Potager Misère de caractère ! J.F

Reducio
Emploi du temps de Miss Fleming : jeudi, 10 heures = "entretien du potager".


Contexte :
L'échec du dimanche.
Et le précédent échec à un service de vol.


lundi 9 octobre, lendemain du service


En cours de DCFM, Jacob réfléchissait comme rarement il le faisait. Pas sur le cours, sa tête était exceptionnellement ailleurs. Il était piqué. Une fois, c'était peut-être un peu de poisse ou un professeur dont la soupe de petits pois avait un peu trop sauté dans l'estomac. Deux fois, c'était une confirmation. Et quand les deux services en question étaient en vol et avec du matériel de quidditch, sa passion de toujours, ça faisait mal.

Jacob était très fâché contre lui-même. Pourquoi fallait-il qu'il se mette toujours à dos les mauvaises personnes ? Son DDM (qui n'était pas encore DDM au moment où avait eu lieu la confrontation, mais...) puis le professeur de vol, là, sa maison et sa matière préférée, c'était la totale. Manquerait plus que Miss Loewy lui retire à son tour des points... pour avoir terni la réputation de Poudlard, tiens, et il deviendrait une pointure (dans sa définition de spécialiste de la perte de points).

Il n'en pouvait plus de son inadéquation totale avec le monde des adultes. Ses parents, les professeurs. Il commençait à croire que la faute lui revenait et que c'était son caractère qui posait problème, pas la situation, pas l'adulte. Une sensation aussi de non-appartenance à ce Poudlard intellectualisé où même la seule matière qui ne l'était pas finissait par l'être via la perception du professeur qui l'enseignait. "Ne pas se précipiter." Et il se sentait mal. Oui, il se précipitait pour faire, pour aider et sa précipitation, une fois, deux fois, trois fois lui coupait des possibilités. Mais combien de fois aussi sa réactivité lui avait servi ?

Trop de voix lui disaient d'être prudent, réfléchi comme ceux qui étaient adorés des professeurs et des sabliers. Mais s'il avait la volonté mais juste pas les capacités d'être comme eux ? Il n'avait pas la finesse de réflexion d'Ennis et il avait l'impression qu'il serait malheureux à vouloir être comme eux. Pourquoi fallait-il que certaines compétences soient en permanence valorisées et qu'il en ait d'autres qui touchaient pour sa maison le fond de l'inutilité ?

Il voyait bien comment les autres travaillaient. Mais il n'avait juste pas envie de se forcer à travailler de manière zélée. C'était humain de faire sa part pour le contrôle et de ne pas dépasser les attentes quand ce n'était pas son domaine de compétences, non ?

Ni une, ni deux, le lundi midi, il savait où il allait aller. Un endroit qu'il aimait : derrière la cabane du garde-chasse, au calme. Ou non, pas exactement derrière la cabane du garde-chasse. Devant. Pour lire un emploi du temps. Celui de Miss Fleming. Elle n'était ni professeur ni élève - dans cette jeunesse que partageaient Mister Falkner, mais Jacob ne voulait pas croiser d'elfes et le Mister Falkner de l'année dernière était devenu professeur de SACM, et Miss Montmort, à laquelle il ne savait pas encore comment dire merci pour le Dominion - ne pas mélanger tous les problèmes en même temps : June, elle, était arrivée trop récemment pour être mêlée au Dominion. Elle saurait l'éclairer : est-ce qu'un caractère de Serdaigle était une condition pour s'en sortir avec les adultes dans cette école et dans les catastrophes façon Dominion ? Quid des autres maisons ? Et si on ne l'avait pas, il n'y avait pas autre chose que Poudlard quand on ne rentrait pas dans le moule ?

Jeudi 10 heures, leur première compatibilité d'emploi du temps. Miss Fleming "faisait le potager" ? Il n'y connaissait pas un radis. Mais il n'avait pas peur de se salir. Alors il était fermement déterminé : il aiderait au potager.


jeudi, 9h55 tapantes


Ni une, ni deux, dès qu'il aurait repéré Miss Fleming, il lancerait : "Bonjour Miss, j'aimerais vous aider !" Ni une ni deux : "Je suis pas très très adroit avec les tâches de finesse, mais je peux faire n'importe quoi qui implique de la force. Oups, pardon, Jacob, Gryffondor, Pratique et Ouverture, cinquième année." Il était droit dans ses bottes. Il allait d'abord aider de façon déterminée. Et ensuite, peut-être que l'apprentie garde-chasse accepterait aussi de l'aider à comprendre, ce qu'il fallait faire, par Godric, pour éviter de faire perdre des points à sa maison. Il ne décolérait pas contre lui-même et derrière son sourire et son regard déterminé, il avait ainsi beaucoup d'énergie à revendre pour aider à jardiner.


Miss @June Fleming :)

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

Potager Misère de caractère ! J.F
Jeudi 11 octobre 2046,

La journée de June avait commencée comme tous les jeudis matin. Elle avait passé une heure à s'occuper des charmantes - et moins charmantes - créatures du cours de Soin aux créatures magiques. C'était une activité qu'elle appréciait mais qui demandait beaucoup d'énergie. Elle était ravie de la diversité des tâches que Hagrid lui confiait. Mais certaines nécessitaient sans aucun doute qu'elle sorte de sa zone de confort. Ce n'était pas le cas de l'entretien du parc, du potager et des plantes des serres de Botanique. C'était son domaine et cela lui permettait de se détendre et de s'épanouir pleinement dans son travail.

La jeune femme arriva au niveau du potager à 10 heures précises et elle fut assez surprise d'y trouver un élève. Il semblait plutôt âgé. Il devait bien avoir au moins seize ans, voire dix-sept. Il avait des cheveux bruns en bataille et un regard déterminé. Il lui proposa son aide, comme s'il y avait mûrement réfléchi. Puis il se présenta. Il semblait pressé, comme si le fait d'aider représentait une nécessité, un besoin vital devant être assouvi à l'instant même. Elle lui répondit en souriant.
- Et bien enchantée Mister Tramontane. June Fleming, la nouvelle apprentie garde-chasse. Mais ça, vous le savez déjà.
Du moins le supposait-elle. S'il était là, ce n'était pas par hasard. Il avait dû avoir envie de travailler au potager et l'avait donc cherchée en personne. Elle comprenait parfaitement. C'était l'activité parfaite pour se vider la tête.

- Je ne suis pas contre un peu d'aide. Et ça tombe bien si vous aimez les travaux de force, aujourd'hui j'avais prévu de retourner la terre de cette parcelle pour la préparer aux semis des légumes d'automne. Il faut d'abord enlever toutes les pousses, les herbes et les racines qui restent. Vous pouvez les jeter sur le côté. Puis il faudra répandre un peu de compost et enfin retourner la terre avec la bêche que voilà, juste en surface. Nous allons faire tout cela ensemble bien sûr. Vous n'aurez qu'à imiter mes gestes. Je vous conseille de mettre des bottes si vous ne voulez pas salir vos chaussures. Voici aussi des gants.

En même temps qu'elle parlait, June lui montrait les différents outils, puis elle lui tendit la paire de gants. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi il était venu jusqu'ici lui proposer son aide. Ça n'avait rien d'habituel, d'après sa courte expérience. Ne préférait-il pas les activités futiles mais pourtant essentielles que l'on aimait à cet âge, comme s'amuser, bavarder ou simplement être en présence de ses amis ? Peut-être finirait-il par se confier sur les raisons de sa présence.

∞ Garde-Chasse In RP de septembre 2046 à juin 2048 ∞

Potager Misère de caractère ! J.F
Les mauvaises herbes.

La botanique et Jacob avaient eu une affinité certaine. Ils s'étaient rencontrés enfant, alors qu'il visitait la serre de Cambridge en compagnie de Megan, qui le lui avait présentée. La botanique, il l'avait retrouvée de Cambridge à Poudlard, de tige en nervure, toute une histoire. Lors de leur première fois à Poudlard, ses yeux malicieux croisaient l''"Hortensia morveux" et les "salades croqueuses" en première année.

Il avait couru en deuxième année en compagnie d'Ennis entre les champignons, les fleurs et les plantes qu'il avait trouvés amusants, dépaysants, une présence colorée face au gris délavé des bâtiments. Au nom de la botanique, il avait même aidé le nouveau venu, un très vieux monsieur à aménager la serre. Ou essayé. Puisque... fin, c'était bien la raison de sa venue. Ca avait été encore un échec. ECHEC. Qui l'avait d'ailleurs motivé à changer dans la foulée ses plans en arrêtant l'option botanique en quatrième année après en avoir fait partie en troisième année.

Ainsi, la botanique et lui, c'était du passé. Et à la vue des... à la vue des -plantes-, des frissons parcoururent soudainement sa peau, qui se secoua une demi-seconde avant de se figer.
Trop tard.
Guet-apens.
Des ronces.

Complètement figé, planté comme un figuier de plusieurs centaines d'années. Mais que s'était-il seulement imaginé ? Récolter de lourds légumes. Mais bien sûr, il s'agirait aussi de plantes. D'arracher des plantes. De rrrrr.... D'arrrrrracher des ronces. De la terre, pas de sa peau. Mais d'arracher des ronces. Arracher des ronces. Idée fixe. Intérieurement, sa réaction de stupéfaction devait ressembler à un boursouflet rose ayant croisé le roi des alligators.

Euh. Ah oui. Mais non. Il n'y eut même pas de vague de panique intérieure, d'envie de faire des pas en arrière. Il s'était juste complètement figé comme une de ces dominiesques statues de pierre, instant arrêté, souffle des secondes coupé. Pierre à la mine décomposée. Grand froid écossais.

Pour un Gryffon aussi dynamique que lui, la muette immobilité portait le très très mauvais. Il serra ses dents pour se donner une consistance, serra les poings, reprit avec peine le contrôle, prit sur lui derrière son sourire immobile. Prenant les gants et remerciant, répandant ce pétillement apparent qu'il savait par réflexe donner à son regard pour ne rien laisser paraître au reste de son corps, activant un pas en avant avant de s'accroupir pour réaliser la tâche assignée. Son regard piquait de souvenirs ; les ronces transperçaient ses pensées.

Et en enfilant ses gants, ses mains zébrées par les copines de ses plantes qu'il avait expérimenté enfoncées dans sa peau, puis arrachées de sa peau, étaient bien visibles. Le tissu rugueux râpa ses cicatrices, dont les plis n'avaient pas pris une ride. Il aurait cru les sentir à nouveau s'ouvrir, la peau lacérée partir en lambeaux. Il s'était déglacé au bout d'une vingtaine de secondes - mais ce furent les vingt secondes d'immobilité les plus longues depuis sa rentrée.

Il examina les ronces. Piquées comme une seringue, comme des dizaines de seringues, perforant, coupant, déchiquetant, dents de vampire, jusqu'au sang. Il se concentrait pour déglutir tout en tirant sur ces mauvaises herbes. Déglutir et se concentrer. Il finit par arracher le premier plant et l'envoyer au loin, le plus loin. Ses sourcils au milieu du front, dans l'inconfort de la situation. Gloups. Et là, Miss Fleming était toujours là, là. C'était impoli de ne rien dire. Déglutir. Il fallut encore un instant - il avait oublié dans la marée de terreur ce pourquoi il était venu.

Il réaccorda son intériorité à cette apparence d'assurance qu'il avait depuis la rentrée l'habitude de garder quoi qu'il put arriver : "Apparemment, vous aviez été à Gryffondor. J'y suis aussi. Ce n'est pas le problème. Ou si. Je suis comme ma maison. Je suis fort, rapide, réactif... exactement des qualités qui sont inutiles à Poudlard. A Poudlard, soit on maîtrise les abstractions et on a une intelligence théorique et un profil prudent-rationnel-solitaire-bloqué au bureau, soit on fait perdre des points à sa maison. C'est mon impression." Et plus qu'une impression, une conviction.

"Alors, pourquoi avoir créé 4 maisons si in fine on ne reconnaît les qualités que de celle des Aigles dans les mentalités et dans les sabliers ? J'ai même cherché à la bibliothèque. A l'époque de Potter les Gryffondor étaient encore récompensés pour leur courage. Mais Merlin, quel sens à être à Poudlard aujourd'hui sans être un de ces Serdaigle de bureau ?" Hormis pour faire des statistiques équilibrées en participant négativement par retrait des points, il ne voyait pas. Il avait légèrement avivé le ton à la fin, jamais touché l'agressivité mais montré à quel point il était profondément, intensément concerné par le sujet.

Voilà. C'était ce qu'il avait sur le coeur, un mélange d'incompréhension, de lassitude, d'exaspération et de rejet. Environ. Il en avait assez de ce système, assez. Et il n'était pas prêt de décolérer, ni contre lui foncièrement inadapté au système ni contre ce système qu'il se prenait à détester, le service de vol ayant apporté cette étincelle qui avait enflammé une colère latente.

Il savait maintenant ce qu'il se sentait. Une mauvaise herbe. Exactement, ce sentiment. Il l'avait saisi ! Il était aux yeux de l'enseignement de Poudlard une mauvaise herbe. Et cela l'insupportait. Son indignation, sa révolte, sa grande tristesse au fond sous des kilos de colère, de devoir faire perdre des points à sa maison juste parce qu'il avait été décidé que certaines qualités étaient supérieures à d'autres et que ce serait celles qu'on imprimerait à tous les sorciers - puisque Poudlard était un passage obligé ; son indignation ne se tempérait pas, non.

"Toutes mes excuses. Je suis vraiment très très très fâché contre moi-même. Je me suis laissé emporter. Je pensais qu'en tant que Gryffondor vous-même, vous sauriez m'expliquer." Enfin, peut-être que quand vous, vous l'étiez, ça ne s'était pas encore autant dégradé.



Reducio
Et comme ça va toujours mieux en le précisant, je n'ai en tant que plume aucune difficulté avec la maison Serdaigle, le personnage non plus d'ailleurs. C'est ici la question de l'inégale valorisation des types de compétences d'après lui qui est soulevée par le personnage 🙂

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

Potager Misère de caractère ! J.F
Lorsque June mentionna le désherbage, elle crut ressentir un léger changement dans la posture du garçon, comme s'il s'était figé l'espace d'un instant. Il la remercia, attrapa les gants et les enfila. La jeune femme crut apercevoir des cicatrices sur ses mains. Elle se demanda ce qui avait pu lui arriver. Mais elle n'eut pas le temps de se poser plus de questions car il se mit aussitôt au travail. Il semblait concentré sur sa tâche et resta muet pendant un moment. June passa ses gants également et commença à désherber. Le silence ne lui posait pas de problème, surtout lorsqu'elle avait les mains dans la terre. C'était presque méditatif, ses pensées s'apaisaient et elle soignait chacun de ses gestes.

Mister Tramontane envoya valser un vieux plan avec force. June ne put s'empêcher de remarquer que quelque chose n'avait pas l'air d'aller très fort pour lui. Peut-être de la colère, se dit-elle. Il prit alors la parole et son intuition s'en trouva confirmée. Il avait visiblement beaucoup de choses à dire et pas mal de rancœur. La jeune botaniste n'était pas certaine de comprendre où il voulait en venir. Elle commença prudemment. Loin d'elle l'idée de nier les ressentis que pouvait avoir ce jeune garçon.
- Oui, j'étais également à Gryffondor. C'est une belle maison et je pense réellement que les qualités que vous citez sont très importante à valoriser, au château comme dans la vie.

Lui expliquer ? Elle ne savait même pas exactement à quoi il faisait référence. Elle tenta d'en savoir plus.
- Qu'est-ce qui a pu vous mettre à ce point en colère contre vous même si ce n'est pas indiscret ?
Croyant entrevoir plus ou moins ce qu'il voulait dire, elle tenta un début de réponse :
- Et bien, il est vrai que dans le milieu scolaire, certaines qualités sont forcément plus mises en avant, comme la réflexion ou le savoir. Ce sont des qualités qu'on attribue à Serdaigle, mais ça ne veut pas forcément dire que les élèves des autres maisons en sont dépourvu pour autant. Et puis, je suppose que la vaillance n'est pas non plus inutile dans bien des cas à Poudlard. Je pense par exemple aux cours de Défense contre les forces du mal ou encore de Soin aux créatures magiques. Il ne suffit pas de savoir ses cours sur le bout des doigts. Il faut aussi du courage, de l'habileté, de la détermination. Vous ne croyez pas ?

∞ Garde-Chasse In RP de septembre 2046 à juin 2048 ∞

Potager Misère de caractère ! J.F
L'arrachage des ronces passait pas à pas. Il était vrai que ça lui paraissait plus naturel dans ce sens, quand c'était ses mains qui arrachaient les ronces et non les ronces qui arrachaient la peau de ses mains. Mais il se méfiait : ces plantes, elles sont capables de tout ! Elles peuvent être plantées dans une main, un bras, un cou ! être peu et devenir beaucoup ! être ensorcelées tout à coup ! Peuh, il les envoyait valser loin avec toute la force du pur dégoût.

"Je parle d'un moule défini par hasard comme le meilleur. Et si on ne rentre pas dans le moule... on fait perdre des points à sa maison dans les devoirs et les services. Et j'en ai assez, assez de ce discours qui nous floue : à Poudlard, quatre maisons pour correspondre à et valoriser *haha* tous les profils." C'était comme une fabrique de gâteaux : on devait rentrer de force dans un moule. C'est comme si on essayait d'appliquer la recette pour faire une bonne patacitrouille avec les ingrédients d'une mincepie. Ce serait un échec retentissant. Il faut s'adapter aux ingrédients pour faire sa recette. Eh bien voilà, pourquoi si on s'adaptait aux ingrédients pour faire la recette, on ne s'adaptait pas aux capacités de chacun des poudlariens pour la recette de l'enseignement, hein ?

La colère de Jacob piétinait comme cette ronce qui lui résistait. L'apprentie garde-chasse l'interrogeait sur la raison de sa colère, il allait y revenir. Ah ça, c'était une colère plantée dans sa peau, une colère épineuse comme une ronce, une colère qui ne voulait pas aisément partir. Le service de vol avait en fait été plus un déclic qu'un motif profond : "C'est pas que le dernier service raté... c'est l'accumulation en quatre ans ! En quatre ans, je n'ai jamais croisé un seul cas où la vaillance ait été valorisée, où on ne l'ait pas qualifié de -citation de prof de vol- "précipitation". J'en ai assez de devoir m'acharner pour réussir malgré mes qualités et jamais grâce à elles." On lui avait volé sa matière préférée. On l'avait intellectualisée pour valoriser encore le modèle prudent-patient-rationnel-calculateur habituel. Et il avait encore presque trois ans à passer à Poudlard, des centaines de jours, des milliers d'heures !

Elle citait la DFCM. "La DFCM ? Mais le prof de DFCM était le premier à qualifier d'immaturité les Dominiés *les Dominiés, je répète les Dominiés (?!)* qui avaient fait preuve d'un peu de cran. Parce que mettre son nom pour aller risquer sa vie, faut un peu de courage, non ?" Pas d'chance, le courage n'était pas dans les qualités estampillées "supérieures", celles qui faisaient gagner l'estime et les points. Et la SACM, il trouvait que c'était comme s'il ne connaissait pas, il avait été interrogé sur des cours qu'il n'avait pas à cause de sa filière l'an dernier. C'était une autre difficulté.

"DFCM ou SACM, ce qui est noté, c'est avant tout des copies. Il n'y a pas de question de détermination dans des copies. Et les épreuves pratiques, dès qu'on n'y arrive pas, boum, on nous reproche d'être téméraire ou irréfléchi, alors franchement, j'ai du mal à croire que le courage nous aide à y arriver." Il envoya vivement une ronce au loin.

"Alors j'aimerais savoir si quand vous étiez à Poudlard, dans le concret, ces qualités que vous trouvez vous aussi "importantes à valoriser" étaient déjà aussi dévalorisées qu'actuellement. Si quand vous étiez à Poudlard, il y avait déjà ce moule unique, le portrait-robot prudent-patient-raisonnable-rationnel. J'aimerais comprendre comment c'est arrivé."

Il n'avait pas arraché autant de ronces qu'il n'avait arraché de mots. Il s'y remit de plus belle, forçant sur ses poignets pour évacuer sa frustration en envoyant les ronces ballader plus loin. Encore quelques-unes et il aurait presque terminé son coin. Mais sa colère elle, restée interminée. Il s'en voulait, il s'en voulait. Et il s'en voulait, encore. Et son ton vif portait tout autant les couleurs de sa détermination que de sa frustration.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

Potager Misère de caractère ! J.F
June continuait son travail de désherbage, mais bien plus lentement qu'à son habitude. Elle avait du mal à faire plusieurs choses en même temps, surtout lorsqu'il s'agissait d'écouter quelqu'un. Et ce jeune homme semblait avoir plus que besoin d'être entendu. Elle savait que la qualité d'écoute avait une grande importance, bien plus que tout ce que l'on pouvait répondre ou que tout les bons conseils que l'on pouvait avoir en stock. Au fond, chacun avait déjà les réponses au fond de lui-même. Écouter vraiment, écouter de tout son être, était un exercice qui nécessitait une pleine attention et qui ne laissait guère de place pour autre chose.

Mister Tramontane avait l'air de penser que l'une des maisons de Poudlard était plus valorisée que les autres. Que certaines qualités étaient nécessaires pour ne pas "faire perdre de points à sa maison". Il lui confirma par la suite qu'il avait raté un service récemment mais ce n'était pas la seule expérience négative qu'il ait eu.
- Oui, je vois. Malgré votre courage et votre vaillance, vous avez fait perdre des points à votre maison car vous n'avez pas réussi le service ?
June avait du mal à concevoir qu'un élève volontaire et qui venait pour aider puisse faire perdre des points à sa maison.

Elle n'avait apparemment pas touché juste en parlant des matières qui selon elle nécessitaient d'avoir du courage. Les Dominiés ? June eut besoin d'un moment pour comprendre. Elle avait bien sûr lu l'article de la Gazette du sorcier sur le tournoi du Dominion mais cela restait assez flou dans son esprit. Elle n'avait d'ailleurs pas très bien compris comment ces écoles avaient pu laisser courir un tel danger à leurs élèves. Elle s'était simplement dit qu'ils n'avaient pas eu le choix face aux Lignées.
- Vous faites partie des élèves qui ont été envoyés dans le Dominion ? Effectivement, il faut un sacré courage, ne serait-ce que pour songer à le faire. Et je suppose que vous avez été récompensé pour cela, non ?
Les élèves ayant participé au tournoi avaient sans doute reçu des points pour leur maison, cela lui paraissait évident. Elle pensa alors que c'était un évènement plutôt récent et qui devait sans doute encore beaucoup toucher le Gryffondor. Peut-être que ça avait un lien avec son sentiment d'injustice actuel.
- Ça a dû être une expérience difficile à vivre. Est-ce que les élèves qui ont participé au tournoi on reçu un suivi ? Est-ce que vous pensez que vous vous en êtes remis ?
C'était des questions assez personnelles mais qu'elle n'avait pu empêcher de franchir ses lèvres. Elle avait complètement arrêté de s'occuper de la terre à présent. Elle ne s'attendait pas du tout à ça en commençant cette journée. Ce jeune homme avait dû subir un sacré traumatisme dans ce lieu maudit.

- Le professeur de DCFM, vous parlez de Mister Dole ?
Elle avait du mal à croire que Mark ait pu traiter un élève d'immature parce qu'il s'était proposé de participer au tournoi. Mais elle préféra ne pas poser de question sur la discussion qu'ils avaient eu. Elle préférait en parler avec lui de vive voix. Le discours de Mister Tramontane était sans doute faussé par la colère. Quoi que Mark ait pu dire, il avait sans doute ses raisons. Il avait dû se sentir tellement coupable d'envoyer ses élèves au désastre.

Le jeune homme lui posa alors une question très directe sur son ressenti à l'époque de sa scolarité.
- Personnellement, lorsque j'étais élève, je n'ai jamais ressenti que l'on valorisait plus une maison au détriment des autres. Mais j'avoue que j'aimais beaucoup étudier. Il y avait malgré tout des distributions de points lors de manifestations de courage spontanées. Je ne sais pas si c'est toujours le cas ? Mais c'est vrai qu'une école reste une école. Le savoir et les connaissances seront toujours au premier plan. Et puis, il est sans doute difficile de reconnaître et de récompenser le courage, c'est une notion qui reste assez subjective. La seule chose que l'on peut réellement prendre en compte c'est si l'exercice est réussi ou non. C'est impossible pour l'enseignant de savoir ce qui se passe dans la tête de son élève. Mais peut-être avez-vous des idées pour récompenser le courage ? Vous pourriez les soumettre aux professeurs ?

@Mark Dole pour la mention ^^

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