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28 févr. 2020, 17:49
Les Hurlements du Murmure  LIBRE 
[ PRÉCÉDEMMENT ]

[ 01 NOVEMBRE 2044 ]
Lac Noir, Poudlard

Charlie, 15 ans.
3ème Année Double


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Mon dos était écrasé contre l’écorce du chêne. Je la sentais à travers ma robe et ma cape. *Tss…*.
Ma peau se moulait contre les saillies ; avec les saillies. Elle remplissait les vides jusqu’à empêcher l’arbre d’expirer autre part qu’à travers ma peau. Ça me faisait foutrement du bien. Et je savais que ce bien-être était à cause de cette somnolence qui tordait l’herbe et réfractait l’eau. Je le savais puisque le sommeil me faisait aimer des choses que je n’aimais pas en temps normal. Et l’écorce qui se plantait comme un fourbe dans mon dos faisait partie de ces choses ; je l’aimais, maintenant.

Je n’étais pas fatiguée, c’était juste que faire passer le temps en me reposant m’était venu naturellement. Je n’avais pas réfléchi, et je me demandais même si j’étais vraiment réveillée.

Au loin, la colonne vertébrale qui me portait s’écrasait par terre. *S’allonger*. Non, elle glissait simplement contre l’écorce du chêne. *C’est ça*. Ouais. J’étais assise contre cet arbre, je m’en souvenais maintenant ! Je m’étais cachée le temps qu’elle arrive, l’Autre. Elle avait un truc à me dire. J’étais déjà sûre de savoir ce qu’elle voulait, ce n’était pas un danger ; même si je me sentais emportée par le danger de l’euphorie. Alors je me calmais en me reposant.

Tout tanguait.

Et les formes se tapaient dessus lentement, au ralenti, sous mes yeux ; ou dans mes yeux. Le vert lançait des coups précis, fins, avec ces milliers de pics qui se jetaient vers le grand bleu, ample, visqueux. Le bleu avait l’air de s’en foutre, comme s’il pouvait absorber des milliards de coups avant de se dégonfler comme un vieux ballon. Le vert était en rogne, il forçait de ses longs pics herbeux, qui s’allongeaient de plus en plus jusqu’à devenir des lances sans pointes. Une infanterie de comètes malades avec leur teint verdâtre, prêtes à dégueuler sur le grand bleu qui gardait son calme d’Amplitude.
Il ne montrait pas les armes, ça voulait dire qu’il était dangereux. Il n’y avait que les choses dangereuses qui ne répondaient pas quand elles se faisaient embêter. *T’embête ‘vieux ? ‘es vieux, hein ?*. Je glissais contre ma peau.
Et les couleurs se mélangeait. Elles étaient en train de devenir sombres, foutrement noires. Je savais déjà que c’était mes cils, mais j’aimais croire que c’était l’insouciance d’une créature énorme. Un bon gros monstre d’une vingtaine de mètres de haut qui passait par là, et qui avait écrasé d’un seul pas cette petite bagarre entre le vert et le bleu. *’dieu*. C’était fini.
Si vite.
Ridicule.

Ma nuque tirait. Ça me faisait mal ; tout au fond de mon crâne, très loin. Ou peut-être qu’elle me faisait du bien ; sinon pourquoi je ne faisais rien pour l’arrêter ? Je ne savais plus, mais je me sentais bien dans tout ce noir. C’était calme.
Dernière modification par Charlie Rengan le 4 mai 2020, 16:28, modifié 1 fois.

*Contemple l’observatrice du charbon, toute rose*

3 avr. 2020, 21:03
Les Hurlements du Murmure  LIBRE 
RUBY, 11 ans
01 novembre 2044 Dans l'Infini du Temps
Lac, Poudlard


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•••

Je volais, et rien ne pouvait ralentir la course de l'oiseau que j'étais. Ma cape qui voltigeait derrière moi formait mes ailes, et les quelques mèches qui obstruaient ma vue devenaient des plumes. L'imaginaire m'avait submergée, chose plutôt rare puisque je me qualifiais assez comme terre-à-terre. J'étais prise par une sensation de liberté qui ne m'atteignait pas tous les jours, et qui pourtant consumait l'énergie que j'étais prête à lui offrir, à petit feu.

Il me fallait pourtant admettre que je n'étais pas de ces volatiles qui voltigeaient au-dessus de mon corps. En vérité, je courais, mes foulées trop pressées frôlant les jeunes pousses vertes sous mes pas. Je zigzaguais, parfois, pour le seul plaisir de surprendre le Prévisible et la ligne droite.

Je m'essouffle.

Net, je m'arrêtai. J'avais trouvé l'endroit parfait : tout proche du Lac ensommeillé qui se tenait face à moi, sous mes yeux se trouvait un endroit si banal qu'il en devenait insoupçonnable ; et c'est en cela qu'il était merveilleux. J'avais terriblement soif de crier au Monde tout ce que j'avais à lui dire ; dévorante envie qui durait depuis l'aube. Mais j'étais seulement Moi, insignifiante, petite, minuscule même face à son Emprise puissante. Alors j'avais pour habitude de me glisser dans la peau des Plus-Grands, des Légendes-des-Mots, pour être quelques instants à même hauteur que ce Monde à qui j'ai tant à dire. Soudain, je me sentais forte de cette conviction. Mue par ma solitude inespérée, je m'autorisai à sortir enfin de sous ma cape, un petit livre aux airs de Passé. J'en caressai la couverture, comme je le faisais souvent avec cet ouvrage, afin de Ressentir au mieux ce qu'il pouvait m'offrir aujourd'hui. De m'imprégner de son essence pour interpréter avec passion les personnages d’aujourd’hui.

Je veux jouer un véritable Conte d'Hiver.

Je respire.



Nous sommes déjà à la deuxième scène, et voilà que la magie des Mots nous transporte en Sicile, dans le palais du roi Léonte. Parmi les autres protagonistes, nous trouvons Mamilius, son fils et prince de Sicile ; la belle Hermione, femme et mère à la fois, et Polixène, roi de Bohème. Hôte du premier souverain, Polixène doit partir, hélas ! mais Hermione est prête à le retenir. Écoutez ! Que nous dit Léonte ?

LÉONTE, à HermioneQuoi ? bouche close, ma reine ? parlez donc !

HERMIONEJe comptais, seigneur, garder le silence jusqu'à ce que...


J'expire.


Tour à tour, je suis Hermione, je suis Léonte, leur fils ou un homme de leur suite. Je suis un caméléon, qui me fonds dans les Hauts personnages de Shakespeare. Je les imite, à grand renfort de gestes pour lesquels j'en viens à user ma fougue. Prenant des airs tantôt surpris, tantôt réprobateurs, je m'immerge avec un tel bonheur dans le texte qu'il me serait plaisant de m'y noyer.

HERMIONEVraiment ? Vous m'éconduisez avec des protestations bien flasques ; mais vous auriez beau chercher à englober les astres dans vos serments, que je vous dirais encore « Monsieur, pas de départ ! ». Vraiment, vous ne partirez pas...

Je suis bien, là, à déverser mon Être au vent léger de novembre. Est-ce que le Monde m'entend ? Peut-être que je ne déclame pas assez fort ; de toute façon, je veux seulement clamer Vrai. Je me sers de mon âme pour réciter mes répliques, de mon vécu pour faire parler Hermione. Elle supplie, dignement certes, mais elle supplie Polixène de bien vouloir rester. Et moi... Tant de monde que je souhaiterais voir rester à mes côtés. Amelia, ma jolie sœur, si j'avais pu la retenir avant qu'elle ne s'éloigne de moi et se mure dans le silence froid qu'elle emploie avec moi... Pearl... *Merlin, j'ose pas penser à ça*. Si elle disparaissait à l'instar de Polixène... *Pearl, pas de départ !*. J'ai cru penser tout haut. *'Faut pas que j'm'inquiète pour ça*. Pearl est là, avec moi ; elle n'a qu'à jouer Mamilius, tiens. J'imagine si bien son regard bleu glacier que je le sens posé sur moi, et la présence de cette unique spectatrice me rassure.

HERMIONEQue choisissez-vous ? Mon prisonnier ou mon hôte ? Par votre terrible "vraiment", vous serez l'un ou l'autre.

Je souffle.


Le Conte.

EndŒil
[memento mori]

2 mai 2020, 12:37
Les Hurlements du Murmure  LIBRE 
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Tournoiements


Bruit muet.
Écho sourd.
La terre qui absorbait ces sons.
Elle qui marchait, perdue dans un chemin qu'elle connaissait par cœur.
L'herbe luttait sans relâche contre ces pieds écrasants. Dès qu'elle avait plié, elle se défroissait pour montrer ses brins, toujours vaillants.

Le geste du talon demandait un considérable effort. Il fallait le plaquer contre le sol pour pouvoir mettre à plat tout le pied ensuite. Geste fatiguant, épuisant et harassant.
Surtout quand celle qui le faisait avait été rongée par ses Pensées toute la nuit.
Non Lydia n'était pas au bal.
Et cela était encore pire.
Elle n'avait pu savoir exactement ce qu'il s'était passé.
Et cela rendait les choses encore pires.
Son cerveau élaborait l'histoire de la veille, des images sûrement exagérées par rapport à la réalité surgissaient et se mouvaient devant ses yeux pour bien affirmer leur présence.

La fillette marchait sans savoir où aller. Son regard était vide, il ne percevait plus les Choses autour d'elle. Elle était épuisée par les Tournoiements de son esprit, chaque geste, le plus infime soit-il était difficile.
Le Vent soulevait ses longs cheveux noirs.
Le Vent lui caressait la joue.
Le Vent était frais, un Vent de novembre.
Ce Vent transportait les Hurlements de la Nuit, les peurs des élèves.
Ce Vent était fils de cette cérémonie des Morts qui aurait lieu bientôt.

Il y avait une Autre là bas. Elle était proche du Lac et gesticulait, faisait gerber des mots inaudibles de ses lèvres.
Lydia avait dû savoir comment cette Autre s'appelait.
Un jour oui elle avait dû connaitre ce nom, flamboyant comme la pierre précieuse.
Seulement ces temps là étaient révolus et ses connaissances des Autres annihilées.
Elle avait du mal déjà à connaître les volutes de son Âme alors celles de ses camarades, c'était à présent impensable.

Elle bascula la tête en arrière. Ferma ses paupières. Pour respirer, réfléchir, reprendre à nouveau contenance.

La fillette ne se souciait plus des Mots de la fille qui volaient à travers l'air du parc.
*J'espère qu'elle brisera pas*
Maintenant elle essayait de se construire une coquille dans laquelle elle serait protégée. De la Vie et ses Pensées.
Lydia voulait faire le blanc dans son esprit. Un blanc sans failles qui, à aucun moment, ne laisserait filtrer une Lueur d'Obscurité.
*Je*
La nature avait décidé de ne pas l'aider dans sa tâche, de tout lui compliquer. Les oiseaux pépiaient infernalement. Le Soleil voulait poindre mais se retint quand il se rappela que les nuages du mois de novembre ne lui laissaient place.
Le Vent résonnait dans les feuilles pour créer une mélodie nocive. Musique criarde.
*N'suis*
Mais au fond, c'était quoi Être ici ?
Est ce que c'était le fait de vivre comme les Autres ? L'existence n'a pas grand intérêt alors.
Est ce que c'était facile d'Être ?
Non c'était dur, surtout quand on était à Poudlard et que la veille un bal avait laissé des blessures et des traces.
*Plus*
Plus de Pensées, plus de Questions intérieures.
Plus de Soleil, juste du Vent et de la grisaille.
Plus d'Autres, seulement Elle.
Elle-même.
*Rien.*

Rien, Rien, Rien.
Une incantation douloureuse.
Quitter un Tout pour le devenir.
Rien.

#5d9686
Préfète inRP & Purée-en-chef HRP - Bad, on your left !
faire une perle d'une larme

20 févr. 2021, 04:38
Les Hurlements du Murmure  LIBRE 
Calme comme le silence, aussi emprisonnant que lui. *’ouais…*. Dans le noir de moi, je sais que c’est une prison, ce silence. Des barreaux dans tous les sens, le noir était un mur. À l’inverse du blanc. Quatre murs de noir autour de moi, et ses barreaux dégoulinants de liberté. *’shhhhhht…*.
J’avais finalement accepté d’être enfermée pour me sentir libre. Ouais. Il n’y avait pas de meilleure prison que celle que j’avais choisis.

Ma nuque est là ? Elle s’enfonce dans mes épaules, ça me fait un peu mal.

Mes murs de noir sont… qu’est-ce qu’ils sont déjà ? Ce calme sur ma peau ? Des étoiles de mon dos ? Je me sens pleine d’écorce, j’ai fusionné avec… *’à… ‘faire…*. Je suis l’arbre et le géant. Je suis le vert et le bleu. Je suis l’arbre est moi. Je suis tout.
*’rien…*.
Je tombe.

‘dieu... Je crois que j’aime le noir ; même si je le déteste.

*Ah ?*. C’est quoi ça ? C’est pas noir, ça. Des lignes serrées, bouclées. *Une seule ligne…*. Très longue qui retranche plusieurs dessins, comme des petites lettres. Ce sont des lettres, collés, mélangés si bien que je n’y comprends rien. D’une blancheur cristalline, s’allongeant sur le sol de mon noir. *Hé… tu fous quoi…*. Ce n’est pas une place pour eux, ici. Ici, c’est moi ; eux, c’est pas moi.
La ligne est brouillée, le trait est torturé pas le poids du silence. *’shhhhhht j’ai dit…*. Chut, je pense.
Silence ?
Le noir disparait brusquement.

Goulée d’air.

J’ouvre les yeux.

Gros bordel de couleurs. *Hha*. Je me suis endormie.
Les teintes du lac et de l’herbe, et du ciel, et de tout le reste étaient là, mais altérés bizarrement. Comme fanées. *’c’normal*. Ça m’arrivait à chaque fois, mais j’aimais observer leur spectre déréglé s’aligner doucement à mes yeux pour reprendre leurs vrais habits ; même si c’était l’inverse. Leur couleur intérieure m’était cachée, de toute façon. *Bien*. L’Autre n’est pas encore arrivée.
J’arrache mon dos à l’arbre. Ma colonne vertébrale craque. « Haa… ». Ma nuque est un bloc de tension, j’ai l’impression d’avoir dormir la tête à 90 degrés.

Que choisissez-vous ?

Ma bouche s’écarte pour laisser passer un bâillement incontrôlé. *’c’toi qui m’as réveillée*. Cette voix de merde. « Mon prisonnier ou mon hôte ? ». Un flocon d’agacement se pose dans ma poitrine. Faible, encore endormi. « Par votre terrible "vraiment", vous serez l'un ou l'autre ». Je baille encore une fois, sans retenue ; basculant un peu ma tête en arrière. *’c’qu’elle fous à réciter ses cours ?*.
Je penche mon dos — de foutue Douleur — sur la droite, me rapprochant de l’herbe. Ma nuque tourne tellement qu’elle m’arrache une douleur dans l’épaule gauche.

Une *Gryffondor* gamine. Là-bas.
Ma gorge se gonfle d’une envie qui s’impose en un bâillement, encore une fois ; ma bouche s’ouvrant toute grande. Mon corps est vaseux, poisseux de sommeil. Je ne suis pas fatiguée pourtant. C’est
*Que ?*.
Je tombe.
JE SUIS EN TRAIN DE TOMBER !



La main droite qui devait prendre le rôle d’appui-de-son-corps rate le sol ; ce même sol était beaucoup plus loin que ce qu’imaginait la gryffonne. Tout le haut de son corps dévale les quelques centimètres qui le séparent de la dureté.
Le buste tordu, les jambes allongées dans une posture inconfortables, Charlie va finir son atterrissage sur ses dents ; son visage fend l’air, et sa minuscule poitrine ne pourra rien faire pour amortir le choc de sa mâchoire.
Une fraction de seconde ; si rapide que la déjouer relevait du réflexe inné. La Rouge et Or avait une certaine chance d’être née avec une vivacité déchainée.

Son autre bras — bien que sa position soit très peu propice — s’écrasa contre l’herbe ; ce qui arrêta net sa chute. Les restes de la décharge d’adrénaline court dans ses veines.
La mâchoire intacte de Charlie est à quelques millimètres de la terre durcie par le froid. Son souffle léchait le sol. Toute trace de sommeil s’était envolée, disparue, anéantie.
Dans cette position tordue, semblable à une araignée, son corps était balloté d’émotions aussi fugaces que brûlantes ; cette gamine qui l’avait réveillée, c’était de sa faute. *Bor-del*.

Et l’émeraude brutal se planta sur la Gryffondor théâtrale.

*Contemple l’observatrice du charbon, toute rose*