14 sept. 2025, 13:39
Chineurs et dénicheurs  PV Suileabhan Kohler 
A défaut d’un autre lieu parfaitement adéquat, j’ai posté dans la cour de la tour de l’horloge. Mais il faut admettre que ce qui suit se passe dans des espaces de circulation indéterminés. Les yeux parcourant les lignes à venir découvriront les endroits possibles. En somme une bonne centaine… Qu’importe. C’est une déambulation naissant ici.

Samedi 25 Juin 2050
Ivanovna, 20 ans


L’appel du nécessaire sonne en elle comme la trompe de la charge. Chaque fois que Madame Tokélau lui fait signe, Ivanovna file ventre à terre retrouver celle qui l’inspire tant. Ses manières de présenter la science diffèrent tellement de tout ce qu’elle connaît… il en faudrait peu pour qu’elle se transforme en groupie décérébrée. Aéla Tokélau claque du doigt, Ivanovna apparaît.

Pourtant, l’invitation de ce jour est un peu spéciale, dérangeante même. Car l’étudiante n’ose imaginer les raisons pour lesquelles rendez-vous est fixé à Poudlard. Y revenir ne lui fait pas particulièrement plaisir, les souvenirs qu’elle en a sont pour le moins déplaisants. Elle n’était pas faite pour les études à cet âge de la vie. Depuis son entrée à l’Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques, le regard qu’elle porte sur ces questions a bien changé. Elle s’épanouit vraiment, au-delà des conflits intimes qu’elle peut avoir avec des professeurs ou des matières. Ces… récriminations, elle en fait des conserves qu’elle garde bien au fond d’elle. Les études lui plaisent enfin.
Elle a toutefois une chose en tête, une chose qui la préoccupe depuis qu’elle a reçu le hibou de Madame Tokélau. Et si cette femme qu’elle admire tant devenait professeure à Poudlard ? Pourquoi donc aurait-elle eu l’idée de venir ici s’il n’était question de cela ? Tout lui indique que c’est impossible, cette sorcière est bien trop excentrique, il existe forcément une autre raison, une raison que la jeune femme ne peut connaître. L’explication doit être là, il ne saurait en être autrement. Tout le vol durant, Ivanovna a espéré avoir raison. « L’explication est ailleurs », « l’explication est ailleurs », s’est-elle répétée comme un mantra.

Et puis elle est arrivée. La tour de l’horloge, la foule, les tenues, l’excitation de ce moment de l’année, une impression de déjà vu, une ivresse qu’elle n’a jamais vraiment appréciée. De très loin les bains cachés, l’ancien sanatorium de l'Institut, sont la source de son euphorie. Il ne faudrait pas se méprendre pourtant, Ivanovna n’éprouve pas du dégoût dans le fait d’être ici. La chose glisse sur elle. Au regard de son vécu, personne ne l’en blâmera. A l’angle de la cour, elle attend patiemment. Elle qui n’est jamais en retard est obligée de se plier aux conceptions polynésiennes de la ponctualité. Mais là encore...elle ne peut qu’accepter ce sur quoi elle n’a pas de prise. De toutes manières, elle mangerait des veracrasses si Madame Tokélau le lui suggérait.

Néanmoins, au bout d’une heure, elle se questionne enfin. Une statue de plus dans la cour passe encore. Mais que ce soit elle, l’idée lui plaît moins. Comme ce genre de retard est plutôt dans la « norme polynésienne », elle décide de s’occuper en attendant. Et la voilà en train de déambuler dans les couloirs, au gré des escaliers, entendant les mêmes personnages faisant les mêmes réflexions aux mêmes écervelés… Ces tableaux n’ont décidément pas changé. Ce qui l’attire cependant se situe derrière les statues. Elle sait n’avoir aucune chance de trouver. Et d’ailleurs, il n’est pas sûr qu’elle y tienne. Doit-elle appuyer quelque part ? Lever un sortilège quelconque ? Faut-il avoir la chance de mettre la main sur une anse ? Sa sœur a un jour déplacé une part d’elle-même des cachots à un endroit inconnu. Cette péripétie, Ivanovna n’en sait rien. C’est Mr d’Arby qui lui a soufflé l’existence de ce sac. Le château doit regorger de babioles de cet acabit, elle risque de mettre la main sur tout autre chose, voire des objets vénéneux… mais pourquoi ne pas occuper l'attente à fureter ?

En outre, elle ne se cache pas, de loin on pourrait tout aussi bien penser qu’elle caresse les statues pour en apprécier les formes, l’effort du sculpteur… Sur les marchés, certains éprouvent le besoin de toucher la marchandise qu’ils convoitent. En cela, elle n’est ni différente ni intrusive. Certes, passer sa main dans les recoins n’est pas le moins anodin. Mais tout cela est leur faute. Quelle idée d’être en retard, ici, aujourd’hui ? Et surtout pourquoi dissimuler des affaires personnelles en un tel lieu ? Une seule question n’est pas encore posée. Pourquoi vouloir les dénicher...

2 oct. 2025, 17:06
Chineurs et dénicheurs  PV Suileabhan Kohler 
***
Ombre parmi les ombres, ombre parmi le vent, loup parmi les agneaux, le chasseur arpente le dédale qui n'est pas vraiment sa maison, mais bien son terrain de chasse. Il se redresse, humme l'air - une odeur inhabituelle était prête à envahir son museau - mais reprend sa course. Cette fois, il a une cible. Il s'élance entre les briques, laisse de côté portes et traverses, adolescents braillards qui n'auront son attention que peu après. Alors, la proie est enfin en vue. Il plisse les yeux, se redresse, se prépare à sa prise de parole triomphante..

- Iiiik !

Le furet commence à interroger l'inconnue.
***


C'est encore accompagnée d'un Mr Smith bien énergique que Suileabhan arriva à la hauteur de la sorcière. Inconnue, elle ne l'était pas tant que le concierge était amené à connaître et reconnaître celles et ceux qui possédaient l'autorisation de déambuler à Poudlard - si on oubliait quelques affaires de la direction. Pour autant, cela ne lui indiquait pas ce qu'elle venait faire ici pour autant. Lui était en plein cheminement, appelé non loin à l'infraction mineure par l'intermédiaire de sa montre enchantée. L'affaire avait été rapidement expédiée jusqu'à ce qu'il reconnaisse la voix de son compagnon mustélidé dans un couloir voisin.

- Si n'avait tenu qu'à moi, je n'aurais pas choisi la pierre. Le bois sait demeurer le plus versatile des matériaux. Elles restent cependant de belles réalisations. Et surtout, elles ont fait leur preuve.

Une pause. Le concierge n'était pas en colère, mais il avait beau penser le moindre mot prononcé, la conversation n'en était pas une. Pas encore, trop chargée d'un sous-texte d'incertitude. Il invita le furet à rejoindre son épaule.

- Je n'ai jamais eu le plaisir de vous rencontrer. Je serais pourtant ravi d'apprendre votre nom, et la raison de votre présence un brin inquisitrice. Je vous préviens cependant, je ne pourrais pas vous autoriser à repartir avec l'une de ces armures.

Le concierge plaisantait à moitié, toujours sur le qui-vive.

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3 oct. 2025, 18:36
Chineurs et dénicheurs  PV Suileabhan Kohler 
Surprise. L’homme qui vient de lui parler a surgi de nulle part sans crier gare. Un peu étonnée aussi par tant de suspicion. Mais après tout c’est le rôle de certains que de prendre soin des autres. Et cela commence par une surveillance pointilleuse. Ivanovna avait depuis longtemps pris l’habitude de ne jamais sous-estimer l’attitude d’autrui. Et si elle comprenait la nécessité de ne pas laisser traîner n’importe qui n’importe où, elle s’étonna des mots prononcés. Comme le visage de l’homme n’indiquait en rien s’il plaisantait ou s’il était sérieux, elle prit le pli de s’en tenir à une politesse respectueuse. Après tout, il était un peu tard dans sa vie pour recevoir sa première punition officielle dans ces lieux.

- Bonjour Monsieur, je suis Ivanovna Alekhina, une ancienne élève. Peut-être m’avez-vous croisée l’an passé ? J’ai passé mes ASPICs en candidate libre en Juin ? Je…

Elle hésite, inconsciente ou peu au courant de nouvelles règles en vigueur qu’elle ignorerait. Dans un mélange de douceur et de candeur dont il est difficile de déterminer l’honnêteté, elle poursuit.

- Je suis désolée… j’attends Madame Tokélau depuis plus d’une heure. Alors j’ai fini par vouloir me dégourdir les jambes…

La stricte vérité. Mais Ivanovna ne veut pas d’ennuis. Elle ne faisait qu’apprécier des éléments d’un décor qu’elle a au final toujours exécré. L’Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques est tellement plus intime, accueillant. Il faut juste faire en sorte de ne pas attirer sur soi une attention n’ayant pas lieu d’être. Le mieux réside, Konstantin le lui a souvent répété, en l’humilité.

-… Je sais qu’elle est souvent en retard mais il semble qu’elle ait battu son record aujourd’hui…

Les yeux noirs scrutent le grand homme. Il est du genre rustique, une personne à qui on ne la fait pas. Et lui aussi est affublé d’un animal peuplant son cou. Sauf que Fleur, la fidèle chatte d’Ivanovna, est restée traquer les rongeurs à Wick. La jeune femme, qui n’apprécie déjà pas vraiment les félins, se sent quelque peu rebutée par ce qui ressemble à un furet. Il exhale un parfum pour le moins musqué. La sorcière n’a pas trop envie de l’apprécier de plus près. Mais tous deux n’ont pas l’air raides comme la justice. Toutefois, elle fait le choix de la franchise, après tout, que peut-il bien y avoir dans un sac d’adolescente qui vaille la peine de risquer les ennuis ?…

- Vous savez, je ne faisais rien de mal. D’après ce que je sais, ma sœur a caché un jour un petit sac quelque part dans les couloirs, les escaliers… Autant occuper le temps perdu même s’il faudrait une chance incroyable pour tomber dessus.

Il est vrai qu’Ivanovna a depuis de longs mois de nouveaux desseins dans l’existence mais elle n’est pas prête pour autant à prendre des risques inconsidérés dans une quête insignifiante. Il n’y a aucun mal à nettoyer les recoins du château de vieilleries poussiéreuses. De toutes façons, sans l’invitation de Madame Tokélau à la rejoindre ici, elle ne serait jamais venue d’elle-même. C’est bien le hasard qui place ces deux êtres en cet endroit, cet instant.

- ...Vous pourriez peut-être m’aider ?

Par une audace purement Alekhin, essaye-t-elle de tourner la situation à son avantage ? A moins qu’il ne soit seulement question d’affabilité. Les idées soudaines des jeunes leur inspirent souvent des maladresses aisément évitables. A d’autres âges, on peut les faire passer pour de l’égarement. A vingt ans, on demeure des enfants nous disent les médicomages spécialistes du cerveau. Ce n’est pas vraiment rassurant pour Ivanovna qui n’était venue qu’en raison de sa fidélité indéfectible envers ce qui devrait être sa professeure, si celle-ci voulait enfin lui enseigner les trésors de connaissances qu’une vie de magie lui a elle-même donnée.
Son instinct lui dicte de faire attention car il suffit de posséder le plus petit des pouvoirs pour qu’on puisse être enclin à en abuser. Ainsi sourit-elle à l’homme, autant par courtoisie que par mesure de prévoyance.
Dernière modification par Ivanovna Gunnray le 25 déc. 2025, 21:31, modifié 1 fois.

22 déc. 2025, 17:36
Chineurs et dénicheurs  PV Suileabhan Kohler 
Suileabhan fronça les sourcils. La jeune fille ne semblait pas suffisamment âgée pour qu'il ne puisse reconnaître son identité - ni ne tranchait suffisamment avec son environnement pour l'envisager comme une totale étrangère au château. Sa curiosité, pas seulement née d'un héritage Serdaigle, fut consolée au travers d'une présentation requise et bienvenue. Le concierge hocha doucement la tête.

- Dans ce cas, je sais qui vous êtes, Miss Alekhina. Vous pouvez constater que je n'ai pas eu le luxe temporel de pouvoir garder vos traits en mémoire, et il semble en être de même pour l'odorat de Mr Smith.

La moitié du reste des explications de la jeune sorcière ne l'intéressaient déjà plus vraiment. Tant que sa présence était autorisée et qu'elle ne pénétrait pas dans un espace qui lui était interdit, elle pouvait tout aussi bien déambuler où ça lui chantait. Un coin de sa bouche cependant souria en réponse à un semblant de candeur qui s'était échappé de ses derniers mots.

- Un objet caché ? Au risque de vous décevoir, je ne saurais dire ce qui est le plus improbable entre ce qui aurait pu échapper à l'œil de Rusard, et ce qui aurait pu échapper aux mains de ces apprentis sorciers avec bien trop de temps libre dans les bras.

Il aurait tout aussi bien pu s'agir de sa propre diligence, mais l'irlandais n'avait pas particulièrement tenu à incarner un bureau des objets trouvés ces dernières années. Sauf peut-être un collier. Suileabhan posa sur elle des yeux emplis de sévérité.

- J'ai un travail, vous savez.

Un instant plus tard, et son regard accompagnait désormais un sourire.

- Heureusement pour vous, il consiste également à ne pas laisser de visiteurs et d'objets inconnus sans surveillance. Vous avez une idée de par où commencer ?

Le cinquantenaire carressa distraitement le sommet du crâne de son acolyte à fourrure.

- Si vous possédiez un quelconque objet ayant pendant longtemps appartenu à cette soeur, Mr Smith serait peut-être en mesure de nous fournir une piste.

Concierge de Poudlard inRP depuis Septembre 2047.
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28 déc. 2025, 10:17
Chineurs et dénicheurs  PV Suileabhan Kohler 
La vie est faite de bonnes et de moins bonnes nouvelles. Que personne à Poudlard ne se souvienne d’elle, en tout cas parmi les sbires responsables de la surveillance, Ivanovna prend la chose comme une bonne nouvelle. Mais que ce qui n’était qu’un passe temps devienne l’activité de l’après-midi… la chose lui convient moins. D’autant que sous les airs débonnaires du sorcier se cache, c’est le ressenti de la jeune femme, un caractère soupçonneux. Voire suspicieux. Mais elle est un peu prise au piège de ce qui n’est pas une conversation anodine aux yeux de l’homme. Du moins le sent-elle ainsi. Comme si elle était encore une enfant, élève ici, donc aux ordres.

- Oh, je ne doute pas des capacités de votre créature. Mais je n’avais pas prévu de me lancer dans une telle recherche aujourd’hui. Je n’ai rien qui permettrait à votre limier de pister l’objet.

En outre, même si elle portait un bibelot ayant appartenu à sa sœur, des années après… même le meilleur nez sur Terre lui semblerait incapable de quoi que ce soit. Certes, on n’imagine mal les pouvoirs de l’odorat mais quand même…

- Et la connaissant, un sort quelconque a dû garder la chose au chaud. Je ne sais pas si les sortilèges s’évanouissent quand leur lanceur disparaît de ce monde, enfin si tous les types de sorts s’évanouissent. Dans un cas comme dans l’autre, les chances sont minces, ne croyez-vous pas ?

Une réflexion rapide va dans son sens. Si le sac a perdu sa protection, il a disparu depuis longtemps, sans doute trouvé par un élève chanceux… ou pas, si sa sœur a pensé d’autres protections, allez savoir. Et si la magie s’exerce encore, il faudrait le révéler… d’une manière qu’elle ignore en l’état. D’autant qu’il vaut mieux ici garder certains sorts à l’état d’intention. Ne sachant comment se dépêtrer de la situation, Ivanovna détourne la conversation.

- Vous croisez souvent des objets trouvés laissés par les élèves de ci de là ?