Telle la partie immergée d'un iceberg privé

Chems gonfla des joues rougissantes, mâchant : « Tu sais que c'est pas là où je veux en venir... ».  Si domicilié ailleurs que sur le territoire britannique ou irlandais, sa scolarité de répondait plus de Poudlard. Mais Alienor clarifia vite la situation, et la bouche du garçon forma inconsciemment un "Ô" silencieux. Naïvement, Chems pensa que la contrariété de sa camarade prenait ses sources du regret de ne pas avoir pu revoir un si bel endroit avec sa famille. Pourtant, la brune avait l'air d'être en difficulté, pour trouver ses mots ou pour se calmer, le garçon n'aurait pas su dire exactement. Elle fermait l'instant d'après les yeux et l'irlandais s'imagina qu'elle tentait de se projeter dans un autre endroit... un endroit qu'elle aurait voulu revoir sans avoir pu. Pour la sortir de là, Chems pencha la tête de sorte à bloquer les rayons de lumières venant de la fenêtre, c'est à peine si il ne chuchotait pas au moment de reprendre la parole, comme si il allait avoué un secret tabou. 

« C'est pas grave si tu as pas pu y aller cette fois tu sais, ça veut pas dire que tu repartiras jamais jamais »

Mais ses mots ne semblèrent pas atteindre la brune... Chems commençait à s'inquiéter. Avançant déjà sa main pour secouer un peu l'épaule de sa camarade, appelant son nom doucement, il fut prit de court non pas seulement par la voix de la jeune fille, mais par la larme cristalline glissant sur son visage fermé. Le problème n'était pas de partir, mais de revenir... Tout les muscles du corps du garçon se crispèrent. Quelques chose n'allait pas, vraiment pas. Et si ce n'était que ça, le soucis était bien plus grave qu'un oubli d'anniversaire.

2044... quelle année noire tu fais.

« Désolée pour le plombage d’ambiance… ». Comme Chems aurait aimé que ses oreilles le trahissent, que cette excuse fit partir ses sourcils si loin sur son front qu'il croyait presque les avoir perdu à la frontière de sa ligne capillaire. Et ce sourire— encore ce satané sourire. Il souleva sa main, lentement, ô si lentement, avant d'octroyer solennellement une pichenette sur le front de la jeune fille. « Ranges ça, grogna Chems. À quel moment tu t'excuses ».

Ça n'avait été qu'une larme, mais il avait l'impression de voir, retenus dans les yeux vairons, une dizaine d'autres. L'irlandais pinça les lèvres, tournant sept fois sa langue dans sa bouche avant de l'ouvrir. Il n'allait pas avoir le toupet de lui dire de ne pas s'inquiéter, il y avait autre chose : 

« Je pense qu'il y a toujours moyen d'aller contre le courant et de s'en sortir —et je parle pas de faire des crasses au château là » cru-t-il bon de préciser, que sa réputation ne le précède pas quand il parlait sérieusement. Il n'allait pas dire à Alienor de ne pas s'inquiéter, mais, il pouvait tout autant lui montrer un peu de sa conviction pour ce qu'il savait de sa propre famille. Sa mère avait beau être aussi expressive qu'une porte, Chems croyait son père lorsqu'il lui comptait les péripéties de celle-ci avant son arrivée en Angleterre. De Bagdad à Ikaria avant d'enfin s'arrêter à Londres. Seule. Les détails lui restaient vagues, mais que les choses avaient été difficiles, il en était sûr. Est-ce que ce "difficile" était comparable à celui dont la brune faisait référence en parlant de ses parents était une autre question qu'il ne poserait pas par respect, mais une épreuve restait une épreuve. Si sa mère s'en était sortit, il pouvait croire que celle d'Alienor s'en sortirait également. Voulait croire. Pour son am— ... sa camarade. « Il y a toujours moyen d'arranger les choses ».

C'était particulier avec Alienor. Peut être parce qu'ils s'étaient, pour la première fois, approchés pour de vrai à un moment où ils avaient tout les deux le moral à zéro. Suivant ça, ils avaient continué à se parler et il n'avait personnellement jamais spécialement sentit de malaise vis à vis de ce qu'ils s'étaient confieé cette nuit à la volière. Tout au contraire, que ce soit pour converser ou juste regarder dans le vide en silence dans une salle commune quasi déserte, c'était toujours avec une aisance agréable. Mais alors, il se rendait compte maintenant qu'il y avait des choses qu'il découvrait encore sur la brune, des choses si triviales que ça le surprenait de les apprendre au milieu d'un échange si intime pour eux deux.

« T'sais je viens de me rendre compte d'un truc... On a jamais eu l'occasion de se présenter ». 

Il lui fit les gros yeux expectatifs. Ils connaissaient les choses les plus personnels sur l'autre sans savoir les choses les plus simples! C'est vrai, y'avait pas eu de discussion commençant par "Comment tu t'appelles?" avec Alienor, Chems avait apprit le prénom de la jeune fille de la bouche d'un prof pendant un cours théorique dont il ne se souvenait même plus. C'était faire les choses à l'envers mais, juste pour la forme, le garçon y mit la formalité de rigueur au moment de se lancer. « Je commence... »

Se raclant théâtralement la gorge et redressant les épaules, il présenta son bras pour une poignée de main : « Bonjour Alienor Delphilia de Bristol, je suis Chems Daley de Greystones. J'ai un grand frère stupide qui s'appelle Aidan, moldu comme mon père. Y'a que ma mère qui est sorcière. J'aime pas les potions et je suis nul au foot mais j'adore ça quand même, enchanté ~ »

Qu'il ait eu l'air moqueur ou pas, la bouche du garçon s'étira en un sourire bien sincère. Ça lui avait fait drôle de dire ça, Alienor n'était plus une inconnue depuis un moment, et pourtant... se connaître sans se connaître, c'était peut être bien possible.

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Son ongle ripa sur sa pièce et elle sursauta en fermant les yeux quand une pichenette vint lui percuter le front. Décidément elle les attirait… Pourquoi diable méritait-elle toutes ses pichenettes c’est quand même dingue. Même si finalement elle ne rétorqua rien au garçon. Il avait raison dans un sens. Elle-même n’aimait pas les gens qui s’excusaient pour rien. Il avait eu le mérite de capter son attention pour de bon. Les paroles du garçon firent assez de bien à la fillette, elle avait besoin d’un peu d’optimisme en ce moment. Mais elle était aussi mal à l’aise. Elle n’aimait pas se montrer si faible et vulnérable.

Elle acquiesça simplement d’un mouvement de tête sans rien ajouter ne voulant pas en rajouter une couche. C’était suffisant et elle priait pour que Chems ne laisse pas un silence indiquant qu’il souhaitait une réponse parce qu’elle n’aurait su quoi répondre mis à part peut-être une phrase bateau du genre je suis bien d’accord avec toi. Rien de bien constructif ou même utile à cette conversation.

Heureusement, avant qu’elle ne se sente obligée de commenter inutilement, Chems enchaina sur un nouveau sujet de conversation, une parfaite occasion de changer de sujet sans paraitre pour une fille un peu trop étrange. Cette constatation était comme un diamant sur un joli petit coussin rouge dans la tête d’Aliénor. Elle plissa les yeux regardant son interlocuteur. Il n’avait pas tort, mais ils se connaissaient par la force des choses, c’était si mal que ça ? Les choses non-conventionnelles ne sont pas vraiment un souci pour la fillette de Bristol. Mais elle tiqua quand Chems évoqua son frère. Elle n’en savait rien, ou alors elle avait oublié,enfin mis à part sa maladie évoquée avant. Mais dans tous les cas, il avait peut-être raison, repartir sur quelque chose de simple et de basique était la chose à faire.

Elle haussa des épaules avant de se saisir de la main présentée devant elle.

-Enchantée Chems Daley. Comme si bien dit je suis Aliénor Delphillia, mais visiblement plus souvent Ali. Je suis la seule enfant d’un couple d’un sorcier et d’une moldue qui connaissait bien le monde sorcier parce que son frère en était un. J’aime le sport et le dessin même si j’ai jamais fait de foot, donc tu dois au moins être meilleur que moi.

Elle lâcha la main de son camarade en souriant. C’était assez drôle comme situation, atypique et amusant. Elle émit un petit rire, c’était bien la première fois qu’elle était gênée lors d’une présentation. Certainement cette situation étrange qui était à l’origine de cette gêne injustifiée.

-Je crois bien que c’est la première fois que je stress pour une présentation…


Elle rit de nouveau, un moyen comme un autre pour laisser s’écouler cette petite pression qui lui tendait les épaules. Elle secoua la tête avant de de nouveau poser son regard sur le garçon.

-Pourquoi tu as choisi le qualificatif "stupide" pour ton frère ?

Une moue curieuse et amusée sur le visage, elle voulait en savoir plus sur cette nouvelle personne. Surtout qu’elle avait toujours été curieuse de ce genre de relations fraternelles sans jamais en ressentir le manque vu que de toute façon, on ne peut pas manquer de ce qu’on ne connais pas. Même si le terrain pouvait être glissant, elle voulait juste en savoir plus sur cette personne qui a tout de même partagé la vie de son camarade.

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Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel

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Chems posa ses deux mains sur ses hanches, son sourire s'élargissant à chaque soubresauts amusées de sa camarade. « C'est tout naturel, je sais même être plus intimidant que Loewy ! ». Heureusement, Alienor et les trophées étaient seuls témoins de l'audace de sa prétention, plaisanter avait des limites, et Chems n'était pas trop sûr de celles qu'il devait observé plus sérieusement quand il en venait aux adultes. Et pire encore, à la directrice. 

Ainsi donc, la brune avait elle aussi deux parents des deux mondes. Il s'en ressentait encore un peu plus poussé de curiosité à chaque nouvelle chose qu'il apprenait de la bouche de la brune, de chaque découverte s'envolait le peu de sa retenue qui n'avait existé qu'à cause des lourds sujets qu'ils avaient abordés juste avant. "Du coup tu vivais avec ou sans magie avant Poudlard? T'es obligé de me montrer maintenant, au moins un dessin! ... Ou deux, ou cinq—" Il aurait continué sur sa lancée éhontée que si Alienor n'avait pas montrer son intérêt pour Aidan.

« Il est stupide parce que— ..parce que..., d'avoir dit ça instinctivement, le garçon sécha en milieu de phrase et se prit à chercher ses mots. Chems aurait dit que son frère était stupide pour des tonnes de raison, des tonnes! Il n'avait qu'à rassembler ses souvenirs et... Parce qu'il soulève toujours la télécommande au dessus de sa tête de sorte à ce que je puisse pas l'atteindre! Même histoire avec la confiture au p'tit dej'... Il me donne des coups de pieds sous la table pour pas que je parle quand sa copine vient dîner à la maison. Et quand les parents sortent, cette face de troll condamne la porte de ma chambre avec le tube de dentifrice en m'enfermant dedans pour pas avoir à me surveiller ».

Ce n'était qu'une chasse gardée ininterrompu qui secouait Gresytones depuis que Chems avait l'âge de tenir tête à son aîné. Le quartier regardait les deux frères comme le berger guette les loups.

« Oui, stupide de chez stupide » mâcha-t-il en croisant impertinemment les bras sur son torse. Pendant son récit, le garçon avait commencé à faire les cents pas dans l'allée sans pouvoir s'en tenir à discuter parfaitement immobile d'un sujet qui le chatouillait autant. Ses doigts se serraient même d'envie de rendre chaque crasse qu'il avait conté. S'imposant d'avancer en se mettant la contrainte de ne mettre qu'un seul pied par pierre au sol, chaque pas lui faisait faire un écart ridiculement grand, aussi grand que les dalles du château étaient imposantes. Sa marche de géant grotesque l'amena à contourner le meuble de médaille devant lequel était Alienor. « Parfois il fait des trucs comme ça et parfois... », le garçon se pencha pour regarder à travers la vitre de l'étalage, cherchant à capter le regard de la brune à travers le verre, entre les médailles brillantes il chercha l'oeil bleu « ... il fait tellement comme si j'existais pas que j'ai l'impression d'être un vrai fantôme —et même pas en vrai si on regarde les fantômes d'ici. Je comprenais pas trop pourquoi il m'ignorait comme ça avant, mais peut être que c'est à cause de sa personnalité... ou ses? Raaah, j'sais pas!! Ça m'énerve ! » s'époumona-t-il, ses deux mains volaient déjà dans ses cheveux, les décoiffants un peu plus dans son accès d'agitation subite. 

Plutôt que mettre sa sur le dos de sa schizophrénie, Chems aurait tellement voulu pouvoir se convaincre d'autre chose. Les mains dans ses cheveux glissèrent jusqu'à couvrir ses yeux pour se couvrir de la réalité. Il se mordit la lèvre, osant tout juste avouer à demi-voix, là, derrière le meuble, à peine caché par une vitre :

« J'aurai préféré qu'il le fasse exprès... »

Même si ça aurait pu être pire. 

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Alors qu’il semblait chercher ses mots, Aliénor posa un nouveau regard sur sa pièce. C’était stupide de croire qu’elle pouvait vraiment relier son père à elle. Mais au fond il suffit d’y croire pour que ça nous fasse du bien. Certains mensonges préservent. Elle n’avait pas spécialement décidé d’y croire, mais quand elle était mal, ça lui faisait du bien d’avoir cette petite lueur d’espoir.

Mais quand Chems se mit à parler de son frère tout en parcourant la salle Aliénor ne put le quitter des yeux. Un sourire marquait son visage au fur et à mesure des anecdotes. Elle s’imaginait très bien Chems et un Chems géant se retrouver dans ce genre de situations. Tout cela lui paraissait assez léger vu de l’extérieur. Il est vrai que se retrouver dans ce genre de situations ne devaient pas être très amusantes mais du point de vue de la fillette ça lui paraissait très drôle.

C’est donc un sourire amusé sur les lèvres qu’elle suivait le trajet de son camarade avant qu’il ne s’arrête juste de l’autre côté d’un présentoir. Malgré les reflets et la lumière reflétant sur les médailles elle distinguait très bien le visage du garçon. Le sourire de la fillette s’estompa alors que la voix du garçon remplissait toujours le lieu. Elle pencha la tête sur le côté. Ca ne devait pas être facile de vivre avec quelqu’un ayant deux personnalités et surtout de l’apprendre uniquement maintenant. Aliénor ne savait pas vraiment quoi faire et aucun mot ne lui venait à l’idée. Elle contourna l’étalage de médailles laissant ses doigts glisser sur le verre. Une fois de l’autre côté elle se plaça aux côtés du garçon et posa, après une seconde d’hésitation, une main sur l’épaule de celui-ci. Elle n’avait pas l’habitude de ce genre de gestes, de les faire ou de les recevoir, mais elle se laissait guider par son instinct.

-Tu sais, même s’il est malade ça reste le même. Il fera toujours des trucs stupides.

Elle n’avait aucune idée de ce dont elle parlait, mais tout ce qu’elle savait c’est que depuis que sa famille était loin, elle se sentait seule et vide. Au combien elle peut haïr sa mère pour ce qu’elle lui fait vivre en ce moment, elle lui manque terriblement.

-Il a toujours été comme ça et ce n’est pas parce que maintenant il y a un nom sur son comportement qu’il va devenir autre chose que ton frère stupide. Désolée pour toi… Tu devras le supporter toute ta vie et inversement et je ne suis pas sûre que tu sois un cadeau.

Aliénor serra un peu l’épaule de Chems avant de la lâcher et de lui envoyer un sourire. C’est fou de croire que l’on connait quelqu’un alors qu’au final on ne sait presque rien de lui. C’était le cas avec Chems et elle voulait y remédier. Ils avaient déjà fait un grand pas aujourd’hui même si c’était sur des banalités. Mais les banalités en disent long sur les gens. Aliénor fit quelques pas dans cette salle si mystérieuse à ses yeux, la salle où elle c’était réfugiée pour lire la lettre de son père. Elle avait une importance inconnue pour la fillette.

-Du coup il est pas sorcier…C’est bizarre non ? Je croyais qu’à partir du moment où on avait un parent sorcier on l’était automatiquement.

A vrai dire elle ne c’était jamais penchée sur le sujet de la descendance des sorciers et comment ce don se diffusait. Mais maintenant qu’elle y pensait, elle voulait avoir une réponse.

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D'avoir penser et dit tout haut qu'il aurait préféré que son frère joue la comédie en sachant pertinemment que ça n'était pas le cas... en vérité, il était vraiment le plus stupide des deux. Sa main gauche se referma en poing sur son oeil, et Chems s'en servit pour taper doucement son propre front. Vraiment le dernier des imbéciles.

Il tressaillit légèrement du contact sur son épaule, s'étant encore cru seul comme il n'avait pas entendu, ni vu, la brune s'approcher. Ses deux yeux, impossiblement larges, se tournèrent vers Alienor, d'abords pour s'assurer visuellement que c'était bien sa camarade, puis pour mieux apprécier ce qu'elle lui disait. Plus il écoutait, plus il sentait ses épaules se détendre et la rigidité qui s'était emparé de son corps entier, sans qu'il ne s'en rende compte, le quitter progressivement. S'abreuvant de ces mots réconfortants sans se méfier, le "désolé pour toi" marqua le début d'une suspicion qui ne le prévint pas assez tôt du panneau de sarcasme qu'il allait bientôt recevoir en plein visage. C'est avec la mâchoire lâche de surprise que Chems réceptionna le sourire de sa camarade, et ne réagit que lorsque celle-ci détacha sa main de son épaule et commença à s'éloigner. 

Ni une ni deux, le garçon sortit de sa torpeur pour rattraper, en trottinant, les côtés de la jeune fille. « Je te ferai savoir que je suis a-do-rable Delphilia merci bien ». Cela bien dit dans les formes, peu importe ses insinuations douteuses, ce que lui avait dit Alienor l'avait sortit de son cafard et il s'en sentait bien plus léger. De ça, Chems ne pouvait pas rester à faire le malin et craqua un sourire plein de dent à la brune. « Merci » lui dit-il en abandonnant le ton de la plaisanterie. 

C'était bizarre, ils n'avaient pas le confort de la salle commune, ou l'immensité du parc qui pouvait rendre les discussions si intimistes, ce que les petits espaces ne permettaient pas bizarrement. Chems ne s'imaginait pas se confier sur un sujet pareil dans un endroit aussi ouvert que la salle des trophées. À l'image des vitres qui protégeait les milles et unes représentations de victoire ici, tout était transparent, tout se reflétait de partout. Ne pas faire attention et la moindre information pouvait arrivé aux oreilles de la mauvaise personne. 

Pourtant, en discutant si facilement avec Alienor, le garçon ne s'était pas fait cette réflexion. Bien au contraire, il commençait à ressentir une aise dans cet endroit où on évoquait les souvenirs d'exploit de tant de personne inconnue. Ça devait être bien d'ailleurs, d'avoir son nom immortalisé comme d'une fierté. C'était au moins une chose que Chems savait qu'il n'aurait jamais, pas que ça le chagrine... 

« Du coup il est pas sorcier…C’est bizarre non ? Je croyais qu’à partir du moment où on avait un parent sorcier on l’était automatiquement. »

Chems décolla ses yeux d'une plaque gravée pour les reposer sur sa camarade, considérant sa question. « Non... Enfin je crois pas? Le mot cracmol n'existerait pas sinon ». Il n'aimait pas ce mot d'ailleurs, pas depuis que Downing l'avait utilisé comme d'une insulte devant lui. Du moins, ça lui avait paru insultant sur le moment. Il en grimaçait rien que d'y penser. 

« J'en connais d'autre dans le même cas aussi », et songea au petit frère à Lucy, il s'en souvenait encore... « Ça doit être comme pour l'apparence, on prend pas nécessairement de nos deux parents pour les cheveux, les y—... ». Dire qu'il avait commencé à énuméré, Chems s'interrompit à la deuxième démonstration à peine, son propre regard allant et venant sur l'oeil brun puis bleu, bleu puis brun. « C'était un mauvais exemple » se réfracta-t-il en rangeant précipitamment ses mains et sa science dans ses poches. Cependant, d'entendre Alienor dire ça naturellement avait, d'une certaine manière, foudroyé Chems d'un espoir inespéré depuis longtemps. Et si tout ça n'était qu'une déclaration tardive de magie? Ça semblait irréel de combien il s'en était sentit coupable d'être sorcier quand Aidan ne l'était pas en première année, combien il pensait qu'Aidan lui en voulait d'être ce qu'il n'était pas. L'aîné avait bien dit qu'il "s'en fichait comme de sa première chaussette", mais un doute persistait toujours chez le plus jeune. 

« Tu te serais senti mal de ne pas avoir de magie toi? Alors que ton père est un sorcier ».

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Visiblement son entreprise d’alléger la conversation avait réussi et elle s’en voyait ravie. Au combien elle pouvait prétendre n’en avoir rien à faire, elle n’aimait pas voir les gens maussades et préférait largement être entourée de rires et de gens taquins. Aliénor avait l’impression de passer et repasser devant les mêmes médailles, les mêmes coupes. Ça aurait pu être d’un lassant, mais finalement passer ce moment avec Chems n’avait rien d’ennuyant et elle apprenait à vraiment connaitre son camarade qu’elle n’avait vu qu’en surface finalement. Sa journée était déjà bien mieux et elle allait pouvoir se coucher en se disant qu’elle n’avait pas eu une journée non productive.

Cracmol ? Oui elle avait déjà entendu ce mot, plus d’une fois. Mais elle ne c’était jamais dit qu’elle aurait pu l’être ou quelqu’un de sa famille si le destin l’aurait voulu. Pour la fillette c’était quelque chose de lointain, une erreur génétique. Erreur génétique, comme elle et sa paire d’yeux. Et Chems sauta dedans à pieds joint, même s’il essayait de se rattraper aux branches. Mais il n’y avait rien de mal, la génétique fait des erreurs et elle préfère largement avoir des yeux bicolores que de ne pas avoir e magie.

-C’est rien t’inquiète.

Elle s’en était pris des remarques sur ses yeux plus jeune et même dès qu’elle rencontre des gens, la plus part font voguer leurs yeux de l’un à l’autre ne sachant pas où s’arrêter ce qui donne un peu le mal de mer à la fillette qui a juste envie de leur dire d’en choisir un et d’arrêter. Mais elle n’y peut rien, c’est humain et maintenant elle s’y est fait. Après tout c’est une partie d’elle-même et pour rien au monde elle ne mettrait des lentilles pour cacher ce qu’elle est. Elle n’y avait même jamais pensé en fait, de cacher cette erreur de la nature. Aliénor est quelqu’un de très naturelle t elle ne comprendrait pas qu’on souhaite se changer pour mieux s’intégrer dans le monde.

La question tomba alors, vivre sans magie, être privée de ce don ? Maintenant qu’elle y avait goûté, non, elle ne pourrait pas perdre ses pouvoirs comme cela. Ça lui ferait mal et elle se sentirait vide, même si ça lui éviterait certaines bavures. Elle n’aurait plus ce problème de maitrise de sa magie ou d’accidents liés à ses émotions. Mais si elle n’avait pas connu ça ? Est-ce que ça aurait de l’importance, comme elle le pense on ne peut pas manquer de ce qu’on ne connait pas. Son père ne criait pas sur tous les toits qu’il était sorcier et même si parfois il usait de la magie pour nettoyer des tâches ou ranger des lieux après le passage d’une Aliénor énervée, la famille Delphillia vit comme des moldus. Mais alors, sa mère qui avait deux parents moldus mais un frère sorcier, elle était cracmole ? Cette idée sonnait très étrangement dans l’esprit de la fillette. Elle n’avait jamais vu les choses sous cet angle et allez savoir pourquoi, ça ne lui plaisait pas du tout. Même si elle savait pour la magie par son frère et Cyril, elle restait loin de ça pour la petite Delphillia. Alors qu’elle soit un sorcier raté ? Non, et puis raté, Aliénor était ure et crue dans ce qu’elle pensait, c’était es gens normaux. Ce monde était à Aliénor et à son père point. Aliénor secoua la tête pour mettre fin à cette seconde de silence qu’elle avait pris pour analyser la question.

-Je ne sais pas. Je ne pense pas, après tout si tu ne sais pas ce que c’est ben tu vis juste différemment, et puis mon père ne fait pas beaucoup de magie à la maison. Par contre si on me les enlève maintenant c’est pas pareil. Et toi ?

Après tout était peut-être différent pour Chems, il avait son frère dans le monde moldu, ça ne doit pas toujours être facile de le voir si peu surtout depuis qu’il est malade. Ou alors un soulagement de laisser ses parents gérer ça plus facilement sans lui ? C’est un peu glauque mais c’est possible.

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Sa tête pencha sur le côté. Ça se tenait. C'était d'un simple déroutant même. Comment ressentir le manque de quelque chose qu'on a pas goûter. « J'ai... jamais vraiment prit la question dans ce sens. »

Chems croisait les doigts pour qu'Aidan pense la même chose qu'Alienor. Ou peut être que c'était déjà le cas? Seulement pour eux, le premier effort ne s'était pas fait sur la possession mais plutôt la perception. « Pareil que toi, ma mère n'utilise pas du tout la magie à la maison non plus mais notre père nous racontait des histoires... » —Ces fameuses histoires... Tout était partit de là en faite. Ça avait commencé par quelques anecdotes qui avaient attirées d'autres questions, puis d'autres, et encore... Fehin s'étant entiché de ce monde depuis qu'il l'avait découvert, bien sûr ne pouvait-il pas s'empêcher de répondre en idéalisant et en extrapolant. Il contait Poudlard comme le pays imaginaire de Barrie.  « Je les écoutait avec envie, Aidan aussi, mais on a finit par se dire tout les deux que c'était pas quelque chose pour nous, surtout qu'Aidan avait dépassé l'âge de, tu sais... d'entrer ici. À Poudlard. J'lai un peu trahi  dans un sens. »

Chems se rappèlerait toujours de la journée où il avait retrouvé cette lettre au cachet étrange sur la table de salon en descendant de sa chambre. Une lettre qui avait trouvé son chemin seul jusqu'à la maison sans passé par leur boite aux lettres, c'était déjà bien louche. Comme de par hasard, il avait fallu qu'il se réveille avant tout le monde ce jour là, seul face à cet autre monde qui l'invitait par la porte principale. Il avait jeté le courrier comme si il avait été brûlé et avait remonté les marches jusqu'à l'étage quatre par quatre, dans le déni le plus total. Peut être que si il l'avait jeté dans l'âtre de la cheminée à la place aurait-il pu évité sa scolarité à l'école de magie —même là, Chems était incapable de dire si il aurait eu l'audace de le faire. Pas une seule fois n'avait-il oser regarder son frère dans les yeux après que le reste de sa famille ait trouvé le cachet de l'école quelque part sur le sol du salon, mais le cri enjoué de son père résonnait dans ses oreilles encore aujourd'hui.

« Je me suis dis que ça avait dû être un rêve. Je voulais pas que ça soit vrai, j'voulais pas être un lâcheur. »

C'était pas juste si un pouvait vivre ce que l'autre ne pouvait que rêver. Il haussa les épaules fatalement, tout ça était plier depuis plus de deux ans. Mais la question du "Et si..." le hantait toujours. Sa magie réduite en cendre... 

« Au final, non, ça m'aurait pas dérangé, je m'y étais préparé. » Il ricana. « Mais maintenant je sais pas trop, est-ce que je vivrais mieux sans magie? Tout ce que je sais faire c'est—... hmm » C'est une bonne question surtout. Chems fit mine de se creuser une tête désespérément vide. Il savait ce que les cours lui avait apprit, mais très personnellement, la magie ne lui était pas encore indispensable au point d'y penser comme quelques chose d'impératif dans sa vie. « Bah pas grand chose en faite... pas grand chose ». Le garçon laissa son dos reposé sur une vitre, c'était une conclusion d'apparence bien désolante, mais il ne se sentait pas pour autant mal pour lui-même. Ça ne lui tenait pas encore autant à coeur, encore moins avec les évènements qui secouaient le monde de la magie et ce qu'il entendait sur la considération du sang moldu.

« Je vivrais pas mieux, mais je vivrais. C'est p't'être juste que j'ai pas trouvé mon "truc". J'ai encore deux- quatre...  cinq ans ! Cinq ans pour décidé de ce que je veux en faire. Mais en attendant, je peux t'apprendre un truc ou deux sur la coloration de  boursouflet si ça t'intéresses » termina-t-il avec un air malin.

Malgré sa bonne humeur, ne pouvait-il pas empêché un pli de se creuser entre ses deux sourcils en se souvenant de cette affaire qui avait prit des proportions qu'elle n'aurait pas dû avoir. Chems était amer rien qu'à penser à ses répercutions dont seule la teinte éclatante de l'animal éclairait une part de l'histoire. Il secoua la tête pour se débarrasser de ce souvenir, s'accroupissant devant une coupe un peu basse pour la petite hauteur qu'il avait enfin réussit à gratter à raison de trois ans de scolarité. Une coupe de quidditch semblerait-il que ce soit, bien que l'année restait bien peu lisible. 

Chems se saisit de l'occasion, sans pour autant arrêter d'essayer de déchiffrer les inscriptions sur le trophée :

« Tu as dis que c'étais pas pareil pour toi. Si on t’enlevait la magie maintenant. Pourquoi ? » Il releva un instant les yeux « Est-ce que c'est par rapport au quidditch ? »

Alienor était une bonne joueuse après tout, il l'avait vu, et toute l'équipe de poufsouffle était si déterminé. Chems s'émerveillait souvent devant l'investissement des joueurs il n'avait pas honte de le dire. Pas une seule fois n'avaient-ils baissé les bras, que l'issu soit bonne ou mauvaise. S'était beau de voir une telle inspiration, surtout sans en avoir une soi-même. Alors naïvement, le garçon ramena tout à ça sans se rendre compte qu'il réduisait toute la diversité de la magie à un sport.

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Aliénor écoutait son camarade en laissant son regard voler sur la pièce. La lumière jouait avec le verre et les reflets dorés des coupes et médailles entreposés ici. Ça avait quelque chose d’envoutant qui absorbait Aliénor alors que la voix que Chems la berçait dans ses rêveries. La trahison. Quel sentiment complexe et dur. Cela faisait échos au départ de ses parents pour l’Espagne et sa mère qui la mettait de côté de sa vie. Mais ce n’était pas vraiment la même chose. La culpabilité semblait ronger le garçon pour quelque chose dont il n’avait pas le contrôle. Aliénor soupira, elle n’aimait pas vraiment qu’il ressente cela. Il n’avait trahis personne et en ignorant ses pouvoirs il n’aurait rien pu faire de mieux. Il n’avait pas à s’en vouloir pour ce qu’il était et, même si cela à l’air récurant dans les fratries, ce n’était pas à lui de s’occuper de son frère.

Aliénor fit descendre ses yeux de la poussière qui dansait dans les rayons perçants du soleil pour poser ses yeux sur Chems. « Un lâcheur ? » Elle arqua un sourcil en haussant des épaules. Avoir un frère semblait si puissant, mais si compliqué aussi. Pourquoi tous les sentiments forts devaient avoir leurs lots de complications ?

Mais Chems rebondit finalement sur quelque chose de plus léger, enfin si la coloration de boursouflet était un sujet plus léger.

-La colora… ?

Aliénor éclata de rire, elle ne s’attendait pas vraiment à ça. C’est alors que l’image du boursouflet de Cassandre lui revint en tête. C’est vrai qu’il était devenu vert du jour au lendemain mais la fillette n’avait jamais vraiment fait attention au pourquoi du comment même si la fille en parlait beaucoup. Aliénor était partagée entre l’amusement et l’admiration pour l’idée et sa réalisation. C’était du génie.

-C’était toi alors, bravo !


Elle était ravie de pouvoir applaudir l’auteur de ce méfait de qualité. Elle secoua la tête avant de regarder le sol en s’imaginant la tête de Cassandre découvrant son boursouflet de malheur coloré. Mais le garçon rebondit bien vite sur les paroles précédentes de la fillette. Elle releva la tête un fin sourire sur les lèvres.

-Peut-être que le Quidditch joue, mais c’est un tout. Même si je suis généralement nulle en lancé de sort, j’ai l’impression d’être entière. Après tout on m’apprend tous les jours que je peux réaliser des trucs à priori infaisables. Et puis j’ai rencontré un tas de gens géniaux ici, que je n’aurais probablement jamais rencontré en tant que moldu. En fait j’aime ma vie comme elle est et je ne me creuse pas trop la tête sur le reste.

*Même si sans être dans le monde sorcier j’aurais pu aller en Espagne avec mes parents.* Un voile passa sur les yeux de la fillette. C’était la première fois qu’elle voyait vraiment la cause du nouveau régime sur sa vie. Mais ce n’est pas à cause de ça que ses parents étaient partis donc… Non, elle ne voulait pas y penser, on refait le monde avec des « si », mais ce n’est que des rêves irréalisables. Aliénor prit une grande inspiration avant d’offrir un grand sourire à Chems. Elle ne voulait pas y penser, pas se faire de faux espoirs débiles comme celui qui lui a fait escalader l’arbre qu’ils ont créé. Ça avait été un échec cuisant d’ailleurs et ça n’avait rien apporté donc non.


-On a le temps après avant de savoir ce qu’on va devenir, moi non plus je ne sais pas si je vais trouver ma place dans ce monde… Déjà choisir ma filière ça a été compliqué alors bon… Step by step.

Voilà, pas le plan sur la comète, Aliénor vivait au jour le jour. Sa seule tentative de savoir ce qu’elle allait faire de sa magie n’avait abouti à pas grand-chose de probable donc bon. Elle avait bien le temps.

Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel

Telle la partie immergée d'un iceberg privé
Chems était enchanté de voir que l'effet de cette vendetta ne c'était pas estompé. Il en ria avec sa camarade de bon coeur. « C'était surtout l'idée de Jeffrey, moi j'ai juste contribué à empirer les choses ». Sans aucun mérite, si il n'avait pas proposer de gonfler l'animal, l'anglais aurait eu les excuses qu'il méritait et l'histoire ne serait pas aller plus loin. 

À peine la brune se mit-elle à énoncer son opinion que le garçon lui fit la tête de l'incompréhension dès sa première phrase. Toi ? Nulle au lancé de sort ? Néanmoins, il ne l'interrompit pas vocalement, buvant ses paroles et leur signification. Avec sa précédente question, Chems avait comprit qu'Alienor et lui ne réfléchissait pas dans le même sens. Il y avait des choses dans ce qu'elle disait qu'il n'envisageait pas en priorité et qui n'en était pas moins vrai. 
Commençant à sentir des fourmis dans les jambes à rester accroupit sans bouger, le garçon se laissa tomber sur les fesses, toujours face à la vitrine et au trophée mal daté. 

« T'as raison. C'est cool ici aussi. » Chems ne l'avait pas dit à voix haute depuis Domhall. Il ressentit la même chaleur apaisante qui l'avait envelopper trois ans auparavant. Seulement aujourd'hui, il n'était plus face à l'inconnu mais en territoire familier. Comme l'avait dit Alienor, il avait un entourage, des amis et avait commencé à construire quelque chose ici, peut importe si cette chose n'était pas encore clair et bien définit. 

Step by step... Si il avait pu, Chems aurait passé sa main dans la vitre pour attraper une coupe et l'aurait levé, comme un verre de table, à la santé de cette proclamation et de tout ce qu'elle impliquait. Mais comme il n'était pas encore immatériel pour le faire, c'est sa main vide qui se projeta seule en l'air. 

« Amen ! »

Y avait-il franchement autrement chose à dire sur la question? Et perdre du temps à "planifier" quand il pouvait autant faire des choses primordiales comme trouver l'année d'une vieille coupe de quidditch poussiéreuse sur un meuble qu'il ne reverrait plus jamais?

Non. 

« Bon c'est quoi l'âge de cet ancêtre à la fin? Pas pratique tout ça » proféra-t-il en se grattant pensivement le menton. Un bruit provenant de l'entrée vers le couloir détourna son attention de la vitrine. Un bruit... puis un brouhaha s'intensifiant. Le coeur de Chems se serra en voyant du mouvement à travers les vitrines. L'heure de cours devait être finit... Il interrogea d'abords Alienor du regard avant de parler d'une voix plus timide qu'il n'aurait aimé qu'elle ne sorte.

« Tu as cours ? »

Le garçon ne se fit même pas la réflexion de savoir si il avait cours lui-même, saisit par l'affliction de voir, peut être, le moment en venir à sa fin. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas été aussi épanouit en pleine journée, constamment mordu par la nostalgie dans sa nouvelle classe où les poufsouffle n'étaient plus aussi nombreux qu'avant. 

In my defense, I was left unsupervised

Telle la partie immergée d'un iceberg privé
Cool. C’était le mot, la vie ici était cool, même si elle se prenait souvent la tête avec les autres, Aliénor avait plutôt une vie agréable à Poudlard. Un grand sourire fendit le visage de la fillette suite au « Amen » de son camarade. Elle était vraiment heureuse d’avoir pu en apprendre autant sur son camarade qui avant aujourd’hui n’était finalement qu’un quasi inconnu au vue de toutes les choses qu’elle ignorait sur lui, et des choses au combien basiques ! Elle se sentait bien plus proche de lui et cette présence était agréable. Etait-ce ça un ami ? Mouais, elle n’était pas encore convaincue par le terme. Elle mettra du temps avant de savoir comment classer les gens dans sa petite tête mais peu importe.

Mais le calme ambiant fut rapidement remplacé par le bruit des élèves déambulant dans le couloir. Elle n’avait jamais vraiment fait attention au vacarme qu’ils pouvaient tous produire en discutant à la sortie des classes. Son regard se baissa vers Chems et un soupire s’échappa de ses lèvres. Elle haussa les épaules en offrant au garçon une moue contrainte.

-Mouais…

Non pas que par habitude elle avait envie d’aller en cours, mais aujourd’hui encore moins. Mais ce moment aura été une bulle d’oxygène dans une journée au combien basique. Elle se redressa en jetant un dernier regard sur les coupes autour d’elle. Cet endroit était définitivement bien plus surprenant que ce qu’elle aurait pu imaginer.

-T’as pas cours toi ?

Elle se dirigea vers le flot d’élèves qui passait juste derrière cette porte. Elle prit une grande inspiration avant que son regard ne se pose sur les gens qui passaient rapidement dans le couloir. Elle savait une chose, elle n’était pas dans la même filière que lui, mais ils avaient des cours en commun. Ce système n’aidait pas vraiment à savoir qui était où, mais bon, ça permettait aussi de voir des têtes différentes à chaque cours. C’était peut-être un mal pour un bien.

-En tout cas je suis ravie d’apprendre à vous connaitre Monsieur Daley. Je vous abandonne ici ou vous venez avec moi braver le flot des élèves pour suivre un cours certainement épuisant ?

Un sourire espiègle sur les lèvres, elle jeta un dernier regard vers son camarade. Il venait d’effacer l’aspect triste qui restait dans l’esprit de la fillette lorsqu’elle pensait à cette salle et elle lui serait certainement longtemps reconnaissante pour cela. Elle n’avait plus qu’à espérer que le cours ne soit pas d’un ennui mortel, ce qui risquerait d’annuler ce sentiment de joie qui gagnait la fillette. Enfin au pire elle allait passer son cours à dessiner, il y avait pire non ? Certainement, genre des BUSE dans 2 ans. Mais on ne va pas penser à ça de suite… Sans façon.

Fin du Rp pour moi, merci beaucoup Chems!

Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel