Le sourire de l'abîme
14 janvier 2046
Rives du lac noir — Poudlard
5ème année
C'est normal que tu sois essoufflée, tu as les capacités physiques d'une enfant. Oh, ce n'est pas à cause des paroles de Nyakane que je suis actuellement en train de courir comme une abrutie dans le parc. Bien sûr que non. Le Messager des rêves sort tellement d'inepties, je suis bien trop mature pour les écouter. Si je cours, ce n'est pas une question de fierté, c'est parce que je l'ai décidé. C'est parce que je me suis souvenu de ma première rencontre avec Erza ; « Chaque individu possède ses propres limites au-delà desquelles sa magie ne pourra plus s’exprimer, c’est pourquoi nous attachons un si grand intérêt à notre bonne santé physique » — je veux m'affranchir de toutes les limites, quelles qu'elles soient. Les paroles de l'africaine n'ont jamais quitté mon esprit mais je n'aime pas assez les activités sportives pour avoir appliqué avec sérieux ses conseils, ces dernières années. Quand je me suis rendu compte que je m'étouffais avec mon propre souffle pendant un simple entraînement magique, j'ai compris je devais faire quelques efforts. *Inutiles*, songé-je avec rancœur en essayant d'ignorer la douleur qui sourde dans mes jambes et dans mes poumons. Je ne sais pas qui est l'abruti qui a décidé que courir maintenait en forme. Certainement un fichu moldu.
Quelques désagréables foulées m'amènent non loin du lac. Mes joues chauffent et la sueur dégouline le long de mon visage. C'est à peine si je sens le froid, ce qui est fort regrettable parce que j'ai l'impression que je vais prendre feu tant j'ai chaud.
Ma course laborieuse n'empêche pas mes pensées de se battre brutalement dans ma tête. Elles foutent le bordel dans mon cœur. Elles me donnent des envies de violence. Elle est tellement forte, cette violence. Parfois, elle me réveille en pleine nuit et alors, les yeux perdus dans les ombres du plafond, je me prends à avoir envie de quelque chose sans savoir ce que c'est exactement. Comme si un vide immense grandissait en moi, un vide qui ne demandait qu'à être comblé. Dans un moment de faiblesse, j'ai cru que c'était le manque de Thalia. Quelle erreur de croire ça ! *'Me manque pas*. Bien sûr que non. Je la déteste, comment pourrait-elle me manquer ? Non, ce vide ne s'appelle pas Thalia, il est bien plus grand qu'elle, bien plus profond, bien plus affamé.
Mes pieds frappent brutalement le sol. Ma respiration est un vacarme. Malgré moi, je ralentis. Je n'en peux plus. Et je suis en colère. Et mes pensées sont en vrac. « On va chasser, » m'a dit Zikomo avant de disparaître, tout guilleret, en direction des profondeurs de Poudlard, un Serpentaire fantomatique dans son sillage. Cette vision me hante. Mon ami en compagnie de ce fichu Serpentaire. Oh, mais ce n'est pas cela qui me met hors de moi ! De toute façon, je n'en ai rien à faire qu'ils passent tout leur temps ensemble. Moi, je n'ai pas besoin d'eux. Moi, je n'ai besoin de personne.
Mes jambes sont en feu. Je m'arrête sans y penser, le souffle court et complètement vidée par ma course. C'est tellement vain ! Tellement vain, tout ce que je fais ; tellement vain, les cours idiots que dispense Poudlard ; tellement vain de ressasser les paroles de Zikomo. Tout est si vain. Une formidable frustration se fracasse contre mon cœur. La rencontre est violente. Subitement, ma baguette apparaît dans mes mains et mue par une violente envie, je me débarrasse du trop-plein qui grouille en moi.
« Reducto ! » et c'est un rocher qui explose joliment en mille fragments de rien du tout. « Reducto, » et son jumeau subit le même sort.
Mon sang frétille dans mes veines, mon bras d'arme tremble. Je regarde mon œuvre sans la voir. Je frémis sous la caresse d'un frisson. *C'est tellement vain*. J'avance de quelques pas maladroits en direction de la rive du lac qui n'est plus un lac.
« C'est pas assez, » croassé-je pour moi-même.
Depuis quand la Magie n'est-elle pas assez ? Depuis quand ne sont plus suffisants les sortilèges que j'aime pourtant tant lancer ?
Lasse, je laisse tomber ma baguette dans l'herbe avant de la rejoindre sans aucune grâce. Je ne fais aucun geste pour la récupérer mais je lui jette un regard sombre. Je m'en veux aussitôt. Cette baguette m'est plus proche que n'importe quoi d'autre au monde. Ce n'est pas elle qui me frustre, non ; c'est moi-même et c'est d'autant plus désagréable.
Rives du lac noir — Poudlard
5ème année
C'est normal que tu sois essoufflée, tu as les capacités physiques d'une enfant. Oh, ce n'est pas à cause des paroles de Nyakane que je suis actuellement en train de courir comme une abrutie dans le parc. Bien sûr que non. Le Messager des rêves sort tellement d'inepties, je suis bien trop mature pour les écouter. Si je cours, ce n'est pas une question de fierté, c'est parce que je l'ai décidé. C'est parce que je me suis souvenu de ma première rencontre avec Erza ; « Chaque individu possède ses propres limites au-delà desquelles sa magie ne pourra plus s’exprimer, c’est pourquoi nous attachons un si grand intérêt à notre bonne santé physique » — je veux m'affranchir de toutes les limites, quelles qu'elles soient. Les paroles de l'africaine n'ont jamais quitté mon esprit mais je n'aime pas assez les activités sportives pour avoir appliqué avec sérieux ses conseils, ces dernières années. Quand je me suis rendu compte que je m'étouffais avec mon propre souffle pendant un simple entraînement magique, j'ai compris je devais faire quelques efforts. *Inutiles*, songé-je avec rancœur en essayant d'ignorer la douleur qui sourde dans mes jambes et dans mes poumons. Je ne sais pas qui est l'abruti qui a décidé que courir maintenait en forme. Certainement un fichu moldu.
Quelques désagréables foulées m'amènent non loin du lac. Mes joues chauffent et la sueur dégouline le long de mon visage. C'est à peine si je sens le froid, ce qui est fort regrettable parce que j'ai l'impression que je vais prendre feu tant j'ai chaud.
Ma course laborieuse n'empêche pas mes pensées de se battre brutalement dans ma tête. Elles foutent le bordel dans mon cœur. Elles me donnent des envies de violence. Elle est tellement forte, cette violence. Parfois, elle me réveille en pleine nuit et alors, les yeux perdus dans les ombres du plafond, je me prends à avoir envie de quelque chose sans savoir ce que c'est exactement. Comme si un vide immense grandissait en moi, un vide qui ne demandait qu'à être comblé. Dans un moment de faiblesse, j'ai cru que c'était le manque de Thalia. Quelle erreur de croire ça ! *'Me manque pas*. Bien sûr que non. Je la déteste, comment pourrait-elle me manquer ? Non, ce vide ne s'appelle pas Thalia, il est bien plus grand qu'elle, bien plus profond, bien plus affamé.
Mes pieds frappent brutalement le sol. Ma respiration est un vacarme. Malgré moi, je ralentis. Je n'en peux plus. Et je suis en colère. Et mes pensées sont en vrac. « On va chasser, » m'a dit Zikomo avant de disparaître, tout guilleret, en direction des profondeurs de Poudlard, un Serpentaire fantomatique dans son sillage. Cette vision me hante. Mon ami en compagnie de ce fichu Serpentaire. Oh, mais ce n'est pas cela qui me met hors de moi ! De toute façon, je n'en ai rien à faire qu'ils passent tout leur temps ensemble. Moi, je n'ai pas besoin d'eux. Moi, je n'ai besoin de personne.
Mes jambes sont en feu. Je m'arrête sans y penser, le souffle court et complètement vidée par ma course. C'est tellement vain ! Tellement vain, tout ce que je fais ; tellement vain, les cours idiots que dispense Poudlard ; tellement vain de ressasser les paroles de Zikomo. Tout est si vain. Une formidable frustration se fracasse contre mon cœur. La rencontre est violente. Subitement, ma baguette apparaît dans mes mains et mue par une violente envie, je me débarrasse du trop-plein qui grouille en moi.
« Reducto ! » et c'est un rocher qui explose joliment en mille fragments de rien du tout. « Reducto, » et son jumeau subit le même sort.
Mon sang frétille dans mes veines, mon bras d'arme tremble. Je regarde mon œuvre sans la voir. Je frémis sous la caresse d'un frisson. *C'est tellement vain*. J'avance de quelques pas maladroits en direction de la rive du lac qui n'est plus un lac.
« C'est pas assez, » croassé-je pour moi-même.
Depuis quand la Magie n'est-elle pas assez ? Depuis quand ne sont plus suffisants les sortilèges que j'aime pourtant tant lancer ?
Lasse, je laisse tomber ma baguette dans l'herbe avant de la rejoindre sans aucune grâce. Je ne fais aucun geste pour la récupérer mais je lui jette un regard sombre. Je m'en veux aussitôt. Cette baguette m'est plus proche que n'importe quoi d'autre au monde. Ce n'est pas elle qui me frustre, non ; c'est moi-même et c'est d'autant plus désagréable.
Le sourire de l'abîme
Janvier était pour Charlotte un mois plutôt étrange. Cette année, il s'était passé tellement de choses qu'elle avait ressentit le besoin de s'isoler. Pourtant, jamais elle n'avait souhaité être seule dans sa vie mais ce jour là... Le match de Quidditch allait commencer une semaine plus tard, le tournoi dans le dominion occupait toutes les lèvres et elle n'avait pas eut le courage de continuer ses recherches sur les écoles de magie sans Lilly... Lilly... Elle espérait qu'elle s'en sorte... Alors, pour une fois au lieu d'aller à la bibliothèque pour essayer de trouver quelqu'un, elle choisit de sortir dans le parc.
Elle aimait bien le froid qui lui brulait les joues et la neige lui rappelait toujours des moments de joie qui lui manquaient parfois. Elle sentait l'eau gelée crisser sous ses pieds, le bruit était reposant et le silence qui régnait n'était pour une fois pas tant oppressant que cela. Ce jour là, elle ne faisait rien de similaire à ses habitudes. Elle avait décidé de revêtir sa cape d'hiver sur un coup de tête, pensant qu'elle n'allait pas beaucoup bouger. Ses pas la menèrent sous l'immense arbre du parc qu'elle trouvait impressionnant. Elle souffla légèrement laissant la fumée de glace s'envoler dans les airs. Elle aimait beaucoup cette sensation en hiver et à Poudlard, il semblait faire encore plus froid que chez elle alors cette petite réaction d'hiver était amplifiée. Après s'être amusée plusieurs minutes à souffler comme une imbécile dans l'air de l'hiver, elle reprit son chemin en direction du lac. Elle allait rarement dans cette direction parce que l'eau n'était pas son élément préféré mais l’immensité givrée ressemblait plus à un miroir calme en ce moment. Elle appréciait donc s'y rendre quand elle se sentait un peu triste. Cela arrivait souvent ces derniers temps mais des évènements simples lui faisaient retrouver le sourire et oublier sa tristesse. Il n'était jamais difficile de lui remonter le moral.
Ne pouvant pas échapper à sa nature, elle se rendit compte qu'elle avait encore oublié ses gants et qu'elle commençait à avoir les mains gelées. Elle les dissimula donc dans les poches fourrées de sa cape. Dans celle de droite se trouvait comme à son habitude sa baguette qu'elle attrapa fermement pour la faire tourner entre ses doigts. Cette présence était rassurante même si elle ne connaissait pas encore beaucoup de sortilèges, elle savait que c'était toujours une aide. Dans sa poche gauche se trouvent comme à leur habitude, des petits bonbons au caramel.
Approchant de la rive du lac, elle s'amusa à faire des grands bonds dans la neige pour rire un peu et cela fonctionna jusqu'au moment où elle aperçut une silhouette au loin. C'était une fille qui semblait plus grande qu'elle. Curieuse, elle se rapprocha plus près en continuant ses bonds ridicules. On aurait dit un petit lapin dans le givre mais elle s'en fichait, c'était plutôt amusant.
À une distance où elle pu reconnaitre la personne, elle s'arrêta net et n'osa plus bouger. C'était Bristyle, la grande grognon. Devait-elle aller la voir ou la laisser tranquille en ce jour ? Est-ce que comprendre c'était parfois savoir ne pas aller vers l'autre s'ils n'avaient pas envie de nous ? Le sortilège qui fut lancé la sorti de son questionnement. Elle ouvrit grand la bouche, comme figée dans la neige. C'était impressionnant. La puissance qui émanait de cette fille était stupéfiante. Elle ne connaissait même pas le sortilège utilisé et s'en voulait un peu de sembler être une ignare devant la cinquième année. Seulement, désormais elle ne pouvait plus passer son chemin. Elle avait attiré son attention et tant pis pour ses états d'âmes. De toute façon en ce moment elle vivait dangereusement. Elle allait bondir quelques fois encore quand la grande s’allongea dans l'herbe. Enfin, elle s'écrasa plutôt.
Cette fois sa surprise fut encore plus grande et elle prit de l'élan pour arriver aux côté de la grande en prenant garde à faire du bruit pour que l'autre l'entende. Elle ne souhaitait pas mourir pulvérisée comme un vulgaire caillou, ce serait une bien triste mort. Une fois à ses côtés elle lâcha d'une voix modérée. La poussière qui s'était échappée quelques instants plus tôt l'obligeant à calmer son enthousiasme.
- Salut Bristyle. Comment tu fais pour détruire les cailloux ? C'est trop la classe !
A la fin de sa phrase, elle émit un son mimant une explosion et fit un geste avec ses mains pour faire comme s'il y avait une explosion de poussière tout autour d'elle. Le mouvement n'était pas très ample mais on comprenait facilement ce qu'elle voulait dire. La petite était toujours sur la défensive, et se préparait à s'enfuir en courant si l'autre voulait la trucider. On n'explosait pas des grosses pierres quand on était calme dans sa tête.
Elle aimait bien le froid qui lui brulait les joues et la neige lui rappelait toujours des moments de joie qui lui manquaient parfois. Elle sentait l'eau gelée crisser sous ses pieds, le bruit était reposant et le silence qui régnait n'était pour une fois pas tant oppressant que cela. Ce jour là, elle ne faisait rien de similaire à ses habitudes. Elle avait décidé de revêtir sa cape d'hiver sur un coup de tête, pensant qu'elle n'allait pas beaucoup bouger. Ses pas la menèrent sous l'immense arbre du parc qu'elle trouvait impressionnant. Elle souffla légèrement laissant la fumée de glace s'envoler dans les airs. Elle aimait beaucoup cette sensation en hiver et à Poudlard, il semblait faire encore plus froid que chez elle alors cette petite réaction d'hiver était amplifiée. Après s'être amusée plusieurs minutes à souffler comme une imbécile dans l'air de l'hiver, elle reprit son chemin en direction du lac. Elle allait rarement dans cette direction parce que l'eau n'était pas son élément préféré mais l’immensité givrée ressemblait plus à un miroir calme en ce moment. Elle appréciait donc s'y rendre quand elle se sentait un peu triste. Cela arrivait souvent ces derniers temps mais des évènements simples lui faisaient retrouver le sourire et oublier sa tristesse. Il n'était jamais difficile de lui remonter le moral.
Ne pouvant pas échapper à sa nature, elle se rendit compte qu'elle avait encore oublié ses gants et qu'elle commençait à avoir les mains gelées. Elle les dissimula donc dans les poches fourrées de sa cape. Dans celle de droite se trouvait comme à son habitude sa baguette qu'elle attrapa fermement pour la faire tourner entre ses doigts. Cette présence était rassurante même si elle ne connaissait pas encore beaucoup de sortilèges, elle savait que c'était toujours une aide. Dans sa poche gauche se trouvent comme à leur habitude, des petits bonbons au caramel.
Approchant de la rive du lac, elle s'amusa à faire des grands bonds dans la neige pour rire un peu et cela fonctionna jusqu'au moment où elle aperçut une silhouette au loin. C'était une fille qui semblait plus grande qu'elle. Curieuse, elle se rapprocha plus près en continuant ses bonds ridicules. On aurait dit un petit lapin dans le givre mais elle s'en fichait, c'était plutôt amusant.
À une distance où elle pu reconnaitre la personne, elle s'arrêta net et n'osa plus bouger. C'était Bristyle, la grande grognon. Devait-elle aller la voir ou la laisser tranquille en ce jour ? Est-ce que comprendre c'était parfois savoir ne pas aller vers l'autre s'ils n'avaient pas envie de nous ? Le sortilège qui fut lancé la sorti de son questionnement. Elle ouvrit grand la bouche, comme figée dans la neige. C'était impressionnant. La puissance qui émanait de cette fille était stupéfiante. Elle ne connaissait même pas le sortilège utilisé et s'en voulait un peu de sembler être une ignare devant la cinquième année. Seulement, désormais elle ne pouvait plus passer son chemin. Elle avait attiré son attention et tant pis pour ses états d'âmes. De toute façon en ce moment elle vivait dangereusement. Elle allait bondir quelques fois encore quand la grande s’allongea dans l'herbe. Enfin, elle s'écrasa plutôt.
Cette fois sa surprise fut encore plus grande et elle prit de l'élan pour arriver aux côté de la grande en prenant garde à faire du bruit pour que l'autre l'entende. Elle ne souhaitait pas mourir pulvérisée comme un vulgaire caillou, ce serait une bien triste mort. Une fois à ses côtés elle lâcha d'une voix modérée. La poussière qui s'était échappée quelques instants plus tôt l'obligeant à calmer son enthousiasme.
- Salut Bristyle. Comment tu fais pour détruire les cailloux ? C'est trop la classe !
A la fin de sa phrase, elle émit un son mimant une explosion et fit un geste avec ses mains pour faire comme s'il y avait une explosion de poussière tout autour d'elle. Le mouvement n'était pas très ample mais on comprenait facilement ce qu'elle voulait dire. La petite était toujours sur la défensive, et se préparait à s'enfuir en courant si l'autre voulait la trucider. On n'explosait pas des grosses pierres quand on était calme dans sa tête.
Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
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Le sourire de l'abîme
Nejma, le bruissement du silence en fond
[14 JANVIER 2046 ]
Rives du Lac Noir, Poudlard.

Nejma Hoster, 15 ans.
Serdaigle, 4ème Année
∞
[14 JANVIER 2046 ]
Rives du Lac Noir, Poudlard.

Nejma Hoster, 15 ans.
Serdaigle, 4ème Année
∞
— Reducto !
Nejma et sa charrette de pensées butèrent brusquement contre un obstacle. *…même-si-le-fond-porte-l’essence-de-l’incantation-la-forme-quant-à-elle-permet-d’écraser-la-volonté-du-sorc*. « Reducto », et la charrette — bien qu’étant d’une solidité certaine — se déséquilibra d’un coup, la roue arrière avait lâché en déversant toute la cargaison ; les pensées gisaient sur le sol de sa conscience, sans vie. Cet obstacle était trop récalcitrant. *‘tain*.
Avec flegme, les yeux aussi sombres qu’un gouffre daignèrent se diriger vers cet obstacle, tout là-bas, aux couleurs Jaune et Noir, posté à une certaine distance du rivage. Une seule pensée germa dans l’esprit de la Serdaigle. *Bristyle*. Puis son regard se détourna aussitôt, elle avait fait le tour de l’obstacle, le reste ne l’importait pas.
Ses yeux de jais replongèrent dans l’immensité du lac.
Assise, elle se tenait à l’extrême gauche de la rive, là où elle pouvait être à quelques centimètres de l’eau et en même temps avoir sa silhouette confondue avec les arbres qui se tenaient en fond. Aussi lentement qu’elle le pouvait, la Serdaigle prit une grande inspiration. *Allez*.
— C'est pas assez.
La voix était plus proche, mais plus faible. *Allez*. Se défocaliser.
La concentration harponnée sur la surface gigantesque du lac, Nejma reprit une longue inspiration. Sa charrette de pensées était ici, elle n’avait pas bougé, presque comme neuve ; alors elle remonta dessus pour s’y asseoir confortablement. L’immensité qui lui faisait face perdait de sa consistance, mais bien trop peu.
La Serdaigle s’entrainait à venir dans cet endroit qu’elle détestait au plus haut point, tous les grands espaces l’empêchaient de réfléchir correctement — correctement étant le niveau prodigieux d’intelligence dont elle faisait preuve. Ainsi, dès qu’elle avait du temps libre, Nejma comblait ses lacunes en les affrontant avec un acharnement méticuleux.
Une seconde s’écoula. Puis deux. Quelques bruissements en fond, et le temps qui s’allonge. L’environnement ne perdait pas assez de ses couleurs, celui-ci ne permettait pas à la Bleu et Bronze d’apprécier le chemin qui se dessinait dans sa conscience. Une grande goulée d’air dévala sa gorge pour lourdement finir sa course dans l’estomac. *’tain…*. La couleur du lac était trop éclatante, trop étincelante. *Allez…*. Elle tenta d’expirer lentement, mais la masse d’air qui s’était densifiée dans son corps se recracha en un seul bloc ; tel un rocher imaginaire qui fit des ricochets sur la surface *trop* grande du lac.
*’tain !*.
D’un mouvement aussi vif que précis, sa main dégota une fiole du revers de sa robe. Pendant une fraction de seconde, celle-ci émit un éclat plus cinglant que celui du soleil tant son cristal semblait pur.
Nejma retira le bouchon — à forme d’aigle — d’une agilité accoutumée. Un très mince filet d’argent s’extirpa, mais n’eut pas le temps d’aller bien loin que la Serdaigle l’inhalait déjà tout en avalant quelques gouttes de la potion.
Aussitôt, un voile se calqua à son regard, rendant l’éclat du lac moins oppressant, et offrant une couleur plus intense au chemin de sa conscience. Un rictus mi-satisfait mi-écœuré sculpta son visage arrondi.
Avec la même aisance — et sans ciller — elle reboucha la fiole-au-filin-d’argent. La sensation humide de l’herbe contre ses fesses s’évanouissait à une vitesse folle. Son regard devint raide. Un instant. Puis cinglant. Tellement acéré. Il paraissait découper le lac en lambeaux. Elle n’entendit même pas une autre voix s’élever.
Peut-être l’unique Pas, peut-être pas.
Le sourire de l'abîme
Je n’aurais pas dû m’asseoir ici. L’étendue d’eau est si grande et si imposantes sont les montagnes qui me narguent au loin. Si je me retourne, j’apercevrai le château et qui sait, alors, si sa taille gigantesque ne m’écrasera pas ? Sans parler de cet arbre-double, si grand, si haut, si culminant. Je me sens toute petite face à cela. Je me sens presque ridicule avec mes deux petits Reducto. Quand on me demandera quel exploit j’ai réalisé dans ma vie, je pourrai dire que je sais réduire des rochers en poussière ; quelle merveille ! C’est affligeant, j’en viens presque à croire que je ne suis capable que de cela, lancer de vulgaires sortilèges que n’importe quel sorcier peut réussir. Alors que c’est faux ! Je suis capable de bien plus, de bien plus grand, de bien plus destructeur. De bien plus sublime. Je suis capable de réaliser des choses qui me combleront, contrairement à ce que je viens de faire.
« Salut Bristyle. »
Je m'extirpe de la moiteur de mes pensées avec difficulté et me tord la nuque en direction de la voix. Mon cœur rate quelques battements — je ne l'ai pas entendu arriver, bordel. Un soupir s'échappe d'entre mes lèvres quand je la reconnais. *P'tain d'Dwight*. Toujours là quand je ne l'attends pas, celle-là. Aujourd'hui, c'est bien la dernière personne que je veux voir. Quoi que non, ce n'est pas la dernière. Mais elle n'arrive pas bien loin dans la liste. Je subis sans moufter ses gazouillis ; mon regard est sombre, tordue en une grimace de rancœur ma bouche et mon corps est tout recroquevillé, comme s'il m'était trop difficile d'emprunter une attitude plus fière — ce qui est tout à fait le cas. *C'est trop la classe !* mimé-je avec colère dans le secret de mon crâne. C'est trop la classe. Quelle idiote ! Elle ne connait rien à rien. C'est certain que pour une gamine de première année qui ne sait pas lancer d'autres sortilèges que Lumos, ce que je viens de faire est exceptionnel. Habituellement, cette admiration m'aurait plu. Aujourd'hui, elle me donne envie de vomir.
Une profonde inspiration fait se soulever mes épaules, je tourne la tête vers le lac, et expire tout aussi profondément, expulsant dans le ciel de janvier une volute de fumée blanche. Je n'ai pas envie de parler, je n'ai pas envie de sourire, je n'ai pas envie de faire le moindre effort, je n'ai pas envie d'expliquer des choses, d'apprendre à des idiots des sortilèges idiots. Je n'ai pas envie de supporter la présence d'une Autre exubérante, sa curiosité maladive, ses questions indiscrètes et sa foutue susceptibilité. Parce que c'est ce qui arrivera quand je l'ouvrirai : elle va se vexer et elle va devenir plus insupportable encore. Et elle fera grandir la violence qui me bouffe le cœur et ma frustration n'en sera que plus puissante. Je n'ai pas envie de tout cela. Et je n'ai pas plus envie de m'empêcher d'être ce que je suis. Si cette fille m'emmerde, je *la déglingue*.
« N'importe quel abruti est capable de faire ça, » grincé-je d'une voix lourde d'aigreur.
Ce qui est un mensonge de premier ordre, certes. Je sais bien que mon niveau est meilleur que celui des autres élèves de ma promotion, je sais bien que j'ai bien plus de talent qu'eux, que mes sortilèges seront toujours plus impressionnants que les leurs. Mais bordel, c'est si peu suffisant. *C'pas assez...*.
Un nouveau soupir me défracte la bouche. Soudain, je me tourne en direction de la petite blonde et lui offre toute la force de mon regard noir.
« Le spectacle est terminé, dis-je d'une voix froide. Trace ta route. »
« Salut Bristyle. »
Je m'extirpe de la moiteur de mes pensées avec difficulté et me tord la nuque en direction de la voix. Mon cœur rate quelques battements — je ne l'ai pas entendu arriver, bordel. Un soupir s'échappe d'entre mes lèvres quand je la reconnais. *P'tain d'Dwight*. Toujours là quand je ne l'attends pas, celle-là. Aujourd'hui, c'est bien la dernière personne que je veux voir. Quoi que non, ce n'est pas la dernière. Mais elle n'arrive pas bien loin dans la liste. Je subis sans moufter ses gazouillis ; mon regard est sombre, tordue en une grimace de rancœur ma bouche et mon corps est tout recroquevillé, comme s'il m'était trop difficile d'emprunter une attitude plus fière — ce qui est tout à fait le cas. *C'est trop la classe !* mimé-je avec colère dans le secret de mon crâne. C'est trop la classe. Quelle idiote ! Elle ne connait rien à rien. C'est certain que pour une gamine de première année qui ne sait pas lancer d'autres sortilèges que Lumos, ce que je viens de faire est exceptionnel. Habituellement, cette admiration m'aurait plu. Aujourd'hui, elle me donne envie de vomir.
Une profonde inspiration fait se soulever mes épaules, je tourne la tête vers le lac, et expire tout aussi profondément, expulsant dans le ciel de janvier une volute de fumée blanche. Je n'ai pas envie de parler, je n'ai pas envie de sourire, je n'ai pas envie de faire le moindre effort, je n'ai pas envie d'expliquer des choses, d'apprendre à des idiots des sortilèges idiots. Je n'ai pas envie de supporter la présence d'une Autre exubérante, sa curiosité maladive, ses questions indiscrètes et sa foutue susceptibilité. Parce que c'est ce qui arrivera quand je l'ouvrirai : elle va se vexer et elle va devenir plus insupportable encore. Et elle fera grandir la violence qui me bouffe le cœur et ma frustration n'en sera que plus puissante. Je n'ai pas envie de tout cela. Et je n'ai pas plus envie de m'empêcher d'être ce que je suis. Si cette fille m'emmerde, je *la déglingue*.
« N'importe quel abruti est capable de faire ça, » grincé-je d'une voix lourde d'aigreur.
Ce qui est un mensonge de premier ordre, certes. Je sais bien que mon niveau est meilleur que celui des autres élèves de ma promotion, je sais bien que j'ai bien plus de talent qu'eux, que mes sortilèges seront toujours plus impressionnants que les leurs. Mais bordel, c'est si peu suffisant. *C'pas assez...*.
Un nouveau soupir me défracte la bouche. Soudain, je me tourne en direction de la petite blonde et lui offre toute la force de mon regard noir.
« Le spectacle est terminé, dis-je d'une voix froide. Trace ta route. »
Quel danger m'inspire Nejma ! une terreur qui me donne envie de sourire.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 7 févr. 2021, 20:29, modifié 1 fois.
Le sourire de l'abîme
Le froid, le noir dans ses yeux et encore le froid. Tous ces éléments manquèrent de lui faire prendre ses jambes à son cou. Tout dans Bristyle respirait la colère. C'était toujours de cette manière que cela semblait fonctionner chez elle. Comme Charlotte s'en doutait, la plus grande n'avait aucune envie de lui parler. Elle dû puiser dans ses réserves pour ne pas s'enfuir en courant et ne jamais revenir. Elle avait une allure étrange la grande grognon. Elle ne ressemblait pas à la fille qu'elle avait rencontrée la première fois. C'était une sensation étrange qui s'emparait de la petite. Comme si tout le froid qui était en la plus grande se déversait en elle et la troublait. Qu'allait-elle lui dire ? Son regard était vraiment méchant. Elle devait mieux l'étudier, prendre le temps de la comprendre mais... Comment pouvait-elle faire cela si l'autre la rembarrait à chaque fois ? Elle voulait comprendre mais c'était comme si on lui coupait les moyens de le faire. Elle n'était certainement pas assez intelligente pour s'en sortir avec cette personne qui lui paraissait si grande.
« N'importe quel abruti est capable de faire ça. »
Alors, sa stupeur grandit, et elle cru ne plus pouvoir bouger quand elle entendit ces mots. Sa voix n'était pas très agréable à entendre et elle avait du mal à se laisser faire face à tant de mauvaise humeur. Parce que oui, elle était certaine que c'était seulement de la mauvaise humeur, uniquement cela.
Les mots tranchaient dans le froid et la stupéfiaient tant et si bien qu'après les derniers grognements lui demandant... Non, lui ordonnant de partir, elle ne pu ni bouger ni répondre le temps de quelques secondes. Elle ne savait que faire, que dire. Pourtant cela n'arrivait pas souvent à la petite. Ces mots l'avaient vexée et un peu ennuyée. Elle le savait, l'autre mentait. Depuis cinq mois qu'elle se promenait dans le château et dans le parc à chercher des petites cachettes, elle n'avait jamais remarqué quelqu'un jeter un sortilège de cette puissance. Elle mentait, c'était certain. Alors même si elle ne connaissait pas tout le monde dans le château... Elle le savait. Jamais, elle n'avait vu ses camarades proches lancer cela. Jamais. Et c'était injuste de se faire mentir de la sorte. Elle se devait de lui dire. Les grands croyaient tout savoir mais elle la petite, elle avait un cerveau. Elle s'assied dans la neige aux côtés de l'autre mais quand même assez éloignée, elle n'avait bien évidemment pas pour objectif de se faire tuer et ne connaissait aucun sortilège pour se défendre. Et alors elle croisa les doigts en regardant en biais l'autre sans attendre qu'elle l'intercepte.
- Tu mens.
Elle était incapable d’insuffler la terreur dans sa voix mais pourtant, elle n'avait jamais parlé aussi fermement. Si jamais l'autre était très attentive, elle pourrait voir les tremblements de ses doigts et l’appréhension qui suintait en elle. Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes. Seulement face à une situation étrange, la réaction devait être étrange. De toute façon aujourd'hui, rien n'allait. Elle mit rageusement ses mains dans ses poches pour cacher la peur qui la rongeait et tourna le regard dans une autre direction, après tout elle avait bien le droit d'être là aussi, sur cette plage. Ses yeux se portèrent au loin apercevant une silhouette mais bien vite, elle se détourna et reconcentra son attention sur la grognon. Sa main dans sa poche triturait sa baguette bien qu'elle savait ne pas faire le poids, peut-être pour se donner du courage.
« N'importe quel abruti est capable de faire ça. »
Alors, sa stupeur grandit, et elle cru ne plus pouvoir bouger quand elle entendit ces mots. Sa voix n'était pas très agréable à entendre et elle avait du mal à se laisser faire face à tant de mauvaise humeur. Parce que oui, elle était certaine que c'était seulement de la mauvaise humeur, uniquement cela.
Les mots tranchaient dans le froid et la stupéfiaient tant et si bien qu'après les derniers grognements lui demandant... Non, lui ordonnant de partir, elle ne pu ni bouger ni répondre le temps de quelques secondes. Elle ne savait que faire, que dire. Pourtant cela n'arrivait pas souvent à la petite. Ces mots l'avaient vexée et un peu ennuyée. Elle le savait, l'autre mentait. Depuis cinq mois qu'elle se promenait dans le château et dans le parc à chercher des petites cachettes, elle n'avait jamais remarqué quelqu'un jeter un sortilège de cette puissance. Elle mentait, c'était certain. Alors même si elle ne connaissait pas tout le monde dans le château... Elle le savait. Jamais, elle n'avait vu ses camarades proches lancer cela. Jamais. Et c'était injuste de se faire mentir de la sorte. Elle se devait de lui dire. Les grands croyaient tout savoir mais elle la petite, elle avait un cerveau. Elle s'assied dans la neige aux côtés de l'autre mais quand même assez éloignée, elle n'avait bien évidemment pas pour objectif de se faire tuer et ne connaissait aucun sortilège pour se défendre. Et alors elle croisa les doigts en regardant en biais l'autre sans attendre qu'elle l'intercepte.
- Tu mens.
Elle était incapable d’insuffler la terreur dans sa voix mais pourtant, elle n'avait jamais parlé aussi fermement. Si jamais l'autre était très attentive, elle pourrait voir les tremblements de ses doigts et l’appréhension qui suintait en elle. Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes. Seulement face à une situation étrange, la réaction devait être étrange. De toute façon aujourd'hui, rien n'allait. Elle mit rageusement ses mains dans ses poches pour cacher la peur qui la rongeait et tourna le regard dans une autre direction, après tout elle avait bien le droit d'être là aussi, sur cette plage. Ses yeux se portèrent au loin apercevant une silhouette mais bien vite, elle se détourna et reconcentra son attention sur la grognon. Sa main dans sa poche triturait sa baguette bien qu'elle savait ne pas faire le poids, peut-être pour se donner du courage.
Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
Le sourire de l'abîme
Je ne connais rien aux Autres, moi. Je suis incapable de deviner ce qu’il se passe dans leur tête, moins encore de le comprendre. Et de toute façon, je n’ai que rarement eu envie de le faire. A quoi bon comprendre les autres quand on est persuadée qu’ils seront incapables, eux, de nous comprendre ? Certes. Pourtant, cela ne m’empêche pas, à défaut de comprendre, de deviner ce qu’il se passe derrière ces deux yeux clairs qui me fixent avec bien trop d’intensité. Je sais avant même qu’elle ne bouge que je l’ai vexé ; avant même qu’elle n’ose s’asseoir près de moi, je comprends que mes paroles ont labouré son cœur. Comment le sais-je ? Oh, tout simplement parce que les Autres sont si semblables. Une centaine d’âmes dans ce fichu château — une centaine de reflets qui se reflètent à n’en plus finir, et ils se reflètent tellement, ces reflets, à l’infini, qu’ils en deviennent parfaitement semblables. C’est à gerber. Ainsi, cette Autre est comme tous les autres, et comme tous les Autres elle se vexe parce qu’elle pense que mes paroles ont été prononcées pour elle. C’est se donner trop grande importance. Mes paroles auraient été les mêmes, peu importe qui j’avais eu en face de moi. Peu importe la personne, mon but était de la faire fuir. Et cela n’a pas fonctionné. Ce n’est pas parce que Dwight est une insupportable petite curieuse que cela n’a pas fonctionné ; c’est parce qu’elle est comme tous les autres dans ce monde, elle ne réfléchit pas.
Je détache mon regard courroucé de l’enfant et cache ma grimace haineuse en la présentant au lac. Je ne supporte pas de voir cette fille assise auprès de moi. Je ne supporte pas tout ce que cela m’inspire ; de mauvaises choses. Ce qui n’était que de la frustration dans mon cœur *et pas d’la jalousie* se transforme en méchante bête sauvage. Et mes envies de violence n’en sont que plus grandes. Je ferme brièvement les yeux et me concentre sur ma respiration. Quelque part dans mon cœur vibre un appel au calme. J’aimerais que tout soit plus simple, plus serein. J’aimerais, parfois, ne pas ressentir cette grande vague qui me bouleverse. Comment puis-je m’en débarrasser ? En ai-je seulement envie ?
Elle parle.
Je savais qu’elle allait parler, pourtant la lassitude m’étreint. Je laisse tomber ma tête en avant et, les coudes posés sur les genoux, mes doigts se lient à mes cheveux. Je tire sur mes mèches, la douleur est agréable, mais presque aussi rapidement je lâche le tout et retrouve ma position précédente, les yeux rivés sur le lac.
*Je mens*, qu’elle croit. A quel propos ? Pense-t-elle que le spectacle n’est pas terminé ? Pense-t-elle que nul autre n’est capable de mes prouesses magiques ? Dans ce cas, elle se fourvoie autant que moi ; c’en est presque amusant. Bien sûr que je mens, mais à quel point ? A quel point ai-je tort ? Mes prouesses magiques sont splendides quand on les compare à celle de mes abrutis de camarades, mais prenons des sorciers plus expérimentés et bien vite, mes prouesses passent pour de vulgaires amusements d’une gamine avide. Loewy se rirait de mes sortilèges ! Erza en pleurerait de honte ! Eva Sepulveda en ricanerait !
Oh, doux Merlin.
Et soudain, le venin remplace ma salive. Je balance mes yeux sur la blonde. Je me prends son regard en pleine face.
« Qu’est-ce que tu en sais, toi, que je mens ? Tu ne sais rien du tout ! Tu n’as absolument pas conscience de tout… » *c’que je pourrais faire si je le voulais* « Tu sais rien du tout. »
Un rire s’échappe d’entre mes lèvres. Je détourne le regard, lourde de tant de mots, de tant d’attente ; écrasée par un besoin sans nom qui me grignote de l’intérieur.
« J’suis à des miles de toi, bordel. De tout l’monde. »
Et notamment d’Erza, de Loewy, de cette Sepulveda.
De tout ce que je souhaite atteindre.
Je détache mon regard courroucé de l’enfant et cache ma grimace haineuse en la présentant au lac. Je ne supporte pas de voir cette fille assise auprès de moi. Je ne supporte pas tout ce que cela m’inspire ; de mauvaises choses. Ce qui n’était que de la frustration dans mon cœur *et pas d’la jalousie* se transforme en méchante bête sauvage. Et mes envies de violence n’en sont que plus grandes. Je ferme brièvement les yeux et me concentre sur ma respiration. Quelque part dans mon cœur vibre un appel au calme. J’aimerais que tout soit plus simple, plus serein. J’aimerais, parfois, ne pas ressentir cette grande vague qui me bouleverse. Comment puis-je m’en débarrasser ? En ai-je seulement envie ?
Elle parle.
Je savais qu’elle allait parler, pourtant la lassitude m’étreint. Je laisse tomber ma tête en avant et, les coudes posés sur les genoux, mes doigts se lient à mes cheveux. Je tire sur mes mèches, la douleur est agréable, mais presque aussi rapidement je lâche le tout et retrouve ma position précédente, les yeux rivés sur le lac.
*Je mens*, qu’elle croit. A quel propos ? Pense-t-elle que le spectacle n’est pas terminé ? Pense-t-elle que nul autre n’est capable de mes prouesses magiques ? Dans ce cas, elle se fourvoie autant que moi ; c’en est presque amusant. Bien sûr que je mens, mais à quel point ? A quel point ai-je tort ? Mes prouesses magiques sont splendides quand on les compare à celle de mes abrutis de camarades, mais prenons des sorciers plus expérimentés et bien vite, mes prouesses passent pour de vulgaires amusements d’une gamine avide. Loewy se rirait de mes sortilèges ! Erza en pleurerait de honte ! Eva Sepulveda en ricanerait !
Oh, doux Merlin.
Et soudain, le venin remplace ma salive. Je balance mes yeux sur la blonde. Je me prends son regard en pleine face.
« Qu’est-ce que tu en sais, toi, que je mens ? Tu ne sais rien du tout ! Tu n’as absolument pas conscience de tout… » *c’que je pourrais faire si je le voulais* « Tu sais rien du tout. »
Un rire s’échappe d’entre mes lèvres. Je détourne le regard, lourde de tant de mots, de tant d’attente ; écrasée par un besoin sans nom qui me grignote de l’intérieur.
« J’suis à des miles de toi, bordel. De tout l’monde. »
Et notamment d’Erza, de Loewy, de cette Sepulveda.
De tout ce que je souhaite atteindre.
Le sourire de l'abîme
Le regard de Bristyle était terrifiant. Pour évacuer la tension qui montait en elle, Charlotte étendit ses jambes et se mit à frapper le sol de ses talons. Cette position n'était pas très confortable mais c'est elle qui lui permettait de se détendre avec ses petits mouvements de pieds. Elle aurait aimé n'en avoir rien à faire de la grognon mais elle était certaine qu'elle pourrait apprendre des choses grâce à cette grande qui lançait des sortilèges avec tellement d'aisance et qui était suivie par deux créatures étranges à longueur de temps. Elle aimait tant apprendre et elle avait soif d'en avoir plus sur les autres ! Alors, elle voulait rester et elle insisterait au risque de se prendre un sortilège.
Seulement, elle n'appréciait pas qu'on lui mente. Les mensonges étaient une atteinte à la connaissance. Tout ce que l'on peut apprendre est brisé par le mensonge parce que les choses fausses déforment la réalité. Ce mensonge là était peut-être minuscule ou alors il ne concernait que la grande mais un mensonge en cachait toujours d'autres. Et ça c'était injuste. Les sourcils froncés, elle regardait la grande en attendant sa réponse, l'esprit tout embrouillé face à cette personne qui lui semblait immense, impressionnante. Il lui fallait du cran, toujours plus de courage pour arriver à lui tenir tête. Mais la petite de onze an qu'elle était ne lâcherait pas, il ne fallait pas. L'urne, l'abandon de son frère lui faisaient plus peur que cette grande grognon. Au fond d'elle, brulait une rage de savoir. Et alors, sur cette nouvelle détermination, elle serra fort son point autour de sa baguette pour stopper les tremblements. Ils n'avaient plus lieu d'être.
Mais cette détermination fut bien vite mise à mal. Les mots de la grande la frappèrent tels un coup de point dans sa figure mais elle s'y attendait. Il faut dire qu'elle l'avait peut-être un peu cherché. Elle tenta de rester impassible malgré toutes les émotions qui la traversaient. Elle s'était crispée sur sa baguette, le peu de tension qu'elle avait réussi à évacuer était revenue au même moment que l'autre avait ouvert la bouche. Le moment où elle sautait encore dans la neige lui paraissait dater d'une éternité alors que ce n'était que quelques secondes auparavant. Et cette frustration... Toujours présente. La grande avait été obligée de lui faire remarquer son ignorance.... Mais elle le savait, plus que tout au monde, elle le savait. Elle n'avait pas vécue comme une sorcière avant d'arriver à Poudlard mais on ne pouvait pas non plus dire qu'elle avait du retard sur les autres de sa promotions, seulement elle voulait en savoir plus. Sauf qu'elle avait surement choisi la mauvais personne. L'éclat de rire qui suivit semblait tellement malsain. Comme un grognement malade, une aigreur qu'on avait du mal à supporter.
Les reproches de l'autre étaient puissants mais sa dernière phrase l'était encore plus et elle aurait ouvert la bouche comme un poisson si elle n'avait pas été aussi tendue. Quel sens avait cette phrase ? Que voulait-elle dire par là ? Elle avait déjà remarqué que la jaune était différente mais était-ce en mieux ? En pire ? Elle eut du mal à comprendre en quoi cette phrase avait un rapport avec les sortilèges pour imbéciles... Est-ce que la fille se croyait plus forte ? Non... Les deux phrases ensembles ne pouvaient pas aller dans ce sens... Prise dans son intense réflexion, elle sortit sa main de sa poche sans s'en rendre compte, la baguette dans sa paume et se mit à la tourner entre ses doigts. Y avait-il un rapport avec la magie ?
Sa baguette dans ses mains était douce et elle en sentait les aspérités. Une sorte de point d'ancrage. Que devait-elle répondre ? Son petit cerveau d'enfant avait du mal à comprendre les troubles que vivaient la plus grande. Cela devait-être triste d'être seule, ne ressembler à personne... Elle n'aurait pas aimé. Elle détestait la solitude et la grande semblait remplie d'une solitude très grande. Après une grande inspiration très lente, elle déclara sur un ton légèrement tremblotant. Sa fermeté n'avait pas disparu mais, elle se faisait moins sentir que dans ses précédents mots.
- C'est sûr que je sais rien... On en sait toujours moins qu'les plus grands... Mais toi t'en sais plus que moi... Et tu te permets de mentir. Partager et accepter des mensonges, j'aime pas ça... J'trouve ça terrifiant... Parce qu'ççça nous empêche de savoir, nous les p'tits.
Elle ferma les yeux très fort avant de lâcher ses derniers mots en regardant l'autre en face. C'était tellement stressant de discuter avec cette fille...
- Puis j'ai envie d'apprendre et t'as l'air de savoir mais t'es toute seule, différente de nous... Alors on mérite pas de savoir ? J'voudrais juste...
Sa voix se brisa sur ces mots. Que voulait-elle au juste ? Elle devait paraitre pitoyable devant la grande qui s'énervait trop vite. Mais elle était incapable de s'exprimer mieux.
Seulement, elle n'appréciait pas qu'on lui mente. Les mensonges étaient une atteinte à la connaissance. Tout ce que l'on peut apprendre est brisé par le mensonge parce que les choses fausses déforment la réalité. Ce mensonge là était peut-être minuscule ou alors il ne concernait que la grande mais un mensonge en cachait toujours d'autres. Et ça c'était injuste. Les sourcils froncés, elle regardait la grande en attendant sa réponse, l'esprit tout embrouillé face à cette personne qui lui semblait immense, impressionnante. Il lui fallait du cran, toujours plus de courage pour arriver à lui tenir tête. Mais la petite de onze an qu'elle était ne lâcherait pas, il ne fallait pas. L'urne, l'abandon de son frère lui faisaient plus peur que cette grande grognon. Au fond d'elle, brulait une rage de savoir. Et alors, sur cette nouvelle détermination, elle serra fort son point autour de sa baguette pour stopper les tremblements. Ils n'avaient plus lieu d'être.
Mais cette détermination fut bien vite mise à mal. Les mots de la grande la frappèrent tels un coup de point dans sa figure mais elle s'y attendait. Il faut dire qu'elle l'avait peut-être un peu cherché. Elle tenta de rester impassible malgré toutes les émotions qui la traversaient. Elle s'était crispée sur sa baguette, le peu de tension qu'elle avait réussi à évacuer était revenue au même moment que l'autre avait ouvert la bouche. Le moment où elle sautait encore dans la neige lui paraissait dater d'une éternité alors que ce n'était que quelques secondes auparavant. Et cette frustration... Toujours présente. La grande avait été obligée de lui faire remarquer son ignorance.... Mais elle le savait, plus que tout au monde, elle le savait. Elle n'avait pas vécue comme une sorcière avant d'arriver à Poudlard mais on ne pouvait pas non plus dire qu'elle avait du retard sur les autres de sa promotions, seulement elle voulait en savoir plus. Sauf qu'elle avait surement choisi la mauvais personne. L'éclat de rire qui suivit semblait tellement malsain. Comme un grognement malade, une aigreur qu'on avait du mal à supporter.
Les reproches de l'autre étaient puissants mais sa dernière phrase l'était encore plus et elle aurait ouvert la bouche comme un poisson si elle n'avait pas été aussi tendue. Quel sens avait cette phrase ? Que voulait-elle dire par là ? Elle avait déjà remarqué que la jaune était différente mais était-ce en mieux ? En pire ? Elle eut du mal à comprendre en quoi cette phrase avait un rapport avec les sortilèges pour imbéciles... Est-ce que la fille se croyait plus forte ? Non... Les deux phrases ensembles ne pouvaient pas aller dans ce sens... Prise dans son intense réflexion, elle sortit sa main de sa poche sans s'en rendre compte, la baguette dans sa paume et se mit à la tourner entre ses doigts. Y avait-il un rapport avec la magie ?
Sa baguette dans ses mains était douce et elle en sentait les aspérités. Une sorte de point d'ancrage. Que devait-elle répondre ? Son petit cerveau d'enfant avait du mal à comprendre les troubles que vivaient la plus grande. Cela devait-être triste d'être seule, ne ressembler à personne... Elle n'aurait pas aimé. Elle détestait la solitude et la grande semblait remplie d'une solitude très grande. Après une grande inspiration très lente, elle déclara sur un ton légèrement tremblotant. Sa fermeté n'avait pas disparu mais, elle se faisait moins sentir que dans ses précédents mots.
- C'est sûr que je sais rien... On en sait toujours moins qu'les plus grands... Mais toi t'en sais plus que moi... Et tu te permets de mentir. Partager et accepter des mensonges, j'aime pas ça... J'trouve ça terrifiant... Parce qu'ççça nous empêche de savoir, nous les p'tits.
Elle ferma les yeux très fort avant de lâcher ses derniers mots en regardant l'autre en face. C'était tellement stressant de discuter avec cette fille...
- Puis j'ai envie d'apprendre et t'as l'air de savoir mais t'es toute seule, différente de nous... Alors on mérite pas de savoir ? J'voudrais juste...
Sa voix se brisa sur ces mots. Que voulait-elle au juste ? Elle devait paraitre pitoyable devant la grande qui s'énervait trop vite. Mais elle était incapable de s'exprimer mieux.
Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
Le sourire de l'abîme
Quelle grande joueuse, cette rancœur ! J’aimerais croire qu’elle s’impose en moi et me force à ressentir toutes ces choses, j’aimerais croire qu’elle est maîtresse de mes faits et gestes, que je suis sa victime, son vulgaire pantin. Ce serait tellement plus simple de croire cela, n’est-ce pas ? Mais je n’y crois guère. Je ne suis pas la marionnette de ma rancœur, c’est elle qui se fait manipuler. Je suis la seule coupable, dans l’histoire, je ne peux affliger ce sentiment de ce que je suis puisqu’elle n’est que le résultat de ma nature. Et toutes ces émotions qui vibrent en moi, toutes mes pensées et tous mes besoins… Si j’étais un peu plus forte, je saurais les faire disparaître, hein ? Bien sûr que j’en serais capable, sauf que je ne sais pas comment faire. Alors je ne fais rien et je me retrouve au bord du lac, assise en compagnie d’une Autre minuscule à perdre mon temps, à déblatérer, déblatérer et essayer de lui faire comprendre pourquoi je ne mens pas. Lui faire comprendre toujours plus de choses alors qu’il est évident que c’est moi qui ai besoin de les comprendre.
Je n’arrive pas à saisir la couleur de mes pensées. Tout frappe si fort dans mon corps ! Et là, à portée de main, se trouve quelque chose dont j’ai amplement besoin. Je n’arrive pourtant pas à le saisir. Ma frustration est si grande et je ne connais même pas son origine. Ou alors, je refuse de la connaître, tout simplement parce que je refuse de voir que je suis complètement paumée et que je n’ai pas l’intention d’aller voir la seule personne dans ce foutu château qui pourrait m’aider à y voir plus clair. Je vais devoir avancer seule, dans le noir. Et tant pis pour les dégâts ! J’ai tellement besoin d’avancer, de passer à un autre niveau dans mes études, dans ma vie. Oublier un peu ces sentiments et ces pensées dévastatrices. Bordel, n’est-il pas vain d’aimer ? Si je n’aimais pas, je ne me prendrais pas la tête avec Thalia ; si je n’aimais pas, les paroles de Zikomo ne hurleraient pas dans mon esprit. Si je n'aimais pas, peut-être aurais-je réussi à saisir ce quelque chose qui me parait inatteignable.
La voix de la fille me tire, mais si peu, de l’obscurité de mes pensées. Je me tourne vaguement vers elle. Mon cœur s’arrache de son socle quand j’aperçois la baguette qu’elle tourne entre ses doigts. Une immense alarme résonne dans mon crâne et je jette mon regard sur le sol, à la recherche de ma propre arme, un sentiment d’urgence me faisant perdre mon souffle. *Elle va m’attaquer*, songé-je en l’écoutant à moitié. Cette peur est aussi palpable que l’air ; je sais que je ne risque pas grand chose, je sais que la fille n’a pas encore bougé, je sais que tant qu’elle parlera elle ne prendra pas le temps de songer à l’attaque. Lorsque je mets la main sur ma baguette et la serre entre mes doigts, lorsque je lève les yeux pour les déposer sur l’idiote, je retrouve mon souffle — tout va bien.
Et elle continue à parler.
Enfin, je remarque à quel point sa voix a perdu de sa vigueur.
Quand je rencontre une personne, je la range très vite dans une case. Dwight, assez rapidement ma foi, a rejoint dès notre première rencontre une case dans laquelle sont également rangés Rosenberg et Livingstone (quoi que cette dernière a changé de place, récemment) : les emmerdeurs heureux. Ils ont de la chance, ces emmerdeurs, parce qu’ils sont toujours plus supportables que les abrutis. Aujourd’hui, Dwight ne joue pas du tout le rôle qui est le sien. Pas de sourire sur son visage, pas de joie dans sa voix… Qu’est-ce donc, à la place ? L’hésitation ? Bordel, ce que l’hésitation est ennuyante. A moins que ce ne soit la crainte ? Cela me plairait davantage.
Ce qui me plait moins, c’est le fait que ses paroles me troublent. Le fait est que ses mots me donnent envie de hurler, très violement, mais que certaines phrases sont aussi très vraies. Alors, que puis-je faire, moi ? Dire à cette fille que si elle sous-entend ne serait-ce qu’une seule nouvelle fois que je lui mens, je l’explose comme un vulgaire rocher ? Lui dire que je n’en ai absolument rien à faire, mais rien à faire de sa petite vie et de ses petits tourments ?
Oh non.
Non, il y a mieux.
« On en sait toujours moins qu’les plus grands, mimé-je méchamment. Ça nous empêche de savoir… On mérite pas de savoir ?... » Et je ricane, encore. « Mais tu t’entends, sérieux ? Tu crois que tu mérites de savoir avec un discours pareil ? Y’a que les cons qui pensent comme toi. Le savoir, ça se prend. Si t’attends qu’il arrive tout seul, bah tu vas l’attendre toute ta vie et Merlin, tu risques pas de t’élever. »
Mais pourquoi est-ce que je me fatigue à lui dire ça ? Pourquoi, au nom des mages ? Je me détourne dans un grognement tout en ayant conscience de la raison pour laquelle je gaspille ma salive pour cette emmerdeuse heureuse : elle a l’envie de savoir et cette envie, je la respecte. Charlotte Dwight tangue et je déteste ça. Elle tangue et qui sait si elle ne finira pas par tomber dans la case des Autres un peu moins inintéressants que les autres ?
« Tu veux quoi ? demandé-je soudainement avec hargne en lui offrant ma grimace agacée. Tu sais au moins quoi ? »
Et moi, le sais-je seulement ? Oh, je hais ce questionnement ! Voilà pourquoi cette fille me sort par les yeux. Parce qu’elle me force à me demander si la question que je lui pose n’est pas en vérité une question que je veux me poser à moi.
Je n’arrive pas à saisir la couleur de mes pensées. Tout frappe si fort dans mon corps ! Et là, à portée de main, se trouve quelque chose dont j’ai amplement besoin. Je n’arrive pourtant pas à le saisir. Ma frustration est si grande et je ne connais même pas son origine. Ou alors, je refuse de la connaître, tout simplement parce que je refuse de voir que je suis complètement paumée et que je n’ai pas l’intention d’aller voir la seule personne dans ce foutu château qui pourrait m’aider à y voir plus clair. Je vais devoir avancer seule, dans le noir. Et tant pis pour les dégâts ! J’ai tellement besoin d’avancer, de passer à un autre niveau dans mes études, dans ma vie. Oublier un peu ces sentiments et ces pensées dévastatrices. Bordel, n’est-il pas vain d’aimer ? Si je n’aimais pas, je ne me prendrais pas la tête avec Thalia ; si je n’aimais pas, les paroles de Zikomo ne hurleraient pas dans mon esprit. Si je n'aimais pas, peut-être aurais-je réussi à saisir ce quelque chose qui me parait inatteignable.
La voix de la fille me tire, mais si peu, de l’obscurité de mes pensées. Je me tourne vaguement vers elle. Mon cœur s’arrache de son socle quand j’aperçois la baguette qu’elle tourne entre ses doigts. Une immense alarme résonne dans mon crâne et je jette mon regard sur le sol, à la recherche de ma propre arme, un sentiment d’urgence me faisant perdre mon souffle. *Elle va m’attaquer*, songé-je en l’écoutant à moitié. Cette peur est aussi palpable que l’air ; je sais que je ne risque pas grand chose, je sais que la fille n’a pas encore bougé, je sais que tant qu’elle parlera elle ne prendra pas le temps de songer à l’attaque. Lorsque je mets la main sur ma baguette et la serre entre mes doigts, lorsque je lève les yeux pour les déposer sur l’idiote, je retrouve mon souffle — tout va bien.
Et elle continue à parler.
Enfin, je remarque à quel point sa voix a perdu de sa vigueur.
Quand je rencontre une personne, je la range très vite dans une case. Dwight, assez rapidement ma foi, a rejoint dès notre première rencontre une case dans laquelle sont également rangés Rosenberg et Livingstone (quoi que cette dernière a changé de place, récemment) : les emmerdeurs heureux. Ils ont de la chance, ces emmerdeurs, parce qu’ils sont toujours plus supportables que les abrutis. Aujourd’hui, Dwight ne joue pas du tout le rôle qui est le sien. Pas de sourire sur son visage, pas de joie dans sa voix… Qu’est-ce donc, à la place ? L’hésitation ? Bordel, ce que l’hésitation est ennuyante. A moins que ce ne soit la crainte ? Cela me plairait davantage.
Ce qui me plait moins, c’est le fait que ses paroles me troublent. Le fait est que ses mots me donnent envie de hurler, très violement, mais que certaines phrases sont aussi très vraies. Alors, que puis-je faire, moi ? Dire à cette fille que si elle sous-entend ne serait-ce qu’une seule nouvelle fois que je lui mens, je l’explose comme un vulgaire rocher ? Lui dire que je n’en ai absolument rien à faire, mais rien à faire de sa petite vie et de ses petits tourments ?
Oh non.
Non, il y a mieux.
« On en sait toujours moins qu’les plus grands, mimé-je méchamment. Ça nous empêche de savoir… On mérite pas de savoir ?... » Et je ricane, encore. « Mais tu t’entends, sérieux ? Tu crois que tu mérites de savoir avec un discours pareil ? Y’a que les cons qui pensent comme toi. Le savoir, ça se prend. Si t’attends qu’il arrive tout seul, bah tu vas l’attendre toute ta vie et Merlin, tu risques pas de t’élever. »
Mais pourquoi est-ce que je me fatigue à lui dire ça ? Pourquoi, au nom des mages ? Je me détourne dans un grognement tout en ayant conscience de la raison pour laquelle je gaspille ma salive pour cette emmerdeuse heureuse : elle a l’envie de savoir et cette envie, je la respecte. Charlotte Dwight tangue et je déteste ça. Elle tangue et qui sait si elle ne finira pas par tomber dans la case des Autres un peu moins inintéressants que les autres ?
« Tu veux quoi ? demandé-je soudainement avec hargne en lui offrant ma grimace agacée. Tu sais au moins quoi ? »
Et moi, le sais-je seulement ? Oh, je hais ce questionnement ! Voilà pourquoi cette fille me sort par les yeux. Parce qu’elle me force à me demander si la question que je lui pose n’est pas en vérité une question que je veux me poser à moi.
Le sourire de l'abîme
Tant de choses avaient changé pendant ces vacances de Noël. Se retrouver toute seule avait été la pire expérience qu'elle avait vécue. Elle avait détesté ça. Elle avait eu soif de nouveauté et d'apprentissage mais elle ne savait absolument pas comment s'y prendre.
Soudain... Les mots déferlèrent. Violents. Vulgaires. Mais pourquoi la grande avait-elle besoin de s'exprimer de cette manière ? Charlotte trouvait cette façon de parler vraiment flippante. Elle crachait ses mots avec une telle haine. Pourtant elle n'avait rien fait, elle. Seulement posé des questions qui selon elle, étaient légitimes. Mais l'autre s'énervait. Alors oui Bristyle était peut-être finalement "à des miles de tout le monde" et Charlotte venait enfin de le comprendre. Elle était différente, vraiment différente. Ses réactions étaient anormales, ses paroles étaient étranges. Elle commençait enfin à s'en rendre compte *il était temps...*. Elle lui avait toujours paru un peu bizarre mais elle n'avait pas fait attention à l'étudier vraiment. Seulement les mots qu'elle venait d'entendre lui avaient fait percuter. "des cons comme toi", c'était tellement vexant... Et si elle n'avait pas aussi peur, elle serait rentrée dans les choux et aurait crié sur la grande. Elle n'était pas tant impulsive et elle avait appris à vite se calmer. Alors oui les mots faisaient mal mais pourtant... Pourtant la petite était admirative devant la cinquième année. Malgré toutes les paroles, malgré son mensonge qu'elle ne voulais pas avouer, la plus âgée restait au dessus d'elle comme une présence omniprésente.
Elle était tellement mitigée qu'elle passa plusieurs secondes qui s'étirèrent peut-être en une ou deux minutes à réfléchir. Les conversations avec la plus grande la changeaient. La première était dans son esprit comme une simple boutade. Celle-ci lui faisait plutôt se rendre compte de choses... L'autre n'était pas gentille, elle ne pouvait pas être gentille avec la manière dont-elle parlait. Et elle était certaine que cette violence pourrait s'exprimer d'une manière très différente si elle faisait un pas de travers. Il fallait qu'elle se calme, elle ne pouvait pas se laisser terrifier par l'autre. Ce n'était pas de cette manière qu'elle vivait, elle était sensée être toujours joyeuse et prendre la vie du bon côté. Mais les questions de la grande et la manière dont-elle la traitait, l'amenaient autant à réfléchir qu'à se révolter. C'était tellement vrai... Son hésitation précédente, que voulait-elle dire ? Pourquoi hésitait-elle ? Pourquoi avait-elle peur ? Elle avait eu peur dans sa vie, plusieurs fois. Elle frissonna en pensant à l'esprit qui hantait les dortoirs. Mais elle ne devait pas avoir peur de son ainée. La peur était tellement incontrôlable parfois... Elle devait en apprendre plus sur elle. Elle voulait qu'elle lui en apprenne plus.
Les mots méchants de l'autre auraient pu lui faire encore plus peur. Elle aurait pu se laisser faire et s'enfuir parce que l'autre la terrifiait. Elle aurait pu pourtant ce n'était pas un fantôme à ses côtés mais un corps bien palpable. Elle souffla doucement plusieurs fois pour se calmer. Elle avait un peu oublié la présence de l'autre quelques instants car elle ne devait pas répondre à chaud. Cela prendrait le temps qu'il faut mais elle y arriverait. Si elle l'avait fait, elle aurait trop tremblé. Maintenant qu'elle était plus calme, maintenant qu'elle savait ce qu'elle voulait, elle pouvait lui répondre. Serrant sa baguette entre ses doigts, elle sauta en repliant ses jambes sous elle et atterrit sur les genoux les yeux brillants devant Bristyle, qu'elle trouvait dure mais tellement impressionnante.
- Si le savoir ça se prends alors... Apprends moi à faire de la magie comme toi. J'veux savoir comment utiliser ce bout de bois, mieux qu'dans les cours de sortilèges ou de métamorphose. J'veux m'entrainer. J'veux savoir comment fonctionne la magie ! Et les livres suffisent pas !
Elle brandissait sa baguette devant les yeux de la plus grande ayant oublié toute ses peurs du début dans une attitude plus que suicidaire. Elle avait parlé sur un ton ferme mais rempli d'envie, elle s'était emballée sur la fin, sa voix avait finie dans les tons aigus encore plus qu'à son habitude. Elle savait qu'elle risquait beaucoup dans ses deniers mots et elle regardait la jaune avec détermination mêlée d'un brin de crainte. Elle ne la supplierait pas, quitte à se prendre un stupéfixe... La petite avait abandonné le "j'voudrais" pour sortir le "j'veux" et c'était un signe de sa plus grande détermination. Seulement, elle espérait que l'autre ne répèterait pas sur un ton dédaigneux ses mots parce que sa dignité n'y survivrait pas et elle n'aurait plus qu'à s'enfouir sous la neige.
Soudain... Les mots déferlèrent. Violents. Vulgaires. Mais pourquoi la grande avait-elle besoin de s'exprimer de cette manière ? Charlotte trouvait cette façon de parler vraiment flippante. Elle crachait ses mots avec une telle haine. Pourtant elle n'avait rien fait, elle. Seulement posé des questions qui selon elle, étaient légitimes. Mais l'autre s'énervait. Alors oui Bristyle était peut-être finalement "à des miles de tout le monde" et Charlotte venait enfin de le comprendre. Elle était différente, vraiment différente. Ses réactions étaient anormales, ses paroles étaient étranges. Elle commençait enfin à s'en rendre compte *il était temps...*. Elle lui avait toujours paru un peu bizarre mais elle n'avait pas fait attention à l'étudier vraiment. Seulement les mots qu'elle venait d'entendre lui avaient fait percuter. "des cons comme toi", c'était tellement vexant... Et si elle n'avait pas aussi peur, elle serait rentrée dans les choux et aurait crié sur la grande. Elle n'était pas tant impulsive et elle avait appris à vite se calmer. Alors oui les mots faisaient mal mais pourtant... Pourtant la petite était admirative devant la cinquième année. Malgré toutes les paroles, malgré son mensonge qu'elle ne voulais pas avouer, la plus âgée restait au dessus d'elle comme une présence omniprésente.
Elle était tellement mitigée qu'elle passa plusieurs secondes qui s'étirèrent peut-être en une ou deux minutes à réfléchir. Les conversations avec la plus grande la changeaient. La première était dans son esprit comme une simple boutade. Celle-ci lui faisait plutôt se rendre compte de choses... L'autre n'était pas gentille, elle ne pouvait pas être gentille avec la manière dont-elle parlait. Et elle était certaine que cette violence pourrait s'exprimer d'une manière très différente si elle faisait un pas de travers. Il fallait qu'elle se calme, elle ne pouvait pas se laisser terrifier par l'autre. Ce n'était pas de cette manière qu'elle vivait, elle était sensée être toujours joyeuse et prendre la vie du bon côté. Mais les questions de la grande et la manière dont-elle la traitait, l'amenaient autant à réfléchir qu'à se révolter. C'était tellement vrai... Son hésitation précédente, que voulait-elle dire ? Pourquoi hésitait-elle ? Pourquoi avait-elle peur ? Elle avait eu peur dans sa vie, plusieurs fois. Elle frissonna en pensant à l'esprit qui hantait les dortoirs. Mais elle ne devait pas avoir peur de son ainée. La peur était tellement incontrôlable parfois... Elle devait en apprendre plus sur elle. Elle voulait qu'elle lui en apprenne plus.
Les mots méchants de l'autre auraient pu lui faire encore plus peur. Elle aurait pu se laisser faire et s'enfuir parce que l'autre la terrifiait. Elle aurait pu pourtant ce n'était pas un fantôme à ses côtés mais un corps bien palpable. Elle souffla doucement plusieurs fois pour se calmer. Elle avait un peu oublié la présence de l'autre quelques instants car elle ne devait pas répondre à chaud. Cela prendrait le temps qu'il faut mais elle y arriverait. Si elle l'avait fait, elle aurait trop tremblé. Maintenant qu'elle était plus calme, maintenant qu'elle savait ce qu'elle voulait, elle pouvait lui répondre. Serrant sa baguette entre ses doigts, elle sauta en repliant ses jambes sous elle et atterrit sur les genoux les yeux brillants devant Bristyle, qu'elle trouvait dure mais tellement impressionnante.
- Si le savoir ça se prends alors... Apprends moi à faire de la magie comme toi. J'veux savoir comment utiliser ce bout de bois, mieux qu'dans les cours de sortilèges ou de métamorphose. J'veux m'entrainer. J'veux savoir comment fonctionne la magie ! Et les livres suffisent pas !
Elle brandissait sa baguette devant les yeux de la plus grande ayant oublié toute ses peurs du début dans une attitude plus que suicidaire. Elle avait parlé sur un ton ferme mais rempli d'envie, elle s'était emballée sur la fin, sa voix avait finie dans les tons aigus encore plus qu'à son habitude. Elle savait qu'elle risquait beaucoup dans ses deniers mots et elle regardait la jaune avec détermination mêlée d'un brin de crainte. Elle ne la supplierait pas, quitte à se prendre un stupéfixe... La petite avait abandonné le "j'voudrais" pour sortir le "j'veux" et c'était un signe de sa plus grande détermination. Seulement, elle espérait que l'autre ne répèterait pas sur un ton dédaigneux ses mots parce que sa dignité n'y survivrait pas et elle n'aurait plus qu'à s'enfouir sous la neige.
Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily
Le sourire de l'abîme
Et les livres suffisent pas !
Quelle claque me mettent ces paroles ! Éberluée, je l’ai été quand sa détermination a remplacé son hésitation ; moqueuse, également, quand elle a osé me demander de l’entraîner. Mais ses derniers mots… Ses derniers sont les pires, ils résonnent si fort en moi !
Et les livres suffisent pas !
Mon souffle m’est arraché par cette seule phrase et l’immense frustration qui se cache dans mon cœur se révolte et s’agite. « Oui ! », crie-t-elle, oui, les livres ne suffisent pas, ils ne suffisent plus, tout comme les sortilèges que l’on m’apprend dans les cours. Tout cela n’est plus suffisant, bordel. J’ai besoin de plus, j’ai besoin d’explorer, j’ai besoin d’essayer. Et cette fille, cette toute petite fille vient de mettre en mots ce qui me torturait aussi fort. Sans même le savoir, elle a enfoncé son doigt dans mon immense vide et a remué la crasse noire qui subsistait tout au fond.
Je ne sais comment me sentir, à présent. Mon cœur s’abat violemment contre ma cage thoracique, monstre affamé qui ne demande qu’à agir, enfin agir. Et d’un autre côté, ma frustration n’en est que davantage affirmée. Je ne sais pas comment… Je ne sais pas par où commencer… Un monde entier s’ouvre à moi. Et si j’avais seulement peur de l’affronter ? Cette terrible pensée me fait revenir sur terre. Je ferme la bouche et me détourne de Dwight pour poser sur le lac mon regard hanté.
Comme la fille auparavant, je laisse les secondes s’enfuir. Si, pendant ce temps, la gamine peut retrouver son calme et cesser de me jeter ce regard brillant, je lui en serais reconnaissante. Il me faut un certain temps pour retrouver le court de mes pensées et en même temps, me souvenir de ses paroles, de sa demande, de son affront. Et, harassée, je pousse un soupir à m’en fendre l’âme. Dwight n’est pas la moitié de ce que je suis, je le sais parfaitement. Et ce n’est pas cette belle détermination et sa prétendue envie d’en savoir davantage qui me feront changer d’avis. Oh certes, peut-être suis-je légèrement étonnée par sa demande ; qui aurait cru qu’en une aussi petite fille puisse se cacher une telle fascination ? Certes, pas moi. Enfin, cela ne change pas grand chose. Mon avis quant à sa demande n’est pas destiné à changer.
Je n’ai pas envie d’aider les Autres, c’est un fait. Cela ne m’intéresse pas. Je n’en ai rien à faire que cette fille souhaite s’entraîner, peu importe que cet état d’esprit me plaise. Je n’en ai rien à faire de son ambition, de sa détermination. Moi, j’ai une vie bien remplie. Moi, j’ai des choses à faire, des choses à apprendre, des choses à comprendre. Quelle place tient cette fille dans l’immensité de ma vie ? Elle n’est pas même une poussière, moins encore qu’une particule. En clair, elle ne compte pas et moi, ce qui ne compte pas je ne le vois pas. Ce n’est pas parce que je refuse de lui apprendre quoi que ce soit que je vais refuser. Après tout, j’ai passé des mois et des mois à enseigner à Gabryel. Non, c’est tout simplement parce que Dwight n’est pas Gabryel et que ça, c’est tout de même une épouvantable tare.
« Non, » réponds-je simplement.
Il faut tout de même avouer que cette fille n’est pas aussi abrutie que le premier venu. Ses paroles m'inspirent autre chose que de la pitié, c’est suffisant pour apaiser la colère qui était la mienne. Je lui accorde un regard, et ce faisant j'ai conscience de lui faire un très grand honneur.
« T’as pas besoin de moi, affirmé-je en désignant sa baguette du bout du menton. Et moi, j’ai pas besoin de toi. »
Une relation n'existe pas sans échange, n'est-ce pas ? Je n'ai rien à gagner en apprenant à cette fille à utiliser son bout de bois. Déjà, quand on nomme ainsi l'objet qui nous complète, c'est qu'on a un petit souci au niveau de l'image que l'on se fait de sa propre magie. J'aime la détermination de cette enfant, j'aime qu'elle ait osé me demander de l'entraîner et j'aime savoir qu'en son sein grouille tout un tas de passions. Certes, mais il n'y a pas chez elle la profondeur dont j'ai besoin pour me sentir exister. C'est ainsi, j'en ai terriblement conscience. Mais je suis prête à lui excuser ce défaut, je veux bien l'avouer.
« C’est bien de vouloir, soufflé-je au bout d’un moment et pour la première fois depuis que la Poufsouffle est arrivée, ma voix est presque apaisée. Il te reste qu’à faire, maintenant. »
Quelle claque me mettent ces paroles ! Éberluée, je l’ai été quand sa détermination a remplacé son hésitation ; moqueuse, également, quand elle a osé me demander de l’entraîner. Mais ses derniers mots… Ses derniers sont les pires, ils résonnent si fort en moi !
Et les livres suffisent pas !
Mon souffle m’est arraché par cette seule phrase et l’immense frustration qui se cache dans mon cœur se révolte et s’agite. « Oui ! », crie-t-elle, oui, les livres ne suffisent pas, ils ne suffisent plus, tout comme les sortilèges que l’on m’apprend dans les cours. Tout cela n’est plus suffisant, bordel. J’ai besoin de plus, j’ai besoin d’explorer, j’ai besoin d’essayer. Et cette fille, cette toute petite fille vient de mettre en mots ce qui me torturait aussi fort. Sans même le savoir, elle a enfoncé son doigt dans mon immense vide et a remué la crasse noire qui subsistait tout au fond.
Je ne sais comment me sentir, à présent. Mon cœur s’abat violemment contre ma cage thoracique, monstre affamé qui ne demande qu’à agir, enfin agir. Et d’un autre côté, ma frustration n’en est que davantage affirmée. Je ne sais pas comment… Je ne sais pas par où commencer… Un monde entier s’ouvre à moi. Et si j’avais seulement peur de l’affronter ? Cette terrible pensée me fait revenir sur terre. Je ferme la bouche et me détourne de Dwight pour poser sur le lac mon regard hanté.
Comme la fille auparavant, je laisse les secondes s’enfuir. Si, pendant ce temps, la gamine peut retrouver son calme et cesser de me jeter ce regard brillant, je lui en serais reconnaissante. Il me faut un certain temps pour retrouver le court de mes pensées et en même temps, me souvenir de ses paroles, de sa demande, de son affront. Et, harassée, je pousse un soupir à m’en fendre l’âme. Dwight n’est pas la moitié de ce que je suis, je le sais parfaitement. Et ce n’est pas cette belle détermination et sa prétendue envie d’en savoir davantage qui me feront changer d’avis. Oh certes, peut-être suis-je légèrement étonnée par sa demande ; qui aurait cru qu’en une aussi petite fille puisse se cacher une telle fascination ? Certes, pas moi. Enfin, cela ne change pas grand chose. Mon avis quant à sa demande n’est pas destiné à changer.
Je n’ai pas envie d’aider les Autres, c’est un fait. Cela ne m’intéresse pas. Je n’en ai rien à faire que cette fille souhaite s’entraîner, peu importe que cet état d’esprit me plaise. Je n’en ai rien à faire de son ambition, de sa détermination. Moi, j’ai une vie bien remplie. Moi, j’ai des choses à faire, des choses à apprendre, des choses à comprendre. Quelle place tient cette fille dans l’immensité de ma vie ? Elle n’est pas même une poussière, moins encore qu’une particule. En clair, elle ne compte pas et moi, ce qui ne compte pas je ne le vois pas. Ce n’est pas parce que je refuse de lui apprendre quoi que ce soit que je vais refuser. Après tout, j’ai passé des mois et des mois à enseigner à Gabryel. Non, c’est tout simplement parce que Dwight n’est pas Gabryel et que ça, c’est tout de même une épouvantable tare.
« Non, » réponds-je simplement.
Il faut tout de même avouer que cette fille n’est pas aussi abrutie que le premier venu. Ses paroles m'inspirent autre chose que de la pitié, c’est suffisant pour apaiser la colère qui était la mienne. Je lui accorde un regard, et ce faisant j'ai conscience de lui faire un très grand honneur.
« T’as pas besoin de moi, affirmé-je en désignant sa baguette du bout du menton. Et moi, j’ai pas besoin de toi. »
Une relation n'existe pas sans échange, n'est-ce pas ? Je n'ai rien à gagner en apprenant à cette fille à utiliser son bout de bois. Déjà, quand on nomme ainsi l'objet qui nous complète, c'est qu'on a un petit souci au niveau de l'image que l'on se fait de sa propre magie. J'aime la détermination de cette enfant, j'aime qu'elle ait osé me demander de l'entraîner et j'aime savoir qu'en son sein grouille tout un tas de passions. Certes, mais il n'y a pas chez elle la profondeur dont j'ai besoin pour me sentir exister. C'est ainsi, j'en ai terriblement conscience. Mais je suis prête à lui excuser ce défaut, je veux bien l'avouer.
« C’est bien de vouloir, soufflé-je au bout d’un moment et pour la première fois depuis que la Poufsouffle est arrivée, ma voix est presque apaisée. Il te reste qu’à faire, maintenant. »