Reste... Je t'en supplie...

Juillet 2044
Rentrer à la maison. Remarquer ton absence. Tout a été fait pour moi. Tu n’étais plus là, mais où te cachais-tu ? Où étais-tu, Papa ? Où es-tu tout simplement ? Je n’ai pas les réponses à ces questions, parce que tu m’as abandonnée ; tu m’as laissée seule au moment où tout ce que je souhaitais était de te voir. Je devais me dire que tu allais bien, que tu n’étais pas prisonnier de cette sorcière. Et surtout, me dire que tu n’étais pas mort. Tu n’avais rien de tout cela, tu n’avais rien d’un traître, pourtant, tu appréciais le travail du ministre Blackwave. Alors pourquoi, n’étais-tu plus là à nos côtés ? Que t’avions-nous fait pour que tu nous lâchasses de la sorte ? Tu étais mon père, et tu m’avais laissée. Je ne pouvais pas y penser, et je ne peux pas y croire en cet instant.
N’avais-je donc pas d’importance pour toi ? Étais-je, dès lors, l’agneau à sacrifier pour que tu pusses vivre correctement loin de toute cette folie ? Car, je doutais sincèrement de ton sort dans ce monde qui s’imposait à nous, à moi, et surtout à toi. Tu avais toujours été présent pour moi, et être au fait qu’aucune nouvelle de toi ne nous parvenait ; me précisant d’une certaine manière que ta lâcheté était juste là pour sauver ta peau et ton travail en étroite collaboration avec le milieu Moldu. Une société que cette Ursula désirait détruire la mettant à genoux face à la suprématie des sorciers. Un monde qui m’enlevait, aujourd’hui, l’une des rares personnes que je ne voulais pas voir disparaître de ma vie. Je maudissais ces sangs purs, à se croire supérieur à tout le peuple, mais personne n’appréhendait que tous les premiers enchanteurs, de ce monde, émergeassent comme étant moldus. Nous demeurions tous de descendances nées moldues ; aucun être de cette société n’apparaît véritablement chaste, mais quand le comprendraient-ils ? Quand tu me reviendrais ! Quand tu seras enfin libéré de cette pression si brutalement imposée ! Sur cette répartie, j’aurais aimé pouvoir dire merci à grand-père, tu aurais ainsi su que la fuite ne figurait pas comme une solution et que seul le dogme l’était.
Papa, je t’en prie… Je t’en supplie… Reviens-moi ! Que serai-je sans toi ?
Par conséquent, je pris de conscience ce fait horrible que pouvait être l’abandon et m’installai face à ton canapé, le fixant et me disant que tu rentrerais comme tu réapparaissais toujours. Tu ne risquais pas ta vie avant, tu inventais des excuses, tu mentais pour notre sécurité, mais jamais ton existence n’avait été compromise de la sorte. Jamais, tu n’avais encore été poussé à réagir sans raison. De quoi étais-tu capable de réaliser alors que je m’imaginais ton retour sous un torrent de larmes, bien que destructeur ? Que pouvais-tu accomplir concrètement ?
— Taylor…
Je me voyais t’écouter m’appeler, t’ouïr me dire que tout se finirait bien, que tout gisait d’une simple mise en scène pour un numéro en outre inconnu. Toutefois, je l’entendais résonner dans la totalité de mon esprit.
— Taylor… Il reviendra, ce n’est que de passage…
Mais cette voix n’était aucunement la tienne, Papa, elle ne t’appartenait pas. Elle apparaissait comme celle de ma mère, comme celle de la femme que tu as laissée derrière toi, comme unique barrière de sécurité entre nous. Entre toi et moi, entre un père et sa fille. Mais, dire que toute cette histoire ne serrait qu’un passage, je ne pouvais y croire, toute cette guerre interne et civile ne pouvait être une fable ; elle durera longtemps, bien trop ad vitam æternam pour que tu puisses m’observer grandir et devenir une dame. Je ne serai sans doute plus la même lorsque tu entreras dans notre maison. Je ne serai plus cette petite fille que tu avais aimé regarder s’épanouir, je serai toute autre. Je t’aurais perdu, et il sera trop tard pour nous revoir comme jadis, pour ressusciter ce que nous vivions. Était-ce cela le prix à payer pour échapper à l’injustice que nous refourguait la suprématie ? Si oui, cela était illégitime.
Et pourtant, je ne pouvais pas attribuer la faute sur toi ni sur tous ceux qui ont cherché à nous défendre ; car Dallan Blackwave avait tout fait pour que cette société soit perfectionnée, elle l’aurait été, maintenant, elle n’est plus que vestiges d’un passé. Une époque à présent révolue. Papa, si tu reviens, prends avec toi ces personnes disparues, emprisonnées ou autre.
— Taylor, je t’en supplie, réponds-moi !
— Maman… Je vais bien… C’est que cela est si injuste...
— Je le sais, ma puce, cependant, tu sais parfaitement que cette confrontation sera pour nous tous, une sorte de mise à jour sur nos comportements...
— Mais, cette épreuve, cette endurance que nous devons subir n’a pas de sens ! Voldemort appartient au passé, dès lors pour quelles raisons vouloir recommencer ? N’y a-t-il pas déjà eu assez de pertes humaines lors de toutes ces guerres d’antan ? N’y a-t-il donc pas de réelle valeur pour la paix ? La sérénité doit-elle uniquement se faire sur la suprématie d’une espèce ? La race humaine doit-elle véritablement faire des distinguos entre les sorciers et les moldus, entre les diverses religions, entre les différentes couleurs de peau ? Non, Maman ! Avant, tout ce chaos, avant toutes ces colonisations, tous résidaient en harmonie, tous croyaient et respectaient les cultures des autres êtres vivants, et l’on ne chassait pas les minorités ! Aujourd’hui, il n’y a que cela ! Des guerres, des prises de territoire, tout cela parce que des abrutis veulent l’autorité ! Un pouvoir tellement puissant, qu’ils ne font que détruire et s’endommager intérieurement ! Personne n’est parfait, mais personne ne mérite d’être mis bien plus bas que la terre ! PERSONNE ! Et si, des gens sont incapables de comprendre cela, je suis certaine du fait que je perdrai mon père, tandis qu’aucun de nous ne l’avait demandé ! Et c’est cela qui est injuste ! Le pouvoir ne sert à rien d’autre que de détruire ! Alors, je suis d’accord que la prérogative sans résistance n’engendrera pas un compromis d’harmonie, mais…
Je me coupai de mon propre monologue, analysant chaque réaction de ma mère. Elle affichait la surprise, elle n’était plus qu’une personne incrédule face à mes paroles. Peut-être ne me croyait-elle pas, mais que pouvais-je bien en faire de cette incompréhension, car je ne voulais qu’une chose : fuir.
Dernière modification par Taylor Bagholmes le 3 déc. 2019, 17:02, modifié 2 fois.
Septième année RP
Reste... Je t'en supplie...
Point de vue
Juillet 2044
Te savoir rentrée à la maison et ne pas être là pour toi ; jamais je n'aurai imaginé cela possible. Je ne pouvais imaginer telle situation, et pourtant, je n'en possédais pas le choix pour autant. Nous avons tous un dilemme présenté devant nous, suivre cette Ursula Parkinson et pouvoir te voir sans être sûr que tu sois en sécurité, où m'éclipser un temps de ta vie et te voir en parfaite santé grâce à la rébellion. Cela n'aurait pas été mis en place, si le Ministère n'aurait point perdu la vie ; mais le dépourvu semblait bien encré dans nos vies. Je te perdais pour mieux te retrouver, Taylor. Du moins, c'était ce dont j'espérais le plus.
Le cœur lourd, je t'entrapercevais quitter le Poudlard Express rejoindre ta mère ainsi que tes grands-parents. Tu étais sublime, ma fille. Tu laissais voir un magnifique sourire sur tes lèvres. Jamais, au grand jamais, je n'avais pu le remarquer d'aussi près depuis cet évènement qui t'eut détruit de longues années ; Poudlard avait effectué de magnifiques changements sur ta personne, et je ne me doutais guère que cette distance entre nous gâcherait tout. Tu me cherchais, je le sentais ; toutefois, je ne pouvais être aussi prêt, je risquais ma vie, surtout, la tienne. Quel père agirait de cette manière, ma puce ? Quel père mettrait en danger la vie de son enfant ? Ce n'était pas moi, et je ne me le permettrais pas. J'espère que tu comprendras.
Tes cheveux flottaient légèrement par le vent chaud qui soufflait dans la gare. Ils laissaient ton visage se dévoiler et j'en admirais leur beauté. Peut-être ne m'en serai-je pas rendu compte si j'avais été aussi prêt ; aujourd'hui, loin de toi, je comprenais. Je te comprenais, tu avais prit en maturité malgré les évènements passé ; tandis, que je te détruirais encore et encore, je m'en voulais déjà d'avance. Je n'avais plus le choix, je devais, maintenant, prendre mes responsabilités et t'abandonner le cœur bien remplis de regrets. Je t'aimais, Taylor, je t'aime et je t'aimerai toujours ma puce. Je me souviendrai des moindres faits de ta vie pour rester fort dans cette épreuve, pour rester celui que tu eusses connu dans la totalité de ton existence.
Je devais le rester, j'allais le faire, je t'en faisais cette promesse, ma fille.
Que serai-je réellement sans toi ? Je ne peux pas te laisser avec aucun souvenirs de moi, ton père. Je ne pouvais pas me permettre, cependant, de laisser ce monde gagner sur les valeurs que je t'ai transmise. Tu resteras forte, Taylor, fais-le au moins pour moi. Pour tout ce que nous risquions pour le monde sorcier. Rien ne sera plus comme avant, mais tu seras apte à comprendre ce nouveau monde, de t'adapter sans tomber du mauvais côté. J'ai confiance en toi.
Alors, tandis que je baissais le regard, je t'entendis demander après moi auprès de ta mère. Son silence te fit rapidement comprendre que je ne serai plus présent auprès de toi. Tu n'avais rien ajouter de plus, semblant assimiler cette terrible nouvelle. Je ne pouvais qu'être fier de toi, Taylor.
Mes regrets se figèrent, me laissant enfin prendre cette décision, celle de partir rejoindre les rangs de cette résistance. Il n'en fallait pas plus pour que mon objectif soit complet : toi, heureuse, grandie dans ce monde. Ce sourire que tu avais, jadis, affiché ; je le gardais en mémoire, il deviendrait ma source de motivation. Pour ton sourire, je ferai tout : protéger le monde sorcier, le monde moldu, protéger tes amis, Athéna, Ulysse et tous les autres, mais surtout, je te défendrai jusqu'au bout.
Partant dès lors, je reprenais goût à cette nouvelle vie morose et quittais cette vie de joie pour celle d'un combat dont la victoire ne sera pas donner ; une victoire qu'il faudra mérité. Oui, nous ferons tout pour que ce monde, cette vie déchue nous soit rendue, quitte à en mourir, quitte à me sacrifier.
Tu verras, Taylor, je te reviendrais. Je n'espère pas dans une boîte en bois, mais je ferai de mon mieux pour que ce sourire si grand sur ton doux visage soit celui qui sera présent à mon retour. Que ne ferais-je pas pour toi ?
Septième année RP
