Comme un cheveu sur la soupe Privé I.A RPG+

Un matin de juin 2043, tandis que la foule de parents et d'élèves s'amasse pour préparer la rentrée...



Avec @Isaac Avery



Edwin Johnson avait attendu ce jour depuis qu'il avait découvert, aux côtés de sa femme, Jane, les pouvoirs naissants de leur fille. Il se rappelait avec émotion l'immense fierté qu'il avait ressentie en constatant l'envol des petits origamis dans la salle à manger et le sourire béat de Panthéa qui, du haut de ses cinq ans, n'avait pas compris la portée d'un tel accomplissement. Il lui avait fallu patienter six années de plus pour ajouter à cette fierté celle d'emmener pour la première fois son enfant au chemin de Traverse afin d'acheter tout le nécessaire pour préparer sa première rentrée à Poudlard.

Ils avaient commencé par la boutique d'Ollivander pour trouver la baguette qui conviendrait le mieux à la main délicate de sa fille, puis avait choisi ses tenues de travail chez Mme Guipure, avant de se rendre Au Bon Chaudron pour se procurer les ustensiles de potions. Ils poussaient désormais la porte de chez Fleury et Bott afin de conclure leur pélerinage en beauté - Edwin connaissait l'amour de Panthéa pour les livres, aussi voulait-il réserver le meilleur pour la fin.

Il poussa délicatement la fillette vers les rayons de la librairie en lui parlant avec douceur.


"Allons, Théa, ne fais pas ta timide, je suis sûr que tu adores déjà l'endroit. Je me trompe ?"
Le regard qu'elle lui lança témoignait de son bonheur bien plus que n'aurait pu le faire une longue répartie, aussi lui rendit-il un sourire bienveillant et lui passant sa grande main dans les cheveux.
Edwin approchait de la quarantaine mais se rappelait avec précision l'émerveillement qu'il avait ressenti en pénétrant dans le Chemin de Traverse pour la première fois, quelques décennies plus tôt. C'était ses parents qui l'avaient accompagné. Jane avait poliment décliné l'invitation, bien que l'envie ne lui manquait pas : elle même avait une rentrée à préparer, et la fin de l'année était aussi chargée chez les Moldus.


"Là !", dit-il joyeusement en tirant un livre par le dos de la couverture depuis une étagère trop haute pour être atteinte par Panthéa, qui se dressait sur la pointe des pieds en courbant la nuque afin de lire les titres des nombreux ouvrages qui couvraient les rayons. "Le Livre des Sorts. Il faisait partie de la liste, non ? Vérifie ... Toi qui voulais un livre pour mieux comprendre la magie, celui-ci te sera vraiment utile, crois-moi. Inestimable, même !"

Edwin avait tenu à élever sa fille en l'intégrant parfaitement dans les deux mondes : celui des Sorciers et celui des Moldus. Une telle éducation n'allait pas sans sacrifice, et il s'était très vite aperçu que Panthéa ne disposait pas d'une culture étendue sur le monde magique. La faute au côté paternel qui n'avait pas apprécié le mariage avec une Moldue. La faute à lui-même qui avait préféré cacher ses pouvoirs afin qu'elle puisse conserver une vie normale jusqu'à son entrée à Poudlard. Bien qu'il ne regrettait aucun de ses choix, Edwin ne pouvait que constater combien Panthéa avait de lacunes - mais aussi combien elle était prête à tout apprendre pour les combler. Sa fierté n'en fut qu'accrue.

Il glissa le livre des Sorts dans un petit sac en toile après que Panthéa lui eut confirmé qu'il figurait bel et bien sur la fameuse liste des fournitures, et se tourna vers le reste des rayons tandis que sa fille se perdait parmi les ouvrages qui traitaient des animaux fantastiques.

Cette matinée était parfaite.

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Aujourd'hui était le jour tant attendu par Ernest Avery, son fils se préparait enfin à entrer à Poudlard. Il s'apprêtait à aller naturellement dans la maison de Salazar Serpentard, tout comme lui et ses prédécesseurs, et rien ne pouvait en ce père donner plus de fierté qu'une descendance aussi digne que lui. Il n'avait jamais, ne serait-ce qu'une seule fois, redouté que la lettre d'admission ne vienne, ni même que son fils soit un cracmol inutile. Il avait toujours su que son fils suivrait ses pas, c'était là une évidence, qui allait de soit autant que la différence entre sorciers et moldus sautait aux yeux. 

Après être allé chercher sa baguette ainsi que le matériel dont il aurait besoin pour les cours de potions, le chemin avait instinctivement guidé le paternel à se diriger vers Fleury et Bott. Tout était fait dans un ordre bien précis et réfléchit par le père : la baguette était l'outil indispensable à tout sorcier, et sans matériel de potions il ne pourrait en concocter de redoutables. Ces deux-là étaient par conséquent la priorité, puisqu'il connaissait son fils : même sans livres, il pourrait toujours se débrouiller en cherchant des équivalents à la bibliothèque. De plus, il avait personnellement veillé à sa relation quant au savoir, il ne s'inquiétait ainsi nullement de potentiels échecs que pourrait rencontrer sa descendance à Poudlard. 

Alors ils entrèrent dans la boutique, et les recherches pouvaient commencer. Isaac avait, comme s'il s'agissait là d'une règle, appris les noms de tous les livres qu'il fallait acheter, aussi commença-t-il à procéder logiquement pour les trouver le plus rapidement possible, regardant les sections afin de se diriger vers les suivantes si besoin. Ernest, quant à lui, venait de donner un coup d'épaule à un homme sans le faire exprès, aussi s'excusa-t-il aussitôt avec un charmant sourire en direction de cette personne.

« Excusez-moi. Puis constata non sans retenir un visage de dégoût à qui il s'adressait.  Ah, Edwin. Quelle.. Etrange surprise de te voir ici. » 

Il l'observa de haut en bas, voyant ce que cet ancien camarade d'études était devenu. Il savait que cet ancien Poufsouffle avait pour principe "morale" une égalité entre les sorciers et les moldus, bien que la supériorité de l'un était évidente. Un vrai moldu dans l'âme, seul le fait qu'il soit capable de magie le rendait un peu moins méprisable. Isaac revint avec quatre livres dans les mains vers son paternel, qui les prit de ses mains gantées pour les ranger dans un sac. La différence physique entre les deux pouvait surprendre, il n'avait de son père qu'un oeil gris, ainsi que cette chevelure parfaitement coiffée peut-être. Celle-ci était néanmoins brune, et son autre oeil était vert, les deux venant de sa mère, Nona, ancienne Serpentard également. La cadette de la famille, Selena, était en revanche le portrait de son père avec ses cheveux blond platine, bien qu'elle n'était pas présente en ce jour mais était avec son grand-père paternel. 

« Je te présente Isaac Hayden Levi Avery, mon fils. Isaac, voici Edwin Johnson, un ancien.. Poufsouffle. »

Il l'avait en effet appelé de son nom complet, avec son deuxième et troisième prénoms, au détriment d'une certaine honte que pouvait éprouver son fils qui ne laissa paraître naturellement aucune gêne sur son visage, mais se contenta à l'inverse de sourire à cet inconnu, ouvrant simplement la bouche pour dire "Enchanté".

Frère jumeau de Wiwi ; Fils de Brett, Carry et Alice ; Neveu de Vanellia et Elicia ; Neveu à la mode de Bretagne d'Aliosus
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Edwin avait reçu le coup d'épaule sans y prêter grande attention, et c'est avec un immense sourire qu'il s'était tourné vers celui qui l'avait bousculé ... avant de le perdre tout à fait.
"Ernest." répondit-il sur le ton de la politesse détachée. "Etrange ? Je ne vois pas en quoi ..."
Il suivit des yeux le parcours que firent les mains de son ancien camarade d'étude quand ce dernier lui présenta son fils, un garçonnet de l'âge de sa fille, les yeux vairons et la crinière brune. Il ne put s'empêcher d'arquer un sourcil et fouilla sa mémoire pour tenter d'identifier la mère : une sorcière, à n'en pas douter. Sans doute issue de Serpentard elle aussi. Peut-être plus jeune ou de la même promotion qu'Ernest et lui. Il ne parvint cependant pas à deviner, et préféra adresser un sourire bienveillant à l'enfant qui se tenait à présent devant lui, poli et bien élevé.

"De même, Isaac. Je suis ravi de faire ta connaissance."
Il se tourna légèrement, chercha sa fille du regard mais ne la trouva pas immédiatement. Agacé, et ne pouvant pas décemment quitter la conversation qui venait à peine de naître, il soupira et fit de nouveau face à Ernest, tâchant de lui adresser un sourire courtois malgré le mépris dont il se sentait l'objet.

"Sa première année, je présume ?", demanda-t-il en désignant Isaac d'un coup d'oeil. "J'imagine ta fierté. Jane et moi avons été ravis d'apprendre les pouvoirs de la petite. As-tu déjà une idée de la maison dans laquelle tu aimerais être ?" Il avait adressé sa dernière question directement à l'enfant, cette fois-ci, mais eut à peine le temps d'écouter la réponse qu'une petite blonde aux yeux verts, la taille fine et le teint pâle, vint se cogner contre lui, les bras emplis de livres de telle sorte qu'ils lui barraient complètement la vue.

D'un geste, Edwin saisit les livres et les rangea dans son sac en toile tout en saisissant sa fille par la main.

"Ah, Théa, tu tombes bien. Viens par là ... Je te présente Ernest Avery. Nous étions camarades à Poudlard, c'est amusant, n'est-ce pas ? Il était à Serpentard. Et voici son fils, Isaac."
C'est avec un sourire de fierté qu'il s'adressa ensuite à Ernest et son fils : "Ma fille, Panthéa."
La fillette esquissa un sourire timide et rosit légèrement, laissant échapper un minuscule "bonjour" que sa réserve naturelle étouffa dans sa gorge.

"Sa mère n'a pas eu la chance de pouvoir nous accompagner", réprit Edwin en ébouriffant la chevelure de sa fille d'un geste grossier et paternel de la main. "Elle est très occupée, son travail en tant qu'enseignante d'histoire et de géographie la retient beaucoup, surtout pendant les dernières semaines de l'année scolaire." Il fit une pause, laissant à Ernest - dont il connaissait les positions par coeur, la faute aux nombreuses discussions houleuses qu'ils avaient eues sur le sujet pendant leurs années à Poudard - le loisir de digérer la nouvelle. Puis il reprit, d'un ton courtois, le sourire aux lèvres : "Et toi, quelles nouvelles ? Que deviens-tu ?"

Panthéa adressait, pendant ce temps-là, un sourire amical au jeune garçon qui se tenait droit aux côtés de monsieur Avery. Elle semblait passablement intriguée par la couleur de ses yeux.

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"Etrange que tu sois là, je ne pensais pas que tu aurais un enfant sorcier au vu de tes principes" pensa simplement l'homme à la longue veste noire, tandis qu'il le regardait, le menton légèrement et subtilement levé.

« Effectivement, sa première année. Je ne pouvais pas rêver meilleur fils. Il posa une main sur une épaule de celui-ci. Naturellement, il ira à Serpentard. »

Le jeune garçon hocha de la tête quand son père répondit à sa place, un sourire cordial toujours accroché aux lèvres. Une certaine confiance semblait se dégager de celui-ci, comme s'il s'agissait là d'une évidence qu'il aille dans cette maison. Et c'était le cas : toute sa famille y était allée, jusqu'aux arrières arrières grands parents et peut-être, voir sûrement, même avant. Il avait ça dans le sang, et il n'en était pas peu fier. A l'inverse, il commençait à se faire une idée de ce à quoi pouvait ressembler cet homme lors de ses études, puisqu'il était à Poufsouffle. Par conséquent, il devait penser comme un moldu, même à l'heure actuelle. Il vit ensuite une silhouette s'approcher, ou du moins, des petites jambes avec une pile de livres qui cachaient un visage. Probablement l'enfant de cet homme, ce qui fut confirmé l'instant d'après. 

« Enchanté Panthéa. »

Ernest hocha la tête à ces paroles en direction de la jeune fille, les yeux fermés comme pour confirmer ses paroles, puis se redressa ensuite. A première vue, elle avait l'air de ressembler à son père au niveau de la personnalité. Peut-être frivole, assez ouverte à ce qui l'entoure, assez naïve aussi, elle devait forcément avoir les mêmes idéologies que lui. En même temps, c'était à prévoir. Tout comme son fils était digne de lui, les enfants des autres l'étaient de leurs parents. Puis il se tourna vers son paternel quand celui-ci reprit la conversation, pour dire ces.. choses. Ernest réprima un visage de dégoût, trop méprisant, il se contenta de lui adresser un très léger sourire, simple politesse. C'était prévisible qu'il épouse une simple femme moldue, après tout, leurs "discussions" à ce sujet durant leur scolarité laissait paraître une opposition dans les manières de penser. A condition qu'il faille penser pour avoir cette prise de position.  

« Quelle formidable occupation. » Au moins pourra-t-elle se rendre utile aux yeux d'autres moldus. « Je me suis marié à Nona, Serpentard de la promotion de 2016, une année après la nôtre. Et comme tu peux le voir, je suis aujourd'hui père d'un fils, mais aussi d'une fille de quatre années sa cadette, qui s'appelle Selena. »

Edwin et lui n'étant pas amis, il ne voyait pas l'intérêt de lui partager le décès de sa femme trois ans plus tôt. C'était une blessure qui n'avait pas encore cicatrisée, et qui n'était pas prête de l'être. Au contraire, elle avait nourri le mépris qu'il avait envers les moldus, pour en faire de la haine, la mort étant due à ces êtres. Sa femme se fichait pas mal d'eux, elle n'avait pas d'avis à propos des moldus puisqu'elle ne les connaissait pas, et ne souhaitait pas poser un jugement sur quelque chose qui lui était inconnue. Ce n'était pas le cas de son mari, dont cette idéologie de sa femme avait contribué à ce sentiment d'injustice qui le rongeait aujourd'hui : une sorcière qui savait sa supériorité mais qui avait laissé le bénéfice du doute, remerciée par ces êtres inférieurs par la mort. Alors que parler de Nona lui ravivait ces souvenirs, il sentit un mouvement sous sa main. En voyant Panthéa, Isaac s'était demandé si sa petite soeur lui ressemblerait physiquement, une fois qu'elle aurait son âge. Et cette pensée ne fit que grandir en lui son impatience de la voir faire son entrée à Poudlard. Il commençait alors à s'en aller, disant qu'il allait chercher le reste des livres qu'il lui fallait puisqu'il ne les avait pas encore tous récupérés, comme si le fait qu'il termine ses emplettes avancerait le temps jusqu'à ce jour tant attendu. Ernest leva donc sa main pour le laisser filer, un sourire au visage de voir tant d'efficacité. 

« Penses-tu que ta fille suivra tes pas et se rendra aussi à Poufsouffle ? »

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Nona. Oui, le visage lui revenait à présent. Très jolie jeune fille, elle avait dû grandir pour devenir une très belle jeune femme. Edwin s'étonna intérieurement de ne pas la voir accompagner son mari, mais il estima que, s'ils avaient plusieurs enfants, sans doute avait-elle décidé d'accompagner leur fille tandis qu'Ernest s'occupait du garçon.
Il adressa un nouveau sourire à Isaac lorsque celui-ci s'éclipsa vers les rayons, et fut surpris de voir Panthéa prendre sa suite, les yeux plantés sur lui. Après avoir arqué un sourcil dubitatif quant au bien fondé d'un tel contact entre les deux enfants, il balaya ses préjugés en estimant qu'Isaac était peut-être plus ouvert et gentil que ne l'avait été son père au même âge. C'est du moins ce qu'il espéra, connaissant la sensibilité de sa fille.


"J'ai moi-même un fils, de 4 ans le cadet de Théa. William.", dit-il en suivant sa fille du regard pendant quelques secondes avant de revenir à Ernest, en lui adressant un sourire courtois, légèrement plus crispé qu'avant étant donnée la nature de l'information qu'il s'apprêtait à dévoiler - et dont il connaissant d'avance l'effet qu'elle aurait sur son ancien camarade. "Il est dans un internat londonien et souhaite étudier à Oxford par la suite. Ses résultats sont étonnants."

Le visage d'Edwin trahissait l'immense fierté qu'il ressentait en parlant de son fils qui, bien que né sans pouvoir, n'avait jamais démérité à ses yeux. Dans un monde aussi dur que celui des Moldus, Edwin avait toujours trouvé que William s'en sortait à merveille et toujours avec les honneurs. Une fierté qu'il partageait avec sa femme.
Lorsqu'Ernest lui demanda la maison dans laquelle il pensait voir atterrir sa fille, il ne sut pas s'il s'agissait d'une réelle pique. Il était évident que les Avery ne juraient que par Serpentard depuis que la famille avait mis les pieds à Poudlard, mais il savait aussi qu'aux yeux d'Ernest, il n'y avait pas plus bel accomplissement que de voir sa progéniture suivre le même chemin que lui. Aussi prit-il une légère inspiration avant de répondre :


"Elle choisira la maison qui lui conviendra le mieux, j'en suis certain. En vérité, elle ne me ressemble pas beaucoup, elle tient plus de sa mère. Douée pour les arts, dessin comme musique ... C'est d'ailleurs de cette façon-là que ce sont manifestés ses pouvoirs.", avoua-t-il dans un sourire heureux, l'évocation de la découverte des pouvoirs de sa fille ravivant en lui de doux souvenirs. "C'était magnifique. Une volée d'origamis qui ont parcouru le salon ... Jane était ravie, sans doute même plus encore que moi !"

Il tourna un nouveau regard attendri vers sa fille qui se trouvait désormais en pleine conversation avec Isaac, avant d'ajouter : "Non ... Non, pas Poufsouffle. Peut-être Serdaigle." Il posa de nouveau les yeux sur Ernest en observant ses vêtements. "Drôlement bien habillé. Tu travailles au Ministère ?"

***


Pendant ce temps-là, Panthéa avait suivi Isaac avec des yeux pétillants de curiosité. Une fois qu'il s'était arrêté devant l'un des immenses rayons de la librairie, elle se posta à côté de lui et demanda, d'une petite voix amicale : "Ils sont jolis tes yeux. C'est ... C'est de naissance ?"

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Alors qu'il apprit que son ancien camarade avait un fils du même âge que Selena, Ernest ne put s'empêcher de penser qu'il y avait là peut-être autre chose que du hasard, décidément, les lignées étaient faîtes de telle sorte que les générations se croisent et soient de la même promotion. Néanmoins, cette idée fut balayée à l'annonce des projets de scolarité du dernier né -ou supposé, peut-être avait-il d'autres enfants. Oxford. Il vivait actuellement dans cette ville du même nom, ville dont la majorité des habitants étaient moldus, et où il avait emménagé il y avait de cela deux années, ou peut-être trois, le temps passait si lentement là-bas qu'il en perdait le compte. Mais là n'était pas le sujet. Il avait naturellement entendu parlé de cette "prestigieuse" école ces dernières années, et sut ainsi de quoi parlait l'ancien Poufsouffle. Alors son deuxième enfant était moldu. Enfin, il n'y avait pas de quoi s'étonner, avec une mère de ce sang. 

« Dans ce cas il n'y a pas de raisons qu'il faillisse. Tu dois être fier. »

Et il suffisait de voir son visage pour le voir. Le féliciter aurait peut-être été de trop, après tout, il ne se leurrait pas. Edwin connaissait bien son avis concernant tout ce qui touche de près ou de loin aux moldus, prononcer de tels propos auraient sonné bien trop faux, même pour lui. Il se contentait d'être poli, et c'était amplement suffisant. Cette manifestation des pouvoirs de la petite, en revanche, devait être un beau spectacle à voir, il devait le reconnaître. D'un point de vue purement esthétique, bien sûr. Ca lui faisait repenser à celle d'Isaac, dont il ne fut malheureusement pas témoin mais dont sa femme lui avait conté les détails avec une grande joie et une grande fierté dont il fit preuve à son tour après cela. Serdaigle était la seule autre maison que Serpentard que les Avery pouvaient considérer, à la limite. Ils étaient intelligents, travailleurs, créatifs, ils pouvaient ainsi se rendre utiles.

« Isaac tient aussi une certaine fibre artistique de Nona, mais concernant la musique pour sa part. Il joue du piano, mais est plus intéressé par les langues étrangères, surtout le Russe. Et je suis toujours  ainsi habillé, même s'il est vrai que je travaille au Ministère. Aujourd'hui je me rends chez mon père après les courses pour Isaac, Selena est avec lui. Et toi donc, ton emploi ? »

***

Isaac s'était bien rendu compte que Panthéa l'avait suivi alors qu'il s'en était allé dans des rayons, mais à vrai dire, il s'en fichait. Après tout, elle faisait ce qu'elle voulait, et peut-être était-elle contente de croiser avant la rentrée un futur camarade. Puis elle lui adressa la parole, et Isaac se retourna donc vers la jeune fille. Elle était la première personne de son âge avec qui il "traînait", et il n'en était pas habitué. Devait-il lui parler comme il parlait à son cousin, Cole, pour montrer une attitude détachée et ouverte ? 

«
Merci. Et non, à la naissance j'avais des yeux bleus comme les autres bébés, c'est après qu'ils sont devenus comme ça. »

Il aurait volontiers continué la conversation, mais à vrai dire, il ne savait pas vraiment comment s'y prendre. Il n'avait rien d'autre à lui dire, il avait répondu à sa question, maintenant il pouvait aller chercher le reste des livres et en finir pour passer à la prochaine boutique. Lui parler serait, en ce sens, plus une perte de temps qu'un gain. Mais cette fille restait tout de même une future camarade, et plus encore, la première personne hors de sa famille et de son âge à qui il parlait. Alors peut-être par curiosité, il poursuivit la discussion sur le sujet le plus banal qui soit, le premier qui lui était venu à l'esprit, tel père tel fils sûrement.  

«
T'aimerais aller dans quelle maison, toi ? »


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Edwin observa de nouveau son ancien camarade, l'air passablement amusé. Bien sûr qu'il était toujours habillé ainsi. En vérité, il ne se rappelait pas, de toute leur scolarité, d'une seule journée pendant laquelle Ernest n'était pas parfaitement habillé ou coiffé. Une caractéristique qui les distinguait, à l'époque et ... Oui, aujourd'hui encore. Edwin se sentit obligé de tirer un peu sur la manche rapiécée de sa redingote et de passer une main hésitante dans sa chevelure mal disciplinée qu'il avait nouée en une vague queue de cheval. S'il exerçait son métier par passion, celui-ci ne lui rapportait visiblement pas grand chose. Et de toute façon, l'apparence n'était pas quelque chose dont il se préoccupait. Loin de là.

"Je suis journaliste. Pour la Gazette, mais mes articles n'y sont pas beaucoup publiés ... Trop osés, j'imagine. Je les mets en ligne cependant."
Il n'imaginait pas un seul instant Ernest se rendre sur internet pour lire les opinions de son ancien camarade. D'abord, c'était sans doute des opinions détestables à ses yeux, ensuite, l'internet était un moyen d'information et de communication typiquement moldu. Qu'une famille de sorciers comme celle des Avery en ait l'usage, celui lui sembla parfaitement inimaginable.

"J'y explique de quelles façons les Sorciers et les Moldus pourraient interagir sans compromettre l'existence de l'un ou de l'autre camp.", précisa-t-il dans un sourire. "La Gazette n'a pas jugé nécessaire de faire lire mes propositions et mes hypothèses au grand public, mais je ne désespère pas de faire monter mes idées au Ministère. On gagnerait vraiment à en apprendre d'eux, et réciproquement. Je suis persuadé que monsieur le Ministre serait très intéressé."

Il fit une nouvelle pause pour laisser à Ernest l'occasion de digérer ses paroles, avant de lui demander, sur le ton d'une conversation bon enfant : "Dans quel département tu travailles, au ministère ? Je ne pense pas t'y avoir croisé, pourtant je m'y suis rendu il y a peu ..."

***


Panthéa se tenait droite, les pieds rentrés, très intimidée par la couleur inhabituelle des yeux de son futur camarade d'école. Elle lui adressa un grand sourire quand il lui expliqua que le changement avait eu lieu après sa naissance.

"C'est vraiment très très joli, tu as de la chance !", renchérit-elle. Aux yeux de la fillette, tout ce qui sortait de l'ordinaire était digne d'intérêt, voire la fascinait complètement.

"Je ne sais pas trop", répondit-elle à Isaac lorsqu'il lui demanda la maison qu'elle souhaiterait rejoindre à la rentrée. Malgré son excitation à l'idée de rentrer dans la prestigieuse école de sorcellerie, elle n'était pas encore certaine d'y avoir sa place, et envisageait sérieusement la possibilité que le Choixpeau la fiche purement et simplement dehors lorsqu'il s'agirait de la répartir dans l'une des quatre maisons. Elle imaginait déjà la honte dont elle serait le sujet. "Est-ce ... Est-ce que tu crois qu'il y a des élèves qui sont refusés à Poudlard même s'ils ont reçu la lettre ?", lui demanda-t-elle alors de but en blanc, sans même s'apercevoir de l'incongruité de sa question.

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