La lettre qui ne vient pas
[font=black jack]23 juillet 2044
Cher journal,
Hier je t'avais dis que j'avais reçu ma lettre d'admission à Poudlard alors que j'étais en vacances chez mes grands-parents, en France. Mais je vais t'expliquer plus en détails comment ça s'est passé. Cela risque de me prendre plusieurs jours, alors ne sois pas surpris si je m'arrête en plein milieu et que je remets une date suivie de "cher journal" puis que je reprends là où je m'étais stoppée. Alors voilà...
C'était le 18 juillet. Dans la voiture, il faisait une chaleur étouffante. Déjà trois heures que nous étions sur la route, après être descendus du bateau. Ma petite sœur, le nez collé à la vitre, ne cessait de se plaindre et de demander : 《 C'est quand qu'on arrive ? 》
《 Il va vraiment falloir remplacer cette climatisation ! gémit mon père en s'éventant avec la carte routière.
- Ou alors on peut utiliser la Magie. proposa ma mère. 》
Ma maman avait souvent recours à la Magie pour diverses tâches comme le ménage, la cuisine... Mais mon père n'appréciait pas trop ça. Enfin, il n'apprécie plus trop ça. Avant, il était émerveillé par la Magie, comme un tout petit enfant qui verrait pour la première fois son reflet dans un miroir. Depuis la mort de ses parents, il a beaucoup changé.
《 Non. Nous ne devons pas utiliser la Magie au moindre petit souci ! Nous pouvons faire comme les gens normaux et supporter, attendre que ça passe. répondit-il d'un ton glacial. 》
Ma mère essaye de temps en temps de lui proposer d'utiliser la Magie, mais il refuse a chaque fois. Elle est déçue. Ça lui manque d'utiliser ses pouvoirs de sorcière.
《 C'est quand qu'on arrive ? demanda encore Siara.
- Bientôt, ma petite chouette des neiges. 》
Je regardais par la fenêtre les maisons s'enchaîner sans fin, en ruminant mes pensées. Une année scolaire s'était achevée, une de plus, sans aucun ami. Mais en septembre je rentrerai au collège, ce sera comme un nouveau départ. Le départ d'une nouvelle vie, pleine de joie et de rire. Ou d'une vie pire encore. Je ne savais que penser, je ne savais quoi ressentir. Bonheur ou tristesse ?
La voiture s'arrêta enfin devant une grande maison aux volets rouges.
《 C'est pas trop tôt ! pesta ma sœur. 》
Mais elle retrouva bien vite le sourire en voyant mes grands-parents s'approcher.
《 PAPY ! MAMIE ! s'écria-t-elle en les serrant dans ses petits bras. 》
Moi, comme une ombre, je suivis ma mère. Elle enlaça sa mère, puis son père, et je fis de même. Le doux parfum de lavande de ma mamie me caressa les narines.
Mon père se contenta de leur serrer la main.
《 Vous avez fait bonne route ? demanda papy.
- Il a fait un peu trop ch... commença ma mère.
- Très bonne. coupa mon père, irrité. 》
Ma sœur, indignée, voulut se plaindre mais ma mère lui fit comprendre de se taire en posant son index sur ses lèvres roses.
Je n'aime pas mon "nouveau" père. Il était joyeux et admirait tout ce qui l'entourait. Il est devenu sec, distant et insensible à la beauté du monde.
《 Rentrons, il fait plus frais à l'intérieur. invita ma grand-mère. 》
Le hall était toujours le même que dans mes souvenirs : une pièce meublée de porte-manteau en bous de toutes formes, aux murs recouverts de papier peint à motifs floraux. Une porte menait ensuite au salon-salle à manger. Au centre trônait une magnifique table en bois, entourée de six chaises. Des fauteuils et un canapé en cuir se trouvaient face à une télévision à écran plat incurvé. Une grande bibliothèque pleine de livres était collée au mur peint en blanc. Une multitude de coussins et de plaids venaient agrémenter le tout.
Je me lassai tomber dans le premier fauteuil que je croisai. La surface fraîche du tissu me refroidit imédiatement. Je m'installai confortablement et fermai les yeux.
《 LUCY ! cria ma sœur. Tu viens, on va voir nos chambres !
- Elles sont toujours pareilles depuis la dernière fois, Siara.
- On ne sait jamais ! Allez, viens. 》
Elle me saisit pas le bras et me tira vers les escaliers, excitée comme une puce. Nous montâmes à l'étage. Ma chambre était derrière la première porte, à gauche, et celle de ma sœur se cachait derrière la suivante.
Ma chambre avait les murs peint en violet foncé et une douce lumière violet pâle filtrait à travers les rideaux lavande. Un lit blanc aux draps aubergine se trouvait au fond de la pièce, une table de chevet à côté. Une armoire en bois était posée contre un des murs, non loin d'un bureau.
La porte s'ouvrit et laissa passer ma mère, portant ma valise.
《 Merci maman. dis-je en l'embrassant. 》
J'ouvris ma valise et commença à défaire mes affaires. Je rangeai mes vêtements dans l'armoire, posai mes livres sur la table de chevet...
Une bonne odeur de fromage s'échappait de la cuisine. Je descendis, dans ma chemise de nuit toute légère. Je mis mes chaussons prune et me dirigeai vers la salle à manger-salon. Un gros plat de tartiflette m'attendait.
《 Tiens, peux-tu m'aider à mettre la table, Lucy ? me demanda papy. 》
Mais ma sœur se précipitait déjà vers lui et lui arracha les assiettes des mains pour les déposer sur la table avec plus ou moins de délicatesse.
《 Merci Siara... fais quand même attention, ça casse...
- Oui, oui. répondit ma sœur. 》
Mes parents étaient assis sur le canapé. Ma maman lisait et mon père attendait en regardant pensivement le sol.
《 À table ! lança ma grand-mère en sortant de la cuisine, avec un second plat de tartiflette.
- Houlà ! Je ne pense pas que l'on va manger autant ! fit ma maman en s'asseyant.
- Mieux vaut trop que pas assez. murmura simplement ma mamie avant de commencer à servir abondemant ma sœur. 》
Une fois tout le monde servit, nous mangeâmes enfin tout en discutant.
《 Alors, comment ça va ? Quoi de neuf depuis la dernière fois ? tenta mon papy.
- Pas grand chose. Le garage marche plutôt bien.
- Les filles ont toujours de très bons résultats, il n'y a pas de problèmes. ajouta maman.
- Lucy ira au collège à la rentrée. dit fièrement mon père.
- Sauf si... dit ma mère. Si elle reçoit sa lettre d'admission à Poudlard... 》
Mon père se racla la gorge. Un silence gêné s'installa. Le repas s'acheva dans une tension palpable. Tandis que mes grands-parents faisaient la vaisselle, nous montâmes nous laver les dents. Puis je filai dans ma chambre et me glissai sous la couette. Je pris un roman mais impossible de me concentrer sur ma lecture, trop de pensées fusaient dans ma tête. Je décidai alors d'essayer de m'endormir. Je me tournai et me retournai.
J'avais oublié que, si je recevais ma lettre, j'irais à l'école de sorcellerie où ma mère avait appris tout ce qui concernait la Magie. J'eus envie de sautiller de joie. Pas de collège Moldu ! Pas d'enfants qui se moquent de moi, qui m'évitent ou me trouvent bizarre. Enfin, je crois... Peut-être que ce sera pire encore ? Peut-être que je suis une sorcière ridicule ? Une vraie sorcière n'a pas peur du noir ou de parler aux gens, contrairement à moi. Et voilà, je recommençais à m'inquiéter pour rien. Je n'ai même pas reçu de lettre. Mais j'espérai en avoir bientôt une.
Je m'endormis enfin, entre joie et angoisse.
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
Cher journal,
Hier je t'avais dis que j'avais reçu ma lettre d'admission à Poudlard alors que j'étais en vacances chez mes grands-parents, en France. Mais je vais t'expliquer plus en détails comment ça s'est passé. Cela risque de me prendre plusieurs jours, alors ne sois pas surpris si je m'arrête en plein milieu et que je remets une date suivie de "cher journal" puis que je reprends là où je m'étais stoppée. Alors voilà...
C'était le 18 juillet. Dans la voiture, il faisait une chaleur étouffante. Déjà trois heures que nous étions sur la route, après être descendus du bateau. Ma petite sœur, le nez collé à la vitre, ne cessait de se plaindre et de demander : 《 C'est quand qu'on arrive ? 》
《 Il va vraiment falloir remplacer cette climatisation ! gémit mon père en s'éventant avec la carte routière.
- Ou alors on peut utiliser la Magie. proposa ma mère. 》
Ma maman avait souvent recours à la Magie pour diverses tâches comme le ménage, la cuisine... Mais mon père n'appréciait pas trop ça. Enfin, il n'apprécie plus trop ça. Avant, il était émerveillé par la Magie, comme un tout petit enfant qui verrait pour la première fois son reflet dans un miroir. Depuis la mort de ses parents, il a beaucoup changé.
《 Non. Nous ne devons pas utiliser la Magie au moindre petit souci ! Nous pouvons faire comme les gens normaux et supporter, attendre que ça passe. répondit-il d'un ton glacial. 》
Ma mère essaye de temps en temps de lui proposer d'utiliser la Magie, mais il refuse a chaque fois. Elle est déçue. Ça lui manque d'utiliser ses pouvoirs de sorcière.
《 C'est quand qu'on arrive ? demanda encore Siara.
- Bientôt, ma petite chouette des neiges. 》
Je regardais par la fenêtre les maisons s'enchaîner sans fin, en ruminant mes pensées. Une année scolaire s'était achevée, une de plus, sans aucun ami. Mais en septembre je rentrerai au collège, ce sera comme un nouveau départ. Le départ d'une nouvelle vie, pleine de joie et de rire. Ou d'une vie pire encore. Je ne savais que penser, je ne savais quoi ressentir. Bonheur ou tristesse ?
La voiture s'arrêta enfin devant une grande maison aux volets rouges.
《 C'est pas trop tôt ! pesta ma sœur. 》
Mais elle retrouva bien vite le sourire en voyant mes grands-parents s'approcher.
《 PAPY ! MAMIE ! s'écria-t-elle en les serrant dans ses petits bras. 》
Moi, comme une ombre, je suivis ma mère. Elle enlaça sa mère, puis son père, et je fis de même. Le doux parfum de lavande de ma mamie me caressa les narines.
Mon père se contenta de leur serrer la main.
《 Vous avez fait bonne route ? demanda papy.
- Il a fait un peu trop ch... commença ma mère.
- Très bonne. coupa mon père, irrité. 》
Ma sœur, indignée, voulut se plaindre mais ma mère lui fit comprendre de se taire en posant son index sur ses lèvres roses.
Je n'aime pas mon "nouveau" père. Il était joyeux et admirait tout ce qui l'entourait. Il est devenu sec, distant et insensible à la beauté du monde.
《 Rentrons, il fait plus frais à l'intérieur. invita ma grand-mère. 》
Le hall était toujours le même que dans mes souvenirs : une pièce meublée de porte-manteau en bous de toutes formes, aux murs recouverts de papier peint à motifs floraux. Une porte menait ensuite au salon-salle à manger. Au centre trônait une magnifique table en bois, entourée de six chaises. Des fauteuils et un canapé en cuir se trouvaient face à une télévision à écran plat incurvé. Une grande bibliothèque pleine de livres était collée au mur peint en blanc. Une multitude de coussins et de plaids venaient agrémenter le tout.
Je me lassai tomber dans le premier fauteuil que je croisai. La surface fraîche du tissu me refroidit imédiatement. Je m'installai confortablement et fermai les yeux.
《 LUCY ! cria ma sœur. Tu viens, on va voir nos chambres !
- Elles sont toujours pareilles depuis la dernière fois, Siara.
- On ne sait jamais ! Allez, viens. 》
Elle me saisit pas le bras et me tira vers les escaliers, excitée comme une puce. Nous montâmes à l'étage. Ma chambre était derrière la première porte, à gauche, et celle de ma sœur se cachait derrière la suivante.
Ma chambre avait les murs peint en violet foncé et une douce lumière violet pâle filtrait à travers les rideaux lavande. Un lit blanc aux draps aubergine se trouvait au fond de la pièce, une table de chevet à côté. Une armoire en bois était posée contre un des murs, non loin d'un bureau.
La porte s'ouvrit et laissa passer ma mère, portant ma valise.
《 Merci maman. dis-je en l'embrassant. 》
J'ouvris ma valise et commença à défaire mes affaires. Je rangeai mes vêtements dans l'armoire, posai mes livres sur la table de chevet...
Une bonne odeur de fromage s'échappait de la cuisine. Je descendis, dans ma chemise de nuit toute légère. Je mis mes chaussons prune et me dirigeai vers la salle à manger-salon. Un gros plat de tartiflette m'attendait.
《 Tiens, peux-tu m'aider à mettre la table, Lucy ? me demanda papy. 》
Mais ma sœur se précipitait déjà vers lui et lui arracha les assiettes des mains pour les déposer sur la table avec plus ou moins de délicatesse.
《 Merci Siara... fais quand même attention, ça casse...
- Oui, oui. répondit ma sœur. 》
Mes parents étaient assis sur le canapé. Ma maman lisait et mon père attendait en regardant pensivement le sol.
《 À table ! lança ma grand-mère en sortant de la cuisine, avec un second plat de tartiflette.
- Houlà ! Je ne pense pas que l'on va manger autant ! fit ma maman en s'asseyant.
- Mieux vaut trop que pas assez. murmura simplement ma mamie avant de commencer à servir abondemant ma sœur. 》
Une fois tout le monde servit, nous mangeâmes enfin tout en discutant.
《 Alors, comment ça va ? Quoi de neuf depuis la dernière fois ? tenta mon papy.
- Pas grand chose. Le garage marche plutôt bien.
- Les filles ont toujours de très bons résultats, il n'y a pas de problèmes. ajouta maman.
- Lucy ira au collège à la rentrée. dit fièrement mon père.
- Sauf si... dit ma mère. Si elle reçoit sa lettre d'admission à Poudlard... 》
Mon père se racla la gorge. Un silence gêné s'installa. Le repas s'acheva dans une tension palpable. Tandis que mes grands-parents faisaient la vaisselle, nous montâmes nous laver les dents. Puis je filai dans ma chambre et me glissai sous la couette. Je pris un roman mais impossible de me concentrer sur ma lecture, trop de pensées fusaient dans ma tête. Je décidai alors d'essayer de m'endormir. Je me tournai et me retournai.
J'avais oublié que, si je recevais ma lettre, j'irais à l'école de sorcellerie où ma mère avait appris tout ce qui concernait la Magie. J'eus envie de sautiller de joie. Pas de collège Moldu ! Pas d'enfants qui se moquent de moi, qui m'évitent ou me trouvent bizarre. Enfin, je crois... Peut-être que ce sera pire encore ? Peut-être que je suis une sorcière ridicule ? Une vraie sorcière n'a pas peur du noir ou de parler aux gens, contrairement à moi. Et voilà, je recommençais à m'inquiéter pour rien. Je n'ai même pas reçu de lettre. Mais j'espérai en avoir bientôt une.
Je m'endormis enfin, entre joie et angoisse.
Dernière modification par Lucy Light le 19 janv. 2020, 19:20, modifié 3 fois.
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
La lettre qui ne vient pas
[font=black jack]24 juillet 2044
Cher journal,
Je me suis réveillée vers 9 heures. Je suis alors descendue prendre mon petit-déjeuner.
《 Bonjour ma chérie, tu as bien dormi ? m'accueillit maman, affalée dans un fauteuil.
- Oui, merci. 》
Je pris une banane dans le panier à fruits puis m'installai sur le canapé, à côté de ma mamie, qui feuillettait un livre de recettes.
Mon grand-père entra, une baguette de pain encore chaude à la main ainsi qu'un paquet de croissant.
《 Anne m'a donné la baguette la plus chaude. fit-il. 》
Anne, c'est la boulangère du village où vivent mes grands-parents. Elle est très gentille mais j'ai du mal à comprendre ce qu'elle dit car elle parle trop vite et je ne maîtrise pas totalement le Français.
Mon père descendis, vêtu d'un pull vert et d'un jean. Comme ses cheveux étaient mouillés, je déduisis qu'il venait de prendre sa douche. Ses yeux marron se posèrent sur moi, en pyjama et toute décoiffée, et il marmona :
《 Vas te laver, Lucy.
- Elle vient à peine de se lever. dit ma mère d'une voix douce. Et puis nous sommes en vacances, elle peut traîner un peu en pyjama si elle veux. Nous ne sortons pas aujourd'hui, on se repose. 》
Mon père murmura quelque chose que je n'entendis pas et attrapa un croissant avant de s'asseoir à son tour dans un fauteuil. Je pris un bout de pain et me mis à grignoter.
Mon grand-père alluma la télé. Nous tombâmes sur la fin d'un film : le héros, couvert de sang, parlait à la jolie fille en robe de dentelle :
《 Mary, I will die... They will come back to get me. You must leave ! You must live ! Hide, go very far. Forget me. These monstrers will kill you if you stay here.
- But...
- No ! Listen to me ! Please... I don't want to see you die. I have seen too many people die. I have killed too many people. I will surely still see people die or kill. But not you. I want you to live. Go, go start your life elsewhere. Find another man. Love it. I have no future. My parents are dead. My brother is dead. My aunt is dead. I do not have anything. I only have you left. Flee, flee for me. They will kill everyone they find. I have no chance, no hope. I will die. 》
Il s'écroula sur le sol couvert de sang séché et d'os brisés. La dénommée Mary s'accroupit, des larmes coulaient le long de ses joues.
《 Mary... I... I love you... parvint-il à articuler. 》
Mary se pencha et lui donna un baiser. Puis elle se releva et partit, loin. Des hommes vêtus de noir, tels des corbeaux, arrivèrent, avec de grandes haches.
《 Lucy ? bailla ma sœur dans sa chemise de nuit de princesse. 》
Mon père éteignit en vitesse la télé pour que Siara ne puisse pas voir la scène violente qui allait suivre. De toute manière ça ne nous intéressait pas vraiment.
《 On peut aller jouer dans le jardin ensemble ?
- D'accord, mais il faut d'abord se laver. répondis-je. 》
Ma robe longue traînait dans l'herbe brûlée par le soleil. Ma sœur trottinait devant, excitée comme une puce. Malgré l'intense chaleur, papy avait su garder ses plantes bien hydratées. Leurs couleurs illuminaient le jardin. Je cueillis une petite fleur mauve qui sentait délicieusement bon et la posa derrière mon oreille. Siara poursuivait un papillon blanc comme neige en riant. Les joyeux gazouillis des oiseaux ressemblaient à une mélodie. Je souris. J'adorais cet endroit. C'était là où je me sentais le plus chez moi depuis la mort de mes grands-parents paternels et le changement radical de tempérament de mon père. Mon père. Avant je disais plutôt "mon papa". Plus maintenant. Je ne le reconnaissais plus.
《 Pourquoi ? Que s'est-il passé ? Tu n'es pas comme ça. pensai-je. 》
Une silhouette biscornue se dessina un peu plus loin. L'arbre. Je me précipitai vers lui et grimpai en m'accrochant à ses branches. Ses belles feuilles vertes m'offraient un abri du soleil. Je m'assis sur une branche et m'adossai au tronc. Mon arbre adoré. À chaque vacances, c'était un bonheur de le retrouver. Il m'apportait tout le réconfort que ma famille ne pouvait m'apporter. "L'arbre magique", comme je l'appelais étant petite. Je me rappelais encore de ce soir où j'ai découvert mes pouvoirs pour la première fois.
J'avais 3 ou 4 ans. De ma chambre (que j'ai toujours), on voyait cet arbre. Tout le monde était couché, et dormait déjà. Pas moi. Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Ma veilleuse projetait une douce lumière dans la pièce mais ce n'était pas assez. J'avais peur. Peur de l'obscurité. Je pleurais en silence pour ne déranger personne. Une lumière violette était alors apparue, provenant de la fenêtre. Curieuse, je m'étais approchée. J'ai alors découvert, ébahie, cet arbre. Sauf qu'il paraissait être en verre. Un verre de la couleur que j'aimais tant. Et surtout, il brillait de mille feux. Des feuilles s'étaient décrochées, et s'étaient envolées vers ma fenêtre, elle semblaient danser dans le vent, et s'étaient métamorphosées en fée. Des fées aussi scintillantes que des étoiles. J'ai ouvert ma fenêtre, elles sont entrées. J'étais fascinée. Elles se sont posées sur ma table de chevet. Je me suis allongée sur mon lit, sans les quitter du regard. Et je finis par m'endormir, bercée par leurs murmures incompréhensibles et leur douce lueur.
J'ai cru avoir rêvé, ce jour là. Quand j'ai raconté l'évènement fabuleux à mes parents, ceux-ci m'ont appris que j'avais des pouvoirs magiques et que c'est moi qui avais créé les fées. J'étais si heureuse. Mais des fois j'ai peur de ne pas être une sorcière, que ce n'était qu'un simple rêve.
Heureusement j'allais bel et bien recevoir ma lettre de Poudlard. Enfin je l'espérais. Je... je...
Je commençai douter. Et si cette lettre ne venait jamais ?
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
Cher journal,
Je me suis réveillée vers 9 heures. Je suis alors descendue prendre mon petit-déjeuner.
《 Bonjour ma chérie, tu as bien dormi ? m'accueillit maman, affalée dans un fauteuil.
- Oui, merci. 》
Je pris une banane dans le panier à fruits puis m'installai sur le canapé, à côté de ma mamie, qui feuillettait un livre de recettes.
Mon grand-père entra, une baguette de pain encore chaude à la main ainsi qu'un paquet de croissant.
《 Anne m'a donné la baguette la plus chaude. fit-il. 》
Anne, c'est la boulangère du village où vivent mes grands-parents. Elle est très gentille mais j'ai du mal à comprendre ce qu'elle dit car elle parle trop vite et je ne maîtrise pas totalement le Français.
Mon père descendis, vêtu d'un pull vert et d'un jean. Comme ses cheveux étaient mouillés, je déduisis qu'il venait de prendre sa douche. Ses yeux marron se posèrent sur moi, en pyjama et toute décoiffée, et il marmona :
《 Vas te laver, Lucy.
- Elle vient à peine de se lever. dit ma mère d'une voix douce. Et puis nous sommes en vacances, elle peut traîner un peu en pyjama si elle veux. Nous ne sortons pas aujourd'hui, on se repose. 》
Mon père murmura quelque chose que je n'entendis pas et attrapa un croissant avant de s'asseoir à son tour dans un fauteuil. Je pris un bout de pain et me mis à grignoter.
Mon grand-père alluma la télé. Nous tombâmes sur la fin d'un film : le héros, couvert de sang, parlait à la jolie fille en robe de dentelle :
《 Mary, I will die... They will come back to get me. You must leave ! You must live ! Hide, go very far. Forget me. These monstrers will kill you if you stay here.
- But...
- No ! Listen to me ! Please... I don't want to see you die. I have seen too many people die. I have killed too many people. I will surely still see people die or kill. But not you. I want you to live. Go, go start your life elsewhere. Find another man. Love it. I have no future. My parents are dead. My brother is dead. My aunt is dead. I do not have anything. I only have you left. Flee, flee for me. They will kill everyone they find. I have no chance, no hope. I will die. 》
Il s'écroula sur le sol couvert de sang séché et d'os brisés. La dénommée Mary s'accroupit, des larmes coulaient le long de ses joues.
《 Mary... I... I love you... parvint-il à articuler. 》
Mary se pencha et lui donna un baiser. Puis elle se releva et partit, loin. Des hommes vêtus de noir, tels des corbeaux, arrivèrent, avec de grandes haches.
《 Lucy ? bailla ma sœur dans sa chemise de nuit de princesse. 》
Mon père éteignit en vitesse la télé pour que Siara ne puisse pas voir la scène violente qui allait suivre. De toute manière ça ne nous intéressait pas vraiment.
《 On peut aller jouer dans le jardin ensemble ?
- D'accord, mais il faut d'abord se laver. répondis-je. 》
Ma robe longue traînait dans l'herbe brûlée par le soleil. Ma sœur trottinait devant, excitée comme une puce. Malgré l'intense chaleur, papy avait su garder ses plantes bien hydratées. Leurs couleurs illuminaient le jardin. Je cueillis une petite fleur mauve qui sentait délicieusement bon et la posa derrière mon oreille. Siara poursuivait un papillon blanc comme neige en riant. Les joyeux gazouillis des oiseaux ressemblaient à une mélodie. Je souris. J'adorais cet endroit. C'était là où je me sentais le plus chez moi depuis la mort de mes grands-parents paternels et le changement radical de tempérament de mon père. Mon père. Avant je disais plutôt "mon papa". Plus maintenant. Je ne le reconnaissais plus.
《 Pourquoi ? Que s'est-il passé ? Tu n'es pas comme ça. pensai-je. 》
Une silhouette biscornue se dessina un peu plus loin. L'arbre. Je me précipitai vers lui et grimpai en m'accrochant à ses branches. Ses belles feuilles vertes m'offraient un abri du soleil. Je m'assis sur une branche et m'adossai au tronc. Mon arbre adoré. À chaque vacances, c'était un bonheur de le retrouver. Il m'apportait tout le réconfort que ma famille ne pouvait m'apporter. "L'arbre magique", comme je l'appelais étant petite. Je me rappelais encore de ce soir où j'ai découvert mes pouvoirs pour la première fois.
J'avais 3 ou 4 ans. De ma chambre (que j'ai toujours), on voyait cet arbre. Tout le monde était couché, et dormait déjà. Pas moi. Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Ma veilleuse projetait une douce lumière dans la pièce mais ce n'était pas assez. J'avais peur. Peur de l'obscurité. Je pleurais en silence pour ne déranger personne. Une lumière violette était alors apparue, provenant de la fenêtre. Curieuse, je m'étais approchée. J'ai alors découvert, ébahie, cet arbre. Sauf qu'il paraissait être en verre. Un verre de la couleur que j'aimais tant. Et surtout, il brillait de mille feux. Des feuilles s'étaient décrochées, et s'étaient envolées vers ma fenêtre, elle semblaient danser dans le vent, et s'étaient métamorphosées en fée. Des fées aussi scintillantes que des étoiles. J'ai ouvert ma fenêtre, elles sont entrées. J'étais fascinée. Elles se sont posées sur ma table de chevet. Je me suis allongée sur mon lit, sans les quitter du regard. Et je finis par m'endormir, bercée par leurs murmures incompréhensibles et leur douce lueur.
J'ai cru avoir rêvé, ce jour là. Quand j'ai raconté l'évènement fabuleux à mes parents, ceux-ci m'ont appris que j'avais des pouvoirs magiques et que c'est moi qui avais créé les fées. J'étais si heureuse. Mais des fois j'ai peur de ne pas être une sorcière, que ce n'était qu'un simple rêve.
Heureusement j'allais bel et bien recevoir ma lettre de Poudlard. Enfin je l'espérais. Je... je...
Je commençai douter. Et si cette lettre ne venait jamais ?
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
La lettre qui ne vient pas
[font=black jack]25 juillet 2044
Cher journal,
Nous étions déjà le 20 juillet. Toujours pas de lettre. Je m'inquiétais de plus en plus. Et si je n'étais qu'une Moldue ? Ma maman l'avait remarqué, mais ne disait rien et gardait son calme et sa joie habituelle.
《 Lucy, t'es où ? fit ma sœur.
- Dans l'arbre. répondis-je du haut de mon perchoir. 》
J'entendis des pas précipités s'approcher et distinguai Siara au pied de l'arbre.
《 Maman veut te parler, descends ! 》
Elle ne m'avais même pas attendue, elle étais déjà repartie en courant vers la maison, en sueur tant il faisait chaud. Je sautai au pied de l'arbre et me tordis légèrement le pied. Grimaçant de douleur, je me relevai.
Maman voulait me parler ? C'était peut-être en rapport avec ma lettre d'inscription à Poudlard ! Mais… était-ce un bon ou un mauvais signe ?
《 Mauvais. pensai-je. 》
Je préférais ne rien espérer, pour ne pas être déçue.
C'était vrai que, quand on n'était pas à l'ombre, le soleil se faisait très bien sentir. J'avas l'impression de rôtir. Malgré tout, je continuai à marcher doucement pour retarder le moment fatidique où ma mère m'avouerait que, finalement, je n'étais peut-être pas une sorcière.
Je baissai la tête, masquant mon visage rouge comme une tomate et mes larmes, bien qu'il n'y avait personne.
《 L'arbre n'était qu'un rêve. L'arbre n'était qu'un rêve... 》
Je n'arrivais pas à y croire. Je ne voulais pas y croire. J'y avais cru pendant si longtemps ! Cela ne pouvait pas être un mensonge !
Je me retrouvai devant la porte d'entrée, d'un rouge vif, le cœur battant. Devais-je tocquer ? Bien sûr que non, c'était stupide.
J'entrai.
Ma mère était assise à table, devant une tasse de thé, vu l'odeur. Mes grands-parents s'activaient dans la cuisine pour préparer le repas du midi. Ma sœur quand à elle, tentait de se raffraîchir en s'éventant avec... une enveloppe ? Il s'agissait d'une enveloppe brunie, fermée par de la cire rouge. L'adresse était écrite à la main, d'une écriture soignée.
C'était une lettre pour moi ? Mon cœur s'affola dans ma poitrine. Était-ce celle que j'attendais ?
Je distinguai une étincelle de joie et d'espoir dans le regard de ma mère lorsque celui-ci se posa sur moi.
《 Elle vient d'arriver. dit joyeusement ma maman. Ouvre-la. 》
Siara me tendit la précieuse lettre. Je l'ouvris avec délicatesse. Je n'en croyais pas mes yeux : j'etais bel et bien une sorcière. Mais en même temps cela ne m'étonna pas trop : ma mère m'en parlait depuis que j'étais toute petite, je savais que ce moment arriverait un jour.
Je sortis avec précaution le bout de papier qui semblait venir d'un autre monde, ce qui n'était pas totalement faux. Ma respiration devint haletante, comme si j'étais en plein effort.
Je le dépliai, révelant la même écriture élégante de l'enveloppe. J'inspirai profondément. Elle n'avait pas la même odeur que les autres lettres. Elle sentait l'inconnu, le ciel, le lointain. Et cela châtouillait mes narines et laissait un goût sucré-salé sur ma langue. Un goût que je n'oublierai jamais.
Je lus attentivement. Ces quelques lignes décideraient de mon destin.
Chère Mademoiselle Light,
Nous avons le plaisir de vous annoncer que...
J'irai à Poudlard ! J'étais admise ! Je crus que j'allai m'effondrer sur le sol de soulagement. La lettre était arrivée. Enfin. Tout se passait comme prévu.
Mes grands-parents, ma mère et ma sœur me serrèrent dans leurs bras. Je faillis étouffer. Mais j'étais heureuse, si heureuse.
《 Où est mon père ? demandai-je, alors que je venais de remarquer son absence.
- Il... il est parti faire un tour. Il n'a pas... pas très bien pris la nouvelle. hésita ma maman. Il va bientôt revenir. Tiens, en parlant de "faire un tour", on va devoir aller faire les course ! ajouta-t-elle plus gaiement en désignant la liste de fournitures jointe à ma lettre d'admission. 》
Où ça ? Quand ? Comment ? Des millions de questions fusaient dans mon esprit, mais une seule n'arrêtait pas de résonner dans ma tête :
《 Pourquoi t'as changé, papa ? 》
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.
Cher journal,
Nous étions déjà le 20 juillet. Toujours pas de lettre. Je m'inquiétais de plus en plus. Et si je n'étais qu'une Moldue ? Ma maman l'avait remarqué, mais ne disait rien et gardait son calme et sa joie habituelle.
《 Lucy, t'es où ? fit ma sœur.
- Dans l'arbre. répondis-je du haut de mon perchoir. 》
J'entendis des pas précipités s'approcher et distinguai Siara au pied de l'arbre.
《 Maman veut te parler, descends ! 》
Elle ne m'avais même pas attendue, elle étais déjà repartie en courant vers la maison, en sueur tant il faisait chaud. Je sautai au pied de l'arbre et me tordis légèrement le pied. Grimaçant de douleur, je me relevai.
Maman voulait me parler ? C'était peut-être en rapport avec ma lettre d'inscription à Poudlard ! Mais… était-ce un bon ou un mauvais signe ?
《 Mauvais. pensai-je. 》
Je préférais ne rien espérer, pour ne pas être déçue.
C'était vrai que, quand on n'était pas à l'ombre, le soleil se faisait très bien sentir. J'avas l'impression de rôtir. Malgré tout, je continuai à marcher doucement pour retarder le moment fatidique où ma mère m'avouerait que, finalement, je n'étais peut-être pas une sorcière.
Je baissai la tête, masquant mon visage rouge comme une tomate et mes larmes, bien qu'il n'y avait personne.
《 L'arbre n'était qu'un rêve. L'arbre n'était qu'un rêve... 》
Je n'arrivais pas à y croire. Je ne voulais pas y croire. J'y avais cru pendant si longtemps ! Cela ne pouvait pas être un mensonge !
Je me retrouvai devant la porte d'entrée, d'un rouge vif, le cœur battant. Devais-je tocquer ? Bien sûr que non, c'était stupide.
J'entrai.
Ma mère était assise à table, devant une tasse de thé, vu l'odeur. Mes grands-parents s'activaient dans la cuisine pour préparer le repas du midi. Ma sœur quand à elle, tentait de se raffraîchir en s'éventant avec... une enveloppe ? Il s'agissait d'une enveloppe brunie, fermée par de la cire rouge. L'adresse était écrite à la main, d'une écriture soignée.
Lucy Light
dans la chambre à l'étage, côté ouest
13 rue Dian Fossey
Teuville-le-Châlet
FRANCE
dans la chambre à l'étage, côté ouest
13 rue Dian Fossey
Teuville-le-Châlet
FRANCE
C'était une lettre pour moi ? Mon cœur s'affola dans ma poitrine. Était-ce celle que j'attendais ?
Je distinguai une étincelle de joie et d'espoir dans le regard de ma mère lorsque celui-ci se posa sur moi.
《 Elle vient d'arriver. dit joyeusement ma maman. Ouvre-la. 》
Siara me tendit la précieuse lettre. Je l'ouvris avec délicatesse. Je n'en croyais pas mes yeux : j'etais bel et bien une sorcière. Mais en même temps cela ne m'étonna pas trop : ma mère m'en parlait depuis que j'étais toute petite, je savais que ce moment arriverait un jour.
Je sortis avec précaution le bout de papier qui semblait venir d'un autre monde, ce qui n'était pas totalement faux. Ma respiration devint haletante, comme si j'étais en plein effort.
Je le dépliai, révelant la même écriture élégante de l'enveloppe. J'inspirai profondément. Elle n'avait pas la même odeur que les autres lettres. Elle sentait l'inconnu, le ciel, le lointain. Et cela châtouillait mes narines et laissait un goût sucré-salé sur ma langue. Un goût que je n'oublierai jamais.
Je lus attentivement. Ces quelques lignes décideraient de mon destin.
Chère Mademoiselle Light,
Nous avons le plaisir de vous annoncer que...
J'irai à Poudlard ! J'étais admise ! Je crus que j'allai m'effondrer sur le sol de soulagement. La lettre était arrivée. Enfin. Tout se passait comme prévu.
Mes grands-parents, ma mère et ma sœur me serrèrent dans leurs bras. Je faillis étouffer. Mais j'étais heureuse, si heureuse.
《 Où est mon père ? demandai-je, alors que je venais de remarquer son absence.
- Il... il est parti faire un tour. Il n'a pas... pas très bien pris la nouvelle. hésita ma maman. Il va bientôt revenir. Tiens, en parlant de "faire un tour", on va devoir aller faire les course ! ajouta-t-elle plus gaiement en désignant la liste de fournitures jointe à ma lettre d'admission. 》
Où ça ? Quand ? Comment ? Des millions de questions fusaient dans mon esprit, mais une seule n'arrêtait pas de résonner dans ma tête :
《 Pourquoi t'as changé, papa ? 》
Mon compte va être supprimé. Vous me retrouverez bientôt sous le nom de Susan Firefly.