PV - Une enquête Valable

Black Thorn avait bien du vécu.
Ses tours du monde, ses rencontres, ses connaissances, son passé dans les grandes forces du mal.
Tout cela lui avait appris à vivre au dépend des rumeurs, des invraisemblances, des mensonges.

Mais surtout et avant tout, ca lui avait permis de garder dans son carnet d'adresses des personnes influentes qui en quelques journées révélaient l'ensemble d'un parcours.
Il y a de cela quelques semaines, un nouveau professeur avait rejoint l'équipe. Black n'avait absolument rien à reprocher à cet homme, néanmoins, il jugea normal de se renseigner sur son cas.
Le vieux professeur avait alors contacté un ami ancien professeur de l'école Dursmtrang, seule information officielle fournie par Arseni.

De fils en aiguilles, Black avait reconstitué un parcours chaotique dans lequel se mêlait rumeurs, suspicions et dangers.
Afin de démêler le faux du vrai, et en tant que sous directeur de l'école, Black considérait comme un devoir de protéger les enfants. Mais qui donc connait le vieil homme sait qu'il sauve sa propre peau. Thorn reste perpétuellement persuadé que les forces du mal qu'il a soudainement abandonné dans le passé le recherchent encore après des années et malgré la mort certaine de leur représentant.
Néanmoins, Black doutait d'Arseni et souhaitait connaitre le fin mot de cette histoire.

Appuyé fortement sur sa canne, il déambula à travers les méandres enfantins, le bruit aiguë et strident d'une bande de jeunes ahuris devant un simple sortilège qu'un enfant inculte, désabusé et cracmol saurait faire en tripotant bêtement sa baguette.
Black accéléra sa marche et arriva devant le bureau du professeur.
L'ayant prévenu de sa visite par hibou, il frappa à la porte et entra sans demander la moindre autorisation.
Le sous directeur n'était pas inquiet outre mesure, mais l'envie de connaitre la vérité le rongeait, il garda cependant sa main bien agrippée à sa propre baguette en cas d'attaque improvisée.


- Arseni, comme convenu me voici venu pour une petite discussion aimable entre collègues.


Black fit un pas de plus mais s'arrêta afin d'être accueilli.

Retraité ennuyeux, ennuyant et ennuyé
" Ils sifflent dans les nuances " - Serpentard
PV - Une enquête Valable
Les chevalières lovées autour de ses doigts s’entrechoquaient dans un doux tintement alors qu’il tapotait le bord de son bureau du bout des doigts, comme s’il jouait d’un piano imaginaire. Les yeux fixant le vide, Arseni se demandait comment le sous-directeur de l’école en était venu à ces drôles de conclusions. Comment avait-il pu entendre parler de Kardzali ? Et quelle « fâcheuse » histoire on avait pu lui raconter à son propos ? Arseni était certain de son coup, certain que pas un seul résident de Durmstrang ne connaissait ne serait-ce qu’un centième de sa vie. Lui et ses sœurs avaient assez travaillé à cela pour ne pas s’en soucier. Alors quoi ? Quelle genre de rumeur circulait sur lui et qui avait parlé ?

Sa silhouette longiligne se découpant dans la lumière de sa baie vitrée, Arseni se leva de son siège et marcha jusqu’au secrétaire. Il l’ouvrit et en sortit une bouteille d’hydromel et une autre de whisky pur feu qu’il posa ensuite sur son bureau avant de se rasseoir derrière. D’un mouvement de baguette, il fit apparaître deux verres à pied, l’un devant lui, l’autre devant la place des invités. Un invité qui ne devrait plus tarder. Arseni glissa une main dans ses longs cheveux et leva les yeux vers la porte d’entrée de son bureau au moment où celle-ci s’ouvrait sans même son autorisation. Il sourit d’un sourire léger, poli.

Black Thorn apparut dans l’embrasure, le poids des années courbant sa silhouette sur une canne d’apparat. Arseni se leva de son siège et inclina respectueusement la tête pour saluer le sous-directeur de l’école avant de lui désigner le siège matelassé faisant face à son bureau.


« Bonjourrr prrrofesseurrr. Asseyez-vous. »

Le regard d’Arseni releva la main cachée de son invité. Cherchait-il quelque chose dans sa poche ? Non. Arseni en avait assez lu au sujet de Black Thorn pour deviner qu’il tenait très certainement sa baguette. Avait-il appris quelque chose qui le fasse à ce point craindre sa présence ? Arseni en doutait fortement. Mais la vieillesse avait quelques affres auxquels on ne pouvait rien, se disait-il. Arseni se rassit sur son siège et croisa ses jambes en s’appuyant confortablement contre le dossier.

« Je n’ai pas la moindrrre envie de vous attaquer, déclara-t-il avec un sourire franc en pointant ses yeux sur la main cachée de son invité, soyez trrranquille. »

Relevant son regard droit dans celui du sous-directeur, il continua :

« Je ne vous cache pas mon étonnement à la rrréception de votrrre lettrrre. Vous semblez en avoirrr plus apprrris surrr moi que je n’en connais moi-même. Si vous me parrrliez de tout ça… »

Arseni se pencha en avant et déboucha manuellement la bouteille d’hydromel.

« Un peu d’hydrrromel ? De whisky purrr feu ? »
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« Bonjourrr prrrofesseurrr. Asseyez-vous. »

Rapidement après être entré, Black se vit offrir le droit de s'asseoir, c'est en un grognement qu'il s'exécuta. Il serai idiot de penser que le son émis était impoli, grossier. Non, Black avait simplement de terribles courbatures qui lui valaient des douleurs parfois difficiles à soutenir et l’idée de pouvoir se reposer le fit exulter ouvertement.

« Je n’ai pas la moindrrre envie de vous attaquer, déclara Arseni avec un sourire franc en pointant ses yeux sur la main cachée de son invité, soyez trrranquille. »

Black suivit le regard du professeur et comprit qu'il venait d'être découvert, il relâcha donc son emprise mais garda la baguette proche de l'ouverture de sa poche afin de pouvoir la récupérer rapidement.

« Je ne vous cache pas mon étonnement à la rrréception de votrrre lettrrre. Vous semblez en avoirrr plus apprrris surrr moi que je n’en connais moi-même. Si vous me parrrliez de tout ça… »

Le vieil homme écouta également l'offre d'hydromel et accepta volontiers tout en réfléchissant à comment aborder le sujet. Il est vrai que dans sa lettre Mr THORN avait copieusement accusé son collègue de dangers et menaces. Il lui avait fait comprendre que son rôle de sous directeur ne permettait aucunement de garder un professeur dangereux, recherché. Black avait que bien trop vécu cet exil pour en connaitre les tristes tragédies qu'elle engendre.

Ne rigolons pas sur ce sujet, vous en connaissez également beaucoup sur moi sinon vous n'auriez pas si rapidement compris pour ma protection que je m’octroies en votre compagnie

Black observa les yeux intenses du professeur et essaya d'y déchiffrer si oui ou non Arseni en savait beaucoup sur lui. Malheureusement, le regard impassible, il ne put déchiffrer quoique ce soit, il tenta alors de déstabiliser son collègue.

De part mon passé rendu public, mes erreurs d'en temps, vous comprenez ma démarche. Je connais les fuites et les exils, les cachettes, les repos. Néanmoins, vous savez que ces temps sont troubles, que les états sorciers perdent de leur pouvoir et que des guerres éclatent un peu partout dans le monde.
Poudlard n'est plus le lieu si sûr que vous souhaitez. Je connais votre place, votre quête. J'ai vécu l'identique à votre âge et je regrette de vous informer que cette école ne peut prendre le risque d'héberger des professeurs au passé douteux qui pourraient engendrer un danger pour les enfants.


Black toussa plusieurs fois afin de reprendre son souffle, puis il remonta sa main à la pointe de sa canne et la reposa à cet endroit. Il prit son verre et y but quelques gorgées avant de sortir sa baguette et de survoler le liquide afin de le refroidir. Quoique l'hydromel se boit à température ambiante, le vieil homme le préfère glacé.
Au lieu de repose sa baguette à sa place habituelle, il la laissa sur le bureau, dirigée vers le professeur de métamorphose, au vu et su de son collègue.
Est ce un moyen d'impressionner, de contrôler la situation ou tout simplement la fainéantise de rediriger sa main vers sa poche, Black ne le savait pas vraiment.

Retraité ennuyeux, ennuyant et ennuyé
" Ils sifflent dans les nuances " - Serpentard
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Thorn opta pour l’hydromel. Arseni lui en coula un verre avant de remplir le sien. L’attrapant ensuite par le pied, il se réinstalla au fond de son siège, les jambes croisées, et porta un peu du nectar à sa bouche tandis que son collègue se lançait dans une autre théorie. Théorie à laquelle il resta profondément insensible.

Arseni n’en savait pas plus au sujet du sous-directeur que n’en connaissait le grand public et doutait même d’avoir le temps de songer à en savoir d’avantage. Buvant une nouvelle gorgée d’hydromel, il finit par observer le reflet de son visage à la surface du liquide dorée qu’il s’amusait à faire tournoyer dans le cercle de verre.

Thorn ne s’arrêta pas à ça et continua même sur sa lancée, au plus grand amusement d’Arseni. Croire qu’il connaissait sa « place », oser parler de « quête », ou même comparer son vécu au sien aurait pu le faire rire s’il n’avait pas su mieux contrôler ses émotions. Au lieu de ça, le bulgare leva les yeux et s’exclama sur un ton passablement neutre :

« Au mieux vous avez développé un sentiment de parrranoïa, au pirrre vous prrrenez pourrr arrrgent comptant tout ce qu’on peut vous dirrre. Je ne sais pas lequel des deux est le plus inquiétant. »

Il leva son verre comme pour porter un toast puis avala une autre gorgée d’hydromel en se persuadant que le sous-directeur faisait une erreur en sous-entendant qu’il était tout disposé à être viré sur la base de… Arseni ne savait même pas sur quelle base.


« J’aimerrrais savoirrr une chose. Parrrlez-vous en votrrre nom ou en celui du dirrrecteurrr ? Carrr je crrrois perrrcevoirrr une dissonance entre le discourrrs que vous me tenez et la confiance que le dirrrecteurrr Faust m’a attrrribué. Ou bien vous parrrlez en votrrre nom et dans ce cas, je ne savais pas qu’un sous-dirrrecteurrr pouvait rrremettrrre en cause la décision de son dirrrecteurrr. Ou bien vous parrrlez en celui du dirrrecteurrr, et auquel cas… »

En même temps qu’il parlait d'un voix résolument calme et posé, Arseni suivit le mouvement de la baguette de son homologue et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille.

« … je n’ai toujourrrs pas la prrreuve sous mes yeux que nous ayons vécu quoi que ce soit de comparrrable, que je sois en quête de quelque chose, ou que je tienne une quelconque autrrre place que celle de prrrofesseur dans cette école. Mais je ne doute pas qu‘un homme de votrrre qualité doit en disposer. Aussi, perrrmettez que nous sautions dirrrectement à cette partie de l’entrrretien. »

Jouant avec la mèche la plus longue de son épaisse chevelure, il se permit une dernière remarque en tournant ses yeux vers le perchoir habituellement occupé par sa chouette, le regard lointain.


« Pourrr ce qui est des enfants, ils n’ont absolument rrrien à crrraindrrre en ma prrrésence, pas plus que vous ou n’imporrrte quelle autrrre perrrsonne à l’intérrrieurrr ou en dehorrrs de cette école. »