24 nov. 2019, 18:16
Le passé surgit autour d'un verre

25 ans. [2035]
Après des dizaines de visites de ses parents, il avait enfin accepté de quitter son cocon. Il ne pouvait pas rester toute sa vie enfermé dans le noir de sa jolie maison, il fallait qu'il se fasse à l'idée. Il devait continuer sa vie, même si elle devait se faire sans contenir le moindre pas de danse. Certains disaient qu'il se complaisait dans son déni mais que cela n'arrangerait jamais rien. Ils avaient raison mais Théophile ne voulait pas les entendre. Il ne voulait pas qu'on lui balance à la tronche combien il était perdu dans ce passé et s'échappait de son avenir comme il le pouvait. Il ne voulait pas croire à une vie sans sa passion. Il espérait toujours recevoir un appel de son médecin qui lui expliquerait avec joie qu'une opération était maintenant possible et réglerait tout ses problèmes d'un claquement de doigts. Cet appel n'était jamais venu et les potions ne pouvaient pas replacer des hanches. Elles pouvaient guérir des os, mais la magie ne faisait pas tout. Il en avait été dégoûté et avait fuit le monde magique autant que celui moldu. Il avait fuit tout ce qui pouvait le raccrocher à son passé ou tous les endroits où l'on pourrait le reconnaître.
Théophile poussa à un soupir à s'en déchirer l'âme avant de reposer ses yeux sur ses cours posés devant lui. C'était bientôt fini et il pourrait enfin reprendre une vie normale qu'il ne passerait pas enfermé dans sa petite maison. Dire qu'il avait même quitté l'Irlande pour ses études, juste pour se dire que loin du lieu de l'accident, cela irait déjà mieux. Ce n'était pas vraiment le cas mais il n'avait pas envie de pleurer en passant dans une rue, à Londres. Il n'avait qu'une hâte : avoir son diplôme et pouvoir devenir bibliothécaire au plus vite. Travailler autour des livres qui avaient bercé sont enfance. Il n'avait jamais été vraiment un enfant joueur et il avait toujours préféré la compagnies des bouquins à celle des autres enfants. Travailler dans une bibliothèque avait été un choix logique puisqu'il ne pouvait pas devenir danseur, et même s'il l'avait été, ça n'aurait duré qu'une période et il serait sûrement devenu bibliothécaire à la suite. Ou alors il aurait aidé des jeunes. Mais aujourd'hui ce choix de carrière avait été rayé au marqueur indélébile. Il ne voulait plus qu'on lui reparle de son passé de danseur, cela faisait bien assez mal de simplement y penser. Il ne voulait pas voir les regards de pitiés des autres quand ils apprenaient qu'il ne pourrait plus jamais pratiquer ce sport qui avait littéralement été sa vie.
Il tira à ses lèvres sa tasse de thé en laissant ses yeux se perdre sur sa pile de cours.
On ne peut pas soigner ce qui est déjà mort.
Last Christmas, I gave you my heart
But the very next day you gave it away
Azaël Liderick
24 nov. 2019, 21:22
Le passé surgit autour d'un verre

Dagon Liderick - 28 ans en 2035
Dagon ne travaillait pas en cette journée. Son travail de magizoologiste était prenant, mais son emploi du temps ressemblait à une éponge emplie de trous qu'il lui fallait souvent remplir pour ne pas mourir d'ennui. C'était le temps de se faire un nom dans le métier, d'être demandé plus souvent. Il le savait, et il acceptait pleinement ce genre d'intérim lui permettant d'avoir du temps libre. Il était encore jeune, et aimait plus que tout profiter des plaisirs que pouvaient lui offrir la vie. Alors il prenait son mal en patience. Lorsque le laps de temps entre ses interventions ne permettait aucun voyage, il se contentait de sortir, de se balader, de regarder autour de lui. Il rencontrait beaucoup de gens, et il lui arrivait encore de se servir des contacts de sa famille dans la société pour se montrer et faire connaître son nom et son métier. Cela pouvait toujours servir.
Mais aujourd'hui, rien de prévu. Simplement quelques emplettes sur le Chemin de Traverse, histoire de faire plaisir à ses neveux. Quelques nouveaux jouets, que leurs parents désapprouveraient probablement de par leur inutilité, mais qui permettrait aux deux enfants de tout simplement s'amuser, chose dont leur vie semblait dénuée. Il aimait ses neveux, énormément, mais ne pouvait s'empêcher de les plaindre de vivre la même enfance que celle qu'il avait lui-même connue en compagnie de son grand-frère et de sa famille en général. Poudlard avait été pour lui une véritable révélation quant à l'homme qu'il voulait devenir, et qu'il était finalement devenu.
Chargé de quelques paquets, il avait bien l'intention d'aller rendre visite à son frère, afin de déposer les cadeaux pour les deux petits garçons. Il passa donc par le Chaudron Baveur, et s'y arrêta le temps de boire une bièraubeurre. Attablé au comptoir, il regarda autour de lui, dans l'espoir de trouver quelqu'un d'intéressant avec qui passer le temps. Autant dire que cela tombait souvent sur une jeune fille des plus jolies, mais pas cette fois-ci. Il repéra rapidement une silhouette qui lui disait quelque chose, et se dirigea vers le jeune homme à qui elle appartenait. Et effectivement, il connaissait cet individu, pour avoir partagé quelques années avec lui à Poudlard. Et également pour avoir vu sa tête et son nom passer dans des journaux moldus.
Il posa donc tranquillement sa bièraubeurre sur la table de l'homme avec un immense sourire, avant de lui adresser la parole.
- Le petit Théophile, rat de l'opéra ! Je ne m'attendais pas à te voir ici !
Puis jetant un regard à tous les cours qui l'entouraient, il saisit un parchemin pour le parcourir rapidement avant de le reposer.
- Toujours aussi sérieux. T'es vraiment en train de te perdre dans des bouquins pour te perdre encore plus dans des bouquins ?
Toujours taquin, Dagon n'avait visiblement pas beaucoup changé depuis sa scolarité, si ce n'était qu'il était devenu quelque peu plus impressionnant physiquement. Les conventions sociales, elles, semblaient toujours planer à dix mille lieues de lui.
24 nov. 2019, 22:58
Le passé surgit autour d'un verre
Il fut tellement surprit que quelqu'un ne lui adresse la parole qu'il faillit en recracher son thé par le nez, ce qui aurait été particulièrement malvenu dans cette situation et particulièrement honteux à vivre. Il grimaça cependant sans honte en entendant le surnom avant de lever les yeux. Il n'était pas particulièrement petit, mais du haut de son mètre 75, se faisait facilement dépasser par les gens et il était vrai que depuis l'accident, tassé comme il était, il avait perdu quelques centimètres. Il pourrait les récupérer s'il se tenait à nouveau droit mais avait du mal à le faire avec ses hanches. Il posa sa tasse en plissant des yeux devant l'autre.
Il ne le reconnaissait pas. Pourtant il n'y avait aucun doute sur le fait qu'ils aient tous les deux été à Poudlard ensemble puisque l'autre le connaissait. Il pouvait donner des noms mais avait du mal à les mettre sur des visages et il était persuadé que cet homme bien plus grand que lui et à la large carrure n'avait pas le même physique à 17 ans. Il reposa sa tasse et observa avec intérêt l'autre lire rapidement le contenu de ses cours. Il n'y avait aucun doute sur le fait que s'il devait s'énerver, il l'écraserait sans mal. Théophile n'était pas très imposant et avait toujours eu une carrure plutôt féminine, avec l'âge ça n'avait pas changé, de plus, après deux ans à ne presque pas bouger, il doutait sérieusement d'avoir assez de force pour ne serait-ce que parer les coups s'ils avaient dû tomber. Il y avait quand même peu de chance qu'il se mette à le frapper soudainement, son langage corporel n'indiquait pas une petite once de colère.
Il loucha sur la boisson de l'autre. Ça ne le dérangeait pas qu'il s'installe avec lui. Il n'avait juste jamais su pourquoi les gens semblaient aimer cette boisson, lui n'avait jamais apprécié. De façon générale, il n'avait jamais apprécié l'alcool, surtout parce qu'il ne le tenait pas et devenait rapidement une loque incapable de faire d'aligner deux mots ou deux pas après un verre. Pour sa santé mentale, il était donc resté assez loin de tout ce qui en contenait, du moins en présence des autres. Il devait bien avouer que l'alcool avait au moins le mérite de lui faire oublier ses soucis et qu'il avait usé de ce petit pouvoir de nombreuses fois depuis l'accident, sans en être bien fier d'ailleurs.
-Je suis en Irlande habituellement. Ne pas parler de son nom semblait être une chose logique, peut-être que l'autre devinerait et lui dirait en faisant semblant de ne pas avoir remarqué. Ça n'arrivait presque jamais mais c'était toujours une bénédiction de ne pas avoir à gérer la gêne occasionnée. Je suis revenu à Londres pour mes études, je suppose que le petit Serdaigle coincé dans ses bouquins a donné un adulte tout aussi coincé. Dit-il en tentant maladroitement l'humour.
Il ramena à lui ses feuilles et en fit une pile qu'il posa dans un coin de la table. Il fit de même avec sa canne qu'il ramena vers lui, laissant de la place à l'autre s'il voulait s'attabler.
Il ne le reconnaissait pas. Pourtant il n'y avait aucun doute sur le fait qu'ils aient tous les deux été à Poudlard ensemble puisque l'autre le connaissait. Il pouvait donner des noms mais avait du mal à les mettre sur des visages et il était persuadé que cet homme bien plus grand que lui et à la large carrure n'avait pas le même physique à 17 ans. Il reposa sa tasse et observa avec intérêt l'autre lire rapidement le contenu de ses cours. Il n'y avait aucun doute sur le fait que s'il devait s'énerver, il l'écraserait sans mal. Théophile n'était pas très imposant et avait toujours eu une carrure plutôt féminine, avec l'âge ça n'avait pas changé, de plus, après deux ans à ne presque pas bouger, il doutait sérieusement d'avoir assez de force pour ne serait-ce que parer les coups s'ils avaient dû tomber. Il y avait quand même peu de chance qu'il se mette à le frapper soudainement, son langage corporel n'indiquait pas une petite once de colère.
Il loucha sur la boisson de l'autre. Ça ne le dérangeait pas qu'il s'installe avec lui. Il n'avait juste jamais su pourquoi les gens semblaient aimer cette boisson, lui n'avait jamais apprécié. De façon générale, il n'avait jamais apprécié l'alcool, surtout parce qu'il ne le tenait pas et devenait rapidement une loque incapable de faire d'aligner deux mots ou deux pas après un verre. Pour sa santé mentale, il était donc resté assez loin de tout ce qui en contenait, du moins en présence des autres. Il devait bien avouer que l'alcool avait au moins le mérite de lui faire oublier ses soucis et qu'il avait usé de ce petit pouvoir de nombreuses fois depuis l'accident, sans en être bien fier d'ailleurs.
-Je suis en Irlande habituellement. Ne pas parler de son nom semblait être une chose logique, peut-être que l'autre devinerait et lui dirait en faisant semblant de ne pas avoir remarqué. Ça n'arrivait presque jamais mais c'était toujours une bénédiction de ne pas avoir à gérer la gêne occasionnée. Je suis revenu à Londres pour mes études, je suppose que le petit Serdaigle coincé dans ses bouquins a donné un adulte tout aussi coincé. Dit-il en tentant maladroitement l'humour.
Il ramena à lui ses feuilles et en fit une pile qu'il posa dans un coin de la table. Il fit de même avec sa canne qu'il ramena vers lui, laissant de la place à l'autre s'il voulait s'attabler.
On ne peut pas soigner ce qui est déjà mort.
Last Christmas, I gave you my heart
But the very next day you gave it away
Azaël Liderick
27 nov. 2019, 22:09
Le passé surgit autour d'un verre
Dagon observa le jeune homme alors qu'il venait de lui adresser la parole. Difficile de passer à côté de la surprise qui semblait l'avoir saisi, et pourtant, il se reprend rapidement, comme si de rien n'était. Un bon point pour lui du point de vue du Magizoologiste. Il n'était jamais bon de montrer à quiconque à quel point il est facile de se faire surprendre. Bien heureusement, les intentions de Dagon étaient loin d'être mauvaises, il aimait simplement revoir d'anciens camarades de Poudlard, même s'il ne les connaissait que de vue, ou de loin. Il était toujours intéressant de voir ce qu'ils étaient devenus une fois qu'ils avaient quitté le château. Mais en ce qui concernait Théophile, dont le nom de famille continuait de vouloir lui échapper, il était persuadé d'avoir déjà son idée sur la question.
En effet, Dagon l'avait revu depuis la fin de sa scolarité, simplement pas en face à face. Il l'avait vu sur des journaux moldus, danseur professionnel, étoile montante dans cet art qu'il semblait maîtriser à la perfection. Dagon n'avait jamais été un grand danseur, ni même ne s'était réellement intéressé à la danse. Il connaissait simplement les bases, de par l'éducation qu'il avait reçu. Il se devait de pouvoir donner le change lors des bals organisés par les Liderick ou leurs amis tous aussi bien nés que lui. Il s'était beaucoup servi de ces simples capacités à danser correctement les danses de salon pour inviter des jeunes filles à danser, et devait bien admettre que cela aidait grandement à les faire tomber sous son charme.
Rien à voir donc avec le professionnalisme et la beauté de la danse lorsqu'elle était exécutée par Théophile. Les clichés pourtant immobiles des moldus rendaient déjà pleinement hommage à la grâce qu'il pouvait dégager lorsqu'il était sur scène. Aussi lorsqu'il annonça être quelqu'un de coincé, Dagon ne put s'empêcher d'éclater de rire. Il se souvenait d'un petit gars étrange, solitaire. Mais quelqu'un qui se donnait en spectacle en montrant au monde entier à quel point il était bon danseur ne pouvait pas franchement être qualifié de coincé.
- Je ne me souviens pas de toi comme quelqu'un de coincé. Discret, sans aucun doute. Mais coincé, tu te sous-estimes. Je ne pensais pas que tu reprendrais des études de si tôt, je t'ai vu passé sur quelques journaux, tu avais l'air bien parti pour faire danseur professionnel. Tu fais les deux ?
Si Dagon lisait les journaux de temps en temps, il était visiblement passé à côté de l'accident de son ancien camarade de maison. Sinon il se serait bien gardé de lui rappeler un si mauvais souvenirs. Mais il fallait bien admettre qu'il était plutôt doué pour les gaffes. Et il ne le vivait pas si mal que ça. Tout en parlant, il s'installa en face du jeune homme et termina sa tirade par une gorgée de bièraubeurre.
En effet, Dagon l'avait revu depuis la fin de sa scolarité, simplement pas en face à face. Il l'avait vu sur des journaux moldus, danseur professionnel, étoile montante dans cet art qu'il semblait maîtriser à la perfection. Dagon n'avait jamais été un grand danseur, ni même ne s'était réellement intéressé à la danse. Il connaissait simplement les bases, de par l'éducation qu'il avait reçu. Il se devait de pouvoir donner le change lors des bals organisés par les Liderick ou leurs amis tous aussi bien nés que lui. Il s'était beaucoup servi de ces simples capacités à danser correctement les danses de salon pour inviter des jeunes filles à danser, et devait bien admettre que cela aidait grandement à les faire tomber sous son charme.
Rien à voir donc avec le professionnalisme et la beauté de la danse lorsqu'elle était exécutée par Théophile. Les clichés pourtant immobiles des moldus rendaient déjà pleinement hommage à la grâce qu'il pouvait dégager lorsqu'il était sur scène. Aussi lorsqu'il annonça être quelqu'un de coincé, Dagon ne put s'empêcher d'éclater de rire. Il se souvenait d'un petit gars étrange, solitaire. Mais quelqu'un qui se donnait en spectacle en montrant au monde entier à quel point il était bon danseur ne pouvait pas franchement être qualifié de coincé.
- Je ne me souviens pas de toi comme quelqu'un de coincé. Discret, sans aucun doute. Mais coincé, tu te sous-estimes. Je ne pensais pas que tu reprendrais des études de si tôt, je t'ai vu passé sur quelques journaux, tu avais l'air bien parti pour faire danseur professionnel. Tu fais les deux ?
Si Dagon lisait les journaux de temps en temps, il était visiblement passé à côté de l'accident de son ancien camarade de maison. Sinon il se serait bien gardé de lui rappeler un si mauvais souvenirs. Mais il fallait bien admettre qu'il était plutôt doué pour les gaffes. Et il ne le vivait pas si mal que ça. Tout en parlant, il s'installa en face du jeune homme et termina sa tirade par une gorgée de bièraubeurre.
27 nov. 2019, 22:30
Le passé surgit autour d'un verre
Il prit une douloureuse respiration quand les paroles de l'autre firent leur chemin jusqu'à son cerveau. Se fichait-il de lui ? Il plissa des yeux. Il ne comprenait pas ce que cela pourrait lui apporter, et il ne se rappelait pas d'un élève méchant et cruel gratuitement à qui il aurait déjà pu parler à Poudlard. Et pourtant il manquait réellement de tact si sa question ne partait pas d'une mauvaise attention. Peut-être était-ce le cas, mais Théophile se renferma tout de même comme une huître. Voilà pourquoi il avait refusé de quitter sa jolie maison : sa vie avait été la danse, le monde le connaissait comme un danseur et nombreuses étaient les personnes qui ne comprenaient pas pourquoi il avait arrêté. Il avait été certain que sortir était une mauvaise idée parce qu'il ne voulait pas faire face à sa vie. C'était stupide et lâche. Ça ne lui ressemblait pas et pourtant c'était ce qu'il faisait. Il était déjà assez compliqué de vivre les regards des autres sur sa boiterie et les quelques journalistes qui voulaient raviver la chaleur d'une ancienne étoile pour faire briller leur journal. Tout cela était déjà assez difficile à vivre.
Il prit une longue respiration et souleva sa canne pour qu'elle soit bien visible et que l'autre ne puisse pas la rater. Elle était faite d'un bois très sombre et était gravée de nombreux petits symboles. Il se souvenait du jour où on lui avait offert comme si c'était hier. Ses parents avaient pensé que si la canne était belle, il accepterait plus facilement de se pavaner avec. Ils s'étaient trompés. Il ne se pavanait pas et en avait honte. Elle mettait en valeur toutes les choses dont il ne voulait plus entendre parler et pourtant il ne pouvait pas s'en débarrasser.
-Un ivrogne a essayé de me rouler dessus, c'est légèrement plus compliqué de danser avec une hanche déplacée. Je ne pratique plus. A la place je fais une chose pour laquelle j'étais bon aussi, il n'y en avait pas trente-six. Il essaya de paraître détendu mais ses épaules semblaient bloquées tellement il était tendu.
Il approcha une main tremblante de sa tasse de thé et prit une gorgée en essayant de faire disparaître le malaise qu'il ressentait. La porcelaine se secouait rapidement et il reposa bien vite sa tasse avant de la renverser sur l'équivalent d'une année de cours qu'il essayait de rattraper au plus vite. Il passa sa main sur son visage.
-Excuse-moi. Est-ce que tu veux manger quelque chose ?
Il espérait vraiment que l'autre ne reviendrait pas sur ses paroles. Il n'avait pas vraiment envie d'en parler, pas comme ça et surtout pas maintenant. Il n'avait parlé à personne de l'accident, avait été terriblement plus secret là dessus qu'il ne l'avait jamais été pour autre chose. Parler de ça était comme admettre sa faiblesse et, plus encore, qu'il avait été un perdant du début à la fin.
Il prit une longue respiration et souleva sa canne pour qu'elle soit bien visible et que l'autre ne puisse pas la rater. Elle était faite d'un bois très sombre et était gravée de nombreux petits symboles. Il se souvenait du jour où on lui avait offert comme si c'était hier. Ses parents avaient pensé que si la canne était belle, il accepterait plus facilement de se pavaner avec. Ils s'étaient trompés. Il ne se pavanait pas et en avait honte. Elle mettait en valeur toutes les choses dont il ne voulait plus entendre parler et pourtant il ne pouvait pas s'en débarrasser.
-Un ivrogne a essayé de me rouler dessus, c'est légèrement plus compliqué de danser avec une hanche déplacée. Je ne pratique plus. A la place je fais une chose pour laquelle j'étais bon aussi, il n'y en avait pas trente-six. Il essaya de paraître détendu mais ses épaules semblaient bloquées tellement il était tendu.
Il approcha une main tremblante de sa tasse de thé et prit une gorgée en essayant de faire disparaître le malaise qu'il ressentait. La porcelaine se secouait rapidement et il reposa bien vite sa tasse avant de la renverser sur l'équivalent d'une année de cours qu'il essayait de rattraper au plus vite. Il passa sa main sur son visage.
-Excuse-moi. Est-ce que tu veux manger quelque chose ?
Il espérait vraiment que l'autre ne reviendrait pas sur ses paroles. Il n'avait pas vraiment envie d'en parler, pas comme ça et surtout pas maintenant. Il n'avait parlé à personne de l'accident, avait été terriblement plus secret là dessus qu'il ne l'avait jamais été pour autre chose. Parler de ça était comme admettre sa faiblesse et, plus encore, qu'il avait été un perdant du début à la fin.
On ne peut pas soigner ce qui est déjà mort.
Last Christmas, I gave you my heart
But the very next day you gave it away