Une femme forte
Avril 2044
C'était les vacances de Pâques et mon grand-père avait décidé que nous passerions quelques jours à Londres en famille. Une fois n'est pas coutume, il nous avait également abandonnées à nous même pour le dernier jour. Soi disant qu'il devait absolument se rendre en Chine aujourd'hui pour cueillir une plante chinoise bizarre qui était en vie un jour tous les trente ans. Enfin, j'avais l'habitude qu'il parte on ne sait où, il ne pouvait pas passer plus de trois jours avec sa famille.
Il y avait tout de même une différence notable avec l'année précédente, Alyssa et moi nous entendions beaucoup mieux désormais. Nous avions ainsi visité un peu le Londres Moldu avant d'aller manger des glaces chez Florian Fortarôme. Les Moldus ne peuvent rivaliser en terme de parfum de glace. Ils n'ont pas le parfum chocogrenouille qui est un parfum très différent de leur chocolat.
Vers le milieu de l'après-midi, j'ai bien senti qu'Alyssa avait très envie de se retrouver seule avec son copain et je les ai donc laissés en leur disant que tout irait bien. Après tout, à quatorze ans j'étais bien capable de marcher tranquillement sur le Chemin de Traverse. J'aurais bien évidemment préféré me retrouver dans le Londres Moldu, cela m'aurait permis d'être sûre de ne croiser personne que je connaissais. Mais en même temps, je me disais que je pourrais peut-être croiser quelqu'un de sympathique... Comme Aelle, me soufflait mon coeur doucement... Mais mon cerveau ne garda pas cette information en mémoire.
Je me décidais finalement à entrer chez Fleury et Bott. J'adore cette boutique ! Rien que de sentir l'odeur des livres en passant le porche me donne un petit sourire, et il est pourtant très rare que je souris. Je parcourais donc les rayons, essayant de trouver un livre qui pourrait être intéressant. Je ne voulais absolument pas trouver un roman avec des histoires à l'eau de rose. Ce que je cherchais était un roman avec l'aventure d'une sorcière. Une héroïne qui serait forte et qui ne serait pas obnubilée avec le fait de trouver l'amour.
Au bout d'une dizaine de minutes, je fus cependant interrompue dans mes recherches par une vendeuse qui avait visiblement décidé de m'aider à trouver ce que je cherchais. J'avais beau lui dire que je regardais juste et que je n'avais absolument pas besoin de son aide, elle n'en avait absolument rien à faire visiblement. Je décidais donc de sortir de la boutique car je ne supportais pas qu'on me tienne la jambe ainsi. Tout ce que je voulais c'était pouvoir faire mon shopping tranquillement sans que quiconque ne me dérange.
Je me dirigeais donc vers la sortie, non sans avoir jeté un regard noir à la vendeuse et sans lui dire quoi que ce soit afin de peut-être lui faire comprendre qu'elle avait dépassé les bornes. Mais alors qu'il ne me restait que quelques mètres à faire, j'entendais des voix s'élever dans un des premiers rayons. Je n'avais pas pour habitude de m'attarder sur ce genre de détail, cela ne me concernait absolument pas, mais je me retrouvais bientôt juste en face de ces deux personnes qui me barraient la route vers la sortie...
Troisième année RP (2043-2044)
JE SUIS UNE FILLE.
C'était les vacances de Pâques et mon grand-père avait décidé que nous passerions quelques jours à Londres en famille. Une fois n'est pas coutume, il nous avait également abandonnées à nous même pour le dernier jour. Soi disant qu'il devait absolument se rendre en Chine aujourd'hui pour cueillir une plante chinoise bizarre qui était en vie un jour tous les trente ans. Enfin, j'avais l'habitude qu'il parte on ne sait où, il ne pouvait pas passer plus de trois jours avec sa famille.
Il y avait tout de même une différence notable avec l'année précédente, Alyssa et moi nous entendions beaucoup mieux désormais. Nous avions ainsi visité un peu le Londres Moldu avant d'aller manger des glaces chez Florian Fortarôme. Les Moldus ne peuvent rivaliser en terme de parfum de glace. Ils n'ont pas le parfum chocogrenouille qui est un parfum très différent de leur chocolat.
Vers le milieu de l'après-midi, j'ai bien senti qu'Alyssa avait très envie de se retrouver seule avec son copain et je les ai donc laissés en leur disant que tout irait bien. Après tout, à quatorze ans j'étais bien capable de marcher tranquillement sur le Chemin de Traverse. J'aurais bien évidemment préféré me retrouver dans le Londres Moldu, cela m'aurait permis d'être sûre de ne croiser personne que je connaissais. Mais en même temps, je me disais que je pourrais peut-être croiser quelqu'un de sympathique... Comme Aelle, me soufflait mon coeur doucement... Mais mon cerveau ne garda pas cette information en mémoire.
Je me décidais finalement à entrer chez Fleury et Bott. J'adore cette boutique ! Rien que de sentir l'odeur des livres en passant le porche me donne un petit sourire, et il est pourtant très rare que je souris. Je parcourais donc les rayons, essayant de trouver un livre qui pourrait être intéressant. Je ne voulais absolument pas trouver un roman avec des histoires à l'eau de rose. Ce que je cherchais était un roman avec l'aventure d'une sorcière. Une héroïne qui serait forte et qui ne serait pas obnubilée avec le fait de trouver l'amour.
Au bout d'une dizaine de minutes, je fus cependant interrompue dans mes recherches par une vendeuse qui avait visiblement décidé de m'aider à trouver ce que je cherchais. J'avais beau lui dire que je regardais juste et que je n'avais absolument pas besoin de son aide, elle n'en avait absolument rien à faire visiblement. Je décidais donc de sortir de la boutique car je ne supportais pas qu'on me tienne la jambe ainsi. Tout ce que je voulais c'était pouvoir faire mon shopping tranquillement sans que quiconque ne me dérange.
Je me dirigeais donc vers la sortie, non sans avoir jeté un regard noir à la vendeuse et sans lui dire quoi que ce soit afin de peut-être lui faire comprendre qu'elle avait dépassé les bornes. Mais alors qu'il ne me restait que quelques mètres à faire, j'entendais des voix s'élever dans un des premiers rayons. Je n'avais pas pour habitude de m'attarder sur ce genre de détail, cela ne me concernait absolument pas, mais je me retrouvais bientôt juste en face de ces deux personnes qui me barraient la route vers la sortie...
Troisième année RP (2043-2044)
JE SUIS UNE FILLE.
Une femme forte
Elle n’aimait pas ça, mais vraiment pas du tout. Cette vendeuse lui collait au train pour rien. Sans doute était-ce une nouvelle recrue, ou quelqu’un qui, en tout cas, ne connaissait pas vraiment le sujet des runes. Et qui en plus d’être totalement incapable se révélait incroyablement collante. Après avoir réussi à se débarrasser d’elle, la vendeuse était revenue avec un ouvrage qu’elle estimait précieux. C’était très certainement vrai mais le sujet n’avait rien à voir avec les runes. Joanne éleva la voix, elle ne supportait pas l’incompétence. Cela avait le don d’hérisser son poil de la plus désagréable des manières, elle infligea donc un cinglant « Franchement, vous confondez vraiment cartomancie et rune ? ». Elle poussa un soupir de mécontentement.
Elle ne comptait pas s’énerver lorsqu’elle s’était rendue à Fleury et Bott, loin de là même. C’était normalement un endroit apaisant pour elle. Mais elle avait les nerfs à fleur de peau, c’était là, prêt à surgir, à agir, à vomir partout alentour. Comme un trop plein enfouis depuis trop longtemps. Et la jeune vendeuse cristallisait tout cela par son incompétence. C’était vraiment pas de chance, n’est-ce pas ? Pourtant, la sorcière n’en avait que faire, que la vendeuse ne soit pas l’objet de sa colère, que ce ne soit pas vers elle que la rage se destinait initialement. Désormais, elle rêvait juste de laisser éclater sa hargne au grand jour.
Le pire, c’est que ce n’est pas la vendeuse qui prit cette colère, non. En une demi-seconde la cible changea. C’était un client dont l’âge doublait sans doute celui de Joanne, mais peu importe. Il commençait à s’énerver. Non pour l’incompétence de la vendeuse mais plus pour le fait qu’elle ne lui soit pas entièrement dédiée. Quelque chose qui répugnait au plus haut point la sorcière. Pourquoi la vendeuse devrait seulement être là pour lui ? La pauvre semblait avoir déjà fort à faire et l’air perdu qu’elle avait collé au visage ne disparaissait pas à mesure que le type vociférait contre elle. Elle allait sortir quand elle entendit les mots de trop – des mots qu’elle-même aurait pu dire – « Une gourdasse, ils m’ont collé une gourdasse ».
La rage qui enflait jusque-là ne mit pas longtemps à ressortir. « On vous a jamais dit de traiter les autres comme vous aimeriez qu’on vous traite ? ». Le ton était aussi cinglant que froid, et les yeux de la sorcière lançait des éclairs à mesure que les mots se déversaient. Le type voulu répondre, marmonna quelque chose comme né-moldue ou cracmolle. La sorcière eut alors tout le loisir d’y répandre un « Il faut croire qu’être doué de magie ne fait pas de vous un être doué d’empathie », et elle soupira bruyamment, par le nez. Alors qu’une petite silhouette faisait son apparition dans le coin de ses yeux. Elle se penche, doucement, et demande d’une voix plus douce « Tu voulais passer peut-être ? ».
Elle ne comptait pas s’énerver lorsqu’elle s’était rendue à Fleury et Bott, loin de là même. C’était normalement un endroit apaisant pour elle. Mais elle avait les nerfs à fleur de peau, c’était là, prêt à surgir, à agir, à vomir partout alentour. Comme un trop plein enfouis depuis trop longtemps. Et la jeune vendeuse cristallisait tout cela par son incompétence. C’était vraiment pas de chance, n’est-ce pas ? Pourtant, la sorcière n’en avait que faire, que la vendeuse ne soit pas l’objet de sa colère, que ce ne soit pas vers elle que la rage se destinait initialement. Désormais, elle rêvait juste de laisser éclater sa hargne au grand jour.
Le pire, c’est que ce n’est pas la vendeuse qui prit cette colère, non. En une demi-seconde la cible changea. C’était un client dont l’âge doublait sans doute celui de Joanne, mais peu importe. Il commençait à s’énerver. Non pour l’incompétence de la vendeuse mais plus pour le fait qu’elle ne lui soit pas entièrement dédiée. Quelque chose qui répugnait au plus haut point la sorcière. Pourquoi la vendeuse devrait seulement être là pour lui ? La pauvre semblait avoir déjà fort à faire et l’air perdu qu’elle avait collé au visage ne disparaissait pas à mesure que le type vociférait contre elle. Elle allait sortir quand elle entendit les mots de trop – des mots qu’elle-même aurait pu dire – « Une gourdasse, ils m’ont collé une gourdasse ».
La rage qui enflait jusque-là ne mit pas longtemps à ressortir. « On vous a jamais dit de traiter les autres comme vous aimeriez qu’on vous traite ? ». Le ton était aussi cinglant que froid, et les yeux de la sorcière lançait des éclairs à mesure que les mots se déversaient. Le type voulu répondre, marmonna quelque chose comme né-moldue ou cracmolle. La sorcière eut alors tout le loisir d’y répandre un « Il faut croire qu’être doué de magie ne fait pas de vous un être doué d’empathie », et elle soupira bruyamment, par le nez. Alors qu’une petite silhouette faisait son apparition dans le coin de ses yeux. Elle se penche, doucement, et demande d’une voix plus douce « Tu voulais passer peut-être ? ».
Une femme forte
Une femme se disputait avec une vieil homme, visiblement elle avait l'air très énervée de son comportement, bien que je ne sache pas pourquoi, étant arrivée en plein milieu de la conversation. Cela m'importait peu à vrai dire, mais voir la femme réagir ainsi m'émerveilla. Elle n'était pas méchante ou quoi, elle se contentait de remettre l'homme à sa place comme il faut. J'avais l'habitude de répondre de manière sèche aux autres, mais là, c'était exactement ce à quoi je devais réussir à tendre. Les remettre à leur place, sans qu'ils ne puissent dire quoi que ce soit puisqu'ils sauraient que j'ai raison et que mon ton serait sans appel. Il fallait absolument que je réussisse à prendre son ton.
J'étais tellement dans ma contemplation de cette femme qu'il m'a fallu quelques instants pour comprendre que c'était à moi qu'elle s'adressait en me demandant si je voulais passer d'une voix beaucoup plus douce que celle qu'elle avait utilisée précédemment. Evidemment que je voulais passer pour pouvoir m'éloigner de cette boutique avec des vendeuses plus que collantes, mais il fallait absolument que je trouve un moyen pour pouvoir passer un peu plus de temps en sa compagnie afin de gagner en grandeur.
" Euh oui, je voulais sortir de ce magasin parce que les vendeuses sont vraiment des pots de colle et je ne supporte pas cela, dis-je de ma voix la plus adulte possible. Et puis, après je vous ai vu parlé à ce vieux, vous savez bien comment ramener les gens à leur place. "
J'avais gardé une voix neutre, mais en réalité j'étais tellement impressionnée par sa maîtrise de la voix et de la situation. Si j'avais six ans actuellement, je suis sûre que j'aurais pu dire à mes parents "Plus tard, je veux être comme elle" en la pointant du doigt. Mais j'avais quatorze ans et il était hors de question que je ne m'abaisse à cela. Il n'empêche que je savais que mes yeux me trahissaient. Ils étaient habituellement froid et jugeaient tout ce qui se passait devant, mais je sentais qu'une sorte de petite étincelle était apparue dans ce regard. Vous savez, comme quand on approche une petite flamme d'une plaque de glace juste assez pour la réchauffer un peu sans la faire fondre complètement, à moins que l'on ne reste trop longtemps au-dessus.
Je ne savais pas trop ce qu'elle pourrait penser de moi à l'aborder ainsi. Ca se trouve elle n'aimait juste pas parler avec les gens et elle était exécrable avec tout le monde ? Mais en même temps elle m'avait demandé de manière gentille si je voulais passer alors c'était peut-être simplement que cet homme n'avait pas été très sympa.
Troisième année RP (2043-2044)
JE SUIS UNE FILLE.
J'étais tellement dans ma contemplation de cette femme qu'il m'a fallu quelques instants pour comprendre que c'était à moi qu'elle s'adressait en me demandant si je voulais passer d'une voix beaucoup plus douce que celle qu'elle avait utilisée précédemment. Evidemment que je voulais passer pour pouvoir m'éloigner de cette boutique avec des vendeuses plus que collantes, mais il fallait absolument que je trouve un moyen pour pouvoir passer un peu plus de temps en sa compagnie afin de gagner en grandeur.
" Euh oui, je voulais sortir de ce magasin parce que les vendeuses sont vraiment des pots de colle et je ne supporte pas cela, dis-je de ma voix la plus adulte possible. Et puis, après je vous ai vu parlé à ce vieux, vous savez bien comment ramener les gens à leur place. "
J'avais gardé une voix neutre, mais en réalité j'étais tellement impressionnée par sa maîtrise de la voix et de la situation. Si j'avais six ans actuellement, je suis sûre que j'aurais pu dire à mes parents "Plus tard, je veux être comme elle" en la pointant du doigt. Mais j'avais quatorze ans et il était hors de question que je ne m'abaisse à cela. Il n'empêche que je savais que mes yeux me trahissaient. Ils étaient habituellement froid et jugeaient tout ce qui se passait devant, mais je sentais qu'une sorte de petite étincelle était apparue dans ce regard. Vous savez, comme quand on approche une petite flamme d'une plaque de glace juste assez pour la réchauffer un peu sans la faire fondre complètement, à moins que l'on ne reste trop longtemps au-dessus.
Je ne savais pas trop ce qu'elle pourrait penser de moi à l'aborder ainsi. Ca se trouve elle n'aimait juste pas parler avec les gens et elle était exécrable avec tout le monde ? Mais en même temps elle m'avait demandé de manière gentille si je voulais passer alors c'était peut-être simplement que cet homme n'avait pas été très sympa.
Troisième année RP (2043-2044)
JE SUIS UNE FILLE.
Une femme forte
Une fois penchée sur la jeune fille qui venait de faire son apparition, Joanne avait totalement oublié le vieux grincheux qui, visiblement, s’était éloigné en marmonnant. Sans doute se délaissait-il de quelques insultes à destinations de la sorcière, mais le regard de cette dernière étant entièrement accaparé par la jeune fille, elle n’en avait que faire du vieux type. Elle écoutait, sérieuse, la réponse de la jeune fille.
Et la fin de sa phrase fit rire aux éclats Joanne. Il y avait quelque chose de spontané et de rafraîchissant dans le « vous savez bien comment ramener les gens à leur place » qui ne manqua pas d’interloquer la jeune femme. « Oh, ça s’apprend en vieillissant, vous verrez, vous aussi vous en serez capable Miss ». Miss comment ? Bonne question ça d’ailleurs.
La main de l’adulte se tend vers l’adolescente. « Faisons les présentations de manière plus conventionnelle, voulez-vous ? Joanne Taylor » pour vous servir ? Oui, elle aurait presque pu ajouter ça, heureusement elle ne le fit pas, sinon il était clair que l’admiration qu’elle semblait lire dans les yeux de la petite sorcière disparaîtrait. C’était assez touchant de voir comment les enfants pouvaient regarder les adultes avec des yeux avides de connaissances et de savoirs. C’était assez nouveau pour Joanne et il fallait croire qu’elle aimait ça. Sinon elle serait probablement partie sans jeter un regard pour l’enfant – déjà trop énervée par le vieux croûton.
Le type, d’ailleurs, s’était éloigné. Tout comme la vendeuse qui semblait s’être perdue dans les rayonnages de sa boutique. Elle voulait sans doute éviter les remontrances de Joanne, et elle avait plutôt raison de la fuir comme si elle était une maladie contagieuse et pestilentielle. Peut-être que la jeune fille en ferait autant, après tout Joanne ne la retiendrait pas non plus. Elle n’était pas là pour ça.
Et la fin de sa phrase fit rire aux éclats Joanne. Il y avait quelque chose de spontané et de rafraîchissant dans le « vous savez bien comment ramener les gens à leur place » qui ne manqua pas d’interloquer la jeune femme. « Oh, ça s’apprend en vieillissant, vous verrez, vous aussi vous en serez capable Miss ». Miss comment ? Bonne question ça d’ailleurs.
La main de l’adulte se tend vers l’adolescente. « Faisons les présentations de manière plus conventionnelle, voulez-vous ? Joanne Taylor » pour vous servir ? Oui, elle aurait presque pu ajouter ça, heureusement elle ne le fit pas, sinon il était clair que l’admiration qu’elle semblait lire dans les yeux de la petite sorcière disparaîtrait. C’était assez touchant de voir comment les enfants pouvaient regarder les adultes avec des yeux avides de connaissances et de savoirs. C’était assez nouveau pour Joanne et il fallait croire qu’elle aimait ça. Sinon elle serait probablement partie sans jeter un regard pour l’enfant – déjà trop énervée par le vieux croûton.
Le type, d’ailleurs, s’était éloigné. Tout comme la vendeuse qui semblait s’être perdue dans les rayonnages de sa boutique. Elle voulait sans doute éviter les remontrances de Joanne, et elle avait plutôt raison de la fuir comme si elle était une maladie contagieuse et pestilentielle. Peut-être que la jeune fille en ferait autant, après tout Joanne ne la retiendrait pas non plus. Elle n’était pas là pour ça.
Une femme forte
Ca s'apprend en vieillissant... A ce moment-là, je supposais donc qu'un jour, peut-être, j'arriverais à faire comprendre aux gens ce que je voulais et qu'ils ne me prendraient plus pour une personne simplement désagréable. Est-ce qu'un jour j'aurais un admirateur devant moi pour avoir remis quelqu'un à sa place de manière correcte ? En même temps, il ne valait peut-être mieux pas pour la personne, elle risquerait alors de se prendre un magnifique regard froid de ma part et ne se sentirait probablement pas très bien. La femme en face de moi ne réagit pas comme cela en tout cas et c'était plutôt sympathique de sa part, ou peut-être était-ce simplement que toute personne normale réagissait ainsi.
La femme se présenta alors et je serrais sa main lorsqu'elle me la tendit. Joanne Taylor... D'accord. Je n'avais jamais vraiment rencontré d'adulte en dehors des personnes de ma famille et des professeurs et résidents de Poudlard alors c'était quelque chose d'un peu nouveau pour moi et de très intéressant. Avant qu'elle ne trouve mon comportement suspect à la regarder ainsi, ma tête levée et mes bras ballants, je reprenais la parole.
" Ebony Blackburn, dis-je en m’efforçant de garder une voix maîtrisée pour montrer que je n'étais pas qu'une gamine insupportable comme les autres. "
Au même moment, une petite dame nous bouscula sur son passage vers la lumière naturelle du jour. Je n'avais aucune envie de me lancer dans une querelle, mais je ne supportais pas les gens impolis comme cela, ça ne leur coûtait quand même rien de demander poliment à ce qu'on se décale non ?
" Faut pas vous gêner surtout... Danger public. "
La femme haussa les épaules à l'entente de ma première phrase et elle n'entendit visiblement pas la deuxième que j'avais un peu plus marmonnée. Elle était déjà sortie. Je trouvais vraiment qu'il n'y avait que des gens malpolis dans cette boutique.
" Cette boutique était plus calme dans mes souvenirs. Peut-être que l'on pourrait sortir un peu de ce magasin, je crois que l'on gêne le passage... "
Je décidais ainsi de sortir en espérant que Joanne Taylor me suivrait, elle avait l'air très intéressante et à mon niveau. La température extérieure était plutôt fraîche pour un mois d'Avril et je me rendais compte que je n'étais pas assez bien habillée pour ne pas frissonner, mais je fis comme si de rien n'était, après tout, j'avais qu'à avoir été plus prévoyante en sortant de ma chambre du Chaudron Baveur.
Un peu plus loin, je voyais le magasin d'animaux magiques, un enfant sortait d'ailleurs avec un crapaud. Il ne devait pas avoir plus de sept ans et je ne pouvais m'empêcher de l'envier un peu, je n'avais pas pu avoir d'animal, il n'y avait que les chats de ma grand-mère qui ne m'aimaient pas trop, mis à part Moustachu qui avait fait partie de mes nombreux jeux. Il ne m'avait jamais griffée ou mordue bien que je ne fusses pas très tendre avec lui, une fois je l'avais envoyé dans les arbres épineux avec ma magie et il avait alors fallu lui enlever toutes les épines une à une. Le tunnel de mes souvenirs s'estompa et je regardais alors derrière moi, voir si mon interlocutrice m'avait suivie. J'espérais qu'elle n'avait pas vu mon arrêt net, elle allait sûrement me trouver bizarre sinon, enfin encore plus bizarre.
Troisième année RP (2043-2044)
JE SUIS UNE FILLE.
La femme se présenta alors et je serrais sa main lorsqu'elle me la tendit. Joanne Taylor... D'accord. Je n'avais jamais vraiment rencontré d'adulte en dehors des personnes de ma famille et des professeurs et résidents de Poudlard alors c'était quelque chose d'un peu nouveau pour moi et de très intéressant. Avant qu'elle ne trouve mon comportement suspect à la regarder ainsi, ma tête levée et mes bras ballants, je reprenais la parole.
" Ebony Blackburn, dis-je en m’efforçant de garder une voix maîtrisée pour montrer que je n'étais pas qu'une gamine insupportable comme les autres. "
Au même moment, une petite dame nous bouscula sur son passage vers la lumière naturelle du jour. Je n'avais aucune envie de me lancer dans une querelle, mais je ne supportais pas les gens impolis comme cela, ça ne leur coûtait quand même rien de demander poliment à ce qu'on se décale non ?
" Faut pas vous gêner surtout... Danger public. "
La femme haussa les épaules à l'entente de ma première phrase et elle n'entendit visiblement pas la deuxième que j'avais un peu plus marmonnée. Elle était déjà sortie. Je trouvais vraiment qu'il n'y avait que des gens malpolis dans cette boutique.
" Cette boutique était plus calme dans mes souvenirs. Peut-être que l'on pourrait sortir un peu de ce magasin, je crois que l'on gêne le passage... "
Je décidais ainsi de sortir en espérant que Joanne Taylor me suivrait, elle avait l'air très intéressante et à mon niveau. La température extérieure était plutôt fraîche pour un mois d'Avril et je me rendais compte que je n'étais pas assez bien habillée pour ne pas frissonner, mais je fis comme si de rien n'était, après tout, j'avais qu'à avoir été plus prévoyante en sortant de ma chambre du Chaudron Baveur.
Un peu plus loin, je voyais le magasin d'animaux magiques, un enfant sortait d'ailleurs avec un crapaud. Il ne devait pas avoir plus de sept ans et je ne pouvais m'empêcher de l'envier un peu, je n'avais pas pu avoir d'animal, il n'y avait que les chats de ma grand-mère qui ne m'aimaient pas trop, mis à part Moustachu qui avait fait partie de mes nombreux jeux. Il ne m'avait jamais griffée ou mordue bien que je ne fusses pas très tendre avec lui, une fois je l'avais envoyé dans les arbres épineux avec ma magie et il avait alors fallu lui enlever toutes les épines une à une. Le tunnel de mes souvenirs s'estompa et je regardais alors derrière moi, voir si mon interlocutrice m'avait suivie. J'espérais qu'elle n'avait pas vu mon arrêt net, elle allait sûrement me trouver bizarre sinon, enfin encore plus bizarre.
Troisième année RP (2043-2044)
JE SUIS UNE FILLE.
Une femme forte
L’adolescente curieuse, ou plutôt impressionnée, articula enfin son prénom et son nom. La sorcière hocha la tête de bas en haut tout en inscrivant mentalement le nom de la jeune fille dans un coin de son cerveau. Sait-on jamais que ça lui resserve un jour. Mais alors qu’elle était toute à l’inscription de ce prénom dans sa cervelle, une petite dame bouscula le duo qui s’était formé, provoquant la colère de la jeune fille. Cette dernière n’hésita pas à le faire remarquer à la cliente qui sortait de la boutique, mais il ne faisait aucun doute qu’elle n’avait rien à faire des propos de l’adolescente.
La jeune fille laissa ensuite un commentaire que la sorcière trouvait tout à fait vrai. Il fut un temps où la boutique était plus calme et ses clients beaucoup plus respectueux, il semblait que, plus elle vieillissait et moins elle était capable de supporter le genre humain dans sa splendeur. C’était à flanquer la chair de poule. Mais Joanne n’eut guère le temps de répondre : la jeune fille qui se prénommée Ebony était déjà sortie dehors, sans attendre la réponse de l’adulte qu’elle venait de rencontrer.
Un instant, Joanne se demanda si elle allait prendre la sortie ou si elle allait flâner encore un peu dans la boutique. L’instant ne dura pas plus d’une demi-seconde. Juste le temps d’un dernier regard pour la collection d’ouvrage de Fleury et Bott et elle était déjà sortie, sur les talons de l’adolescente qu’elle venait de rencontrer. Elle était de celle qui pensait qu’il fallait saisir les rencontres au vol. Comme des plumes malmenées par le vent qui étaient amenées sur le chemin de certains, tandis que d’autres n’en verrait jamais la couleur d’une seule. Alors elle ne se posait pas plus de questions.
Arrivée dehors, elle trouva rapidement la jeune fille qui l’avait alpagué dans la boutique, arrêtée nette en plein milieu du chemin. S’enquérant de son état, Joanne lui demanda « Tout va bien Miss Blackburn ? ». Cette adolescente n’était vraiment pas commune. D’abord elle faisait remarquer sa fascination pour l’adulte, ensuite elle répondait à une vieille dame trop âgée pour comprendre et maintenant elle restait là, le regard dans le vide. Pourtant, elle semblait s’être rendue compte que Joanne était derrière elle puisqu’elle s’était brutalement retournée vers la jeune femme.
La sorcière aux yeux azur répéta donc sa question, pensant que la jeune fille ne l’avait pas entendu plutôt. « Tout va bien Miss Blackburn ? ». C’était bien sa veine si elle suivait une adolescente qui avait des problèmes. Enfin elle ne pouvait pas le savoir en amont c’était vrai. Mais tout de même ! Avait-elle réellement du temps à perdre là-dessus ? Sans doute que oui, puisqu’elle n’avait toujours pas fait demi-tour.
Malheureusement et malgré sa patience, la jeune femme n'obtint aucune réponse de la part de la jeune Blackburn, aussi préféra-t-elle s'en retourner à ses occupations. La jeune fille était peut-être perdue dans ses pensées et peut-être valait-il mieux la laisser ainsi.
Fin du RP
La jeune fille laissa ensuite un commentaire que la sorcière trouvait tout à fait vrai. Il fut un temps où la boutique était plus calme et ses clients beaucoup plus respectueux, il semblait que, plus elle vieillissait et moins elle était capable de supporter le genre humain dans sa splendeur. C’était à flanquer la chair de poule. Mais Joanne n’eut guère le temps de répondre : la jeune fille qui se prénommée Ebony était déjà sortie dehors, sans attendre la réponse de l’adulte qu’elle venait de rencontrer.
Un instant, Joanne se demanda si elle allait prendre la sortie ou si elle allait flâner encore un peu dans la boutique. L’instant ne dura pas plus d’une demi-seconde. Juste le temps d’un dernier regard pour la collection d’ouvrage de Fleury et Bott et elle était déjà sortie, sur les talons de l’adolescente qu’elle venait de rencontrer. Elle était de celle qui pensait qu’il fallait saisir les rencontres au vol. Comme des plumes malmenées par le vent qui étaient amenées sur le chemin de certains, tandis que d’autres n’en verrait jamais la couleur d’une seule. Alors elle ne se posait pas plus de questions.
Arrivée dehors, elle trouva rapidement la jeune fille qui l’avait alpagué dans la boutique, arrêtée nette en plein milieu du chemin. S’enquérant de son état, Joanne lui demanda « Tout va bien Miss Blackburn ? ». Cette adolescente n’était vraiment pas commune. D’abord elle faisait remarquer sa fascination pour l’adulte, ensuite elle répondait à une vieille dame trop âgée pour comprendre et maintenant elle restait là, le regard dans le vide. Pourtant, elle semblait s’être rendue compte que Joanne était derrière elle puisqu’elle s’était brutalement retournée vers la jeune femme.
La sorcière aux yeux azur répéta donc sa question, pensant que la jeune fille ne l’avait pas entendu plutôt. « Tout va bien Miss Blackburn ? ». C’était bien sa veine si elle suivait une adolescente qui avait des problèmes. Enfin elle ne pouvait pas le savoir en amont c’était vrai. Mais tout de même ! Avait-elle réellement du temps à perdre là-dessus ? Sans doute que oui, puisqu’elle n’avait toujours pas fait demi-tour.
Malheureusement et malgré sa patience, la jeune femme n'obtint aucune réponse de la part de la jeune Blackburn, aussi préféra-t-elle s'en retourner à ses occupations. La jeune fille était peut-être perdue dans ses pensées et peut-être valait-il mieux la laisser ainsi.
Fin du RP
Une femme forte
En regardant derrière elle, je me se rendis compte que si mon interlocutrice avait l'air de m'avoir suivie dehors, elle était visiblement en train de m'abandonner puisqu'elle partait au loin, probablement pour vaquer à de nouvelles occupations. Je commençai à pester contre elle, je l'avais pourtant admirée pendant de nombreuses minutes et elle était partie sans même me dire quoi que ce soit.
Dans un second temps, mon oreille rattrapa mon cerveau et je me rendis compte que la femme m'avait demandé si j'allais bien avant de s'éloigner. Combien de temps étais je restée dans la contemplation de la rue ? Avait est-ce été beaucoup trop long pour une personne normale ? Peut-être. Ceci dit, je ne trouvais pas cela normal. J'aurais pu être en train de faire une crise cardiaque et cette femme m'avait consciemment laissée seule, moi une mineure. Quelle inconscience dis donc.
Ne souhaitant tout de même pas retourner dans ce magasin remplit de personnes mal élevées et malpolies, je décidais de continuer à me promener en attendant qu'Alyssa ou mon grand-père daigne m'adresser la parole.
Mes pensées dérivèrent sur mon autre soeur, Madison. Elle n'avait jamais répondu à mes lettres. Les hiboux que j'avais envoyés étaient toujours revenus les pattes vides et je me demandais ce que sa dernière lettre cachait pour qu'on ne veuille pas m'en parler. Je commençais à penser qu'elle était morte, mais j'espérais me tromper...
En tout cas, s'il y avait bien une chose dont j'étais sûre, c'était qu'elle ne m'aurait jamais laissée tomber toute une après-midi ici. Elle m'aurait accompagnée dans tous les magasins, on aurait pu se moquer des autres sorciers ensemble, et je n'aurais pas eu à faire avec cette femme qui m'avait autant impressionnée que déçue en quelques minutes à peine. Elle allait devenir mon modèle aussi bien pour le mieux que pour le pire. Je rêvais d'avoir son cran mais espérais que ça ne serait pas au détriment de ma préoccupation pour les autres.
Je n'allais jamais revoir cette femme de ma vie et pourtant je n'avais à ce moment-là pas encore conscience que cette rencontre allait me changer à tout jamais. Ma préoccupation pour les autres et ma maturité grandit avec cette journée sans même que je ne m'en rende compte.
La fin de la journée arriva rapidement et avec le retour avec Alyssa, puis avec mon grand-père qui avait finalement trouvé sa plante si spéciale... Encore une chouette après-midi avec cette famille si décousue.
Troisième année RP (2043-2044)
JE SUIS UNE FILLE.
Dans un second temps, mon oreille rattrapa mon cerveau et je me rendis compte que la femme m'avait demandé si j'allais bien avant de s'éloigner. Combien de temps étais je restée dans la contemplation de la rue ? Avait est-ce été beaucoup trop long pour une personne normale ? Peut-être. Ceci dit, je ne trouvais pas cela normal. J'aurais pu être en train de faire une crise cardiaque et cette femme m'avait consciemment laissée seule, moi une mineure. Quelle inconscience dis donc.
Ne souhaitant tout de même pas retourner dans ce magasin remplit de personnes mal élevées et malpolies, je décidais de continuer à me promener en attendant qu'Alyssa ou mon grand-père daigne m'adresser la parole.
Mes pensées dérivèrent sur mon autre soeur, Madison. Elle n'avait jamais répondu à mes lettres. Les hiboux que j'avais envoyés étaient toujours revenus les pattes vides et je me demandais ce que sa dernière lettre cachait pour qu'on ne veuille pas m'en parler. Je commençais à penser qu'elle était morte, mais j'espérais me tromper...
En tout cas, s'il y avait bien une chose dont j'étais sûre, c'était qu'elle ne m'aurait jamais laissée tomber toute une après-midi ici. Elle m'aurait accompagnée dans tous les magasins, on aurait pu se moquer des autres sorciers ensemble, et je n'aurais pas eu à faire avec cette femme qui m'avait autant impressionnée que déçue en quelques minutes à peine. Elle allait devenir mon modèle aussi bien pour le mieux que pour le pire. Je rêvais d'avoir son cran mais espérais que ça ne serait pas au détriment de ma préoccupation pour les autres.
Je n'allais jamais revoir cette femme de ma vie et pourtant je n'avais à ce moment-là pas encore conscience que cette rencontre allait me changer à tout jamais. Ma préoccupation pour les autres et ma maturité grandit avec cette journée sans même que je ne m'en rende compte.
La fin de la journée arriva rapidement et avec le retour avec Alyssa, puis avec mon grand-père qui avait finalement trouvé sa plante si spéciale... Encore une chouette après-midi avec cette famille si décousue.
Reducio
Fin du RP
Troisième année RP (2043-2044)
JE SUIS UNE FILLE.