10 avr. 2021, 10:09
 Impromptu  Colonne de Brume
Une vibration discrète et silencieuse agita l’oreiller sur lequel reposait la tête endormi du jeune homme qui la redressa aussitôt, rétablissant l’inertie de l’oreiller. Pivotant son corps, il plongea son bras gauche dans la taie pour en extraire le petit objet qu’il y avait fourré, son réveil enchanté. Les infimes tressautements sous son crâne suffisaient à l’éveiller et ne produisaient aucun son perceptible depuis les autres lits. Considérant l’heure indécente à laquelle il avait décidé de se lever, il ne fallait surtout pas réveiller ses camarades de dortoir, nul ne devait le surprendre quitter le château aussi tôt. Approchant silencieusement des fenêtre voilées, il jeta un œil rapide pour vérifier que Nótt enveloppait toujours hermétiquement le domaine. Il était essentiel qu’aucun rayon de Sol ne parût encore pour mener à bien son projet. Que l’Automne arrivât aussi vite après la rentrée lui était salutaire, l’Aube arrivait à un moment auquel il pouvait se préparer plus aisément, il devait toutefois la devancer. Ayant tout calculé la veille, il glissa une tenue simple à enfiler déjà prête : chemise sombre au motifs ondoyants apparaissant par le mouvement et un pantalon aussi sombre que l’obscurité ne permettait de toute façon pas d’apprécier. Délaissant sa baguette, il empoigna à deux mains son chaudron dont il avait tapissé le fond de tissus amortissants avant d’y intégrer des ingrédients et autres éléments qui lui seraient nécessaires. Sinuant habilement entre les affaires qui traînaient au sol mais qu’il avait déjà cartographiés, l’adolescent quitta en quelques pas amortis les lieux. Son esprit visualisait déjà très clairement la trajectoire idéale qu’il avait préparée durant la semaine, esquivant habilement les portes cachant les professeurs, il ne serait prudent de les réveiller à quelques instants de la fin du couvre-feu. S’il voulait assister au moment exact de passage de Nyx à Héméra, il ne pouvait toutefois pas se permettre d’attendre six heures pour quitter la salle commune.

Serrant tout fort contre son buste son chaudron pour s’assurer de ne pas le laisser glisser et éviter à tout prix de le faire choir, il progressait en posant ses pieds à intervalles réguliers selon le damier que les dalles et les interstices formaient, comptant à rebours les étages restants, enviant les résidents qui avaient un accès direct à sa destination depuis leur salle commune. Son itinéraire était pour le moment le fruit d’une bonne préparation, ainsi que le moment choisi. Normalement, le temps d’arriver il serait de nouveau permis à quiconque de déambuler, même si quelqu'un le voyait, ça ne vaudrait pas la peine de le rejoindre. Au passage des pierres au sol naturel, sa démarche varia aussitôt, ses jambes le guidant n’étaient plus capables de filer droit, ainsi qu’il arrivait toujours quand il perdait ses repères. L’épaisse noirceur qui l’environnait aurait été propice à trébucher ; mais bien que dénué de son instrument boisé, il avait emmené quelques sources magiques d’aides nomades, dont un bocal de feu magique qui l’éclairait aussi efficacement, et peut-être même plus bellement qu’un Lumos.

Les lueurs naturelles qu’il projetait lui offraient de distinguer le bord du Lac, l’eau émanait de réflexions de toute autre nature que l’herbe dormante de cette saison. Il était toujours bon d’avoir une réserve liquide presque illimitée pour Potionner, quels que soient les projets qu’il entretenait en l’occurrence à l’égard de son chaudron. Toujours pas de trace d’Éos. Máni en revanche veillait toujours. Parfait. Il était prêt à prouver l’effet des Astres sur sa magie, à prouver que les Potions étaient faites pour s’échapper dans les airs. Quoi de mieux que le jour du Soleil pour guetter son arrivée ?

S’asseyant en tailleur, il posa enfin ses affaires au sol avant de disposer tout autour de lui les éléments qu’il avait emmenés jusqu’à ce que le récipient soit vidé. S’approchant de la berge il s’accroupit pour récupérer de l’eau avec une coupe avant de la faire glisser à travers un tamis d’une grande exigence de filtration au sein du chaudron. Le Lac dissimulait une telle puissance, abritait des créatures et des êtres fascinants ; son eau ne pouvait qu’être magique et Hjúki était curieux de découvrir ce qu’elle provoquerait plutôt qu’une eau commune. Protégeant un foyer de pierres, il récupéra son feu magique désormais destiné à réchauffer la préparation. Ignorant sa puissance pour échauffer efficacement ses mélanges, il avait choisi un contenant d’un métal à la conduction thermique la plus intéressante.

Pour l’heure, à part les quelques reflets que provoquaient le métal, la surface des eaux disposées en douves, tout était fort sombre. Ouvrant un sachet de tissu étanche, il fit glisser sur sa main des plantes qui y déposèrent une lueur diffuse. Des plantes phosphorescentes qui devraient colorer la fumée prête à s’échapper quand la température sera atteinte. Il les avait normalement conservées et préparées selon des procédés qui révèleraient au mieux leurs pouvoirs. L’ingrédient tomba bientôt en clapotis invisibles dans sa mixture. Sa face prête à accueillir un sourire, il observait. Éminemment, il en avait l’intuition, un nuage nocturne de douceur coloré l’illuminerait.


Reducio
À un(e) châtelain(e) qui y aurait sa place. Pas de Hibou.

10 avr. 2021, 10:33
 Impromptu  Colonne de Brume
Depuis le rentré la petite O'Reilly avait pris pour habitude de se lever aux aurores, si dans un premier temps c'était la lecture qui était son moteur, elle avait depuis peu un objectif bien précis et cela se passait au lac. Se réveillant lentement dans ses draps de saphir, elle laissait son corps émerger d'une nuit bercée par la magie de ses rêves. Ses muscles encore endormis, elle prenait peu à peu conscience de son environnement. Les filles de son dortoir dormaient encore et il était d'usage de rester discrète afin de ne pas les tirer hors de leurs bulles protectrices. Comme souvent, dès qu'elle en avait l'occasion Lucy s'habillait avec des robes parfois hautes en couleur, loin de tous ces vêtements gris et noir, bien trop terne qui faisait office d'uniforme scolaire. Les matières étaient souvent bien nobles, c'était l'avantage d'utiliser l'argent moldu ainsi que l'argent sorcier, le choix n'était que plus grand et la fortune bien plus impressionnante. La famille n'était pas à plaindre, bien sûr elle était loin d'être riche chez les sorciers, cependant le travail de sa mère chez les moldus générait un salaire bien supérieur à la moyenne nationale de l'Irlande.

Quittant son dortoir à pas de velours, elle se trouvait à présent dans sa salle commune, vérifiant le contenu de son sac avant de quitter celle-ci. Son sablier lui indiquait avec exactitude quand elle était en mesure de quitter la salle de ce qu'elle jugeait libre. Ce n'est que lorsque les petits symboles indiquaient cette heure qu'elle se permettait de sortir. Arpentant les étages et les marches de l'escalier, laissant sa robe en soie rose danser au grès de l'air chassé par ses mouvements. À chaque fois qu'elle passait par les escaliers elle comptait les marches, un toc qui la suivait depuis toute petite. Une information peu utile, mais si elle ratait le compte, elle se sentait obligée de tout remonter, voire descendre pour recommencer. L'avantage de se lever à une heure aussi matinale était sans nul doute que l'enceinte du château était suffisamment silencieuse pour ne pas perturber son compte.

Lorsque la petite irlandaise se mit à franchir les portes du château, elle put découvrir cette douce fraîcheur enivrante que la nuit avait apporté. Son esprit était si obnubilé par son projet de recherche qu'elle en avait oublié de passer par la grande salle, afin d'y prendre son petit thé du matin. Une habitude qui était pourtant robuste, mais son esprit était suffisamment ailleurs pour se reforger un chemin bien différent du principal. Lucy retira ses chaussures, laissant ses pieds nus parcourir l'herbe fraiche encore humide. Quelque chose de magique émanait de cette sensation, cette douceur emplie d'énergie parcourait entièrement le système nerveux de la petite rousse, la fraîcheur laissait place peu à peu à une petite chaleur discrète, à l'image d'une lumière tamisée. Se penchant afin de ramasser un brin d'herbe verte, elle l'approchait de son nez. L'odeur était pour le moins indescriptible, cette herbe fraichement coupée mélangée à la rosée était des plus agréables.

Tandis que la petite O'Reilly continuait sa progression vers le lac elle put apercevoir au loin une silhouette, cette ombre sombre était postée devant une autre ombre massive à l'allure ronde. Que pouvait bien faire une silhouette à une heure si matinal sur la rive du lac ? La réponse ne mit pas vraiment longtemps à arriver dans le cortex de la fillette. La fameuse silhouette massive était posée sur une sorte de petit feu magique qui laissait ses rayons de lumières onduler. Une ondulation si envoutante que l'eau du lac, si lisse ne pouvait que jalousait cette représentation de mouvement si théâtral et régulière. Prise de curiosité son esprit fit un tour à cent quatre-vingts degrés, le parc pouvait attendre un peu plus longtemps il ne s'envolerait pas. S'approchant délicatement de la silhouette, son esprit était alors malmené de plus en plus dans un chaos virulent. Partagé entre la peur de déranger et la curiosité, voire l'intérêt d'assister à une préparation de potion.

Le garçon était bien plus âgé qu'elle, elle en déduit par une corrélation simple qu'il devait préparer une potion bien plus avancée qu'elle ne pourrait voir en cours actuellement. Chose d'autant plus intéressante pour la Serdaigle qui pourrait surement noter un arsenal de manières de faire, astuces ou toutes autres choses qu'elle pourrait trouver intéressant de savoir afin de parfaire son art encore simpliste des potions. Son cœur poussait contre sa poitrine, les bruits sourds des battements de celui-ci était sans nul doute bien plus bruyant que le chant des oiseaux environnant, se réveillant au rythme d'un futur lever de soleil. Lucy s'avança du garçon, elle était quelque peu intimidée, mais il fallait qu'elle le lui demande.


- Bonjour. Commença-t-elle par dire avec douceur. Je vous ai vu au loin, je voulais savoir si je pouvais rester à vos côtés pour observer votre art ? Son accent irlandais était bien distinct, mais sa voix emplit de respect et de douceur. Je saurais faire oublier ma présence si vous le désirez.

La petite Serdaigle avait un sourire pour le moins chaleureux dessiné sur son visage, son petit corps lui était emplie de timidité, en réserve, il était prêt à s’en aller si le jeune homme non loin de la fin de sa scolarité préférait rester seul.

Couleur des dialogues : #004080

10 avr. 2021, 14:04
 Impromptu  Colonne de Brume
Reducio
Une châtelaine, donc. Bienvenue à ses côtés.


Oscillant entre la surface de plus en plus échauffée de sa préparation et la Voûte dont les hôtes apportaient un très discret éclairage qu’il espérait suffisant pour activer la luminescence naturelle de ses plantes particulières ; il voulait les voir se déployer en gracieuse fumée et s’échapper sans rencontrer d’obstacle aussi absurde que le plafond des cachots, que les vapeurs atteignent les cieux. Sans en être conscient, il accomplissait sûrement ce qui s’apparenterait à d’anciens rites et sacrifices aux dieux païens, aux Puissances ancestrales à qui les offrandes étaient brûlées pour que le fumet s’élève jusqu’à leur faîte, qu’elles s’en nourrissent. Son esprit était toutefois loin de ces préoccupations, et s’il voulait que les échappées soient aussi hautes que possible, c’était simplement pour le plaisir de voir sa magie, de se voir en personne dans toute sa volatilité, dans la variance de ses nuances au fil des Astres qui le contempleraient. Son contenant devait être assez rempli pour rendre des vapeurs sur bien des phases, au besoin il pouvait toujours ajuster, rééquilibrer. Contrôler le changement d’état de la matière fondamentale, faire s’épanouir les justes teintes, réguler la température selon le niveau d’enfumage et les influences des vents. S’il n’avait pas pris ses flacons d’Encre, il avait tout de même à disposition, dans un coffret à la capacité magiquement élargie, des pigments sous de multiples formes ainsi que quelques huiles et essences aptes à mieux les révéler. N’ayant pas l’intention de les accrocher à un support, tout au contraire, puisqu’il souhaitait les voir s’envoler, il savait qu’il n’aurait pas à faire usage de liant usuel, mais il ne pouvait pas prévoir la danse vers laquelle ses doigts seront attirés. Tout dépendait des conditions extérieures, il se mettait pleinement à l’écoute.

Guettant sa brume, il tendit le bras vers un paquet ficelé faisant partie des effets qu’il avait préparés et entreprit de le dérouler pour mettre en éventail les objets que le ballotin contenait. Ses mains se posèrent sur les plaques dont il n’était pas possible de distinguer clairement les différences de couleurs dans l’obscurité, mais plutôt les éclats ténus grâce au feu qui apportait chaleur et lumière au sein de cet îlot en lequel l’adolescent s’était installé, s’y croyant seul. Il s’apprêtait à faire tinter du bout de l’ongle les métaux pour les reconnaître en fonction de leurs résonances carillonnantes, mais son geste fut interrompu par l’irruption de notes de toute autre nature et parfaitement inattendues. Un ou une enfant, à son ouïe ils avaient tous cette étrange tonalité indifférenciée avant la mue. Et même après… Chaque mélodie avait un ambitus unique, des capacités insoupçonnables d’exploration des registres. Son regard devait-il encore se diffracter pour gérer une troisième entité à surveiller ? Partagé entre l’ignorer pour choisir sa plaque et la curiosité qui perçait au sein d’intonations familières, aussi insulaires que lui. Habité d’un soupçon d’envie de montrer, de se montrer. Évidemment que c’était un spectacle digne d’être observé, mais d’un autre côté il l’offrait à dessein à bien peu. La plupart des élèves aimait prolonger son temps de sommeil le seul jour de la semaine entièrement libre à tous, rares seraient ceux capables de voir ce qu’il préparait depuis quelque fenêtre du château.

Voyant un humble nuage verdâtre s’échapper du chaudron, à l’éclat bien visible, il se tourna d’abord vers la Lune partielle en se demandant si son contact ferait évoluer la teinte, si une chaleur plus intense y parviendrait aussi, si cette voix, si les ondes sonores auraient aussi leur impact. Se souciait-on de vérifier si des élèves appréciant bavarder en cours de Potions obtenaient des effets légèrement altérées par rapport aux confectionneurs du silence ? En plein jour, il se serait contenté d’un hochement de tête pour acter son assentiment, mais il se doutait que l’enfant ne le lirait pas si facilement, il souffla un mot en sa direction avant de retourner à ses métaux.


« Observons. »

Ensuite seulement, il les fit tinter, projetant des sonorités métalliques qui vibraient chacune à leur manière. Son chaudron était doté de discrètes encoches qui perçues seules auraient parues bien mystérieuses, mais qui placées à côté de ses plaques prenaient tout leur sens. Chaque métal conduit la température des flammes de façon idoine et à défaut de pouvoir changer de récipient en cours de préparation de façon intuitive, le rythme pour être influencé en changeant la nature du fond, pour accélérer ou ralentir le processus. Les outils des débutants sont conçus pour aller lentement, donner du temps entre chaque étape. Cela exige de la patience mais atténue les risques d’interférer trop tardivement sur la Potion. Après quelque habilité acquise, un jeu sur les vitesses était possible, et Hjúki avait préparé des fonds amovibles de plusieurs matières distinctes pour contrôler au mieux les paramètres de préparation. Souhaitant que la brume prenne plus d’ampleur encore tant que Nótt les entourait, il accrocha avec prudence l’élément dont il avait tiré la juste note.

10 avr. 2021, 15:41
 Impromptu  Colonne de Brume
Reducio
Merci beaucoup


Tandis que la fumée verdâtre s'élevait vers les astres, Lucy entendit une réponse. C'était pour le moins concis et très claire, porté par un souffle soigneusement dirigé vers la fillette. Un seul petit mot, habillement conjugué afin de l'inviter dans ce qui semblait être son monde. Son cœur décélérant peu à peu, l'Irlandaise se positionna non loin du garçon, mais à distance suffisante afin de ne pas le gêner. Son corps se posa sur le sol meuble de la rive du lac, la fraîcheur de celui-ci contrastait subtilement avec cette douce flamme magique qui accompagnait, avec une grande énergie cette même fumée s'envolant, libre. Un sentiment qui accompagnait sans nul doute la petite O'Reilly à présent en tailleurs, subjuguée par cet art visiblement bien maîtrisé du jeune homme. C'était apaisant, être loin de ses cachots, dans la nature, à distance de toutes les vapeurs des chaudrons qui se dégageaient de manière chaotique en fonction de l'avancer des différents binômes. L'extérieur apportait sans nul doute une vision plus saine, plus en accord avec l'art. Bien sûr elle ne critiquait pas les choix de sa professeure, qu'elle respectait, mais il serait mentir que de dire qu'un lieu fermé était plus adéquat que cette fabuleuse vision d'un chaudron habillement maîtrisé devant une voute céleste s'éclaircissant peu à peu. Sans oublier que la majeure partie, pour ne pas dire l'intégralité, des ingrédients provenait de cette même nature. Que ce soit plantes, ou ingrédient animal, ils venaient tous de cet extérieur, la confection était en ce sens bien plus proche de la source magique que ne pouvait l'être entouré, entre les pierres du château parfois oppressante, de par son obscurité ainsi que l'espace étriqué dans lequel les élèves pouvaient évoluer.

Piochant dans son sac, l'Irlandaise sortit ce petit sablier qui brillait d'un bleu saphir, flottant dans une brume d'argent, au-dessus d'un sable d'or. Les symboles issus de la numération grecque, resplendissait tandis qu'ils donnaient l'heure. Elle le posa non loin d'elle, afin de ne pas perdre de vue celui-ci. Apposant un morceau de parchemin sur ses genoux, la fillette laissait à présent sa plume parcourir la matière, la danse de la pointe créait une mélodie qui était très agréable dans les oreilles de la petite rousse. Notant tout ce qu'elle voyait, sentait, entendait. De la couleur de la brume ainsi que sa densité, des ingrédients ajoutés, de leurs formes, couleur, aspect. Bien entendu les différents temps entre chaque ajout ou mouvements du garçon, de ces plaques qu'il alternait, elle ne manquait pas une miette de ce qu'il pouvait lui offrir. Un ballet, était dansé sous ses yeux ébahi de la petite O'Reilly qui était aux premières loges pour l'apprécier, dans un silence elle assouvissait sa curiosité avec une grande attention. Apaisée Lucy était heureuse de pouvoir y assister, heureuse de s'être levé aussitôt dans cette matinée, alors que la nuit était toujours diffuse dans ce qui les entouraient. Ses petits pieds nus captaient toutes les essences magiques environnante, y compris la chaleur diffuse du monstre de métal dans lequel était préparé la mixture magique. Les plaques intervertis qui restaient chaude qu'elle pouvait aisément les sentir dissiper leurs chaleurs dans l'air une fois retirée.

Un spectacle pour le moins magnifique, habillement rythmé par les mouvements calculés de ce garçon aux mains de fée. La journée commençait sous les chapeaux de roues, d'une mécanique bien huilée, d'un art pour le moins maîtrisé. Accompagné par le chant environnant, elle se laissait porter par le temps ma fois en suspens.

Couleur des dialogues : #004080

10 avr. 2021, 17:02
 Impromptu  Colonne de Brume
Les lueurs naturelles ont un pouvoir beaucoup plus intense et sincère que les artificielles. La Nature recréée est souvent incomplète, une ampoule n’a pas la vivance d’un Soleil, un arôme de synthèse ne récupère que l’une ou du moins une partie des fragrances de l’odeur complexe d’un Fruit ou d’une Fleur. Pourquoi se contenter de la récupération de l’une des composantes quand l’entièreté serait accessible ? Les ingrédients aux nombreuses faces appelaient d’aussi nombreux éclairages pour se révéler pleinement. Ces éclairages, le jeune homme était prêt à leur offrir. Son transfert de plaque commençait à agir, apportant les effets attendus, à savoir une élévation plus importante. Devait-ce se dissiper, cela arrivait de plus en plus haut par rapport à la surface du mélange dont les ingrédients avaient convenablement été traités pour éviter les aspérités et hétérogénéités. L’évolution de la couleur était aussi imminente, normalement vers une voisine du spectre. Selon ses expectations la fumée devrait incliner vers un vert plus bleuté. Levant l’un de ses bras devant lui mais hors du champ du chaudron, l’adolescent sonda l’atmosphère ; réalisant qu’il était aussi responsable d’un microcosme d’anomalie, dans la mesure il altérait les températures naturelles. Mais son énergie n’était-elle pas naturelle, elle aussi ? Toutes les parties du Monde s’échangent, perdent et gagnent, se renouvellent et se reconstituent perpétuellement. La simple respiration créé un Cycle nouveau du souffle qui voyage, ne connaissant la frontière. Ces modifications étaient… son existence, son expression. Le souci réside au sein des échanges à sens unique ; prendre sans rendre, sacrifier sans jamais ne se ressourcer. Il n’avait pas l’intention d’imposer les stries de son être sans n’être redevable à la terre qui l’accueillait.

Éos n’allait pas tarder, il pourrait bientôt ajouter les pigments qui ont besoin d’Héméra. Il avait cependant besoin de trouver quoi intégrer pour refléter au mieux le passage, l’entre-deux phases. Quel élément aux propriétés intéressantes les Volutes pourraient être accompagner dans leur légèreté ? Mettre en suspension, faire voler de minuscules poussières qui n’absorberaient pas seulement la lumière mais la renverraient. Comme de tous petits diamants en suspension qui diffractent et multiplient les rayons dont ils se font pénétrer. Ou des flocons immaculés ; ou de la glace. Comment concilier l’eau en évaporation en véhicule de pépites de glace translucides ? Si c’était solide, cela n’allait-il pas rester au fond du chaudron au lieu de se laisser transporter ? Le liquide reste un vecteur indéniable puisque les émanations se colorent de plus d’un élément. Se saisissant de quelques fioles dont il appréciait l’éclat à l’éclairage argenté, il se tourna vers celles contenant la poudre la plus fine. De volatils cristaux… Ses Perles-de-Nótt embrassant son environnement retombèrent sur l’enfant, qui s’était faite discrète. Plus précisément sur le sablier. Évidemment… son pendant est la clepsydre. Deux écoulements, et une parenté se forgeait déjà au sein de son esprit. Du sable naît le verre, translucide, qui est bien une forme de glace. Reposant le reste, ses doigts entourèrent alors le contenant de l’une de ses poudres dont il fit glisser une infime quantité, les proportions devaient être traitables par l’eau pour qu’elle soit capable de le transporter. Si cela fonctionnait, la fumée aurait des propriétés analogues à celles du miroir et intégrerait à son tour les ondes lumineuses, d’abord nocturnes mais qui ne devraient pas tarder à rosir. Hélios pourrait envelopper de ses pouvoirs sa brume qui était déjà devenue une source de lumière par l’ajout des plantes initiales.

Une inspiration insoupçonnée lui était venue d’une fillette, il la percevait mieux à présent que le sombre s’était progressivement dissipé et surtout qu’il se mettait à faire attention. Concentrée à… transcrire ? il ne savait pas si elle capterait la sérénité mêlé de fascination qui s’était déposée sur ses traits. À présent qu’il n’était plus seul, il se surprit à la contempler, d’une perspective presque analytique. D’un même regard dont il observerait les veinures d’un Pétale, les motifs de l’écorce dont la contemplation suffisait à les sentir en relief de ses mains. Et s’il l’intégrait à sa fresque ? Et s’il ne se peignait pas lui seul et ses Couleurs mais lui dessinait les siennes ? Connaissait-elle ses Couleurs ? Observant, méditant sur la façon dont il serait capable de la retranscrire. Purée, ce qu’elle en avait des cernes, sa Silhouette. Des myriades de méthodes de les rendre le traversaient sans qu’il n’ait le temps de démêler au fur et à mesure qu’elles défilaient. Sa mâchoire inférieure se mut, comme pour annoncer une prise de parole, mais il n’arrivait simplement pas à déterminer quoi formuler, quoi demander. Si elle était d’accord de se voir, sachant qu’il ne la voyait pas comme elle se voyait ? Carrément lui demander de dévoiler la nature de ses nuances ? Il demeura donc en proie en réflexions devant celle qui était bien devenue la troisième entité alors que la colonne s’apprêtait à faire apparaître l’arrivée du jour à sa manière.

10 avr. 2021, 21:55
 Impromptu  Colonne de Brume
Le regard tourné vers cette douce fumée, fumée s'élevant dans un ciel en éveil. Encore froid, plongé dans une semi-obscurité, les premiers rayons malicieusement caché. Caché derrière ces montagnes, ces collines pleines d'âme, une fine brume s'échappant des arbres. Cette fille libre devant ce spectacle, se déroulant devant ses yeux loin de son habitacle. Devant cette immense source de magie, créé par ce jeune de son académie. Flottante Lucy observait, en dehors du temps sans le vouloir elle s'était arrêtée. Arrêtée devant celui qui la regardait. Son regard d'une grande intensité, la petite O'Reilly se sentait gênée. Sa plume à l'arrêt, dans un silence presque secret, en miroir elle l'observait. L'encre bleue posée, sur le parchemin séchait sous la pression de l'air qu'elle subissait. Cette plume désormais immobile, s'était endormie, à l'heure où les songes s'atrophiaient. Immobile ses yeux plongés dans ceux de ce garçon avait créé un lien doré issue d'une chanson. Chanson de ce chaudron posé sur ces flammes. Les numérotations grecques de couleur saphir défilaient, impossible à rattraper elles se faufilaient entre les doigts de ceux qui veulent la rattraper.

Dans un mouvement délicat, sans lâcher son regard de ces yeux qui l'observaient, Lucy attrapa au fond de son sac une fiole. Une fine fiole de cristal abritant en son sein une fleur. Fleur délicate, juste à la bonne taille, elle flottait et tournoyait sur elle-même. Une magie subtile, non pas créée par l'irlandaise, mais bien par une fille avec quelques années de plus que ce jeune homme mystérieux. Une clématite, une fleur qui s'enroule autour des arbustes afin d'émerger au grand soleil. Sans savoir si le jeune homme serait réceptif, de sa blancheur signifiait la beauté de l'esprit. Une beauté de l'esprit, émergeant devant cet astre, centre de notre système. Pureté symbolisée par cette couleur immaculée. Sortie de son cristal, la Clématite se déplia, laissant ses pétales s'ouvrir vers cette voute aux teintes probable, d'orange et de rouge d'ici que le temps reprenne ses droits en ce royaume symphonique. Au creux de ses paumes, aussi petite soient-elles par rapport au garçon, demeurait cette fleur. Sans un mot, juste sous la douceur latente d'un geste, elle lui tendit, l'invitant à s'en saisir, pour accompagner cette frêle vie.

La petite irlandaise avait l'habitude des fleurs et du langage qu'elles pouvaient dissimuler pour les non-initiés. Néanmoins, il était rare que l'une d'elles sorte du cristal qui l'enveloppait. Souvent, elle se saisissait d'une fleur fraiche, mais pratiquement jamais de celles imbibée. Imbibée de magie, cette douce magie d'Evie. Magie retenue par du cristal, accompagnant Lucy dans chaque moment. En cette première fleur soigneusement offerte, l'irlandaise était touché, touché par cet art si finement maîtrisé, de cette invitation à le contempler, à ce moment de vérité où le temps était abandonné. Ouvrir le cristal n'était pas anodin, c'était peut-être même la dernière fois en cette année que cela arriverait. Mais une petite voix au plus profond d'elle-même lui susurrait que ce langage des fleurs du temps jadis il l'accepterait. Accepterait les nuances de la symbolique, de la force de la forme et la profondeur du fond. Une simple fleur, magique, d'un blanc luisant, dissimulant pourtant, un pouvoir abondant. Beaucoup de fleurs pouvaient être le centre de ce moment, l'Amaryllis, l'Anémone, le Bleuet, la Jacinthe des bois, le Jasmin, le Lis, la Marguerite et bien d'autre, pourtant c'était cette fleur, fleur si pure, d'une beauté de l'esprit, esprit transporté par les couleurs d'une fumée, fumée s'envolant absorbée, absorbée par ce ciel brulé, brulé par le soleil. Soleil à la lumière blanche, pur comme la neige éternelle, pur comme cette Clématite. Clématite spirituelle loin de l'artificiel.

Couleur des dialogues : #004080

10 avr. 2021, 23:44
 Impromptu  Colonne de Brume
L’attention se meut, poursuit ses va-et-vient tant que l’énergie de l’impulsion première est conservée. Le point de bascule est arrivé, les doigts rosés sont prêts à caresser tout être, toute entité qu’ils rencontreront ; les envelopper avec douceur tout en annonçant l’arrivée de l’Astre au pouvoir aveuglant, celui qui ne se contemple de ses yeux nus. Dès lors qu’il perçoit que sa benjamine s’est à son tour intéressée à lui plutôt qu’à ses commentaires écrits, l’adolescent s’arrête aussi. Il capte en périphérie la plume mais il ne sert à rien de s’attarder sur la pointe pour tenter de déceler l’Encre de prédilection de l’enfant, non seulement il est trop loin pour reconnaître, mais il n’est pas certain qu’elle ait accès à un éventail aussi affriolant que le sien. Il a forgé le sien au fil des ans, et il est fort possible qu’elle doive composer avec les trop rares possibilités d’écriture du Chemin de Traverse. À moins qu’elle n’ait accès à des papeteries, d’où qu’elle soit ? Lors des périodes académiques, il lui faut composer avec les notes de Scribenpenne, mais les comptoirs moldus sont aussi richement fournis. Surtout que, dans sa quête des nuances toujours plus justes, le jeune homme avait fini par élaborer ses propres flacons, ses propres teintes. Ayant donc délaissé la plume, il observait les traits de l’enfant, incapable de déterminer qui suscitait qui. Il avait sous doute réussi à refermer la bouche pour se départir de l’air de suspension que ce décrochage devait lui avoir donné au premier abord. Assis sur l’herbe, il se sentait bien moins imposant que s’ils avaient étaient debout, et cela lui plaisait. En oubliant les rondeurs de la jeunesse que l’âge ravit, il pouvait simplement la considérer en égale, deux châtelains curieux du pouvoir d’Éos. Mus par des Puissances distinctes mais aux destinations en somme si proches.

Toujours aussi sensible aux bruissements, il ne manque pas le mouvement initié par la Silhouette qui ne tarda pas à s’accomplir. Oh…une fiole. Hjúki en avait tellement, réceptacles d’éléments de natures si diverses. Ses mains étaient habituées à les entourer, à les ouvrir, à les sceller, à les exposer aux sources lumineuses de toutes sortes pour en apprécier le contenu, à les dissimuler dans quelque pan destiné à recueillir ses effets. L’intérêt de l’étudiant ne pouvait qu’être alpagué en reconnaissant le geste de l’ouverture, prêt à se faire assaillir des effluves capturées, quelles qu’elles soient. Une Fleur vivante en flacon, le buste contracté de Hjúki marquait une respiration soudainement interrompue. Lui-même n’avait jamais songé à tel enchantement, du moins pas ainsi, dans les airs. En la sentant, il avait l’intuition qu’il avait fallu une baguette pour la préserver sous cette forme, ses arts auraient plutôt tendance à œuvrer par la plongée en une solution conservatrice ou par une forme d’Ambre. Il y avait là une liberté qu’il n’aurait développée selon des voies semblables. C’était la Fleur qui contenait la Vie, c’était elle qui respirait à sa place.

Instinctivement, par mimétisme aussi, ses mains se rejoignirent en coupe pour accueillir cette clarté et pureté florale offerte. Alors que les pétales étaient au plus près de lui, il craignait plus encore de réactiver son souffle, comme s’ils allaient par-là s’envoler, lui échapper. Ayant toutefois conscience de la tension qui l’habitait, il se força à relâcher et à se détendre. Ses épaules s’abaissèrent, et ses bras entouraient plus souples le présent. Cette blancheur, cette pureté… Un Blanc-de-Cosmos se tenait entre ses mains, manifestation irréelle, insoupçonnable. Qui oserait imaginer un écho détenteur d’une telle puissance ? S’inclinant de sorte que la Fleur demeurât toujours dans les deux champs de vision, il reporta son attention à l’Ouranos au bord de l’éclaircissement. Les nouveaux rayons s’immisçaient, pénétraient la fumée réflexive et la surface des pétales, pure et parfaite pour l’accueil de Sol. Quels mots auraient suffi à saisir l’émerveillement et l’indescriptible sensation qui avaient envahis le jeune adulte ? Méritait-il offrande aussi délicate ? Savait-elle qu’elle avait commencé à répondre à ses muettes interrogations ? Évidemment que la richesse des Couleurs tend à la pureté, à cette clarté aveuglante qu’aurait Hélios vu de face.

Désignant le chaudron révélant aussi bien l’instant de transition que les pétales de ses Perles-de-Nótt, il révéla en chuchotis.


« Nous pourrions la dessiner… »

Cette blancheur était celle de la fillette, était celle de Hjúki, était la leur ; l’une ou l’autre ou tout à la fois, qu’importait-il ? La Fresque serait la leur.

12 avr. 2021, 18:32
 Impromptu  Colonne de Brume
Le sable d'or s'écoule. S'écoule lentement jusqu'à être en suspens. Suspension de l'âme qui au travers des yeux, vit dans un moment d'harmonie. Le sable coule, coule comme un navire qui chavire. Coule si lentement que chaque grain semble lourd, lourd d'une masse bien trop importante pour se mouvoir. Le sable d'or s'écroule sous sa masse, laissant la fumée argentée s'envoler, s'envoler dans les recoins du verre, jusqu'à obstruer le saphir étincelant. Saphir perdu dans la brume pétillante, bercée par les rayons de lumière, d'un astre bien plus massif que chaque grain de sable.

L'encre bleue sèche, sèche sous le vent tournant, brise s'arrêtant dans un léger mouvement. La plume oscille sur le parchemin immobile, elle glisse, elle tombe. Loin du regard de l'irlandaise, sur le sol telle une colombe. Plume libre, elle s'agite avant de finalement s'arrêter doucement. Aucune attention pour la plume, bien que libre, elle ne s'envolerait pas loin. À moins qu'elle soit emportée par les eaux noirs et continue de choir. L'attention sur le garçon, la rousse regarde sa pièce de collection. Entre les mains de celui, qui à présent lui propose de la dévoiler, dans un mouvement de tête sans parler, un seul signe lui désigne, oui.

Bien sûr qu'elle voulait, elle était à présent embarquée, embarquée dans cette toile ? Fresque ? Dans les couleurs du vent, amené par cette fumée ? Le corps lâche, elle vivait, vivait l'instant qui lui était proposé. Son cœur apaisé, battait dans un rythme régulier, chaque pulsation la faisait vibrer, au même titre que l'air aux alentours. Le son assourdissant, lourd comme les astres, à pas de géant au-dessus des pinastres, s'envolait emplit de liberté. La respiration flânait, libre de ses désirs sans omettre son devoir, elle se baladait entre les fleurs et ses possibilités. Tantôt fuyant l'irlandaise, pour finalement revenir. Une danse d'aimant, attirée et repoussée, l'air se laissant flotter. Qu'elle douce matinée qui commençait. Le parfum emporté par les mains, délicate, aussi délicate que le jeune homme, pourvu sans nul doute d'une grande sensibilité il se déplaçait, non pas qu'il se mouvait, mais son corps entier était d'une grande sensibilité, douceur, s'en était apaisant, du moins c'est comme ça qu'elle le ressentait. Elle ressentait, c'était si rare, si précieux. Aussi précieux que cette fleur, elle, qui en temps normal subissait, s'adaptait, elle arrivait à se laisser porter. Elle rangeait, rangeait ce parchemin, cette plume pourtant si libre, l'encre bleue qu'elle aimait. Pourquoi aimait-elle tant le bleu ? Elle qui avait grandi dans le jaune et le noir ? Son sablier en était le témoin, elle ne pouvait le cacher, ces symboles grecque aux couleurs d’un saphir, l'encre...A moins que ? Les couleurs se mélangeaient, le bleu couleur de l'âme ? Les autres couleurs, couleurs des émotions. Le Fa et le Sol étaient bleu pour l'irlandaise est-ce là, la musique de son âme ? Tandis que les autres sont des façades ? L'encre était dans le sac, le blanc reprenait l'espace de ce moment.

Elle osait, osait déplacer son petit corps pour se rapprocher, juste un peu, comme happée par ce qu'il se tramait, dans une douceur et des manières qui lui étaient précieuses. Son corps petit et lent. Lucy prenait grand soin de faire attention, de ne pas brusquer le garçon. Tirée vers son chaudron. Silencieuse, elle s'arrêterait quand celui-ci le lui communiquerait. Il fallait, elle devait, faire en sorte de ne pas perturber les flux, flux magique, flux de sensibilité, flux de couleur, flux de chaleur, flux aromatisé, flux erratique. Ne rien perturber, juste contempler tout cela danser, prendre forme dans cette fumée. Son corps s'éveillait. S'éveillait à toute forme de sensibilité. Loin de toute forme prédéfinie, il fallait découvrir, découvrir leurs mondes. Monde dans lequel les fleurs avaient une place.

Couleur des dialogues : #004080

12 avr. 2021, 23:12
 Impromptu  Colonne de Brume
Selon la perspective du jeune homme, un Blanc-de-Cosmos était le mélange apaisé de nombre de teintes aptes à se rencontrer sans se battre, sans se dominer. Il n’était pas certain d’être capable de le rendre exactement par ses Encres ; mais l’idée n’est pas tout à fait incompatible avec l’emploi des pigments. La seule eau frappée des rayons lumineux peut s’envoler blanche ou former l’Arc. Il pourrait préparer aussi une évaporation progressive en superposant des densités distinctes qui s’envoleront chacune leur tour, porteuses des notes essentielles. Un Arc, mais longuement étendu, se déployant à un rythme plus modéré, verticalement depuis l’épicentre de métal qui se trouvait devant lui. Il pourrait même en moduler l’ordre naturel selon les associations entre les poudres et les liquides déterminées. Oh… Créer une spirale en croisant les combinaisons, qu’elles s’élèvent en couches de répétition variée ; qu’il joue de l’inconstance de la fumée. Que le tout se dévoile en boucles partageant toutes une identité partagée et propre. Ses tourbillonnements réflexifs défilent en lui qui en omet presque la perception des gestes extérieurs, de la chute discrète et légère de la plume aussi belle que la tombée automnale des feuilles formant des parterres de toutes textures sous les pas. L’acquiescement du moins lui parvient, et c’est assez pour prendre la nouvelle direction qui l’attirait.

Jour est arrivé ; et il est temps de faire subir à la surface de son chaudron ces pouvoirs lumineux ; après avoir formé les brillances en Nótt et Éos. Tout en étant fortement agité, ses mains ne tremblaient pas alors qu’il contemplait la délicate Fleur qui elle buvait Sol tandis que lui buvait ses fragrances. Elles étaient si belles et si une part de lui regrettait de ne pas avoir pris certaines essences odorantes puisque ses projets originels du matin étaient surtout visuels ; une autre partie de lui était forcée de reconnaître que ce Parfum qui leur était directement offert se devait d’être savouré, sans avoir à rougir de ne pas le reproduire. Avec douceur, il déposa le précieux cadeau au sein d’une vasque, sans l’intention d’en faire un ingrédient. Ici recueillie, il lui considérait plutôt la valeur du modèle posé sous les yeux de l’artiste qui en élabore de nouvelles formes. Même s’il n’était pas… oh, et qu’en savait-il, au juste ?

Il parvenait à sentir l’approche de la plus jeune élève, l’intensification de sa présence ; mais déjà toute sa Silhouette et sa danse s’étaient destinées à leur recherche. Bien que les attaches soient suffisamment hautes pour minimiser les risques, l’adolescent protégea ses doigts avant de procéder à nouveau à un échange des plaques ; pour un ouvrage fin et délicat il fallait ralentir la cadence, se permettre de travailler avec minutie sur une petite échelle. D’autant qu’il ne souhaitait pas engager des quantités trop importantes. Ferait-il l’accord par les sept ? Ses bras hésitants entouraient quelques fioles qu’il reconnaissait aisément, sans même qu’elles ne soient toutes étiquetées. Il mit aussi de côté les liants qu’il s’était imaginé ne pas avoir à solliciter dans un premier temps, mais qui seraient en somme la clef pour permettre des volatilités successives des échantillons colorés qu’il produisait sur sa palette. Ses récepteurs captant à la fois ses ingrédients familiers, à la fois l’ivresse florale, à la fois l’enfant ; il se tourna vers cette dernière.


« Je ne peux pas dessiner en un cette blancheur, cela ne rendrait justice à sa pureté. Toutefois, je peux la diffracter et faire chanter à la préparation les quelques notes que je suis capable de produire. »

En toute humilité, son pouvoir n’était pas absolu et avait ses limites. Pourtant, ce n’était pas motif à découragement, au contraire, même les plus humbles ouvrages sont appréciables. Il versa alors dans un ordre bien précis qu’il avait déjà planifié mentalement les petites mais nombreuses doses de mélanges produites sur sa palette ; selon la succession des cycles qu’il avait eu l’intention de voir apparaître. Doucement, sous l’effet de la chaleur progressivement transmise, les couches distinctes car immiscibles pour certaines s’élèveront l’une après l’autre en ballet des composantes de la pure clarté telles que Hjúki les sentait.

16 avr. 2021, 20:00
 Impromptu  Colonne de Brume
Emplis d'admiration la petite irlandaise observait le jeune homme qui devant elle et ses yeux arrivaient à danser avec les couleurs. Comment définir alors le sentiment que l'on ressent lorsque l'on est invité aux premières loges de quelque chose d'unique ? Comment apprécier un spectacle ? Lucy l'avait trouvé elle se noyait dans ce qu'il faisait, laissant son corps choir le long du chemin libre de la roche, jusqu'à toucher le fond. Ce fond de sable si doux et dangereux, nombreuse créature s'en servent pour chasser. Fort heureusement, bien qu'elle soit petite, la très jeune fille était bien trop massive. Massive pour tous ces prédateurs cachés dans le sable. La pression de l'eau bien que terrible, était pour le moins apaisante. Le poids sur les épaules, permettait sans nul doute de garder une certaine stabilité. Happée par les fonds marins, dans un endroit où l'on ne voit pourtant rien. Lucy discernait les couleurs, les magnifiques couleurs que le garçon lui offrait.

Aussitôt le fond touché voilà que l'air la rappelait. L'air plus léger que l'eau forçait ce corps à remonter, un souffle d'air avait suffi. Il fallait remonter pour souffler à son tour. Telle était la règle et la règle se devait d'être suivi. Ainsi les couleurs avaient des sons ? Lui aussi il voyait des sons et des couleurs ? Faire chanter la préparation en voilà une formidable idée. Ainsi cette fleur irait se perdre dans les oreilles mélomanes de ceux qui, ici présent, avait décidé de suspendre le temps. La mélodie serait sans nul doute accompagnée d'une palette aux nuances possiblement infinie. Même si les couleurs ne sont plus visibles elles restent relativement sensibles. Garder cette sensibilité pour les regarder avec autre chose que ses yeux, les sentir, les définir.


- Diffracter ? Murmura Lucy qui tentait d'elle-même de comprendre. Il ne fallut pas très longtemps pour qu'un Oh se fasse entendre. Le blanc n'est-il pas l'addition de nuances aussi complexes soient-elles ? Lui répondit-elle calmement. Je vous en prie, soyez le chef d'orchestre de ces nuances. Ajouta-t-elle en accompagnant ses dires d'un geste mesuré l'invitant vers son chaudron.

Voilà une perspective intéressante, le laisser orchestrer les couleurs de cette fleur. Fleur d'une très grande valeur, mais il était là son destin, elle devait s'envoler dans les nuances, elle devait reprendre sa liberté, elle n'en serait que sublimée. Comment la ferait-il danser ? Avec quelle intensité ? Voilà bien des questions qui seraient répondues, en temps voulu. Laissant le temps reprendre son cheminement, laissant ce sable doré à nouveau s'animer, il était important de l'inscrire dans la temporalité. Le jour qui pointait maintenant le bout de son nez, viendrait sans nul doute ajouter une certaine matière ajoutée. Les vibrations de l'astre, ses nuances sous forme de spectre viendraient l'entremêler à cette danse submergée. Submergée de passion et de curiosité.

Couleur des dialogues : #004080