Métamorphose.
Dernière modification par Garrett Joyce le 18 août 2021, 14:02, modifié 1 fois.
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Il y avait toujours eu quelque chose de suffisant et d'arrogant dans la voix de Garrett, une chose qui faisait grimacer Mahaud et lui donnait envie de lever les yeux hauts dans le ciel. Avant qu'il n'ouvre la bouche, elle l'avait complétement oublié, toute à sa joie de trouver parmi la foule mouillée un être qu'elle reconnaissait. Mais maintenant cela lui revenait, oh que oui, elle détestait ce ton de "je-sais-tout" condescendant. Un ton qui l'abaissait, l'humiliait. Il avait toujours été le chouchou de sa famille paternelle, et peut-être était-ce la jalousie qui lui faisait grincer des dents.
Après tout, le jeune garçon avait tout d'un sorcier, il semblait dans son élément, sans peur ; là où elle évoluait à tâtons, sans savoir vraiment quelle décision prendre. Même physiquement, ils ne se ressemblaient pas, elle si brune à la peau mate, aux dents de travers, aux grands yeux timides et aux frusques usées et sobres ; lui si blond et lumineux, aux vêtements extravagants et colorés ... Seules leurs oreilles décollées semblaient dire qu'ils partageaient le même sang.
Mais peut-être était-il le guide adéquat pour faire ses premiers achats, peut-être deviendrait-il d'un formidable secours lors de leur première année à Poudlard. Qui sait ? Peut-être valait-il mieux mettre ses aprioris de côté et accepter cet être insupportable de contentement. Elle avait fait un pas dans le monde magique et il lui fallait désormais continuer dans cette voie.
Timidement, la fillette acquiesça, s’accrochant comme elle le pouvait aux paroles futiles du blondinet couvertes par le brouhaha de la rue et des "plic et ploc" sur sa capuche. Devait-elle faire semblant de connaître "Fleuri et Botte" ? Apparemment ce devait être LA librairie du Chemin de Traverse. Elle se remémora la liste des fournitures et plus particulièrement les livres à acheter, le Manuel de métamorphose à l'usage des débutants en faisait partie, mais semblait peu intéressant. Après tout, les manuels ne l'avaient jamais vraiment passionné, contrairement aux Gestes de chevalerie qu'elle dévorait en ce moment. Mais il était sûre qu'aussitôt rentrée, et par curiosité, elle serait plongée dans ces mystérieux ouvrages théoriques.
« Nous venons juste d'arriver. » Elle jeta un bref coup d’œil derrière elle, là où le porteloin -désormais disparut- les avait déposés, tandis que qu'Eustache regardait dans la direction des deux enfants tout en continuant de parler à Sybilla. « Mais je crois que la librairie est sur notre chemin ! Tu t'y connais déjà en métamorphose, je présume ? »
Il était un Monsieur je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde, donc il était très probable qu'il en sache plus qu'elle sur cet art magique. Son père lui avait expliqué ce qu'était la métamorphose des années plus tôt lorsqu'il avait changé une souris en tabatière, mais elle s'y connaissait un peu plus dans le domaine des potions et de la botanique.
« Tu penses que ça va être quoi, ta matière favorite à Poudlard ? »
Toujours des questions à la bouche, la fillette préférait faire parler son cousin en observant les passants plutôt qu'admettre qu'elle n'y connaissait rien à rien.
Après tout, le jeune garçon avait tout d'un sorcier, il semblait dans son élément, sans peur ; là où elle évoluait à tâtons, sans savoir vraiment quelle décision prendre. Même physiquement, ils ne se ressemblaient pas, elle si brune à la peau mate, aux dents de travers, aux grands yeux timides et aux frusques usées et sobres ; lui si blond et lumineux, aux vêtements extravagants et colorés ... Seules leurs oreilles décollées semblaient dire qu'ils partageaient le même sang.
Mais peut-être était-il le guide adéquat pour faire ses premiers achats, peut-être deviendrait-il d'un formidable secours lors de leur première année à Poudlard. Qui sait ? Peut-être valait-il mieux mettre ses aprioris de côté et accepter cet être insupportable de contentement. Elle avait fait un pas dans le monde magique et il lui fallait désormais continuer dans cette voie.
Timidement, la fillette acquiesça, s’accrochant comme elle le pouvait aux paroles futiles du blondinet couvertes par le brouhaha de la rue et des "plic et ploc" sur sa capuche. Devait-elle faire semblant de connaître "Fleuri et Botte" ? Apparemment ce devait être LA librairie du Chemin de Traverse. Elle se remémora la liste des fournitures et plus particulièrement les livres à acheter, le Manuel de métamorphose à l'usage des débutants en faisait partie, mais semblait peu intéressant. Après tout, les manuels ne l'avaient jamais vraiment passionné, contrairement aux Gestes de chevalerie qu'elle dévorait en ce moment. Mais il était sûre qu'aussitôt rentrée, et par curiosité, elle serait plongée dans ces mystérieux ouvrages théoriques.
« Nous venons juste d'arriver. » Elle jeta un bref coup d’œil derrière elle, là où le porteloin -désormais disparut- les avait déposés, tandis que qu'Eustache regardait dans la direction des deux enfants tout en continuant de parler à Sybilla. « Mais je crois que la librairie est sur notre chemin ! Tu t'y connais déjà en métamorphose, je présume ? »
Il était un Monsieur je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde, donc il était très probable qu'il en sache plus qu'elle sur cet art magique. Son père lui avait expliqué ce qu'était la métamorphose des années plus tôt lorsqu'il avait changé une souris en tabatière, mais elle s'y connaissait un peu plus dans le domaine des potions et de la botanique.
« Tu penses que ça va être quoi, ta matière favorite à Poudlard ? »
Toujours des questions à la bouche, la fillette préférait faire parler son cousin en observant les passants plutôt qu'admettre qu'elle n'y connaissait rien à rien.
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"Même si Maman dit qu'être pompeux dessert toujours, je crois que je veux répondre oui à ta première question." annonça Garrett, sans prendre le moindre gant.
Ils se trouvaient tous les deux au milieu de la rue, ignorant les gouttes froides qui leur coulaient dans le cou. Le blondinet demeura imperturbable, aussi bien vis-à-vis de la météo que de ses propres paroles. Ses yeux perçants avaient noté le léger recul de Mahaud ; aussi sa bonne humeur précédente avait fait place à un petit agacement d'incompréhension, et à une étrange volonté de bien se faire voir à tout prix.
Malheureusement, ses fanfaronnades semblaient avoir l'effet inverse :
"C'est vrai qu'on peut dire que je m'y connais, en Métamorphose." poursuivit-il d'une voix assurée, les mains croisées dans le dos "Et ce sera certainement ma matière préférée. C'est beaucoup plus intéressant que la Botanique - que je trouve aussi pénible que ... heu ... que les visites de courtoisie à Oncle Cameron, si tu vois ce que je veux dire."
Mahaud le zieutait d'un oeil torve, une moue perdue étalée sur sa figure.
Evidemment, la jeune fille ne pouvait connaitre cet ancêtre de l'autre côté de la famille, mort il y a deux ans dans sa baignoire. Que fabriquait Garrett ?
Le garçon eut l'air de se rappeler à qui il avait affaire. Pensait-il parler à quelqu'un d'autre ? Après un petit rire, il enjoignit sa cousine à se diriger vers Fleury & Bott :
"Allons." Il prit un air important, de celui qui connait bien les lieux. "Nous devons acheter les livres de la liste, tu as bien des sous avec toi ... oui ? Et bien, dans ce cas ..."
L'aîné des Joyce releva la tête et étudia les alentours en marmonnant dans sa barbe :
"Bon, alors, c'est par où, la Librairie ?"
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Ils se trouvaient tous les deux au milieu de la rue, ignorant les gouttes froides qui leur coulaient dans le cou. Le blondinet demeura imperturbable, aussi bien vis-à-vis de la météo que de ses propres paroles. Ses yeux perçants avaient noté le léger recul de Mahaud ; aussi sa bonne humeur précédente avait fait place à un petit agacement d'incompréhension, et à une étrange volonté de bien se faire voir à tout prix.
Malheureusement, ses fanfaronnades semblaient avoir l'effet inverse :
"C'est vrai qu'on peut dire que je m'y connais, en Métamorphose." poursuivit-il d'une voix assurée, les mains croisées dans le dos "Et ce sera certainement ma matière préférée. C'est beaucoup plus intéressant que la Botanique - que je trouve aussi pénible que ... heu ... que les visites de courtoisie à Oncle Cameron, si tu vois ce que je veux dire."
Mahaud le zieutait d'un oeil torve, une moue perdue étalée sur sa figure.
Evidemment, la jeune fille ne pouvait connaitre cet ancêtre de l'autre côté de la famille, mort il y a deux ans dans sa baignoire. Que fabriquait Garrett ?
Le garçon eut l'air de se rappeler à qui il avait affaire. Pensait-il parler à quelqu'un d'autre ? Après un petit rire, il enjoignit sa cousine à se diriger vers Fleury & Bott :
"Allons." Il prit un air important, de celui qui connait bien les lieux. "Nous devons acheter les livres de la liste, tu as bien des sous avec toi ... oui ? Et bien, dans ce cas ..."
L'aîné des Joyce releva la tête et étudia les alentours en marmonnant dans sa barbe :
"Bon, alors, c'est par où, la Librairie ?"
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Par Merlin, Arthur et tous les chevaliers de la table ronde, que son cousin était énervant ! Gnan gnan gnan j’utilise du vocabulaire complexe, gnan gnan gnan je suis le meilleur et j’adore te rabaisser chèèère cousine. Pfff.
« Moi, j’aime bien la botanique … » … Et j’aimerais te voir étouffé par un filet du diable.
Sa petite voix étouffée par le doux son de la pluie, parterre et sur leurs capuches était à peine perceptible. Si la pluie ne semblait pas déranger Garrett, l’humidité persistante dans la tignasse frisée de Mahaud se propageait désagréablement.
Que fabriquait Garrett ? Il était tout simplement en train de la rabaisser. Il connaissait certainement le goût d’Eustache et de sa fille pour la botanique et les sciences naturelles, l’associer ainsi à elle-ne-savait-quel vieil oncle, dont la réputation ne semblait pas reluisante … C’était rageant. Ce garçon était une plaie ouverte pleine de pus. Elle s’apprêta à ouvrir la bouche, peut-être pour lui expliquer le fond de sa pensée, lui dire qu’il n’était qu’un idiot prétentieux au culot insupportable ou quelque chose de ce type là, quand sa face ronde et humide s’ouvrit en un petit rire odieux de condescendance. Mahaud sourit à son tour, timidement, ses grands yeux plissés par la méfiance.
Une fois de plus, le cousin prétentieux se prenait pour le roi du monde en lui proposant de l’accompagner faire ses achats. Le regard de la fillette se posa sur le visage de son père, riant non-loin d’un elle-ne-savait quel trait d’esprit badin sortit de la bouche de sa tante. Elle était venue avec son père, non avec Garrett et espérait passivement qu’Eustache la sauverait de ce supplice qui s’annonçait. Comme s’il avait senti le regard posé sur sa nuque, l’adulte se tourna vers le duo d’enfants et effaça par ses mots le moindre espoir de sa fille :
« Pâquerette, on va aller à la boutique de ta tante pendant quelques minutes, n'hésitez pas à vous mettre à l'abri et à faire quelques emplettes ! Retrouve moi là bas avant d'aller chez Ollivander, d'accord ? »
Il lui tendit une petite bourse de tissu clair où s’entrechoquaient quelques pièces, que Mahaud prit en fronçant les sourcils au-dessus de yeux de veaudelune suppliants. Mais s’il avait senti sa prière, le paternel s’en détourna pour reprendre sa discussion de « grande personne ». Eustache Joyce était un bon père, à sa manière, mais la laisser au beau milieu de la rue marchande magique la plus peuplée d'Angleterre avec un autre gamin de onze ans, ce n'était pas un move de la plus grande qualité. Elle n'essaya pas de lui demander de rester, cela ne servirait à rien.
La fille unique se tourna vers son cousin qui semblait continuer de pérorer tout seul en zyeutant les échoppes aux alentours. Il semblait avoir perdu de son assurance, redevenant un garçon presque lambda.
« On y va ? » Mahaud indiqua une direction qu’elle pensait être la bonne, un peu au hasard, il faut le dire ; mais elle attendait que son cousin se bouge le popotin pour elle même avancer dans cette direction.

carte non-officielle
(si vous avez des informations sur la réelle disposition des boutiques du CdT de Pfr, merci de m'envoyer un hibou)
source modifiée
« Moi, j’aime bien la botanique … » … Et j’aimerais te voir étouffé par un filet du diable.
Sa petite voix étouffée par le doux son de la pluie, parterre et sur leurs capuches était à peine perceptible. Si la pluie ne semblait pas déranger Garrett, l’humidité persistante dans la tignasse frisée de Mahaud se propageait désagréablement.
Que fabriquait Garrett ? Il était tout simplement en train de la rabaisser. Il connaissait certainement le goût d’Eustache et de sa fille pour la botanique et les sciences naturelles, l’associer ainsi à elle-ne-savait-quel vieil oncle, dont la réputation ne semblait pas reluisante … C’était rageant. Ce garçon était une plaie ouverte pleine de pus. Elle s’apprêta à ouvrir la bouche, peut-être pour lui expliquer le fond de sa pensée, lui dire qu’il n’était qu’un idiot prétentieux au culot insupportable ou quelque chose de ce type là, quand sa face ronde et humide s’ouvrit en un petit rire odieux de condescendance. Mahaud sourit à son tour, timidement, ses grands yeux plissés par la méfiance.
Une fois de plus, le cousin prétentieux se prenait pour le roi du monde en lui proposant de l’accompagner faire ses achats. Le regard de la fillette se posa sur le visage de son père, riant non-loin d’un elle-ne-savait quel trait d’esprit badin sortit de la bouche de sa tante. Elle était venue avec son père, non avec Garrett et espérait passivement qu’Eustache la sauverait de ce supplice qui s’annonçait. Comme s’il avait senti le regard posé sur sa nuque, l’adulte se tourna vers le duo d’enfants et effaça par ses mots le moindre espoir de sa fille :
« Pâquerette, on va aller à la boutique de ta tante pendant quelques minutes, n'hésitez pas à vous mettre à l'abri et à faire quelques emplettes ! Retrouve moi là bas avant d'aller chez Ollivander, d'accord ? »
Il lui tendit une petite bourse de tissu clair où s’entrechoquaient quelques pièces, que Mahaud prit en fronçant les sourcils au-dessus de yeux de veaudelune suppliants. Mais s’il avait senti sa prière, le paternel s’en détourna pour reprendre sa discussion de « grande personne ». Eustache Joyce était un bon père, à sa manière, mais la laisser au beau milieu de la rue marchande magique la plus peuplée d'Angleterre avec un autre gamin de onze ans, ce n'était pas un move de la plus grande qualité. Elle n'essaya pas de lui demander de rester, cela ne servirait à rien.
La fille unique se tourna vers son cousin qui semblait continuer de pérorer tout seul en zyeutant les échoppes aux alentours. Il semblait avoir perdu de son assurance, redevenant un garçon presque lambda.
« On y va ? » Mahaud indiqua une direction qu’elle pensait être la bonne, un peu au hasard, il faut le dire ; mais elle attendait que son cousin se bouge le popotin pour elle même avancer dans cette direction.

carte non-officielle
(si vous avez des informations sur la réelle disposition des boutiques du CdT de Pfr, merci de m'envoyer un hibou)
source modifiée
Une pluie tiède sur ses boucles
Garrett n'expliquait pas ce malaise qui s'infiltrait par le moindre de ses pores. La pluie froide n'y était pour rien, et le contact de ce fichu pull en laine non plus. Le garçon avait plutôt l'impression que cela venait des paroles qu'il avait balancées avec impudence, quelques instants auparavant. Etaient-elles si ... inappropriées ? Cela n'avait pas de sens pour lui, mais Garrett supputait qu'il y avait un lien. Un lien presque certain. Ces frissons le lui criaient.
Maintenant qu'il avançait sur le Chemin de Traverse, sa petite cousine restée en arrière, le blondinet se surprit à ressentir une grande honte - sans pouvoir l'expliquer. Garrett, en bon petit cygne, détestait que son ego soit aussi malmené par une quelconque culpabilité. Et voilà que ce sentiment détestable l'étreignait. Quelle plaie.
A la honte succéda la colère.
Agacé, Garrett tenta de noyer son regard dans les briques mouchetées de gouttelettes, qui tapissaient les boutiques aux alentours. Mais le sentiment persistait.
Dans son dos, la voix grave de son oncle enjoignait sa fille à l'accompagner pour faire leurs courses ensemble - ce dont Garrett avait eu le projet dès le début. Mais le blondinet sentait que l'absence de réactions de Mahaud avait quelque chose d'anormal.
Elle freinait des quatre fers pour l'accompagner.
Garrett en était certain. Mince, alors ... Quand s'étaient-ils autant éloignés, l'un de l'autre ? Voilà que la colère s'éloignait au galop, tandis qu'une sorte de désappointement naissait dans sa poitrine.
« On y va ? » s'enquit sa cousine d'une voix petite, mais ferme.
Garrett retint un sursaut, et dévisagea Mahaud d'un oeil nouveau. Alors, contre toute attente, il se tut, et acquiesça d'un bon coup de menton. Après un ébouriffage de cheveux appliqué, et un mouvement d'épaule encourageant, il proposa silencieusement à Mahaud de se mettre en marche.
Veillant à suivre son allure, le garçon mesura son pas, et guetta la moindre enseigne estampillée "Fleury & Bott". Il ne pouvait décemment pas avouer qu'il ignorait leur direction.
Lorsque Mahaud commença à ralentir, Garrett fit de même et tomba nez à nez avec la boutique de livres, d'où entraient et sortaient des dizaines de sorciers à la minute. On aurait dit une ruche bourdonnante et vrombissante, assaillie d'abeilles affairées et de bourdons surchargés.
La mâchoire décrochée, le blondinet baissa son regard stupéfait vers Mahaud, et lui tint à peu près ces propos :
« Je suppose qu'il va falloir qu'on se tienne la main, petite cousine. Parce que nous allons être plus serrés que des bêtes fantastiques dans la valise de Newt. »
Et sans attendre, Garrett posa son pied sur la première marche de Fleury & Bott.
Vieille âme dans jeune corps
Sixième Année RP - Couleur : #403f78
Designer d’avatars chez Brillantes Écailles
Maintenant qu'il avançait sur le Chemin de Traverse, sa petite cousine restée en arrière, le blondinet se surprit à ressentir une grande honte - sans pouvoir l'expliquer. Garrett, en bon petit cygne, détestait que son ego soit aussi malmené par une quelconque culpabilité. Et voilà que ce sentiment détestable l'étreignait. Quelle plaie.
A la honte succéda la colère.
Agacé, Garrett tenta de noyer son regard dans les briques mouchetées de gouttelettes, qui tapissaient les boutiques aux alentours. Mais le sentiment persistait.
Dans son dos, la voix grave de son oncle enjoignait sa fille à l'accompagner pour faire leurs courses ensemble - ce dont Garrett avait eu le projet dès le début. Mais le blondinet sentait que l'absence de réactions de Mahaud avait quelque chose d'anormal.
Elle freinait des quatre fers pour l'accompagner.
Garrett en était certain. Mince, alors ... Quand s'étaient-ils autant éloignés, l'un de l'autre ? Voilà que la colère s'éloignait au galop, tandis qu'une sorte de désappointement naissait dans sa poitrine.
« On y va ? » s'enquit sa cousine d'une voix petite, mais ferme.
Garrett retint un sursaut, et dévisagea Mahaud d'un oeil nouveau. Alors, contre toute attente, il se tut, et acquiesça d'un bon coup de menton. Après un ébouriffage de cheveux appliqué, et un mouvement d'épaule encourageant, il proposa silencieusement à Mahaud de se mettre en marche.
Veillant à suivre son allure, le garçon mesura son pas, et guetta la moindre enseigne estampillée "Fleury & Bott". Il ne pouvait décemment pas avouer qu'il ignorait leur direction.
Lorsque Mahaud commença à ralentir, Garrett fit de même et tomba nez à nez avec la boutique de livres, d'où entraient et sortaient des dizaines de sorciers à la minute. On aurait dit une ruche bourdonnante et vrombissante, assaillie d'abeilles affairées et de bourdons surchargés.
La mâchoire décrochée, le blondinet baissa son regard stupéfait vers Mahaud, et lui tint à peu près ces propos :
« Je suppose qu'il va falloir qu'on se tienne la main, petite cousine. Parce que nous allons être plus serrés que des bêtes fantastiques dans la valise de Newt. »
Et sans attendre, Garrett posa son pied sur la première marche de Fleury & Bott.
Fin du RP
Vieille âme dans jeune corps
Sixième Année RP - Couleur : #403f78
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Une pluie tiède sur ses boucles
Ses yeux faisaient des allers-retours entre les devantures des boutiques et les pavés glissants du Chemin de Traverse. Un silence gênant s'était installé entre les deux enfants. Mahaud n'était pas la plus bavarde ni la plus extravertie des enfants Joyce - elle laissait ça à ses cousins et cousines aux cheveux comme les blés. Par ailleurs, elle s'en rendait désormais compte, mais elle n'était pas bien sûr de connaître ce cousin aux yeux scrutateurs. Elle savait de lui que son enfance semblait plus douce que la sienne et elle en était un tantinet jalouse. Pour Garrett, pas de parents séparés, pas deux domiciles à plusieurs centaines de kilomètres d'écarts, pas de mère effrayée par des pouvoirs qu'elle ne contrôlait pas, pas de père aux yeux tristes, pas de mensonges quant à sa nature, pas de choix à faire dès ses 10 ans, pas d’écartèlement entre deux vies, deux mondes. Non, pour lui, tout était simple et c'était certainement pour cela qu'elle le regardait de travers depuis ce fameux soir de février où elle avait découvert que sa mère pouvait la rejeter pour ce qu'elle était.
En marchant à ses côtés, elle se rendait compte de l'injustice de sa situation, mais aussi de ce qu'elle faisait subir à Garrett. Mais sa colère, jamais réellement absente, balayait toute culpabilité. L'enfant à côté d'elle devait manger de bons petits repas, attablé sur une vaste table chaleureuse entouré de ses frères, de sa sœur et de ses deux parents dans leur douillet cottage ; tandis qu'elle mangeait toujours les mêmes plats simples, à peine chaud en compagnie de son père silencieux.
Son esprit fixé sur autre chose, elle ne vit pas passer les enseignes colorés des animaleries ou des confiseurs, ne posa pas son regard sur les robes émeraude derrière les vitrines, ni les chocogrenouilles bondissantes ou autres fontaines de jus de citrouille qui attiraient les badauds. Mais lentement, son pas ralenti. Une masse compacte devant une boutique dont l'enseigne vieillie par le temps semblait indiquer la fameuse librairie de Fleury & Bott.
Avec effroi, elle observa les quelque cent cinquante mille sorciers occupés à feuilleter, acheter, toucher, parler, rire, lire derrière la vitre du petit établissement.
La voix de son cousin s'éleva doucement de la foule et sa proposition chassa les nuages noirs de la tête de Mahaud à défaut de faire briller le soleil dans le ciel londonien. Elle acquiesça en silence en lui tendant une main fraîche et mouillée par la pluie.
« C'est parti ! » Dit elle les dents serrées alors que ses petits pieds bottés suivaient ceux de Garrett.
En marchant à ses côtés, elle se rendait compte de l'injustice de sa situation, mais aussi de ce qu'elle faisait subir à Garrett. Mais sa colère, jamais réellement absente, balayait toute culpabilité. L'enfant à côté d'elle devait manger de bons petits repas, attablé sur une vaste table chaleureuse entouré de ses frères, de sa sœur et de ses deux parents dans leur douillet cottage ; tandis qu'elle mangeait toujours les mêmes plats simples, à peine chaud en compagnie de son père silencieux.
Son esprit fixé sur autre chose, elle ne vit pas passer les enseignes colorés des animaleries ou des confiseurs, ne posa pas son regard sur les robes émeraude derrière les vitrines, ni les chocogrenouilles bondissantes ou autres fontaines de jus de citrouille qui attiraient les badauds. Mais lentement, son pas ralenti. Une masse compacte devant une boutique dont l'enseigne vieillie par le temps semblait indiquer la fameuse librairie de Fleury & Bott.
Avec effroi, elle observa les quelque cent cinquante mille sorciers occupés à feuilleter, acheter, toucher, parler, rire, lire derrière la vitre du petit établissement.
La voix de son cousin s'éleva doucement de la foule et sa proposition chassa les nuages noirs de la tête de Mahaud à défaut de faire briller le soleil dans le ciel londonien. Elle acquiesça en silence en lui tendant une main fraîche et mouillée par la pluie.
« C'est parti ! » Dit elle les dents serrées alors que ses petits pieds bottés suivaient ceux de Garrett.
