Retrouvailles entre chevaliers sans princesse
- Novembre 2044 -
- RPG simple -
- Privé avec @Gray Haros -
C'est dans les moments où l'on se sent seul qu'on ressasse ses mauvaises pensées. Les souvenirs sombres ne remontent à la surface que lorsqu'on ne peut pas remplir le vide dans notre tête. Alors, quand nos pensées se font rares et que nos paroles sont inexistantes, que seul le mur nous accompagne, toute la tristesse et la colère que l'on s'est cachées pendant des mois ressort d'un coup. Et nous avons deux choix : soit nous pleurons, soit nous nous énervons.
J'avais opté pour les deux à la fois. Je ne pleurais pas, je ne m'énervais pas : je bouillonnais intérieurement. Rage, déprime, honte, jalousie, regrets, tout ce petit monde bien pénible se mélangeait dans mon esprit pour ne former qu'un ensemble désagréable d'émotions entremêlées si étroitement que je ne parvenais pas à en comprendre le sens. Je supportais ce méli-mélo de sentiments depuis des jours déjà, et je parvenais à peu près à le contrôler. Je dis bien "à peu près", parce que, parfois, ma colère prenait le dessus et j'envoyais Menthalo à l'autre bout du dortoir sous prétexte qu'il avait coassé. Ou bien, parfois, c'était une tristesse digne d'un dépressif qui me gagnait, et je pleurais au fond de mon lit sans vraiment savoir pourquoi. Mais la chose le changement le plus marquant, dans mon comportement, était l'isolement.
Depuis que Taylor m'ignorait complètement - à cause de cette stupide histoire de bal - j'avais tendance à fuir la compagnie comme la Dragoncelle. Je ne pouvais pas m'empêcher de repousser tous mes amis, sans exception, m'enfermant dans une bulle infranchissable de bipolarité. Je savais très bien que cette isolation inquiétait plus d'un, mais je me fichais bien de ce que mes camarades pensaient (sauf de ce que Taylor pensait de moi, bien entendu). Même Menthalo se sentait rejeté et boudait façon grenouille, en coassant de plus en plus fort et en ne montant plus jamais sur mon épaule. Mais même cette présence intrusive à laquelle je m'étais habitué ne me manquait pas. Je voulais être seul.
Je ne savais pas pourquoi l'absence de ma meilleure amie m'affectait à ce point, ni pourquoi, tout d'un coup, je n'avais besoin que d'elle. Peut-être que, pour la première fois de ma vie, je me rendais compte qu'elle m'était indispensable ? "On a toujours besoin d'un plus timide que soi", comme je disais. Ou alors, était-ce à cause de l'absence de mes parents, de leurs lettres très irrégulières, qui me faisaient mal, et que d'être séparé de Taylor me blessait encore plus ? Quoi qu'il en soit, je m'en voulais encore une fois d'avoir préféré quelqu'un d'autre à elle, ce qui m'avait valu sa bouderie. Je n'osais pas l'approcher, ni lui parler, parce que je savais qu'elle ne voudrait pas de moi. Je le voyais à son visage de marbre, à cette tête déprimée qu'elle affichait. Elle aussi ne semblait pas aller très bien, ce qui ne l'empêchait pourtant pas de continuer à me tourner obstinément le dos. A présent, chaque fois que je la voyais - ce qui m'arrivait très souvent - je ressentais ces regrets, cette honte, grandir en moi, et je baissais les yeux vers mes pieds.
Aujourd'hui n'échappait pas à la règle : je me sentais toujours aussi mal dans mes baskets, aussi solitaire et énervé que d'habitude. Je ne faisais plus mes devoirs (sans l'aide de Taylouche, il m'était impossible de me concentrer), je ne sortais même plus Menthalo du dortoir. Je partais, seul, errer dans les couloirs à la recherche d'une occupation qui me changerait les idées. Mais je ne trouvais rien, pas même mon chemin, et je laissais aller mes sombres pensées. De toute façon, à quoi ça servait de les retenir ? Je me sentirais encore plus mal.
Ce qui me sortit de mes songes funèbres, ce fut le visage d'un garçon que je connaissais.
- RPG simple -
- Privé avec @Gray Haros -
C'est dans les moments où l'on se sent seul qu'on ressasse ses mauvaises pensées. Les souvenirs sombres ne remontent à la surface que lorsqu'on ne peut pas remplir le vide dans notre tête. Alors, quand nos pensées se font rares et que nos paroles sont inexistantes, que seul le mur nous accompagne, toute la tristesse et la colère que l'on s'est cachées pendant des mois ressort d'un coup. Et nous avons deux choix : soit nous pleurons, soit nous nous énervons.
J'avais opté pour les deux à la fois. Je ne pleurais pas, je ne m'énervais pas : je bouillonnais intérieurement. Rage, déprime, honte, jalousie, regrets, tout ce petit monde bien pénible se mélangeait dans mon esprit pour ne former qu'un ensemble désagréable d'émotions entremêlées si étroitement que je ne parvenais pas à en comprendre le sens. Je supportais ce méli-mélo de sentiments depuis des jours déjà, et je parvenais à peu près à le contrôler. Je dis bien "à peu près", parce que, parfois, ma colère prenait le dessus et j'envoyais Menthalo à l'autre bout du dortoir sous prétexte qu'il avait coassé. Ou bien, parfois, c'était une tristesse digne d'un dépressif qui me gagnait, et je pleurais au fond de mon lit sans vraiment savoir pourquoi. Mais la chose le changement le plus marquant, dans mon comportement, était l'isolement.
Depuis que Taylor m'ignorait complètement - à cause de cette stupide histoire de bal - j'avais tendance à fuir la compagnie comme la Dragoncelle. Je ne pouvais pas m'empêcher de repousser tous mes amis, sans exception, m'enfermant dans une bulle infranchissable de bipolarité. Je savais très bien que cette isolation inquiétait plus d'un, mais je me fichais bien de ce que mes camarades pensaient (sauf de ce que Taylor pensait de moi, bien entendu). Même Menthalo se sentait rejeté et boudait façon grenouille, en coassant de plus en plus fort et en ne montant plus jamais sur mon épaule. Mais même cette présence intrusive à laquelle je m'étais habitué ne me manquait pas. Je voulais être seul.
Je ne savais pas pourquoi l'absence de ma meilleure amie m'affectait à ce point, ni pourquoi, tout d'un coup, je n'avais besoin que d'elle. Peut-être que, pour la première fois de ma vie, je me rendais compte qu'elle m'était indispensable ? "On a toujours besoin d'un plus timide que soi", comme je disais. Ou alors, était-ce à cause de l'absence de mes parents, de leurs lettres très irrégulières, qui me faisaient mal, et que d'être séparé de Taylor me blessait encore plus ? Quoi qu'il en soit, je m'en voulais encore une fois d'avoir préféré quelqu'un d'autre à elle, ce qui m'avait valu sa bouderie. Je n'osais pas l'approcher, ni lui parler, parce que je savais qu'elle ne voudrait pas de moi. Je le voyais à son visage de marbre, à cette tête déprimée qu'elle affichait. Elle aussi ne semblait pas aller très bien, ce qui ne l'empêchait pourtant pas de continuer à me tourner obstinément le dos. A présent, chaque fois que je la voyais - ce qui m'arrivait très souvent - je ressentais ces regrets, cette honte, grandir en moi, et je baissais les yeux vers mes pieds.
Aujourd'hui n'échappait pas à la règle : je me sentais toujours aussi mal dans mes baskets, aussi solitaire et énervé que d'habitude. Je ne faisais plus mes devoirs (sans l'aide de Taylouche, il m'était impossible de me concentrer), je ne sortais même plus Menthalo du dortoir. Je partais, seul, errer dans les couloirs à la recherche d'une occupation qui me changerait les idées. Mais je ne trouvais rien, pas même mon chemin, et je laissais aller mes sombres pensées. De toute façon, à quoi ça servait de les retenir ? Je me sentirais encore plus mal.
Ce qui me sortit de mes songes funèbres, ce fut le visage d'un garçon que je connaissais.
Un génie sommeille en moi. Malheureusement, il dort tout le temps !
"He was an angel craving chaos. He was a demon seeking peace."