9 sept. 2025, 14:15
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Lundi 14 août 2050
19 Simpson Loan — Edimbourg
20 ans



Quand on longe le cimetière Greyfriars à Edimbourg, si l’on sait résister à notre curiosité pour poursuivre notre chemin vers le sud sans pénétrer dans le parc de l’église qui est visité par une centaine de visiteurs venus du monde entier chaque jour qui passe, on se retrouve à passer près de l’université moldue d'Edimbourg. Une rangée de bâtiments dans le style architectural georgien que l’on retrouve partout dans la capitale Écossaise et qui attire mon regard avec ses tourelles circulaires, ses arcade de fenêtres voûtées et les teintes gris clair de ses façades en grès. Ce n’est pas l’architecture que j’observe, bien qu’elle soit assez originale pour que je l’apprécie à sa juste valeur. Non, je suis désormais trop familière de ces rues qu’il m’arrive régulièrement de fouler en compagnie de Zikomo pour jouer à la touriste. Ce que je regarde, ce sont les panneaux m’indiquant qu’il s’agit d’une université. Dans un mois, je serai de retour à l’AESM et ce constat me fait ressentir d’étranges choses qui prennent une certaine proportion ce matin, tandis que je longe l’université d'Edimbourg et ses vieux bâtiments. Moi aussi, je suis une étudiante. Moi aussi je retrouverai les bancs de l’école bientôt et mon emploi du temps sera parfaitement rythmé. Je devrais certainement ressentir de l’excitation. Mais cela fait un moment que je ne ressens plus grand chose.

À ma gauche, un splendide château qui n’a rien à voir avec le lourd édifice que j’ai côtoyé durant sept ans — ou plutôt six ans et demi. Le château d’Edimbourg lui ressemble davantage, alors que celui-ci est bien moins impressionnant. N’empêche qu’en jetant un coup d'œil à l’école George Heriot, je pense à mon vieux château. Mon ventre se noue aussitôt. C’est soudain, douloureux et ça me coupe le souffle, comme à chaque fois. Car dès que je pense à Poudlard, je pense à elle. Et quand je pense à elle, je me souviens que je la vois tous les matins, tous les soirs, que je vis sous son toit et que j’en éprouve une joie mêlée d’angoisse que je ne parviens pas à expliquer.

J’allonge le pas pour laisser derrière moi l’école et mes pensées angoissées. Si je suis à Edimbourg aujourd’hui, c’est à la fois pour m’éloigner du 180 Buck Street et de son habitante, mais aussi pour me rendre dans cette minuscule librairie sorcière dont m’a parlé mon père. Je n’ai aucune raison de penser à elle maintenant. Absolument aucune. Je m’enfonce donc dans les rues en m’éloignant du centre, laissant derrière moi l’école privée et son architecture familière.

C’est au rez-de-chaussée du 19 Simpson Loan, perdu au milieu de bâtiments modernes qui plaisent aux moldus et qui me laissent de marbre, que je trouve ce que je suis venue chercher. Au premier abord, le bâtiment n’a rien de sorcier. Mais au second, lorsque l’on s’avance vers l’entrée et que notre sang est magique, on prend conscience de la barrière anti-moldu qui entoure le lieu. Et de fait, aucun moldu ne s’approche du numéro 19 de la rue : même le trottoir est vide, car le sortilège mis en place force les passants à traverser la route pour poursuivre leur chemin sur le trottoir en face.

Je pousse la porte d’entrée avec un soupir de soulagement. La magie m’entoure de nouveau, je n’ai plus besoin d’être sur mes gardes. J’attends qu’elle se referme derrière moi pour observer les lieux : un petit hall d’entrée, un comptoir en bois et au-delà, la librairie qui est en fait une suite de minuscules pièces en enfilade remplies d’étagères, de pile de livres et de tables de présentation. Quelques clients sillonnent les allées. Je me joins à eux, les yeux déjà perdus dans la lecture des nombreux titres qui sont à ma disposition.

@Élisabeth Willis, voilà pour nous !

11 sept. 2025, 22:47
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Les mois défilaient à une vitesse indécente, et contrairement aux autres années où la jeune fille aspirait voir la rentrée arriver, celle-ci s'annonçait bien trop différente pour qu'elle ne s'en réjouisse. À la place d'une période de retrouvailles amicales, et de l'effervescence des premiers cours, cette fois son mois de septembre ne serait qu'un chemin de solitude nostalgique. Attendre anxieuse les dernières semaines de sa grossesse, complètement plongée dans l'inconnu du lendemain, elle ne pourrait que laisser faire le destin. L'ex poufsouffle n'avait même plus le droit de pratiquer la magie, pas tant que son flux ne se soit de nouveau stabilisé, et c'était un problème qu'elle avait largement sous-estimé.

Un peu déprimée de cette longue attente loin de son monde, elle s'était organisé avec l'autorisation des Omniak, une petite sortie pour faire du shopping avec son amie Lucia. Elle en était à six mois de grossesse, et vu la croissance de son ventre, et des quelques désagréments qui allaient avec, au plus les semaines avanceraient, au plus ce genre de longue station debout deviendrait compliquée. En-dehors du fait que son état ne lui permettrait plus tant de sortir, Lucia aller bientôt retrouver, elle, le chemin de Poudlard, et il se passerait du temps avant que les filles ne puissent se revoir.

Elles s'étaient donné rendez-vous pour commencer leur shopping, à Édimbourg, dans une petite librairie sorcière pleine de charme. Éli n'avait pas réellement besoin de fournitures ni de vêtements, cette journée n'était qu'un prétexte pour profiter ensemble, malgré tout elle s'était donnait un objectif : commencer à regarder quelques petites choses pour son enfant. Si les Omniak ne la laissaient manquer de rien, elle n'avait pas encore passé le cap des achats pour ce bébé à naître, comme si elle avait eu besoin de ce temps pour intégrer les nouvelles normes de sa future vie, avant d'en décorer l'espace de choses concrètes. Cette fois elle était prête à avancer un peu dans ce cheminement, et quoi de mieux qu'un livre pour commencer. Un guide pour apprendre les bases serrait peu être une idée constructive, elle irait peut-être même jusqu'à pousser sa curiosité jusqu'aux livres de contes pour enfant. La future mère avait toujours aimé se plonger dans des histoires ou son imaginaire prenait le dessus. Les livres étaient une sorte de voyage l'aidant à s'échapper quelques heures de n'importe quelle situation trop compliquée dans la vie réelle. Elle n'imaginait pas sa vie sans, et c'était une des choses qu'elle était sûre de vouloir transmettre. Ce premier achat était donc très symbolique pour elle, et c'est aussi pour ça que volontairement, elle était arrivée en avance sur le lieu du rendez-vous, histoire de se donner le temps pour vivre ce moment seule.

Éli avait commencé par faire un tour rapide de la boutique juste pour le plaisir, scrutant les nouvelles couvertures, et respirant les odeurs si caractéristiques des livres plus anciens. N'étant pas très au point sur le sujet, et sur ce qui se faisait en termes de parentalité, elle avait ensuite demandé conseil pour dénicher ce qui lui servirait de "guide" pendant les prochains mois. Même si elle se rendrait vite compte que le soutien de son entourage l'aiderait beaucoup plus que quelques chapitres appris par cœur, ce support serait une façon pour elle d'avoir un semblant de contrôle sur les événements. Son achat n'avait finalement pas pris beaucoup de temps, et il lui restait une petite demie heure avant l'arrivée de Lucia, juste assez pour chercher les meilleurs receuils de contes.

Tout en marchant pour rejoindre le rayonnage voulu, la jeune fille ne résista pas à débuter la lecture du fameux guide choisit juste avant. À peine avait elle parcourut quelques lignes le nez plongé dans son livre, qu'elle faillit trébucher sur quelqu'un. Se rattrapant de justesse au présentoir le plus proche, gênée de n'avoir pas été attentive à son environnement, Éli se redressa rapidement pour s'excuser de sa maladresse, découvrant en même temps le visage de la cliente heurtée.

Surprise, elle resta interdite pendant quelques longues secondes avant d'enfin faire monter un sourire sournois aux coins de ses lèvres.
- Toujours ou on ne t'attend pas Bristyle ! J'te manquais trop c'est ça ? Suffisait d'le dire, pas besoin d'essayer d'me casser une jambe pour me voir tu sais. Machinalement en se redressant de sa presque chute, l'une des mains de la jeune fille c'était posé sur son ventre arrondi, comme par instinct de protection, se rassurant de ne pas s'être fait mal.

@Lucia Varalta pour la mention

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

12 sept. 2025, 16:46
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J'avance lentement dans les rayons, le regard baissé vers les titres qui défilent sous mes yeux. J'ignore naturellement tous les domaines qui ne m'intéressent pas pour me diriger vers ceux qui m'intriguent. Puisque je viens par curiosité, je n'ai pas de titre en particulier en tête, aussi me baladé-je sans raison précise, pour le simple plaisir de découvrir une librairie que je ne connais pas. Mon père m'en a dit de belles choses et même si, contrairement à lui, je suis insensible à « l'ambiance mystérieuse » qui règne ici ou encore « aux magnifiques œuvres d'art qui ornent les murs » et encore moins à la « gentillesse de l'équipe qui s'est pliée en quatre » pour dénicher pour mon père une « perle rare » qu'il n'avait plus l'espoir de trouver nulle part, reste que j'apprécie le calme du lieu et la pertinence de ses rayons.

Pour la fin, je garde le rayon de théories magiques et de sortilèges. Je préfère regarder le reste avant de m'en approcher. Au fond de moi, j'ai peur de me confronter à l'inintérêt au moment où je poserai mes yeux sur ces titres qui, avant, m'auraient fait trépigner d'impatience. Et si en les regardant, je ne ressentais rien ? Ni envie, ni motivation ? Et si en tombant sur les livres au programme de la seconde année de ma filière je me rendais compte que je n'y arrivais pas ? À éprouver l'envie d'avancer, de m'élever et de m'éloigner de la boue dans laquelle je stagne depuis un an ? Alors j'ignore le rayon qui m'intéresse le plus et regarde les autres, en faisant semblant d'être concentrée pour ne pas remarquer que je crève de peur.

Elle me tombe dessus avant même que je la voie arriver. Une cliente, simple silhouette à l'orée de ma vision, qui me percute soudainement. Elle m'arrache si brusquement à mes pensées que mon cœur s'envole et que je ne réfléchis pas à ce que je fais. La simple vue de cette silhouette, de son corps fin et notamment de ce ventre rond et tendu suffit à me faire réagir instinctivement, avant même que j'éprouve de la colère d'avoir été dérangée et percutée. Craignant la voir trébucher sur mon pied et surtout qu'elle tombe à la renverse devant moi — ce que je n'aurais pas cherché à éviter avec qui que ce soit d'autre, mais que je veux lui épargner à elle car c'est du bon sens de vouloir éviter à une femme enceinte une chute douloureuse —, j'ai ce geste instinctif qui est de lever le bras pour entourer son buste. Je ne la touche pas, je ne la frôle même pas, mais j'avance le bras, au cas où, pour lui éviter de tomber.

Le fait est qu'il n'y a rien à craindre, car elle se redresse presque aussitôt et tout aussi rapidement je récupère mon bras et m'éloigne d'elle. Puis elle lève la tête, ses yeux croisent les miens et la surprise me foudroie sur place.

Le silence s'étire entre nous, né du choc de nous retrouver face à face dans une boutique perdu au fin fond de la capitale Écossaise. Mais ce qui me couple le souffle et qui m'ôte les mots de la bouche ce n'est pas tant d'être tombée sur Élisabeth Willis que le fait qu'elle soit, semble-t-il, propriétaire de ce ventre rond que j'ai associé inconsciemment à celui d'une femme enceinte. Willis se remet plus rapidement que moi de sa surprise car elle parle comme elle m'a toujours parlé : avec insolence. Mais moi, je suis toujours sur le coup du choc et mon regard tombe de son visage jusqu'à son ventre rond sur lequel elle pose sa main.

C'est cette main qui fait toute la différence et qui m'empêche de croire ce que j'ai cru quand j'ai reconnu la jeune fille, à savoir : mais non, elle n'est pas enceinte, c'est simplement un ventre rond. C'est tellement plus logique, après tout Willis est une gamine, pourquoi serait-elle enceinte ! Mais voilà, elle a sa main sur son ventre et je ne peux que remarquer ce qui est évident : cette rondeur n'a rien à voir avec une quelconque prise de poids ou gonflement intempestif. Absolument rien.

Je lève les yeux jusqu'à son visage. Le baisse de nouveau jusqu'à son ventre. Mes sourcils se sont froncés à un moment ou un autre, je ne sais pas quand exactement. Les mots prononcés par la Poufsouffle se fraient un chemin dans mon esprit avec plusieurs secondes de retard. Ils me donnent l'occasion de dire quelque chose alors que c'est le blanc sidéral dans mon esprit.

« C'est toi qui m'a percutée, donc si quelqu'un a voulu te péter la jambe c'est plutôt toi-même. »

Mais ma réplique manque d'entrain et elle est exempte de tout ton cassant qui aurait dû normalement s'y trouver ; de fait, j'ai l'air complètement à l'ouest. Pas seulement l'air. C'est comme si mon cerveau avait du mal à accepter l'évidence. Élisabeth Willis, enceinte. Ce sont deux mots qui n'ont pas leur place ensemble. Willis est une sorcière de premier cycle qui est élève dans la grande école de sorcellerie de Poudlard, elle s'approche doucement de ses BUSE et elle passe ses journées à étudier. N'est-ce pas ? Alors pourquoi ai-je devant les yeux une jeune femme enceinte qui fait les boutiques et qui... Mes yeux tombent sur le livre qu'elle tient dans la main. Qui achète des bouquins pour les gosses ?

Oh, Merlin. Alors elle est vraiment enceinte ? Cette fois-ci, je dois avoir l'air complètement ahurie et je ne fais rien pour le cacher. Un sourcil inquisiteur se dresse sur mon front quand mes yeux tombent de nouveau sur son ventre. J'aurais aimé dire quelque chose comme : c'est quoi, ça ? mais en fait je suis totalement incapable de formuler la pensée tant la vision de son ventre plein et l'horreur que cela m'inspire pour son futur implique une centaine d'autres pensées qui s'embrouillent avec la première et la parasitent.

15 sept. 2025, 14:40
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Contre toute attente, la réaction qu'elle espérait entendre pour contrer sa remarque désobligeante tarda... Beaucoup trop pour le public auquel elle avait affaire. Même si les échanges avec la sorcière en face d'elle n'étaient pas toujours des plus simples ni cordiaux, la jeune fille avait finalement prit l'habitude de leurs joutes verbales au point de les regretter aujourd'hui. Loin de Poudlard, l'occasion de se croiser ici était si improbable, qu'elle se réjouissait déjà de pouvoir retrouver un semblant de normalité dans leur dysfonctionnement glacial. Rien de tout ça n'arriva, seul un regard déviant bien trop bas, et un air qu'elle n'avait encore jamais eut l'occasion de surprendre sur le visage d'Aelle atterrirent sur elle en première intention. Bien sûr, les mots suivirent, mais leurs l'absence de piquant naturel firent presque douter Éli sur la santé de la sorcière. Elle venait de les poser là, de les abandonner serait un meilleur terme pour définir l'absence d'intention que son ex camarade y avait insufflé. Qu'est-ce qui se passait ?

Suivant interdite, le regard insistant de la jeune femme qui de nouveau s'était baissé sur son ventre, Éli comprit enfin. Comment pouvait-elle avoir oublié cette pesanteur corporelle évidente ? Comment pouvait-elle avoir oublié ce qui prenait toute la place dans son esprit depuis des mois ? Comment pouvait-elle avoir oublié que seul une poignée de personnes savaient, et qu'Aelle n'en faisait évidemment pas partie ? Dans son euphorie d'être ici, elle avait juste oublié ce qui faisait maintenant partie intégrante de sa vie. Pourtant en une seconde, ce qu'elle vit dans les yeux de sa camarade vint violemment lui rappeler à quel point elle détestée ce jugement muet, ces questionnements curieux par lequel chaque personne à qui elle avait révélé son état était passée. Les allers-retours de regards, Aelle les avaient faits comme les autres, scannant l'intimité de ses actes par ce seul "détail" physique.

...Allez vas y, lance moi une réplique cinglante sauce Bristyle j't'en supplie, ne me prend pas en pitié, pas toi !

Soutenant le regard de son ancienne camarade presque par défi, la poufsouffle n'avait pas le choix. Devant cette scène malaisante à souhait, elle devait se reprendre très vite, impossible pour elle de redevenir la petite pleureuse capricieuse qu'elle avait tout fait pour effacer des souvenirs de la plus âgée. Penchant la tête sur le côté et fronçant les sourcils, comme si elle ne voyait absolument pas la raison qui pouvait troubler Aelle, Éli tenta de retourner la situation à son avantage façon Willis.
- Tu m' fais quoi là, une éclabouille cérébrume ? Faudrait p't'être que j'appelle un Médicomage, ça a l'air grave quand même. Jouant l'inquiétude, la future mère scanna des yeux la boutique à la recherche d'une aide potentielle à appeler, mais lorsqu'elle revint encrer ses iris dans ceux de sa camarade, abandonnant son jeu d'actrice pour un petit air sournois, Eli savait déjà qu'elle ne s'en tirerait pas avec un simple détournement d'attention. Ce petit stratagème n'était là que pour lui faire gagner du temps, juste assez pour reprendre l'ascendant sur ses émotions.

Depuis le début de leurs échange épistolaires, la poufsouffle n'avait fait que chercher l'honnêteté de son ainée, et ce, en toute circonstances. Qu'elle soit douloureuse, piquante, ou détestable, la franchise était le maître-mot de leurs hiboux, la seule chose qu'elle lui demander de respecter. Comment pouvait-elle faire - aujourd'hui - à ce point l'inverse elle-même ? Bien sûr que passer sous silence ce chapitre de sa vie était beaucoup plus facile, mais la facilité n'avait jamais été noircie à l'encre de leur cahier des charges. Il fallait, sans vraiment l'être, qu'éli assume en adulte, qu'elle affronte le jugement, et qu'elle accueille avec résistance ce qui lui reviendrait de front. Après tout, n'était ce pas ce genre de leçon qu'elle cherchait à obtenir ?

Quitte à se sentir observée, la jeune fille encadra doucement son ventre de ses deux mains, offrant une vision encore plus évidente de sa future maternité. Abandonnant son impertinence, le regard bien plus neutre, éli se campa dans ses appuis, déterminée et prête à réceptionner les potentielles piques sans plier.
- Ok....vas y balance c'que t'as à dire !

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

20 sept. 2025, 10:13
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C'est sa réplique qui me sort de la brume dans laquelle j'étais tombée. Sa voix me frappe comme elle l'a toujours fait. Je me redresse, un masque froid sur le visage, mes sourcils redevenus lisses. Mais mes mâchoires sont crispées pour m'aider à contenir la surprise qui coule encore dans mes veines. Par respect pour la jeune fille que j'ai en face de moi, et parce que j'ai compris qu'elle avait vu la surprise ahurie sur mon visage et suivit le chemin pris par mes yeux, je m'efforce de ne plus baisser le regard vers son ventre. On m'a suffisamment répété quand j'étais petite que c'était irrespectueux de fixer certaines choses, et ce ventre en fait sûrement partie, je le sais au fond de moi. Alors je regarde Willis dans les yeux, avec mes mâchoires crispées, en essayant de comprendre exactement pourquoi je bloque sur ce ventre.

Parce que c'est la première fois que je tombe sur un cas comme celui-ci ? Parce que je suis choquée que cette fille qui est depuis que je la connais et jusqu'au moment où mes yeux l'ont reconnu tout à l'heure une gamine, à peine une adolescente, quelqu'un qui fait partie de la classe "enfant" ? Comment une enfant peut-elle être enceinte ? Les deux informations ne coïncident pas et quelque chose en moi refuse de les faire coïncider. Pourtant, c'est très simple : Élisabeth Willis, enceinte.

Et la Willis enceinte ravale sa remarque moqueuse pour plonger son regard dans le mien et m'encourager à dire quelque chose, parce qu'elle a bien compris que j'étais surprise, pour ne pas dire choquée. Sa remarque réussit là où j'ai échoué : elle me fait redescendre sur terre. Tout à coup, je me rappelle de toutes nos joutes verbales, de l'insulte avec laquelle elle m'a qualifiée la dernière fois que nous nous sommes vues, du ton parfois dur, brutal et moqueur de nos échanges. Malgré ce ventre rond, elle est toujours elle-même et avec les trois précédentes phrases prononcées, elle me l'a prouvé. Maintenant, à moi d'être moi-même.

« J'ai rien à dire, articulé-je d'une voix froide en me retournant vers l'étagère devant laquelle je suis pour faire comme si. Ça m'a simplement surprise de voir une gamine enceinte. »

Ma vérité n'a pas besoin de filtre. Évidemment que je suis surprise. Elle l'a bien vu, je l'ai senti, c'est clair pour tout le monde. Aucun intérêt à le cacher. Pourtant, je retiens le « surtout toi » qui voulait sortir parce que je serais incapable de l'expliquer. Pourquoi est-ce que ça me gêne particulièrement que ce soit elle qui soit enceinte plutôt qu'une autre ?

Maintenant que j'ai avoué ma surprise à voix haute, j'espérais que ça arrange le trouble que je ressens, mais force est de constater que ce n'est pas le cas. Le regard braqué sur un titre que je n'arrive pas à lire, je me questionne sur ma difficulté à accepter cette grossesse pour ce qu'elle est. Si j'ai du mal, c'est parce que c'est une enfant et que généralement les enfants ne deviennent pas mères ? Ou parce que c'est Élisabeth Willis et que j'espérais mieux de sa part ? Ça veut dire quoi, ça ? Les pensées s'emmêlent dans ma tête sans que je parvienne à y mettre de l'ordre. Je n'ai pas la réponse à ces questions, mais mes mâchoires sont encore et toujours serrées avec force.

Sur une impulsion que je ne m'explique pas, une poignée de secondes à peine après ma dernière réplique, je me retourne de nouveau face à elle, et tant pis si ça lui fait croire que je suis indécise — ou complètement paumée. Sans prévenir, j'attrape le livre qu'elle tenait dans sa main et je l'approche de mon visage pour lire le titre et regarder la couverture.

« Un guide pour bien vivre ta grossesse ? questionné-je en ramenant mes yeux sur l'adolescente. Alors c'est à ça que tu vas occuper tes prochains mois ? Ça fait partie de ton grand plan pour changer ? »

Si j'avais été capable de mettre de l'ordre dans ma propre surprise et dans mes pensées, j'aurais formulé cela autrement. J'aurais dit : « est-ce un choix ou est-ce que ça t'est tombé dessus ? » et cela aurait mis un terme à une bonne partie de mes questions et des étranges doutes et inquiétudes que j'ai à propos du futur de cette gamine qui ne devrait pourtant pas m'intéresser. Mais voilà, je n'en suis pas capable parce que le trouble tétanise mes pensées. Je ne suis capable que de cette voix un peu narquoise et de ce faux sourire en demi-pointe au bord de la bouche.

22 sept. 2025, 19:15
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La jeune fille se contenta de sourire calmement devant l'esquive - à peine dissimulée - de sa camarade. Elle n'avait rien à dire, ok, mais la simple surprise ne justifiait pas l'attitude complètement décalée, et inhabituelle à laquelle éli venait d'assister. Aelle n'avait jamais été aussi étrange, ni aussi loin de tout ce qu'elle connaissait d'elle. Est-ce qu'une simple surprise sans plus, pouvait expliquer ça ? Impossible de l'envisager pour la poufsouffle. Un peu moins absente de son corps, l'ainée avait reprit du mouvement, mais ce regard fuyant vers l'étagère était malgré tout perçu par éli comme un aveu étrange. Est-ce que la situation troublait la jeune femme au point de ne pas pouvoir la fixer ?

Silencieuse, la future mère resta immobile jusqu'à ce que finalement, un geste précis et rapide d'Aelle la dépossède du manuel encore entre ses doigts. Eli ne savait pas dire pourquoi elle lui avait caché son état si longtemps, mais l'attitude de la plus âgée venait de lui faire comprendre ce qui avait peut être inconsciemment reculer l'échéance. CE changement...elle le redouté. Eli avait beaucoup trop espéré une réaction différente venant de la reine de glace, une réaction franche, directe, et sans filtre, qu'elle s'était tue par peur d'être déçu. Cette fois pourtant, elle ne pouvait plus ignorer ce qu'elle avait devant elle.

S'offrant quelques secondes de répit, éli afficha un très léger sourire pour atténuer sa déception, avant d'enfin répondre le plus calmement possible à la question posée.
- Tu veux dire assumer ? Essayer d'être une mère pas trop nulle ? Continuer mes études pour devenir une putain de sorcière ? Oui c'est l'idée. C'est sûr qu'après des regards comme les tiens ça donnerait plutôt envie d'se jeter dans un lac glacé pour oublier qu'on existe, mais bon....j'crois qu'j'préfère envoyer ceux qui doute nourrir les strangulots, et m'prouver que j'en suis capable. .

D'un geste tout aussi rapide que celui avec lequel Aelle le lui avait dérobé, éli récupéra son livre des mains de la jeune femme. D'ailleurs tu m'excuseras, la " gamine" que je suis en a besoin. . Sans mettre de reproche dans sa voix, la poufsouffle avait malgré tout mimé les guillemets autour de cette appellation qui ne lui correspondait tellement plus Mais t'inquiètes, j'te l'prêterais après si tu veux.

Se retournant d'un mouvement vif, dos à sa camarade éli grimaça quasi immédiatement de son impulsivité. Elle savait qui lui manquait encore un peu de contrôle, qu'elle devait encore travailler pour réagir posément aux choses qui la faisait flamber, mais elle ne voulait plus fuir. Alors, après une profonde respiration, elle accrocha de nouveau un masque de neutralité et se replaça face à Aelle, presque aussi vite qu'elle s'en été détournée. Sur le ton de la confidence, elle risqua ses prochains mots comme une mise à nu.

-Quoique t'ai pu penser de moi, j'ai jamais été innocente, ni en sucre d'ailleurs, et j'le suis toujours pas. La dernière fois qu'on s'est parlé à Poudlard, tu t'souviens c'que tu m'as dit ? " Accepte que je ne serai jamais comme les autres personnes ...." Fixant la jeune femme encore un peu plus intensément, éli pausa quelques secondes en silence, comme pour se laisser le temps de lire dans les iris de la plus âgée. J'ai pas besoin d'être legilimens pour voir que t'as des choses à dire, pourtant tu te tais exactement comme les autres. J'suis enceinte Aelle, mais la seule qui a changé ici, c'est toi.

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

5 oct. 2025, 11:30
Ce détail qui déborde  PV 
Je reste quelques secondes figée, le bras en l'air, lorsqu'elle me reprend brutalement le livre. Mes yeux avalent chaque détail de son visage qui n'exprime pas autant que ce que j'attendais. Au lieu de me noyer sous les reproches gueulards et les réflexions mauvaises, prononcées dans des cris flamboyants, Willis parle d'une voix bien plus calme que ce qu'elle a toujours eu pour moi. J'aurais presque dit posée, s'il n'y avait pas eu ce regard qui débordait d'émotions. Elle me tourne le dos pour faire mine de s'éloigner et je me demande si elle va oser me forcer à la suivre — car je le ferai, c'est certain, je ne vais pas laisser partir sur ces mots car j'en ai d'autres à dire, moi. Je fais un pas en avant dans l'idée de l'arrêter, mais elle se retourne avant que j'ai pu avoir le temps d'avancer et je m'immobilise, un peu honteuse qu'elle ait pu apercevoir le geste que j'ai fait.

Si je m'attendais encore une fois à de la virulence, je suis déçue : son ton me force à me pencher légèrement vers elle pour l'écouter. Mes lèvres se collent l'une à l'autre et se pincent. Je n'ai jamais cru une seule seconde qu'elle pouvait être en sucre ou innocente. Je ne comprends absolument rien de ce qu'elle me dit depuis le début ni d'ailleurs l'origine de cette espèce de colère étouffée et discrète qu'elle ressent. C'est mon regard qui l'a mis dans cet état, mais j'ai l'impression qu'il y a plus que cela. Je fouille son regard en quête de réponse, en vain. La vérité n'arrive qu'à la toute fin de son discours, que j'accueille comme le reste de ses mots : avec stoïcisme. Elle dit « pour voir que tu as des choses à dire » puis « tu te tais exactement comme les autres » et je me dis que c'est ça, le problème. Qu'elle aurait aimé que j'en dise beaucoup plus. Comment a-t-elle su que j'avais des choses en tête alors que même moi je n'avais pas encore la moitié d'entre elles ? Quelque chose se resserre en moi. Je déteste qu'elle ait pu comprendre cela avant moi. Puis elle m'assomme avec des derniers mois : « la seule qui a changé ici, c'est toi ».

C'est comme si une enclume me tombait sur la tête. Comme si elle m'avait mis un coup de poing, mais avec des mots. J'accuse douloureusement le coup et me recule d'un petit pas pour instaurer une distance entre nous. Mon visage se durcit, mes lèvres se crispent et je croise les bras sur ma poitrine pour contenir le vilain sentiment qui monte.

J'ai changé, moi ? Parce que j'ai pris des décisions pour mon avenir ? Parce que j'ai déménagé et que je vis avec la personne la plus importante de l'univers tout entier ? Parce que j'ai appris des choses que je ne voulais pas apprendre ? Parce que je me suis fait virer de chez moi ? Toutes ces choses concrètes me passent par la tête parce que oui, ce sont des choses qui ont changées, qui m'ont changé, pourtant je ne crois pas qu'elle parle de ça. Willis parle de pire. Elle part de la Aelle d'aujourd'hui comparé à la Aelle qu'elle a connu à Poudlard. C'est pour cela que ça fait aussi mal. Parce qu'elle a raison. Parce que je ne suis plus la même. Pourtant je pensais... J'étais persuadée que parmi toutes les choses décevantes que j'étais devenue, ceci n'en faisait pas partie : que j'avais gardé cette sincérité qui fragilise toutes mes relations parce que la plupart des gens n'ont pas envie d'entendre la vérité. Je pensais que je l'avais gardé, ça. Et je trouve cela injuste, car je suis persuadée que je l'ai gardé. La douleur grandit à l'intérieur de moi, explose dans ma gorge nouée. Cette douleur s'ajoute à un amas déjà conséquent. J'essaie de bourrer pour la faire disparaître dans la poubelle de mon esprit, mais celle-ci est déjà trop pleine. Elle l'est depuis bien longtemps. J'ai l'impression de me débattre à la surface d'un lac et qu'une main appuie sur ma tête pour me noyer.

Mes yeux se déportent sur le côté du visage de Willis et je regarde vers le fond de la boutique. J'inspire longuement par le nez. Le silence s'écoule entre nous. J'attends que ma gorge se dénoue un peu pour reprendre la parole. Mais ma voix me paraît coincée lorsque je l'entends résonner, bien loin du cri que j'aurais aimé qu'elle soit et qu'elle est dans mon esprit.

« Tu as raison, Willis, dis-je à mi-voix en ramenant mes yeux sur elle. Tu n'as pas changé d'un iota, tu es toujours cette fille qui accorde trop d'importance au regard des autres. » Mes lèvres s'étirent en un sourire froid. « Bravo, t'as pas avancé d'un seul mètre, t'es toujours la même qu'il y a un an, à te vexer à cause du regard que je pose sur toi. »

Ma voix me paraît comme désincarnée, sans la moindre intonation. Je n'y mets pas le moindre cœur. Je pousse un soudain soupir qui fait monter et descendre mes épaules. Il me fait un bien fou. Du pouce et de l'index, je me frotte les yeux, comme si cela pouvait éloigner les foutues et insupportables émotions qui viennent de s'acculer en deux secondes à l'intérieur de moi.

« Et tu veux que je te dise ? reprends-je en baissant le bras et levant les yeux vers elle. Ouais j'ai été surprise qu'une gamine de quatorze ans soit enceinte. Tu voulais apprendre de quelqu'un qui n'a pas de filtre, qui osera te corriger si tu as tort, qui ne te prendra pas pour une gamine ? Très bien, Willis, c'est exactement ce que tu vas avoir. »

Sur les dernières phrases, ma voix s'est affirmée, mon ton s'est durcit. D'un doigt accusateur, je désigne son ventre préominant.

« Ça va complètement bouleverser ta scolarité à Poudlard, détraquer ta magie et te faire perdre un temps inqualifiable d'études. Tu n'en es qu'à la moitié de ta formation de sorcière, tu as encore un million de choses à apprendre pour espérer ne pas en être une si mauvaise que ça. Et tu mets entre les roues de ton apprentissage le plus gros bâton inimaginable ! » affirmé-je sur un ton ahuri, mes sourcils se levant sur mon front.

7 oct. 2025, 17:37
Ce détail qui déborde  PV 
Les mots de la jeune fille venaient encore de provoquer quelque chose d'impossible à interpréter. Une sorte de silence absent s'imposa entre les deux filles, et même si elle ne se sentait pas forcément très à l'aise, il était hors de question pour la plus jeune de casser ce moment. Si Aelle ne voulait plus lui répondre, libre à elle, en tout cas, la future mère ne supplierait pas son attention. Finalement, les mots de la jeune femme arrivèrent à retard, avec le mini espoir de voir la Bristyle perdue ressurgir. Malheureusement, ses mots qui se voulaient sûrement coupants, n'eurent aucun effet sur éli. Ils étaient tellement remplis de faussetés, de provocation sans fondement, que la jeune fille ne put retenir une petite moue boudeuse. Sans le vouloir, son esprit frustré superposa la pâle copie d'une Aelle maintenant disparue à la scène réelle, jusqu'à ce que l'un des doigts de la jeune femme pointe enfin le ventre de "gamine enceinte" sans retenue. D'une voix bien plus encrée, les pensées de son ex camarade tombèrent sur éli, crues, insensibles, et sans aucune barrière.

Une fois terminé, pour seule réponse, un sourire sincère vient s'étirer sur les joues de la plus jeune, presque rassurée d'entendre quelque chose de franc.
- Merci S'autorisant quelques instants de silence pour profiter de cette vérité osée à haute voix, la jeune fille finit par reprendre la parole.
- Quand j'ai appris ma grossesse c'était déjà trop tard, et Poudlard c'est fini pour moi. Dans un sens t'as raison, j'ai pas trop changé dans la bêtises. J'étais perdue, j'faisais n'imp', et toi et moi on sait que j'aurais pu continuer comme ça longtemps dans mes conneries.

Touchant son ventre comme pour pointer l'objet de ses prochaines paroles sans le nommer, la jeune fille finit par plonger son regard déterminé, mais calme, dans celui de la plus âgée. Mais t'as tort aussi. Tu penses que c'est un bâton ? Moi j'pense que c'est une putain d'motivation. Et réfléchis...si j'accordais vraiment de l'importance aux regards des autres, tu penses pas que je f'rais exactement le contraire de c'que j'fais là ? Dans quelques semaines, j'laisserai mon enfant dans un de ses orphelinats, j'reprendrais ma vie d'avant en faisant semblant de rien, et dans quelques mois tout le monde finirai par oublier tout ça. Enfin... tout le monde sauf moi, mais peu importe. Le regard attristé, déglutissant pour se donner le temps de reprendre contenance, la jeune fille continua la gorge un peu plus nouée d'émotion. J'suis pas vexée par ton regard Aelle. J'suis juste déçu du mien. J't'admirée, maintenant j'sais plus qui tu es. J'me suis vraiment trompé à ce point sur toi ? Est ce que t'es aussi fade et prévisible que les autres ? J'ai toujours cru qu't'étais différente, et bien plus forte que la plupart des gens. Mais abandonner devant les problèmes, c'est une façon de devenir une bonne sorcière pour toi en fait ?

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

15 oct. 2025, 15:22
Ce détail qui déborde  PV 
Je les attends : sa mine froissée, ses yeux colérique, ses lèvres pincées. Je les attends tant et si bien que lorsque son visage s'illumine d'un sourire, je suis déstabilisée. Ma colère retombe comme un soufflé, mon incompréhension fait des nœuds dans mon corps. Je me sens insultée par ce sourire, sans réellement savoir pourquoi. Peut-être parce que dans ces conditions, son remerciement ne peut être rien d'autre qu'une insulte destinée à me vexer ? J'essaie d'y croire, mais ce n'est pas ça que je vois dans son regard, ce n'est pas ça non plus que je comprends dans le ton qu'elle emploie pour me parler. Elle me raconte ces derniers mois comme si nous étions en train d'évoquer la météo. Est-ce que j'ai fait ce qu'elle attendait ? En prenant ce ton, en lui disant ce que j'ai dit ? Était-ce ce qu'elle voulait de moi ? Mais je ne voulais rien faire pour lui convenir, je me suis contentée de faire ce qu'avais envie de faire. Incapable de comprendre pourquoi je me sens vexée, je fais une boule de ces émotions et l'envoie balader dans le coin obscur de mon esprit où finissent toutes les mauvaises choses auxquelles je ne veux pas penser. Ou du moins, je me persuade qu'elle y est tombée.

Mes yeux retombent en direction de son ventre. Alors comme ça, elle n'a jamais voulu de tout cela ? C'était trop tard ? Elle n'a pas eu le choix ? Elle a même dû quitter Poudlard définitivement ? Si mon cœur se serre, c'est parce que je me souviens de ma propre exclusion et de la douleur qui en a découlé. Une scolarité gâchée, parce qu'un être grandit dans son ventre. Je trouve ça profondément triste.

Quand Willis pose sa main sur son ventre, je détourne pudiquement les yeux et lance un regard vers son visage. J'accroche son regard, serre les mâchoires, et la laisse me raconter qu'avoir un enfant est une motivation et non pas un bâton dans la roue de son apprentissage magique. Je ne connais rien à l'éducation ni même à la vie en compagnie d'un bébé, mais je reste persuadée que ce n'est pas avec ça qu'elle avancera loin et rapidement. Cela dit, je veux bien lui accorder que c'est une façon d'affronter le regard des autres que de garder ce gosse. Même si je ne comprends pas pourquoi elle le fait. Pourquoi elle le veut. Et que je suis encore certaine qu'elle accorde trop d'attention à certains regards, comme le mien par exemple, sinon elle n'aurait pas réagi comme elle l'a fait tout à l'heure.

Et puis le mot tombe.

Déçue.

Ce n'est qu'une gamine. Une gamine que je n'apprécie même pas la plupart du temps. Qui l'ouvre trop souvent, qui a une grande gueule, qui parle trop, qui est emmerdante, qui me harcèle même quand je désire être tranquille. Une gamine qui a décidé de m'écrire sans aucune raison valable. Une gamine qui a arrêté de le faire sans plus de raison. Une gamine. Je devrais m'en foutre qu'elle soit déçue, n'est-ce pas ? Pourtant, le mot pèse une tonne et il déglingue mon cœur quand il tombe dessus. Il résonne longuement dans mon crâne. Il se reflète dans un détestable miroir. Et ma propre voix le répète en boucle : déçue, déçue, déçue, déçue. Les affirmations de Willis ne sont que des reflets de mes propres pensées. J'en souffre tellement que j'ai l'impression que le monde entier se referme sur moi, comme si une ombre m'était tombée dessus. C'est brutal, c'est douloureux.

Je la hais tellement fort, subitement, que je me vois la pousser violemment en arrière, elle et son ventre gonflé.

Mes mâchoires sont crispées et me font mal. J'ai vaguement conscience que j'aurais de quoi rebondir facilement sur ce qu'elle a dit. Après tout, elle m'a tendu une perche magnifique dans sa dernière phrase. Je pourrais lui répliquer qu'abandonner son gosse n'aurait pas été un abandon face à un problème conséquent, mais seulement un choix. Que si elle s'entrave elle-même avec des choses qu'elle ne désire pas réellement, c'est une preuve d'idiotie. Que je l'emmerde, elle et ses jugements, je l'emmerde, elle et ses idées, je l'emmerde, elle et sa déception, elle et ses insultes, elle et sa façon de me dire que je suis fade, prévisible, détestable, décevante, idiote, idiote d'avoir cru qu'elle pensait réellement tout ce qu'elle m'a dit jusqu'ici si c'est aussi simple pour elle de changer d'avis et de revenir sur le regard qu'elle posait sur moi, beaucoup trop facile, tellement facile que ça ressemble au plus grand mensonge de son inutile et méprisable petite vie.

J'aurais pu. Sauf que...

« Et bien va te faire foutre, Willis. »

La phrase n'est pas articulée, elle est crachée, crachée avec violence, avec colère, avec haine à travers mes dents serrées. Les émotions débordent, s'accumulent au bord de mon cœur, remontent dans ma gorge. Si j'avais été seule, j'aurais frappé quelque chose, n'importe quoi, ne serait-ce que pour faire baisser un peu la pression, pour que ça fasse un peu moins mal, tout ça. Frapper très fort et hurler, me déchirer les phalanges sur de la pierre. Mais je ne peux pas. Alors, poings serrés, mâchoires crispées, narines dilatées par la colère, je fais un pas de côté pour me tirer d'ici le plus vite possible.

Si Élisabeth ne dit rien ou ne fait rien, et tu sais que je meurs d'envie qu'elle dise ou fasse quelque chose, Aelle va s'en aller et il y a une chance qu'elle s'en aille vraiment.

30 oct. 2025, 00:51
Ce détail qui déborde  PV 
Ses mots avaient peut-être très légèrement dépassé ce que la jeune fille pensait. Elle ne trouvait Aelle ni fade, ni, et encore moins prévisible, mais son regard sur elle lui avait fait mal c'était indéniable. Il ressemblait tellement à celui des autres, elle n'avait pas du tout aimé ça. Pourquoi avait-elle autant détesté ce comportement aujourd'hui, alors qu'elle ne le relevait même plus depuis des jours chez les autres ? Est-ce que sa camarade avait raison ? Est ce qu'au fond d'elle une petite fille se souciait un peu plus du regard extérieur qu'elle ne le pensait ? Les conséquences négatives de ces œillades, qu'elle croyait avoir dompté, venaient elle de ressortir sans prévenir ? Malgré l'assurance qu'elle tentait de mettre dans sa voix la plupart du temps, la jeune fille était terrorisée par tellement de choses en ce moment qu'elle ne savait même plus les énoncer à voix haute sans avoir envie de pleurer. Pourtant elle en été sûr, ses peurs projetées n'étaient pas uniquement ce qui l'avait heurtée chez Aelle, non, il y avait autre chose, et la raison en était bien plus importante et lourde de sens.

En-dehors d'une transparence plus ou moins brute, c'est une confirmation qu'elle espérait trouver dans les yeux de son ainée lorsqu'elle prendrait connaissance de son état. La validation silencieuse d'un choix risqué qu'elle comptait faire bientôt, mais qu'elle garder encore au fond d'elle pour qu'il mûrisse secrètement. Alors oui, la méchanceté qu'elle avait posée entre elles à l'instant était volontaire, comme si faire mal à Aelle était plus simple que d'accepter qu'elle lui en fasse en retour. C'était stupide, mais c'était la seule réponse qu'elle avait trouvée pour garder contenance face à son malaise.

mais ....par Helga tu sais ce que tu veux, tu le sais depuis des semaines. Ça ne change rien....Tu sais qui tu as en face de toi... Malgré ce regard, malgré les mots que tu lui as dit, tu sais qui elle est, tu sais exactement qui elle est pour toi et pourquoi tout te blesse autant. Reprends-toi !!!

En entendant son ex-camarade lui pester son rejet, la future mère avait prit conscience que se taire et la laisser partir était peut-être la meilleure solution, mais une petite voix en elle refusait que cette rencontre se termine comme ça. Tu n'as pas le droit de penser qu'à toi, tu n'as pas le droit de faire la gamine capricieuse et vexée là, pas maintenant. Elle devait renoncer au silence facile...pour lui, et elle le savait. Est-ce que sa parole changerait quoique se soit ? Est-ce que ses mots auraient du poids contre la volonté de partir d'Aelle ? Aucune certitude. La poufsouffle se laissa quelques micros secondes de réflexion, avant de finalement lâcher prise sur sa fierté.

Cette conversation laisserait bien trop de regrets en l'état, elle le sentait déjà, ce mal-être inconfortable qui s'insinuait sous la surface de ce corps beaucoup moins solide qu'il n'y paraissait. Comment pourrait-elle apprendre à son futur enfant la persévérance, et la volonté, si elle-même laissait filer les occasions de mieux faire ? Comment pourrait-elle rattraper ce moment, et se donner le droit d'aller jusqu'au bout de ce qu'elle voulait, de ce qu'elle estimait être le meilleur, si Aelle n'était plus dans sa vie pour entendre ? Non, elle n'avait pas le choix. D'une voix toujours calme, mais légèrement plus appuyée, Éli tenta de stopper le départ imminent de la jeune femme.
- C'est vrai... C'est vrai qu'j'en ai rien à foutre du regard des autres, mais j'm'en fou pas de ceux qui compte vraiment pour moi . De ou c'est mal d'avoir envie qu'ils m'estiment aussi, qu'ils m'respectent parce que j'le mérite putain ?! La fin de sa phrase avait revêtu un ton bien plus criant de vérité, comme si le contrôle de ses émotions devenait plus difficile par crainte du départ de la plus âgée. Respirant profondément, elle reprit pour ne pas laisser trop d'occasions à Aelle de fuir. Même si elle s'éloignait, au moins elle entendrait. C'était quitte ou double, Éli n'avait aucune idée de ce que cet élan aller produire, de la moquerie sûrement, le reproche d'être ignorante, incohérente, naïve, improbable ou contradictoire, mais peu importe. Elle lui dirait sa vérité, la jeune femme pouvait en faire ce qu'elle voulait après, ça ne changerait absolument rien.
- et oui... TON regard à de l'importance, parce que TU l'es pour moi, c'est tout.

@Aelle Bristyle

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron