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19 sept. 2020, 17:32
Effluves glaçantes  PV+ 
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18 décembre 2044
10h, Lac de Poudlard


Il s'étendait face à elle. Il s'apprêtait à l'engloutir dans ses Profondeurs. Il était resplendissant et même brillant avec sa tenue de glace immaculée. Il était beau, majestueux.

Elle le contemplait ce Lac, fascinée. *C'est beau. Merlin c'est beau.* Lydia n'avait pas souvenir d'avoir vu l'eau de cette manière. Toute de froid vêtue, avec de la neige - comme des paillettes - sur les roseaux.

Et la petite enfant qu'elle était, celle tout le temps fascinée par la Nature et ses changements, avait envie de se jeter dans la glace, de rentrer en fusion avec l'Hiver. Pour se créer une robe en gel et une couronne en flocons. *Pas une couronne, un voile.* Elle voulait devenir fille de la glace, se réfugier dans le froid et devenir une créature de la neige.

Cette idée complètement surnaturelle lui plaisait. Elle s'imaginait bien être entièrement blanche, la peau les cheveux, avec des yeux aussi bleus que les glaciers, et devenir une nymphe de l'Hiver. *Je crois que ça existe déjà.* La fillette n'était pas spécialiste de la mythologie grecque, elle n'en connaissait que les rudiments mais elle aimait bien croire en des dieux pour chaque éléments de la Nature. Elle trouvait la biodiversité si belle qu'elle adhérait sans mal à une culture où il y avait un Dieu pour chaque perle que pouvait offrir la Nature.

Elle s'était assise dans la neige, les fesses sur les talons. Lydia n'avait pas froid pour l'instant et était bien enroulée dans un sweat. Elle avait depuis longtemps oublié son enveloppe physique et était totalement perdue dans des rêves où elle était une Nymphe de l'Hiver. *J'habiterais dans un glacier. J'boirais que de l'eau, de l'eau pure et glacée. J'me baignerais dans la banquise même en hiver et j'aurais jamais froid. Tous les inuits me vénèrerait et je viendrais en aide aux ours polaires blessés.*

Comme mûe par un réflexe, l'enfant s'était levée. Elle avait envie d'explorer un peu plus cette surface glacée s'étendant devant elle. La fillette pensait connaître le Lac par coeur, et pourtant ce matin elle le redécouvrait. Elle n'aurait jamais imaginé le voir comme ça, vêtu d'une robe de glace, si solide qu'on peut marcher dessus. Même le parfum dans l'air était différent. Il y avait une odeur de froid, de Nature. Quelque chose d'indescriptible mais de poétique et enivrant. Laissant sa tête en arrière, elle regarda le ciel un instant et les quelques chouettes se dirigeant vers Poudlard pour apporter le courrier. Puis elle ferma les yeux. Comme au lendemain d'Halloween, quand elle voulait n'être que Rien. Aujourd'hui seulement elle se sentait bien.

Lentement Lydia commença à tourner sur elle même. *J'deviendrai une créature de la glace, c'est certain.*

@Helen McKemmish
Tu viens Danser sur le Lac gelé ?

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Préfète inRP & Purée-en-chef HRP - Bad, on your left !
faire une perle d'une larme

29 sept. 2020, 22:06
Effluves glaçantes  PV+ 
Une valse à quatre temps, une valse à vingt ans
C'est beaucoup plus troublant
C'est beaucoup plus troublant mais beaucoup plus charmant qu'une valse à trois temps
Une valse à vingt ans, une valse à cent temps
Une valse à cent ans
Une valse ça s'entend

Jacques Brel


______________________________________


LANGAGE DU SILENCE


Dix-huit décembre. Dix-huit douze deux-mille-quarante-quatre. Un Huit Deux Zéro Quatre.

Les Chiffres, je pourrais les répéter à l'Infini. D'ailleurs, Ils tourbillonnent dans ma tête, Spirale qui semble à tout prix vouloir s'échapper, c'est à en hurler, à faire déborder la Colère, ce violent Sentiment assaisonné de Tristesse.
Alors je m'habille de mes Rêves. J'enfile les manches, rajuste le col. Dans mon Corps, le fourmillement insupportable s'était arrêté. J'y vais. J'y vais, au Lac. T'sais, cette Étendue d'Eau inquiétante, magnétique, où s'agite une infime quantité de moi. *P't'être* l'une de mes uniques Larmes. Je pourrais y aller les paupières closes, Là-bas. Je pourrais ne pas y aller, aussi. Je pourrais arrêter. Je pourrais crier à m'arracher la gorge, je pourrais essayer de me faire Mal, je pourrais *Vous* faire Mal. Et pourtant, je ne ferais rien de tout ça. J'irai juste *voir*.

Il est Là. *Où ?* J'sais pas. Je ne vois pas ses Contours, je n'arrive pas à faire ce que les Humains essaient toujours de faire : délimiter les Choses. J'ai la terrible mais fascinante Impression qu'Il est Partout, que si je tendais le bras au-dessus de ma Tête, je le sentirais. Pas cette Sensation d'Eau fraîche, non, mais de Glace couverte d'une pellicule de Neige, où l'on laisse sa main le plus longtemps possible, jusqu'à sentir sa Chair se brûler.

Et Ici, je me sens Une.
Je suis Une, une Fille, une Humaine, une Gryffondor -
Paraît-il.


Deux.
Deux Surfaces infinies. L'Une et l'Autre, *l'Autre ?*, l'Une et l'Une se confondent. Le Ciel, l'Eau, c'est *pareil*. Platitude immaculée. les Chiffres et les Lettres se mélangent. *Tourbillon* de Blanc, de Gris, de Rouge, d'Or… Le Ciel se reflète et la Glace flotte dans les Airs. Alors mon pied foule un Nuage, puis Deux. Deux, blanc neige. Des Nuages à Terre, comme Il n'a jamais pu les embrasser, ce Sol martyrisé par les pieds à longueur de Temps.

Trois.
Trois Pas. Trois Objets, Trois Choses, exceptée la Peur. Cent, Mille, Zéro, Tous serpentent *serpentent ?* dans ma Tête, hachurés, en pointillés, colorés, mais ne m'emprisonne plus le cerveau ni les Membres. Oui, mes Membres, Ils peuvent bouger librement à présent, et ma Main voudrait toucher la Glace, l'Eau, le Ciel.

Je *respire*, j'inspire l'Air d'argent, scintillant de l'Absence du Soleil.

Valser. Valser tous les Trois. Le Lac, le Silence et moi. Non, tous les Quatre. Avec le Ciel. Se *laisser porter*, portée par un Liquide vivant. La Brume est belle, Elle effacera Tout. Elle me cache, Elle me soutient, tout comme la Paroi de Glace sur Laquelle j'ai été attirée.

Tous les Cinq. Si je te voyais, je te trouverais beau, Tu serais la plus belle. Oui, même Toi, Fille tourbillonnante comme les Nombres et les Caractères dans ma Tête. Plus besoin de conditionnel, je te vois déjà. On danserait – on dansera à autant que Tu le voudras.


Bien sûr que je viens, Plume. Et tu vois, en parlant de danser, tu ne pensais peut-être pas si bien dire...
@Lydia Holmes, si une mention est nécessaire.

N'énucléez pas vos enfants.
deuxième année - anciennement Helen Brown

17 oct. 2020, 15:00
Effluves glaçantes  PV+ 
Tout était blanc. Tout était beau. *Et moi, moi, est-ce que j'suis belle ?* Elle se sentait presque impure face à cette neige valsant au rythme du vent dans l'air. Les flocons s'approchaient de son corps pour former son contour puis retombaient sur le sol, plus loin. Ils semblaient ne pas vouloir ensevelir la fillette.

Lydia ouvrit les yeux. Le ciel : blanc. La neige : blanche. Le Lac : blanc tirant sur le bleu clair.

Elle pencha sa tête vers le bas et regarda la paume de sa main. Sa peau : blanche. Ses doigts commençaient à rougir sous l'effet du froid, l'unique preuve qu'elle était encore une petite fille, qui pouvait avoir froid, qui n'était pas toujours la bienvenue au milieu de l'Hiver.

Ses doigts : rouges. Ses lèvres : bleues.

*Blanchissez vous !* Elle voulait annihiler la moindre goutte de son essence humaine et rester nymphe de la neige pour l'éternité. L'enfant n'avait plus envie d'être confrontée à ses problèmes d'humaine. Elle ne voulait plus côtoyer les Autres *j'ai d'jà voulu ?*, elle ne voulait plus être obligée de sourire, de donner une belle image d'elle-même alors qu'à l'intérieur c'était le Chaos. Son seul souhait était de rester là, insensible au froid, jusqu'à se faire ensevelir de flocons. *Comme ça, j'serai belle.*

*


Un craquement. Qui créa des veines bleues dans la couche de glace du Lac. *Qui...* Qui était là ? Un animal ? Un professeur ? Un... Le seul fait de penser à ce mot lui faisait mal au coeur.

- Un Autre ?

Elle avait formulé sa pensée en un souffle. Lydia n'avait pas envie d'être dérangée, pourquoi l'avait-on sortie de son rêve éveillé ? Le réveil était brutal et le son du craquement résonnait encore dans ses oreilles, formant un terrible acouphène.

Priant pour que l'intrus ne soit qu'une biche apeurée par les sombres créatures se trouvant dans la forêt interdite, elle se tourna lentement. Elle fut heureuse de constater que la glace ne cédait pas son sous poids et qu'elle accueillait sa présence sans broncher. *L'Hiver m'aime bien.*

La fillette regarda celle qui lui faisait face. Une Autre. Elle serra les dents pour se maîtriser et garder son sang aussi froid que le paysage autour. Elle était en train de danser. Enfin de tourner plus véritablement, exactement comme la petite auparavant. *Elle m'a copiée ?* Une telle réaction lui paraissait bizarre. Méfiante, elle fit quelques pas vers l'Autre. Sa marche était aérienne et ses pieds se posaient délicatement sur la pellicule de glace. Elle voulait lui montrer que pour l'instant, elle était reine ici. Après l'avoir dévisagée, Lydia finit par lui demander :

- Tu danses ?

*J'ai l'impression que l'Hiver ne t'aime pas.*

#5d9686
Préfète inRP & Purée-en-chef HRP - Bad, on your left !
faire une perle d'une larme

1 nov. 2020, 14:58
Effluves glaçantes  PV+ 
OH, LUMIÈRE


C'était plutôt joli à voir. Une petite fille, minuscule parmi toutes les molécules qui l'entouraient. Oui, elle aimait imaginer les molécules d'eau, ces assemblages en forme de tête de souris, comme elle l'avait déjà vu dans un livre. D'ailleurs, il y avait de l'eau partout : la brume, la glace, le Lac, tout ça, c'est pareil, au final.
Et ça aurait pu rester beau. Elle le souhaitait ardemment, d'ailleurs, cette Enfant. Qu'elle puisse rester là, à rêver, à sauter de nuage en nuage. Puis, la Fille tourbillonnante est venue.

_____________________________


Une silhouette s'approche. *'Faut que j'me sauve.* Et pourtant, mes pieds semblent s'être encrés dans le sol. Ou alors, c'est la brume qui m'empêche d'avancer. *C'est l'eau*, c'est de sa faute, forcément.
Ou peut-être est-ce simplement la mienne. Moi qui croyait que j'allais aisément réussir à parler à une personne inconnue,

Tu te trompais.


'Peux plus reculer. Et puis, la fille, elle va peut-être me parler. Elle veut peut-être faire ma connaissance. Elle est si près, à présent.

J'aimerais qu'elle veuille bien faire ma connaissance.

Mais pour l'instant, j'vois que ses pupilles plantées dans les miennes.

Alors, je clos mes paupières, drap noir tiré sur cette immensité blanche et bleue. Qui réverbère, qui confond tout.

*Noir*


*Tu danses ?*
Je ne sais que penser de cette question. J'aime penser que mon cerveau est l'une de ces machines comme les non-sorciers en ont, qui permettent de traiter tant de choses à la fois. Je m'imagine y insérer la phrase, et observer les rouages tourner. Je me rappelle que dans les films, quand un homme demande à une femme si elle veut danser, c'est censé être quelque chose de romantique. Ou en tout cas, partir d'une bonne intention.

Mais dans ce cas *mon cas*, je n'en ai pas l'impression. J'ai l'impression qu'elle tente de m'évaluer, de porter un jugement sur moi, ou de moins de déceler quelque chose. *Quoi ?* Sans doute un élément de mon caractère. Et si c'est le cas, elle ne verra rien. Juste des formes et de la couleur. Juste mon visage.

*Blanc*


Elle n'a pas disparu. Elle est toujours là, peut-être qu'elle ne peut pas bouger non plus ? Son regard qui ne semble pas vouloir ciller me gêne ; je n'ai jamais été capable de soutenir les prunelles des gens. Idiot, non ? Alors je dirige le mien vers le bout de mes chaussures, luisant de neige et de glace fondue, *d'un bout de Lac*. Ce regard bleu et froid *froid ?* - pas le même froid que celui qui me mord les joues, il m'embarrasse, j'ai l'impression qu'il s'agit d'un obstacle, et les obstacles, il me semble qu'ils sont faits pour être franchis. Un froid glaçant. Les adjectifs me manquent, évidemment, le vocabulaire de l'hiver est péjoratif.

Les Gens ont la tête gelée
Et moi, je préfère
Ne pas avoir les Rêves glacés


Oui, je pensais que j'entraînerai n'importe qui dans mes pensées tourbillonnant dans ma tête. Au milieu de choses fluides, souples, trop pour sembler humaines. Je ne pensais peut-être pas rencontrer quelqu'un. Ou alors, quelqu'un que je trouverai intéressant dès le premier abord. Mais suis-je moi-même intéressante ? Qu'est-ce qui m'autorise à la juger ? Sans doute le fait que j'ai l'impression qu'elle me l'a balancée à la figure, sa question, avec son air suspicieux.

Et je me sens idiote, à être là, sur une couche de glace, en évitant le regard d'une fille, qui me parle, sans que je comprenne réellement ce qu'elle veut me dire. L'impression soudaine de ne pas me trouver au bon endroit. De ne pas être assortie au Froid. Que ma peau d'albâtre n'est que de surface, que l'Hiver ne s'y trompe pas. Que les yeux bleus de la fille valent plus que les miens, au regard du Lac.

- Oh, excuse-moi, j'étais perdue dans mes pensées.

*Songes*

Songe


Simple Goutte parmi d'autres

N'énucléez pas vos enfants.
deuxième année - anciennement Helen Brown

15 nov. 2020, 19:15
Effluves glaçantes  PV+ 
L'Autre ne savait pas soutenir les regards. Il y avait quelque chose de satisfaisant à regarder quelqu'un, de manière provocante sans qu'il puisse répliquer. Et le fait que cette fille baisse les yeux vers ses chaussures, vers le sol de glace, ne faisait que confirmer l'impression qu'avait Lydia. Celle d'être toute puissante.

Elle était nymphe ici. L'Hiver était son royaume, le parc son château. La neige, le tissu qu'elle utilisait pour se coudre les plus beaux apparats. La glace n'était autre que le parquet des mille et une chambre de sa demeure. *Ça doit être géant un château aux mille et une chambres.* Même Poudlard ne devait pas avoir autant de pièces et de lits. La fillette imaginait lire les Mille et une Nuits dans ses mille et une chambre. A chaque conte que Shéhérazade lui raconterait de sa voix douce, rappelant les échos d'Orient, la petite Holmes irait dans une chambre différente. Toutes les pièces seraient ornées des pierres les plus précieuses. Et chacune correspondrait à un évènement de la nature. Nul doute que la chambre représentant le ciel nocturne et ses Étoiles Filantes serait sa préférée.

Un petit sourire satisfait sur les lèvres, Lydia regarde de haut en bas celle-qui-lui-fait-face. Elle profita de ses yeux rivés vers le sol - sans doute cherchait elle une réponse adéquate à la question posée auparavant - pour l'observer. Peau blanche comme du lait. Cheveux roux comme des flammes. Yeux bleus comme la glace.
Pas de doute ; cette Autre était diablement jolie.

Elle avait sûrement dû la croiser lors d'un cours de premières années, d'ailleurs ces harmonies de couleurs lui disaient quelque chose. Elle aurait pu passer des heures à contempler des personnes qu'elles trouvaient belles. Il y avait une caractéristique charmante chez eux, un petit je ne sais quoi qui l'impressionnait. Lydia n'était pas sûre d'être belle. Jolie et mignonne sans doute. Mais belle ?
Elle détestait le regard des Autres pour ça. On la jugeait sur son physique, on émettait des critiques. C'était déjà difficile d'être elle-même, s'il fallait en plus que des paroles viennent aggraver sa vision de son corps...

La belle fille *c'est bizarre comme surnom* lui répondit qu'elle était perdue dans ses pensées. Ses pensées la faisaient danser, comme elle avait de la chance. *Moi mes pensées, elles me font pleurer, hurler et désespérer.*

Aussi, lui répondit-elle une phrase qui pouvait sembler vraiment étrange.

- T'as de la chance.

Elle tourna le dos à la fille. Le paysage était plus beau quand on regardait le parc ; avec les arbres comme cristallisés dans la neige et le ciel bleu clair. Lydia ne savait plus quoi dire, plus quoi faire. Avait-elle envie que la belle fille parte ? *Non* Qu'elle reste ? *Non plus*

Elle soupira : elle aurait vraiment bien aimé que ses pensées la fassent danser.

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Préfète inRP & Purée-en-chef HRP - Bad, on your left !
faire une perle d'une larme

23 déc. 2020, 22:34
Effluves glaçantes  PV+ 
LACIS ÉCLATANT


C'est difficile, les liens sociaux.

J'aimerais ne pas avoir à parler. Du moins, pas oralement.
Je n'ai jamais de souci à m'exprimer sur un parchemin, lors d'une évaluation théorique. Je trempe ma plume, j'écris, le grattement de la pointe sur le parchemin me rassure, je suis la seule à l'entendre, comme je suis la seule à entendre mes idées. Je ne les partagerai qu'avec le professeur, professeur qui a déjà lu des centaines de copies, professeur qui doit ne voir en moi qu'une élève, juste un visage avec des capacités, et c'est tout. Alors j'écris, je couche ce que je sais sur le parchemin, et ce n'est pas si difficile, cela peut même devenir agréable.

Mais lorsqu'il s'agit de parler, j'ai l'impression que mon cerveau est engourdi. J'ai l'éternelle sensation que je ne réponds pas comme on l'attend, que même si ce que je dis n'est pas bizarre, la manière dont je le dis l'est. Aujourd'hui plus encore.

Et la réponse de la fille me confirme que j'ai répondu à côté. Hors sujet, écrit d'une encre rouge, l'écriture laissant imaginer la main rageuse qui a tracé ces deux mots.

Et ce doit être pour cette raison que j'entends un rire horripilant résonner à mes oreilles, un petit gloussement qui traduit avec bien trop de précision ma gêne.

*


J'aime les pensées.
Bien qu'on entende pas celles des autres, tout le monde en a. C'est universel. Tout est basé sur les pensées, à bien y réfléchir. Elles peuvent être anodines – T'as pensé quoi du film ?, tout comme elles peuvent prendre un aspect profond, ambitieux, presque vertigineux. Mais c'est aussi à double tranchant. Je n'ose m'imaginer seule, durant des heures, avec pour seule compagnie mes pensées. Dure claustration, à en devenir folle. Et pourtant, elles n'en restent pas moins fascinantes, les pensées, pas moins indispensables. On peut s'imaginer des choses qui n'ont jamais existé, qui ne se sont jamais réalisées, dans sa tête. C'est un formidable théâtre, un immense parquet où mille personnages peuvent se côtoyer, dans des décors réels ou chimériques.

Seulement voilà, les pensées restent dans la tête.

Je sais que les miennes transparaissent parfois, lorsque quelqu'un m'énerve. Ou même maintenant, où je me sens mal à l'aise. Cela doit se voir. Elle doit le voir. Et j'ai l'impression d'assister toujours au même scénario. Un peu comme les vieux films qui passent et repassent à la télé, qu'on a regardé une fois, et qu'on finit par voir plus que regarder. Oui, ou alors comme un kaléidoscope, toujours différent, mais si répétitif. Une personne. Plusieurs, parfois. On parle, sans s'intéresser à l'autre. On finit par s'énerver. Et cela me rend triste, parfois.

C'est si idiot. Chaque seconde de silence, que seul le vent brise, me semble s'étirer infiniment. Mais que dire ? Lui demander pourquoi, pour quoi ? Cela ne m'intéresse pas réellement, en vérité. Je me mords la lèvre. Parler de quoi ? Ne voulant pas laisser mon interlocutrice sur une impression traduisant ma gêne, je me décide à la regarder, pour m'apercevoir qu'elle m'a tourné le dos. Le fait de ne plus sentir ses yeux me scruter aurait dû me rassurer, mais je me sens encore plus désemparée et mal à l'aise. Est-ce une manière de mettre fin à la discussion ? Si c'était le cas, elle aurait pu simplement partir. Néanmoins, je m'efforce de faire une réponse.

- Ben, pas plus que tout le monde, je suppose. La chance. 'Fin, on a de la chance d'être à Poudlard, à apprendre la magie, non ?

Ma chance, je l'ai vue, c'était ce hibou, à la maison, il y a plusieurs mois maintenant. Et à ce souvenir, je ne peux m'empêcher de poser mes yeux sur la tour qui accueille la volière, en sentant mes lèvres gercées s'étirer en un sourire. Une grande chouette prend son envol à travers la brume. Oui, j'ai de la chance, finalement.


Excuse-moi de t'avoir fait attendre ! Je te souhaite de belles fêtes.

N'énucléez pas vos enfants.
deuxième année - anciennement Helen Brown

18 janv. 2021, 13:11
Effluves glaçantes  PV+ 
Elle retourna près de la berge. Elle n'eut à faire que quelques pas car par peur et prudence, elle ne s'était pas aventurée trop loin sur le Lac.
Les pieds sur l'eau gelée, le buste penché vers l'herbe enneigée, elle s'inclina. Ses mains prirent la forme d'un carcan, d'un écrin utilisé pour recueillir des pierres précieuses. Délicatement, elle récupéra une petite poignée de neige. Le contact de la matière blanche - pouvait-on dire l'Or Blanc ? - avec sa peau nue la fit frissonner. Elle observa la neige se fondre, les flocons s'évaporer dans la chaleur de ses paumes. Quel brusque changement d'atmosphère... Un amas d'eau gelée pouvait être annihiler si rapidement ? Et qu'en était-il des autres matières ? Était-il possible de détruire la moindre substance en un clin d’œil, de la faire disparaître en quelques secondes ? La neige était éphémère. Elle resta pensive à méditer sur cette évanescence quand la réponse de la *belle* fille lui parvint aux oreilles.

*On a tous de la chance ?* Elle n'avait jamais vu les choses, les aléas de la vie, sous un tel optimisme. La chance d'apprendre la magie lui paraissait comme une habitude, quelque chose de normal. Mais c'était vrai, cela ne l'était pas. Ils étaient privilégiés les enfants ici seulement, personne ne s'en rendait compte.

- J'avais jamais vu les choses de cette manière, répondit-elle.

Les joues de Lydia avaient rosi mais ce n'était pas uniquement à cause du froid ou de l'émoi que pouvait lui inspirer la rencontre avec cette fille. Ses joues reflétaient la couleur de la honte, de la gêne. Elle avait honte de se sentir si malheureuse alors qu'elle avait tout pour vivre gaiement. Elle était gênée de trouver normal qu'on lui apprenne à transformer des pierres en oiseaux alors que cela ne l'était pas.

- Mais t'as raison.

*Et moi j'ai tort.* Cette pensée l'énervait fortement. Elle n'était pas habituée à ne pas avoir raison - ou alors elle ne se l'avouait pas. Il avait suffi de quelques paroles de la Rouge et Or, de quelques pensées *qui la font valser en plus* pour mettre à mal son égo.

Elle se releva et essuya sa main, mouillée et froide à cause de la neige fondue, sur sa robe.

- Je disais ça plutôt par rapport aux pensées qui te font danser, moi ça m'arrive jamais.

Un aveu honteux pour couvrir une conversation honteuse. Pas glorieux. Pourtant, elle ressentait l'envie de partager son point de vue à la fille, de lui expliquer son jugement. Elle n'aimait pas ses pensées. Elle les avait rarement aimées. L'Autre devait se rendre compte de la chance qu'elle avait, danser sur un Lac gelé parce que son esprit lui intimait, c'était beau.

#5d9686
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