Chandrakant PV Gabryel Fleurdelys

De l’avis de mon coeur, rien n’est plus simple. Il est seulement en train de battre comme un fou dans ma poitrine, brisant tous mes essaies pour présenter une face lisse au garçon. A cause de lui, mes mains tremblent et mes yeux papillonnent de droite à gauche sans savoir où se poser. A cause de lui, je ne me sens plus du tout sereine. Je suis juste paniquée, comme lui, et pleine d’espoir, comme lui. Ce qui est idiot, j’essaie de me le répéter, mais mon coeur ne veut pas écouter. Pourtant, ce serait bien plus simple d’agir de manière détachée, de faire les choses seulement par intérêt, de ne jamais ressentir d’espoir ni d’envie. Ainsi, je ne serais pas déçu. Et, comprends-je soudainement, si Fleurdelys me déçoit, je crois que je ne résisterais pas à l’envie de lui défracter la mâchoire à coups de poing. C’est une peur, mais également un moyen de me rassurer : j’ai les moyen de lui faire payer. Alors quelque part, je peux me rassurer, n’est-ce pas ? Je me peux laisser aller. Un peu ?

Ses paroles font sursauter mon coeur. Je lui offre mon regard, plongeant dans ses billes océan avec une certaine facilité. Il bafouille encore ; cela me rassure. Je préfère quand c’est lui qui galère à prononcer les mots. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi il le fait ; est-il angoissé ou seulement bègue ? La réponse m’importe peu, le fait est que ce garçon est bien moins effrayant quand il paraît ainsi gêné ; et quand il reste loin de moi.

A sa proposition, je me mets à machouiller ma lèvre, songeuse. Je ne sais pas quoi en penser. De toute façon, cela ne m’apportera rien du tout d’aller voir cette idiote construction d’enfant. Pour prendre l’air, dit-il. Mais moi, je n’ai pas besoin d’une cabane pour aller prendre l’air. Je me renfrogne pour la forme, laissant mon regard se perdre sur les façades percées qui entourent la cour.

Puis-je refuser ?
Demain, je n’ai rien de transcendant à faire.
Puis-je accepter ?
J’en ai envie.

« Mh, fis-je en haussant les épaules. C’pas ça qui va t’apprendre à lancer Repulso… » J’arrange ma cape autour de mes hanches et fais quelques pas en direction des escaliers menant aux étages. Je lance un dernier regard au garçon. « T’façon, j’ai rien d'autre à faire. » Je baisse la tête, soudainement gênée. « Demain, après l’repas du midi ? » Je maudis l'interrogation que j’entends résonner dans cette phrase. Je devrais le lui imposer ! C’est la seule façon de faire pour ne pas qu’il pense que… Que… Je me retourne vers lui : « C’est mon seul moment dispo. Salut. »

D’un mouvement de cape je me retourne et marche à grands pas vers les escaliers. Lorsque je suis à l’abri de la cage, je me mets à courir. Je cours, je cours pour échapper au garçon. Ou plutôt à mon coeur qui bat d’un bonheur tout à fait incompréhensible. Il n’y a aucune raison pour qu’une foutue cabane me rende heureuse. Et pourtant, pourtant c’est le cas.

- Fin -


Merci, merci Plume, pour cet instant de beauté. 

Chandrakant PV Gabryel Fleurdelys
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Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR