Et ils vécurent heureux...
2 août 2044, Brighton.
Une vingtaine de degrés, une légère brise de vent, rien que la mer à l’horizon. Elle n’aurait jamais cru pouvoir dire cela un jour mais l’Aiglonne a passé une très bonne journée en compagnie de sa famille. Helen, Robert, Matt et Katy ont décidé de changer d’air et de partir en vacances près de la mer. Une fois arrivés à Brighton, la petite famille a visité le célèbre Pavillon de la ville avant d’aller prendre une glace sur la jetée. Katy et Matt sont ensuite allés jouer au frisbee sur la plage pendant que leur parents décidaient du programme de la semaine, tous deux assis sur le sable fin. Et puis après le diner, la Serdaigle a décidé de retourner seule sur cette même plage pour repenser calmement à son année.
6 avril 2044, Londres.
« Maman, j’ai bien réfléchi, et il faut qu’on y aille »
Katy se tenait droite, les bras croisés, fixant sa mère de son regard perçant. Helen était assise dans le jardin en train de lire. Elle releva sa tête, les sourcils froncés, ayant l’air de ne rien comprendre à cette demande. Voyant le sérieux dont faisait preuve sa fille, elle glissa délicatement son marque-page à l’intérieur de son livre et le referma.
« De quoi tu veux parler ? » répondit-elle calmement.
La Serdaigle prit une grande respiration. Fallait-il lui dire franchement ce qu’elle voulait ? Essayer de lui expliquer ses motivations pour que sa mère soit plus indulgente ? Dans tous les cas Helen devrait céder à un moment ou un autre à cette demande, alors autant être directe.
« Je veux aller aux archives du Ministère pour savoir une bonne fois pour toutes ce qu’il est devenu. »
Helen soupira. Elle posa son livre au sol et se redressa. En voyant son expression faciale, l’Aiglonne devinait que la réponse n’allait pas lui plaire. Elle connaissait d’avance le long discours que sa mère allait lui faire : Alexander était lâchement parti, il n’avait jamais demandé la moindre nouvelle de sa fille et c’était Robert qui s’était comporté en véritable père…
« Crois-moi je voulais y aller sans toi mais comme je ne suis pas majeure ils ne me diront rien. Il faut que tu m’aides. Je te promets qu’après ça je ne t’en parlerai plus. »
Le visage d’Helen changea tout à coup d’expression, comme si elle se trouvait prise au dépourvu. Elle restait silencieuse comme elle se sentait prise au piège par sa fille. Katy gardait toujours les bras croisés en attendant qu’elle prenne une décision.
« C’est pas comme si tu me laissais le choix… Elle soupira une nouvelle fois. Je ne sais pas exactement ce qui lui est arrivé mais je reste persuadée que ce n’est pas une bonne idée. »
L’Aiglonne ressentit une grande satisfaction intérieure mais n’en montra rien car elle savait que ce n’était pas le bon moment. Elle sourit légèrement en guise de remerciement et partit sans dire un mot.
Une vingtaine de degrés, une légère brise de vent, rien que la mer à l’horizon. Elle n’aurait jamais cru pouvoir dire cela un jour mais l’Aiglonne a passé une très bonne journée en compagnie de sa famille. Helen, Robert, Matt et Katy ont décidé de changer d’air et de partir en vacances près de la mer. Une fois arrivés à Brighton, la petite famille a visité le célèbre Pavillon de la ville avant d’aller prendre une glace sur la jetée. Katy et Matt sont ensuite allés jouer au frisbee sur la plage pendant que leur parents décidaient du programme de la semaine, tous deux assis sur le sable fin. Et puis après le diner, la Serdaigle a décidé de retourner seule sur cette même plage pour repenser calmement à son année.
6 avril 2044, Londres.
« Maman, j’ai bien réfléchi, et il faut qu’on y aille »
Katy se tenait droite, les bras croisés, fixant sa mère de son regard perçant. Helen était assise dans le jardin en train de lire. Elle releva sa tête, les sourcils froncés, ayant l’air de ne rien comprendre à cette demande. Voyant le sérieux dont faisait preuve sa fille, elle glissa délicatement son marque-page à l’intérieur de son livre et le referma.
« De quoi tu veux parler ? » répondit-elle calmement.
La Serdaigle prit une grande respiration. Fallait-il lui dire franchement ce qu’elle voulait ? Essayer de lui expliquer ses motivations pour que sa mère soit plus indulgente ? Dans tous les cas Helen devrait céder à un moment ou un autre à cette demande, alors autant être directe.
« Je veux aller aux archives du Ministère pour savoir une bonne fois pour toutes ce qu’il est devenu. »
Helen soupira. Elle posa son livre au sol et se redressa. En voyant son expression faciale, l’Aiglonne devinait que la réponse n’allait pas lui plaire. Elle connaissait d’avance le long discours que sa mère allait lui faire : Alexander était lâchement parti, il n’avait jamais demandé la moindre nouvelle de sa fille et c’était Robert qui s’était comporté en véritable père…
« Crois-moi je voulais y aller sans toi mais comme je ne suis pas majeure ils ne me diront rien. Il faut que tu m’aides. Je te promets qu’après ça je ne t’en parlerai plus. »
Le visage d’Helen changea tout à coup d’expression, comme si elle se trouvait prise au dépourvu. Elle restait silencieuse comme elle se sentait prise au piège par sa fille. Katy gardait toujours les bras croisés en attendant qu’elle prenne une décision.
« C’est pas comme si tu me laissais le choix… Elle soupira une nouvelle fois. Je ne sais pas exactement ce qui lui est arrivé mais je reste persuadée que ce n’est pas une bonne idée. »
L’Aiglonne ressentit une grande satisfaction intérieure mais n’en montra rien car elle savait que ce n’était pas le bon moment. Elle sourit légèrement en guise de remerciement et partit sans dire un mot.
Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.
'Je crois en toi' comprendra qui pourra...
Et ils vécurent heureux...
9 avril 2044, ministère de la Magie.
En arrivant au ministère de la Magie, Katy fut impressionnée par les lieux qu’elle ne pensait pas aussi grands et bondés. Elle voulait s’attarder sur les décors mais étant si près de la vérité, elle ne pouvait pas se permettre de perdre ne serait-ce qu’une seconde.
« Wah c’est super grand ici ! On doit aller où ? »
Helen ne dit rien et se contenta simplement de saisir la main de Katy pour la tirer vers le département de la justice magique. Les deux femmes marchèrent rapidement en tentant d’esquiver tous les gens qui couraient dans tous les sens. La mère de l’Aiglonne semblait encore plus stressée que cette-dernière. Une fois arrivée au deuxième étage du ministère, Helen resta immobile, ne sachant pas trop vers où se tourner. Cette fois c’est Katy qui prit la main de sa mère, bien décidée à se rendre vers le Bureau des Aurors. Helen tentait de la retenir.
« Mais tu es folle, ce n’est pas eux qui te diront ce qu’est devenu ton père. »
Elles se trouvaient maintenant juste devant le Bureau où deux personnes discutaient.
« Ah oui tu crois ? Elle haussa la voix dans le but de se faire entendre. Tu crois qu’après ce que mes grands-parents ont fait le nom d’Alexander Finnigan n’est pas connu ici ? Parce que moi je pense le contraire tu vois. »
Alors que Katy avait pris soin d’articuler distinctement le nom de son père, les deux sorciers présents s’arrêtèrent immédiatement de parler et se tournèrent vers elles. L’un était petit et très fin, il devait avoir une cinquantaine d’années et l’expression de son visage montrait très clairement qu’il connaissait cette histoire. L’autre, d’une carrure plus importante, semblait avoir quelques années de plus et affichait le même air sur son visage. Ils se rapprochèrent des deux femmes avec un air très inquiet.
« Bonjour mesdames, je suis navré de vous interrompre mais j’ai entendu un nom qui m’est familier. Puis-je vous aider ? » dit le premier tout en restant sur ses gardes.
« Bonjour monsieur, répondit poliment Katy, je ne sais pas qui vous êtes mais je pense que vous pourrez m’aider. Je suis la fille d’Alexander Finnigan et la petite-fille de Quinn et Gand Finnigan. Je sais que mes grands-parents sont enfermés à Azkaban mais je n’ai jamais réussi à trouver la trace de mon père. »
Les deux hommes se regardèrent stupéfaits puis cherchèrent Helen du regard pour qu’elle leur explique la situation, elle qui était adulte. A ce moment-là Katy ne se sentit pas prise en sérieux et ne trouvait pas cela normal qu’on ne le croit pas sous prétexte qu’elle n’était pas encore majeure.
« Je suis la mère de Katy et… l’ex-compagne d’Alexander dont je n’ai plus eu de nouvelles depuis très longtemps. C’est pourquoi… nous sommes ici. »
Les deux hommes déclinèrent alors à leur tour leur identité et expliquèrent que ce n’était pas vraiment leur rôle de dévoiler cette histoire mais voyant le regard de Katy qui les suppliait de lui dire la vérité, ils la firent entrer dans une petite pièce avec sa mère et les firent s’asseoir avant de commencer. Cette fois, c’est l’homme le plus âgé qui prit la parole.
« En temps normal je devrais vous diriger vers les archives mais étant donné les circonstances, je préfère vous donner les grandes lignes moi-même car je me suis occupé du cas de vos grands-parents avec l’Auror Teàrlach Uynauge. »
Ce nom fit frémir Katy qui ne s’attendait pas à entendre parler du grand-père de son cousin aujourd’hui, et pourtant elle n’était pas au bout de ses surprises.
« Votre père s’en est violemment pris à Monsieur Uynauge il y a quatre ans pour venger ses parents. Monsieur Uynauge a heureusement réussi à le contrer et l’a sévèrement blessé. C’est pourquoi votre père a été envoyé à Sainte-Mangouste avant d’être envoyé à Azkaban. A Sainte-Mangouste il a été soigné physiquement mais le personnel médical a repéré des troubles mentaux assez importants chez lui. Vous trouvez ça peut-être insignifiant mais… Lorsqu’il était à Azkaban, votre père a réussi à échapper à la surveillance d’un gardien, il a délibérément attaqué son père et l’a tué… Il s’est ensuite… »
L’esprit de Katy s’arrêta sur cette fin de phrase. Alexander avait tué son père. Pourquoi ? Comment ? Quand ? En voyant que Katy était complètement choquée par cette annonce et voulait en savoir plus, l’homme revint sur son récit.
« Alexander a étranglé son père en hurlant que « tout était de sa faute » et s’est ensuite jeté sur votre grand-mère qu’il allait étrangler à son tour si le gardien ne lui avait pas lancé le sortilège de la mort pour le neutraliser. »
Katy sursauta et se mit à pleurer. Comment toute cette histoire avait-elle pu se terminer ainsi ? Alexander n’avait quand même pas pu devenir fou à ce point…
« Je suis désolé… Mais sachez qu’il devenait complètement incontrôlable et que tôt ou tard il aurait recommencé. Il était devenu fou… »
Helen fit signe à l’Auror de se taire car elle voyait que l’Aiglonne ne pouvait pas en entendre davantage. De toute façon tout était maintenant dit. Les deux Aurors laissèrent mère et fille dans le bureau pour qu’elles digèrent la nouvelle. Katy sanglotait, elle était en larmes et ne savait plus quoi penser. Sa mère qui était elle aussi en état de choc la prit dans ses bras.
« Je crois qu’on devrait rentrer et reparler de tout ça plus tard d’accord ? »
Elle se leva et tendit sa main à Katy pour qu’elle la suive. Helen remercia les deux hommes en sortant du bureau avant de les saluer et elles quittèrent le ministère.
En arrivant au ministère de la Magie, Katy fut impressionnée par les lieux qu’elle ne pensait pas aussi grands et bondés. Elle voulait s’attarder sur les décors mais étant si près de la vérité, elle ne pouvait pas se permettre de perdre ne serait-ce qu’une seconde.
« Wah c’est super grand ici ! On doit aller où ? »
Helen ne dit rien et se contenta simplement de saisir la main de Katy pour la tirer vers le département de la justice magique. Les deux femmes marchèrent rapidement en tentant d’esquiver tous les gens qui couraient dans tous les sens. La mère de l’Aiglonne semblait encore plus stressée que cette-dernière. Une fois arrivée au deuxième étage du ministère, Helen resta immobile, ne sachant pas trop vers où se tourner. Cette fois c’est Katy qui prit la main de sa mère, bien décidée à se rendre vers le Bureau des Aurors. Helen tentait de la retenir.
« Mais tu es folle, ce n’est pas eux qui te diront ce qu’est devenu ton père. »
Elles se trouvaient maintenant juste devant le Bureau où deux personnes discutaient.
« Ah oui tu crois ? Elle haussa la voix dans le but de se faire entendre. Tu crois qu’après ce que mes grands-parents ont fait le nom d’Alexander Finnigan n’est pas connu ici ? Parce que moi je pense le contraire tu vois. »
Alors que Katy avait pris soin d’articuler distinctement le nom de son père, les deux sorciers présents s’arrêtèrent immédiatement de parler et se tournèrent vers elles. L’un était petit et très fin, il devait avoir une cinquantaine d’années et l’expression de son visage montrait très clairement qu’il connaissait cette histoire. L’autre, d’une carrure plus importante, semblait avoir quelques années de plus et affichait le même air sur son visage. Ils se rapprochèrent des deux femmes avec un air très inquiet.
« Bonjour mesdames, je suis navré de vous interrompre mais j’ai entendu un nom qui m’est familier. Puis-je vous aider ? » dit le premier tout en restant sur ses gardes.
« Bonjour monsieur, répondit poliment Katy, je ne sais pas qui vous êtes mais je pense que vous pourrez m’aider. Je suis la fille d’Alexander Finnigan et la petite-fille de Quinn et Gand Finnigan. Je sais que mes grands-parents sont enfermés à Azkaban mais je n’ai jamais réussi à trouver la trace de mon père. »
Les deux hommes se regardèrent stupéfaits puis cherchèrent Helen du regard pour qu’elle leur explique la situation, elle qui était adulte. A ce moment-là Katy ne se sentit pas prise en sérieux et ne trouvait pas cela normal qu’on ne le croit pas sous prétexte qu’elle n’était pas encore majeure.
« Je suis la mère de Katy et… l’ex-compagne d’Alexander dont je n’ai plus eu de nouvelles depuis très longtemps. C’est pourquoi… nous sommes ici. »
Les deux hommes déclinèrent alors à leur tour leur identité et expliquèrent que ce n’était pas vraiment leur rôle de dévoiler cette histoire mais voyant le regard de Katy qui les suppliait de lui dire la vérité, ils la firent entrer dans une petite pièce avec sa mère et les firent s’asseoir avant de commencer. Cette fois, c’est l’homme le plus âgé qui prit la parole.
« En temps normal je devrais vous diriger vers les archives mais étant donné les circonstances, je préfère vous donner les grandes lignes moi-même car je me suis occupé du cas de vos grands-parents avec l’Auror Teàrlach Uynauge. »
Ce nom fit frémir Katy qui ne s’attendait pas à entendre parler du grand-père de son cousin aujourd’hui, et pourtant elle n’était pas au bout de ses surprises.
« Votre père s’en est violemment pris à Monsieur Uynauge il y a quatre ans pour venger ses parents. Monsieur Uynauge a heureusement réussi à le contrer et l’a sévèrement blessé. C’est pourquoi votre père a été envoyé à Sainte-Mangouste avant d’être envoyé à Azkaban. A Sainte-Mangouste il a été soigné physiquement mais le personnel médical a repéré des troubles mentaux assez importants chez lui. Vous trouvez ça peut-être insignifiant mais… Lorsqu’il était à Azkaban, votre père a réussi à échapper à la surveillance d’un gardien, il a délibérément attaqué son père et l’a tué… Il s’est ensuite… »
L’esprit de Katy s’arrêta sur cette fin de phrase. Alexander avait tué son père. Pourquoi ? Comment ? Quand ? En voyant que Katy était complètement choquée par cette annonce et voulait en savoir plus, l’homme revint sur son récit.
« Alexander a étranglé son père en hurlant que « tout était de sa faute » et s’est ensuite jeté sur votre grand-mère qu’il allait étrangler à son tour si le gardien ne lui avait pas lancé le sortilège de la mort pour le neutraliser. »
Katy sursauta et se mit à pleurer. Comment toute cette histoire avait-elle pu se terminer ainsi ? Alexander n’avait quand même pas pu devenir fou à ce point…
« Je suis désolé… Mais sachez qu’il devenait complètement incontrôlable et que tôt ou tard il aurait recommencé. Il était devenu fou… »
Helen fit signe à l’Auror de se taire car elle voyait que l’Aiglonne ne pouvait pas en entendre davantage. De toute façon tout était maintenant dit. Les deux Aurors laissèrent mère et fille dans le bureau pour qu’elles digèrent la nouvelle. Katy sanglotait, elle était en larmes et ne savait plus quoi penser. Sa mère qui était elle aussi en état de choc la prit dans ses bras.
« Je crois qu’on devrait rentrer et reparler de tout ça plus tard d’accord ? »
Elle se leva et tendit sa main à Katy pour qu’elle la suive. Helen remercia les deux hommes en sortant du bureau avant de les saluer et elles quittèrent le ministère.
Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.
'Je crois en toi' comprendra qui pourra...
Et ils vécurent heureux...
9 avril 2044, Londres.
Alexander. Mort.
Ces deux mots dont seule la sonorité de la dernière syllabe était à peu près semblable se livraient à présent à des aller-retours dans l’esprit de Serdaigle. Ils étaient un peu comme un chat et une souris qui passaient à toute vitesse dans un sens puis dans l’autre jusqu’à temps que l’un arrive à piéger l’autre. Et cela faisait maintenant deux heures qu’ils semaient le chaos à l’intérieur du crâne de Katy, à son plus grand désespoir. En plus de cela, ses larmes qui n’avaient cessé de couler jusqu’à cet instant venaient submerger son visage pâle. Malgré les mots qu’Helen avait pu lui dire sur le chemin du retour, elle restait totalement inconsolable.
L’Aiglonne était allongée en boule sur son lit dans sa chambre où peu de lumière parvenait à passer derrière les rideaux tirés. Elle avait plongé sa tête dans son oreiller pour étouffer le bruit de ses sanglots et la retirait seulement de temps à autre pour reprendre une longue respiration avant de sombrer de nouveau dans le noir total de son oreiller. Aucune question ne lui venait, seules les scènes évoquées par l’Auror se jouaient en boucle sur l’écran noir de son imagination. Des scènes floues dont elle n’était même pas capable de concevoir les têtes des personnages car elle ne les avait jamais vues. Elle n’avait jamais vu son père – du moins elle ne pouvait pas s’en souvenir – ni son grand-père, ni sa grand-mère… Elle se sentait comme étrangère à sa propre famille.
La porte s’ouvrit. Le mouvement de son ouverture fut si lent que son grincement habituel ne s’entendit pas.
« Je t’avais dit que tu n’apprendrais rien de bon là-bas… »
Oui, c’était vrai, elle lui avait dit. Est-ce qu’elle avait pour autant besoin de lui rappeler qu’elle avait eu raison dans un moment pareil ? Sans doute pas. Ou alors son ego fonctionnait à l’envers. Dans tous les cas, l’Aiglonne avait tout sauf envie de lui répondre telle une petite fille parfaite « oui tu avais raison maman ». Elle gardait la tête dans son oreiller et resserrait encore plus ses jambes contre son ventre, comme pour se protéger d’une éventuelle attaque verbale. En attendant, le chat et la souris livraient encore bataille dans son esprit.
Un poids fit pression sur le bord du matelas et la main d’Helen caressa les cheveux de sa fille délicatement. Katy resta dans la même position mais releva sa tête pour l’orienter vers sa mère. Elle s’était assise auprès d’elle et tenait une boîte entre ses mains.
« Tu sais très bien que j’avais besoin de savoir. Peut-être que si tu ne m’avais pas caché la vérité pendant si longtemps j’aurais eu moins mal aujourd’hui. Toi ça a l’air d’aller par contre, encore un truc que tu savais sans me le dire. »
La réponse de la Serdaigle pouvait la rendre assez arrogante mais Helen ne dit rien. Elle ne pouvait même pas imaginer comment elle aurait réagi à sa place après tout ce qui s’était passé. Elle garda son calme pour répondre.
« Si tu crois que je reste indifférente envers la mort de ton père tu te trompes. Seulement… Ton père m’a blessée quand il est parti et pendant un moment j’ai vraiment cru qu’il était mort. Je crois que j’ai fait mon deuil à cette période. Tu devais avoir quatre ans, ce n’était pas facile à gérer… »
Malgré sa tristesse, Katy comprenait en partie l’explication de sa mère et éprouvait un peu de peine pour elle. Elle se redressa, s’assit contre le mur qui bordait son lit et invita sa mère à faire de même.
« C’est quoi ta boîte ? » demanda-t-elle entre deux sanglots.
Helen plaça la boîte cartonnée sur le côté du lit. L’Aiglonne aperçut que le nom de son père dessus avant que sa mère ne pose son coude dessus.
« Euh… C’est une boîte que je voulais te montrer mais je crois qu’il vaut mieux qu’on en reparle plus tard. Ecoute, je veux juste que tu saches que malgré ce que j’ai pu te dire sur ton père au début, il n’a pas toujours été très gentil. Enfin disons qu’après sa sortie de Poudlard il n’avait plus personne pour veiller sur lui et parfois il devenait incontrôlable. Il lançait tout dans la maison, disparaissait pendant quelques jours je ne sais où, et revenait avec un grand sourire aux lèvres… Je crois que tout ça était inévitable. »
Alexander. Mort. Inévitable.
Une souris, un chat, et à présent un chien se couraient après dans la tête de Katy et ce, pendant des jours entiers.
Alexander. Mort.
Ces deux mots dont seule la sonorité de la dernière syllabe était à peu près semblable se livraient à présent à des aller-retours dans l’esprit de Serdaigle. Ils étaient un peu comme un chat et une souris qui passaient à toute vitesse dans un sens puis dans l’autre jusqu’à temps que l’un arrive à piéger l’autre. Et cela faisait maintenant deux heures qu’ils semaient le chaos à l’intérieur du crâne de Katy, à son plus grand désespoir. En plus de cela, ses larmes qui n’avaient cessé de couler jusqu’à cet instant venaient submerger son visage pâle. Malgré les mots qu’Helen avait pu lui dire sur le chemin du retour, elle restait totalement inconsolable.
L’Aiglonne était allongée en boule sur son lit dans sa chambre où peu de lumière parvenait à passer derrière les rideaux tirés. Elle avait plongé sa tête dans son oreiller pour étouffer le bruit de ses sanglots et la retirait seulement de temps à autre pour reprendre une longue respiration avant de sombrer de nouveau dans le noir total de son oreiller. Aucune question ne lui venait, seules les scènes évoquées par l’Auror se jouaient en boucle sur l’écran noir de son imagination. Des scènes floues dont elle n’était même pas capable de concevoir les têtes des personnages car elle ne les avait jamais vues. Elle n’avait jamais vu son père – du moins elle ne pouvait pas s’en souvenir – ni son grand-père, ni sa grand-mère… Elle se sentait comme étrangère à sa propre famille.
La porte s’ouvrit. Le mouvement de son ouverture fut si lent que son grincement habituel ne s’entendit pas.
« Je t’avais dit que tu n’apprendrais rien de bon là-bas… »
Oui, c’était vrai, elle lui avait dit. Est-ce qu’elle avait pour autant besoin de lui rappeler qu’elle avait eu raison dans un moment pareil ? Sans doute pas. Ou alors son ego fonctionnait à l’envers. Dans tous les cas, l’Aiglonne avait tout sauf envie de lui répondre telle une petite fille parfaite « oui tu avais raison maman ». Elle gardait la tête dans son oreiller et resserrait encore plus ses jambes contre son ventre, comme pour se protéger d’une éventuelle attaque verbale. En attendant, le chat et la souris livraient encore bataille dans son esprit.
Un poids fit pression sur le bord du matelas et la main d’Helen caressa les cheveux de sa fille délicatement. Katy resta dans la même position mais releva sa tête pour l’orienter vers sa mère. Elle s’était assise auprès d’elle et tenait une boîte entre ses mains.
« Tu sais très bien que j’avais besoin de savoir. Peut-être que si tu ne m’avais pas caché la vérité pendant si longtemps j’aurais eu moins mal aujourd’hui. Toi ça a l’air d’aller par contre, encore un truc que tu savais sans me le dire. »
La réponse de la Serdaigle pouvait la rendre assez arrogante mais Helen ne dit rien. Elle ne pouvait même pas imaginer comment elle aurait réagi à sa place après tout ce qui s’était passé. Elle garda son calme pour répondre.
« Si tu crois que je reste indifférente envers la mort de ton père tu te trompes. Seulement… Ton père m’a blessée quand il est parti et pendant un moment j’ai vraiment cru qu’il était mort. Je crois que j’ai fait mon deuil à cette période. Tu devais avoir quatre ans, ce n’était pas facile à gérer… »
Malgré sa tristesse, Katy comprenait en partie l’explication de sa mère et éprouvait un peu de peine pour elle. Elle se redressa, s’assit contre le mur qui bordait son lit et invita sa mère à faire de même.
« C’est quoi ta boîte ? » demanda-t-elle entre deux sanglots.
Helen plaça la boîte cartonnée sur le côté du lit. L’Aiglonne aperçut que le nom de son père dessus avant que sa mère ne pose son coude dessus.
« Euh… C’est une boîte que je voulais te montrer mais je crois qu’il vaut mieux qu’on en reparle plus tard. Ecoute, je veux juste que tu saches que malgré ce que j’ai pu te dire sur ton père au début, il n’a pas toujours été très gentil. Enfin disons qu’après sa sortie de Poudlard il n’avait plus personne pour veiller sur lui et parfois il devenait incontrôlable. Il lançait tout dans la maison, disparaissait pendant quelques jours je ne sais où, et revenait avec un grand sourire aux lèvres… Je crois que tout ça était inévitable. »
Alexander. Mort. Inévitable.
Une souris, un chat, et à présent un chien se couraient après dans la tête de Katy et ce, pendant des jours entiers.
Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.
'Je crois en toi' comprendra qui pourra...
Et ils vécurent heureux...
26 juillet 2044, Londres.
L’année scolaire était terminée depuis bientôt un mois. Retourner à Poudlard après les vacances de Pâques n’avait pas été facile pour Katy mais elle n’aurait pas pu rester chez elle pendant tout ce temps. Elle pensait souvent à son père et avait encore beaucoup de mal à assimiler sa mort et le fait qu’après toutes ses recherches elle n’avait désormais plus aucune chance de le retrouver pour le revoir. Avec le temps, des questions plus précises lui étaient venues en tête comme la date exacte de sa mort, le nom du garde qui l’avait exécuté. Connaître ces réponses ne changerait certainement rien aux faits mais il y avait eu tant de zones d’ombre pendant toutes ces années que la Serdaigle éprouvait ce besoin – presque maladif – de sans cesse faire des recherches. Comme elle savait qu’il n’y avait qu’au ministère qu’on pourrait lui répondre et qu’elle avait promis à sa mère de ne plus lui reparler d’Alexander, elle avait peu à peu accepté le fait de rester avec ses interrogations en suspens. Et progressivement Alexander quittait ses pensées. Elle arrivait même à passer quelques nuits sans faire de cauchemars sur la mort de son père.
L’Aiglonne se trouvait assise sur son lit avec son livre d’Histoire de la Magie dans les mains. Elle essayait de prendre de l’avance sur le programme de septième année car son professeur l’avait prévenue qu’il serait très dense et qu’il valait mieux en connaitre les bases dès la rentrée. Katy aimait beaucoup cette matière mais trouvait qu’elle demandait de grandes exigences d’apprentissage pour réussir. Alors qu’elle s’apprêtait à terminer sa page sur la révolte gobeline, quelqu’un frappa à sa porte.
« Oui ? »
Helen entrouvrit la porte et glissa sa tête dans la chambre. Elle regarda le livre que tenait sa fille et sourit.
« Tu travailles trop ! Fais une pause et viens, il faut qu’on fasse quelque chose. »
Robert et Matt n’étant pas à la maison, la Serdaigle se dit qu’elle ferait sûrement mieux d’écouter sa mère et de passer du temps rien qu’avec elle. Elle posa son livre et se leva de son lit. Sa mère lui fit signe de la suivre jusqu’au jardin où se trouvait la fameuse boîte laissée sur l’herbe.
« Puisqu’on est toutes les deux, je voulais qu’on en profite pour détruire ça. »
Katy la regarda d’un air étonnée. Comment pouvait-elle détruire une boîte dont elle ne connaissait pas le contenu ? Son regard interrogateur força Helen à s’expliquer.
« Il y a toutes les affaires précieuses de ton père que j’avais gardées dedans. Ses gants de Quidditch, son blason de Poufsouffle, ses photos… Je crois qu’il faut qu’on les détruise une bonne fois pour toutes et qu’on tire définitivement un trait sur cette histoire. Je pense que tu es prête à prendre un nouveau départ maintenant. »
Katy resta sans voix. Sur le coup elle aurait voulu regarder ces photos, toucher ces affaires mais elle savait que c’était mal. Après tout le chemin qu’elle avait parcouru pour l’oublier, il ne fallait pas craquer. Elle hocha simplement sa tête. Helen sortit alors sa baguette et lança un regard compatissant à sa fille avant de prononcer son incendio.
Les deux femmes regardèrent alors la boîte prendre feu sans dire un mot. C’était comme si, après toutes ces années, elles avaient enfin dit adieu à Alexander.
« Robert et moi avons parlé à Matt de ce qui s’était passé car lui aussi a grandi et est en capacité de comprendre. Nous voulons que tout ça ait au moins servi à quelque chose : nous rapprocher. Avec Robert nous avons pensé que ça nous ferait du bien de nous retrouver tous les quatre comme avant alors nous avons décidé de partir à Brighton la semaine prochaine. »
2 août 2044, Brighton.
C’est ainsi que Katy s’était retrouvée sur cette plage et qu’elle allait passer une semaine en famille. Cette famille qui n’était peut-être pas complètement sa famille de sang était au moins sa famille de cœur, celle avec laquelle elle avait grandi jusqu’aujourd’hui et sur laquelle elle pourrait compter demain. Maintenant qu’elle se sentait libérée du poids de son secret familial, la Serdaigle allait pouvoir entamer sereinement sa septième année et donner le meilleur d’elle-même pour ses ASPIC. Si tout se passait bien, elle réussirait à devenir fabricante de baguettes magiques, métier dans lequel elle se projetait déjà.
L’année scolaire était terminée depuis bientôt un mois. Retourner à Poudlard après les vacances de Pâques n’avait pas été facile pour Katy mais elle n’aurait pas pu rester chez elle pendant tout ce temps. Elle pensait souvent à son père et avait encore beaucoup de mal à assimiler sa mort et le fait qu’après toutes ses recherches elle n’avait désormais plus aucune chance de le retrouver pour le revoir. Avec le temps, des questions plus précises lui étaient venues en tête comme la date exacte de sa mort, le nom du garde qui l’avait exécuté. Connaître ces réponses ne changerait certainement rien aux faits mais il y avait eu tant de zones d’ombre pendant toutes ces années que la Serdaigle éprouvait ce besoin – presque maladif – de sans cesse faire des recherches. Comme elle savait qu’il n’y avait qu’au ministère qu’on pourrait lui répondre et qu’elle avait promis à sa mère de ne plus lui reparler d’Alexander, elle avait peu à peu accepté le fait de rester avec ses interrogations en suspens. Et progressivement Alexander quittait ses pensées. Elle arrivait même à passer quelques nuits sans faire de cauchemars sur la mort de son père.
L’Aiglonne se trouvait assise sur son lit avec son livre d’Histoire de la Magie dans les mains. Elle essayait de prendre de l’avance sur le programme de septième année car son professeur l’avait prévenue qu’il serait très dense et qu’il valait mieux en connaitre les bases dès la rentrée. Katy aimait beaucoup cette matière mais trouvait qu’elle demandait de grandes exigences d’apprentissage pour réussir. Alors qu’elle s’apprêtait à terminer sa page sur la révolte gobeline, quelqu’un frappa à sa porte.
« Oui ? »
Helen entrouvrit la porte et glissa sa tête dans la chambre. Elle regarda le livre que tenait sa fille et sourit.
« Tu travailles trop ! Fais une pause et viens, il faut qu’on fasse quelque chose. »
Robert et Matt n’étant pas à la maison, la Serdaigle se dit qu’elle ferait sûrement mieux d’écouter sa mère et de passer du temps rien qu’avec elle. Elle posa son livre et se leva de son lit. Sa mère lui fit signe de la suivre jusqu’au jardin où se trouvait la fameuse boîte laissée sur l’herbe.
« Puisqu’on est toutes les deux, je voulais qu’on en profite pour détruire ça. »
Katy la regarda d’un air étonnée. Comment pouvait-elle détruire une boîte dont elle ne connaissait pas le contenu ? Son regard interrogateur força Helen à s’expliquer.
« Il y a toutes les affaires précieuses de ton père que j’avais gardées dedans. Ses gants de Quidditch, son blason de Poufsouffle, ses photos… Je crois qu’il faut qu’on les détruise une bonne fois pour toutes et qu’on tire définitivement un trait sur cette histoire. Je pense que tu es prête à prendre un nouveau départ maintenant. »
Katy resta sans voix. Sur le coup elle aurait voulu regarder ces photos, toucher ces affaires mais elle savait que c’était mal. Après tout le chemin qu’elle avait parcouru pour l’oublier, il ne fallait pas craquer. Elle hocha simplement sa tête. Helen sortit alors sa baguette et lança un regard compatissant à sa fille avant de prononcer son incendio.
Les deux femmes regardèrent alors la boîte prendre feu sans dire un mot. C’était comme si, après toutes ces années, elles avaient enfin dit adieu à Alexander.
« Robert et moi avons parlé à Matt de ce qui s’était passé car lui aussi a grandi et est en capacité de comprendre. Nous voulons que tout ça ait au moins servi à quelque chose : nous rapprocher. Avec Robert nous avons pensé que ça nous ferait du bien de nous retrouver tous les quatre comme avant alors nous avons décidé de partir à Brighton la semaine prochaine. »
2 août 2044, Brighton.
C’est ainsi que Katy s’était retrouvée sur cette plage et qu’elle allait passer une semaine en famille. Cette famille qui n’était peut-être pas complètement sa famille de sang était au moins sa famille de cœur, celle avec laquelle elle avait grandi jusqu’aujourd’hui et sur laquelle elle pourrait compter demain. Maintenant qu’elle se sentait libérée du poids de son secret familial, la Serdaigle allait pouvoir entamer sereinement sa septième année et donner le meilleur d’elle-même pour ses ASPIC. Si tout se passait bien, elle réussirait à devenir fabricante de baguettes magiques, métier dans lequel elle se projetait déjà.
Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.
'Je crois en toi' comprendra qui pourra...