22 janv. 2025, 15:48
 South Holmwood  Quand les sortilèges ont un prix  PV 
Mercredi 22 décembre 2049
South Holmwood, Surrey — Angleterre
20 ans


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Sorcière expérimentée propose ses services pour sortilèges en tout genre, enchantements d'objets (personnalisés), imprégnation magique de surfaces et d'objets, assistance dans la réalisation de rituels et potions.

Disponible sur rendez-vous uniquement.
Tarifs sur demande.
Contact : Aelle Bristyle
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Le mot est rédigé sur un parchemin standard sur lequel j'ai lancé divers sortilèges de protection. J'ai produit plusieurs exemplaires de cette annonce et je les ai affichés dans différents lieux stratégiques du monde magique — Godric's Hollow, le Chemin de Traverse, même Pré-au-Lard. J'en ai déposé dans les magic'ports proposant un système d'affichage convenable, à défaut de pouvoir publier mon annonce dans un journal car cela coûte de l'argent. J'attends depuis début décembre qu'un hibou se présente à la fenêtre de ma chambre, chez Narym. Zikomo m'a dit que cela pouvait prendre du temps, que les gens rechignaient souvent à faire confiance aux inconnus, que je devais me montrer patiente. Patiente, je le suis, mais en attendant je manque de matériel pour la construction de la cabane et je ne peux rien acheter — qui aurait cru que la vie coûtait aussi chère ? Alors j'ai attendu. Trois semaines durant j'ai attendu. Puis un jour, un hibou est arrivé.

La demande est, somme toute, assez banale. Certainement un peu trop pour une sorcière diplômée de l'AESM, mais même si j'ai haussé les sourcils en la découvrant, je n'ai pas l'opportunité d'être difficile : en trois semaines, c'est l'unique réponse que j'ai eue. Je ne peux pas refuser. Après un bref échange de hiboux, nous avons convenu d'une date et j'avais une adresse à laquelle me rendre. J'ai embarqué avec moi un bon nombre de carnets, préférant me charger plutôt que de me retrouver les bras ballants devant le client si ma mémoire me fait défaut. Non pas que cela arrive régulièrement, mais j'ai toujours été du genre à tout prévoir en avance. Ces carnets contiennent une bonne partie de mes connaissances, ils ne pourront qu'être d'une aide précieuse.

Partant directement de Mochdinam après avoir salué Zikomo, j'embarque dans le Magicobus qui est fidèle à lui-même : le trajet est mouvementé et désagréable. Quand il me crache à destination avant de repartir à toute allure dans un bruit de ferraille, il me faut une bonne minute pour me remettre et pour que les sursauts de mon estomac récalcitrant se calment. Ce n'est qu'alors que je peux profiter du paysage qui m'entoure : une épaisse forêt dominée par un ciel grisâtre aux nuages épais. La neige recouvre chaque parcelle de terre et chaque branche des arbres qui se dressent autour de moi. Le chemin qui court jusqu'à la maison est camouflé par une couche blanche plus fine, preuve que la neige tombait encore avant mon arrivée. J'arrange la lanière de ma besace sur mon épaule et me dirige vers la maison en me demandant quel type de famille vit là.

Ce que je ressens est unique : je ne viens pas en tant que visiteuse, mais en tant que professionnelle. Si je me sens légitime grâce à mon talent indéniable en sortilèges, j'ai pourtant du mal à m'imaginer être "professionnelle" dans le sens le plus strict du terme. C'est encore assez flou comme situation et la seule chose concrète pour le moment est l'argent que je glisserai dans ma bourse à l'issue de ce rendez-vous. La dernière fois que j'ai cru pouvoir ressentir ce sentiment, cela n'a pas duré : mon stage professionnel a été si étrange et particulier, en compagnie d'une personne si spéciale et désagréable, que je n'ai que rarement eu l'impression, lorsque j'étais en Islande, d'être une quelconque professionnelle. Aujourd'hui, tout est différent : personne ne me donnera d'ordres, je serai la seule à savoir ce que je dois faire. Cela me réjouit suffisamment pour que je hâte le pas, impatiente de régler le problème que l'on me présentera et d'être payée pour ce moindre effort.

Arrivée devant la porte d'entrée, je frappe fortement du poing sur le battant en tendant l'oreille, à l'affut de bruits à l'intérieur de la maison.

24 janv. 2025, 13:38
 South Holmwood  Quand les sortilèges ont un prix  PV 
@Silas Grimwood pour que tu vois les actions de notre daron.

Ne pas avoir de pouvoir magique dans une famille où tous les membres en étaient dotés n'avait pas été facile à vivre pour le père de Sterling. Cet homme avait très vite compris que, si la magie ne coulait pas dans ses veines, il devrait trouver un autre moyen de se rendre utile dans le monde des sorciers. Rapidement, il avait tissé des liens avec des sorciers, ou plutôt, avec des sorcières. Conscient de l'attrait de sa beauté naturelle, il savait parfaitement jouer de ses charmes. Et, paradoxalement, son statut de Cracmol l'avait parfois avantagé : il pouvait, par exemple, exhiber sa musculature pour venir en aide à une pauvre femme en détresse.

Pour séduire sa femme actuelle, il avait dû déployer plus d'une stratégie. L'avocate n'avait prêté aucune attention à lui lors de leur première rencontre. Trop concentrée sur l'obtention de son diplôme d'avocate spécialisée dans les affaires magiques, elle s'était refusée à se laisser distraire par une quelconque amourette. Mais à force de petites attentions, d'échanges et, surtout, de beaucoup de patience, Oliver avait fini par décrocher un rendez-vous avec la belle juriste. Elle l'avait alors immédiatement rassuré, affirmant que son statut de Cracmol ne posait aucun problème pour elle.

Aujourd'hui, Oliver attendait une visite pour un exercice qu'il ne pouvait malheureusement pas réaliser lui-même. En découvrant une annonce sur un panneau d'affichage, il avait hésité quelques jours avant d'envoyer un hibou à la sorcière concernée. Le rendez-vous était fixé. Il avait choisi un jour où sa femme et ses enfants seraient absents malgré les vacances scolaires. Sa femme avait prévu de rendre visite à ses parents, et, comme à son habitude, Oliver avait décliné l'invitation, préférant le confort de leur maison et, surtout, éviter les regards condescendants de ses beaux-parents. Ce jour semblait donc parfait pour accueillir la sorcière.

Du moins en théorie. Car ce qu'Oliver ignorait encore, c'était que son fils cadet, Sterling, se trouvait à l'étage, alité par une grippe persistante qui, malgré l'intervention des médicomages, tardait à se dissiper.

Lorsque la sorcière frappa à la porte, Oliver, déjà prêt, alla lui ouvrir, légèrement stressé par cette situation nouvelle. Il ouvrit avec précipitation et lui fit signe d'entrer dans la maison.

- Merci d’être venue, dit-il à la jeune sorcière qui, à son avis, ne semblait pas plus âgée que son fils aîné.

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25 janv. 2025, 09:11
 South Holmwood  Quand les sortilèges ont un prix  PV 
Un homme d'un certain âge m'ouvre la porte. Ses mouvements sont emprunts de précipitation et je me demande s'il a dû courir de l'autre côté de la maison pour venir m'ouvrir. Cela me déplairait : je suis exactement à l'heure, comme le prouve ma montre à laquelle je jette un coup d’œil, relevant la manche de ma cape d'un doigt. Je n'aime pas l'idée qu'il ait pu oublier l'heure de notre rendez-vous. Mais, puisqu'il s'agit de mon premier client et que je ne peux pas me montrer difficile (rappelle-toi, Aelle) je me contente de pincer les lèvres.

« Monsieur, bonjour. »

Puisqu'il m'invite à rentrer, j'entre. D'un coup nonchalant de baguette, sans même prononcer la formule, je débarrasse mes chaussures de la neige qui s'y est collée et sèche les semelles pour ne pas laisser de trace sur le parquet. Je dégage mes bras de mon épaisse cape et garde celle-ci ainsi que mon écharpe sur mon avant-bras jusqu'à ce que l'homme, un dénommé Grimwood, m'invite à m'en débarrasser sur les patères destinées à cet effet. J'abandonne donc cape et écharpe avant de l'accompagner dans le salon, gardant au plus près de moi ma besace et son précieux contenant.

Mon regard curieux en profite pour scanner la moindre chose qu'il aperçoit ; aussi puis-je noter que l'endroit où je me trouve est une maison somme toute banale. J'apprécie l'ordre que j'y trouve, mais ne m'y attarde pas. Mes yeux partent en quête de mon client.

« Alors, de quoi s'agit-il ? »

Je plonge la main dans mon sac pour dégainer un carnet vierge et un crayon. J'ouvre à la première page, inscrit le nom de l'homme ainsi que la date et l'adresse. Je suis prête à prendre toutes les notes nécessaires. Mes vieilles habitudes d'étudiante et de chercheuse : toujours tout noter, garder trace de chaque chose, chaque recherche, le moindre détail, pour que chaque pensée et réflexion soit ordonnée.

26 janv. 2025, 20:54
 South Holmwood  Quand les sortilèges ont un prix  PV 
Le Cracmol n'avait pas pour habitude de recevoir des sorcières à son domicile. En réalité, il ne l'avait jamais fait. Malgré tout, il savait accueillir. Dès que la jeune femme franchit le seuil, il se pencha légèrement pour récupérer ses affaires, qu’il déposa soigneusement sur le porte-manteau près de l’entrée, s’assurant qu’elles ne risquent pas de glisser. Son geste était méthodique, presque maniaque, comme s’il voulait gagner du temps ou éviter d'affronter le moment où il devrait expliquer sa requête.

En se décalant pour lui laisser l'accès au salon, il inspira profondément, son torse se soulevant de façon exagérée. Il expira ensuite lentement, fixant un point invisible au sol, comme pour calmer son esprit. Ses mains se frottèrent nerveusement l’une contre l’autre avant de les glisser dans les poches de son pantalon, un réflexe qu’il avait chaque fois qu’il se sentait mal à l’aise. Lorsqu’il parla enfin, sa voix, bien que polie, trahissait une légère hésitation.

- Ma demande est particulière. J'ai besoin de vos services pour enchanter ces deux carnets, s'il vous plaît, déclara-t-il en désignant les objets du bout de l’index, sa main restant à mi-chemin entre un geste assuré et une retenue presque craintive.

Ses yeux se posèrent brièvement sur la jeune femme, cherchant une réaction dans son regard avant de se détourner rapidement. Il fit un pas en arrière, croisant les bras sur son torse comme pour se protéger d’un jugement imaginaire. Son pied droit tapota légèrement contre le sol, un tic nerveux qu'il ne remarqua même pas.

Alors qu’il attendait une réponse de la sorcière, un bruit provenant de l’étage le fit sursauter. Ses épaules se contractèrent instinctivement, et ses mains sortirent précipitamment de ses poches pour se crisper le long de son corps. Il jeta un coup d’œil inquiet vers le plafond, fronçant les sourcils, avant de tourner la tête vers la jeune femme, tentant maladroitement de cacher son trouble.

Pendant ce temps, à l'étage, le cadet de la famille Grimwood, allongé dans son lit, luttait contre une fièvre qui commençait tout juste à baisser. Le coup frappé à la porte d'entrée l'avait tiré de son sommeil agité. Il entrouvrit péniblement un œil, puis dut attendre quelques secondes avant de parvenir à ouvrir le second. Finalement, en se tournant sur le côté, il s'enroula un peu plus dans sa couette, mais son mouvement maladroit le fit glisser hors du lit. Il se retrouva brusquement allongé sur le plancher, le nez presque collé aux lattes de bois.

Le corps engourdi par la maladie, ses gestes étaient lents, laborieux. De longues secondes s'écoulèrent avant qu'il ne parvienne à rouler sur le dos, toujours à même le sol, épuisé par cet infime effort.

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27 janv. 2025, 10:55
 South Holmwood  Quand les sortilèges ont un prix  PV 
Presque à regret, j'arrache mon regard du carnet sur lequel j'attends impatiemment de pouvoir noter mes réflexions pour poser mes yeux sur l'homme. Interdite, j'assiste à son étrange spectacle. Le pied qui tapote le sol, le corps tendu, les carnets désignés d'un geste timide. Un sourcil se dresse sur mon front, inquisiteur et quelque peu agacé. J'ai beau être hermétique la plupart du temps aux comportements des autres, c'est difficile, là, de ne pas voir que quelque chose angoisse cet homme. Si quelqu'un devrait se sentir mal à l'aise, c'est moi, car il s'agit de ma première mission. Et lui, pourquoi est-il dans cet état ? La question passe dans mon esprit et ne fait qu'y passer : cela ne me concerne pas.

Je pince les lèvres en en revenant à ma page blanche. Deux carnets, fort bien. Et ensuite ? Et bien la suite n'arrive jamais et la réplique qui allait m'échapper est interrompue par un bruit sourd qui semble venir de l'étage. À l'image de l'homme, je lève les yeux vers le plafond avant de le regarder lui. Après tout s'il y a quelque chose ou quelqu'un là-haut qui nécessite son aide ou son attention, c'est lui qui pourra le savoir, ce n'est pas moi. Et je n'ai pas à m'inquiéter de ce qui se passe chez lui. Je ne suis pas là pour ça. Voyant qu'il ne cherche pas outre mesure à s'occuper du bruit qui a retentit, j'en conclus que cela n'a aucune importance et mets sa réaction bizarre, presque tendue, sur le compte de la simple surprise.

« Que j'enchante ces carnets ? » répété-je lentement pour l'encourager à se montrer plus explicite. Puis, décidant qu'il vaut mieux poser des questions claires qu'attendre que les autres se montrent consciencieux, je précise : « Je peux les enchanter, mais je doute que vous souhaitiez seulement que je les rende hermétique ou que je les protège contre d'éventuelles déchirures. »

N'est-ce pas ? Soudain, j'ai un doute. Et si ce n'était que cela ? Merlin, ce serait d'une simplicité folle, ce serait presque insultant ! Et cela signifierait également, j'y pense après coup, que je viens d'insulter sa demande — ce qui est problématique puisque même si elle était ridicule et qu'elle ne méritait pas qu'il dépense son argent, si je m'exécute il me paiera. Alors le moins que je puisse faire serait de ne pas l'insulter lui et sa demande.

« Il me faudrait un peu plus de précisions, m'efforcé-je d'articuler calmement en plantant mes yeux dans ceux de l'homme. Que voulez-vous que je fasse exactement ? Quelle est la finalité souhaitée ? »

Enfin, c'est le minimum à dire, non ? Je resserre la prise de mes doigts autour de mon crayon et attends que la réponse vienne. Les carnets sont d'une banalité attendue, ce ne sont que de simples carnets. Les possibilités d'enchantement sont très larges. J'espère qu'il ne va pas me dire qu'il souhaite seulement les enchanter, sans avoir une idée particulière de ce qu'il veut réellement. Mon regard se balade dans la pièce, note la facture des meubles, la largeur des espaces. Je me rappelle du cadre agréable dans lequel se trouve la maison. Oui, peut-être que cette famille a de l'argent, mais cela suffirait-il à expliquer que l'on fasse appel à moi pour des sortilèges aussi simples ?

2 févr. 2025, 19:18
 South Holmwood  Quand les sortilèges ont un prix  PV 
Les yeux rivés sur le plafond de sa chambre, Sterling avait du mal à réaliser qu’il venait de chuter de son lit. Il aurait préféré passer la journée chez ses grands-parents en compagnie de ses deux frères et de sa mère. À la place, il se retrouvait cloué au lit, sous la surveillance approximative de son père, qui, visiblement, n’avait même pas conscience de sa présence dans la maison.

Las d’observer le plafond immaculé étendu sur le sol, Sterling finit par rassembler ses forces pour ouvrir la porte de sa chambre. Il tendit l’oreille, espérant capter ce qui se passait en bas. Après tout, s’il était tombé, c’était bien à cause du coup frappé contre la porte. Pourtant, encore trop fiévreux et affaibli, il peinait à discerner distinctement les sons qui lui parvenaient. Tout ce qu’il put identifier fut une voix féminine, sans parvenir à en comprendre les paroles.

Pendant ce temps, dans le salon, la sorcière qui avait posté une petite annonce commençait à s’impatienter face à l’inertie du Cracmol. Ce dernier, quant à lui, sentait son angoisse monter en flèche. Il savait que le bruit entendu à l’étage n’avait rien de normal et n’avait aucune envie de découvrir ce qui l’avait provoqué. Tous les Sterling en avaient conscience, le Cracmol n'aurait jamais eu sa place dans la maison des courageux.

Si, au départ, il avait engagé la sorcière pour enchanter deux carnets, à cet instant précis, il avait une tout autre requête en tête.

- Oubliez les carnets. Je vous paie le double si vous me débarrassez de la chose qui vient de faire ce bruit à l’étage, déclara-t-il finalement, la voix légèrement tremblante et les yeux remplis d'espoir.

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4 févr. 2025, 16:51
 South Holmwood  Quand les sortilèges ont un prix  PV 
Je cligne des yeux à la proposition de l'homme. Le débarrasser de la chose à l'étage ? Je lève brièvement la tête vers le plafond avant de ramener mon regard inquisiteur sur cet étrange sorcier. Est-il donc si effrayé pour me faire une telle proposition ? Les questions s'enchainent dans mon esprit, j'essaie de trouver une explication logique à tout ce qui est en train de se passer. Pourquoi ne pas m'avoir contactée au préalable pour cette chose s'il tient tant à s'en débarrasser ? M'aurait-il flouée en me contactant pour les carnets alors que ses besoins concernaient quelque chose de plus dangereux ? À moins qu'il ne prenne conscience que maintenant de la présence de cette chose ? Serait-il couard au point de m'envoyer moi avant même de s'assurer qu'il y a un réel danger ?

Je fais quelques rapides calculs : je doute que l'éventuel danger que je peux rencontrer dans une maison de sorcier soit au-dessus de mes capacités. Je peux m'occuper de ce problème-là en plus du reste. Et puis, n'a-t-il pas dit qu'il me paierait double ? Mais tout de même, je n'ai aucune intention de me jeter les yeux fermés dans la gueule d'un danger, qu'il soit fictif ou non.

D'un mouvement machinal du poignet, je lance le Sortilège de détection, marmonnant le sortilège du bout des lèvres. J'attends quelques secondes en lançant des regards furtifs à l'homme mais à aucun moment mon catalyseur ne tremble. Je plisse les yeux ; si danger il y avait eu, ma baguette aurait dû trembler. Je pince les lèvres, agacée par cette perte de temps. Mais puisque je suis en train d'agir, j'estime que peu importe ce que je trouve à l'étage, je devrais être rémunérée pour mes services.

Accompagnant mon geste d'un soupir bref, je rengaine mon crayon et referme mon carnet dans un claquement. Je glisse l'un et l'autre dans ma poche.

« En fonction du danger je me laisse le droit d'augmenter mes prix, annoncé-je d'une voix sûre (je ne sais pas si je suis en position de négocier quoi que ce soit, mais disons que je me le permets puisque la mission s'éloigne de ce qui était prévu au préalable). Veuillez rester ici, vous ne ferez que m'encombrer. »

Sur ces mots, je plante le sorcier dans le salon et grimpe les escaliers en tendant l'oreille. L'étage se dévoile bientôt à moi, avec son lot de portes et de décorations. Je ressens malgré moi une certaine excitation : j'ai entendu également le bruit qui a résonné au plafond un peu plus tôt, quelqu'un ou quelque chose doit bien l'avoir créé, ce bruit. Malgré la réponse négative du Sortilège de détection, je m'imagine un instant tomber face à face avec un Épouvantard caché dans un quelconque placard obscur... Si c'était le cas, je serais bien embêtée, moi qui n'ai jamais affronté une telle créature — à raison ! —, mais heureusement j'ai étudié la théorie. Je m'en sortirais. Je surprends tout de même à espérer que ce soit tout sauf cela.

12 févr. 2025, 11:13
 South Holmwood  Quand les sortilèges ont un prix  PV 
Le cracmol n'était pas en position de négocier avec la sorcière, et la seule chose qui le préoccupait était ce bruit étrange à l'étage qui n'aurait pas dû survenir. Personne ne devait être présent dans la maison des Grimwood à part lui, alors ce bruit sourd était devenu sa priorité. Il devrait expliquer à sa femme l'argent qu'il allait dépenser, car bien sûr, elle vérifiait tout et savait parfaitement tenir les comptes. Mais pour l'heure, ce problème n'était que secondaire, et dans son esprit, il pourrait le traiter plus tard, bien plus tard. Évidemment, lorsque celle-ci fit part de l'augmentation de son tarif en fonction de la chose à traiter, il accepta en se contentant d'hocher la tête.

Lorsque la sorcière se rendit à l'étage pour faire face à la créature qui n'était autre que son fils, le père de famille hésita à quitter la maison pour attendre à l'abri, dans le jardin. Mais une soudaine confiance en cette femme, qui semblait bien plus sûre d'elle que lui, le poussa à rester dans le salon et à prendre place sur le canapé, restant alerte au moindre bruit suspect.

Pendant ce temps, à l'étage, Sterling se tenait fermement à la poignée de la porte de sa chambre pour éviter une nouvelle chute. La fièvre ne lui facilitait pas la tâche, et sa vue se brouillait trop rapidement dès qu'il tentait de bouger. Ainsi, il préféra stopper son mouvement quelques instants pour écouter ce qui se tramait plus bas. Alors qu'il s'attendait à entendre son père ou, à nouveau, la voix féminine, il fut surpris d'entendre quelqu'un monter les escaliers. Le réflexe du Gryffondor fut de sortir complètement de sa chambre pour voir la personne qui montait, car il en était certain, il ne s'agissait pas de son père, qui avait l'habitude de gravir les marches d'un pas lourd et plutôt lent. Là, il entendait la détermination et la rapidité des pas qui résonnaient comme lorsque sa mère gravissait ces mêmes marches.

Dans un mouvement désespéré, Sterling se jeta sur la rambarde en bois face à sa chambre. Il évita la chute en se rattrapant de toutes ses forces et posa ses yeux vitreux sur la personne qui se trouvait désormais à quelques mètres de lui. Si au début il n'était pas parvenu à la reconnaître, après une concentration acharnée et une recherche dans sa mémoire, il réussit à poser un nom sur son visage : « Bristyle ». Elle avait quitté Poudlard pour les études supérieures il y a deux ans maintenant, mais cette fille avait fait parler d'elle, et surtout de son renard bleu.

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13 févr. 2025, 11:17
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Ce n'est pas un Épouvantard. C'est la première pensée qui me vient lorsque la chose s'éjecte d'une pièce située face à l'escalier et percute la rambarde. Moi, je me suis immobilisée sur l'escalier au moment où il a jaillit. Mes doigts se crispent sur le mur contre lequel je les ai plaqué quand il est apparu, mon cœur rebondit contre ma cage thoracique. Mes doigts se crispent déjà sur ma baguette, j'imagine exactement quatre sorts différents pour me défendre, mais pas à un seul ne sert véritablement à la défense, tous sont des sortilèges d'attaque. Cependant, avant de prononcer mon Reducto je me rends compte qu'il s'agit d'un garçon. Plus exactement d'un adolescent.

« T'es qui, toi ? » demandé-je brusquement à mi-voix, le ton rendu grave par l'adrénaline qui s'est répandue dans mes veines.

Et encore avec un temps de retard, je prends conscience de son état : sa peau luisante, ses joues rouges, ses yeux à demi-fermés, le pyjama froissé, son corps affalé contre la rambarde. Cet enfant est au bout de ses forces. En une seconde, j'avale les quelques marches restantes et arrive sur le palier, motivée par une sorte de réflexe que je ne m'explique pas. Je sais juste que je ne le laisserais pas se ramasser sur le parquet si ses jambes se dérobent sous son corps. Je lève la main en m'approchant de lui mais ne le touche pas ; il semble à deux doigts de s'effondrer par terre.

« Tu tiens pas debout ! » lui balancé-je sur un ton sec, comme un reproche.

Je m'immobilise à quelques pas, mes yeux naviguant de son visage aux traits fatigués à son corps duquel je perçois quelques tremblements. C'est quoi, son problème ? Je sens l'agacement monter. Est-ce lui qui fait a fait ce bruit, tout à l'heure ? Si c'est le cas, c'est une véritable blague : pourquoi l'homme en bas ne sait-il pas qui se trouve dans sa maison ? Cet enfant est-il son fils ? Si oui, son père devrait savoir s'il se trouve ou non dans sa maison, non ? Se pourrait-il que cet adolescent ne soit qu'un squatteur ?

« C'est toi qui as fait ce bruit plus tôt ? »

Encore une fois, mon ton est cassant, réprobateur. Je plante mes yeux dans les siens pour lui faire comprendre que j'exige cette réponse et que je l'exige maintenant. Mes sens restent à l'affut : si je suis presque persuadée que c'est lui qui est responsable du bruit qui a résonné tout à l'heure, ce qui expliquerait le fait que ma baguette magique n'ait pas tremblé lorsque j'ai lancé mon sortilège de détection, cela ne m'empêche pas de rester prudente. Surtout dans une maison inconnue avec des inconnus. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de me demander : l'homme acceptera-t-il quand même que j'augmente mes prix puisqu'il ne s'agit pas d'un réel danger ? Il m'a demandé de m'en débarrasser et avait l'air angoissé — s'attend-il réellement à ce que je gère à sa place cet adolescent ? Si c'est le cas, il peut toujours se planter sa baguette dans l’œil et se l'enfoncer jusqu'au coude !

13 févr. 2025, 13:21
 South Holmwood  Quand les sortilèges ont un prix  PV 
La propriétaire du Renard Bleu avait levé les mains, comme pour soutenir l'adolescent qui semblait à peine tenir sur ses jambes. Sterling avait d'abord cru qu'elle allait le frapper, le ramener dans sa chambre par le col, ou qu'il allait être victime d'un sort sans avoir l'occasion de se défendre. Mais finalement, rien de tout cela ne se produisit. Le garçon resta agrippé à sa rambarde, tandis que l'adulte se contentait de s'approcher sans jamais le toucher. Une scène presque surréaliste pour quiconque connaissait un tant soit peu le tempérament de la louve solitaire. Sterling en fut d'ailleurs surpris. Si surpris que ses jambes cédèrent sous son poids.

Malgré ses tremblements, il parvint à retenir sa chute et se laissa simplement glisser le long de la rambarde pour s'asseoir, cherchant une position plus confortable. Il n'entendit pas les questions d'Aelle. Ses oreilles s'étaient soudainement mises à bourdonner.

Peu à peu, son ouïe et sa vue lui revinrent. Il en profita pour se frotter les paupières d'une main lourde avant d'ouvrir de nouveau les yeux et de contempler Aelle. Il voulait s'assurer qu'il s'agissait bien de cette fille qui avait été dans la promotion de son frère aîné, la propriétaire du Renard Bleu. Quand il eu la certitude qu'elle n'était pas le fruit de son imagination, il ne put retenir un rire.

- Si on m'avait dit qu'un jour Aelle Bristyle serait dans ma maison ! Il avait réussi à bavarder avant d'être pris d'une nouvelle quinte de toux, qu'il tenta si bien que mal de masquer en tournant la tête à l'opposé de son invitée. Une fois celle-ci passée, il replongea ses yeux rouges dans ceux de l'ancienne élève Poudlard. Je suis tombé de mon lit en voulant savoir qui était là. Ajouta-t-il pour meubler la conversation, comme si elle était venue pour lui et non pour un travail que son père lui avait confié.

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