Circéia fait ses courses de rentrée (3/6)
Episode 3 => Peu importe pourvu que ce soit du noir
Les livres d’enfant sont parfois constitués d’étoffes pour apprendre aux doigts la valeur de chaque tissu, sa beauté. Je me souviens de pages de velours, de feuilles de soie et de morceaux de coton parsemés de petites boules à force de s’y frotter. Comme un retour à la petite enfance. Dans cette boutique ou Mère venait m’acheter mes robes d’écolière de Poudlard, on trouvait tout ce qui fait de vous une princesse. Mon rêve était autre mais il était si plaisant de toucher ces tissus aux vertus étonnantes. Bien sûr, çà et là, la magie prenait le dessus ; des bottes en peau de dragon, des gants résistant aux morsures d’infâmes bestioles monstrueuses. Je préférais ne pas savoir, laissant ces rayons aux garçons un peu plus grands que moi. Certains disaient même que l’on trouvait mieux ailleurs mais qu’il fallait pour cela avoir le cran de parcourir l’allée des embrumes. J’oubliai de relever cette remarque et me concentrai sur les variétés de velours. Comme une impression de voir tout mon système de valeurs s’effondrer pan par pan.
- C’est si doux…
J’aurais bien demandé à Mère de me l’acheter. Mais elle aurait refusé, sans doute en prétextant les formes malvenues pour une enfant de mon âge. Je sais que la raison est autre, mes parents ont assez d’argent pour attendre la célébrité promise par les recherches traduites en livres qu’ils poursuivent. Mais il leur faut tenir le plus longtemps possible. Aussi, compter sans en avoir l’air est une seconde nature chez eux. Un jour je porterai une robe de velours dont le tissu aura été baigné dans de l’ultranoir. Père a des costumes taillés dans une étoffe de cette variante de noir si intense que l’on voit des reflets violets uniques, à la lueur du jour, et sous certains angles seulement. Il ne m’a jamais dit quelle était la provenance de ces vêtements mais je sais qu’il y tient. Et c’est une seconde nature pour ma sœur et moi que de porter des tenues systématiquement noires. Je n’en suis pas attristée, j’aime énormément cette couleur, même si je prétends préférer le vert. C’est ainsi, comme les armoiries d’une famille de haute tenue comme dit Père, je porte un étendard.
- Oh la la …
Je murmure. A peine. En enfilant ma première robe d’apprentie sorcière, il me vient l’idée d’apprendre les manières de changer les étoffes. Est-ce une possibilité offerte par la magie ? Ce serait idéal dans ma situation… Mais cela ne tient pas. Père l’aurait depuis longtemps si cela était possible.
Quand Mère me regarde, faisant mine d’attendre mon accord pour prendre trois exemplaires de ce modèle, je lui demande de me permettre d’aller revoir cette robe au tissu envoûtant pour mes doigts. Sa main caresse doucement ma joue et elle me lâche un petit « Vas-y ma chérie » qui me remplit de joie. Alors je le tiens entre mes mains, comme une petite serviette dont on se sert pour s’essuyer les mains, et qui finit par provoquer une sensation de fluidité vraiment agréable.
C’est ça ? Faire les courses, c’est ouvrir les portes du rêve, même si on ne peut pas tout acheter !?! Je commence à comprendre. Si l’on veut se payer le luxe d’acquérir ce que l’on aime, il faut accepter le prix, se donner les moyens. Une ambition germe en moi. Elle est imperceptible mais elle existe. Je ferai ce qu’il faut, et toute en noir.
Les autres épisodes
Episode 1 : La pièce inattendue
Episode 2 : J’aurais besoin de compagnie
Episode 4 : Des millions de mots
Episode 5 : Au sud de l’Arctique
Episode 6 : En passant par les endroits sombres
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Reducio
(Il n’y a pas d’ordre pour lire ce rp solo, il se situe quelques temps après l’entrée de Circéia à Poudlard. Il est prévu plusieurs épisodes, un par magasin visité la première année ?)
Les livres d’enfant sont parfois constitués d’étoffes pour apprendre aux doigts la valeur de chaque tissu, sa beauté. Je me souviens de pages de velours, de feuilles de soie et de morceaux de coton parsemés de petites boules à force de s’y frotter. Comme un retour à la petite enfance. Dans cette boutique ou Mère venait m’acheter mes robes d’écolière de Poudlard, on trouvait tout ce qui fait de vous une princesse. Mon rêve était autre mais il était si plaisant de toucher ces tissus aux vertus étonnantes. Bien sûr, çà et là, la magie prenait le dessus ; des bottes en peau de dragon, des gants résistant aux morsures d’infâmes bestioles monstrueuses. Je préférais ne pas savoir, laissant ces rayons aux garçons un peu plus grands que moi. Certains disaient même que l’on trouvait mieux ailleurs mais qu’il fallait pour cela avoir le cran de parcourir l’allée des embrumes. J’oubliai de relever cette remarque et me concentrai sur les variétés de velours. Comme une impression de voir tout mon système de valeurs s’effondrer pan par pan.
- C’est si doux…
J’aurais bien demandé à Mère de me l’acheter. Mais elle aurait refusé, sans doute en prétextant les formes malvenues pour une enfant de mon âge. Je sais que la raison est autre, mes parents ont assez d’argent pour attendre la célébrité promise par les recherches traduites en livres qu’ils poursuivent. Mais il leur faut tenir le plus longtemps possible. Aussi, compter sans en avoir l’air est une seconde nature chez eux. Un jour je porterai une robe de velours dont le tissu aura été baigné dans de l’ultranoir. Père a des costumes taillés dans une étoffe de cette variante de noir si intense que l’on voit des reflets violets uniques, à la lueur du jour, et sous certains angles seulement. Il ne m’a jamais dit quelle était la provenance de ces vêtements mais je sais qu’il y tient. Et c’est une seconde nature pour ma sœur et moi que de porter des tenues systématiquement noires. Je n’en suis pas attristée, j’aime énormément cette couleur, même si je prétends préférer le vert. C’est ainsi, comme les armoiries d’une famille de haute tenue comme dit Père, je porte un étendard.
- Oh la la …
Je murmure. A peine. En enfilant ma première robe d’apprentie sorcière, il me vient l’idée d’apprendre les manières de changer les étoffes. Est-ce une possibilité offerte par la magie ? Ce serait idéal dans ma situation… Mais cela ne tient pas. Père l’aurait depuis longtemps si cela était possible.
Quand Mère me regarde, faisant mine d’attendre mon accord pour prendre trois exemplaires de ce modèle, je lui demande de me permettre d’aller revoir cette robe au tissu envoûtant pour mes doigts. Sa main caresse doucement ma joue et elle me lâche un petit « Vas-y ma chérie » qui me remplit de joie. Alors je le tiens entre mes mains, comme une petite serviette dont on se sert pour s’essuyer les mains, et qui finit par provoquer une sensation de fluidité vraiment agréable.
C’est ça ? Faire les courses, c’est ouvrir les portes du rêve, même si on ne peut pas tout acheter !?! Je commence à comprendre. Si l’on veut se payer le luxe d’acquérir ce que l’on aime, il faut accepter le prix, se donner les moyens. Une ambition germe en moi. Elle est imperceptible mais elle existe. Je ferai ce qu’il faut, et toute en noir.
Les autres épisodes
Episode 1 : La pièce inattendue
Episode 2 : J’aurais besoin de compagnie
Episode 4 : Des millions de mots
Episode 5 : Au sud de l’Arctique
Episode 6 : En passant par les endroits sombres
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...