Privé RPG+ Mission inondation

Dans une période floue, en 2043, non éloignée de la rentrée


Jeanie sortit de son cours de métamorphose avec un air déprimé. L’enseignante avait eu la merveilleuse idée de donner à ses élèves des exercices de rédaction un peu trop poussés pour la semaine prochaine. Si cela contrariait autant la jeune Gryffondor c’était parce que son grand frère, qui l’avait jusque là toujours secourue en matière de devoirs, lui avait annoncé quelques jours auparavant qu’il ne pourrait lui être d’aucune aide cette semaine à cause de ses trop nombreuses dissertations. Sachant que Morgad passait minimum 24 heures sur chacune d’elles et qu’il en avait 7 à faire, Jeanie avait compris qu’elle ne devait avoir aucun espoir. En conséquence, la Gryffondor aurait à faire ses propres recherches à la bibliothèque, seule, comme… tous les autres élèves. Cette pensée la dégoûta tant qu’elle ne put retenir une grimace. L’un de ses camarades qui la regardait à ce moment fronça les sourcils. Jeanie lui répondit par un regard noir et marcha rapidement dans le couloir.

Travailler, quelle horreur. Personne ne la persuaderait du contraire, même pas Morgad malgré tous ses bons efforts. Sur ces pensées, la jeune fille se dirigea vers les toilettes. Il était bientôt l’heure de déjeuner dans la Grande salle mais Jeanie voulait absolument boire, faute aux chips de courge qu’elle avait discrètement mangées pendant le cours.

Arrivée dans les toilettes des filles, Jeanie en profita pour rentrer dans une cabine. Après avoir soulagé sa vessie, la jeune sorcière tira sur le loquet afin de sortir mais il lui résista. Elle tenta par plusieurs moyens d’ôter le verrou mais rien n’y fit. Alors, faisant défaut de toute patience, la Gryffondor s’écarta et ficha un puissant coup de pied dans la porte, laquelle s'ouvrit avec grand fracas. Quant au verrou qui gênait auparavant la jeune fille, il se retrouva projeté quelques mètres plus loin.

« Oups ! », souffla Jeanie, faussement contrariée.

Elle ramassa le verrou et le mit dans sa poche ; la jeune fille avait appris depuis son enfance que tout pouvait servir. Le soucis était qu’elle ne faisait rien de ses trouvailles. Il existait en conséquence dans sa chambre des dizaines et des dizaines de coffres remplis d’objets moldus et magiques dont elle ne connaissait souvent pas l’utilité. En revanche, sa collection était encore ridicule à Poudlard ; quelques boutons ramassés par ci par là, des paquets vides de chocogrenouilles, des dragées fossilisées, de jolis cailloux, des plumes oubliées en salle de classe... mais Jeanie avait bien l’intention de l’agrandir. Après avoir affectueusement tapoté la poche qui contenait le verrou, la jeune fille se lava les mains et s’apprêta à sortir lorsqu’elle eut une idée. Elle était étrangement toute seule dans les toilettes des filles, comment ne pas en profiter pour faire quelque chose qu’elle ne pourrait faire s’il y avait du monde ?

La Gryffondor prit un rouleau de papier toilette et tourna tous les robinets pour faire couler l’eau. Arrachant et dispersant le papier dans les différents lavabos, la petite attendait qu’ils soient complètement bouchés pour partir. Elle s’imagina alors inonder complètement Poudlard. Combien de temps cela prendrait-il ? Jeanie songea à réaliser la même opération avec les toilettes. Si elle tirait fréquemment la chasse d’eau, elle pourrait peut-être inonder le couloir en quelques minutes ? La jeune fille jubilait ; ce qu’il était bon d’être la cause d’une catastrophe écologique ! Peut-être que les élèves devront se déplacer en bateau pendant quelques jours, que des cours seront annulés, qu’elle créera la première école aquatique de magie, peut-être même qu’on la félicitera pour cela, peut-être que des sirènes pourront enfin aller à l’école comme les autres sorciers. C’était la fin d’une discrimination, la fin de la dictature de la terre ferme.

C’est décidé, les sorciers nageront à Poudlard.
Dernière modification par Jeanie Catanach le 20 janv. 2019, 17:50, modifié 2 fois.

Insupportablement vôtre, J.
Deuxième année RP en 2044-2045

Privé RPG+ Mission inondation
Le ventre d’Ellanaelle se mit à gargouiller bruyamment : il était presque l’heure de déjeuner et une petite effrontée avait passé son temps à se bâfrer de chips de courge. Elle n’était même pas discrète ! Ella ne comprenait pas pourquoi la professeure ne lui avait rien dit. Heureusement, personne n’entendit ses gargouillis. Elle était un peu à la traîne à cause de ses affaires qu’elle avait eu des difficultés à ranger. Son sac était plein à craquer et il fallait faire preuve d’ingéniosité et de sens pratique pour réussir à tout faire rentrer dedans. Bien sûr, la plupart de ses affaires étaient absolument inutiles. Au bout d’un certain nombre de minutes et bien longtemps après la sortie de ses camarades, elle quitta la salle de Métamorphse. C’était une matière qu’elle n’était pas certaine de franchement apprécier. Elle avait le sentiment qu’elle n’allait pas être très forte à tout ça… En fait, c’était plutôt l’Histoire de la magie, l’Astronomie et la Botanique qui l’intéressaient vraiment pour le moment. Enfin, un peu trop bonne élève, elle ferait toujours son maximum et elle pensait déjà avec une once de mélancolie à la montagne de devoirs pas toujours très marrants qui patientaient dans son sac. La bibliothèque était très vite devenue son refuge et le lieu où elle passait la plupart de ses après-midi. Elle avait déjà ses repères et ses habitudes et même si certains élèves chahutaient parfois, c’était assez agréable d’être entourée de tous ces livres.

Mais en attendant, elle avait faim.

Elle prit toutefois la route des toilettes des filles, histoire de se soulager un peu avant de gagner la Grande salle. Ses pas, hésitants, (il était encore difficile de se repérer dans le Château, son arrivée étant récente) finirent par la mener aux toilettes. En s’approchant, Ellanaelle ralentit. Elle sentait que quelque chose clochait. L’eau semblait couler en continu et il lui sembla que le sol du couloir était humide. Elle songea à tourner les talons, mais si elle ne jetait pas un œil à l’intérieur de la pièce, elle s’en voudrait et n’arrêterait pas d’y penser pendant des heures, des jours même ! Ou peut-être jusqu’à ce qu’elle ait mangé quelque chose. Non, elle ne pouvait pas faire ça, pas après être arrivée jusque-là sans se perdre et en ayant fait seulement un détour de quinze minutes. Elle prit donc son courage à deux mains et avança.

Ce qu’elle découvrit lui glaça le sang et la mit dans un état encore inconnu. C’était un mélange de ce qu’elle ressentait quand Harper faisait une bêtise et d’un truc qu’elle ne savait pas définir… Mais moi je vais vous le dire, je vais vous le dévoiler, ce sentiment si troublant : c’était de la haine. Bon, peut-être pas de la haine vraiment, de la détestation peut-être, ou alors simplement de l’aversion. Pour tout vous dire, Ellanaelle n’aimait pas Jeanie, je ne sais juste pas encore à quel degré elle l’exécrait.

Ainsi, Ellanaelle se tenait, outrée, sur le seuil des toilettes. Son regard noir transperça l’autre fillette.

C’était
Elle.

C’était elle, la mangeuse de chips ! Celle qui l’avait torturée pendant tout le cours de Métamorphose ! Et voilà qu’elle essayait d’inonder le Château !

C’en était trop.

Ellanaelle, petite fille timide et en retrait... Ellanaelle, introvertie et que tout le monde oubliait… Ellanaelle, qui ne s’énervait jamais…

Explosa.

« Mais ça va pas la tête ? T’es folle ou quoi ? »

Dans une colère froide, elle alla fermer les robinets les uns après les autres, sans trop se soucier de l’autre fille.

« Pourquoi t’as fait ça ? Tu dois vraiment être stupide, c’est pas possible ! »

Les deux élèves pataugeaient dans même pas un centimètre d’eau. Ellanaelle, maintenant soulagée d’avoir crié un peu, se tourna vers les cabinets. Là, une porte gisait à moitié dégondée. Le verrou avait disparu. Et puis quoi encore ? Elle avait défoncé la porte, peut-être ? Cette gamine pas plus haute qu’elle ?

« N’importe quoi ! D’abord les chips, ensuite l’inondation et maintenant la porte ? C’est pas vrai, t’es pire que ma sœur ! »

Et à l’exaspération vint s’ajouter une miette d’admiration. Cette fille, quand même, elle avait du cran.

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Privé RPG+ Mission inondation
Jeanie sentit son pouls s'accélérer lorsqu'elle entendit des bruits de pas allant dans sa direction. Si c'était un professeur, elle était dans de beaux draps. La petite fille s'apprêta à refermer les robinets et à prétendre réparer une bêtise faite par un imposteur lorsqu'elle vit une Poufsouffle. Peut-être était-elle rassurée au début mais ce soulagement fut de courte durée quand l'enfant lui lança le regard le plus sombre qu'elle n'avait jamais reçu. Leur patience était proverbiale, disait le Choixpeau Magique. Pourtant, la jeune Poufsouffle n'attendit pas longtemps avant d'abattre son courroux. Jeanie manqua de sursauter à ses premiers mots. Elle resta interdite tout le temps du sermon, les yeux écarquillés. Jamais personne de son âge ne s'était adressé à elle de cette façon. Pourquoi cette enfant était-elle aussi sage, raisonnée et responsable ? La Gryffondor ne comprit pas l'anomalie qui lui faisait face. Et pourquoi parlait-elle de chips ? Jeanie mit un temps avant de comprendre que la petite brune assistait aux mêmes cours qu'elle et, ce faisant, subissait ses grignotages intempestifs. La jeune fille esquissa un sourire amusé lorsqu'elle entendit « C’est pas vrai, t’es pire que ma sœur ! ». Elle avait donc de la concurrence ? Lorsque la Poufsouffle s'arrêta, Jeanie prit un air impressionné.

« Wooooaaaw ! 1 000 points pour Poufsouffle ! »

Son plan était tombé à l'eau. Sur ce joli jeu de mots, Jeanie referma quelques robinets.

« T'as raison... c'était très bête... Ou pas ! »

Sur ces deux derniers mots, Jeanie rouvrit le robinet que la brunette avait fermé et plaqua son pouce contre le mousseur. Aussitôt, un puissant jet d'eau vint asperger sa camarade (et elle-même au passage). Au contact de l'eau froide, Jeanie poussa un petit cri et éclata de rire. Ça, au moins, ça allait refroidir les idées de la petite héroïne ! Mais cette dernière ne se laissa évidemment pas faire, la courageuse Poufsouffle se précipita sur Jeanie pour l'écarter du lavabo. La jeune fille, une seconde fois surprise, résista tant bien que mal à cet assaut et maintint son doigt appuyé.

« Mais... mais arrête-euh ! »*

La supplication de la brunette encouragea la Gryffondor à continuer encore un peu plus. Ca ne fut que lorsque Jeanie sentit qu'elle était totalement trempée qu'elle arrêta. Il s'agissait là du plus gros problème de cette technique ancestrale ; l'arroseur finissait toujours arrosé. La jeune fille recula en faisant un bruit d'éponge pressée à chacun de ses pas.

« Mais regarde tout ce que t'as fait ! »

La Gryffondor tourna sur elle-même, désignant le sol, la porte cassée, l'eau qui coulait encore du robinet, avant de s'exclamer :

« Ah bah bravo, hein ! C'est pas très sage une Poufsouffle ! »

Jeanie reprenait joyeusement ses aises malgré l'abandon de sa glorieuse mission. Si la brunette avait gagné la bataille, elle n'avait certainement pas gagné la guerre ! Rien n'empêcherait la Gryffondor de réaliser son grand dessein... sauf peut-être une bonne punition. Malgré l'assurance qu'elle affichait, Jeanie craignait que la Poufsouffle ne fût qu'une petite cafteuse. Aussi fallait-il l'intimider pour la dissuader de répéter à quiconque ce qu'elle avait fait. La petite fille s'approcha doucement de sa camarade avec un sourire laissant aisément comprendre qu'elle n'avait pas de bonnes intentions.

« Tu t'appelles comment toi déjà ? »

*
Reducio
Une étrange créature vêtue d'un jupon troué et d'un sweat trop grand arrive calmement sur scène et saisit un micro pour vous faire l'annonce suivante : "Toute ma gratitude va à la Plume d'Ellanaelle qui, dans sa grande bonté, a bien voulu me dicter les faits et gestes de la petite Poufsouffle, pour les bienfaits de l'enchaînement des actions." Elle marque une légère pause. "C'est elle qui m'a demandé de dire ça." La créature repart à cloche-pied.
Dernière modification par Jeanie Catanach le 17 janv. 2019, 20:34, modifié 1 fois.

Insupportablement vôtre, J.
Deuxième année RP en 2044-2045

Privé RPG+ Mission inondation
Les poings fermement posés sur ses hanches pas encore formées, Ellanaelle faisait face au petit démon rouge et or. Elle n’en revenait pas de s’être énervée de cette manière. C’était comme si tous les sentiments si bien refoulés depuis son départ de la maison avaient surgi d’un coup, dans un même élan, et s’étaient dirigés vers la minuscule peste. Celle-ci prit une sorte de moue impressionnée, mais Ella n’était pas dupe. Ce minuscule plissement au coin des yeux, elle le connaissait : pas de chance pour l’autre élève, elle avait dû supporter la pire des canailles pendant ses onze longues années d’existence. Cet air mi-arrogant, mi-malicieux n’avait plus aucun secret pour elle.

« Wooooaaaw ! 1 000 points pour Poufsouffle ! »

Ellanaelle eut seulement le temps de lever les yeux au ciel, exaspérée, avant que la fillette enchaîne :

« T’as raison… C’était très bête… Ou pas ! »

À ces mots, elle ouvrit d’un geste brusque et calculé un des robinets qu’Ella venait de fermer et plaqua son doigt sur le jet de manière à l’arroser. Ella, emportée par sa fougue, se jeta sur elle pour tenter vainement de l’écarter des lavabos. Les deux petites se chamaillèrent ainsi pendant un moment un peu trop long pour toute personne n’aimant pas se promener avec des vêtements mouillés. En effet, lorsque la Gryffondor arrêta enfin ses bêtises (après s’être sûrement délectée de la lamentable supplication de la Poufsouffle qui, je le rappelle, sonnait à peu près aussi pitoyablement que « Mais… Mais arrête-euh ! »), les apprenties sorcières étaient complètement trempées, de la tête aux pieds. Émettant un délicat bruit de succion à chaque pas qu’elle faisait, la fille toujours anonyme recula un peu et s’extasia :

« Mais regarde tout ce que t’as fait ! »

Ellanaelle se mit à bouillir tout doucement. Au sens quasiment propre en fait. On dit que les petits sorciers irradient de la magie à l’état pur lorsqu’ils éprouvent des émotions fortes. Ella commençait presque à sécher. Presque. Elle voyait un peu trop où l’autre voulait en venir.

« Ah bah bravo, hein ! C’est pas très sage une Poufsouffle ! »

*Quelle manipulatrice !* Ella avait rarement des pulsions agressives, mais elle aurait bien giflé le lutin des ténèbres qui se tenait pour le moment encore à distance respectable. Jusqu’à ce qu’elle s’avance. *Je vais le dire à mam…* Ah, non, déformation sororale. Elle n’avait pas affaire à Harper. *Je vais le dire à un professeur ! À la directrice ! Aux deux !*

« Tu t’appelles comment toi déjà ? »

Bon, elle ne dirait sans doute rien à personne. Oui, concernant Harper, elle n’avait jamais eu le moindre remords quand elle courait dans les bras de ses parents en pleurnichant. Là, il fallait avouer que c’était un peu différent. Et puis, même si les deux filles mesuraient à peu près la même taille, Ella ne se battait pas très bien et elle préférait éviter toute autre bagarre comme celle du robinet arroseur. Alors elle décida de continuer d’être courageuse. Elle trouverait bien un autre moyen de punir l’inconnue… La patience serait son alliée. Elle croisa les bras et leva un sourcil, peu affectée par le comportement oppressant de la Gryffondor.

« Parce que tu crois que je vais te le dire, peut-être, mon prénom ? Non, mais tu crois que je suis stupide ou quoi ? »

En revanche, ce qui risquait de poser problème, c’était que la pause déjeuner n’allait pas durer une éternité, que les cours allaient reprendre et qu’il était nécessaire pour les deux fillettes de se changer avant de pouvoir aller où que ce soit. Cela ne fit qu’attiser, encore une fois, la haine d’Ella envers l’autre. Elle se demanda s’il existait une émotion plus forte que la haine, puis décréta que, si oui, c’était ce qu’elle ressentait à ce moment-là. La fille allait devoir se repentir et jurer de ne plus jamais croiser son chemin.

« Tu peux essayer de m’intimider comme tu veux, je m’en fiche, ça ne me fait rien ! Maintenant, excuse-toi et je te laisserai sortir. »

Solidement plantée devant la porte qui menait au couloir, Ella accompagna ses paroles du regard le plus grave qu’elle avait dans son répertoire de regards méchants qui font quand même un peu peur.
Dernière modification par Ellanaelle Gordon le 25 févr. 2019, 19:27, modifié 1 fois.

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La petite Poufsouffle n’allait pas être facile à manipuler. Jeanie tiqua en levant les yeux au ciel après son refus catégorique de révéler son prénom. Elle en avait du caractère, pour son jeune âge ! Le petit sourire malin de la Gryffondor avait subitement disparu. A la place, un regard exaspéré assombrissait son visage de friponne.

« Tu peux essayer de m’intimider comme tu veux, je m’en fiche, ça ne me fait rien ! Maintenant, excuse-toi et je te laisserai sortir. »

Jeanie bafouilla quand elle entendit ces mots.

« Qu… quoi ? Hein ? Tu rigoles ? »

La Gryffondor prit un air stupéfait. Les Poufsouffle étaient donc de petits justiciers au service du concierge de Poudlard ? Non, pire, la gamine qui lui faisait face devait rêver de devenir préfet et s’entraînait à faire régner l’ordre dès qu’elle en avait l’occasion. Quelle aubaine… Jeanie regarda son adversaire de haut en bas avec une mine dégoûtée.

« Puisque que tu ne veux pas me dire ton prénom, je t’appellerai ‘la nulle’. »

Non, Jeanie n’avait pas fait original.

« Et puisque tu veux que je m’excuse, autant que ça soit pour quelque chose que je regretterai vraiment. »

Sur ces derniers mots, Jeanie sortit sa baguette et la pointa sur la Poufsouffle avec un grand sourire. Il n’était pas dans ses habitudes d’être aussi mauvaise. Jusqu’alors, la Gryffondor n’avait été qu’une petite peste qui volait les confiseries des autres, piétinait les espoirs des gens, riait volontiers des échecs d’autrui… mais Jeanie n’était encore jamais allée aussi loin. Elle ne pensait pas véritablement lancer de sort, elle comptait surtout sur la peur que cela pourrait susciter. Après tout, l’enfant savait seulement utiliser sa baguette pour faire des bulles et repousser les Botrucs. Mais d’ailleurs, le Lashlabask ne lui permettrait-il pas de repousser la Poufsouffle ? Cette idée l’intrigua mais le risque de sanction était bien trop grand. Jeanie risquerait probablement l’expulsion si elle lançait un sortilège sur sa camarade. Alors elle se contenta de son air de défi et attendit la réaction de la petite fille courageuse. Mais il naissait en elle un soupçon de peur qu’elle se refusait de ressentir. Et si un mot sortait de sa bouche… et si un mauvais geste… ? Et si elle faisait du mal… par accident ? Non, décidément, Jeanie n’était peut-être pas aussi méchante qu’elle aurait voulu l’être. Mais elle devait effrayer sa camarade, coûte que coûte. Au même moment, la Gryffondor sentit quelque chose d’étrange ; sa baguette chauffait comme si elle souhaitait lui brûler la main. Jeanie fit mine de rien et continua de fixer sa camarade.

« Pousse-toi. »

Insupportablement vôtre, J.
Deuxième année RP en 2044-2045

Privé RPG+ Mission inondation
Les choses commençaient à être sérieuses. On dit toujours qu’avant de mourir, on voit sa vie défiler devant ses yeux. Ellanaelle, qui avait l’esprit assez mélodramatique par moment, se laissa emporter dans un monologue intérieur et au lieu de se plonger dans des souvenirs heureux et ensoleillés, se mit à questionner en profondeur les choix de vie qu’elle avait faits jusque maintenant. Autant dire qu’elle n’avait pas grand-chose à contempler, mais dans son jeune esprit, c’était déjà assez…

Comment s’était-elle retrouvée dans cette situation ? Elle avait juste voulu se soulager avant d’aller manger et il avait fallu qu’elle tombe sur la version diabolique de Harper. Elle aurait peut-être mieux fait de tourner les talons et partir, d'aller dans d’autres toilettes, de laisser l’autre dans le pétrin… Mais c’était plus fort qu’elle : il fallait qu’elle intervienne, qu’elle redresse les torts, qu’elle joue à la maman. Ou plutôt, qu’elle essaye d’éviter le pire, la punition, à la fautive. Combien de fois avait-elle sauvé Harper ? Combien de fois l’avait-elle aidée à ranger la cuisine, après une séance de cuisine explosive ? À ramasser et recoller les morceaux de la collection de vases chinois de leur grand-mère ? (Edgar, le seul à maîtriser le sort de réparation, était ensuite intervenu pour sauver ses petites sœurs.) À chaque fois, elle tentait de faire comprendre à Harper qu’elle ne devait pas recommencer, que ce n’était pas bien, que c’étaient des bêtises… Et elle ne recommençait pas, elle trouvait simplement d’autres farces et sottises à exécuter, avec la plus grande joie. Grâce à Ella, elle avait évité un (trop) grand nombre de punitions et au final, elle n’avait jamais appris la leçon… Enfin, au moins, elle ne faisait de mal à personne. Elle s’amusait. Elle jouait parfois des tours à ses amis, aux membres de sa famille, mais toujours de bon goût, toujours gentils, toujours bienveillants…

Contrairement à l’Autre. La petite peste en rouge et or. Le diablotin qui pointait actuellement sa baguette sur elle…

Non, elle s’était trompée. Le mini monstre qui lui faisait face n’avait rien de Harper. Elle avait affaire à une tout autre sorte d’énergumène. Le genre agaçant, énervant, exaspérant, crispant, horripilant, excédant, enrageant, insupportable…

Et qui sait ?

Dangereux peut-être ?

Celle-là ne méritait pas qu’on la sauve d’un potentiel châtiment. Ellanaelle commençait à grelotter dans sa robe trempée. Ses cheveux lui collaient au visage. Elle entreprit de ramener ses mèches en arrière, dégageant ainsi son front. Ses lunettes étaient trempées et elle ne pouvait rien y faire : elle était condamnée à voir le monde parsemé de gouttes d’eau.

Pendant ce temps, l’Autre lui avait adressé la parole. Ellanaelle n’y avait pas prêté attention, immergée dans son esprit fugueur.


« Qu… Quoi ? Hein ? Tu rigoles ? Puisque tu ne veux pas me dire ton prénom, je t’appellerai ‘la nulle’. Et puisque tu veux que je m’excuse, autant que ça soit pour quelque chose que je regretterai vraiment. »

Ah oui, elles en étaient donc rendues là. C’était le pointage de baguette menaçant qui avait amené Ellanaelle à méditer sur le sens de la vie, en tout premier lieu.

« Pousse-toi. »

Ella, finissant de se recoiffer, secoua les mains, projetant encore un peu plus d’eau un peu partout. « La nulle ». Décidément, l’autre élève avait très peu d’imagination quand il s’agissait d’autre chose que des mauvais tours. La poufsouffle porta la main à sa poche, comme prête à dégainer. Bien sûr, elle ne connaissait presque aucun sort ou que des inoffensifs, et puis elle ne comptait même pas se servir de sa baguette. Elle était bien trop peureuse et craignait énormément le châtiment qui accompagnait l’usage de la magie en dehors des cours, surtout à l’encontre d’un camarade. Elle décida alors de continuer la discussion. Quelqu’un finirait bien par passer… Quelqu’un finirait bien par venir la sauver…

Dans quel pétrin s’était-elle encore mise ?

Elle avait réussi à rester loin, très loin des bêtises de Harper dans le château jusque-là. Cela tenait du miracle, et pourtant…

Il fallait qu’elle gagne du temps.

Elle ouvrit la bouche et… éternua si fort qu’elle recula, chancela et prit appui sur le mur. Suivit une série d’éternuements qui l’empêchèrent de faire quoi que ce soit, à part continuer de bloquer la porte, bien sûr, à laquelle elle était désormais presque adossée. En éternuant, elle pensa que si quelqu’un venait en fait à entrer, à ce moment-là, il ne ferait rien d’autre que la transformer en crêpe et elle mourrait lamentablement, coincée contre le mur.

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Privé RPG+ Mission inondation
Sortant lessivée d'un nouveau cours de Défense contre les forces du Mal, Ena s'étira avant de se mettre en marche vers les toilettes les plus proches. Il lui restait un peu moins d'une heure avant un cours d'Histoire avec Elina. Professeur Montmort. Elle eut un sourire à la pensée de son aînée, qui avait brillamment été embauchée comme Professeur après ses études. Serrant contre elle ses livres, elle regardait machinalement autour d'elle sur son chemin, guettant vaguement un élève en difficulté ou bien à rattraper avant une énième bêtise. 

Ena s'habituait petit à petit à son nouveau rôle de Préfète. Être là pour sa maison n'était pas quelque chose de foncièrement différent de sa façon d'être. Il y avait eu à Poudlard des terribles événements qui l'avaient forcée à agir avec encore plus de maturité que d'habitude. Non, le plus étrange c'était de devoir faire des rondes le soir. Ces obligations réduisaient soit son temps de sommeil, soit son temps d'étude, ou encore de loisirs... Même Miles, pourtant prompt à lui refiler un élève désobéissant, ne se permettait pas de déroger à la règle afin de ne pas qu'elle fut seule à assumer les rondes de Poufsouffle. 

Réprimant un bâillement de circonstance, elle arriva en vue des toilettes du quatrième étage. Elle en lâcha presque ses livres de surprise et de consternation : de l'eau s'infiltrait sous la porte ! Mimi Geignarde auraient elle finalement colonisé ces lieux ? Ena ne supportait que très mal la fantôme. Gâcher de l'eau pour des caprices fantomatiques... Elle s'appliquait à la traiter de façon à ne jamais la perturber, mais ne la portait pas dans son cœur. 

Du bruit à l'intérieur la fit s'interroger : Mimi, sa victime ou une personne qui tentait déjà de réparer les dégâts ? Ena prit d'abord quelques secondes pour se débarrasser rapidement de son sac, sa cape longue et de ses livres, et les déposa sur le socle d'une armure toute proche. Elle sortit sa baguette et se dirigea à pas vif vers la porte, qu'elle comptait ouvrir légèrement pour s'y glisser rapidement et limiter la fuite du liquide vers le couloir. 

Malheureusement, un choc l'empêcha d'ouvrir la porte. Quelqu'un y était adossé. "Poussez-vous !" s'exclama t-elle, refermant la porte par sécurité pour l'ouvrir quelques secondes plus tard quand elle fut libérée. Ena se glissa dans la pièce.

D'un regard, elle embrassa les deux centimètres d'eau, le papier qui bouchait les lavabos qui crachaient le précieux liquide par dessus les vasques... Et les deux filles qui la regardaient. La plus proche, de sa propre maison, et l'autre, une Gryffondor. Toutes les deux très jeunes, peut-être même arrivées il n'y avait même pas un mois ?

Elle avait du mal à s'exprimer, et une colère noire faisait foncer ses yeux et froncer ses sourcils. Finie la Préfète sympathique et maternelle. Les poings serrés elle leva sa baguette d'un air menaçant vers la rangée de lavabos.

"Circumrota."

Les robinets, sous sa volonté inébranlable, se refermèrent tous d'un coup. "Maintenant, vous allez tout de suite me donner vos noms. Je ne veux rien entendre de plus." Ena n'éleva jamais la voix. Ce n'était pas la peine. Elle était ferme, et ne donnait pas le choix aux deux enfants. 

"En dehors de votre petit monde de sorcières qui ne pensent qu'à s'amuser," Dit-elle presque en chuchotant, "il y a des gens, des enfants mêmes, qui meurent de soif et des guerres qui éclatent pour une source d'eau. Il serait temps que les sorciers vivent dans leur temps."

"Je suis extrêmement déçue de votre comportement, et je vais au plus vite en référer à un professeur. Attendez-vous à recevoir de mes nouvelles. Sortez. Vous avez fait assez de dégâts comme cela."

Ena les regarda sortir, la baguette serrée dans une main. La porte refermée, elle souffla un grand coup pour se calmer, s'efforçant de ne plus penser à la situation catastrophique dans laquelle était les pays du Sud. A coup de "Evanesco" et de "Tergio", elle effaça le plus gros des dégâts, laissant malheureusement aux elfes le soin de remettre l'endroit dans son état premier. Il lui restait une grosse vingtaine de minute, elle se dirigea donc en direction de la salle des professeurs, la mine sombre.

Ena Varma, 21 ans, Gazette du sorcier
#b45f06
Maîtresse du Jeu

Privé RPG+ Mission inondation
Jeanie observait la Poufsouffle se recoiffer, la main crispée sur sa baguette qui lui brûlait petit à petit la paume et les doigts. La Gryffondor savait à peine comment se servir du bout de bois mais elle savait au moins qu’une baguette n’était pas censée blesser le sorcier qui l’utilisait. Après tout, c’était bien elle la porteuse légitime ! La jeune fille serra les dents et prit l’air le plus hautain qui soit lorsque la Poufsouffle glissa sa main dans l’une de ses poches, certainement pour saisir sa baguette. La brunette voulait faire sa courageuse mais Jeanie était déterminée à intimider la fille à lunettes. Elle allait donc compter jusqu’à trois et lui intimer l’ordre de s’écarter de son chemin, sous peine de recevoir un sortilège aléatoire en pleine figure. Et si elle ne bougeait pas ? Jeanie se ruerait vers elle, la pousserait brutalement et s’échapperait aussitôt. Cela semblait être un bon plan.

La petite fille était si concentrée sur la situation qu’elle sursauta lorsque sa camarade éternua. Cette dernière recommença sous le regard perplexe de Jeanie qui se demandait ce qui pouvait bien lui arriver. La petite Poufsouffle était-elle allergique aux situations délicates ? Malgré cette petite crise, la brunette bloquait toujours efficacement l’issue.

Jeanie ouvrit la bouche pour proférer une énième menace lorsque la porte trembla. Quelqu’un essayait de rentrer.

"Poussez-vous !"

Cette voix autoritaire n’annonçait rien de bon. Jeanie rangea sa baguette et s’éloigna doucement de la petite à lunettes. Lorsque la brunette s’écarta, une préfète fit irruption dans les toilettes. C’était donc la fin. Jeanie prit une mine désolée et baissa les yeux. Le jeu commençait. D’un geste sûr et d’un mot magique, l’élève de Sixième année ferma les quelques robinets restés ouverts. La petite fille lança un regard chagrin à son projet d’inondation et posa doucement son regard sur la préfète.

"Maintenant, vous allez tout de suite me donner vos noms. Je ne veux rien entendre de plus."

Jeanie répondit poliment, l’air désolé :

« Jeanie Catanach… »

La préfète commença alors une leçon de morale que la blondinette écouta sagement.

"En dehors de votre petit monde de sorcières qui ne pensent qu'à s'amuser, il y a des gens, des enfants mêmes, qui meurent de soif et des guerres qui éclatent pour une source d'eau. Il serait temps que les sorciers vivent dans leur temps."

La petite Gryffondor hocha la tête pour approuver les paroles de l’indienne et lança un regard lourd de sens à sa camarade à lunettes. « T’entends ? Il serait temps de grandir un peu ! » C’était le regard sévère d’une personne raisonnable qui approuvait les réprimandes faites à celle qui avait commis une bêtise. Jeanie, elle ? Elle n’avait absolument rien fait.

"Je suis extrêmement déçue de votre comportement, et je vais au plus vite en référer à un professeur. Attendez-vous à recevoir de mes nouvelles. Sortez. Vous avez fait assez de dégâts comme cela."

La Catanach ne put s’empêcher de faire la moue lorsqu’elle pensa à la sanction (chose à laquelle elle ne pensait jamais, habituellement). Voilà une belle façon de commencer l’année. Qu’allaient dire ses frères ? Enfin, qu’allait dire Morgad, cette espèce de petit adulte qui la surveillait tout le temps ? Ses frères n’avaient probablement jamais été punis à Poudlard, elle serait donc la première de la fratrie à savoir ce que cela faisait. Peut-être enfermeraient-ils Jeanie et la Poufsouffle dans une cave avec des dragons ? La petite fille laissa son imagination tranquille ; après tout, elle ne tarderait pas à le découvrir. Jeanie prit alors la direction de la sortie sans manquer de sourire à la petite Ellanaelle.

« A bientôt ! » lui chuchota-t-elle.

La Gryffondor s’éloigna des lieux du crime en trottinant dans le couloir pour rejoindre les escaliers menant à la Grande salle. Les bêtises, ça creuse ! La petite fille avait hâte de dévorer les plats du jour concoctés par les elfes de l'école.

En somme, Jeanie était assez satisfaite des derniers événements. La blondinette avait trouvé une nouvelle personne à martyriser, laquelle serait d’ailleurs probablement punie à cause d’elle. Quant à la sanction que recevrait la Gryffondor, il n’était pas certain qu’elle arrive. Jeanie pourrait faire croire que tout était de la faute d’Ellanaelle. Ellanaelle… Quel drôle de prénom, songea la petite peste. Et si la sanction tombait quand même, tant pis. Avec un peu de chance, ça consistera à recopier des lignes, comme chez les moldus, et Jeanie trouverait une manière de forcer sa camarade à les écrire pour elle.

La petite fille chantonna tout en descendant les marches. Cette tentative d’inonder l’école avait été amusante. Ça sera à recommencer ! Machinalement, elle posa sa petite menotte sur la main courante de l’escalier mais la retira aussitôt en grimaçant. Jeanie inspecta sa paume d’un air soucieux. Elle présentait des traces de légère brûlure à cause de la réaction de la baguette. La Gryffondor descendit plus lentement les marches, se demandant ce que cela pouvait bien signifier.

Insupportablement vôtre, J.
Deuxième année RP en 2044-2045