Retrouvailles d'anciens salariés R.H

Début Octobre 2044.

Marcher en ville ou dans une quelconque foule lui pesait déjà assez sur les épaules sans qu'il ai envie de rajouter dans l'équation les rondes des êtres semblant venus d'un autre temps, tout de noir vêtus. Claudiquant dans les rues, il devait bien avouer ne pas être à l'aise du tout et cela ne lui plaisait guère. La main droite claquée sur sa canne et l'autre sur sa baguette sagement rangée dans sa poche mais prête à être tirée de sa cachette, il avançait tant bien que mal vers la librairie qu'il connaissait le mieux pour la simple et bonne raison qu'il y avait travaillé, sans grande conviction. Si cela n'avait été que pour lui, il serait sûrement resté bien volontiers à Poudlard durant son week-end, en sécurité de surcroît. Il savait qu'il y avait tout de même peu de chance que les manteaux noirs ne lui tombent dessus, après-tout, il avait un parent tout à fait sorcier et ses hanches qui le faisaient boiter ne devaient pas lui donner un air très menaçant et il en était bien conscient. Pour une fois, il était presque content de boiter comme un incapable.

Il entra aussi rapidement qu'il put dans la librairie et s'y sentit déjà beaucoup mieux. Entouré de livre, il avait tendance à facilement oublier ses soucis. Cela pouvait être autant bénéfique que l'inverse. Il laissa son regard errer dans les rayons, reconnaissant avec facilité que rien n'avait vraiment changé depuis l'année passée. Il avait quitté la boutique pour son poste actuel à Poudlard et il en était assez heureux, il devait bien se l'avouer. Il passa son doigt sur la tranche d'un livre en lisant le titre qui y était inscrit et le tira vers lui, se demandant bien si quelqu'un allait l’accoster ou le reconnaître. Après-tout, en quatre ou cinq mois, il doutait fortement que tous les employés aient démissionné ou se soient fait virer, sachant que dans son souvenir, ils fournissaient tous un assez bon travail et étaient motivés. Il avait apprécié dès le premier jour de travailler ici, les clients, ses collègues, toute l'ambiance générale du lieu était parfaite et tellement propice à s'y sentir bien. Il trouvait que les rues bien plus vides qu'avant du chemin de traverse n'entachaient en rien, pourtant, l'impression de sécurité qu'il avait toujours ressenti en étant ici.

On ne peut pas soigner ce qui est déjà mort.
Last Christmas, I gave you my heart
But the very next day you gave it away

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La journée se levait doucement sur le monde des sorciers tandis que le soleil lui commençait à éclairer le petit quartier de sa lumière fraiche. Un nouveau jour commençait et les commerçants ouvraient un à un leur boutique pour accueillir les premiers visiteurs qui arrivaient dans l’allée principale. Dans cette même allée, le magasin Fleury & Bott se laissa doucement réveiller par les rayons du soleil avant de voir la pancarte de sa porte principale se tourner de « Fermer » à « Ouvert ».

A peine la pancarte tournée, une petite foule de gens impatient entrèrent en se bousculant dans la librairie comme une horde de sauvages se battant pour un morceau de viande. Mais il fallait les comprendre, le tome de la série « Je suis un né-moldu et alors » partie 2 venait tout juste de sortir et Riley Harrison, la nouvelle gérante de la librairie, ne s’attendait pas à ce que ce livre reçoive un tel succès. De ce qu’elle avait lu, l’histoire parlait d’un né-moldu qui jouait les justiciers masqués et aidait les autres né-moldus comme lui contre la tyrannie contre le gouvernement de vous-savez-qui. L’histoire n’était pas mal selon la jeune libraire, mais elle ne comprenait toujours pas pourquoi toute cette excitation pour ce livre. Elle en avait lu des livres, beaucoup, voire même trop, mais c’était plus fort qu’elle car quand le sentiment de lire un livre divertissant la prenait, il était quasiment impossible de la tirer de sa lecture mais c’était bien rare ses derniers temps surtout depuis la mise en place du nouveau gouvernement Parkinson.

Depuis la mise en place du Conseil, La boutique d’Harrison avait perdu beaucoup de chiffre d’affaire et tout cela à cause de la restriction de déplacement pour les né-moldus au chemin de traverse et comme si cela ne suffisait pas, il y’avait de temps en temps des manteaux noirs qui patrouillaient dans les tues, effrayant bien entendu les clients potentiels qui s’approchait de la boutique de livre. Tout ces changements, il était du devoir de la libraire de l’accepter et de s’adapter car pour l’instant les affaires étaient mauvaises et la seule bonne nouvelle que Riley avait reçu c’était la vente de ce best sellaire qu’était « Je suis un né-moldu et alors ? » qui avait en quelques sortes couvert une partie des dettes de la boutique, mais ils étaient loin de faire des bénéfices.

A l’intérieur de Fleury & Bott, Riley se trouvait derrière le comptoir à servir un à un les clients qui passaient avec leurs articles. Comme elle l’espérait, la vedette du jour de son magasin se vendait comme des petits pains. Hommes, femmes, garçons et filles, tous s’arrachaient leur exemplaire pour pouvoir le dévorer une fois à la maison. Dans la file d’attente, Riley put même voir certains impatients en train de commencer à lire le livre qu’ils allaient acheter et ça lui faisait plaisir de voir ça car plus le temps passait et plus les livres commençait à se faire…vieux. Mais peu importe. Après avoir servit un énième client, une silhouette attira le regard de la jeune adulte qui plissa les yeux pour mieux apercevoir ce curieux personnage qui se révéla être en réalité un ancien collègue qui était parti il y’a peu. Peu ? enfin il y’a quatre, cinq, six mois de cela ? Riley toute contente se tourna vers sa collègue et lui demande d’une voix toute excitée.

« Elisabeth, pourriez-vous tenir le comptoir un moment s’il vous plait ? Je m’absente un instant. »

« Bien sûr Miss Harrison, je m’en occupe »


Riley prix les livres qu’elle avait dans les mains et les posa délicatement sur la partie droite du comptoir pour que sa collègue commence à prendre en charge les clients de sa file. Après avoir tout déposé, Harrison sortie du comptoir et se mit à marcher sur la pointe des pieds en direction de son ancien collègue pour essayer de ne pas se faire remarquer en s’approchant pour lui faire la surprise. Une fois à portée, Riley poussa sur ses orteils pour atteindre l’oreille du jeune avant de lancer dans un ton remplit de sarcasme.

« Eh bien regardez qui voilà ! Un revenant, Poudlard à enfin décider de se débarrassez de vous ? Ils en ont mis du temps Ahahaha » « Comment allez-vous Théophile ? cela va faire bien longtemps dites-moi, qu’est-ce qui vous amène ici ? » Demanda la libraire en le prenant dans ses bras pour le saluer chaleureusement.«Venez vous asseoir je vais aller chercher du thé, allons allons, ne restez pas debout !» 

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Il tournait et retournait le vieux bouquin qu'il savait dater de l'époque où il était encore salarié ici, sans vraiment comprendre pourquoi il était encore là. Pour autant qu'il le savait, c'était un bouquin très intéressant mais peut-être que le sujet dont il parlait n'était pas très populaire ou, en tout cas, pas assez pour en faire un best-seller. Il fronça des sourcils, cherchant quelques secondes un livre ou une quelconque encyclopédie qui pourrait le renseigner sur les métiers du ministère. Est-ce que les manteaux noirs faisaient même le tour des livres ? Pourtant, il voyait bien que la plupart des personnes dans la bibliothèque en cette matinée n'étaient là que pour acheter un livre qui parlait justement d'un né- moldu. Il ne comprenait pas bien où chercher depuis qu'il ne connaissait plus tous les rayons sur le bout des doigts, ayant tout simplement oublié une bonne partie des choses qui concernaient Fleury et Bott. Sa prise sur sa canne se fit nerveuse alors qu'il se retenait de sursauter, n'ayant pas entendu la personne qui lui parla à l'oreille. Il se retourna avec mal et regarda la jeune femme qui l'avait aborder, l'ayant assez fréquenté pour arriver à reconnaître son visage, même avec sa mauvaise mémoire d'eux.

Il afficha une moue d'incompréhension face à la première phrase, n'en comprenant pas l'humour avant de laisser tomber. Pour une fois qu'il n'avait pas à lever la tête pour parler à quelqu'un, il n'allait pas se la prendre pour une blague incomprise. La jeune femme faisait sa taille, peut-être pas au centimètre près mais debout ou assis, ils avaient toujours été au même niveau.

-Bonjour Riley. Je vais bien et vous ? Je voulais trouver un.. il se stoppa quand elle le prit dans ses bras, légèrement mal à l'aise.

Tactile, oui, il avait sûrement oublié cette information entre-temps. Il se détendit assez vite, décidant qu'elle n'était pas dangereuse au point de l'étouffer et entoura sa taille de son bras gauche, celui qui ne tenait pas sa canne, quelques secondes avant de la relâcher.

-Je voulais trouver un livre sur le ministère, mais avec le climat actuel peut-être est-ce mission impossible. Un thé serait parfait, merci.

Il la suivit sur quelques mètres en claudiquant, sans vraiment s'avoir où s'asseoir.

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Dans un certain enthousiasme, Riley s’en alla dans son bureau pour revenir avec un plateau garnit de biscuit au beurre, deux tasses et une théière avec dedans deux infuseurs dont on ne pouvait voir que l’étiquette ressortant. Une fois au niveau de Théophile, elle invita son ancien collègue à venir occuper l’une des nombreuses places disponibles dans le coin repos. C’était un tout nouvel endroit dans la boutique. Maintenant, en plus de vendre des livres, ce magasin offrait l’opportunité à tous les clients de pouvoir s’asseoir à une table et se reposer un instant pour prendre le temps de souffler et de lire si jamais l’envie les prenait. On aurait presque dit un petit coin lecture dans une bibliothèque municipale sauf qu’à la différence de la bibliothèque, il était possible de parler normalement chez Fleury & Bott et ça, ça arrangeait bien la libraire car après avoir entendu la demande de Théophile, il était fort à parier que ce qu’il allait demander friserait dans l’illégale et il était préférable d’avoir leur conversation couverte par d’autre.

Riley amena le bibliothécaire de Poudlard dans l’extrémité du coin repos avec le moins de personnes possibles dans les alentours. Elle avait préféré ne pas répondre à sa question de suite par peur de se faire entendre par des personnes aimant laisser trainer leurs oreilles. Assise et bien installée, Riley fit un petit mouvement du poignet avec sa baguette pour faire léviter avec maîtrise la petite tasse blanche vers son invité. Sa baguette vint maintenant pointer la théière qui se mit à trembler dans un premier temps puis à léviter à son tour en direction de la tasse pour se pencher en avant et déverser le liquide chaud à l’intérieur. Déjà servir et l’odeur du thé commençait déjà à envahir une partie de la salle. C’était une odeur de citron avec du gingembre, deux ingrédients qui se faisaient facilement reconnaitre après en avoir simplement humé par le nez.

Mais l’odeur n’était qu’une distraction de l’objectif véritable de cette rencontre. Du moins c’est ce que pensait Riley. La jeune fille ignorait les détails précis de cette demande et même s’il s’agissait d’un ancien collègue, Riley ne voulait pour rien au monde se mettre en danger inutilement. Après s’être servie à son tour avec vitesse et précision, Harrison croisa les bras et les jambes avant de se redresser sur sa chaise tout en lançant de ses yeux un regard suspicieux remplit de sarcasme avec un sourire à la fois agacé et amusé. Que diable voulait-il faire avec un livre pareil ?  Elle commença dans un murmure avant d’élever doucement la vie au fur et à mesure qu’elle parlait.

« Un livre sur le ministère ? Oui, oui, j’en ai, je les ai tous caché après la prise de pouvoir de miss Parkinson, j’étais quasiment sûre qu’ils allaient les saisir et je ne m'étais pas trompée, ils sont venus... mais j’ai été plus rapide qu'eux pour cacher une bonne partie d'entre eux. Cependant, votre demande est trop vague mon cher Théophile. Puis-je savoir ce que vous recherchez précisément pour rendre la recherche plus précise ? Aussi je me dois de vous prévenir que ce genre de demande est sensible et peut-être très mal vu par les manteaux-noirs. Comprenez-moi bien que j’aimerai éviter un séjour à Azkaban sachant qu’ils ont déjà envoyé des gens pour moins que ça… Alors, j’aimerai savoir dans quoi je m’embarque avant de m’engager à vous aider Théophile. Le ministère est un sujet à ne pas prendre à la légère. »

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Riley avait toujours été particulièrement enthousiasme, bien que durant les années où il avait travaillé ici, il n'ai jamais vraiment compris pourquoi. Avec le travail acharné qu'elle avait abattu, ça ne l'étonnait pas qu'elle soit la gérante de la boutique actuellement. Elle en avait fait quelque chose de bien, peut-être même de meilleur qu'avant. Cela ne lui coûtait rien de l'avouer, la bonne humeur et l'envie de travailler  de la jeune femme devait sûrement jouer beaucoup. Il s'assit pour alléger le poids sur ses hanches et s'empara d'une tasse de thé en observant l'autre. Elle était assise bien plus droite qu'il savait l'être et avec ses jambes croisées, elle dégageait quelque chose qu'il ne pouvait pas vraiment nommer. Quelque chose de fort, de digne, dans tous les cas. 

Elle lui dit avoir caché les livres et il fronça les sourcils d'incompréhension. Pourquoi avoir caché les livres parlant du ministère mais pas ceux parlant des moldus ? Était-elle paranoïaque ? Dans le climat actuel, peut-être était-ce une qualité plus qu'un défaut, il ne pouvait pas trop le savoir. Il ne s'était jamais vraiment intéressé à la situation politique et n'avait commencé à le faire que lorsque qu'il lui était parvenu quelque chose d'invraisemblable. La chute du ministère, en l'occurrence. Pourtant, même s'il était contre les idéaux du Conseil des Sorciers, il n'avait encore rien fait pour affirmer ses idées. Tant qu'il n'était pas certain de pouvoir le faire en étant en sécurité, il avait décidé de ne rien faire, bien conscient que s'il devait se battre, il avait de grandes chances de perdre. Il avait été bon en duel et avait une bonne forme physique, mais depuis l'accident il ne savait plus être aussi souple et rapide qu'autrefois. Cela lui aurait joué de mauvais tours, il en était certain. 

-Je me doute de cela, Riley. Pour autant, j'aimerai pouvoir donner aux élèves une vision des métiers magiques aussi large que possible. Je m'occupe d'un centre d'orientation et je ne doute pas que certains des élèves voulaient ou veulent toujours travailler au ministère, j'aimerais pouvoir les conseiller du mieux que je peux. Je n'y connais pas grand chose et il n'y a pas des centaines de livres sur le sujet dans la bibliothèque. Le Conseil des sorciers... Je doute qu'il ne reste au "pouvoir" très longtemps. Bien sûr, si je vous dis ça c'est uniquement car je sais que vous ne pourrez pas en faire quelque chose. Après-tout, vous avez aussi des choses en votre possession qui pourraient vous mettre en mauvaise position. Il est dans votre intérêt comme dans le mien de taire cette conversation. J'ai besoin de renseignements pour mes élèves. Dans le climat actuel, ce ne sera pas possible pour eux d'y travailler, mais qui me dit que cela sera pareil dans deux ans ?

Il ne demandait pas une manifestation contre le Conseil des Sorciers, pas même une place dans une résistance quelconque, mais juste une façon d'aider les élèves à se créer un projet d'avenir. Il fallait se rendre à l'évidence, les dictatures ça n'avait jamais marché sur le long terme, et il était certain que celle-ci ne ferait pas exception à la règle. Il s'était penché durant sa tirade, pour qu'elle soit la seule à entendre. Une fois terminée, il se replaça droit dans son fauteuil avant de porter à nouveau la tasse à ses lèvres.

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Riley lui adressa un regard bienveillant avec un sourire doux, après avoir bu dans sa petite tasse. Un regard et un sourire qui cachaient l’amertume qu’elle ressentait en ce moment présent. Comment osait-il penser qu’elle le dénoncerait au point de faire savoir que lui aussi avait un moyen de pression si jamais elle décidait de trahir. Le visage toujours droit en direction de Théophile, ses yeux brun clair vint s’abaisser vers la tasse comme pour regarder le contenu de celle-ci. Elle se mordit la lèvre avant de relever son regard vers le bibliothécaire de Poudlard. Monsieur Aldermaston avait besoin de comprendre que Riley n’était pas une ennemie mais une alliée dans une position plus que délicate.

«Théophile, s’adressa-t-elle au monsieur à la canne en prenant une gorgée de son thé. Je comprends parfaitement ce que vous souhaitez faire. Cependant que ferez-vous sur le Conseil est toujours au pouvoir. Vous y avez pensé ?  Si vos élèves souhaitent travailler au ministère dites leur clairement de quitter le pays s’ils le peuvent autrement ils se retrouveront à faire de l’administratif à Godric’s Hollow à la Citadelle pour le Conseil. Riley se rapprocha avec prudence avant de commencer à parler dans un chuchotement seulement audible pour elle et son récepteur. Et nous nous méfions déjà assez de tout le monde. Je crois avoir le livre qu'il te faut... »

Riley se leva dans un grincement de chaise assourdissant, et en posant sa tasse sur la petite table celle-ci se dirigea vers son bureau personnel, là où tout était caché. Des esquives par la droite, des décalages par la gauche, Harrison ressortie de son bureau avec un gros livre noirs avec des marques blanches tout autour et un cercle sur la couverture principale avec un gros « M » dessus. Il s’agissait d’un très vieux registre, juste assez vieux pour qu’il atterrisse dans une bibliothèque mais Riley savait que dedans il pouvait y avoir des informations qui pourraient aider les jeunes enfants à trouver leur voie dans le futur.

Livre sous le bras et lunette remise avec le majeur de sa main droite, Riley retraversa la foule qui continuait d’affluer dans son magasin tout en s’excusant de les avoir bousculés sans jamais avoir de réponses en échange. Une fois à la table, le livre lourd tomba lourdement sur la surface en bois tout en balayant le peu de poussière qu’il y’avait dessus partout dans la pièce. De son index, Riley posa celui-ci sur la couverture principale du bouquin avant de le tourner vers Théophile l’invitant à en prendre possession.

«Il s’agit d’un registre du ministère, un très vieux en tout cas. Tu trouveras dedans surement ce que tu cherches mais ramène moi ce livre entier s’il te plait. Plus ils sont vieux et plus ils coutent une fortune à faire refaire. Après un petit poussement du bout des doigts, Riley reprit en faisant glisser ses doigts dans la petite poignet de sa tasse. Sinon tu voulais me demander autre chose ? J’ai encore pas mal de temps, donc si tu as besoin d’aide…

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Il observa d'un peu plus près le visage de Riley quand elle lui répondit, bien conscient que son sourire cachait quelque chose. Il ne lui demandait rien, elle pouvait décider de le mettre à la porte si lui prêter un livre sur le ministère pouvait lui porter préjudice. Si elle le faisait, il irait chercher ailleurs mais il était hors de question qu'il ne trouve rien, autant pour aider ses élèves que pour lui permettre d'apprendre les choses qu'il ne savait pas sur le ministère, puisqu'il ne s'y était jamais vraiment intéressé ou, s'il l'avait fait, de très loin. 

Il remarqua tout de suite le tutoiement mais n'en fut pas énervé, après-tout, ils avaient travaillé quelques années ensemble, et même s'il ne s'en souvenait clairement pas, cela aurait pu déjà s'être fait. Tutoyer ses collègues quand on passait ses journées avec était presque logique, au bout d'un moment.

-Je te fais confiance, Riley. dit-il en la regardant droit dans les yeux. Merci pour le livre, mais je ne dirais pas aux élèves de fuir l'Angleterre pour une raison aussi stupide qu'un nouveau gouvernement qui pourrait ne pas durer. Dans le cas où il le ferait, je leur proposerai autre chose, c'est déjà ce que je fais. Il me faut le plus d'informations possible et, honte à moi, je connais beaucoup plus de choses sur le monde moldu que sorcier puisque j'y ai vécu durant mes premières années d'adulte et durant mon enfance.

Il se tut et regarda autour de lui, essayant de trouver un autre sujet de conversation, n'ayant pas vraiment l'envie de quitter la librairie si tôt. Il s'y sentait bien, comme dans la bibliothèque de Poudlard et, malgré le bruit ambiant, il s'y sentait étrangement calme. Cela faisait assez longtemps qu'il n'avait pas réellement discuté avec un adulte. Elle n'avait pas son âge mais le fait d'avoir travaillé ensemble lui faisait oublier ce fait. De plus, elle ne lui avait jamais demandé quoi que ce soit sur son passé, il supposait juste qu'elle était peut-être aussi secrète que lui ou avait simplement remarqué qu'il n'aimerait pas répondre à ses questions.

-Comment vont les affaires ? La librairie n'a pas vraiment changé depuis la dernière fois que je suis venu mais je peux voir que tu as fais quelques améliorations. Félicitation pour ta promotion, je n'étais pas au courant. Tu t'en sors facilement ?

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Le vouvoiement s’était perdu. Au vu de la tournure de la conversation, il était impossible pour Riley de garder cette forme de respect. Non pas qu’elle ne le respectait plus, c’était juste que maintenant que Théophile ne travaillait plus à Fleury & Bott, il était inutile pour elle de se montrer aussi respectueuse et elle essayait de se débarrasser de cette formalité aussi vite que possible. Mais comment se débarrasser de quelque choses d’aussi stupide ? C’était dans ses habitudes et il lui faudrait surement quelques jours pour réussir à ce faire au tutoiement.

Théodore était quelqu’un de bien selon la vision de Riley. Il ne cherchait pas les problèmes et les évitaient quand c’était possible. Et justement, il savait que leur conversation allait devenir de plus en plus hostile et avait préféré changer de conversation en demandant à la jeune femme comment se passait les affaires. D’ailleurs, d’après ses dires, il ignorait même qu’elle avait été promue en tant que gérante du magasin. Il faut avouer que c’était si soudain aussi. L’ancien propriétaire était partie à la retraite si soudainement que Riley n’avait pas l’impression que cela faisait déjà deux mois qu’elle s’occupait de son nouveau petit business.

Le business était quelque chose de nouveau pour elle et elle savait qu’elle commettait des erreurs de débutant, comme tout le monde. Mais Fleury & Bott était un magasin réputé qui apportait toujours de la qualité à ses clients et Riley n’avait pas l’intention de faillir à cette tâche. Apprendre sur le tas était la seule solution pour elle pour s’occuper de ce petit bijou qu’était son magasin. Depuis deux mois maintenant, Fleury & Bott était devenu son enfant qu’elle ferra grandir et protégera.

« Les affaires sont moyennes, depuis la prise de pouvoir de Miss Parkinson, notre chiffre d’affaire à diminuer d’une dizaine de pourcentage. Nos ventes sont affreuses car nous sommes limitées à ce que nous sommes autorisées à publier. Riley désigna le petit kiosque avec le livre, *je suis un né-moldu et alors* d’un mouvement de tête. Mais ce livre nous permet de rester dans la course...C’est l’un des seuls rares livres qui parle de né-moldus qui est autorisées. Allez savoir pourquoi, quand ils sont venus, ils n’ont rien fait…Enfin Bref. »

Riley prit une gorgée dans sa tasse toujours chaude avant de reprendre.

« Je ne m’en sors pas trop mal. Il faut dire que je n’ai jamais fait marché de magasin comme celui-ci auparavant mais plus le temps passe et plus j’apprécie ce travail. Enfin Arrêtons de parler de moi, ça va me rendre nerveuse. Et toi ? Qu’est ce que ça t’a fait de rentrer à Poudlard une nouvelle fois ? Ils sont comment les élèves de nos jours ? Tu ne t’ennuies pas trop là-bas ? L'école a changé ?»

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Son thé bien vite finit, il reposa sa tasse en se penchant en avant pour mieux entendre l'autre. Finalement, décidé à rester encore quelques minutes au moins, il posa sa canne contre son fauteuil en essayant de la faire tenir en équilibre. Vu le nombre de fois où elle était tombée, elle ne se serait pas casser, mais se baisser pour la ramasser était presque une mission impossible aujourd'hui, malheureusement. Il n'avait pas envie de passer pour un abrutit. S'il s'était mit à genoux pour ramasser le morceau de bois, il n'aurait pas réussi à se relever et serait rester à genoux par terre.

Il était presque logique que les affaires aient baissé, premièrement car il ne doutait pas qu'il y ait moins de livres autorisés à la vente mais aussi parce que la clientèle s'était amoindrie. Les nés-moldus n'ayant plus accès au chemin de traverse, les clients devaient être moins nombreux et si l'on rajoutait à cela le fait que certains nés-sorciers n'osaient plus non plus sortir, c'était très logique.

-N'as-tu pas peur que ce livre finisse par t'apporter des ennuis ? Si cela arrivait, tu pourrais compter sur moi, dit-il soudainement bien plus sérieux qu'il y a deux minutes. Autant pour tes livres que pour toi, même si je sais très bien que je ne suis pas la meilleure personne pour cela, sûrement. Même si tu n'es pas à la tête de la librairie depuis longtemps, je peux voir que ce n'était pas une erreur de te permettre d'y être. 

Il se déplaça légèrement sur son siège, mal à l'aise, en essayant de bouger ses hanches au moins un minimum. Il essayait de trouver quoi répondre à l'autre qui ne ferait pas trop fermé dans la discussion.

-Je ne sais pas trop... Disons que cela m'a rappelé quelques souvenirs. Certains n'étaient pas les bienvenus mais d'autres m'ont fait chaud au cœur, c'est sûr. Heureusement que je ne suis pas repassé sous le choixpeau, déjà à l'époque cela m'avait réellement traumatisé. Tous les élèves qui vous regardent... Brrr, fit-il en riant, J'en frissonne encore. Les élèves ressemblent à ce qu'on était à l'époque. On pourrait croire que ce qui se passe dehors aurait vraiment changé les mentalités mais la plupart des élèves restent confiants en leur avenir. Pas tous, bien sûr. Mon travail là bas n'est pas ennuyant, il y a toujours quelque chose à faire de nouveau. La plupart du temps, les mâtinées sont assez calmes, la plupart des élèves arrivent à partir de midi mais de façon générale, l'école n'a pas changé. C'est une île maintenant, c'était étrange de voir ça la première fois mais l'on s'y habitue. A ça et aux nouvelles choses au niveau du parc.

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Riley eut un rire nerveux en entendant son collègue parler de Poudlard. Selon lui l’école n’avait pas changé, tout comme les élèves d’ailleurs. Le seul changement notable était le fait que Poudlard était devenue une île ni plus ni moins. Riley aurait adoré pouvoir de nouveau franchir les portes de l’école une nouvelle fois mais avec les temps qui court, elle savait pertinemment que cela serait impossible pendant un long moment mais elle était certaines qu’un jour elle aurait l’occasion de voir l’intérieur de l’école.

-Tu as bien de la chance de travailler là bas, je tuerai pour pouvoir y retourner au moins une fois... Riley marqua une pause pour écouter ce que son collègue disait. Ah parle pour toi ! Moi j’ai adoré ma répartition. Pouffa-t-elle en s’étirant sur sa chaise. Je dois avouer que j’étais quand même surprise de ma maison. Moi qui m’attendais à me retrouver chez les Serdaigle finalement je n’ai pas échappée pas à la tradition familiale d’aller chez Serpentard.

Serpentard. La maison du serpent aussi communément appeler la maison des sorciers qui ont tourné mal et tout ça à cause de quelques pommes pourris qui avaient ternis la réputation de la maison par le passé. Un préjugé que Riley connaissait bien mais qu’elle préférait ne jamais relever puisque même si la maison pouvait être mal fréquenté, elle la considérait comme sa deuxième famille. Enfin ça c’est ce qu’elle pensait avant qu’elle ne soit diplômé de Poudlard. Après que sa promotion, Riley resta très proche avec ses anciens camarades de Poudlard et donnait très souvent de ses nouvelles et en recevaient également beaucoup mais depuis la mise en place du Conseil, plus personne ne lui écrivit. Elle avait beau envoyé des hiboux, quasiment personne ne lui répondait et si elle recevait des réponses, celle-ci se montrait brève et sans réel possibilité d’étendre la conversation.

Riley voulait justement en parler avec Théophile, savoir si lui aussi avait eut ce genre de chose que du jour au lendemain plus personne ne donnait de nouvelles et tout le monde dans son entourage se méfiait de tout le monde mais il fallait le faire avec beaucoup de tact pour éviter de dériver dans le privé.

-Dit moi, Tu as gardé contacte avec des personnes de Poudlard ? J’essaye de reprendre contacte avec eux mais…La plupart étaient né-moldus et ont maintenant disparu, j’ignore si le Conseil à quelque chose avoir avec eux ou si c’est moi qui ai fait quelque chose de mal.