RPG+ Soleil Ocre Solo

Le 20 avril 2044
En pleine après-midi

1ère année
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Il y a deux jours, j'ai fait la rencontre de Lune. En fait, j'ai fait la rencontre d'un animal. Que j'ai tout de suite considéré comme une personne à part entière. C'est un tout petit animal, pourtant. Lune est un chaton. Lune n'a que six mois, c'est ce que la vendeuse magique m'a dit. Elle est un tout petit animal. Et déjà, je la considère comme mon amie. D'ailleurs, c'est avec elle que je passe le plus de temps, depuis deux jours. Je crois que... Je veux passer tout le reste de mon temps avec elle.

Je me suis levée ce matin avec la seule envie de découvrir Lune. Tout le temps qu'il me reste à Cambridge, chez moi, je veux le passer à la découvrir. Malgré le temps qu'elle a passé à dormir ces derniers jours. Lune dort beaucoup, en fait, c'est un bébé. Aussi, la matinée a été dédié à la sieste. La sieste de Lune. Pour ma part, je n'ai fais que relire les manuels de cours que j'ai apporté de Poudlard pour les vacances. J'ai pensé à emprunter quelques livres, avant de rentrer. Aussi, je me suis appliquée à la lecture d'un livre sur la Divination. Je n'ai pas compris tout ce que j'ai lu, seulement que je n'étudierais pas la divination avant assez longtemps. Avant ma troisième année. Je crois que j'aimerais ça, étudier la Divination, pourtant. Mais déjà, c'est le moment de manger. *Merde* pensé-je alors que ma mère apparaissait dans la cheminée. La cheminée était dans le salon, juste en face du canapé fleuri sur lequel j'étais assise. Le canapé que j'ai tant jonché de mon Être faible. Je sursaute lorsque les flammes vertes jaillissent et se mette brusquement à crépiter. Elles m'éblouissent plus que la lueur vive du soleil. « Maman ! » m'exclamé-je, alors que la claire silhouette de ma mère s’extirpait de l'immense cheminée. Elle me raconta un flot d'âneries, sur les clients magiques de sa boutique magique. Rien qui ne m'intéresse vraiment. Je souffle, discrètement. C'est ce moment que choisi Lune pour descendre les escaliers. *Oh !* Lune ne descendait pas les escaliers, je la vit les dévaler en glissades. Je me lève et me rue sur les escaliers. je ramasse la boule de poils avant qu'elle ne touche les dernières marches. Lune est nichée dans mon coude, ses grands yeux blancs vissés sur moi. Cela m'arrache un sourire. Ma mère jacasse encore. Avant que... « C'est servi ! » dit-elle alors. Finalement, je crois que ça m'intéresse. En tout cas, ça intéresse Lune qui se débat. Je la pose par-terre et en profite pour la suivre. Dans la cuisine, je m'atèle à préparer une gamelle pour Lune. Je me sers du lait pour chaton que j'ai acquis en même temps que Lune. Je pose la gamelle servie sur le sol, déjà, la boule de poils effleure ma main. Je souris encore. « Morfale. » je glisse.

Au final, j'avale mon repas sans autres mots. Je le trouve fade. Il est aussi fade que le soleil. C'est ce que je crois : je n'ai pas vraiment mis le nez dehors. Mon nez était plongé entièrement dans le manuel de Divination que je me suis déniché. Je sortirais, cet après-midi. Même si je préférerais l'ignorer, Lune aime être dehors. Et moi... Je n'en suis pas encore sûre. Le soleil qui caresse ma peau me rend chaque fois meilleure, je le sais. Mais je ne suis pas sûre d'aimer ça. « Je retourne au travail, Adaline. A ce soir, » me glisse ma mère, avant de poser sa main sur ma tête et de disparaître dans le salon. Puis dans la cheminée. Mes parents travaillent à des heures différentes. Aussi, il est rare que je les croise ensemble, la journée. *M'en fou* me dis-je en descendant de la chaise haute sur laquelle j'étais installée.
Dernière modification par Adaline Macbeth le 8 avr. 2020, 22:08, modifié 1 fois.

Animagus renard polaire
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Mes deux pieds se posent lourdement sur le sol, pourtant, et Merlin le sait, je ne suis pas lourde. Je ne sais pas ce qui pèse sur mes épaules, mais ce doit être assez lourd. Ainsi, alors que Lune a toujours la truffe au fond de sa gamelle. Deux grandes portes fenêtres se dressent à ma gauche. J'ose m'y avancer, d'un pas las, pour jeter un coup d’œil à ce qu'il se passe dehors. Mes yeux se posent sur le jardin qui s'étend derrière la maison que j'habite. Depuis que je suis à Poudlard, j'ai l'étrange sentiment de n'être plus chez moi nul part. Cependant, depuis que j'ai accueilli Lune, je me sens mieux. Je me réapproprie même ma chambre. Et je crois que... *j'ai envie d'sortir* et le soleil happe mes yeux. Ils se plissent tant il brille, derrière le nuage qui l'accompagne.
Je frissonne quand Lune et son pelage crème passe contre mes jambes. Ce matin, j'ai décidé de porter un jean qui laisse voir mes chevilles, il est assez court. Il m'est large, et j'aime ça. C'est le jean que j'ai porté les deux derniers jours, et j'ai l'impression que je ne me sentirais plus jamais aussi à l'aise dans un autre jean. Je souffle, mais mon visage s'éclaircit lorsque Lune s’assoit sur mon pied, nu. Je ne porte jamais de chaussures, ou de chaussettes, chez moi. Comme dans mon dortoir, à Gryffondor. Je veille à profiter le plus possible du contact de pieds nus sur le sol, peu importe lequel.

L'animal m'arrache un rire, lorsque brusquement il se met sur ses pattes arrières. Lune ressemble à un lapin, installée comme ça. C'est la première fois que je la vois faire ça, et déjà, j'espère qu'elle le fera encore. Je m'accroupis à côté d'elle, et frotte sa tête, elle vacille et tombe. Elle roule sur le dos et j'ne profite pour gratter son ventre. C'est un minuscule créature, pensé-je en souriant. Lune me fait sourire, *beaucoup* et j'aime ça. Je soupire, alors que le soleil se glisse devant le nuage, pour irradier ma face de sa lumière vive. C'est chaud, et agréable. Je crois que j'aime ça, aussi. J'en oublie mes amertumes, j'en oublie mon indifférence à la vie, mes tracas ; en ai-je vraiment ? Puis, dans un grognement, Lune ne ronronne plus. Ses dents sont sorties et elle se retourne tout en finesse - si si, vraiment. Elle est un petit chat plutôt gracieux, malgré tous les longs poils qui recouvrent son corps. Lorsque je passe mes doigts sur elle, lorsqu'elle me l'autorise, je peux sentir les os de sa cage thoracique, de sa colonne vertébrale. L'animal sur ses pattes semble profiter du soleil, lui aussi, elle plisse les yeux et je souris encore. Merlin, je ne devrais pas sourire autant. Puis Lune gratte la fenêtre avec ses pattes, elle sort même les griffes, vu le bruit que ça fait.
Je le comprend immédiatement, Lune veut sortir. Et je crois que moi aussi. J'ai toujours aimé passé du temps dehors, en réalité. J'aime le vent dans mes cheveux - je suis d'ailleurs satisfaite qu'ils soient redevenu longs, et je prend soin de faire passer les mèches de ma franche devenues longues derrière mes oreilles. Ils ne sont pas si longs, finalement, mais ils tombent maintenant sur mes épaules, en mèches rebelles. « Bon, d'accord. On va sortir, » murmuré-je. Je n'utilise pas beaucoup ma voix, quand je suis avec Lune. Je trouve ça plaisant, mais c'est très désagréable d'utiliser ma voix après de longs instants du mutisme, ma gorge s'assèche.

J'ouvre la porte vitrée d'un clic, et je regarde Lune. *Vas-y !* pensé-je alors qu'elle lève de grands yeux vers moi. Ses yeux blancs me fascinent, depuis qu'elle est arrivée ici. Depuis qu'elle m'accompagne. Rapidement, dans un miaulement adorable, Lune saute à l'extérieur. Il n'y a pas de terrasse, même pas de mobilier, dans ce jardin. Il n'y a que de l'herbe et des arbres, c'est bien suffisant. Il s'étend plutôt loin, et quand j'étais plus petite, je trouvais que mon jardin ressemblait à une forêt. Maintenant, j'ai un peu grandi et ça ne me paraît plus aussi vaste. *La forêt* pensé-je alors que Lune s'avançait déjà au fond du jardin, en petites enjambées. Elle renifle à peu près chaque fleur violette, blanche ou jaune qu'elle rencontre. J'aimerais emmener Lune en forêt, comme j'y emmenais Owen.
Lune s'arrête quelques plus longs instants, sur une fleur plus grosses que les autres. Celle-ci est bleue. C'est une belle couleur, même si je ne la porte jamais, j'aime la voir colorer le ciel. Je m'assied, et croise mes jambes, tout près du félin. Il éternue au moment où mes yeux se posent de nouveau sur lui. Je ris encore. *Sacrée toi !* aurait-je pu m'exclamer si Lune pouvait parler. Je crois que ce ne sera pas nécessaire. Je m'atèle ensuite à trouver un brin d'herbe assez long pour intéresser Lune. Bingo ! Je l'agite bientôt sous les yeux ébahis de Lune, qui se lance à sa poursuite. En figures acrobatiques et sauts, Lune tente de me l'arracher. Je m'extasie quand elle réussi à l'agripper avec une griffe, et que je le lui laisse. Elle se roule sur le dos.

Animagus renard polaire
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Les minutes me semblent courtes, je me suis allongée dans l’herbe et je regarde Lune passer par-dessus moi. Le temps est doux, le ciel est bleu et le Soleil brille comme j’aime le voir faire. Ses rayons caressent ma peau laiteuse comme ils doivent caresser Lune et ses milliards de poils. Je souris à cette Pensée, Lune est super poilue. Je me demande si ses poils vont continuer de pousser en même temps qu’elle. Vont-ils devenir immensément longs ? L’image d’une Lune perdue sous ses propres poils m’apparaît. Je me redresse pour l’attraper et la serrer contre moi. S’en suit une séance de caresses qui finit, irrémédiablement, par la langue râpeuse de chaton sur tout mon visage. Je ris. Merlin, ça fait du bien. Je crois que… Je ris rarement. *M’en fou* pensé-je alors, encore une fois. Chaque fois que mon esprit se faufile jusqu’à ses Pensées que je m’interdis – elles me font mal – c’est ce que je m’évertue à penser. *M’en fou !* pensé-je plus fort. Mais je suis sûre que ce n’est pas la vérité. Je suis qu’une enfant, je ne peux pas gérer tout le flot de mes Pensées.

La langue de Lune n’est bientôt plus sur mon visage, cette fois je me suis redressée carrément. Je me lève même, bien décidée à faire faire à Lune un énième tour du proprio. Ma maison n’est pas celle que je préfère, parmi celles qu’il m’est donné de voir tous les jours à Cambridge. Je préfère l’intérieur de celle de Cassiopée pour toutes les vieilleries et la Magie qui y vit. Mais je préfère le jardin d’Anabeth pour sa féerie – il y a de vraies fées qui le visite parfois. Mais ma maison à moi est tout à fait correcte. Elle est située tout près de celle de Cassiopée et… *loin d’celle de Jane*, pensé-je les sourcils froncés. Le proche de ma maison est joli, il est couvert de lierre qui grimpe jusqu’aux fenêtres de sa façade. C’est le cas sur tous les porches, mais ils n’ont pas tous une si jolie arche. D’ailleurs, je me retrouve bientôt devant cette arche à laquelle je songeais. Je porte Lune qui n’avait pas manifesté de mécontentement. Je me plante avec Lune devant ma maison. Quelques instants, mon esprit se perd dans le vert des feuilles de lierre et dans le labyrinthe de ses tiges. C’est un micmac que je ne résoudrais pas, même si je ne peux plus détacher mon attention de la végétation qui s’enroule autour de ma maison.

« Eh ! » m’exclamé-je quand, brusquement, Lune se débat. Je la laisse s’échapper et elle atterrit sur le sol, dans toute la grâce qui caractérise les félins. Mes yeux s’ouvrent plus grands, je m’étonne de constater une aussi grande souplesse chez Lune. J’en serais presque fière. Le sourire qui trône sur mon visage disparaît lorsque mes yeux se mettent à suivre le félin qui entame une course folle. C’est au moment où mes yeux sombres tombent sur sa destination que mon regard se voile, comme si l’Orage approchait. *Merde* Je tombe sur la silhouette de Jane. Ce ne peut être que la sienne, une robe bleue dessine ses hanches en laissant ses jambes sveltes nues. Ses cheveux blonds, qui tombent si bas que je ne discerne pas leur longueur, sont si reconnaissables. Mon cœur s’emballe. Comment pourrais-je lui faire face ?

Lune file vers Jane, cette silhouette orageuse que je guette avec les sourcils froncés, qui l’accueille les bras ouverts. Sous mes yeux, Jane, à mi-chemin entre ma maison et la sienne, est accroupie et caresse Lune. Si ça n’avait pas été Jane, j’aurais probablement souris de toutes mes dents. Mais quelque chose m’en empêche. Probablement les souvenirs de la méchanceté de Jane et aussi – un peu – à cause de toutes les fois où j’ai ruminé des souvenirs en y ajoutant mon grain de sel. Même si je n’ai que peu de fois croisé Jane depuis septembre, je me suis employé à l’éviter… Et puis, à Noël, je l’ai carrément ignorée. J’étais persuadée d’avoir mes raisons, mais je ne le suis plus.
Le temps d’arriver à cette conclusion, Jane est plantée à quelques mètres de moi, et Lune se frotte contre mes jambes.

Animagus renard polaire
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*Bordel* pensé-je en premier. Je suis nez-à-nez avec Jane, littéralement, et je ne sais pas quoi dire. En fait, les dernières fois que je l’ai vue ; j’ai senti quelque chose d’hostile pour elle. Mais cette fois-ci, je n’ai pas envie de courir dans l’autre sens ou de hurler. Ou quoi que ce soit d’autre. Je… Non, je n’ai envie de rien en voyant Jane. Absolument rien. Même pas de lui demander pourquoi est-ce qu’elle Est-ce qu’elle est. Même pas de lui cracher au visage ma Douleur et son Indifférence. Même pas de la secouer pour qu’elle ne soit plus jamais méchante. Même pas de lui demander si elle va bien… Même pas de lui demander si elle apprécie Lune…

« Lune est si belle » me devance Jane, sans même poser les yeux sur moi. Son ton est doux. Il n’a pas l’amertume que je lui aurais donné, il n’a pas l’amertume que j’ai si souvent entendue, il n’a pas d’amertume du tout. Mes sourcils, déjà froncés, ne font que s’assombrir et mon visage se ferme probablement. Lune le remarque probablement, je sens que les poils du chaton ne voltigent plus autour de mes chevilles laissés nues par un jean assez remonté. *Le vieux jean que j’porte* Instinctivement, mes yeux descendent sur ce jean. Je… *J’l’aime bien* pensé-je alors qu’une boule se crée pourtant au fin fond de mon estomac. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je doute de mes fringues ? Pourquoi est-ce que mon cœur s’emballe et mon estomac s’entortille ?
Mes yeux volent bientôt sur Jane. La robe qu’elle arbore est toujours bleue, je l’ai remarqué. Elle a l’air si soignée, sa seule robe pourtant peu expressive, que je n’ose pas lever les yeux sur son visage. Il brille probablement de l’éclat du soleil. Et je préfère ne pas parler de ses cheveux. Par Merlin, pourquoi m’est-elle si supérieure !

Je ne réponds pas. Ma bouche ne veut pas s’ouvrir et me force à rester muette. Mais, de toute façon, je n’ai pas envie de lui répondre. Je n’ai envie de rien faire, là, tout près de Jane, alors que les mots qu’elle vient de m’adresser sont toujours en suspens. Je n’ai pas envie de les attraper. J’ai envie de les laisser en suspens. *Non* je n’ai même pas envie de ça. Je ne sais pas. Me tenir en face de Jane me met dans tout mes états. Mon poing se serre devant ma Faiblesse. Je devrais cracher au visage si parfait, si lisse, si chantant de Jane que je déteste ses façons de faire. Que je me sens tellement naze en face d’elle, que je Sais que c’est Sa Faute. La sienne et seulement la sienne. Que j’ai toutes les raisons de lui en vouloir. Qu’elle n’a pas été Forgeuse mais Destructrice. Je n’ai pas envie de le faire, je ne le peux pas. Je ne sais pas comment je pourrais lui balancer tout ça. *J’ai pas la force* m’avoué-je.

« Tu-Ça va ? » demande Jane, cette fois, je lève les yeux sur son visage. *Quoi ?* pensé-je alors que je détaille l’air inquiet sur son visage. Elle a l’air véritablement inquiète, et son visage ne brille même pas. Ses yeux, eux, brillent. Mais ils ne brillent pas de la lueur de la Victoire ou de la Suffisance. Je… *NON !* Je crois que… *NON !!* Je crois que Jane va pleurer. Non, Jane n’est pas capable de pleurer. Je ne l’ai jamais vue faire. Elle n’est pas en train de pleurer. Non, ce n’est pas possible. « Pourquoi est-ce que tu ne me parles pas ? » me demande Jane, son visage tout entier pleure. Je la regarde avec effroi. Des larmes, de vraies Larmes, glissent sur ses joues. Elles sont nombreuses, trop. *C’est pas… NON !* hurlé-je intérieurement.
Je n’ai pas fait ça.

« Je suis désolée » dis-je entre mes lèvres pincées. « J’veux pas que tu pleures » j’ajoute. Le félin qui m’accompagnait n’est plus à côté de moi, probablement s’est-elle allongée plus loin. Je ne peux pas bouger, je ne peux pas partir la retrouver, je ne peux pas laisser Jane comme ça.
Mais Jane ne sanglote pas. Jane laisse simplement couler les Larmes sur ses joues. Elle ne sanglote pas du tout. Est-elle en possession de ses moyens ? Je me demande comme est-ce qu’elle peut faire ça. « Qu’est-ce que j’t’ai fait ? » me demande Jane, rien que quelques secondes après mes derniers mots, mes premiers Maux. Je perds les pédales, au moment où le son de sa voix Brisée atteint mes oreilles. Je perds les pédales et je ne sais même plus ce que Jane m’a fait. Je perds les pédales mais mes jambes me soutiennent encore. Mais je perds les pédales… « Tu… Jane. Merde. » Comment pourrais-je le lui dire ? Comment pourrais-je exprimer toutes mes rancunes ? Comment pourrais-je sans qu’elle ne me réponde que… c’est son caractère ? Comment pourrais-je la faire s’arrêter de pleurer ? *MERDE !* Je pose mes deux mains sur ma tête. Elle me fait mal. Je perds les pédales.
Je sais. Je sais ce que je devrais dire. « Je me sens comme une merde avec toi. »

C’est lancé. Je ne sais pas, absolument pas, quel effet est-ce que ça fera à Jane. Mais elle se tient toujours là, devant moi, le visage Dégoulinant de larmes. Mais je ne m’en veux pas. Ce n’est pas ma faute, si Jane pleure. *C’est la sienne…* pensé-je alors. Pourquoi a-t-il fallu qu’elle se plante devant moi. Pourquoi a-t-il fallu qu’elle veuille des explications. Je ne sais pas expliquer quoi que ce soit.

Jane ouvre la bouche, mes yeux sont rivés sur elle et ses réactions. Et elle ouvre la bouche… « Je suis désolée ! » s’exclame-t-elle. Et cette fois, elle sanglote. « J’ai ce truc, ce truc… Je sais que j’suis méchante ! Adaline pardonne moi ! » *Ce truc…* pensé-je alors. Elle aussi. Je ne suis pas sûre de pouvoir supporter de la Savoir. J’aurais préféré qu’elle ne me dise rien. Je ne peux pas ignorer Jane. Je n’ai plus envie de l’ignorer. Ses simples et seuls mots ont suffi. Elle a ce truc, *J’sais, Jane, J’sais* et ça suffit à me faire oublier chaque reproche que je lui aurais adressé il y a de ça quelques instants. Je sais à quel point ce truc est Mauvais. Je dois pardonner à Jane. Je dois redonner à Jane une chance. Mais je ne peux pas parler de ce truc maintenant. Ça me ferait trop de Mal.

Alors je prends Jane dans mes bras. Et j’oublie la moindre de mes Rancœurs.

Fin.

Animagus renard polaire
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