La Transparence du Voile
[ FIN OCTOBRE 2044 ]
À l'Orée de la Forêt Interdite, aux limites de l'Île, Parc
Charlie, 15 ans.
3ème Année Double

∞
À l'Orée de la Forêt Interdite, aux limites de l'Île, Parc
Charlie, 15 ans.
3ème Année Double

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La brise dansait avec la neige, corps contre corps, belles partenaires drapées de leur voile de brume dans un froid glacial qu’elles ne ressentaient pas, insensibles à cette increvable morsure qui se répétait chaque hiver. Et dans les rouages de cette danse, Charlie, aussi insensible au froid que l’est la paire lui tournoyant autour. Léchant ses contours.
Brise et neige, glace brisée par le grand corps de la Rouge et Or. Elle se tenait droite, sa baguette délicatement pincée entre les doigts de sa main droite.
Immobile, habillée de sa robe de sorcière recouverte d’une petite cape — une cape qui donnait l’illusion qu’elle était bien trop courte pour en être une, et bien trop longue pour être une veste.
Charlie semblait arrêtée dans le temps, sa cage thoracique ne faisait aucun mouvement, son souffle aucun halo de condensation, sa peau aucun tremblement frileux ; ses paupières ne clignaient pas, son regard était mécaniquement figé. Les flocons tombaient devant ses yeux avec un certain flegme, tapissant la large robe blanche qui recouvrait tout Poudlard.
Les arbres observaient cette jeune fille qui avait pris — appris, même — leur rythme magistralement lent. Le temps coule, nous n’y pouvons rien, alors rien ne sert de se presser — les murmures des arbres arrivaient aux contours de Charlie, sans pour autant l’atteindre ; ils la contemplaient avec envie sans savoir ce qui les empêchaient de se mêler à elle. Ils ne voyaient pas cette barrière qui subsistait encore, même s’ils la ressentaient au plus profond d’eux-mêmes : le cœur de Charlie qui cognait comme un damné. Fou. Hystérique.
Le silence tanguait, un changement arrivait.
Soudainement, la barrière s’épaissit lorsque la gryffonne leva la baguette en face de son visage, à la verticale comme si elle pointait le soleil à son zénith ; les murmures tombèrent en rythme avec les flocons, la Rouge et Or quitta définitivement la lenteur des arbres et leur apaisement.
Son cœur battait si fort, et maintenant qu’elle avait bougé, une légère odeur de sueur se dégageait de ses pores ; elle n’avait aucune trace de transpiration sur sa peau à cause du froid, mais la légère rougeur de ses joues était l’empreinte d’un effort corporel récent.
Brusquement, Charlie donna un coup sec avec sa baguette, vers le ciel. Comme si elle cherchait à planter un nuage.
— Nivicare.
Une voix dure, claire. Précise. Et un torrent de neige déferla.
Des flocons par milliers apparaissaient comme s’ils sortaient des profondeurs du monde, des tripes d’un dragon glacé. Le tourbillon neigeux — éloigné d’une dizaine de mètres de la gryffonne — s’envola à plusieurs mètres de hauteur, à contresens de la neige naturelle qui battait en retraite face à la trachée de ce dragon enneigé. La bourrasque rugissait, et Charlie gardait son bras levé, les pupilles dilatées, concentrées à contrôler ce feu immaculé.
Tourbillon créée à l’abri des regards, à l’orée des arbres soupirants face à tant de raffut qu’ils jugeaient inutile.
Dernière modification par Charlie Rengan le 30 avr. 2020, 19:21, modifié 3 fois.
« Bienvenue chez Toi »
La Transparence du Voile
Il neigeait de nouveau. Si blanche, si pure, comme un nuage tout doux qui guéri toutes les blessures. Je levais la tête au ciel, souriante, offrant mon visage à la délicate morsure du froid lorsque les flocons venaient fondre contre mes joues. Son doux craquement venait enchanter mes oreilles à chaque pas et rien que pour ce bruit j'étais prête à marcher durant des heures sans but sur ce doux manteau blanc.
Mais j'avais un objectif.
Comme depuis le début de la baisse des températures, j'étais passée aux cuisines après le petit déjeuner pour récupérer les miettes et les restants de pains et de brioche que les elfes de maison m'avaient gentiment mit de côté. J'avais trouvé dans la danse des oiseaux qui venaient à moi un apaisement inattendu et je m'étais habituée à venir les contempler plusieurs fois par semaine avec comme offrande un peu de nourriture pour les aider dans cette période difficile.
Eux aussi s'étaient habitués à moi. Depuis quelques temps ils venaient plus nombreux, moins timides. J’espérais bientôt pouvoir les faire venir sans crainte au creux de ma main même si je savais que du chemin restait à parcourir avant d'en arriver là.
Le sac d'offrandes dans la main, emmitouflée dans ma cape d'hiver frappée au seau de ma maison, je me dirigeais doucement vers les abords de la forêt interdite où nichaient mes amis à plumes.
— Nivicare.
Hein ? Je me tendais brusquement au son d'un sort inconnu jeté non loin de moi. Que moyennement rassurée de ne pas m'être écroulée de douleur, je regardais autour de moi avant de découvrir, émerveillée, un peu plus loin sur mon chemin un tourbillon furieux fait d'une multitude de flocons.
-ho c'est trop beau !
Intriguée par cette agitation alors que le vent se réduisait à une douce brise caressante, bien que froide, depuis que j'avais quitté le château je m'approchais émerveillée pour observer ce nuage de plus près, oubliant déjà la voix qui avait flotté jusqu'à moi quelques secondes plus tôt.
Mais j'avais un objectif.
Comme depuis le début de la baisse des températures, j'étais passée aux cuisines après le petit déjeuner pour récupérer les miettes et les restants de pains et de brioche que les elfes de maison m'avaient gentiment mit de côté. J'avais trouvé dans la danse des oiseaux qui venaient à moi un apaisement inattendu et je m'étais habituée à venir les contempler plusieurs fois par semaine avec comme offrande un peu de nourriture pour les aider dans cette période difficile.
Eux aussi s'étaient habitués à moi. Depuis quelques temps ils venaient plus nombreux, moins timides. J’espérais bientôt pouvoir les faire venir sans crainte au creux de ma main même si je savais que du chemin restait à parcourir avant d'en arriver là.
Le sac d'offrandes dans la main, emmitouflée dans ma cape d'hiver frappée au seau de ma maison, je me dirigeais doucement vers les abords de la forêt interdite où nichaient mes amis à plumes.
— Nivicare.
Hein ? Je me tendais brusquement au son d'un sort inconnu jeté non loin de moi. Que moyennement rassurée de ne pas m'être écroulée de douleur, je regardais autour de moi avant de découvrir, émerveillée, un peu plus loin sur mon chemin un tourbillon furieux fait d'une multitude de flocons.
-ho c'est trop beau !
Intriguée par cette agitation alors que le vent se réduisait à une douce brise caressante, bien que froide, depuis que j'avais quitté le château je m'approchais émerveillée pour observer ce nuage de plus près, oubliant déjà la voix qui avait flotté jusqu'à moi quelques secondes plus tôt.
Première année RP en 2043-2044
Un jour quelqu'un te serrera tellement fort dans ses bras qu'il recollera tous les morceaux
La Transparence du Voile
Une berge considérée comme acquise par les arbres — domaine du calme et du murmure — face au contraste du rugissement enflammé, laiteux, sur l’autre berge. Un rugissement qui était pourtant murmurant, le frottement des flocons étant la seule source d’agitation. Les arbres et la neige étaient jumeaux de bruit, chuchotants ; même nature se toisant. Elles se reconnaissaient en bruissements identiques. Et la répulsion qu’avaient ressentie les arbres se résorbait pour laisser place à cette reconnaissance spéciale.
Ainsi, sur la rive Ouest du Lac Noir, les branches s’étiraient le plus loin possible de leurs racines. Elles étaient attirées par cette soudaine déferlante de neige, tourbillon d’hypnose. Leurs stries s’allongeaient de quelques millimètres, de toutes leurs capacités. Le spectacle était minime. Limitant. Pourtant, les branches poussaient de toutes leurs forces. Elles voulaient de cette neige traitresse ! Pourquoi était-elle là-bas ?! Pourquoi était-elle sur l’autre berge ?! Elle devait venir ! Amas de glace, de fraicheur d’hibernation. Viens ! Pourquoi ne veux-tu plus de nous ? Viens ici, par Merlin !
Quelques murmures des arbres, portés par la brise, en des positions lentes. Des bruissements d’une paresse toute végétale, d’une patience forcée. Des heures durant. Les échos de leurs plaintes allaient s’entendre des jours et des jours après le départ de Charlie. Une complainte chagrinée envers cette neige ingrate, artificielle ; qui n’était qu’une illusion bien réelle pour les arbres. Mirage immaculé, terrible fantasme.
Pourtant, sur la rive Est du Lac Noir, dans la temporalité de la Rouge et Or, cet instant dura qu’une poignée de secondes.
Sa baguette était toujours très haute au-dessus de sa tête. Son corps gardait sa position outrageusement droite, un véritable piquet planté dans le sol ; à l’image d’un arbre enraciné, tirant son énergie des profondeurs de la terre.
Le tourbillon laiteux s’enroulait sur lui-même comme pouvait le faire un python qui cherchait à faire des nœuds avec son propre corps. La gigantesque masse de flocons paraissait vivante, ayant sa volonté propre. Les mouvements étaient aussi étranges que naturels, un blizzard miniaturé, des centaines de bras neigeux qui s’entremêlaient, survoltés. C’était des bras sans mains, avec des moignons totalement lisses au niveau des poignets, frétillants de flocons frissonnants, abondants.
Aussi stoïque qu’avant ce lancer de sortilège, Charlie était immobile. Elle contrôlait cette colonne tourbillonnante à l’aide de son imagination nouée d’une dizaine de points charnières, autour desquels vrillaient les flocons avec une certaine liberté dirigée.
La concentration extrême de la gryffonne faisait perler quelques gouttes de sueur sur son front. Si bien qu’elle ne remarqua pas la présence qui se rapprochait de plus en plus. Elle n’entendit pas non plus sa petite voix qui se mélangea au murmure des flocons, des branches tendues, plaintives. Tout se confondait, et la concentration de Charlie ne diminuait pas.
Bien au contraire, sentir la Magie lui traverser le corps avec autant d’intensité était devenue une addiction. Elle aimait faire claquer la Magie dans ses entrailles.
La tête levée vers sa création immaculée, la Rouge et Or était transcendée par les rouages frénétiques de son pouvoir.
Ainsi, sur la rive Ouest du Lac Noir, les branches s’étiraient le plus loin possible de leurs racines. Elles étaient attirées par cette soudaine déferlante de neige, tourbillon d’hypnose. Leurs stries s’allongeaient de quelques millimètres, de toutes leurs capacités. Le spectacle était minime. Limitant. Pourtant, les branches poussaient de toutes leurs forces. Elles voulaient de cette neige traitresse ! Pourquoi était-elle là-bas ?! Pourquoi était-elle sur l’autre berge ?! Elle devait venir ! Amas de glace, de fraicheur d’hibernation. Viens ! Pourquoi ne veux-tu plus de nous ? Viens ici, par Merlin !
Quelques murmures des arbres, portés par la brise, en des positions lentes. Des bruissements d’une paresse toute végétale, d’une patience forcée. Des heures durant. Les échos de leurs plaintes allaient s’entendre des jours et des jours après le départ de Charlie. Une complainte chagrinée envers cette neige ingrate, artificielle ; qui n’était qu’une illusion bien réelle pour les arbres. Mirage immaculé, terrible fantasme.
Pourtant, sur la rive Est du Lac Noir, dans la temporalité de la Rouge et Or, cet instant dura qu’une poignée de secondes.
Sa baguette était toujours très haute au-dessus de sa tête. Son corps gardait sa position outrageusement droite, un véritable piquet planté dans le sol ; à l’image d’un arbre enraciné, tirant son énergie des profondeurs de la terre.
Le tourbillon laiteux s’enroulait sur lui-même comme pouvait le faire un python qui cherchait à faire des nœuds avec son propre corps. La gigantesque masse de flocons paraissait vivante, ayant sa volonté propre. Les mouvements étaient aussi étranges que naturels, un blizzard miniaturé, des centaines de bras neigeux qui s’entremêlaient, survoltés. C’était des bras sans mains, avec des moignons totalement lisses au niveau des poignets, frétillants de flocons frissonnants, abondants.
Aussi stoïque qu’avant ce lancer de sortilège, Charlie était immobile. Elle contrôlait cette colonne tourbillonnante à l’aide de son imagination nouée d’une dizaine de points charnières, autour desquels vrillaient les flocons avec une certaine liberté dirigée.
La concentration extrême de la gryffonne faisait perler quelques gouttes de sueur sur son front. Si bien qu’elle ne remarqua pas la présence qui se rapprochait de plus en plus. Elle n’entendit pas non plus sa petite voix qui se mélangea au murmure des flocons, des branches tendues, plaintives. Tout se confondait, et la concentration de Charlie ne diminuait pas.
Bien au contraire, sentir la Magie lui traverser le corps avec autant d’intensité était devenue une addiction. Elle aimait faire claquer la Magie dans ses entrailles.
La tête levée vers sa création immaculée, la Rouge et Or était transcendée par les rouages frénétiques de son pouvoir.
« Bienvenue chez Toi »