Tu es né garçon, tu le restes.
Juillet 2044, salon de la ferme familiale, Oxford.
Il avait pourtant suivit les conseils qu'il avait reçu des lettres de Panthéa pour se rapprocher de sa mère et essayer de faire en sorte qu'elle ne soit plus en colère contre lui, mais ça n'avait rien fait. Il espérait que ça n'avait pas donné l'effet inverse. Tout était déjà en flammes, il ne voulait pas que ça ne devienne que des cendres qu'il serait impossible à reformer comme les objets qu'il y avait avant. Il souffla en prenant sa tasse entre ses mains pour refroidir un peu le chocolat presque noir qu'il y avait à l'intérieur. Il baissa la tête pour se faire tout petit derrière sa tasse quand sa mère commença à parler.
-Nous allons en ville aujourd'hui. Dit-elle.
-Hmm ? Pourquoi dont ? Répondit son mari.
-Il faut acheter les fournitures pour la prochaine année des quatre enfants qui ne vont pas dans cette école à des kilomètres de leurs parents. Elle lança un regard à sa fille. Accusateur.
Angélique ne releva pas et passa son bras sur les épaules de son petit frère pour le tenir plus contre elle et leur père touilla à nouveau son café en en renversant légèrement sur le bord de la tasse.
-Vous venez aussi, bien sûr, vous deux. Hors de question de vous laisser seuls à la maison. Angélique souffla du nez. Un problème jeune fille ?
-On n'est plus des gamins, j'peux très bien surveiller Herschel.
-C'est hors de question. D'ailleurs, Herschel, maman apprécierait beaucoup que tu ailles te changer. Son fils releva la tête de sa tasse.
-Oh ? Je me suis tâché ? Dit-il en tirant sur le col de sa robe pour voir s'il n'y avait pas laissé tomber des gouttes du liquide presque bouillant.
-Nope, Sherly, t'es pas tâché. Baragouina Angélique. Elle est très belle ta robe. Elle lança un regard d'avertissement à sa mère. Qui n'en tint pas compte et continua :
-Tu sais, Herschel, les jolis vêtements qu'on t'a acheté l'année dernière. Des vêtements normaux pour sortir. Elle manqua le regard blessé de son fils et continua, je sais que tu aime beaucoup ta chemise bleue. Tu pourras même prendre des bretelles si tu veux.
Herschel se leva en posant sa tasse sur la table mais son père lui prit le bras et le retint comme ça, lui priant de se rasseoir. Il n'avait pas envie de rester. S'enfermer dans sa chambre semblait être une idée parfaite pour le moment. Ou aller s'enfermer dans un placard. Il ne voulait pas assister encore une fois à cette discussion qui le minait. Il se colla à l'épaule de son père et ferma les yeux bien fort alors qu'il sentait Angélique se lever à côté de lui avant qu'elle ne claque les mains sur la table.
-Mais tu peux pas être sérieuse ! C'est au moins la dixième fois qu'on a cette conversation depuis le début des vacances !
-Angélique !
-Ne commence pas sur ce ton là, jeune fille, je reste ta mère et tu me dois le respect.
-Pour qui tu te prends ?! Merde, c'est pas comme si tu voyais que ça le foutait mal, regarde-le, hurla-t-elle en montrant du doigt son frère qui ne savait plus où se mettre, on dirait qu'il a vu la mort !
-Angélique, bon dieu !
-Mais quoi, à la fin ? D'où elle arrête pas de dire qu'il faut accepter les différences des autres sans accepter celles de ses gosses ! C'est pas comme si il était tombé dans la drogue ou tuait des bébés chats, putain ! Il veut juste mettre des robes, grand bien lui fasse, qu'est-ce qu'elle fout à lui miner le moral, hurla-t-elle à son père en pointant sa mère dédaigneusement. Mère qui se leva la seconde d'après et se mit aussi à hurler.
-Je l'ai porté 9 mois, je sais ce qu'il est ! C'est à un garçon que j'ai donné naissance, tu entends ça ? UN GARCON ! Et il restera un garçon ! Elle se précipita sur son fils et le secoua légèrement. Tu entends ça Herschel ? Tout va rentrer dans l'ordre. Tu ne verras plus cette fille qui t'apprends la danse et on arrêtera la couture. On ira t'acheter des jouets et des tee-shirts avec des têtes de mort, ça semble bien non ? Herschel secoua la tête en chialant alors qu'il essuyait son nez sali.
-Je veux pas, je veux pas. Maman. J'ai pas envie, maman. Continua-t-il toujours en secouant la tête avant que sa mère ne lève haut sa main avant de l'abaisser sur sa joue.
Le bruit instaura un silence de mort dans la salle à manger alors que Herschel continuait à chialer de plus en plus fort.
Cette journée avait débuté comme toute les autres depuis le début des vacances. L'ambiance était pareille à un bloc de glace, il lui semblait même qu'elle empirait au fil du temps. C'était simple, les deux parties de la famille ne se parlaient presque plus, autre que pour se demander des choses ou en ordonner aux enfants. Herschel était descendu pour le petit déjeuner et s'était coincé à la table entre son père et Angélique, comme entre deux gardes du corps massifs empêchant les attaques sur celui qu'ils protégeaient. Il n'était pas plus à l'aise que quand il avait été demandé à la directrice de changer d'uniforme, c'était presque pire alors que là c'était sa famille. Normalement, on pouvait être à l'aise avec sa famille, pas s'y sentir comme un intrus qui n'avait rien à y faire.Angélique : ❖
Herschel : ❖
Père : ❖
Mère : ❖
Il avait pourtant suivit les conseils qu'il avait reçu des lettres de Panthéa pour se rapprocher de sa mère et essayer de faire en sorte qu'elle ne soit plus en colère contre lui, mais ça n'avait rien fait. Il espérait que ça n'avait pas donné l'effet inverse. Tout était déjà en flammes, il ne voulait pas que ça ne devienne que des cendres qu'il serait impossible à reformer comme les objets qu'il y avait avant. Il souffla en prenant sa tasse entre ses mains pour refroidir un peu le chocolat presque noir qu'il y avait à l'intérieur. Il baissa la tête pour se faire tout petit derrière sa tasse quand sa mère commença à parler.
-Nous allons en ville aujourd'hui. Dit-elle.
-Hmm ? Pourquoi dont ? Répondit son mari.
-Il faut acheter les fournitures pour la prochaine année des quatre enfants qui ne vont pas dans cette école à des kilomètres de leurs parents. Elle lança un regard à sa fille. Accusateur.
Angélique ne releva pas et passa son bras sur les épaules de son petit frère pour le tenir plus contre elle et leur père touilla à nouveau son café en en renversant légèrement sur le bord de la tasse.
-Vous venez aussi, bien sûr, vous deux. Hors de question de vous laisser seuls à la maison. Angélique souffla du nez. Un problème jeune fille ?
-On n'est plus des gamins, j'peux très bien surveiller Herschel.
-C'est hors de question. D'ailleurs, Herschel, maman apprécierait beaucoup que tu ailles te changer. Son fils releva la tête de sa tasse.
-Oh ? Je me suis tâché ? Dit-il en tirant sur le col de sa robe pour voir s'il n'y avait pas laissé tomber des gouttes du liquide presque bouillant.
-Nope, Sherly, t'es pas tâché. Baragouina Angélique. Elle est très belle ta robe. Elle lança un regard d'avertissement à sa mère. Qui n'en tint pas compte et continua :
-Tu sais, Herschel, les jolis vêtements qu'on t'a acheté l'année dernière. Des vêtements normaux pour sortir. Elle manqua le regard blessé de son fils et continua, je sais que tu aime beaucoup ta chemise bleue. Tu pourras même prendre des bretelles si tu veux.
Herschel se leva en posant sa tasse sur la table mais son père lui prit le bras et le retint comme ça, lui priant de se rasseoir. Il n'avait pas envie de rester. S'enfermer dans sa chambre semblait être une idée parfaite pour le moment. Ou aller s'enfermer dans un placard. Il ne voulait pas assister encore une fois à cette discussion qui le minait. Il se colla à l'épaule de son père et ferma les yeux bien fort alors qu'il sentait Angélique se lever à côté de lui avant qu'elle ne claque les mains sur la table.
-Mais tu peux pas être sérieuse ! C'est au moins la dixième fois qu'on a cette conversation depuis le début des vacances !
-Angélique !
-Ne commence pas sur ce ton là, jeune fille, je reste ta mère et tu me dois le respect.
-Pour qui tu te prends ?! Merde, c'est pas comme si tu voyais que ça le foutait mal, regarde-le, hurla-t-elle en montrant du doigt son frère qui ne savait plus où se mettre, on dirait qu'il a vu la mort !
-Angélique, bon dieu !
-Mais quoi, à la fin ? D'où elle arrête pas de dire qu'il faut accepter les différences des autres sans accepter celles de ses gosses ! C'est pas comme si il était tombé dans la drogue ou tuait des bébés chats, putain ! Il veut juste mettre des robes, grand bien lui fasse, qu'est-ce qu'elle fout à lui miner le moral, hurla-t-elle à son père en pointant sa mère dédaigneusement. Mère qui se leva la seconde d'après et se mit aussi à hurler.
-Je l'ai porté 9 mois, je sais ce qu'il est ! C'est à un garçon que j'ai donné naissance, tu entends ça ? UN GARCON ! Et il restera un garçon ! Elle se précipita sur son fils et le secoua légèrement. Tu entends ça Herschel ? Tout va rentrer dans l'ordre. Tu ne verras plus cette fille qui t'apprends la danse et on arrêtera la couture. On ira t'acheter des jouets et des tee-shirts avec des têtes de mort, ça semble bien non ? Herschel secoua la tête en chialant alors qu'il essuyait son nez sali.
-Je veux pas, je veux pas. Maman. J'ai pas envie, maman. Continua-t-il toujours en secouant la tête avant que sa mère ne lève haut sa main avant de l'abaisser sur sa joue.
Le bruit instaura un silence de mort dans la salle à manger alors que Herschel continuait à chialer de plus en plus fort.
Tu es né garçon, tu le restes.
La température de son visage sembla monter de quelques degrés alors que sa tête rougissait à vue d’œil. Honte, désespoir, souffrance. Les querelles de la famille depuis plusieurs semaines maintenant, l'enfer des cris à la maison, tout ça était beaucoup trop dur pour lui. Toutes les lumières de son esprits étaient allumées, hurlant toutes "DANGER, DANGER !". Il recula de quelques pas, faisant tomber sa chaise, et fuyant comme il pouvait alors qu'il chialait toujours autant. Il ouvrit la porte, Barberousse aboya mais il n'en tint pas compte alors qu'il continuait à courir vers les vergers. Son chien gémit de tristesse avant de courir derrière lui en aboyant. Le petit roux passa entre un tunnel de rosiers épineux avant de s'écraser au pied d'un arbre en sanglotant si fort. Son cœur battait follement dans sa poitrine. De peur, de honte ? De tristesse aussi. De douleur. De tout un cocktail d'émotions désastreuses. Son chien s'approcha de lui et se coucha sur ses genoux. Herschel passa ses mains sur son dos alors qu'il se ratatinait contre l'arbre. Pourquoi elle l'avait frappé ? Pourquoi elle ne pouvait pas accepter ? Pourquoi lui ? Pourquoi il était pas normal ? Pourquoi tout cela lui arrivait à lui ? Elle avait toujours dit qu'il fallait accepter les différences des autres. Pourquoi elle n'acceptait pas les siennes ? Il se sentait comme un suspect devant un tribunal, jugé, montré du doigt. Pourquoi lui ? Peut-être qu'elle ne l'aimait plus, qu'elle l'avait caché mais qu'elle le montrait aujourd'hui. Pourquoi ? Il ne pouvait pas penser à autre chose qu'à "Pourquoi ?" ça lui bouffait l'esprit. C'était pas juste.
Il se sentait laid comme un crapaud. Odieux. Le genre de personne que personne n'a envie de voir, qui reste seule dans une grotte parce que personne n'en veut aux alentours. Pourquoi il se sentait totalement inutile, honteux ? C'était pas de sa faute, il le savait. Alors pourquoi ? Pourquoi il sentait que, si, c'était totalement de sa faute pour pas être normal, pour pas être ce que sa maman souhaitait qu'il soit ? Il essuya son nez avec sa manche alors que de grosses perles salées glissaient encore et toujours sur ses joues blanches. Il n'arrivait pas à se calmer. Sa respiration laborieuse et ses mains tremblantes en étaient les preuves. Il hurla, essayant d'évacuer toute sa douleur à travers les décibels qu'il dégageait.
-C'est pas ma faute !
Quelques bruits de pas se firent entendre et une main se posa sur son épaule. Angélique. De grosses larmes coulaient sur ses joues à elle aussi alors qu'elle passait ses bras autour de lui en le serrant fort contre elle, passant sa main dans le dos de son frère, y dessinant de petits cercles.
-Chut, Herschel, chut. Ça va aller, je suis là, ça va, ça va. Son petit frère gémit de douleur.
-Angie.... P-p-pourquoi m-m-m-maman elle m'aime p-p-plus ?
-Elle t'aime, Herschel, elle t'aime. Elle sait juste pas comment réagir. Mais... elle t'aime. Elle ne savait même plus si ce qu'elle disait était la vérité.
Leur mère les aimait, pas vrai ? Ce n'était pas parce qu'elle avait du mal à accepter tout ça qu'elle ne les aimait pas, elle le savait mais elle ne pouvait pas se résoudre à penser qu'elle les aimait autant qu'avant, ou que eux aimaient leur mère autant qu'avant. Elle détruisait la famille. Elle n'était pas la seule. Angélique savait que c'était aussi un peu de sa faute. Elle hurlait, c'était pas la meilleure solution. Et Herschel était persuadé que la faute n'était qu'à une personne, et que cette personne c'était lui. Si il n'avait pas été bizarre, s'il avait été normal, rien ne serait arrivé. C'était de sa faute, il avait conduit tout ça. Peut-être que s'il leur en avait parlé avant, ils auraient eu le temps d'y réfléchir. Ou peut-être pas. Peut-être qu'il n'aurait pas dû le dire, même si ça ne changeait rien pour son papa. Le prix à payer pour qu'il se sente bien était bien trop élevé. Il ne pouvait pas abandonner comme ça toutes les bonnes choses qu'il aimait chez lui, dans sa maison, avec sa famille. Il n'aurait jamais dû dire à ses parents comment il se sentait, ça avait juste été une grave erreur. Infâme, même.
Il se colla contre Angélique. Qu'allait-il faire maintenant, s'il ne pouvait plus se jeter dans les bras de sa mère, plus l'embrasser, plus l'écouter chanter le soir pour les endormir, plus lui envoyer des lettres. Plus rien faire parce qu'il avait tout gâché pour rien, juste par égoïsme. Pourquoi avait-il fait ça ? Il s'était cru assez intéressant, assez utile, assez indispensable pour pouvoir parler de ses états d'âme. Il ne l'était pas.
-C'est d'ma faute Angie. Je suis désolé, je suis tellement désolé, pardonne moi, pardon, pardon, pardon pleura-t-il.
Angélique le serra plus fort contre elle en lui répétant encore et encore que ce n'était pas de sa faute.
Il n'arrivait pas à la croire. Il ne pouvait pas s'y résoudre parce que toutes les choses qui se passaient semblaient hurler que c'était de sa faute à lui. Pour avoir osé parler de ça et encore plus pour s'être dit que ce serait une bonne idée de demander à ses parents des robes. Stupide !
Il se sentait laid comme un crapaud. Odieux. Le genre de personne que personne n'a envie de voir, qui reste seule dans une grotte parce que personne n'en veut aux alentours. Pourquoi il se sentait totalement inutile, honteux ? C'était pas de sa faute, il le savait. Alors pourquoi ? Pourquoi il sentait que, si, c'était totalement de sa faute pour pas être normal, pour pas être ce que sa maman souhaitait qu'il soit ? Il essuya son nez avec sa manche alors que de grosses perles salées glissaient encore et toujours sur ses joues blanches. Il n'arrivait pas à se calmer. Sa respiration laborieuse et ses mains tremblantes en étaient les preuves. Il hurla, essayant d'évacuer toute sa douleur à travers les décibels qu'il dégageait.
-C'est pas ma faute !
Quelques bruits de pas se firent entendre et une main se posa sur son épaule. Angélique. De grosses larmes coulaient sur ses joues à elle aussi alors qu'elle passait ses bras autour de lui en le serrant fort contre elle, passant sa main dans le dos de son frère, y dessinant de petits cercles.
-Chut, Herschel, chut. Ça va aller, je suis là, ça va, ça va. Son petit frère gémit de douleur.
-Angie.... P-p-pourquoi m-m-m-maman elle m'aime p-p-plus ?
-Elle t'aime, Herschel, elle t'aime. Elle sait juste pas comment réagir. Mais... elle t'aime. Elle ne savait même plus si ce qu'elle disait était la vérité.
Leur mère les aimait, pas vrai ? Ce n'était pas parce qu'elle avait du mal à accepter tout ça qu'elle ne les aimait pas, elle le savait mais elle ne pouvait pas se résoudre à penser qu'elle les aimait autant qu'avant, ou que eux aimaient leur mère autant qu'avant. Elle détruisait la famille. Elle n'était pas la seule. Angélique savait que c'était aussi un peu de sa faute. Elle hurlait, c'était pas la meilleure solution. Et Herschel était persuadé que la faute n'était qu'à une personne, et que cette personne c'était lui. Si il n'avait pas été bizarre, s'il avait été normal, rien ne serait arrivé. C'était de sa faute, il avait conduit tout ça. Peut-être que s'il leur en avait parlé avant, ils auraient eu le temps d'y réfléchir. Ou peut-être pas. Peut-être qu'il n'aurait pas dû le dire, même si ça ne changeait rien pour son papa. Le prix à payer pour qu'il se sente bien était bien trop élevé. Il ne pouvait pas abandonner comme ça toutes les bonnes choses qu'il aimait chez lui, dans sa maison, avec sa famille. Il n'aurait jamais dû dire à ses parents comment il se sentait, ça avait juste été une grave erreur. Infâme, même.
Il se colla contre Angélique. Qu'allait-il faire maintenant, s'il ne pouvait plus se jeter dans les bras de sa mère, plus l'embrasser, plus l'écouter chanter le soir pour les endormir, plus lui envoyer des lettres. Plus rien faire parce qu'il avait tout gâché pour rien, juste par égoïsme. Pourquoi avait-il fait ça ? Il s'était cru assez intéressant, assez utile, assez indispensable pour pouvoir parler de ses états d'âme. Il ne l'était pas.
-C'est d'ma faute Angie. Je suis désolé, je suis tellement désolé, pardonne moi, pardon, pardon, pardon pleura-t-il.
Angélique le serra plus fort contre elle en lui répétant encore et encore que ce n'était pas de sa faute.
Il n'arrivait pas à la croire. Il ne pouvait pas s'y résoudre parce que toutes les choses qui se passaient semblaient hurler que c'était de sa faute à lui. Pour avoir osé parler de ça et encore plus pour s'être dit que ce serait une bonne idée de demander à ses parents des robes. Stupide !
Tu es né garçon, tu le restes.
Angélique, bientôt rejoint par leur père, avait fini par le calmer à grands renforts de câlins serrés à lui briser une côte. Ils étaient finalement rentrés à la maison mais Herschel n'avait pas voulu les accompagner pour aller faire les courses et, après une grosses crises de larmes et d'autres cris, il avait été décidé qu'il resterait seul à la maison pour se calmer et ne pas se mettre à pleurer en dehors de la maison. Selon les jumeaux, cela aurait fait mauvais genre. Il était donc à la fenêtre et observait entre ses cils par ses yeux presque fermés la voiture familiale s'échapper dans de grands nuages de poussière que les roues faisaient s'envoler et tourbillonner avec le vent. Il quitta le bord de la fenêtre quelques minutes plus tard quand Barberousse vint pousser son museau humide contre sa jambe nu et le sortit de ses pensées. C'était mieux pour lui d'être resté, il n'avait pas envie de passer du temps avec sa maman pour le moment. Le temps ferait son effet et toute la tension serait redescendue au soir ou au mâtin du jour suivant mais, entre temps, il n'avait pas envie de sortir ou de devoir faire semblant que tout allait pour le mieux.
Il avait toujours essayé de penser à tout ce qui arrivait le moins possible, parce qu'il était toujours plus simple de se persuader qu'une chose ne s'était jamais passée et n'existerait jamais plutôt que d'en assumer toutes les conséquences.
Pourtant, après cette claque dont le bruit résonnait encore dans ses os et jusqu'à son crâne, il ne pouvait plus simplement se dire que tout ça ne s'était jamais passé, même s'il en avait très envie. Ce n'était pas possible. Il sentait déjà le bleu se former sur sa joue et maudit si fort sa peau qui marquait beaucoup trop vite. Il était faible, on ne pouvait pas dire qu'il avait une once de force autant physique que mentale et caractérielle. Il s'écrasait juste, comme l'Oméga d'une troupe sous l'Alpha qui en était à la tête. Le monde était comme ça. Il ne pensait pas ça, mais s'il avait demandé, on lui aurait répondu que dans le monde il n'y avait pas une infinité de types de personnes. Il y avait les Beta, qui n'étaient ni les forts, ni les faibles mais qui restaient loin des problèmes et vivaient leur vie. Ensuite, les Alpha, qui étaient les leaders. Les forts. Et pour finir, les gens comme lui, les Oméga. Les faiblards. Ceux qui se mettent à genoux et ceux qui soumettent les autres. La proie et le prédateur ou, plus simplement, l'esclave et le maître. Il n'avait rien d'un Alpha. Il n'était pas fort, pas viril, il ne faisait pas fort et par dessus tout, il n'avait rien d'autre que lui à protéger. Les autres se défendaient très bien tout seuls, seul lui faisait défaut, avec ses larmes qui coulaient toujours trop vite et sa peau bleuie avec facilité. il n'était pas l'Alpha, pas le Beta. Il n'était, pour le monde, que le petit Oméga. La victime facile qui étaient protégée par les autres qui se plaisaient parfois à lui envoyer des piques. Voilà tout.
Mais Herschel ne pensait pas comme ça. Herschel pensait à l'égalité, que tout le monde avait les mêmes chances, le même statu, qu'importe leur sang ou leur force. Il ne pensait pas que le monde était quelque chose d'inéquitable où il fallait se battre pour ne pas se faire écraser. Il avait la vision d'un enfant, voilà tout. Et pour ce petit gamin, c'était la bonne façon de penser et il n'y avait pas d'autre façon de le faire. Pour ce petit gamin, le monde était beau. Il déchantait encore plus vite, plus fort et ça faisait tellement plus mal quand il voyait que ce n'était pas le cas.
Il s'enferma dans la salle de bain et, nu comme un vers, se plaça devant le grand miroir où il pouvait se voir en entier. Pourquoi sa mère et les jumeaux le regardaient et le traitaient comme ça ?
Il n'était pas malade. Ses membres étaient peut-être un peu maigres, mais ils n'étaient pas déformés. Son visage n'était pas particulièrement laid, pas véritablement beau non plus mais cela ne faisait rien. Ses doigts n'étaient pas crochus, il n'avait rien de particulier sur le visage qui aurait prouvé un regard noir dans sa direction.
Il passa ses mains sur sa peau blanche, les faisant facilement glisser sur ses articulations qu'il pouvait sentir rouler sous sa peau. Il entoura de ses doigts chaque petit relief sur son dos, absorbant dans ses mains la plus petite facette de son corps. Il lui semblait qu'il pourrait même se voir comme cela, même sans utiliser de miroir, juste avec ses mains. Il était peut-être un peu maigre pour son âge, et peut-être que ses cheveux étaient trop longs pour ce qu'on considérait comme normal pour un garçon, mais à part ça, il ne comprenait pas vraiment pourquoi les jumeaux le regardaient comme ça et s'éloignaient de lui comme ils pouvaient, comme s'il était monstrueux. Les gens disaient que ses yeux étaient jolis, pourquoi les regardaient-ils comme si des larves en sortaient.
Rien n'était étrange dans son corps, non, tout ce qui dérangeait les autres était coincé sous sa peau, si loin que même s'il s'était griffé jusqu'à l'os, il n'aurait pas pu atteindre une petite once de ce truc dérangeant. Il ne pouvait pas changer ça s'il ne pouvait pas le voir, ni le toucher, ni le sentir.
Est-ce que tout ce qui était devenu bizarre chez lui depuis qu'il avait commencé à s'habiller différemment résidait dans le fait que ce n'était pas la norme que les gens attendaient pour les personnes qui avaient ce qu'il avait entre les cuisses ?
Mais qu'elle était la norme ? Il n'y avait pas de manuel, pas de petites fiches.
Il n'y avait que le regard des autres et ça faisait mal.
Il avait toujours essayé de penser à tout ce qui arrivait le moins possible, parce qu'il était toujours plus simple de se persuader qu'une chose ne s'était jamais passée et n'existerait jamais plutôt que d'en assumer toutes les conséquences.
Pourtant, après cette claque dont le bruit résonnait encore dans ses os et jusqu'à son crâne, il ne pouvait plus simplement se dire que tout ça ne s'était jamais passé, même s'il en avait très envie. Ce n'était pas possible. Il sentait déjà le bleu se former sur sa joue et maudit si fort sa peau qui marquait beaucoup trop vite. Il était faible, on ne pouvait pas dire qu'il avait une once de force autant physique que mentale et caractérielle. Il s'écrasait juste, comme l'Oméga d'une troupe sous l'Alpha qui en était à la tête. Le monde était comme ça. Il ne pensait pas ça, mais s'il avait demandé, on lui aurait répondu que dans le monde il n'y avait pas une infinité de types de personnes. Il y avait les Beta, qui n'étaient ni les forts, ni les faibles mais qui restaient loin des problèmes et vivaient leur vie. Ensuite, les Alpha, qui étaient les leaders. Les forts. Et pour finir, les gens comme lui, les Oméga. Les faiblards. Ceux qui se mettent à genoux et ceux qui soumettent les autres. La proie et le prédateur ou, plus simplement, l'esclave et le maître. Il n'avait rien d'un Alpha. Il n'était pas fort, pas viril, il ne faisait pas fort et par dessus tout, il n'avait rien d'autre que lui à protéger. Les autres se défendaient très bien tout seuls, seul lui faisait défaut, avec ses larmes qui coulaient toujours trop vite et sa peau bleuie avec facilité. il n'était pas l'Alpha, pas le Beta. Il n'était, pour le monde, que le petit Oméga. La victime facile qui étaient protégée par les autres qui se plaisaient parfois à lui envoyer des piques. Voilà tout.
Mais Herschel ne pensait pas comme ça. Herschel pensait à l'égalité, que tout le monde avait les mêmes chances, le même statu, qu'importe leur sang ou leur force. Il ne pensait pas que le monde était quelque chose d'inéquitable où il fallait se battre pour ne pas se faire écraser. Il avait la vision d'un enfant, voilà tout. Et pour ce petit gamin, c'était la bonne façon de penser et il n'y avait pas d'autre façon de le faire. Pour ce petit gamin, le monde était beau. Il déchantait encore plus vite, plus fort et ça faisait tellement plus mal quand il voyait que ce n'était pas le cas.
Il s'enferma dans la salle de bain et, nu comme un vers, se plaça devant le grand miroir où il pouvait se voir en entier. Pourquoi sa mère et les jumeaux le regardaient et le traitaient comme ça ?
Il n'était pas malade. Ses membres étaient peut-être un peu maigres, mais ils n'étaient pas déformés. Son visage n'était pas particulièrement laid, pas véritablement beau non plus mais cela ne faisait rien. Ses doigts n'étaient pas crochus, il n'avait rien de particulier sur le visage qui aurait prouvé un regard noir dans sa direction.
Il passa ses mains sur sa peau blanche, les faisant facilement glisser sur ses articulations qu'il pouvait sentir rouler sous sa peau. Il entoura de ses doigts chaque petit relief sur son dos, absorbant dans ses mains la plus petite facette de son corps. Il lui semblait qu'il pourrait même se voir comme cela, même sans utiliser de miroir, juste avec ses mains. Il était peut-être un peu maigre pour son âge, et peut-être que ses cheveux étaient trop longs pour ce qu'on considérait comme normal pour un garçon, mais à part ça, il ne comprenait pas vraiment pourquoi les jumeaux le regardaient comme ça et s'éloignaient de lui comme ils pouvaient, comme s'il était monstrueux. Les gens disaient que ses yeux étaient jolis, pourquoi les regardaient-ils comme si des larves en sortaient.
Rien n'était étrange dans son corps, non, tout ce qui dérangeait les autres était coincé sous sa peau, si loin que même s'il s'était griffé jusqu'à l'os, il n'aurait pas pu atteindre une petite once de ce truc dérangeant. Il ne pouvait pas changer ça s'il ne pouvait pas le voir, ni le toucher, ni le sentir.
Est-ce que tout ce qui était devenu bizarre chez lui depuis qu'il avait commencé à s'habiller différemment résidait dans le fait que ce n'était pas la norme que les gens attendaient pour les personnes qui avaient ce qu'il avait entre les cuisses ?
Mais qu'elle était la norme ? Il n'y avait pas de manuel, pas de petites fiches.
Il n'y avait que le regard des autres et ça faisait mal.
Tu es né garçon, tu le restes.
Réaction à ce post.
Il lui semblait que cela faisait des années qu'il était rentré chez lui et pourtant, le mois de Juillet était à peine mangé à plus de la moitié. Le vingtième jour et il avait l'impression que toute sa vie aurait pu passer trois fois que cela ne lui aurait pas paru plus long. Habituellement, il sortait souvent avec sa famille ou simplement dans les vergers avec son chien mais il n'avait plus vraiment envie de sortir et sa famille ne sortait pas et ne voyageait pas, de toute façon. Son chien sortait parfois tout seul mais restait la plupart du temps assit sur son lit, voyant que son maître n'était pas vraiment au top de sa forme et voulant le réconforter un peu, même s'il n'y arrivait pas trop.
Herschel posa sa tête, ou plutôt l'enfonça dans son oreiller en soufflant comme si tout son souffle allait sortir de ses poumons. Il attendait mais il ne savait quoi. Que Angélique revienne de sa journée avec ses amis, elle sortait de plus en plus en ce moment et il avait comprit que c'était pour ne pas rester à la maison avec leur mère en particulier, ou simplement de recevoir une lettre de Panthéa ou de n'importe qui d'autre à qui il n'avait pas écrit. Il n'avait pas envie de bouger et s'ennuyait vraiment, mais ne voulait pas faire l'effort de descendre de sa chambre au salon. Il se sentait vide de toute énergie. C'était d'un côté, depuis ce jour avec le parc et la fillette mais au fond il savait que cela avait commencé avant. Peut-être avec ce garçon de Gryffondor en fin d'année ou plus encore quand il était rentré chez lui et que tout avait dérapé dans sa famille, mais il n'avait plus vraiment envie de passer son temps à faire les choses qu'il faisait avant. Même sourire semblait plus compliqué et il s'en voulait tellement de ne plus réussir à continuer sa vie comme avant, à faire en sorte que tout redevienne comme avant pour sa famille.
Il entendit un gros fracas en bas et vit par sa fenêtre un hibou qui volait beaucoup plus vite qu'il ne devait en avoir l'habitude, il devina sans trop de mal que le fracas était celui d'une fenêtre refermée violemment. Il se leva en vitesse quand son cerveau lui fit remarquer qu'il ne connaissait pas le hibou, autant comme un des amis d'Angélique, qu'un des siens et que c'était vraiment étrange parce que les seuls autres hiboux qu'il avait vu étaient ceux de Poudlard et qu'il lui semblait étrange qu'un hibou qu'il ne connaissait pas vienne chez lui alors qu'il pensait que les listes de fournitures n'arriveraient pas avant assez longtemps tout de même. Il sauta de son lit qu'il peinait à quitter quelques secondes plus tôt quand il entendit des pas lourds et menaçants monter les escaliers qui se trouvaient non loin de sa chambre. Avait-il fait quelque chose de très mal et Poudlard avait envoyé une lettre affreuse à ses parents et ils venaient pour lui hurler dessus ? Mais qu'aurait-il pu faire de si affreux ? il avait toujours tout fait pour être le plus gentil possible, le plus sage et réparer au centuple toutes les erreurs qu'il aurait pu commettre. Faire en sorte que les gens ne le voient pas comme une personne horrible. Tellement tout faire pour que tout le monde soit content que ça l'avait mangé un peu, de ressentir toutes les émotions des autres comme s'il était responsable de leur état et n'arriver qu'à moitié à leur enlever leurs idées noires. La porte s'ouvrit avec force alors qu'il venait de se mettre debout et laissa découvrir le visage rouge de fureur de sa mère et celui affolé de son père. Il remarqua ses frères et sœurs dans le couloir qui, alertés par le bruit, étaient sortis de leur chambre et s'étaient précipités vers la sienne. Sa mère lança à moitié le paquet sur le lit du roux qui pu apercevoir un léger tissu bleu sortir du paquet éventré et qui avait sûrement été enlevé puis remit dans le paquet en vitesse. Il vit ses frères et sœurs détaler comme des lapins quand leur mère commença à hurler et il leur en était presque reconnaissant de ne pas être restés à admirer leur grand frère se faire détruire.
-Tu te fiche de moi Herschel ? Est-ce que tu te fiche de moi, jeune homme ? Il ouvrit la bouche pour répondre mais elle ne lui laissa pas cette chance et continua : Ne pense même pas à me couper la parole, tu te tais et tu m'écoute. Elle hurlait mais sa voix baissait pour devenir glaçante. Tu es mon garçon Herschel et je t'ai déjà dis plusieurs fois qu'il était hors de question que tu continue du mauvais chemin à mettre des robes et autres fantaisies. Ce n'est pas normal Herschel. Je te permet de tomber amoureux de qui tu veux, de devenir ce que tu veux plus tard mais Dieu ne se trompe jamais, la nature ne se trompe jamais et surtout pas quand il s'agit de donner un sexe à quelqu'un. Quand la nature choisir de faire de toi un petit garçon, tu l'accepte et tu te tais, tu n'as rien à dire contre ça tu m'entends ? Tu m'entends Herschel ? Réponds-moi quand je te parle ! finit-elle par hurler quand son fils ne fit que la regarder avec de gros yeux et la bouche ouverte comme celle d'un poisson.
-M-m-mais je... Je ne... Il regarda son père qui lui fit une grimace désolée. Pourquoi il ne l'aide pas ?
-A qui en as-tu parlé ? Qui t'envoie ce genre de colis ? A qui as-tu parlé de ça, Herschel !? Ce n'est pas normal, tu ne dois pas faire ça, tu comprends, je te l'interdis, ce n'est pas bien. Tu me désobéis Herschel et je suis très déçue de toi. Où est passé mon gentil petit garçon ? Depuis quand tu es passé de ça à une sorte de déviant qui n'écoute plus rien ? C'est vraiment ce que tu veux devenir Herschel ? Une de ces personnes à la rue car elles n'ont jamais écouté les adultes qui leur disaient ce qui étaient le mieux pour elles et qui sont obligées de s'habiller comme ça pour se sentir exister ? Tu m'as habitué à mieux, Herschel. Alors dis moi, qu'est-ce que j'ai fais de mal pour que tu te dise que te venger en brisant tout ce que je n'avais jamais fait pour toi soit une bonne idée ? Explique moi pour l'amour de Dieu !
-Mais je veux pas, finit-il par hurler à son tour alors que de grosses larmes coulaient à nouveau sur ses joues, je veux pas être ça ! Je suis pas ça et je veux m'habiller comme une fille parce que je sais plus qui je suis ! Et je suis normal ! Je vais avoir un uniforme féminin à la rentrée parce que la directrice a dit oui et parce que je veux m'habiller comme ça et c'est tout !
Sa mère le regarda comme si elle ne l'avait jamais vu et déclara simplement avant de s'en aller à grands pas dans le couloir :
-Tu devrais prendre exemples sur tes frères, Herschel. De bons petits garçons qui écoutent leur mère et se contentent de ce que la nature a bien voulu leur offrir. Tu ne peux pas savoir à quel point je suis déçue de toi.
Quelque chose d'autre se brisa dans sa poitrine alors qu'il ne pensait plus pouvoir se casser encore plus alors qu'il regardait son père qui s'approcha de lui et le prit dans ses bras.
-Je suis désolé Herschel. Elle comprendra. Tout rentrera dans l'ordre, je te le promet, il faut juste attendre.
Il se dégagea de l'étreinte de son père et murmura :
-Tu m'as pas défendu. T'as dis que tout irait bien et que tu serais la pour moi et t'as rien fais.
Il étouffa un sanglot et ferma la porte d'un grand geste sec avant de se tourner vers le paquet et de le jeter dans un coin de la pièce en hurlant qu'il le détestait. Plus tard, la robe contenue dans le petit paquet aurait trouvé sa place sur une des poignées de son armoire et lui rappellerai que, si sa mère n'était pas d’accord avec son choix, d'autres l'étaient et que c'était à eux qu'il devait se raccrocher en espérant très fort que tout passerait assez vite et ça lui redonnerait un peu confiance en lui, de voir cette jolie robe accrochée comme un fier trophée.
Il lui semblait que cela faisait des années qu'il était rentré chez lui et pourtant, le mois de Juillet était à peine mangé à plus de la moitié. Le vingtième jour et il avait l'impression que toute sa vie aurait pu passer trois fois que cela ne lui aurait pas paru plus long. Habituellement, il sortait souvent avec sa famille ou simplement dans les vergers avec son chien mais il n'avait plus vraiment envie de sortir et sa famille ne sortait pas et ne voyageait pas, de toute façon. Son chien sortait parfois tout seul mais restait la plupart du temps assit sur son lit, voyant que son maître n'était pas vraiment au top de sa forme et voulant le réconforter un peu, même s'il n'y arrivait pas trop.
Herschel posa sa tête, ou plutôt l'enfonça dans son oreiller en soufflant comme si tout son souffle allait sortir de ses poumons. Il attendait mais il ne savait quoi. Que Angélique revienne de sa journée avec ses amis, elle sortait de plus en plus en ce moment et il avait comprit que c'était pour ne pas rester à la maison avec leur mère en particulier, ou simplement de recevoir une lettre de Panthéa ou de n'importe qui d'autre à qui il n'avait pas écrit. Il n'avait pas envie de bouger et s'ennuyait vraiment, mais ne voulait pas faire l'effort de descendre de sa chambre au salon. Il se sentait vide de toute énergie. C'était d'un côté, depuis ce jour avec le parc et la fillette mais au fond il savait que cela avait commencé avant. Peut-être avec ce garçon de Gryffondor en fin d'année ou plus encore quand il était rentré chez lui et que tout avait dérapé dans sa famille, mais il n'avait plus vraiment envie de passer son temps à faire les choses qu'il faisait avant. Même sourire semblait plus compliqué et il s'en voulait tellement de ne plus réussir à continuer sa vie comme avant, à faire en sorte que tout redevienne comme avant pour sa famille.
Il entendit un gros fracas en bas et vit par sa fenêtre un hibou qui volait beaucoup plus vite qu'il ne devait en avoir l'habitude, il devina sans trop de mal que le fracas était celui d'une fenêtre refermée violemment. Il se leva en vitesse quand son cerveau lui fit remarquer qu'il ne connaissait pas le hibou, autant comme un des amis d'Angélique, qu'un des siens et que c'était vraiment étrange parce que les seuls autres hiboux qu'il avait vu étaient ceux de Poudlard et qu'il lui semblait étrange qu'un hibou qu'il ne connaissait pas vienne chez lui alors qu'il pensait que les listes de fournitures n'arriveraient pas avant assez longtemps tout de même. Il sauta de son lit qu'il peinait à quitter quelques secondes plus tôt quand il entendit des pas lourds et menaçants monter les escaliers qui se trouvaient non loin de sa chambre. Avait-il fait quelque chose de très mal et Poudlard avait envoyé une lettre affreuse à ses parents et ils venaient pour lui hurler dessus ? Mais qu'aurait-il pu faire de si affreux ? il avait toujours tout fait pour être le plus gentil possible, le plus sage et réparer au centuple toutes les erreurs qu'il aurait pu commettre. Faire en sorte que les gens ne le voient pas comme une personne horrible. Tellement tout faire pour que tout le monde soit content que ça l'avait mangé un peu, de ressentir toutes les émotions des autres comme s'il était responsable de leur état et n'arriver qu'à moitié à leur enlever leurs idées noires. La porte s'ouvrit avec force alors qu'il venait de se mettre debout et laissa découvrir le visage rouge de fureur de sa mère et celui affolé de son père. Il remarqua ses frères et sœurs dans le couloir qui, alertés par le bruit, étaient sortis de leur chambre et s'étaient précipités vers la sienne. Sa mère lança à moitié le paquet sur le lit du roux qui pu apercevoir un léger tissu bleu sortir du paquet éventré et qui avait sûrement été enlevé puis remit dans le paquet en vitesse. Il vit ses frères et sœurs détaler comme des lapins quand leur mère commença à hurler et il leur en était presque reconnaissant de ne pas être restés à admirer leur grand frère se faire détruire.
-Tu te fiche de moi Herschel ? Est-ce que tu te fiche de moi, jeune homme ? Il ouvrit la bouche pour répondre mais elle ne lui laissa pas cette chance et continua : Ne pense même pas à me couper la parole, tu te tais et tu m'écoute. Elle hurlait mais sa voix baissait pour devenir glaçante. Tu es mon garçon Herschel et je t'ai déjà dis plusieurs fois qu'il était hors de question que tu continue du mauvais chemin à mettre des robes et autres fantaisies. Ce n'est pas normal Herschel. Je te permet de tomber amoureux de qui tu veux, de devenir ce que tu veux plus tard mais Dieu ne se trompe jamais, la nature ne se trompe jamais et surtout pas quand il s'agit de donner un sexe à quelqu'un. Quand la nature choisir de faire de toi un petit garçon, tu l'accepte et tu te tais, tu n'as rien à dire contre ça tu m'entends ? Tu m'entends Herschel ? Réponds-moi quand je te parle ! finit-elle par hurler quand son fils ne fit que la regarder avec de gros yeux et la bouche ouverte comme celle d'un poisson.
-M-m-mais je... Je ne... Il regarda son père qui lui fit une grimace désolée. Pourquoi il ne l'aide pas ?
-A qui en as-tu parlé ? Qui t'envoie ce genre de colis ? A qui as-tu parlé de ça, Herschel !? Ce n'est pas normal, tu ne dois pas faire ça, tu comprends, je te l'interdis, ce n'est pas bien. Tu me désobéis Herschel et je suis très déçue de toi. Où est passé mon gentil petit garçon ? Depuis quand tu es passé de ça à une sorte de déviant qui n'écoute plus rien ? C'est vraiment ce que tu veux devenir Herschel ? Une de ces personnes à la rue car elles n'ont jamais écouté les adultes qui leur disaient ce qui étaient le mieux pour elles et qui sont obligées de s'habiller comme ça pour se sentir exister ? Tu m'as habitué à mieux, Herschel. Alors dis moi, qu'est-ce que j'ai fais de mal pour que tu te dise que te venger en brisant tout ce que je n'avais jamais fait pour toi soit une bonne idée ? Explique moi pour l'amour de Dieu !
-Mais je veux pas, finit-il par hurler à son tour alors que de grosses larmes coulaient à nouveau sur ses joues, je veux pas être ça ! Je suis pas ça et je veux m'habiller comme une fille parce que je sais plus qui je suis ! Et je suis normal ! Je vais avoir un uniforme féminin à la rentrée parce que la directrice a dit oui et parce que je veux m'habiller comme ça et c'est tout !
Sa mère le regarda comme si elle ne l'avait jamais vu et déclara simplement avant de s'en aller à grands pas dans le couloir :
-Tu devrais prendre exemples sur tes frères, Herschel. De bons petits garçons qui écoutent leur mère et se contentent de ce que la nature a bien voulu leur offrir. Tu ne peux pas savoir à quel point je suis déçue de toi.
Quelque chose d'autre se brisa dans sa poitrine alors qu'il ne pensait plus pouvoir se casser encore plus alors qu'il regardait son père qui s'approcha de lui et le prit dans ses bras.
-Je suis désolé Herschel. Elle comprendra. Tout rentrera dans l'ordre, je te le promet, il faut juste attendre.
Il se dégagea de l'étreinte de son père et murmura :
-Tu m'as pas défendu. T'as dis que tout irait bien et que tu serais la pour moi et t'as rien fais.
Il étouffa un sanglot et ferma la porte d'un grand geste sec avant de se tourner vers le paquet et de le jeter dans un coin de la pièce en hurlant qu'il le détestait. Plus tard, la robe contenue dans le petit paquet aurait trouvé sa place sur une des poignées de son armoire et lui rappellerai que, si sa mère n'était pas d’accord avec son choix, d'autres l'étaient et que c'était à eux qu'il devait se raccrocher en espérant très fort que tout passerait assez vite et ça lui redonnerait un peu confiance en lui, de voir cette jolie robe accrochée comme un fier trophée.
Tu es né garçon, tu le restes.
Maman avait dit de s'habiller avec leurs beaux habits, parce qu'ils allaient à un repas de famille et que c'était le genre de chose où on ne pouvait pas se présenter avec nos habits troués ou salis par les différentes corvées quotidiennes à la ferme. Elle préparait toujours les tenues pour les moments comme ça, parce que tout devait être parfait, tous les petits détails autant que les choses qui se voyaient au premier regard. Pour ne pas faire honte aux autres et ne pas passer pour des campagnards sans manières. Ils n'étaient pas ça, mais dans une famille de médecins et d'avocats, sa mère qui avait épousé un fermier pour l'aider dans son métier faisait un peu tache. Alors elle faisait tout pour que tout soit au mieux quand ils se rencontraient tous. Cela n'arrivait pas souvent alors cela rendait ce moment encore plus précieux et important. Il débarrassa la table du petit déjeuner en rêvassant, explosant presque un verre dans l'évier en sursautant face au bruit que son chien fit en dérapant dans la cuisine, aboyant comme un fou. Un petit bout de verre s'était brisé en rencontrant le fond de l'évier et il rafistola le verre comme il pu avec de la glue trouvée dans un placard avant de le ranger tout au fond d'un autre, espérant que personne ne s'en rendrait compte avant longtemps.
Comme chaque année, une jolie tenue l'attendait, calmement disposée sur son lits aux draps parfaitement tirés. Une jolie chemise blanche, un pantalon noir, de la même couleur de la veste et de la cravate. Noir et blanc. Il n'aimait pas le noir. Bien sûr, ce n'était pas un costume de marque ou d'un grand couturier, ils ne pouvaient pas se permettre de telles dépenses pour autant de personnes, mais ils faisaient de leur mieux pour offrir à leurs enfants des vêtements de bonne qualité tout de même. Et même s'il les avait porté des années auparavant, des dizaines de fois, et qu'ils n'étaient pas affreux, tout ce à quoi pouvait penser Herschel était à quel point maintenant ils étaient abominables. Comme un tas de vers grouillant sur son lit. Le costume aurait été beau dans une vitrine, sur ses frères et sœurs, dans une armoire. Mais pas sur son lit, pas sur lui. Pas comme ça. Il ne comprenait pas pourquoi elle s'acharnait tant à essayer de l'habiller avec des affaires qui de toute façon ne lui inspiraient que le dégoût. De lui, des affaires et des autres. Et même s'il se sentait affreux de penser ça, il ne pouvait pas se sortir de la tête le fait que sa mère faisait n'importe quoi et ne comprenait rien.
Il resta bien dix minutes comme cela, en sous vêtements dans sa chambre, devant son lit comme un zombie, avant de se ressaisir quand il commença à frissonner. Il ne voulait pas s'habiller avec ces habits. Ce n'était pas comme son pyjama, clairement taillé pour un garçon. Ce n'était pas comme les vêtements encore masculins qu'il avait dans son armoire, non, il avait l'impression que les vêtements le narguaient. Ils représentaient tout ce qu'il n'avait pas envie de faire : abandonner. Il n'avait pas envie de baisser les bras, pas cette fois, pas pour ça. Il ramena les habits en un tas désordonné qu'il jeta comme cela dans la petite corbeille en métal au pied de son bureau déjà à moitié remplie de papiers en tous genres, un immense sourire collé aux lèvres. Il jubilait, regardant les habits y être enfoncés comme s'ils avaient été jadis des êtres humains particulièrement détestables. Vengeance. Il se tourna vers son armoire est y décrocha avec douceur la robe reçue plus tôt avant de la passer par dessus sa tête pour y faire glisser son corps maigre avant d'attacher rapidement ses cheveux en un joli chignon.
Il détalla les escaliers en riant, atterrissant dans le salon en quelques secondes. Sept tête curieuses se tournèrent vers lui. Deux pouffèrent de rire. Il sentit ses oreilles rougir. Angélique baissa la tête sur son téléphone et son père sembla soudainement fasciné par la table basse.
-C'est un dîner de famille, Herschel, pas un carnaval ria Elvis.
-On dirait que je suis pas le seul a avoir oublié, cracha-t-il avant de plaquer deux mains sur sa bouche.
-Herschel ! Excuse toi tout de suite ! N'as-tu pas honte ?
Il s'excusa en baissant les yeux avant de récupérer son sac posé contre le canapé. Il était affreux. Ce n'était pas de leur faute, aux jumeaux. Ils comprenaient pas et suivaient juste le comportement des autres. Il n'avait pas à leur en vouloir ou à leur parler comme ça, ce n'était pas juste. C'était juste méchant.
-Vas te changer Herschel. N'as-tu pas vu la jolie tenue sur ton lit ? Elle est clairement plus adaptée pour l'endroit où nous allons. Il ne bougea pas. Alors ? Il se mordilla lèvre en baissant les yeux.
-Non.....
-Pardon ? haleta sa mère. Son fils ne lui avait jamais dit non. Jamais.
-J'ai.... pas envie. Il baissa les yeux et tira sur sa robe, appréhendant la réaction de sa mère.
-Vas te changer Herschel. Maintenant. Elle se leva, menaçante. Tu manques de respect à ton frère et tu n'écoutes rien. Vas te changer tout de suite Herschel.
-Mais j'ai pas envie...
-Vas te changer ! Elle lui attrapa le bras. Ne me fait pas honte aujourd'hui, tu pourras te trimbaler dans tes habits bizarres demain, mais pas aujourd'hui. Il se dégagea avec mal.
-C'est pas des vêtements bizarres ! TU mets des robes aussi !
-Je suis une femme Herschel, j'ai le droit. Maintenant tu vas arrêter tes sottises, tu es un garçons, tu vas t'habiller normalement comme je le veux et tu vas arrêter ta mini crise d'adolescente à deux balles d'accord ?
-Mais j'ai pas envie !
-Mais je me fiche de ce que tu as envie Herschel. Un garçon va mettre des pantalons, donc tu vas remonter dans ta chambre et m'enlever cette robe, et plus vite que ça ou je peux t'assurer que je vais retrouver celui qui t'a envoyé ça et lui toucher deux mots sur le fait que je refuse qu'il dérègle le cerveau de mon petit garçon !
Il rougit et passa une main tremblante sous ses lunettes, essuyant ses yeux. Elle ne comprenait pas, et ça faisait mal. Et ça faisait mal qu'Angélique ne le sauve pas cette fois. Et ça faisait mal que son père n'intervienne pas.
-Je veux pas aller me changer !
-Tu veux que je le fasse à ta place ? Comme un bébé Herschel ? Est-ce que tu es un bébé qui n'écoute rien ? Un enfant affreux et méchant avec tout le monde ? C'est ça que tu es ? Un petit garçon méch.... Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase.
-Et si j'avais plus envie d'être un garçon !
Il silence de mort s’abattit sur la pièce alors que de grosses larmes avaient finalement percé la fine barrière qu'il avait tenté d’ériger sur ses yeux sans succès.
-Je vous déteste. Il hoqueta. T'arrêtes pas de dire qu'on peut faire ce qu'on veut, mais t'es une menteuse. Et papa il dit toujours que ça ira mieux, mais c'est pas vrai. C'est pas de ma faute, moi j'ai rien fais. C'est ta faute à toi ! Il se mit à hurler. Ta faute, ta faute, ta faute ! Vous êtes tous méchants ! Affreux ! Je vous déteste ! Je vous déteste ! Je m'habille comme je veux d'abord, et si vous êtes pas contents c'est pas grave. Je m'en fiche ! Je m'en fiche fort ! Bande de menteurs ! Vous êtes que des menteurs, des menteurs et des gens mauvais ! Il tourna les talons et rebroussa chemin avant de claquer la porte de sa chambre.
Comme chaque année, une jolie tenue l'attendait, calmement disposée sur son lits aux draps parfaitement tirés. Une jolie chemise blanche, un pantalon noir, de la même couleur de la veste et de la cravate. Noir et blanc. Il n'aimait pas le noir. Bien sûr, ce n'était pas un costume de marque ou d'un grand couturier, ils ne pouvaient pas se permettre de telles dépenses pour autant de personnes, mais ils faisaient de leur mieux pour offrir à leurs enfants des vêtements de bonne qualité tout de même. Et même s'il les avait porté des années auparavant, des dizaines de fois, et qu'ils n'étaient pas affreux, tout ce à quoi pouvait penser Herschel était à quel point maintenant ils étaient abominables. Comme un tas de vers grouillant sur son lit. Le costume aurait été beau dans une vitrine, sur ses frères et sœurs, dans une armoire. Mais pas sur son lit, pas sur lui. Pas comme ça. Il ne comprenait pas pourquoi elle s'acharnait tant à essayer de l'habiller avec des affaires qui de toute façon ne lui inspiraient que le dégoût. De lui, des affaires et des autres. Et même s'il se sentait affreux de penser ça, il ne pouvait pas se sortir de la tête le fait que sa mère faisait n'importe quoi et ne comprenait rien.
Il resta bien dix minutes comme cela, en sous vêtements dans sa chambre, devant son lit comme un zombie, avant de se ressaisir quand il commença à frissonner. Il ne voulait pas s'habiller avec ces habits. Ce n'était pas comme son pyjama, clairement taillé pour un garçon. Ce n'était pas comme les vêtements encore masculins qu'il avait dans son armoire, non, il avait l'impression que les vêtements le narguaient. Ils représentaient tout ce qu'il n'avait pas envie de faire : abandonner. Il n'avait pas envie de baisser les bras, pas cette fois, pas pour ça. Il ramena les habits en un tas désordonné qu'il jeta comme cela dans la petite corbeille en métal au pied de son bureau déjà à moitié remplie de papiers en tous genres, un immense sourire collé aux lèvres. Il jubilait, regardant les habits y être enfoncés comme s'ils avaient été jadis des êtres humains particulièrement détestables. Vengeance. Il se tourna vers son armoire est y décrocha avec douceur la robe reçue plus tôt avant de la passer par dessus sa tête pour y faire glisser son corps maigre avant d'attacher rapidement ses cheveux en un joli chignon.
Il détalla les escaliers en riant, atterrissant dans le salon en quelques secondes. Sept tête curieuses se tournèrent vers lui. Deux pouffèrent de rire. Il sentit ses oreilles rougir. Angélique baissa la tête sur son téléphone et son père sembla soudainement fasciné par la table basse.
-C'est un dîner de famille, Herschel, pas un carnaval ria Elvis.
-On dirait que je suis pas le seul a avoir oublié, cracha-t-il avant de plaquer deux mains sur sa bouche.
-Herschel ! Excuse toi tout de suite ! N'as-tu pas honte ?
Il s'excusa en baissant les yeux avant de récupérer son sac posé contre le canapé. Il était affreux. Ce n'était pas de leur faute, aux jumeaux. Ils comprenaient pas et suivaient juste le comportement des autres. Il n'avait pas à leur en vouloir ou à leur parler comme ça, ce n'était pas juste. C'était juste méchant.
-Vas te changer Herschel. N'as-tu pas vu la jolie tenue sur ton lit ? Elle est clairement plus adaptée pour l'endroit où nous allons. Il ne bougea pas. Alors ? Il se mordilla lèvre en baissant les yeux.
-Non.....
-Pardon ? haleta sa mère. Son fils ne lui avait jamais dit non. Jamais.
-J'ai.... pas envie. Il baissa les yeux et tira sur sa robe, appréhendant la réaction de sa mère.
-Vas te changer Herschel. Maintenant. Elle se leva, menaçante. Tu manques de respect à ton frère et tu n'écoutes rien. Vas te changer tout de suite Herschel.
-Mais j'ai pas envie...
-Vas te changer ! Elle lui attrapa le bras. Ne me fait pas honte aujourd'hui, tu pourras te trimbaler dans tes habits bizarres demain, mais pas aujourd'hui. Il se dégagea avec mal.
-C'est pas des vêtements bizarres ! TU mets des robes aussi !
-Je suis une femme Herschel, j'ai le droit. Maintenant tu vas arrêter tes sottises, tu es un garçons, tu vas t'habiller normalement comme je le veux et tu vas arrêter ta mini crise d'adolescente à deux balles d'accord ?
-Mais j'ai pas envie !
-Mais je me fiche de ce que tu as envie Herschel. Un garçon va mettre des pantalons, donc tu vas remonter dans ta chambre et m'enlever cette robe, et plus vite que ça ou je peux t'assurer que je vais retrouver celui qui t'a envoyé ça et lui toucher deux mots sur le fait que je refuse qu'il dérègle le cerveau de mon petit garçon !
Il rougit et passa une main tremblante sous ses lunettes, essuyant ses yeux. Elle ne comprenait pas, et ça faisait mal. Et ça faisait mal qu'Angélique ne le sauve pas cette fois. Et ça faisait mal que son père n'intervienne pas.
-Je veux pas aller me changer !
-Tu veux que je le fasse à ta place ? Comme un bébé Herschel ? Est-ce que tu es un bébé qui n'écoute rien ? Un enfant affreux et méchant avec tout le monde ? C'est ça que tu es ? Un petit garçon méch.... Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase.
-Et si j'avais plus envie d'être un garçon !
Il silence de mort s’abattit sur la pièce alors que de grosses larmes avaient finalement percé la fine barrière qu'il avait tenté d’ériger sur ses yeux sans succès.
-Je vous déteste. Il hoqueta. T'arrêtes pas de dire qu'on peut faire ce qu'on veut, mais t'es une menteuse. Et papa il dit toujours que ça ira mieux, mais c'est pas vrai. C'est pas de ma faute, moi j'ai rien fais. C'est ta faute à toi ! Il se mit à hurler. Ta faute, ta faute, ta faute ! Vous êtes tous méchants ! Affreux ! Je vous déteste ! Je vous déteste ! Je m'habille comme je veux d'abord, et si vous êtes pas contents c'est pas grave. Je m'en fiche ! Je m'en fiche fort ! Bande de menteurs ! Vous êtes que des menteurs, des menteurs et des gens mauvais ! Il tourna les talons et rebroussa chemin avant de claquer la porte de sa chambre.