Une concentration au sommet
Septembre 2043
ft. @Nathanaël Sheppard
ft. @Nathanaël Sheppard
Noir, noir, tout était noir. Le lac est noir, les robes sont noires, les chaussures sont noires. Dans le ciel, le reflet est noir. La nuit, sous ses rideaux, c’est noir. Noir, noir, tout est noir, jusqu’à l’herbe sur laquelle il marche, qui semble endormie sous l’ombre de cet arbre immense. Noir, noir, tout est noir. Et par effet d’anticipation narratologique, bientôt, ça serait aussi les manteaux.
Et les cœurs dans tout ça ?
Il ne s’était pas vraiment occupé des cœurs de ses petits camarades depuis son entrée dans l’école et cette cérémonie de Répartition qui l’avait laissé plus pensif qu’actif. Il apprenait à porter le bleu et à jouer aux énigmes afin de se rassurer. Quelle idée stupide, pour garder une salle commune. N’importe qui avec un peu de jugeote peu réfléchir à une énigme : c’est le principe, tout repose sur de la logique. C’est très prétentieux, comme jugement de valeur, de croire que leurs camarades des autres maisons ne sont pas assez intelligents pour entrer dans la Salle commune.
Et lui, alors ? Ça lui était déjà arrivé (deux fois), de ne pas avoir la réponse à une énigme pour pouvoir rentrer et être tranquille dans la sécurité de son lit à baldaquin. Il s’était senti bête, très bête. Parce qu’avec la couleur bleue, c’est ce qu’on attendait de lui. Il s’était à peine avancé dans son année que, déjà, il ne se sentait pas à la hauteur.
Pour se rassurer, quand il entendait du bruit la nuit dans son dortoir, il se disait que vu qu’ils étaient perchés tout en haut de l’une des plus hautes tours, ça devait en décourager plus d’un. Parce que lui-même, ça le décourageait, de monter toutes ces marches. Pour s’occuper, il les comptait. Mais il ne parvenait jamais au même résultat. Ce qui le poussait parfois à recommencer, pour être bien sûr de ne s’être pas trompé. Ça prenait du temps, de l’énergie. Et rien de tout ça n’était ergonomique !
Il s’était à peine installé dans le Château, que déjà, il se sentait profondément fatigué, sans pour autant réussir à se reposer. Parce que c’était difficile de monter les marches et vérifier leur nombre, parce que c’était difficile de répondre correctement à chaque fois aux énigmes (ces deux éléments réunis ne l’incitaient pas particulièrement à sortir de son dortoir pour aller gambader ailleurs). Il ne pouvait pas même se consoler en allant regarder l’âme du Château dans la Grande Salle, car elle était toujours pleine. Et si non pleine, il y avait tout de même bien trop de personnes pour son goût délicat. Beaucoup trop de personnes réunies en un lieu, avec des odeurs de nourriture, parfois de sueur, souvent un peu de poussière. Des odeurs de remous et de perturbations. Il y avait aussi du bruit, beaucoup trop. Celui des conversations disparates où aucun n’écoute les autres. Un énorme brouhaha pesant et anxiogène. Surtout à l’heure des repas. Le pire étant ceux qui parlent en mangeant. Ça, ça le dégoûtait au-delà de toutes mesures.
Lui qui a toujours vécu seul et isolé dans sa chambre, ne la quittant que par occasions pour faire de la représentation que son statut impose, le voici contraint à sortir. Ne serait-ce que pour aller en cours.
Et que dire des cours en question…
Il ne doutait pas un seul instant que ce soit des cours de très grande qualité. Preuve en est : il n’y comprenait déjà plus rien. Du moins, pour la pratique. Etre confronté au monde réel lui avait apporté quelques éléments de réponse sur sa personne : notamment le fait que, finalement, bien qu’étant né dans une famille sorcière et possédant une baguette magique, peut-être n’était-il pas sorcier. Il y avait eu fraude (involontaire, mais tout de même), de sa part, rien qu’en étant ici.
Parce qu’il est incapable de se servir de sa baguette magique.
Parce que quand en sortilèges, on lui dit de sentir la magie en lui, bah c’est le vide total.
Parce qu’il a beau répéter les gestes et les formules, ça ne sonne jamais bien. C’est soit monotone, soit trop bas, pas assez bien articulé, pas assez d’énergie ou de volonté. Il n’y fait pas d’efforts ? Au début, si, très certainement. Mais le bruit de la salle, l’agitation constante de gamins surexcité qui eux, y arrivent. Peut-être pas aux premiers essais mais rapidement, ils prennent le coup de main. Et même ceux qu’il avait orgueilleusement rangé d’office dans la catégorie « cancre » y arrivait avec bien plus de brio que lui.
Il s’était rarement senti aussi seul, aussi isolé, aussi autant en échec. Il n’avait osé en parler à ses parents. A peine une semaine était passée depuis qu’il avait quitté l’ambiance étouffante du château Lyndon que, déjà, il pensait aux moyens d’obtenir un billet de retour. Peut-être n’était-il pas fait pour ça ?
Et le pire, dans toute cette histoire, était qu’il aimait ça. Pas le fait d’échouer, évidemment. Mais il aimait apprendre, découvrir. Il dévorait les ouvrages théoriques et avait trouvé un nouvel intérêt particulier dans la préparation de potions. Ça, ça avait l’air vraiment intéressant ! Et accessible.
Il y avait tout pour le rassurer dans les Potions : des règles, une sorte de rituel, mais en même temps des permissions créatives. Sa racine, il pouvait la couper de la main gauche ou droite, selon son avis, dans le sens qu’il voulait et parfois même, il pouvait choisir la forme. Il avait hâte de pouvoir passer à la pratique dans cette matière. Pour les autres…
Quoique la botanique avait aussi l’air d’être une matière intéressante. Au château Lyndon, il aimait dessiner les plantes du jardin et du potager. Là, il voulait faire pareil dans les serres de Poudlard. Il aimait les plantes. Et les animaux. Mais ce n’était pas encore le temps de s’en occuper. Peut-être dans quelques années.
Mais s’il voulait passer en année supérieure, ou ne serait-ce que ne pas se ridiculiser au prochain cours de sortilège, il lui faudrait s’entrainer… Pas le choix. Essayer de « ressentir » la Magie en lui-même.
Pour le moment, il ne sentait qu’une angoisse blanche et l’encadrement des épines autour de sa tête.
Pour essayer de se détendre, il était allé dans le Parc. C’était l’après-midi, beaucoup avait cours, pas lui. C’était un peu plus permissif que la bibliothèque pour ce genre d’entraînement.
Assit sous le plus haut arbre du parc, celui qui fait de l’ombre et du noir partout, il avait le dos droit, les jambes en tailleur, les deux mains fermement accrochées à sa baguette. Les yeux fermés, il essayait de garder une respiration calme et détendue. Devant lui, ses manuels de cours et surtout, ses notes propres, détaillées avec le cours, et plus hâtée pour ses propres observations dans les marges. Il y avait même un code couleur pour les révisions et renvoyer aux pages du manuel correspondant… Une légère névrose sur le sujet de l’organisation.
Et avec tout ça, il attendait. Peut-être le Souffle de la Magie dont tout le monde parle ? Comment font les autres pour y arriver et pas lui ? C’était quoi son problème ?
Ses mains tremblaient un peu, mais il essayait de maintenir la position. Ça devenait inconfortable. Et à part une légère brise et le bruit étouffé de ses camarades au loin, il ne sentait pas grand-chose.
C’était mal parti.
Dernière modification par Anathema Lyndon le 23 août 2019, 16:41, modifié 1 fois.
Method in the Madness
Ière année RP : 2043-2044
Théana : there's alchemy between us
Une concentration au sommet
Dire que Nathanaël était à Poudlard comme un strangulot dans l'eau était un euphémisme. Le jeune garçon appréciait particulièrement le Monde magique et découvrit, enfin, cette école mythique, ses cours et les immenses possibilités qu'offrait chaque recoin du Château.
La bibliothèque, bien qu'il y passait la majorité de son temps, avait encore bien des secrets cachés aux yeux bleus du jeune Aiglon. La quantité de livres étant faramineuse, il aurait de quoi occuper ses soirs et ses nuits, éclairés à la baguette ou à la bougie. Faisant danser les ombres des pages tournées.
Il avait beau apprécié les murs rassurants de l'établissement, profiter de l'air du parc lui rappelait son intérêt pour le sport magique par excellence : le quidditch. Autant le calme d'une salle de lecture avait tout pour satisfaire l'apprenti sorcier à la recherche de sérénité pour se plonger dans les pages des grimoires et manuels de cours autant la tempête et ses vents ressentis sur un balais permettaient à son esprit studieux et sérieux de vivre une certaine liberté que son imagination ne permettait pas.
Peut-être qu'aujourd'hui il ne monterait pas sur un balais, mais il avait envie de profiter de ce qu'offrait le parc. Il avait déjà bien assez mis le nez dans ses devoirs, autant le lever de temps pour se dégourdir les jambes et penser à autre chose. Seul, mieux ça que d'être mal accompagné, Nathanaël avait évidemment sa baguette sur lui, rare les fois où il s'en séparait. Incorrigible, le garçon avait également pris un livre sur la Métamorphose. Matière qu'il adorerait perfectionner une fois qu'il aurait appris les bases. Après une courte promenade, pas aussi énergique qu'un tour en balais, il se posa contre au pied d'un arbre, probablement le plus grand du parc. Assis, dos appuyé contre l'écorce rugueuse, il ouvrit l'ouvrage où quelques formules étaient présentées mais bien trop respectueux du règlement, le Serdaigle ne tenterait rien pouvant être dangereux, non. Uniquement quelques mouvements pour s'y habituer afin d'y arriver correctement lorsque le moment sera venu. Marmonnant les formules et simulant les mouvements décrits, le jeune garçon profitait de ce monde magique où il se sentait pleinement à sa place mais surtout dans lequel il espérait briller.
La bibliothèque, bien qu'il y passait la majorité de son temps, avait encore bien des secrets cachés aux yeux bleus du jeune Aiglon. La quantité de livres étant faramineuse, il aurait de quoi occuper ses soirs et ses nuits, éclairés à la baguette ou à la bougie. Faisant danser les ombres des pages tournées.
Il avait beau apprécié les murs rassurants de l'établissement, profiter de l'air du parc lui rappelait son intérêt pour le sport magique par excellence : le quidditch. Autant le calme d'une salle de lecture avait tout pour satisfaire l'apprenti sorcier à la recherche de sérénité pour se plonger dans les pages des grimoires et manuels de cours autant la tempête et ses vents ressentis sur un balais permettaient à son esprit studieux et sérieux de vivre une certaine liberté que son imagination ne permettait pas.
Peut-être qu'aujourd'hui il ne monterait pas sur un balais, mais il avait envie de profiter de ce qu'offrait le parc. Il avait déjà bien assez mis le nez dans ses devoirs, autant le lever de temps pour se dégourdir les jambes et penser à autre chose. Seul, mieux ça que d'être mal accompagné, Nathanaël avait évidemment sa baguette sur lui, rare les fois où il s'en séparait. Incorrigible, le garçon avait également pris un livre sur la Métamorphose. Matière qu'il adorerait perfectionner une fois qu'il aurait appris les bases. Après une courte promenade, pas aussi énergique qu'un tour en balais, il se posa contre au pied d'un arbre, probablement le plus grand du parc. Assis, dos appuyé contre l'écorce rugueuse, il ouvrit l'ouvrage où quelques formules étaient présentées mais bien trop respectueux du règlement, le Serdaigle ne tenterait rien pouvant être dangereux, non. Uniquement quelques mouvements pour s'y habituer afin d'y arriver correctement lorsque le moment sera venu. Marmonnant les formules et simulant les mouvements décrits, le jeune garçon profitait de ce monde magique où il se sentait pleinement à sa place mais surtout dans lequel il espérait briller.
""Curieux et érudits / Fantasques et toujours d'attaque""
Une concentration au sommet
Le Choixpeau ne s’était pas trompé, en hésitant entre Serpentard et Serdaigle. C’est que le gamin, il en voulait. Il avait faim. De tout, mais de Savoir surtout. Il en voulait, encore et toujours plus. Dans son complexe narcissique, exacerbé par son isolation constante, il voulait montrer et prouver à tous qu’il était le meilleur, qu’il avait sa place. Depuis tout petit, il s’était accroché à l’idée qu’il était comme tout le monde, qu’il y avait un moule pour lui, quelque part, et que c’était juste à lui de faire des efforts pour y rentrer. Le cadre familial aidant, il était ainsi plus ou moins formaté sur certains sujets : politesse, étiquette, tenue, convenances et autres domaines pour lesquels il n’avait finalement que bien peu d’intérêt.
Mais malgré tout son désir et ses souhaits de se conformer, cette peur anxieuse de ressortir, d’être trop voyant, différent, pointé du doigt. De mauvais souvenirs de gala où lui, encore enfant, n’arrivait pas à faire tapisserie, à se fondre tout simplement dans le décor. Il est trop ailleurs, trop stimulé tout le temps par tous ses sens, trop pas à sa place.
Naïvement, en recevant sa lettre, il avait un instant cru, pouvoir trouver une place, rentrer dans le moule. Père avait été très clair (de façon implicite, évidemment, parce que c’était censé être évident), et avait même répété plusieurs fois parce qu’il « pouvait être lent à comprendre cet enfant », que c’était Serpentard ou rien. Gryffondor à la limite, comme maman. Mais Serpentard, c’est par là où sont passés tous les Lyndon. Alors, lui qui est l’aîné, pourquoi irait-il ailleurs ? Ne devrait-il pas un jour reprendre des titres, poursuivre la comédie des figurations, et enfin trouver le moule qui lui correspond ?
Sans grande surprise, ça ne s’était pas du tout passé de cette façon.
Et lui, bien lâche dans sa solitude, n’avait rien dit de tout ça dans sa lettre. C’était assez peu informatif, très succinct, « Tout va bien. » et point. Pas besoin d’en dire plus, il n’en disait jamais beaucoup de toute façon.
Et le pire, dans tout ça, c’est qu’il commençait à éprouver un vague sentiment de familiarité chez Serdaigle, dans son lit avec les rideaux fermé, où il pouvait tranquillement s’isoler. Peut-être était-ce enchanté ? Il avait l’impression d’être complètement coupé du monde extérieur, derrière ses rideaux bleu clair. Et c’était une sensation qu’il appréciait tout particulièrement.
Parce qu’un lit à baldaquin aux rideaux tirés ressemble à n’importe quel autre lit à baldaquins aux rideaux tirés : ça ne fait pas tâche, ça ne sort pas du cadre, c’est poli, bien rangé, rien qui dépasse.
Mais un jeune sorcier de onze ans, chez qui quasiment tout le monde est sorcier avéré et nantis, au milieu de tant et tant d’autres camarades jeunes sorciers eux aussi, qui n’est pas même capable de sentir quoique ce soit en prenant sa baguette entre ses mains ?
C’était une erreur. Une Faute dans le système.
C’est ce qu’il est, c’est sa définition. S’il échoue à l’exercice, c’est qu’il est un échec.
Il a horreur d’échouer.
Dans son éducation sévèrement chaloupé par des précepteurs tous plus érudits et exigeants les uns que les autres, il s’en sortait. Il trouvait même cela facile. Ovide, version originale, c’est son auteur de chevet par excellence ! Des Métamorphoses sous forme de contes, oui. Pratiquer la Métamorphose ? Non. Il échoue en pratique, alors qu’il a l’impression de comprendre la théorie.
Mais ça ne doit être qu’une impression.
Si ça se trouve, il a tout compris de travers depuis le début. Son impression de comprendre est en réalité… Juste une impression. En fait, il ne comprend rien, ne retient rien et est stupide, stupide, stupide. Pourquoi est-il aussi incapable ? C’est pourtant pas bien compliqué !
Pour se rassurer, il s’était toujours dit qu’il pourrait se raccrocher à d’autres disciplines. Mais s’il ne comprend rien, est dans l’incapacité fondamentale même de comprendre quoique ce soit… Pourquoi était-il là ?
Imposteur, échec, incapable, stupide, disgrâce.
Pourquoi n’arrivait-il pas à faire comme tout le monde ?
Stupides prises de notes, stupides manuels, stupides camarades qui y arrivent, stupides professeurs et leurs exercices, stupide lui pour ne rien comprendre, stupide Magie qu’il ne trouve pas et stupide baguette qui est trop grande, trop voyante, trop qui sert à rien !
De rage, l’enfant a rompu sa position depuis longtemps. Tremblant d’une rage, de frustration et d’une profonde colère envers lui-même, il lança au loin sa longue baguette en bois de cerisier, loin loi, pas dans sa direction, avant de ramener ses genoux contre lui, ses bras les entourant, comme pour consolider la position. Son front vint se placer dessus, bloquant son visage aux vues extérieures, ne laissant que son casque de boucles blondes comme rempart, ses mains à la peau si pâle qui tremblent et son dos rond qui se balance sur place, d’avant en arrière, dans une gestuelle répétitive et rassurante.
Il avait tort, pourtant, le gamin. Il pouvait comprendre. Pas tout, c’est certain. Mais intellectuellement, il était loin de la stupidité. Il lui fallait juste du temps, une manière calme de fonctionner, quelque chose de rassurant. Mais comment envisager cela quand on est persuadé que l’on en est incapable ? Qu’en face, l’on a toujours été confronté à des murs d’incompréhension face à sa personne ?
Intellectuellement, il pouvait lire le latin sans problème. Emotionnellement, il n’y comprenait rien et pouvait facilement commencer à piquer une crise face à trop de stimulations, ou quand les choses ne vont pas dans son sens.
Alors, comment peut-il réagir autrement face à un échec où il ne voit pas d’issues ?
Mais malgré tout son désir et ses souhaits de se conformer, cette peur anxieuse de ressortir, d’être trop voyant, différent, pointé du doigt. De mauvais souvenirs de gala où lui, encore enfant, n’arrivait pas à faire tapisserie, à se fondre tout simplement dans le décor. Il est trop ailleurs, trop stimulé tout le temps par tous ses sens, trop pas à sa place.
Naïvement, en recevant sa lettre, il avait un instant cru, pouvoir trouver une place, rentrer dans le moule. Père avait été très clair (de façon implicite, évidemment, parce que c’était censé être évident), et avait même répété plusieurs fois parce qu’il « pouvait être lent à comprendre cet enfant », que c’était Serpentard ou rien. Gryffondor à la limite, comme maman. Mais Serpentard, c’est par là où sont passés tous les Lyndon. Alors, lui qui est l’aîné, pourquoi irait-il ailleurs ? Ne devrait-il pas un jour reprendre des titres, poursuivre la comédie des figurations, et enfin trouver le moule qui lui correspond ?
Sans grande surprise, ça ne s’était pas du tout passé de cette façon.
Et lui, bien lâche dans sa solitude, n’avait rien dit de tout ça dans sa lettre. C’était assez peu informatif, très succinct, « Tout va bien. » et point. Pas besoin d’en dire plus, il n’en disait jamais beaucoup de toute façon.
Et le pire, dans tout ça, c’est qu’il commençait à éprouver un vague sentiment de familiarité chez Serdaigle, dans son lit avec les rideaux fermé, où il pouvait tranquillement s’isoler. Peut-être était-ce enchanté ? Il avait l’impression d’être complètement coupé du monde extérieur, derrière ses rideaux bleu clair. Et c’était une sensation qu’il appréciait tout particulièrement.
Parce qu’un lit à baldaquin aux rideaux tirés ressemble à n’importe quel autre lit à baldaquins aux rideaux tirés : ça ne fait pas tâche, ça ne sort pas du cadre, c’est poli, bien rangé, rien qui dépasse.
Mais un jeune sorcier de onze ans, chez qui quasiment tout le monde est sorcier avéré et nantis, au milieu de tant et tant d’autres camarades jeunes sorciers eux aussi, qui n’est pas même capable de sentir quoique ce soit en prenant sa baguette entre ses mains ?
C’était une erreur. Une Faute dans le système.
C’est ce qu’il est, c’est sa définition. S’il échoue à l’exercice, c’est qu’il est un échec.
Il a horreur d’échouer.
Dans son éducation sévèrement chaloupé par des précepteurs tous plus érudits et exigeants les uns que les autres, il s’en sortait. Il trouvait même cela facile. Ovide, version originale, c’est son auteur de chevet par excellence ! Des Métamorphoses sous forme de contes, oui. Pratiquer la Métamorphose ? Non. Il échoue en pratique, alors qu’il a l’impression de comprendre la théorie.
Mais ça ne doit être qu’une impression.
Si ça se trouve, il a tout compris de travers depuis le début. Son impression de comprendre est en réalité… Juste une impression. En fait, il ne comprend rien, ne retient rien et est stupide, stupide, stupide. Pourquoi est-il aussi incapable ? C’est pourtant pas bien compliqué !
Pour se rassurer, il s’était toujours dit qu’il pourrait se raccrocher à d’autres disciplines. Mais s’il ne comprend rien, est dans l’incapacité fondamentale même de comprendre quoique ce soit… Pourquoi était-il là ?
Imposteur, échec, incapable, stupide, disgrâce.
Pourquoi n’arrivait-il pas à faire comme tout le monde ?
Stupides prises de notes, stupides manuels, stupides camarades qui y arrivent, stupides professeurs et leurs exercices, stupide lui pour ne rien comprendre, stupide Magie qu’il ne trouve pas et stupide baguette qui est trop grande, trop voyante, trop qui sert à rien !
De rage, l’enfant a rompu sa position depuis longtemps. Tremblant d’une rage, de frustration et d’une profonde colère envers lui-même, il lança au loin sa longue baguette en bois de cerisier, loin loi, pas dans sa direction, avant de ramener ses genoux contre lui, ses bras les entourant, comme pour consolider la position. Son front vint se placer dessus, bloquant son visage aux vues extérieures, ne laissant que son casque de boucles blondes comme rempart, ses mains à la peau si pâle qui tremblent et son dos rond qui se balance sur place, d’avant en arrière, dans une gestuelle répétitive et rassurante.
C’est difficile, j’y arrive pas, j’arrête.
Il avait tort, pourtant, le gamin. Il pouvait comprendre. Pas tout, c’est certain. Mais intellectuellement, il était loin de la stupidité. Il lui fallait juste du temps, une manière calme de fonctionner, quelque chose de rassurant. Mais comment envisager cela quand on est persuadé que l’on en est incapable ? Qu’en face, l’on a toujours été confronté à des murs d’incompréhension face à sa personne ?
Intellectuellement, il pouvait lire le latin sans problème. Emotionnellement, il n’y comprenait rien et pouvait facilement commencer à piquer une crise face à trop de stimulations, ou quand les choses ne vont pas dans son sens.
Alors, comment peut-il réagir autrement face à un échec où il ne voit pas d’issues ?
Method in the Madness
Ière année RP : 2043-2044
Théana : there's alchemy between us
Une concentration au sommet
Il y avait beau avoir une légère brise et quelques élèves bruyants dans les alentours. Rien n'empêchait le jeune Serdaigle de s'adonner à ses répétitions. Concentration, exercice du poignet et quelques mots prononcés dans un murmure. Nathanaël était presque imperturbable.
Sans pratique il n'arrivait à rien. Il le savait. Oubliant les amusements des enfants de son âge. Ne pas manquer une seule occasion de devenir meilleure était presque devenu le leitmotiv de l'apprenti sorcier. Certes les flux magiques et leur puissance avait encore beaucoup de secrets pour le garçon, comme le Château et sa bibliothèque qui refermait bons nombres de grimoires et ouvrages dans lesquelles le garçon rêvait de plonger son nez. Impatience. Voilà ce qui gagnait Nathanaêl, non parce qu'il ratait, sans pour autant réussir du premier coup, il avait envie d'en apprendre constamment plus.
Un cri de joie parvint malgré tout à attirer son attention. Ses yeux bleus se posèrent sur un groupe. Trop pour en distinguer le blason de la maison. L'Aiglon lâche un petit souffle manifestant son agacement. Jusqu'à présent, peu de ses camarades bleus et bronzes - ou même d'autres couleurs - avaient trouvé grâce aux yeux de Nathanaël. Les échanges eux-mêmes n'avaient que brefs.
Ce fut à ce moment que le lancé de baguette d'Anathema, dont la présence était toujours inconnue, attira l'attention particulière du Serdaigle. Suffisamment, curiosité oblige, pour qu'il se lève et aille à la découverte de l'objet qui venait de choir de l'arbre. Livre et baguette laissés de côté, le jeune garçon fut surpris de découvrir une baguette. C'était donc ça Poudlard, des baguettes qui tombaient directement des arbres ? Il n'était certes pas expert en l'art de fabrication des baguettes magiques mais cela ne l'empêchait pas de douter grandement de ce prodige.
Levant les yeux vers le haut des branches, cherchant l'origine de cette chute étonnante. Il ne distingua rien. Nathanaël revint là où il était assis quelques secondes auparavant. Décidant de contourner le tronc de l'arbre et sa belle écorce.
Silencieux, au regard interrogateur. Il tomba sur une créature recroquevillée sur elle-même, c'était très probablement un être humain. Pas un (maître) corbeau perché.
- Tu... Tu as fait perdu ta baguette... Hésitation et voix peu convaincante, elle manquait même de volume. Autant dire que le premier contact n'était pas des plus naturels et aisés. Mais le contact social, bien que normalement aisé, était difficile à établir, car le comportement de l'élève n'en étonnait pas moins le Serdaigle, surtout qu'il ne distinguait pas bien son visage, ni son humeur.
Sans pratique il n'arrivait à rien. Il le savait. Oubliant les amusements des enfants de son âge. Ne pas manquer une seule occasion de devenir meilleure était presque devenu le leitmotiv de l'apprenti sorcier. Certes les flux magiques et leur puissance avait encore beaucoup de secrets pour le garçon, comme le Château et sa bibliothèque qui refermait bons nombres de grimoires et ouvrages dans lesquelles le garçon rêvait de plonger son nez. Impatience. Voilà ce qui gagnait Nathanaêl, non parce qu'il ratait, sans pour autant réussir du premier coup, il avait envie d'en apprendre constamment plus.
Un cri de joie parvint malgré tout à attirer son attention. Ses yeux bleus se posèrent sur un groupe. Trop pour en distinguer le blason de la maison. L'Aiglon lâche un petit souffle manifestant son agacement. Jusqu'à présent, peu de ses camarades bleus et bronzes - ou même d'autres couleurs - avaient trouvé grâce aux yeux de Nathanaël. Les échanges eux-mêmes n'avaient que brefs.
Ce fut à ce moment que le lancé de baguette d'Anathema, dont la présence était toujours inconnue, attira l'attention particulière du Serdaigle. Suffisamment, curiosité oblige, pour qu'il se lève et aille à la découverte de l'objet qui venait de choir de l'arbre. Livre et baguette laissés de côté, le jeune garçon fut surpris de découvrir une baguette. C'était donc ça Poudlard, des baguettes qui tombaient directement des arbres ? Il n'était certes pas expert en l'art de fabrication des baguettes magiques mais cela ne l'empêchait pas de douter grandement de ce prodige.
Levant les yeux vers le haut des branches, cherchant l'origine de cette chute étonnante. Il ne distingua rien. Nathanaël revint là où il était assis quelques secondes auparavant. Décidant de contourner le tronc de l'arbre et sa belle écorce.
Silencieux, au regard interrogateur. Il tomba sur une créature recroquevillée sur elle-même, c'était très probablement un être humain. Pas un (maître) corbeau perché.
- Tu... Tu as fait perdu ta baguette... Hésitation et voix peu convaincante, elle manquait même de volume. Autant dire que le premier contact n'était pas des plus naturels et aisés. Mais le contact social, bien que normalement aisé, était difficile à établir, car le comportement de l'élève n'en étonnait pas moins le Serdaigle, surtout qu'il ne distinguait pas bien son visage, ni son humeur.
""Curieux et érudits / Fantasques et toujours d'attaque""
Une concentration au sommet
C’était mieux comme ça. S’il n’avait pas de baguette, il ne pouvait pas réaliser l’exercice. C’était une excuse parfaite. Pis de toute façon, ça revenait au même : il n’était même pas capable de l’utiliser, cette baguette. Alors qu’elle soit entre ses mains ou non, qu’est-ce que ça pouvait bien changer ? Ça ne faisait que rajouter une pression inutile sur ses capacités déjà limitées. Un rappel constant de ses échecs.
Lui, dramatiser sur ses capacités alors qu’il vient de découvrir un pan entier et nouveau de connaissances ? Ça ne serait tellement pas son genre. Ou peut-être juste un peu, brièvement. Au passage.
Sans baguette, moins de pression. Il n’en avait pas besoin, de toute façon, pour rédiger des rédactions, fouiller dans des livres, tremper sa plume et radoter pour remplir des lignes. Technique éprouvée et approuvée par ses précédents précepteurs. Non pas qu’il soit un partisan du moindre effort mais, parfois, il préférait aller à l’essentiel sans s’encombrer d’une explication. Et le « parfois » a plutôt une valeur de « régulièrement ». Jeune encore, il n’avait pas la patience de développer ses explications : c’est comme ça et puis c’est tout. Si l’autre ne comprend pas immédiatement sa pensée, ça veut dire qu’il est stupide. Parce que ça ne peut pas être lui, le stupide, quand même…
A cette pensée, il se renfrogne davantage. C’est lui le stupide dans l’affaire, qui n’arrive pas même à se concentrer suffisamment avec une baguette entre les mains. Tout le monde y arrive, pas lui. Il sortait encore des cases et encore une fois, pas de la bonne façon. Heureusement, on ne l’avait pas encore remarqué. Du moins, il se savait suffisamment inintéressant pour qu’on ne prête pas attention à lui. Et ceci en partant d’une réflexion logique très simple : lui ne va pas regarder ce que font les autres, parce qu’il s’en fiche. Sauf quand il a besoin de se rassurer en se comparant à ses petits camarades (ce qui est bien loin de le rassurer). Du coup… Sur ce principe, il n’y avait strictement aucune raison pour que l’on prête attention à sa personne, vu que les autres y arrivent. Donc ils n’ont pas besoin de se comparer pour se rassurer sur leurs capacités. C’est naturel chez eux. Simple. Intuitif. Que des mots qu’il déteste pour ne pas savoir les mettre correctement en application.
Ce sont des mots stupides, qui ne veulent rien dire. « Sentir la Magie »… C’était pas un devoir propre à un compte-rendu ça. Elle sentait l’amertume la Magie et pis c’est tout.
Et bien sûr que l’amertume a une odeur. Comme beaucoup de choses.
Un bruit et du mouvement devant lui, lui font soudainement redresser la tête. Ses bouclettes s’envolent et se reposent sur son crâne, comme suivant la chorégraphie d’un ballet chaotique. Il ne regarde pas la personne en face. Pas dans les yeux en tout cas. Il survole, le temps de repérer quel est le dérèglement dans l’atmosphère, avant de se renfrogner.
C’est une Couleur Légitime, donc Bleue. Il tient dans sa main une baguette longue de bois rose. La sienne. Il la reconnaît, ça serait difficile de la manquer. Pour ça qu’il se renfrogne. Car il n’est pas même capable de la faire disparaître celle-là, la cause de son échec.
« - Je l’ai pas perdu, je l’ai jeté. » Oui, il faut qu’il ait toujours raison. Parce que c’était le seul discours de vérité : celui qu’il dit. Sa réalité se modèle et s’expriment par ses mots. Alors tout ce qui vient déranger ou contredire le script n’est pas pris en compte ou considéré comme stupide. Il y avait encore assez peu de remise en question à cet âge-là.
Il ne l’avait pas regardé, ni dans les yeux ni ailleurs en s’adressant à lui, l’autre Couleur. Son regard était détourné, ailleurs et le pouce de sa main droite venant frotter l’index de cette même main – avec plus ou moins d’énergie – dans un rythme constant et propre à le rassurer. Ce n’est pas un habitué des relations sociales ou même des interactions. Pour lui, c’est source de stress. Stress qu’il essaye d’évacuer d’une façon ou d’une autre afin de pouvoir être un minimum fonctionnel. Tactique d’adaptation. Il s’était déjà fait suffisamment reprendre et punir pour ça dans le passé.
« - Pourquoi tu l’as rapporté ? Je te connais pas. »
Argument implacable, s’il en est, dans sa propre logique. Les deux ne se connaissent pas, pourquoi vouloir créer une interaction ? Pas un instant il lui était venu à l’esprit que pour apprendre à connaître quelqu’un, il fallait des interactions. Mais cette situation le rendait nerveux. L’autre en face n’avait pas l’air sûr de lui non plus : sa voix avait vacillé. Même s’il était debout, rien ne garantissait son équilibre.
Et il continue de frotter ses doigts, son regard et sa tête regardant autour de lui, parfois fixant un point d’intérêt particulier. Comme les mains de l’autre aiglon ou ses lacets, ou bien une petite fourmi qui s’est perdue.
Petite fourmi va à l’école.
Lui, dramatiser sur ses capacités alors qu’il vient de découvrir un pan entier et nouveau de connaissances ? Ça ne serait tellement pas son genre. Ou peut-être juste un peu, brièvement. Au passage.
Sans baguette, moins de pression. Il n’en avait pas besoin, de toute façon, pour rédiger des rédactions, fouiller dans des livres, tremper sa plume et radoter pour remplir des lignes. Technique éprouvée et approuvée par ses précédents précepteurs. Non pas qu’il soit un partisan du moindre effort mais, parfois, il préférait aller à l’essentiel sans s’encombrer d’une explication. Et le « parfois » a plutôt une valeur de « régulièrement ». Jeune encore, il n’avait pas la patience de développer ses explications : c’est comme ça et puis c’est tout. Si l’autre ne comprend pas immédiatement sa pensée, ça veut dire qu’il est stupide. Parce que ça ne peut pas être lui, le stupide, quand même…
A cette pensée, il se renfrogne davantage. C’est lui le stupide dans l’affaire, qui n’arrive pas même à se concentrer suffisamment avec une baguette entre les mains. Tout le monde y arrive, pas lui. Il sortait encore des cases et encore une fois, pas de la bonne façon. Heureusement, on ne l’avait pas encore remarqué. Du moins, il se savait suffisamment inintéressant pour qu’on ne prête pas attention à lui. Et ceci en partant d’une réflexion logique très simple : lui ne va pas regarder ce que font les autres, parce qu’il s’en fiche. Sauf quand il a besoin de se rassurer en se comparant à ses petits camarades (ce qui est bien loin de le rassurer). Du coup… Sur ce principe, il n’y avait strictement aucune raison pour que l’on prête attention à sa personne, vu que les autres y arrivent. Donc ils n’ont pas besoin de se comparer pour se rassurer sur leurs capacités. C’est naturel chez eux. Simple. Intuitif. Que des mots qu’il déteste pour ne pas savoir les mettre correctement en application.
Ce sont des mots stupides, qui ne veulent rien dire. « Sentir la Magie »… C’était pas un devoir propre à un compte-rendu ça. Elle sentait l’amertume la Magie et pis c’est tout.
Et bien sûr que l’amertume a une odeur. Comme beaucoup de choses.
Un bruit et du mouvement devant lui, lui font soudainement redresser la tête. Ses bouclettes s’envolent et se reposent sur son crâne, comme suivant la chorégraphie d’un ballet chaotique. Il ne regarde pas la personne en face. Pas dans les yeux en tout cas. Il survole, le temps de repérer quel est le dérèglement dans l’atmosphère, avant de se renfrogner.
C’est une Couleur Légitime, donc Bleue. Il tient dans sa main une baguette longue de bois rose. La sienne. Il la reconnaît, ça serait difficile de la manquer. Pour ça qu’il se renfrogne. Car il n’est pas même capable de la faire disparaître celle-là, la cause de son échec.
« - Je l’ai pas perdu, je l’ai jeté. » Oui, il faut qu’il ait toujours raison. Parce que c’était le seul discours de vérité : celui qu’il dit. Sa réalité se modèle et s’expriment par ses mots. Alors tout ce qui vient déranger ou contredire le script n’est pas pris en compte ou considéré comme stupide. Il y avait encore assez peu de remise en question à cet âge-là.
Il ne l’avait pas regardé, ni dans les yeux ni ailleurs en s’adressant à lui, l’autre Couleur. Son regard était détourné, ailleurs et le pouce de sa main droite venant frotter l’index de cette même main – avec plus ou moins d’énergie – dans un rythme constant et propre à le rassurer. Ce n’est pas un habitué des relations sociales ou même des interactions. Pour lui, c’est source de stress. Stress qu’il essaye d’évacuer d’une façon ou d’une autre afin de pouvoir être un minimum fonctionnel. Tactique d’adaptation. Il s’était déjà fait suffisamment reprendre et punir pour ça dans le passé.
« - Pourquoi tu l’as rapporté ? Je te connais pas. »
Argument implacable, s’il en est, dans sa propre logique. Les deux ne se connaissent pas, pourquoi vouloir créer une interaction ? Pas un instant il lui était venu à l’esprit que pour apprendre à connaître quelqu’un, il fallait des interactions. Mais cette situation le rendait nerveux. L’autre en face n’avait pas l’air sûr de lui non plus : sa voix avait vacillé. Même s’il était debout, rien ne garantissait son équilibre.
Et il continue de frotter ses doigts, son regard et sa tête regardant autour de lui, parfois fixant un point d’intérêt particulier. Comme les mains de l’autre aiglon ou ses lacets, ou bien une petite fourmi qui s’est perdue.
Petite fourmi va à l’école.
Method in the Madness
Ière année RP : 2043-2044
Théana : there's alchemy between us
Une concentration au sommet
À croire que le rejet de la baguette cherchait à camoufler quelque chose. Un quelque chose que Nathanaël ne comprenait pas et qu'il ne cherchait pas vraiment à saisir. Il restait là, pantois, pendant que l'autre continuait de bouder en silence. Qui finalement fût rompu par une voix qui ne se voulait pas vraiment amicale. Étonné par cette réponse, le Serdaigle ne démordit pas pour autant. Il restait là, debout, face à cette moue râleuse devant cet immense arbre.
Et voilà qu'un reproche tombait. Cette fois-ci, cela atteint le jeune garçon. Difficile que cela en soit autrement. Aucune raison de perdre son temps avec quelqu'un qui ne souhaitait qu'être seul et sans baguette.
- Parce que je croyais te rendre service. tenta-t-il. Voulant faire croire qu'il était confiant et tenait tête à ces boucles sauvages. Tu en auras besoin pour les cours. Sinon tu auras de mauvaises notes...
Nathanaël accentua de manière plus ou moins consciente sur le terme "mauvaises", car c'était une chose qu'il exécrait à un point inimaginable. Alors il restait là debout. Sans être vraiment certain que c'était une bonne chose à faire.
Le garçon face à lui n'avait pas l'air vouloir d'aide de qui que ce soit.
- Pourquoi tu l'as jetée ?
Curiosité l'emporte sur le reste. C'était probablement la chose à laquelle il tenait le plus depuis qu'il avait reçu la fameuse lettre pour Poudlard. Émerveillé par ce monde magique, difficile pour un garçon de onze ans d'imaginer d'autres élèves mécontents d'être ici ou de pouvoir en apprendre plus sur la Magie et tout ce qui s'y rapportait.
Et voilà qu'un reproche tombait. Cette fois-ci, cela atteint le jeune garçon. Difficile que cela en soit autrement. Aucune raison de perdre son temps avec quelqu'un qui ne souhaitait qu'être seul et sans baguette.
- Parce que je croyais te rendre service. tenta-t-il. Voulant faire croire qu'il était confiant et tenait tête à ces boucles sauvages. Tu en auras besoin pour les cours. Sinon tu auras de mauvaises notes...
Nathanaël accentua de manière plus ou moins consciente sur le terme "mauvaises", car c'était une chose qu'il exécrait à un point inimaginable. Alors il restait là debout. Sans être vraiment certain que c'était une bonne chose à faire.
Le garçon face à lui n'avait pas l'air vouloir d'aide de qui que ce soit.
- Pourquoi tu l'as jetée ?
Curiosité l'emporte sur le reste. C'était probablement la chose à laquelle il tenait le plus depuis qu'il avait reçu la fameuse lettre pour Poudlard. Émerveillé par ce monde magique, difficile pour un garçon de onze ans d'imaginer d'autres élèves mécontents d'être ici ou de pouvoir en apprendre plus sur la Magie et tout ce qui s'y rapportait.
""Curieux et érudits / Fantasques et toujours d'attaque""
Une concentration au sommet
Il aurait pu continuer de l’ignorer, l’autre à la Couleur similaire. 9a n’aurait pas été si compliqué que cela. Et à un moment, à force, il aurait bien finit par partir. Car qui voudrait rester là à se faire rembarrer en silence par un amas de bouclettes peu coopératif ?
Mais il restait là, n’en démordait pas. Ce qui commençait à le rendre anxieux un peu plus. Preuve en est, sa main se crispait puis se décrispait sur son bras, créant un peu plus de plis sur son uniforme de sorcier. Un uniforme comme tous les autres. Porté par un imposteur qui ne pouvait pas faire comme tout le monde.
Alors, il y mit peut-être un peu plus de ton, lorsqu’il reprit la parole. On pourrait le croire peu attentif aux propos de son camarade, car il se refusait à croiser le regard avec lui. Avec personne, d’ailleurs. Quelle idée saugrenue. Mais il avait écouté. Parce qu’il n’avait pas trop le choix, parce que l’autre ne voulait pas partir, et qu’il devait bien se concentrer sur quelque chose histoire de ne pas se focaliser sur la tempête qui commençait à gronder dans son cœur. Et ce quelque chose, bah c’était les mots du camarade inconnu, de la Couleur qui s’était approché.
« - Je ne veux pas de mauvaises notes. » Le ton était toujours monotone, dans cet air d’indifférence qui lui était habituel. Mais il s’était désormais paré d’accents un peu plus anxieux, presque erratiques. Non, il ne voulait pas de mauvaises notes. Mais ça, il sentait bien que c’était quelque chose qui risquait de lui tomber sur le museau. « - Je suis pas stupide, je peux comprendre. Je suis pas stupide. C’est juste pas logique, pas logique. » Il sert un peu plus sa main contre son bras et il semblerait que le balancement opéré sur son buste avait pris un peu plus d’ampleur au fur et à mesure qu’il débitait son discours, faisant assez peu cas de ses répétitions. Il avait le discours répétitif, l’Anathéma. Parce qu’il cherchait à se faire comprendre. Ce qui n’arrivait pas. Alors, il répétait, et répétait, et répétait…
« - Ce n’est pas logique. On te demande de ressentir la Magie. Je la sens pas moi. Je sais pas comment faire, c’est pas expliqué et… » Il semblait s’en mordre la langue et s’en pincer la peau tant il devenait crispé, tant c’était dur à admettre. « - Et je comprends pas. Je comprends pas et je suis stupide. Je suis stupide parce que je comprends pas. Tout le monde comprend, pas moi. Je suis stupide mais c’est pas logique. C’est la Magie qui est stupide, pas moi. Pas moi. Je peux lire les livres, je peux comprendre. Les potions, c’est mieux. Donc, j’ai pas besoin de ma baguette, parce qu’elle s’en tirera mieux sans moi. Mieux sans moi. »
Tout du long, il semblait que le mouvement de balancement de son buste avait progressivement augmenté en termes de rythme et de force apposé. C’est le stress qui monte, la tempête qui gronde et l’angoisse qui fait grésiller sous ses doigts. Il regardait un point devant lui sans le voir. Détaché de plus en plus. A vrai dire, il n’était pas loin de la crise d’angoisse. Parce que quand on lui pose une question, il était incapable de ne pas dire la vérité, de dire autre chose. Car quel serait l’intérêt du discours et de la communication, si ce n’était pour donner la vérité ? Ça accélérait les processus, c’était efficace, c’était logique. Contrairement à cette idée de ressentir quelque chose, comme si c’était inné et évident. Bah ça l’est pas, et il ne comprend pas. On lui a demandé, il le dit. Mais il se perd et à la vérité, ne sait pas exactement quoi faire. N’a pas réfléchit au-delà du fait qu’il devait se séparer de cette baguette qu’il ne connaissait pas et qu’il avait peur de connaître. Parce que tout était tellement… Trop, depuis qu’il était là. Trop de tout. Et surtout, pas assez de compréhension. Comment pouvait-il faire dans des situations pareilles ?
Il n’attendait pas de l’autre du réconfort ou quoique ce soit. Avait simplement répondu, pragmatique quand il le voulait. Toujours vrai et sans filtres. Il aurait bien aimé l’être, pourtant. Ça lui aurait empêché de goûter toute cette honte qui commençait à s’amasser sur son palais et lui assécher la gorge.
Pourquoi n’était-il pas comme tout le monde, alors qu’il portait l’uniforme, comme tout le monde ?
Mais il restait là, n’en démordait pas. Ce qui commençait à le rendre anxieux un peu plus. Preuve en est, sa main se crispait puis se décrispait sur son bras, créant un peu plus de plis sur son uniforme de sorcier. Un uniforme comme tous les autres. Porté par un imposteur qui ne pouvait pas faire comme tout le monde.
Alors, il y mit peut-être un peu plus de ton, lorsqu’il reprit la parole. On pourrait le croire peu attentif aux propos de son camarade, car il se refusait à croiser le regard avec lui. Avec personne, d’ailleurs. Quelle idée saugrenue. Mais il avait écouté. Parce qu’il n’avait pas trop le choix, parce que l’autre ne voulait pas partir, et qu’il devait bien se concentrer sur quelque chose histoire de ne pas se focaliser sur la tempête qui commençait à gronder dans son cœur. Et ce quelque chose, bah c’était les mots du camarade inconnu, de la Couleur qui s’était approché.
« - Je ne veux pas de mauvaises notes. » Le ton était toujours monotone, dans cet air d’indifférence qui lui était habituel. Mais il s’était désormais paré d’accents un peu plus anxieux, presque erratiques. Non, il ne voulait pas de mauvaises notes. Mais ça, il sentait bien que c’était quelque chose qui risquait de lui tomber sur le museau. « - Je suis pas stupide, je peux comprendre. Je suis pas stupide. C’est juste pas logique, pas logique. » Il sert un peu plus sa main contre son bras et il semblerait que le balancement opéré sur son buste avait pris un peu plus d’ampleur au fur et à mesure qu’il débitait son discours, faisant assez peu cas de ses répétitions. Il avait le discours répétitif, l’Anathéma. Parce qu’il cherchait à se faire comprendre. Ce qui n’arrivait pas. Alors, il répétait, et répétait, et répétait…
« - Ce n’est pas logique. On te demande de ressentir la Magie. Je la sens pas moi. Je sais pas comment faire, c’est pas expliqué et… » Il semblait s’en mordre la langue et s’en pincer la peau tant il devenait crispé, tant c’était dur à admettre. « - Et je comprends pas. Je comprends pas et je suis stupide. Je suis stupide parce que je comprends pas. Tout le monde comprend, pas moi. Je suis stupide mais c’est pas logique. C’est la Magie qui est stupide, pas moi. Pas moi. Je peux lire les livres, je peux comprendre. Les potions, c’est mieux. Donc, j’ai pas besoin de ma baguette, parce qu’elle s’en tirera mieux sans moi. Mieux sans moi. »
Tout du long, il semblait que le mouvement de balancement de son buste avait progressivement augmenté en termes de rythme et de force apposé. C’est le stress qui monte, la tempête qui gronde et l’angoisse qui fait grésiller sous ses doigts. Il regardait un point devant lui sans le voir. Détaché de plus en plus. A vrai dire, il n’était pas loin de la crise d’angoisse. Parce que quand on lui pose une question, il était incapable de ne pas dire la vérité, de dire autre chose. Car quel serait l’intérêt du discours et de la communication, si ce n’était pour donner la vérité ? Ça accélérait les processus, c’était efficace, c’était logique. Contrairement à cette idée de ressentir quelque chose, comme si c’était inné et évident. Bah ça l’est pas, et il ne comprend pas. On lui a demandé, il le dit. Mais il se perd et à la vérité, ne sait pas exactement quoi faire. N’a pas réfléchit au-delà du fait qu’il devait se séparer de cette baguette qu’il ne connaissait pas et qu’il avait peur de connaître. Parce que tout était tellement… Trop, depuis qu’il était là. Trop de tout. Et surtout, pas assez de compréhension. Comment pouvait-il faire dans des situations pareilles ?
Il n’attendait pas de l’autre du réconfort ou quoique ce soit. Avait simplement répondu, pragmatique quand il le voulait. Toujours vrai et sans filtres. Il aurait bien aimé l’être, pourtant. Ça lui aurait empêché de goûter toute cette honte qui commençait à s’amasser sur son palais et lui assécher la gorge.
Pourquoi n’était-il pas comme tout le monde, alors qu’il portait l’uniforme, comme tout le monde ?
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Théana : there's alchemy between us
Une concentration au sommet
Il fallait reconnaître que le silence qui régnait entre les deux camarades n'avait rien de bien agréable. C'en était gênant à la longue or Nathanaël n'en démordait pas. Il tenait à ce que l'inconnu bouclé récupère sa baguette. C'était important. La Magie était importante. Alors il resterait le temps qu'il devrait. Têtu c'est certain.
Puis la langue du boudeur se délia. Les quelques mots eurent comme effet un levé de sourire étonné. le Serdaigle ne comprenait pas la logique dans le fait de ne pas avoir sa baguette pour ne pas avoir de mauvaises notes. Sans accès à la Magie, aucune note possible et c'était aussi angoissant que ne pas en avoir. Après tout, il était important de pratiquer pour s'améliorer. Une réponse allait venir mais l'autre commença un discours sans queue ni tête. Assurant d'avoir justement une tête bien faite pour ensuite prétendre le contraire, c'était les deux sourcils qui s'arquèrent sur le visage du jeune Sheppard. Aucun mot ne lui venait tant rien n'était cohérent et logique dans ce qu'il venait d'entendre.
Dubitatif, ses mains rejoignirent le haut de ses hanches. Tête légèrement inclinée sur le côté tel un chaton qui se demande ce qu'il se passe mais qui est tout autant intrigué. Avait-il de la chance avec la Magie ou son camarade réfléchissait trop, vraiment beaucoup trop, pour la sentir. C'en était dommage.
- J'aime les livres aussi mais je préfère les enchantements. Je crois que tu penses trop. Il n'y a rien de logique, il faut se laisser aller à la Magie et à ce moment-ci tu la ressentiras. Et avoir des bonnes notes sans baguette ça va être compliqué. On en a besoin pour beaucoup de cours... Tu es dans quelle maison ?
Plutôt confiant dans son petit discours, il se demandait bien quel blason portait son camarade mais dans cette position de fœtus nerveux, cela n'était pas possible d'apercevoir quoique ce soit sur son torse.
- Et puis elle t'a choisi. Ajouta-t-il en tendant à nouveau la baguette vers le chercheur de logique.
Puis la langue du boudeur se délia. Les quelques mots eurent comme effet un levé de sourire étonné. le Serdaigle ne comprenait pas la logique dans le fait de ne pas avoir sa baguette pour ne pas avoir de mauvaises notes. Sans accès à la Magie, aucune note possible et c'était aussi angoissant que ne pas en avoir. Après tout, il était important de pratiquer pour s'améliorer. Une réponse allait venir mais l'autre commença un discours sans queue ni tête. Assurant d'avoir justement une tête bien faite pour ensuite prétendre le contraire, c'était les deux sourcils qui s'arquèrent sur le visage du jeune Sheppard. Aucun mot ne lui venait tant rien n'était cohérent et logique dans ce qu'il venait d'entendre.
Dubitatif, ses mains rejoignirent le haut de ses hanches. Tête légèrement inclinée sur le côté tel un chaton qui se demande ce qu'il se passe mais qui est tout autant intrigué. Avait-il de la chance avec la Magie ou son camarade réfléchissait trop, vraiment beaucoup trop, pour la sentir. C'en était dommage.
- J'aime les livres aussi mais je préfère les enchantements. Je crois que tu penses trop. Il n'y a rien de logique, il faut se laisser aller à la Magie et à ce moment-ci tu la ressentiras. Et avoir des bonnes notes sans baguette ça va être compliqué. On en a besoin pour beaucoup de cours... Tu es dans quelle maison ?
Plutôt confiant dans son petit discours, il se demandait bien quel blason portait son camarade mais dans cette position de fœtus nerveux, cela n'était pas possible d'apercevoir quoique ce soit sur son torse.
- Et puis elle t'a choisi. Ajouta-t-il en tendant à nouveau la baguette vers le chercheur de logique.
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Une concentration au sommet
Il resta encore dans sa position, le buste bougeant légèrement, mais de façon moins nerveuse. Il s’était même progressivement redressé. Assez pour avoir une oreille à prêter au discours futur de son camarade qui était venu chercher sa baguette, la trouver pour la lui redonner. Et qui restait là. Sans pour autant le considérer autrement que comme un élément étranger à sa personne (et donc, à laisser dans une zone éloignée), il reconnaissait sa ténacité. Il avait probablement beaucoup de volonté. Aussi, fit-il un effort pour l’écouter. Et bien qu’il ne le regardait pas dans les yeux, sa tête s’était néanmoins redressé, sortit de sa carapace, comme les tortues, pour aller fixer un point dans le parc, de ses yeux clairs.
Sur son visage, une moue dubitative. Presque le sourcil arqué, la bouche crispée. Presque. Parce que cela demanderait tout de même beaucoup d’effort de la part de l’ensemble des muscles de son visage. Effort qu’il n’était pas prêt à fournir. Seul ses yeux portaient l’émotion, comme toujours. C’était par là qu’il voyait, par là qu’il comprenait. Par là qu’il pouvait en voir trop parfois, ou pas assez. Mais comme il ne regardait personne dans les yeux, jamais, parce qu’il n’aimait pas ça, l’on ne risquait pas de savoir véritablement à quoi il pensait. Et c’était l’idée. Il s’était déjà trop fait réprimander pour avoir regardé fixement quelqu’un, chercher à savoir qui il était pour recommencer.
Et malgré le fait qu’il soit de profil, toujours assit, les mains toujours autour de ses genoux, il s’était tout de même redressé, tête vers l’avant, presque réceptif à une potentielle discussion. Presque. Parce que pour l’instant, il réfléchissait. Encore. L’autre Couleur lui avait dit que ce n’était pas logique et pour ça, il n’irait pas le contredire. Ce n’était pas logique la Magie, ça n’avait pas de fondement. « - Se laisser aller ? » C’était dit, tout bas, presque comme pour mettre des mots sur une réflexion. Se laisser aller. Il n’était tellement pas prêt à ça. L’idée lui faisait peur. Se laisser aller, c’était risqué de se retrouver dans des situations dangereuses, où il n’aurait pas le contrôle, et surtout pas sur lui. Et qui sait comment il pouvait réagir face à tout ça… Face à ce trop-plein qui menaçait d’exploser. Trop de bruits, trop de gens, trop d’odeurs, trop d’endroits où poser son attention. Ça faisait trop de « trop » tout le temps partout. Alors, se laisser aller à ressentir… Ce n’était pas dans son programme immédiat. Et si c’était ça qu’il fallait faire pour pratiquer la Magie… Ben, il ne la pratiquerait pas. Il se contenterait de la théorie. Ça, c’était logique.
Mais comme maintenant il était intéressé par les propos de son camarade, il prit la peine de lui répondre. Tournant la tête de trois-quart vers lui, paume ouverte pour lui montrer sa main, à la peau si translucide, si fragile, où l’on voyait les veines se dessiner et courir dessous. « - Comme toi, la Couleur. »
Parce que le Bleu, au moins, c’était quelque chose de partagé, même s’il n’avait pas vu les veines de son camarade. Ce qu’il faudra qu’il fasse, très certainement. Au moins pour s’assurer qu’ils étaient bien de Couleur légitime tous les deux. Sinon, ça n’aurait vraiment plus aucun sens.
Et puisqu’il était dans le mouvement de la main tendue, avec en visuelle la baguette qu’on lui présentait, il la prit à deux doigts, semblant presque réticent. Le contact était toujours surprenant, paraît-il. Lui, ne sentait rien. « - Pourquoi m’aurait-elle choisie si je peux rien en faire ? » Et en plus, il se coltinait une baguette aussi stupide que lui, mais en moins pragmatique. C’était vraiment un coup du Fatum.
« - T’arrives à sentir la Magie et l’utiliser. »
C’était plus une affirmation conclusive qu’une véritable question, mais ça pouvait aussi être interprété comme tel. De toute façon, le voilà reparti sur un nouveau sujet d’intérêt, sa baguette. Qu’il regardait avec intensité, comme s’il essayait de déchiffrer un texte particulièrement difficile et qu’il avait oublié son dictionnaire chez lui.
Sur son visage, une moue dubitative. Presque le sourcil arqué, la bouche crispée. Presque. Parce que cela demanderait tout de même beaucoup d’effort de la part de l’ensemble des muscles de son visage. Effort qu’il n’était pas prêt à fournir. Seul ses yeux portaient l’émotion, comme toujours. C’était par là qu’il voyait, par là qu’il comprenait. Par là qu’il pouvait en voir trop parfois, ou pas assez. Mais comme il ne regardait personne dans les yeux, jamais, parce qu’il n’aimait pas ça, l’on ne risquait pas de savoir véritablement à quoi il pensait. Et c’était l’idée. Il s’était déjà trop fait réprimander pour avoir regardé fixement quelqu’un, chercher à savoir qui il était pour recommencer.
Et malgré le fait qu’il soit de profil, toujours assit, les mains toujours autour de ses genoux, il s’était tout de même redressé, tête vers l’avant, presque réceptif à une potentielle discussion. Presque. Parce que pour l’instant, il réfléchissait. Encore. L’autre Couleur lui avait dit que ce n’était pas logique et pour ça, il n’irait pas le contredire. Ce n’était pas logique la Magie, ça n’avait pas de fondement. « - Se laisser aller ? » C’était dit, tout bas, presque comme pour mettre des mots sur une réflexion. Se laisser aller. Il n’était tellement pas prêt à ça. L’idée lui faisait peur. Se laisser aller, c’était risqué de se retrouver dans des situations dangereuses, où il n’aurait pas le contrôle, et surtout pas sur lui. Et qui sait comment il pouvait réagir face à tout ça… Face à ce trop-plein qui menaçait d’exploser. Trop de bruits, trop de gens, trop d’odeurs, trop d’endroits où poser son attention. Ça faisait trop de « trop » tout le temps partout. Alors, se laisser aller à ressentir… Ce n’était pas dans son programme immédiat. Et si c’était ça qu’il fallait faire pour pratiquer la Magie… Ben, il ne la pratiquerait pas. Il se contenterait de la théorie. Ça, c’était logique.
Mais comme maintenant il était intéressé par les propos de son camarade, il prit la peine de lui répondre. Tournant la tête de trois-quart vers lui, paume ouverte pour lui montrer sa main, à la peau si translucide, si fragile, où l’on voyait les veines se dessiner et courir dessous. « - Comme toi, la Couleur. »
Parce que le Bleu, au moins, c’était quelque chose de partagé, même s’il n’avait pas vu les veines de son camarade. Ce qu’il faudra qu’il fasse, très certainement. Au moins pour s’assurer qu’ils étaient bien de Couleur légitime tous les deux. Sinon, ça n’aurait vraiment plus aucun sens.
Et puisqu’il était dans le mouvement de la main tendue, avec en visuelle la baguette qu’on lui présentait, il la prit à deux doigts, semblant presque réticent. Le contact était toujours surprenant, paraît-il. Lui, ne sentait rien. « - Pourquoi m’aurait-elle choisie si je peux rien en faire ? » Et en plus, il se coltinait une baguette aussi stupide que lui, mais en moins pragmatique. C’était vraiment un coup du Fatum.
« - T’arrives à sentir la Magie et l’utiliser. »
C’était plus une affirmation conclusive qu’une véritable question, mais ça pouvait aussi être interprété comme tel. De toute façon, le voilà reparti sur un nouveau sujet d’intérêt, sa baguette. Qu’il regardait avec intensité, comme s’il essayait de déchiffrer un texte particulièrement difficile et qu’il avait oublié son dictionnaire chez lui.
Method in the Madness
Ière année RP : 2043-2044
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Une concentration au sommet
L’insistance de Nathanaël avait payé. La baguette avait retrouvé les mains de son maître boudeur. Le chemin pour le convaincre qu'il arrivait à quelque chose allait être long. Mais le jeune Bleu&Bronze semblait avoir trouvé un camarade, de la même maison en plus, avec qui passer du temps. Dans un premier temps, car bien que le Sang-mêlé soit d'une volonté de fer, le bouclé n'en démordait pas.
Étonné de la comparaison du bleu veineux à celui de la maison de l'Aigle, Nathanaël tacha de montrer sa paume également. Comme pour confirmer qu'il pouvait être amis. Se faire confiance. Cela lui convenait plutôt bien. Déjà, il fallait mettre fin à cette dominance physique. Rien ne justifiait que le jeune Sheppard soit au-dessus. Alors il s'assit, pas trop proche mais pas trop loin, en face, de son camarade qui semblait peu convaincu de son lien avec la baguette qui l'avait choisi quelque temps plus tôt.
- Je pense que tu réfléchis trop. Les potions, il y a une marche à suivre, tu as dis que tu aimais les potions avant. Il faut s'assurer de tout faire correctement. Utiliser sa baguette, c'est pas comme suivre une recette. Qu'as-tu ressenti lorsque tu l'as prise dans les mains pour la première fois ? On ne te l'aurait pas vendue si elle n'était pas faite pour toi. Le lien est créé, maintenant faut savoir l'utiliser.
Un joli discours mais au final qui n'était que des mots, car Nathanaël n'avait pas forcément beaucoup plus d'expérience que l'inconnu, il venait de faire un résumé de ce qu'il avait lu dans les livres de la bibliothèque du Château. Et comme il n'avait pas réellement de peine, comme le soulignait justement l'inconnu, à se lier à la Magie. Il parait du principe que c'était correct de penser de la sorte mais au final rien n'était certain.
- Qu'est-ce que tu essayais de faire qui ne fonctionnait pas ?
Étonné de la comparaison du bleu veineux à celui de la maison de l'Aigle, Nathanaël tacha de montrer sa paume également. Comme pour confirmer qu'il pouvait être amis. Se faire confiance. Cela lui convenait plutôt bien. Déjà, il fallait mettre fin à cette dominance physique. Rien ne justifiait que le jeune Sheppard soit au-dessus. Alors il s'assit, pas trop proche mais pas trop loin, en face, de son camarade qui semblait peu convaincu de son lien avec la baguette qui l'avait choisi quelque temps plus tôt.
- Je pense que tu réfléchis trop. Les potions, il y a une marche à suivre, tu as dis que tu aimais les potions avant. Il faut s'assurer de tout faire correctement. Utiliser sa baguette, c'est pas comme suivre une recette. Qu'as-tu ressenti lorsque tu l'as prise dans les mains pour la première fois ? On ne te l'aurait pas vendue si elle n'était pas faite pour toi. Le lien est créé, maintenant faut savoir l'utiliser.
Un joli discours mais au final qui n'était que des mots, car Nathanaël n'avait pas forcément beaucoup plus d'expérience que l'inconnu, il venait de faire un résumé de ce qu'il avait lu dans les livres de la bibliothèque du Château. Et comme il n'avait pas réellement de peine, comme le soulignait justement l'inconnu, à se lier à la Magie. Il parait du principe que c'était correct de penser de la sorte mais au final rien n'était certain.
- Qu'est-ce que tu essayais de faire qui ne fonctionnait pas ?
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