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3 mai 2019, 22:03
Tentacules et pages trempées.
Rp avec @Rey Sifferlen
Durant les vacances de Pâques.
18 avril 2044.


Pas de chasse au lapin en chocolat dans le jardin cette année pour la petite Elfia. Elle passait ses vacances à l'école, à Poudlard, entre les manuels scolaires, les parchemins de devoirs et quelques friandises à grignoter. Du haut de sa chaise de bureau elle balançait ses pieds par ennui, mordillant une boule de gomme à la fraise entre ses dents. Les yeux rivés dans le vide, dans le lointain des songes, des rêves, loin des travaux à rendre à la reprise des cours. Elle laissa échapper de long soupirs en pensant à la lettre qu'elle avait reçue il y a quelques jours, de sa mère Syrenne, cette enveloppe parfumée à la rose, son odeur. La fillette ouvrit son carnet noir, et avec attention elle déplia le papier, sans trop le froisser.

Petit trésor,

Elfia, bonjour ma chérie, c'est maman. J'espère que tu vas très bien, que tout se passe pour le mieux. Tu sais, depuis que ton grand père Klaus s'en est allé, on s'inquiète beaucoup à ton sujet. Mais oui je sais, il ne faut pas. Grand mère se remet difficilement de ce départ tragique, c'est pour cela que cette année, durant les vacances, on se rend chez elle, à Findhorn. Moi et Thomas. Kent va séjourner chez tantine Constance. Tu le comprends donc, nous ne serons pas ensemble. Ne sois pas triste petit trésor, on se revoit vite, pour sûr. Nous allons prendre la route. On t'embrasse, on t'aime.

Maman.

C'est avec une mine boudeuse qu'elle replia le papier griffonné puis sagement elle le rangea dans son carnet, pour ne pas le perdre. Elle aussi aurait aimée être auprès de sa grand mère, cette femme qui portait le même prénom qu'elle Elfia. Un modèle, une sagesse, une sérénité, un doux morceau de vie. Elle l'aimait tant. Le chalet à l'odeur de thé lui manquait terriblement. "Pourquoi es tu parti si tôt grand père Klaus..?" La fillette secoua nerveusement la tête, ce n'était pas le moment de pleurer, d'être triste, il faisait bien trop beau pour ça, cette après midi s'annonçait ensoleillée et revigorante. Non. C'était le moment de sortir, sortir de cette pièce trop silencieuse, trop étouffante. Le lac, le parc, de loin, semblaient bien plus paisibles. C'est donc avec entrain qu'elle quitta le dortoir, son carnet noir à la main. Sortir sans lui? Non. Elle se sentirait bien trop seul. Tout était si calme dans les couloirs, le silence se promenait entre les murs froids du château. Du bout des doigts elle effleura la paroi rocheuse, granuleuse, la pierre. C'était apaisant, pas désagréable du tout. Dans le parc, Elfia huma à plein poumon l'air frais du dehors, cela faisait tant de bien. Elle ressentait une certaine sensation de liberté, de tranquillité. Elle avançait en douceur, sagement, un léger sourire scotché sur les lèvres. Aucune brise ne venait déranger ses cheveux noirs pour une fois, ils restaient donc assez bien coiffés. Sa marche continua jusqu'au grand lac, là où se trouvait, apparemment, une étrange créature à tentacules, un calmar géant. Elfia ne l'avait jamais vue de ses propres yeux. C'était l'occasion aujourd'hui, avec un peu de chance, peut être que la bête allait montrer le bout de son nez. La fillette se pencha en avant, pour caresser l'eau, la frôler, la toucher. Elle prit soin de ne pas mouiller le bas de son jean bleu délavé. Elle forçait son appuie contre le sol quelque peu glissant, il ne fallait pas tomber. Le temps était beau et assez chaud certes, mais assurément pas l'eau du lac. La baignade ne serait pas très amusante. Elle posa délicatement son carnet à côté d'elle pour pouvoir ainsi plonger ses deux mains, pour les promener dans une douceur relaxante. Elle étira son sourire, la fillette profiter, savourer, de ce bon moment de tranquillité. Sans pensée, sans bestiole, sans bruit. Elle jeta un coup d’œil sur sa gauche, là où le carnet devait ce trouver. Pardon? Quoi? Comment? Il n'était plus là le jardin secret. Il n'était plus là le compagnon. Il n'était plus là l'ami fidèle. Elle n'était plus là, l'enveloppe de sa mère. "Non non non, pas ça non, c'est pas possible! Où es tu? Il ne peut être que dans, dans le lac? Ouais, super, dans le lac...Pas l'choix." Elle devait à tout prix le récupérer, il était hors de question de repartir sans lui, de continuer sans lui. Il n'avait pas le droit de la laisser, elle n'avait pas le droit de le laisser. Elfia, déterminée, enleva rapidement ses baskets argentés. Elle plongea ses pieds sans hésitation dans l'eau froide, très froide. Ses mains faisaient des cercles vers le fond, cherchant à attraper l'objet perdu. Elle laissa échapper quelques jurons dans ses murmures. "Fais chier quoi.. Fallait que ça arrive à moi.."

La fillette s'éloignait peu à peu du bord, de la sûreté. La fillette se rapprochait peu à peu du danger.

●○ Les crayons cassés colorient malgré tout. ○●

5 mai 2019, 17:50
Tentacules et pages trempées.
"Maaaawou"


Rey lisait depuis une bonne heure déjà dans un fauteuil de la salle commune circulaire des poufsouffles, emmitouflé sous un plaid, au coin du feu. Son livre, Dragons de Grande-Bretagne et d’Irlande,  le passionnait tellement qu'il faisait abstraction de tous les bruits extérieurs. Le monde pouvait s'écrouler autour de lui qu'il ne s'en rendrait même pas compte. Il était im-per-tu-ba-ble.

"Maaaaawoouu !"

C'était sans compter la capacité d'Athéna de lui vriller les tympans avec son désagréablement miaulement empli de reproches sous-entendu. Il l'observa par dessus son livre. Elle vrillait sur lui ses prunelles fendues noyées dans un océan vert-bleu, semblant attendre une réponse de sa part. Et il avait intérêt à lui répondre, sinon elle lui ferait passer un mauvais quart d'heure. Rey soupira.

- Qu'est c'que tu veux ? Lui demanda-t-il.

Pour toute réponse, l'animal disparut dans le tunnel qui marquait l'accès à la salle commune des poufsouffle. Rey leva un sourcil puis soupira à nouveau d'un air accablé avant de reprendre sa lecture là où il l'avait laissé. Parait-il qu'Athéna avait du sang de flaireur à ce qu'avait dit le vendeur à Meerah lorsqu'elle l'avait choisit sur le chemin de traverse. Soit il lui avait menti, soit ce sang venait d'un très lointain ancêtre de la chatte. D'ailleurs, à part une fourrure ocellée et une agressivité hors norme dans ces mauvais jours, elle n'avait aucune caractéristique de ces créatures intelligentes.

"MAAAWOUU !"

La garçon sursauta tellement fort qu'il en lâcha son précieux bouquin. Le cœur battant, il se tourna brusquement vers le chat, agacé de s'être fait surprendre et dérangé une seconde fois.

- C'est quoi ton problème ? S'écria-t-il. 

Si la salle commune n'était pas presque déserte du fait des vacances de Pâques, certains l'auraient regardé de travers pour s'énerver ainsi sur son chat. Mais fort heureusement pour lui, aucun défenseur des droits des animaux se trouvaient dans les parages. La chatte redisparue de la salle commune d'une démarche nonchalante, avant de revenir vers son maître. Elle réitéra le manège plusieurs fois avant qu'un éclair de lucidité traverse l’esprit du garçon.

- Oh ! Tu veux que je te suive, c'est ça ?

Un miaulement, qu'il interpréta comme blasé, lui répondit et Rey se demanda finalement qui était le plus bête des deux. Il hésita avant de poser définitivement son livre et de la suivre. Il faisait beau, se promener hors de la salle commune et voire même dans le parc ne lui ferait pas de mal. C'est d'ailleurs dans ce dernier que le conduisit Athéna. Dès qu'elle franchit les portes, elle se mit à galoper comme si elle avait pressenti que le fantôme de Rusard leur serait tombé dessus s'ils avaient entamé cette course dans le château. Rey la suivit à bout de souffle jusqu'au bord du lac. Là, la chatte s'assit en regardant fixement l'eau. Le garçon regarda dans la même direction.

- Mais qu...? S'étonna-t-il en voyant une fille toute habillée, l'eau lui montant jusqu'aux cuisses.

- Mais qu'est ce qu'elle fiche ? demanda-t-il plus pour lui-même que pour la chatte. Cependant celle-ci répondit par un miaulement que bien évidemment, il ne comprit pas.

Néanmoins, à un mètre de la fillette, un carnet semblait flotter bizarrement. En effet, il ne suivait pas du tout le rythme des remous de l'eau et semblait répondre à force totalement différente. Lorsqu'un mouvement ascendant plus haut qu'un autre laissant entrevoir une ventouse, la bouche du garçon s’arrondit en un "OH" muet. Son regard passa du carnet à la fillette, puis de la fillette au carnet et un pressentiment le submergea. Il mit alors ses mains en porte-voix.

- ATTENTION ! Cria-t-il, Y'A LE CAL...! 

Trop tard, la fillette fut projeter en hurlant dans les airs par un gigantesque tentacule. Le calmar du lac s'ennuyait aujourd'hui et avait envie de jouer. Même si Rey savait qu'il était inoffensif, en était-il de même pour la petite sorcière qui s'était engouffrée innocemment dans l'eau, probablement dans l'intention de récupérer le carnet qu'il avait vu. Décidément, les animaux à Poudlard étaient franchement intelligent.
Dernière modification par Rey Sifferlen le 28 nov. 2020, 18:24, modifié 2 fois.

16 mai 2019, 10:12
Tentacules et pages trempées.
La froideur de l'eau commençait à glacer ses maigres chevilles, pour ensuite remonter jusqu'aux cuisses. Ses mains s'enfonçaient de plus en plus entre quelques jurons. Ses pieds s'éloignaient de plus en plus entre quelques algues bizarres. De très grosses algues gluantes à son goût. Elle sursauta lorsque quelque chose d'étrange chatouillait ses jambes. Dans une légère peur elle recula. La fillette secoua vivement la tête pour revenir à sa quête principale, le carnet noir. Ses gestes étaient plus vifs, plus rapides. Un sentiment angoissant noua sa gorge. Un pressentiment la poussa contre la rive, il fallait y aller. La fillette serra les poings fortement puis baissa la tête. Elle se retourna avec le cœur lourd pour rejoindre le bord, elle fronça les sourcils pour distinguer la silhouette au loin, juste en face, une tignasse rousse, un regard vif. "Rey, le capitaine?". Une de ses mains contre son front pour cacher le soleil, plissant les yeux elle l'observa de loin, elle n'était pas certaine que ce soit lui. Soudainement sa voix résonnait au dessus du lac.

- ATTENTION ! Y'A LE CAL...!

"Hein? Quoi?"

Trop tard pour reculer petite. Trop tard pour te rendre compte petite. Trop tard pour esquiver, petite. A une vive allure, elle courra vers le garçon, essayant tant bien que mal de ne pas s'emmêler les pieds. "C'était sa, c'était lui, le Calmar géant..!" Une courbe, une patte, non. Un tentacule gluant enroula une de ses jambes. Ses yeux bleus s'arrondirent au dessus de la bête, de la grosse bête. Il était énorme, visqueux, gros, il faisait danser ses grands bras autour de la fillette. Elle trembla, les larmes au bord des yeux. La fillette fixait les ventouses qui se cachaient sous les tentacules rosés.

- RELÂCHE MOI !! J'REVIENDRAIS PLUS !

Elfia essayait de se débattre, de sortir de l'emprise du Calmar, elle était devenue en quelques secondes sa proie, son jouet, sa cible. La peur faisait faire des choses idiotes, comme si la grosse bête allait répondre. "Baliverne..". Les yeux fermés, le souffle saccadé, elle bougea dans tout les sens, donnant des coups de pieds dans le bras du Calmar. Celui-ci s'amusait, la fillette virait à gauche puis à droite, puis, de haut en bas. Ce n'était pas violent, mais cela suffisait pour donner des envies de vomir.

- AAAAAAAAAHHHHHHHHHHhhhhhh !

La peur brisait sa voix, faisait trembler tout ses membres. Quand allait-elle rejoindre le sol? Là où était le garçon. Non loin de lui, ses joues devinrent rouges de honte, il se tenait aux premières loges face au spectacle, face à la scène, elle était assurément au mauvais endroit au mauvais moment. Elle repensa à sa perte, son carnet noir, son jardin secret, il était donc perdu? Disparu? La bête adoptait une expression de satisfaction, une mine amusée, elle se moquait? Était-elle coupable? La voix naturellement cassée, elle cria:

- Si c'est toi qui a mangé mon cahier grosse bête! Il faudra le recracher! dit-elle en pointant la créature du doigt, toute tremblante.

Les tentacules en mouvement, le calmar serra doucement la cheville d'Elfia pour sans doute, ne pas la laisser filer. Le contact des ventouses lui donna des frissons.

●○ Les crayons cassés colorient malgré tout. ○●

26 mai 2019, 22:36
Tentacules et pages trempées.
Le calmar balançait, du bout de son tentacule, la fillette dans des mouvements que Rey jugeait parfaitement vomitifs. Elle devait vraiment avoir l'estomac en vrac en plus de la trouille qu'elle vocalisait à la perfection. Le rouquin grimaça. La situation était pour le moins amusante mais ce n'était pas très gentil de la laisser ainsi, en proie à la panique. Il capta quelques brides de la "discussion" qu'elle entama avec la créature. Le cahier qu'il avait vu était donc bien le sien. La question existentielle qu'il se posa était donc : devait-il sauver la fille ou le carnet en premier ? Sachant que ce n'était pas bien grave si la première prenait l'eau, il savait la gente féminine plus coriace que ça, le calcul fut rapide. Le carnet en priorité. 

Tandis que le calmar continuait de s'amuser avec la fillette en la lançant dans les airs puis en la rattrapant avant qu'elle ne retouche l'eau - bonjour l'angoisse -, Rey chercha du regard le carnet qu'il avait vu en arrivant. Il s'avança prudemment de la berge et la longea jusqu'à retrouver le tentacule voleur. La bête était maligne, de loin, on aurait dit qu'elle faisait exprès de garder les pages au secs. Le garçon sortit sa baguette de sa poche et la pointa vers le bout de bras qui dépassait. Il essaya de viser mais il devait s'avouer qu'il n'arrivait pas à focaliser sa cible de si loin. Il râla tout haut, il n'allait pas avoir le choix de se mettre aussi à l'eau. Il enleva ses chaussure et ses chaussettes, hésita, puis enleva aussi sa robe de sorcier au cas où. Il remercia Merlin d'avoir ce jour-là un caleçon des plus classiques et non pas celui avec des petits dragons voletant, beaucoup trop privé. 

Baguette en main, il entra dans le lac noir en gardant les yeux sur les trop nombreux tentacules du calmar. Au moindre mouvement suspect, il ferait machine arrière. Il frissonna, l'eau était beaucoup trop froide à son goût et son petit torse nu n'appréciait pas vraiment le vent frais du récent printemps. Il allait attraper un rhume avec cette histoire, c'était quasi-sûr. "Quelle idée, non mais quelle idée ! Brrrr !"

- Lashlabask ! cria-t-il lorsque le carnet fut à porter de baguette. Wingardium Leviosa, enchaina-t-il juste à temps tandis que le tentacule se recroquevillait de douleur en abandonnant le carnet au lac. 

Si ses sortilèges avaient fonctionné, Rey savait qu'il n'avait que quelques secondes avant que le calmar vienne le chercher. Ses grondements et l'accélération du mouvement des tentacules - même celle tenant la petite sorcière - ne laissaient place à aucun doute : il venait de l'agacer. Il recula pas à pas tout en faisant léviter le carnet jusqu'à lui. Mais il allait bien trop lentement. Comme au ralentit, il vit un tentacule s'approcher de lui. Il essaya de s'échapper, en vain. Son dernier acte héroïque fut, d'un mouvement de baguette, de projeter le carnet vers la berge. Il lui manqua cependant quelques centimètres pour qu'il atteigne le sol sec et c'est un petit "plouf" qui l'accueilli. Heureusement, Athéna veillait au grain et sauva de la noyade les pages de ce livret sans doute précieux. Ce fut bien la dernière chose que vit Rey avant de faire un arc de cercle dans les airs.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH, hurla-t-il de manière presque aussi aiguë que la fillette. 

Après quelques moulinets, il eut le droit à une pause des fortes sensations. La créature du lac le faisait tanguer plus lentement. Il crut néanmoins qu'il allait vomir. Il remercia Tally et le quidditch pour lui avoir fait vivre pire que ça, ce qui lui permit de garder le peu de dignité qui lui restait. En effet, pendu la tête en bas, en caleçon, il n'avait pas l'air d'un grand sauveur. La fillette, à présent à côté de lui dans leur mésaventure, ne lui était pas inconnu. Elle était une des rares élèves de poufsouffle à être resté au château pendant les vacances de Pâques. Super, fallait que ça tombe sur une poufsouffle. Le visage de Rey vira au rouge carmin, coloration qu'il devait autant à sa gêne de sa tenue qu'au sang qui commençait à lui monter au cerveau.

- Elfia, c'est ça ? Demanda-t-il d'une voix peu assurée. On va s'en sortir, j'ai encore ma baguette ! dit-il en la brandissant fièrement. Il s'y était en effet cramponné comme si c'était la dernière chose qui le maintenait en vie. Bon de base, il voulait juste s'amuser mais je crois que j'l'ai un peu énervé. La bonne nouvelle, c'est que ton carnet est sauf ! Nous, ça reste encore à voir...
Dernière modification par Rey Sifferlen le 6 juin 2019, 22:30, modifié 1 fois.

6 juin 2019, 22:14
Tentacules et pages trempées.
Le sang commençait à blesser la tête, la fillette appuyait fortement sur son front avec une de ses mains, espérant pouvoir faire taire la douleur. Comme si les secousses dans l'estomac n'étaient pas suffisantes. Une avalanche, un tsunami, un torrent, se promenait dans son corps, contenant de la peur, de la colère et toujours l'envie de vomir. Ses lèvres se mirent à grimacer lorsqu'elle vit la tignasse rousse enlever ses vêtements pour finir en caleçon, celui-ci d'ailleurs n'était pas enfantin à sa plus grande surprise. Elle aimait bien les motifs. Ses mains étant prises Elfia ne pouvait pas cacher ses yeux. La situation était gênante, ses joues se mirent à rougir lorsqu'il entra dans l'eau gelée. Par Merlin, il devait avoir vraiment froid. La fillette ferma les paupières, voulant éviter de n'importe qu'elle façon le torse du garçon. Il était de plus le capitaine des Frelons. C'était sans nul doute Rey Sifferlen. C'était lui sur l'affiche qu'elle avait accroché sur le mur aux soupirs, un espèce de couloir aux souvenirs. "Mais c'est quoi cette journée? J'me réveille quand?" Elle savait que de nombreuses filles aimeraient être à sa place. La tignasse rousse attirait de nombreuses pupilles. Elfia ouvra un œil, intriguée par la situation, son regard fut attiré par la couverture noire coincée dans un des tentacules, le carnet, son jardin secret. Il était tout prêt, il était tout proche, mais elle, elle était si loin, trop loin. Rey d'un coup de baguette, attaqua le bras du Calmar pour récupérer l'objet, il était courageux et il avait réussit. Elle ne put s'empêcher de montrer ses dents, elle souriait grandement, lui au moins il était sauvé, pour les deux enfants en revanche, ce n'était pas encore gagné. Il avait essayé d'esquiver, de s'échapper, lui, Rey, mais non, la créature était bien plus rapide, bien plus maligne. Dans un cris aiguë à percer les oreilles le Calmar avait trouvé un deuxième jouet, d'un grand élan il attrapa une cheville et hop désormais il flottait au dessus du lac, juste à côté d'Elfia.

- Elfia, c'est ça ? On va s'en sortir, j'ai encore ma baguette ! Bon de base, il voulait juste s'amuser mais je crois que j'l'ai un peu énervé. La bonne nouvelle, c'est que ton carnet est sauf ! Nous, ça reste encore à voir...

La fillette rougit de nouveau lorsqu'il prononça son prénom. Il s'en souvenait? En se croisant seulement? C'était à peine croyable. Il avait accompagné ses mots en brandissant sa baguette "Sacre bleu" elle avait si peur qu'elle tombe. Elle pria très fort pour que cela ne se produise pas. Ses yeux louchèrent sur ses cheveux rouges, ses yeux, non, pas plus bas, c'était bien trop gênant, il était presque nu.

- C'est, oui, c'est ça. Dit-elle en hochant la tête. Et toi tu es Rey, le, le capitaine des Frelons.

Avant de reprendre elle étira son visage en arrière pour apercevoir son carnet au loin, il en avait de la chance d'être sur la terre ferme.

- Je te remercie d'ailleurs, il est très précieux! Et je suis désolé, c'est moi qui t'ai embarqué là dedans, comment? Je ne sais pas..

"C'est vrai que, en y repensant, comment il s'est retrouvé là, ici, au bon moment?"

- On va assurément s'en sortir! J'veux pas finir en pâté pour Calmar..

Il fallait trouver une faille, mieux, il fallait trouver la faiblesse. Il fallait un plan de sauvetage, de survie. Tout bonnement, les enfants devaient se sortir de là. Le vent se faisait plus froid, et en regardant la peau de Rey envahie de frissons Elfia s'en voulait. Il allait probablement tomber malade. Elle affichait une petite mine. Mais ce n'était pas le moment, elle se rattraperait lorsqu'ils seraient en sûreté. Elle se crispa lorsqu'une nouvelle douleur tirailla son front. Il fallait faire vite.

- Il y a certainement un moyen de s'échapper.. Et si.. je peux faire distraction pendant que tu lui jette un sort avec ta baguette? Non?

L'angoisse s'amusait, elle tricotait des boules de nœuds dans son ventre, la vicieuse.

●○ Les crayons cassés colorient malgré tout. ○●

10 juin 2019, 15:20
Tentacules et pages trempées.
Rey acquiesça à son tour. Il fut surpris de la manière dont la fillette l'identifia mais c'était sommes toute assez logique. Capitaine des Frelons. Il était ça aussi maintenant. Elle n'allait pas dire le rouquin aux abdos réservé à Cal ou le renard de poufsouffle qui caractérisait Jeff. D'un côté il s'en sortait bien, de l'autre... Eh bien, on dira que le Capitaine des Frelons a été vu suspendu la tête en bas et en caleçon, par le calmar du lac. Le prestige de l'équipe allait en prendre un coup. 

Il l'observa se tortiller pour regarder en direction de la berge. Il suivit son regard vers le carnet et Athéna qui les observait en... faisant sa toilette ?! Quel flegme ! 

"Je te remercie d'ailleurs, il est très précieux! Et je suis désolé, c'est moi qui t'ai embarqué là dedans, comment? Je ne sais pas.. "

Rey fit une grimace. Son carnet très précieux avait quand même pris un peu l'eau. Il espérait que les dégâts n'étaient pas trop gros et qu'il ne s'en prendrait plein la poire pour avoir essayé de bien faire. Ça arrivait souvent ce genre de chose. On veut aider et PAF, tout ne se passe pas comme prévu et on devient le fautif. Même si la grande majorité des poufsouffles ne réagissait pas de cette façon, le garçon ne pouvait prévoir la réaction de la fillette. Quoiqu'il en soit, ce n'était pas le problème majeur. Ils étaient en effet embarqués dans une situation des plus délicates - il ne lui avouerai jamais qu'il avait bêtement suivi sa chatte jusque là parce qu'elle lui cassait les oreilles - qu'il devait résoudre avant que leur cervelle ne leur sorte par les oreilles. Beurk. L'idée fit frémir Rey de dégoût.

" On va assurément s'en sortir! J'veux pas finir en pâté pour Calmar.. Il y a certainement un moyen de s'échapper.. Et si.. je peux faire distraction pendant que tu lui jette un sort avec ta baguette? Non? "

Pâté pour Calmar ? Mais nooon. La fillette exagérait. La créature n'était pas aussi méchante. Elle finirait bien par les relâcher à un moment ou un autre. Mais avec tout le sang qui leur montait à la tête, pas sûr qu'ils soient encore conscient à ce moment là. Il ressentit néanmoins l'angoisse de la fillette et tacha de la rassurer.

- Bien sûr qu'on va s'en sortir, indemne je ne sais pas, MAIS on va s'en sortir. Pas la peine de paniquer ! s'exclama-t-il. Tu es déjà sa distraction, tu veux faire quoi de plus ? Non, il faut une auuuuuuuuuuuuuuuutre... Rey fut projeté dans les airs par le tentacule avant de retrouver sa place initiale, un petit peu moins vaillant que quelques secondes plus tôt. Idée, termina-t-il dans un souffle.

Il réfléchit un instant, faisant la liste de tous les sortilèges qu'il connaissait. Il ne devait plus "agresser" la bête sinon elle pourrait le prendre vraiment très très mal. Non mais il pouvait faire autre chose qui les libérerait peut-être.

- J'ai une idée, lui dit-il, tiens toi prête !

Il se redressa tant bien que mal pour viser de sa baguette le tentacule qui tenait la jambe d'Elfia.

- Risctusempra, psamoldia-t-il en imaginant une vague de chatouillis s'attaquer au bras du Calmar géant.

28 nov. 2020, 19:15
Tentacules et pages trempées.
La tentacule qui retenait la fillette fut parcouru de soubresauts puis bientôt, tout le Calmar se mit à vibrer. Etait-il en train de... rire ? Cela y ressemblait fortement. Rey n'eut cependant pas le temps de se poser la question plus longtemps, rire ou pas, la créature venait de relâcher la jambe d'Elfia qui plongea dans le lac. Son sort semblait avoir fonctionné. En tout cas, le résultat voulu était là. Il réitéra l'expérience sur le tentacule qui le retenait dans les airs et se retrouva à son tour dans les eaux du lac. Heureusement, le Calmar les avaient entrainé suffisamment loin pour que leur chute soit amortie par une bonne profondeur évitant qu'ils s'écrasent comme des crêpes sur le fond. Mais dans un même temps, il était également resté assez prêt du bord pour qu'ils le rejoignent rapidement sans s'épuiser. On aurait presque pu croire que qu'il avait fait exprès.

Le garçon nagea aussi vite qu'il put, Elfia le précédait de quelques brasses, pour échapper à la créature bien que celle-ci ne semblait pas les poursuivre. Ne les aurait-elle pas re-attrapé facilement sinon ? Mais Rey était bien trop concentré à la fuir pour s'en rendre compte. Il ne s'autorisa un moment de répit que lorsqu'il s'étala dans l'herbe aux côtés de la poufsouffle qui en avait fait de même. Là, Athéna l'accueillit par un mordillement quand il tendit la main vers elle alors qu'elle s'approchait d'eux. La main mouillée n'avait pas l'air d'être à son goût.

- Ca va, rien de casser ? demanda Rey, essoufflé, à la fillette en se détournant de l'animal. La sorcière jeta un regard vers le lac avant d'acquiescer. Le Calmar avait disparut, probablement retourné dans les profondeurs en attendant que de nouveaux imprudents viennent lui chatouiller les tentacules.

- Viens, dit-il en l'aidant à se relever, il faut rentrer se sécher ou on va attraper froid.

En vérité, le garçon grelottait déjà de tous ses membres et n'était pas loin de claquer des dents. Il renfila rapidement ses vêtements restés au sec dans l'herbe. Bien que son corps était mouillé, il valait mieux ça que de se balader en caleçon dans les couloirs du château où il ne manquerait pas de se faire moquer, voire pire, punir. Elfia, elle, récupéra son carnet, un peu attristé par son état.

- Ne t'inquiète pas, on va le faire sécher et ça devrait aller, tenta-t-il de la rassurer tout en l'entrainant vers le château, la chatte sur les talons.

Le garçon lança un regard en biais à Athéna. Décidément, ce chat le surprendrait toujours. Voilà qu'elle se mettait à foncer au secours des autres élèves. Enfin, d'une certaine manière.

Rey sourit. Ils formaient une bonne équipe tous les deux.

Fin du RP