Retrouvailles d'anciens salariés R.H

Il observa sa tasse. S'il avait du mal à comprendre l'humour, il espérait quand même avoir bien interprété les paroles de l'autre comme une blague. Il doutait qu'elle ait sortit quelque chose comme ça si facilement si ça avait été sérieux, mais on était jamais assez prudent. Non, elle ne l'aurait empoisonné pour si peu et avec un accueil si chaleureux. Donc c'était une blague, mais il n'était pas sûr que son humour à lui méritait de sortir de sa bouche, sûrement cela serait plus honteux qu'autre chose. 

-Dois-je en conclure que ma tasse est empoisonnée ? Il marqua une pause. Je suppose que j'ai toujours été quelqu'un qui n'aimait pas l'attention, alors toutes ces paires d’œils braquées sur moi, ce n'était pas quelque chose que j'ai apprécié. Comment s'est passée ta scolarité à Serpentard ?

Car oui, même s'ils avaient travaillé ensemble quelques temps, ils ne s'étaient pas connus et n'auraient jamais pu se croiser à Poudlard. Ils devaient avoir une bonne dizaine d'années de différence. Ils n'en avaient jamais vraiment parlé mais, même si l'autre femme était ravissante, il remarquait tout de suite qu'elle était encore jeune. Elle ne devait même pas avoir trente ans ! Et s'il l'avait croisé à Poudlard, il se souviendrait sûrement de son nom, tout du moins s'ils avaient été dans la même année, mais peut-être pas de son visage et ils se seraient déjà échangé des anecdotes pendant qu'ils travaillaient, même si lui n'en aurait sûrement pas eu beaucoup. A part quatre ou cinq amis, il n'avait connu personne de près et n'avait jamais vraiment rien vécu de réellement extraordinaire. Toute sa scolarité avait été rythmée par une routine qu'il n'avait brisé que quelques rares fois. 

En prenant ça en compte, il n'aurait pas pu lui donner des nouvelles de leurs anciens camarades même s'il avait gardé contact parce qu'ils n'avaient pas connu les mêmes. 

-J'avais gardé quelques contacts mais je les ai rompu suite à mon accident, je ne les ai jamais reprit après, je n'en voyais pas l'intérêt. J'avoue que je ne comprend pas tout ce qui se passe avec le conseil des sorciers, beaucoup en parlent différemment alors je ne peux pas vraiment savoir s'il fait autant de choses que l'on pense contre les nés-moldus. Par contre, je ne verrais pas pourquoi cela devrait être de ta faute, tu as toujours été quelqu'un de bienveillant, ou en tout cas c'est l'image de toi que tu donnes. 

On ne peut pas soigner ce qui est déjà mort.
Last Christmas, I gave you my heart
But the very next day you gave it away

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-Oh quel dommage ! Tu aurais dû garder contact avec eux non ? Se faire un réseau peut toujours s’avérer être utile. Riley écouta attentivement la suite de l'homme à la canne. Oh alors c’est que tu ne sors pas vraiment si tu penses que le conseil ne fait rien à ces pauvres nées-moldus. J’ai assisté à des arrestations très violentes des manteaux noirs et quand ils trouvent des nées-moldus ils n’y vont pas de mains mortes…

Riley leva doucement la tête en repensant à ce qu’avait dit Théophile.  Bienveillante, pensa-t-elle en prenant rapidement une gorgée de thé pour dissimuler ce sourire discret qu’elle ne tenait pas à montrer en public. Si c’était l’image qu’elle donnait, alors elle pouvait considérer sa mission personnelle principale comme accomplit. La famille Harrison avait assez mauvaise réputation quand il s’agissait de défendre la pureté du sang. Riley, faisant partie de cette même famille, ne voulait absolument pas être liée aux normes de sa famille et souhaitait montrer un tout autre visage.

-Ma scolarité à Serpentard? S’étonna-t-elle en lançant un regard sérieux avec un sourcil levé vers Théophile. J’en parle très rarement car je dois avouer qu’il y’a certaines années que je préfère oublier. Mais pour t’expliquer très rapidement pourquoi, dans ma promotion j’avais une cousine du même âge qui m’avait mené la vie dur…Elle s’appelle Morrigan Harrison et disons qu’elle avait une mauvaise influence sur moi quand il s’agissait de née-moldue…Mais j’ai été forte et j’ai réussi à passer outre son lavage de crâne. D’ailleurs maintenant que tu parles du conseil, cette même Morrigan à intégrer la citadelle en tant que Garde noir, quelque chose différent des manteaux noir. Tu as déjà entendu parler d’eux ?

Morrigan Harrison était exactement ce que Riley ne voulait pas devenir. Arrogante, Raciste, cruelle et froide, elle n’arrivait pas à s’imaginer à la place de sa cousine qui pourtant se montrait parfois amicale envers sa cousine parce que même si les deux femmes ne s’appréciaient pas, toutes les deux étaient du même sang et de la même famille par conséquent.

Le sujet de la famille n’a jamais été un sujet dont Riley aimait parler. Elle détestait ce que devenait sa famille mais surtout elle détestait la mauvaise influence qu’elle avait sur la génération qui était en train de se former. Si cela continuait alors Riley savait qu’un la famille entière, y compris elle recevrait le révère de la médaille et devront en subir les conséquences.

Mes excuses pour ce retard !

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- Je n'avais pas envie de leur faire garder contact avec un infirme. Dit-il brusquement.

Se rendant compte qu'il avait sûrement été trop brusque, il se racla la gorge en baissant les yeux.

- Je sais que le conseil fait des choses, mais je ne sais pas tout. Je suis neutre par rapport à tout ça, je ne me battrais pas si l'occasion se présente, je ne céderais pas moi-même à la violence. Il doit de toute façon y avoir d'autres choses à faire. Il fit une pause. Pas comme si ma condition me permettrait de me battre, souffla-t-il.

Il avait été bon en duel à une époque. Il était vif et souple, merci la danse, et connaissait sur le bout des doigts tous les livres qu'on leur donnait chaque année à lire et plus encore. Il passait ses journées à étudier. Il aurait fait un bon duelliste s'il avait choisit cette voix et il le savait, mais même s'il avait pu aujourd'hui, il ne l'aurait pas fait. Ses hanches le ralentissaient, lui faisaient mal quand il forçait trop. Aujourd'hui il était plus un poids qu'autre chose et il ne savait pas vraiment comme se retirer cette impression de la tête. Peut-être qu'il penserait toujours cela et que ça ne changerait jamais.

- Sa petite sœur est à Poudlard, n'est-ce pas ? Dit-il en se souvenant de la petite brune qui venait parfois à la bibliothèque. Je n'ai pas entendu grand chose sur la famille Harrison, tu sais à quel point je ne prête pas attention aux rumeurs. Ça m'a d'ailleurs joué de beaux tours quand je travaillait encore ici. Je ne sais pas non plus grand chose sur les gardes noirs, ne sont-ils pas la garde rapprochée de la cheffe du conseil des sorciers ? Je m'intéresse plus aux conséquences que tout cela va avoir sur mes élèves, surtout pour leurs études, qu'à la chose en elle-même. Je dois bien avouer qu'on pourrait me confondre avec quelqu'un vivant dans une grotte, sur ce coup là. 

Il n'apportait que très peu d'importance à tout cela, mais il savait qu'il n'était pas du côté du conseil. Il n'était pas totalement certain d'être du côté de la résistance non plus. Après-tout, il n'en savait pas grand chose et était plutôt neutre. Il se savait en sécurité à Poudlard alors ça lui suffisait. S'il avait dû se battre, il serait sûrement retourné se terrer dans sa petite maison en Irlande et serait repartit dans le monde moldu, même si le bruit des voitures et les foules le hantaient. C'était en partie pour cela d'ailleurs qu'il était venu ici : il se devait d'en apprendre plus sur le contexte actuel au lieu de rester enfermé dans sa bibliothèque comme un vieil ours mal léché. 

On ne peut pas soigner ce qui est déjà mort.
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-Je n’ai pas envie de me battre non plus. Mais le fait que le Conseil soit au pouvoir rend les choses difficiles. Ma boutique tourne à peine comparée a ce que c’était auparavant. Nous n’avons même pas atteint nos objectifs du mois précédents du te rend compte ? Si on continue ainsi nous courrons tout droit à la faillite.

Mais quelle fut la surprise de Riley en entendant son ancien collègue parlé de la sœur de sa cousine démoniaque. La jeune libraire savait qu’elle était à Poudlard mais c’était tout et très franchement, elle préférait rester loin de cette petite fille qui devait surement ressembler comme deux goutes d’eau a sa sœur. Rien que de savoir que son jeune frère allait entrer à Poudlard en même temps que cette mini version de Morrigan fit froid dans le dos de Riley. Mais ce sentiment d’inconfort se dissipa quand lui fit remarquer qu’il n’avait absolument rien à faire de la géopolitique du monde actuel et qu’il préférait mille fois s’occuper du futur de ses élèves.

Riley s’esclaffa en entendant l’opinion de Théophile, il n’avait pas changé d’un cheveu. Toujours à penser à l’éducation des autres avant de penser aux questions politiques. Un homme charmant qui était fidèle à ses valeurs et qui même sous le danger ne se laissait pas impressionner. Harrison l’admirait et voulait absolument le prendre comme exemple. Mais avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit, une vague de clients arrivèrent se pressent les uns contre les autres pour entrer dans la boutique. Horrifiée par la vague humaine qui se dressait dans la librairie, Riley, bouche bée, passa lentement son regard de Théophile a la foule.


-J’aurai adorée discuter plus longtemps avec toi, Théophile, mais je vais devoir y’ aller, on a beaucoup de clients aujourd’hui et je pense que je vais devoir servir une bonne partie d’entre eux ! On garde contacte hein ? Je te promets de te donner de mes nouvelles !


Riley reprit les deux tasses de thés vides et serpenta entre les lecteurs pour se frayer un chemin jusqu’à son bureau avant de reposer délicatement la vaisselle sale. Comme un geste robotique, elle enfila son tablier, s’attacha les cheveux, mit ses lunettes sur le nez et s’arma enfin de son plus beau sourire.


-Bonjour bienvenue chez Fleury & Bott, comment puis-je vous servir ?

Fin ! Merci pour ce RP Theo <3