Inscription
Connexion

14 juin 2020, 23:11
"Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle"
Image


Mai 2045

Ft. @Lukas Bluesky


Eugène n'était pas très fier de cela et il savait parfaitement qu'il risquait de faire perdre des points à sa maison, mais il n'était aucunement bien. L'après-midi avait à peine débuté et lui avait décidé de sécher les cours, faisant croire à des maux qui étaient en vérité bien plus mentaux que physique. Qu'importe, son petit mensonge avait fonctionné et le voici déambulant le long du lac sans réel but.

Dans l'immédiat, il avait besoin de calme et surtout d'être seul pour faire face à la lettre reçut durant le déjeuné. Elle était au nom de sa mère, dont l'écriture plus au moins tremblante laissait plané le doute sur son contenu : soit il ferait face à une bonne, soit il lira une mauvaise nouvelle et son côté des plus pessimiste penchait sur le dernier cas de figure.

Eugène se laissa tomber dans l'herbe et il s'allongea dans la seconde. Dans un premier temps, il décida d'ignorer cette lettre et de se concentrer sur sa respiration des plus chaotique. Le rouquin ferma alors les yeux et se mit à inspirer un bon coup, avant de tout relâcher après une brève pause. Il répéta ainsi l'exercice, apaisant son anxiété qui emprisonnait son cœur qui trouvait résonance dans tout son être.

L'esprit plus claire, sans être pour autant plus serein, Eugène attrapa le plie jusqu'ici oublié. Il prit le temps de relire le nom de sa mère, ainsi que l'adresse qui était indiqué : 10 Shannagh Ct, Wexford, Irlande. C'était un quartier des plus tranquille et pas très loin de l'école, c'était plutôt pratique ! Il n'avait pas besoin d'attendre le bus et il pouvait rentrer déjeuner.

Eugène mordilla sa lèvre abîmé et s'apprêta à ouvrir l'enveloppe, avant que tout courage ne le quitte dans la seconde. Il lâcha un profond soupir et posa la lettre contre lui, sa main faisant poids pour éviter qu'elle ne s’envole au grès du vent. Il ferma ensuite les yeux, décidant qu'il n'était pas encore prêt à lire ce pli qu'il maudissait tant.

Pourquoi était-il si lâche ?


Image
Dernière modification par Eugène Harlow le 21 sept. 2021, 11:36, modifié 2 fois.

"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

16 juin 2020, 02:40
"Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle"
Cet après-midi là, comme chaque semaine, Lukas avait une heure de libre. Le printemps était déjà bien installé et le ciel bleu qui régnait au dessus de l'école avait un parfum de vacances, c'est donc tout naturellement qu'il décida de passer ce moment de détente au bord du lac. Il aurait très bien pu proposer à un de ses camarades de Serdaigle de venir avec lui, mais son côté solitaire prit le dessus. Ainsi, c'est en compagnie de ses propres pensées qu'il se dirigea vers l'étendue d'eau noire. A la vue de ce dernier, une sensation de pureté et de liberté l'envahit. Quelle chance avait-il de pouvoir contempler une telle beauté ! Les événements terribles qui se déroulaient de par le monde s'effaçaient de son esprit, remplacés par une douce sérénité.

Après avoir atteint la rive du lac obscur, il posa ses affaires et s'assit, le regard fixé vers l'horizon. Une légère brise caressait agréablement son visage et il se laissa porter par les sons environnants. L'harmonie parfaite du chant des oiseaux, le bruissement des feuilles dans les arbres et le clapotis de l'eau régalaient ses oreilles d'un plaisir indescriptible. Il remarqua également un parfum particulier, une odeur délicieuse qu'il n'arrivait pas à décrire. Cela attisa sa curiosité et il huma l'air à plusieurs reprises pour essayer de déterminer l'origine de cette douceur olfactive. C'est alors qu'il remarqua la présence d'un autre élève, non loin de là, allongé dans l'herbe et qu'il n'avait jamais vu auparavant.

C'était un garçon qui paraissait assez grand malgré sa jeune apparence. Un autre détail attira l'attention de Lukas : la couleur de ses cheveux qui était aussi magnifique qu'un soleil d'automne et dont il n'arrivait pas à détourner le regard. Ce détail pouvait paraître anodin mais pour Lukas, il venait compléter le tableau environnant à la perfection. Le sorcier à la chevelure flamboyante semblait troublé, peut-être même empreint d'une profonde tristesse. Il tenait dans ses mains un objet fin et rectangulaire qui ressemblait fortement à une lettre.


"Que peut-il bien lui être arrivé ?" se demanda Lukas.

Son empathie naturelle revint au galop et il commença à culpabiliser de ses propres émotions. Comment pouvait-il se sentir serein alors qu'une autre personne semblait éprouver une profonde détresse ?

"Vas-y Lukas, met ta timidité de côté et va lui parler, tu es un grand maintenant" se dit-il.

C'est alors qu'il rassembla ses affaires, se leva et marcha doucement vers le sorcier malheureux. Il se positionna devant lui et dit avec un léger sourire, un peu gêné :


"Salut ! Ça te dérange si je m'assois à côté de toi ?"

~ 3ème année RP ~

16 juin 2020, 09:47
"Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle"
Image


Eugène finit par s'oublier dans ce calme ambiant, absorbé par les chants des oiseaux, le bruissement des feuilles et les remous de l'eau. La chaleur commençait à se faire ressentir, notamment à cause du noir qu'il portait. Ce n'était pas non plus étouffant, bien au contraire, Eugène était quelqu'un de frileux au moindre coup de vent ! Même quand le dit vent était plutôt tempéré... Mais passons.

Le jeune garçon songea à la classe qui devait se dérouler actuellement et il n'en fallut pas plus pour qu'un sentiment de culpabilité ne pinçait son cœur. Ce n'était aucunement malin de sa part et il se sentait réellement coupable. Si sa mère venait à savoir ça, il risquait de la voir débarquer pour lui pousser une beuglante en face. L'idée de revenir en cours pesait donc, mais son corps refusait tout mouvement ; cette lettre contre son abdomen était comme un poids mort écrasant.


Ce genre de poids mental qui vous met du plomb dans le crâne et vous empêche de faire quoi que ce soit, si ce n'était de vous morfondre.



Une ombre recouvrit son visage parsemé d'éphélide. Eugène songea à un nuage dans un premier temps, avant qu'une voix ne se fasse entendre et aux dernières nouvelles, les nuages ne parlaient pas :


- Salut ! Ça te dérange si je m'assois à côté de toi ?

Eugène ouvrit les yeux et dévisagea silencieusement le jeune homme débout à ses côtés. Ce n'était aucunement impoli de sa part, seulement un temps de latence avant de se rendre compte que oui, il y avait vraiment quelqu’un là et maintenant, lui adressant la parole. Lui qui rasait les murs et savait se faire oublier des tous, s'était toujours surprenant pour lui qu'une personne remarque sa présence. Alors, après quelques secondes qui semblaient être une éternité, Eugène opina maladroitement de la tête, pas vraiment certains s'il devait parler ou non.

Ah... Asociabilité, quand nous tiens.


Image

"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

17 juin 2020, 01:52
"Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle"
La réaction du jeune garçon déstabilisa Lukas. Sa manière de le dévisager était plus que troublante et même un poil vexante. Un problème avec son haleine ? Après tout, il avait mangé des choux de Bruxelles et des raviolis au déjeuner. Cependant, cette hypothèse fut balayée par la distance à laquelle il se tenait du solitaire. Peut-être sa dentition qui était en mauvais état ? Cela n'avait aucunement lieu d'être, le dentiste moldu de la famille Bluesky n'ayant pas remarqué de problèmes particuliers à ce niveau là lors du dernier bilan annuel. Non, il se passait autre chose et le jeune sorcier l'avait remarqué alors qu'il était encore assis dans l'herbe un peu plus loin. Le jeune roux accepta sa compagnie d'un geste silencieux et sans grande conviction. Lukas s'installa à côté de lui de manière hésitante. Il était pourtant décidé à en savoir plus à son sujet et, pourquoi pas, à connaître son sourire qui s'accordait certainement très bien à sa chevelure dorée.

Un silence pesant commençait à se faire sentir. La sérénité qu'il éprouvait quelques instants auparavant disparut pour laisser place à une inquiétude grandissante. Le jeune aiglon pouvait presque entendre les notes mélancoliques de Erik Satie résonner des tréfonds du Lac Noir. C'était comme si le sentiment qui semblait envahir le jeune inconnu, se propageait en lui. Le cœur battant douloureusement, il se tourna vers le petit :


"Je croyais être seul ici, puis je t'ai aperçu au loin. Je me suis dit que, quitte à être au même endroit, autant venir te parler." dit-il d'une voix douce mais hésitante. Il poursuivit :

"Tu viens souvent au bord du lac ? Je trouve que c'est un refuge qui permet de réfléchir en toute tranquillité, tu ne trouves pas ?"

Lukas ne voulait pas évoquer le fait qu'il lui paraissait déchiré de l'intérieur. Sa condition de troisième année lui donnait l'impression de devoir aider plus petit que lui et c'est ce qu'il comptait faire. Peut-être le jeune homme allait-il se confier à lui. Il voulait simplement que cela vienne naturellement et pas parce qu'un inconnu plus âgé lui aurait demandé les raisons de son malheur. La certitude était qu'il allait faire son possible pour essayer de lui changer les idées
.

~ 3ème année RP ~

17 juin 2020, 08:33
"Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle"
Image

Eugène se redressa pour s’asseoir, tandis que le Serdeigle s'installait à ses côtés avec hésitation. Le rouquin lui donnait quelques coups d’œils, sans vraiment réellement oser le regarder ou bien même amorcer une quelconque conversation. Il était plutôt rare qu'il y arrive concrètement : entre sa timidité maladive et son anxiété à toute épreuve, être à l'aise socialement n'était pas vraiment dans ses cordes. Cela avait toujours attristé ses parents d'ailleurs. Il invitait très peu de camarades moldus à la maison, il n'y avait que sa famille à son anniversaire, il passait sont temps à se tenir éloigné du monde.

Le regardant tourner en simple spectateur.


Cela lui convenait d'une certaine manière : pas de prise de tête, pas d'angoisse en plus, même s'il se doutait qu'en grandissant, tout changerait. Avec le temps, Eugène devra s'investir en société et avoir un travail, des collègues, s'occuper de ses papiers, prendre ses rendez-vous lui-même et rien que d'y penser, il en avait mal à la tête.

Cela semblait si loin et trop proche. Il ne se sentait pas prêt.


- Je croyais être seul ici, puis je t'ai aperçu au loin. Je me suis dit que, quitte à être au même endroit, autant venir te parler.

Eugène s'en voulait d'avoir été pris d'un léger sursaut. En à peine une minute, il s'était perdu dans ses propres pensées, oubliant la personne à ses côtés. Il lui donna un autre coup d’œil et bougea nerveusement, n'arrivant pas à se décider s'il devait parler ou non. Croyez-moi, il le voudrait, mais pour dire quoi concrètement ? Sa tête était vide, obnubilé par une seule chose : cette maudite lettre lourde contre son cœur. Ce pli qui signifiait beaucoup trop de choses et qu'il aimerait simplement lancer à l'eau.

Telle une bouteille à la mer.


Mais il se contenta de la garder contre lui, bien serrer entre ses doigts de crainte qu'elle ne s'envolait. À ses côtés, le troisième année poursuivit :

- Tu viens souvent au bord du lac ? Je trouve que c'est un refuge qui permet de réfléchir en toute tranquillité, tu ne trouves pas ?

Eugène opina doucement du chef et il essaya d'aligner quelques mots mentalement. Un début de phrase pour ne pas donner l'impression d'être complètement muet. Pourtant, Eugène ne parla pas immédiatement, laissant les mots alourdir sa langue et se heurter à sa mâchoire serré. Il ne fallait pas lui en vouloir, interagir avec les autres était compliqué pour lui. D'habitude, sa tête était emplie de question sans queue ni tête, se demandant mille fois s'il gênait ou non la personne. Là, rien de tout ça... Seulement un silence que son être s'honore et qui était, au final, bien pire que sa tête remplit.

Car là, seul le néant le hantait et s'était effrayant.


- Non. Bredouilla-t-il. Enfin... Un peu.

Sa voix était basse, presque un souffle étranglé et de nouveau, Eugène bougea nerveusement.

- Je... Tenta-t-il de poursuivre. C'est plutôt calme ici...

Eugène n'arrivait pas à savoir s'il devait rajouter ou non quelque chose de plus. Est-ce que cela serait-il pertinent ? Sur quoi pouvait-il rebondir ? Il ne connaissait rien de ce monde et il n'était sûr que le serdeigle connaissait autant du sien. Peut-être devrait-il donner son prénom ? Cela serait déjà un bon début à tout.

- Eugène... C'est... C'est mon prénom.

Image

"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

17 juin 2020, 19:25
"Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle"
Eugène. Il s'appelait Eugène. Un prénom venu des temps anciens, plutôt rare et doté d'une sonorité positive et lumineuse. Il trouvait que cela lui seyait à merveilles, malgré son air triste. Ses propos hésitants et son langage corporel maladroit traduisaient une personnalité timide et introvertie. Lukas était bien placé pour le savoir, lui-même étant quelqu'un de timide, sauf dans le cas où il se retrouvait confronté à une autre personne de la sorte, étrangement. C'était comme s'il ressentait le besoin d'aider ses semblables à s'ouvrir, sachant la difficulté que cela représentait. Se mêler aux autres réservait son lot de surprises, parfois cruelles, et il savait que cela pouvait être éprouvant mentalement pour des personnes sensibles. Quoiqu'il en soit, il trouvait cela touchant et le fait que le rouquin lui donne son prénom de manière spontanée le réjouit et l'invitait à en apprendre plus sur lui. Il fallait juste lui laisser le temps, ne pas le brusquer et éviter de le regarder avec insistance. Rien n'était plus angoissant que ça.

"Eugène, j'aime beaucoup. Moi c'est Lukas, beaucoup moins original, tu en conviendras." dit-il doucement et sur un ton amusé. Il poursuivit :

"Je vois que tu es à Poufsouffle et...laisse moi deviner.....en première année ? Si tu as besoin d'aide ou de conseils, je suis à ta disposition. J'ai eu beaucoup de mal à m'intégrer quand je suis arrivé à Poudlard et je venais souvent me réfugier ici ou sur mon lit, loin des autres. Même si ça va mieux aujourd'hui, j'ai gardé cette petite habitude de venir au lac en solitaire."

Ses propos étaient maladroits mais, étrangement, il voulait faire bonne impression et montrer qu'il était une bonne personne, même si les deux sorciers ne se connaissaient ni d'Ève, ni d'Adam. Lukas s'était fait la promesse de le regarder uniquement lorsque c'était nécessaire mais, malgré toute la volonté du monde, il ne pouvait s'empêcher de fixer l'enveloppe que serrait fortement Eugène contre lui. De toute évidence, il y avait là quelque chose d'inquiétant, surtout au vu des événements tragiques qui se déroulaient de par le monde depuis quelques temps. Beaucoup de questions qu'il ne pouvait poser, par respect pour le petit, se bousculaient dans sa tête. Était-il arrivé malheur à quelqu'un de sa famille ou à un ami ? Étaient-ce ses proches annonçant qu'ils devaient fuir le pays et laisser leur vie actuelle derrière eux pour en commencer une nouvelle ? Il était certain d'une chose : le bout de parchemin pesait lourd sur le cœur d'Eugène.

~ 3ème année RP ~

18 juin 2020, 23:59
"Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle"
Image

- Eugène, j'aime beaucoup. Moi c'est Lukas, beaucoup moins original, tu en conviendras.

Eugène aimait bien et ce prénom lui convenait fort bien, qu'importe s'il était ou non-original. Ce n'était qu'un détail : même si une classe pouvait contenir au moins cinq Emily, par exemple, toutes seront uniques de part leurs vécus, leurs visions des choses et leurs personnalités. C'était être soi-même qui faisait l’originalité d'un prénom.

- Je vois que tu es à Poufsouffle et...laisse moi deviner.....en première année ? Si tu as besoin d'aide ou de conseils, je suis à ta disposition. J'ai eu beaucoup de mal à m'intégrer quand je suis arrivé à Poudlard et je venais souvent me réfugier ici ou sur mon lit, loin des autres. Même si ça va mieux aujourd'hui, j'ai gardé cette petite habitude de venir au lac en solitaire.

Eugène hésita un bref instant avant d'opiner du chef et réfléchit à ses mots. Ses derniers sortirent dans un souffle, un murmure qui sonnait déjà bien trop fort à ses propres oreilles.

Comme si dix milliards de décibels raisonnèrent en lui.

- Merci c'est gentil... Je... Je suis en première année e-et toi ?

Bien qu'Eugène fuyait ses quelques coups d’œils, il nota bien vite son intérêt pour l'enveloppe qu'il gardait contre lui. Par réflexe, ses doigts se resserrèrent, abîmant alors le coin du papier. L'idée de glisser le plie dans une poche traversa son esprit et pourtant, il n'en fit rien.

Si ce n'est de prier intérieurement pour que les mots disparaissent.
N'avoir jamais étaient écrites, et même pensées.


Eugène devint à nouveau muet, ne sachant aucunement s'il devait rajouter ou non quelque chose. C'était toujours la même rengaine : la peur de l'autre, de devoir converser, de mal faire, de ne pas être intéressant ou encore de paraître stupide, car tout est encore inconnu pour lui. C'était abstrait, que cela soit la magie en général, les balais, les créatures... La liste était atrocement longue en y réfléchissant.

Alors, l'estomac en vrac, Eugène ne fit qu'écouter le calme ambiant. Il ne pouvait rien faire d'autre et au fond, le garçon se doutait bien qu'au bout d'un moment l'autre partirait. Parce qu'il est ennuyant. Sans intérêt. Cela le touchait bien moins qu'avant, car c'était un fait après tout. Eugène trouvait cela plutôt ironique d'ailleurs : il ne rentrait dans aucun moule, et même en étant là, entourait de ce qu'il était, le rouquin était toujours trop différent pour réellement se fondre dans la masse. C'était pesant.

Ca et cette maudite lettre.


- C'est bien Serdaigle ? Tenta-t-il, plus désespéré à calmer son implosion.
Image

"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

22 juin 2020, 01:52
"Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle"
- Merci c'est gentil... Je... Je suis en première année e-et toi ?

Lukas avait vu juste. Il conversait donc bien avec un première année. Ah les débuts à Poudlard. Quand tout est encore absolument inconnu, les moindres recoins du domaine, les personnes, les enseignements. Le sorcier se souvenait parfaitement de cette année là, son apprentissage s'était déroulé à merveilles mais il avait eu beaucoup de mal à s'intégrer. Même si tout le monde était très gentil, à l'exception de certaines personnes, le simple fait de communiquer relevait presque du supplice. La peur de ne pas être assez bien, assez bon ou assez drôle l'avait beaucoup freiné à cette époque là et c'est qu'il pouvait ressentir chez le rouquin. Les yeux de ce dernier étaient comme un miroir permettant de scruter son propre passé.
Eugène serra plus fort encore la lettre contre lui, sûrement avait-il remarqué les yeux curieux de Lukas la regarder avec insistance. Instinctivement, ce dernier s'allongea sur l'herbe douce et parfumée, le regard rivé vers le ciel bleu clair. Il espérait que cela aide le première année à se détendre un peu plus.


"Je suis en troisième année et la première de mon parcours Pratique et Ouverture. Profite bien de tes études, j'ai la sensation que ça passe très vite !" répondit-il.

Il y eut un silence. Il imaginait Eugène se poser un millier de questions, savoir quoi répondre en plus d'avoir le poids émotionnel que contenait certainement la lettre. Lukas devait à tout prix trouver le moyen de le faire sourire et quelle était la meilleure façon d'y parvenir ? Peut-être qu'une petite blague lui ferait oublier, ne serait-ce qu'un dixième de seconde, la peine qu'il ressentait ? Ce serait déjà une belle victoire et un très bon moyen pour détendre l'atmosphère pesante. Alors qu'il réfléchissait à sa meilleure vanne, le jeune sorcier lui demanda mal à l'aise :

- C'est bien Serdaigle ?

C'était parfait. Eugène, sans le vouloir, avait donné l'idée à Lukas de raconter une blague de volatile qui avait déjà eu un grand succès auprès de ses camarades. Il décida tout de même de répondre sérieusement avant de la lui conter :

"Je ne pouvais pas mieux tomber ! J'y ai rencontré des amis pour la vie, pour sûr. Et notre salle commune est si belle, c'est dommage que tu ne puisses pas la voir".


Il marqua une pause avant de poursuivre :


"A ce propos, comme ta question me fait penser aux oiseaux, tu sais pourquoi le hibou est heureux ? Parce que sa femme est chouette"

~ 3ème année RP ~

24 juin 2020, 15:46
"Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle"
Image

Oh ça, Eugène ne doutait aucunement sur ce point ! Tout passait même trop vite à son goût. Il avait l'impression que l'enfance n'était qu'hier, alors qu'il ne faisait que d'éloigner de plus en plus d'elle. Eugène n'était pas prêt à devoir grandir si vite, à devoir suivre cette cadence de vie. Pas le temps de se poser et de profiter. La Terre tourne et bien trop vite, l’entraînant dans une folle course qui l'angoissait.

Mais si ce n'était que ça qui l'angoissait.


Trop de choses rentraient dans cette équation : du détail le plus stupide à la crise existentielle, et Eugène était à bout de souffle, alors que ce n'était que le commencement. Et voilà qui divaguait de nouveau d'un sujet à l'autre, songeant au garçon à ses côtés, à son anxiété rémanente et à cette lettre qu'il détestait.

- Je ne pouvais pas mieux tomber ! J'y ai rencontré des amis pour la vie, pour sûr. Et notre salle commune est si belle, c'est dommage que tu ne puisses pas la voir.

"Des amis pour la vie", comme cela sonnait si bien. Eugène fronça légèrement les sourcils, était-ce de l'envie qu'il ressentait ? C'était la première fois qu'il passait autant de temps avec des personnes de son âge. D'habitude, il se tenait loin de toute relation sociable, se contentant de rester dans sa chambre et de se plonger dans ses activités favorites. Jusqu'ici, il n'avait jamais ressentit le besoin d'avoir un ami, mais en étant loin de ses parents et de tout ce qu'il connaissait, la solitude pesait considérablement.

Et il en pleurait chaque nuit, souhaitant simplement revenir à la maison.


- On ne peut pas inviter quelqu'un chez sa salle commune ? Demanda-t-il, toujours aussi bas.
- A ce propos, comme ta question me fait penser aux oiseaux, tu sais pourquoi le hibou est heureux ?

Eugène réfléchit sérieusement à la question et cela devait être comique de prendre cette blague au premier degré.

- Non ?
- Parce que sa femme est chouette

Le gamin souffla du nez, amusé. Bien, c'était une blague des plus simple, mais parfois, les choses simples étaient les meilleurs.

- Je ne connais pas de blague... Enfin, seulement les plus trash ?

Et ça, c'était à cause du groupe de reconstitution que ses parents formaient depuis 8 ans avec des vieux amis. Et ses derniers avaient un humour bien noir que sa mère appréciait, au plus grand désarroi de son père qui passait son temps à lui boucher ses oreilles. Et malheureusement pour Everard Harlow, son fils les avaient toutes retenues !
Image

"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

3 juil. 2020, 13:09
"Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle"
Le "plan" de Lukas semblait fonctionner. Il commençait à sentir un semblant d'intérêt venir du jeune Poufsouffle et cela l'encouragea à poursuivre la conversation. L'aigle avait démarré son envol, il fallait donc continuer de battre des ailes pour ne pas s'écraser lamentablement. Ce dernier avait cependant fait un faux-pas en coupant la parole à Eugène, qui lui avait posé une question, pour faire sa blague à deux noises, même si elle le faisait beaucoup rire. Il prit un moment sans ne plus rien dire afin de se calmer et de répondre sérieusement au petit homme.

"A part utiliser du Polynectar pour te faire passer pour l'un des nôtres ou revêtir une cape d'invisibilité, je ne vois pas d'autres moyens pour toi d'entrer dans notre Salle Commune. De plus, la porte est gardée par un heurtoir en forme d'aigle qui pose une énigme à laquelle il faut répondre si on veut espérer regagner nos quartiers. Je ne dis pas que tu es trop bête pour passer cette épreuve mais sache qu'à ce jour, aucune autre Maison n'a réussi à franchir le seuil. Les questions sont parfois si compliquées qu'il faut s'y mettre à plusieurs pour réfléchir à la solution adéquate. Mais tu peux compter sur moi pour te décrire les charmes du lieu, c'est un véritable rêve bleu !".


Sa réponse fut longue mais il aimait échanger et partager avec le rouquin. Il espérait juste ne pas le peser avec des futilités ou des choses qui pourraient lui sembler inintéressantes, car une force invisible le poussait à ne pas l'abandonner et à démarrer une nouvelle amitié avec le première année. Il fallait juste lui faire oublier cette satanée lettre, présage de malheur. Lukas ne pouvait malheureusement pas l'aider à avancer s'il n'en connaissait pas le contenu. C'est alors que, armé d'une bravoure légèrement culottée, il tourna sa tête vers Eugène et dit :

"Cela ne me regarde pas mais je vois bien que la lettre que tu tiens fermement contre toi te tourmente. Si je peux faire quoique ce soit, dis le moi, tu peux me parler, même si je ne suis qu'un inconnu. Parfois, dire ce que l'on a sur le cœur permet de l'alléger un peu".


Il tourna de nouveau son regard vers le ciel bleu. Peut-être avait-il été trop loin dans ses propos ? Peut-être que la curiosité qui faisait de lui un Serdaigle n'était pas quelque chose à démontrer dans cette situation ?

Avant que son nouvel ami lui réponde, il posa une main contre son épaule, comme pour lui dire que tout irait pour le mieux.

~ 3ème année RP ~