Inquiétudes RPG++

Lundi 07 novembre 2044


Britanny souffla en poussant la porte des toilettes avec son épaule. Sa matinée entière avait été consacrée à la métamorphose et cela l’avait épuisé. Elle adore cette matière portant – c’est sa matière préférée à Poudlard si on exclut le Quidditch – mais elle souhaitait juste aller se recoucher. Elle devait se l’avouer, ce qu’il s’était passé au bal l’avait pas mal secoué, mais elle ne voulait pas que ses frères s’inquiètent alors elle feignait la nonchalance avec eux. De leurs côtés, ils n’avaient pas l’air dupes et passaient le plus de temps possible avec leur jeune sœur, sous les recommandations évidentes de leurs parents. Samedi en était un bon exemple. C’était le second match de Quidditch de la saison, Serpentard contre Poufsouffle. Britanny leur a dit qu’elle avait envie d’y aller, bien que ce fût surtout pour ne pas perdre de vue son rôle de stagiaire dans l’équipe des Griffes Ardentes, et sans se concerter, dirent qu’ils venaient aussi. Pour Charlie, cela ne l’avait pas vraiment étonnée, c’était sa Maison qui était sur le terrain après tout, et Charlie ne loupait jamais un match. Mais pour Nathan, c’était bien plus suspect. Il n’avait pas hésité une seule seconde à lâcher ses cours pour ce match, chose qu’il ne faisait jamais, il n’avait d’ailleurs pas participé au bal d’Halloween. Puis, le jour J, la rousse comprit cet engouement. Alors qu’elle arrivait dans le hall d’entrée pour rejoindre le stade, elle s’était retrouvée devant ses deux frères, un parapluie chacun, qui assistèrent assis de chaque côté d’elle, au match. Pas une seconde sans surveillance. Elle imaginait bien sa mère leur noter cette phrase en gras dans une lettre. Elle devait l’avouer, ils l’avaient bien aidé avec ses béquilles et ses notes. Mais elle se sentait presque oppressée. Et ne parlons pas de leurs nombreuses propositions d’aller parler cette personne appelée par la direction.

Mais les cours avaient finalement repris et Nathan et Charlie ne pouvaient plus être collés à elle toute la journée. Cependant, elle n’était pas réellement sûre d’aimer être seule. L’avantage d’avoir ses frère tout le temps avec elle, c’est qu’elle n’avait pas parlé à grand monde. Mais c’est à trois personnes qu’elle redoutait réellement de parler. Alexei, Lili et – par-dessus tout – Alice. Elle ne savait pas vraiment ce qui leur était arrivé. Une fois qu’elle avait décidé de retrouver Charlie lors du bal, elle avait un peu occulté le reste. Il y avait eu quelques bruits de couloirs mais Britanny détestait y faire attention. Elle était vraiment angoissée à l’idée de leur parler. Elle ne les avait pas vu samedi dans les tribunes, mais ne les avait pas cherchés non plus. Elle redoutait leur réaction. Certes, elle avait fait ce que Souris lui avait dit – retrouver Loki et Harmony. Mais elle était ensuite censée les aider à retrouver les autres membres. Au lieu de ça, elle avait perdu de vu le Serpentard, oublié Hannah quelque part dans la salle, et ne s’était pas occupée des membres du MERLIN. Elle avait honte, mais savait pertinemment que, si elle devait revivre ça, cela se passerait à l’identique. Est-ce que Loki va demander à ne plus faire équipe avec elle ? Harmony va-t-elle se joindre à son avis lorsqu’il lui aura expliqué ce qu’il s’est passé ? Mais surtout, est-ce qu’Alice voudra encore d’elle dans son mouvement ? Elle ne savait pas. Lâche. Elle ne s’était jamais aussi peu senti Gryffondor qu’à cet instant.

Cela faisait maintenant une dizaine de minutes que la jeune fille s’était isolée dans une des cabines des toilettes. Elle attendait que les couloirs se vident un eu avant de devoir les traverser. Elle n’était pas très grande et on ne faisait pas forcément attention à elle. Ce n’était pas méchant, mais elle ne compte pas le nombre de fois où elle a failli tomber le matin-même. Traverser tout le château avec ces instruments était plutôt sportif, mais absolument pas agréable. Finalement, Britanny souffla et se releva péniblement sans faire de bruit. Elle récupéra ses béquilles et poussa une nouvelle fois la porte de la cabine avec son épaule. En relevant la tête, la petite rousse se figea. Face aux lavabos, une jeune fille se regardait dans le miroir. Aucun doute à qui appartenait cette chevelure blanche et ce visage dans la glace. Alice Sangblanc. Perdue dans ses pensées lorsqu’elle s’était enfermée, elle n’avait même pas entendu la porte des toilettes s’ouvrir. Idiote. Le choc l’avait paralysé simplement une petite seconde, et elle avait alors vu ce qu’étudiait Alice face à son reflet. Sa joue était rougie et boursoufflée. Britanny et un léger sursaut mais se reprit bien vite, et voulut s’approcher mais oublia qu’elle avait besoin de béquilles pour cela. Poser le pied parterre la fit grimacer et elle faillit tomber à la renverse. Elle se retint rapidement à une des portes mais ses béquilles s’écrasèrent avec fracas sur le sol. Le visage tordu par la douleur à son pied, elle ramassa ses deux aides et se redressa vers sa camarade qui avait bien due noter sa présence.


- Alice ?

La petite rousse s’efforça de ne pas regarder sa joue pour fixer ses yeux. Elle était bien placée pour savoir que les gens détestaient qu’on fixe une partie déplaisante du corps. Elle ne l’avait pas bien vu mais cela semblait tout de même important. Secouant la tête, elle murmura :

- Est-ce que ça va ?


@Alice Sangblanc

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MLe temps s’égrenait avec lenteur. De son pouce opalin, Alice faisait tourner la chevalière que son père lui avait léguer. Son regard était vide, son attention absente, ses pensées ailleurs. L’art de la fabrication des potions, Alice adorait cela pourtant, de plus, c’était ses premières heures de classe depuis les événements du Bal d’Halloween. Cela aurait dû être idéal comme reprise. Hélas, ce n’était pas le cas. La fillette ne parvenait tout simplement pas à vider son esprit. Cela la désolait au plus haut point. Elle ne voulait plus prendre de retard sur le programme scolaire, venait à peine de rattraper tous les cours qu’elle avait manqué en première année. Mais il fallait se rendre à l’évidence : reprendre le cours de sa vie après ce qui lui était arrivé ne serait pas chose aisée.
Du bout de sa plume, Alice passait et repassait sur la compresse qui couvrait sa joue. Par cette seule caresse, elle ressentait chaque lacération comme si ses doigts les parcouraient. Elle sentait la macération de d’essence de dictame et de tentacule de murlap abreuver sa blessure. Honteusement, elle parvenait même à en capter l’odeur, désagréable et entêtante, et espérait que ses camarades les plus proches n’y prêtent pas attention. Peut-être imagineraient-ils que cette odeur provient de la salle. Alice ne supporterait pas les moqueries qui pourraient pleuvoir sur elle. Elle en deviendrait mauvaise comme une chimère.

Lorsque la fin du cours fut annoncée, Alice fit partie des premiers à quitter la salle. Sans un mot ni un regard pour ses meilleurs amis, la fillette accéléra le pas et grimpa les escaliers puis les étages. Elle aurait pu aller dans la salle commune avant d’aller manger un morceau, un infime morceau de ce que son corps tolèrerait, mais elle savait qu’elle pourrait y croiser une Irisia inquiète. Alice ne voulait pas la voir, ni elle, ni Brett, ni Aliosus. Elle les aimait trop pour leur infliger le poids de ses états d’âme. Elle voulait être seule, un petit peu, avant de retourner affronter le regard des autres. Et, surtout, il lui fallait faire disparaître l’odeur immonde qui s’échappait de sous sa compresse. Un peu d’eau ferait l’affaire.

C’est ainsi qu’Alice grimpa les étages qui la séparait des toilettes des filles. La fillette comptait sur l’appétit de chacun pour oublier les quelques envies pressantes. Lorsqu’elle poussa la porte des bois des toilettes, Alice attendit un instant, observant l’endroit. Il n’y avait personne, et personne ne semblait être dans les cabines. Parfait. La porte refermée, Alice s’avança jusqu’à l’évier le plus éloigné de la sortie. Le reflet sur lui renvoyait le miroir fut soigneusement éviter. Se regarder, c’était quelque chose de terrible pour l’enfant. Elle ne s’imposait plus jamais sa vision, sauf lorsqu’il fallait nettoyer sa blessure. Alice se savait laide, il était inutile de le confirmer encore une fois.

Son sac déposé sur le rebord de l’évier, précédemment essuyé des quelques gouttes d’eau par le revers de sa robe, Alice entreprit de retirer sa compresse. Son visage se tordait en une grimace d’inconfort alors que le tout s’arrachait à sa plaie en une son visqueux. Alice en aurait eu la nausée si son ventre n’était pas si vide. Enfin, la compresse fut retirée, froissée et jeter à la poubelle.
Alice était à nue désormais, agressée par les picotements qui irradiait sa chaire à vif et l’odeur qui meurtrissait ses narines. Sans jeter le moindre regard à son reflet, elle ouvrit le robinet et récupéra l’eau qui s’en écoulait en filet pour nettoyer ses mains puis, bientôt, sa plaie. La morsure du froid la faisait frissonner, mais bien moins que le contact de sa peau contre sa blessure. Elle serrait les dents, retenait tout gémissement plaintif qui pourrait en sortir. Il fallait être forte, les plus grandes douleurs qu’elle pouvait éprouver étaient passées à présent. Maintenant, il ne s’agissait plus que de la guérison, de la lente, très lente, guérison. Un jour, sa plaie deviendrait cicatrice, elle n’aurait plus à se meurtrir trois fois par jour. La seule douleur qui lui resterait serait le regard des autres.

Enfin, ses yeux se relevèrent sur le miroir. Ses longues boucles blanches coulaient sur son épaules, jetées là le temps des soins. Sur sa mâchoire roulait quelques perles d’eau jaunâtres, nourries par la mixture qu’Alice avait badigeonné sur sa joue ce matin. Et surtout, surtout, il y avait ce mot, lacéré dans sa chaire. Traîtresse. Cela la touchait toujours en plein cœur. Si Carry avait décidé de lui nuire toute sa vie, c’était chose faite. Elle haïssait ce qu’elle était à présent. Elle était laide, fébrile, faible, insipide. Elle n’était plus ce qu’elle était auparavant. Carry l’avait transformée d’une bien terrible manière.

Soudain, un grand fracas résonna dans les toilettes. Alice fit volte face, ses yeux exorbités par la surprise. La voilà qui avait déjà brandit sa baguette, toujours rangée dans sa poche et prête à servir.
Sous ses yeux il n’y avait pas d’ennemi mais une petite éclopée qu’Alice connaissait. Elle poussa un soupir de soulagement, sa main portée à son cœur affolé. « Bon sang » souffla t-elle, tant agacée que soulagée. Au moins, Britanny n’était pas une ennemie, Alice n’avait pas à s’attendre à un couteau dans le dos.

Un sourcil se souleva alors que son regard passait sur sa jeune recrue. Alice n’avait pas entendu dire que Britanny avait été blessée lors du bal, l’information semblait lui avoir échappé.
Et puis, instinctivement, Alice détourna son regard de la jeune fille, sa main couvrant alors sa joue meurtrie. Elle avait vu. Elle avait forcément vu, et n’affichait aucune moue écœurée par politesse. Pourquoi ne l’avait-elle pas entendu ? Son ouïe était revenu à la normale pourtant. Décidément, Alice se laissait vraiment aller. Se laisser surprendre par une première année en béquille avait quelque chose d’humiliant.

« Ça va » répondit Alice a la question à peine audible de Britanny.

Cette question lui était posé trop souvent ces derniers jours. Sa détresse devait se lire facilement sur son visage si chacun s’inquiétait.
Alice se détourna de Britanny pour fouiller dans son sac, à la recherche de sa boîte de soin. Avec une seule main ce n’était pas chose aisée, mais il était hors de question de montrer sa blessure à Britanny. Vite, il fallait y remettre une compresse et du collant, et qu’importe la mixture à badigeonner, cela attendra ce soir.

« Tu as été blessée durant le bal ? » demanda Alice en fouillant dans son sac sans jamais regarder Britanny. « Je ne me souviens pas t’avoir vue à l’infirmerie. »

Durant son court, très court séjour à l’infirmerie, Alice n’avait pas eu l’occasion de s’inquiéter du sort des autres blessés, si bien que même la présence de monsieur Penwyn lui avait échappé. A cette pensée, son ventre se noua. Comment avait-elle pu le laisser dans son lit sans demander à être installée à ses côtés ? Alice s’en voulait terriblement, son égoïsme avait été immonde ces derniers jours.
Enfin, ses doigts se saisirent de sa boîte de soin. Elle la sortie lentement pour ne pas l’échapper. Plus vite sa plaie serait cachée, plus vite Alice se sentirait mieux.

Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

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Britanny avait remarqué que sa camarade avait brandit sa baguette devant elle. Ça avait apparemment été un réflexe. Est-ce qu’elle a crut que j’étais en train de l’attaquer ? Si la situation n’était pas ce qu’elle était, la petite rousse aurait pu en rire. Encore une fois, Souris l’impressionnait. Elle n’avait qu’un an de plus mais semblait très mature. Elle avait eu l’instinct de brandir sa baguette pour se protéger, chose à laquelle la fillette ne penserait jamais. Son réflexe à elle aurait été de sursauter et espérer que personne ne lui veuille du mal. Mais Alice, elle, prenait les devant en se préparant à se défendre à l’aide de la Magie. A contrario, Britanny n’avait pas encore assimilée l’idée que sa Magie pouvait la protéger. Et tout cela lui prouvait qu’elle avait encore beaucoup de choses à apprendre.

Il ne fallut que quelques secondes à la sorcière pour reconnaître le visage de la petite rousse. Elle semblait réellement soulagée et elle porta une main sur sa poitrine, comme si, par ce simple geste, elle pouvait ralentir le rythme de se cœur, qui avait sans doute pris un peu de vitesse. Elle marmonna quelque chose que la Gryffondor ne comprit pas d’où elle était, puis l’observa doucement. La petite rousse se demanda pourquoi elle semblait si surprise avant de se souvenir de son allure. Ah oui, les béquilles. Elle se saisit correctement de ces dernières pour bien se stabiliser avant de reporter le regard vers sa camarade. Cette dernière sembla se rendre compte de quelque chose et détourna son visage, comme honteuse. Lorsqu’elle porta la main à sa joue, Britanny compris. Oh Alice… La Serpentard finit par répondre à la question de la fillette, l’air lasse, avant de se détourner complètement.

La Gryffondor l’a vit chercher frénétiquement quelque chose dans son sac et ne sut quoi faire. Elle voulait s’excuser pour le bal, elle voulait savoir réellement si Alice allait bien, elle souhaitait l’aider si elle en avait besoin. Mais, d’une part, elle ne voulait pas reparler du bal, et elle imaginait qu’Alice non plus vu son état. D’autre part, ses parents et frères lui avaient posé ces questions mais elle avait affirmé et continué à dire que ça allait pour n’inquiéter personne et ne pas avoir à penser à ce qu’il s'était passé. Et elle était trop honteuse pour demander de l’aide à quelqu’un. Ainsi, elle imaginait qu’Alice réagirait de manière similaire et elle ne savait pas quoi faire.

Alors qu’elle avait décidé de partir afin de laisser la Serpentard tranquille, cette dernière repris la parole, sans cesser sa fouille. Britanny haussa les sourcils et oublia momentanément de répondre à la question. Moi non plus, je ne l’ai pas vu. Elle s’approcha un peu en faisant bien taper ses béquilles sur le sol pour ne pas surprendre une fois de plus sa camarade, et répondit doucement :


- Hum… Oui. Je me suis pris les pieds dans des décorations au sol et…

Repenser à ces décorations fichues et à l’état de la salle lui donna des frissons. Les cris, la fumée et les Autres réapparurent dans son esprit. Elle eut la nausée un instant et ferma son esprit à ses douloureux souvenirs. Elle secoua la tête et repris.

- Enfin, c’est juste une entorse. J’ai couru pour rattraper mon frère, j’ai pas vu…

Elle s’interrompit encore une fois, se souvenant qu’elle avait abandonné le M.E.R.L.I.N. pour Charlie. La honte la saisit une fois encore. Loki avait peut-être déjà raconté à Souris que la rousse avait disparu lorsqu’il s’occupait de réunir les membres. Est-ce qu’elle avait déjà décidé de la bannir de l’organisation ? Elle décida d’orienter la discussion différemment.

- Je… Je ne t’ai pas vu non plus à l’infirmerie… Tu as été blessée lors du bal ?

Elle vit Alice sortir finalement une boite de son sac, et s’approcha un peu plus.

- Alice… Est-ce que tu as besoin d’aide pour… Enfin, pour ta joue ?

Elle ne souhaitait pas que la fillette se braque mais elle n’avait pas pu s’en empêcher. Elle n’avait pas réellement vu la blessure, simplement son importance. A cette instant, elle trouvait qu’elles se ressemblaient : toutes les deux avec leurs blessures physiques et morales.

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Silencieusement, Alice se maudissait. Pourquoi diable n’avait-elle pas vérifier que chaque cabine était bien vide ? C’était bien imprudent de sa part, et même totalement irresponsable. Et si ce n’avait pas été Britanny mais une personne mal intentionnée ? Et si Carry avait surgit à sa place, armée de sa baguette ? De sa baguette, non certainement pas, Alice avait entendu dire que miss Loewy lui avait brisé sous ses yeux alors qu’elle était encore en loque dans son lit. Ce qu’elle aurait aimé être là pour voir l’expression de Carry en entendant le craquement du bois, la mélopée d’un avenir avorté. Lorsqu’elle était allongé dans sa chambre, Irisia lovée dans ses bras, Alice s’endormait en savourant la sentence de miss Loewy. Cependant, elle aurait préféré que Carry soit expulsée chez elle. Alice ne voulait pas la croiser dans les couloirs, elle savait que cette aliénée était capable du pire. Même sans sa baguette, elle pouvait encore blesser.

Britanny en vint à questionner Alice quant à sa blessure. Il n’y avait pas de commentaire particulier, c’était seulement une question, un peu idiote soit dit en passant. Comment aurait-on pu la mutiler aussi sauvagement si ce n’était dans le capharnaüm du bal d’halloween ?

« Oui. » répondit seulement Alice, gardant une voix calme, contrôlée, neutre.

Sa neutralité vola en éclat lorsque Britanny posa une seconde question. Alice pivota un peu le buste pour regarder la première année autrement qu’à l’aide du miroir. Elle l’a considéra un moment, la surprise soudaine chassée par son calme apparent reprenant place dans ses traits. La fillette se détourna à nouveau, reportant son attention sur son propre reflet.

« Non, ça ira » dit-elle en peinant à ouvrir sa boite. Derrière ses dents s’écrasaient quelques grognements. Qu’est-ce qui lui avait prit de prendre une boite aussi difficile à ouvrir avec une main ?

« Je n’ai pas besoin d’aide » assura Alice encore une fois, aussi bien pour le signifier à Britanny que pour se rappeler à elle. Si elle avait quitté l’infirmerie, c’était parce qu’elle disait être capable de s’occuper d’elle toute seule, il était inconcevable d’accepter l’aide de quiconque par soucis de confort.

La boite parvint enfin à s’ouvrir, exposant alors un étalage de compresses, de pansements et de petites fioles en tout genre. Les macérations attendront l’heure du couché, Alice ne voulait pas que Britanny puisse sentir la moindre effluve malodorante. Aussi, elle attrapa une compresse, souleva rapidement sa main cachant sa blessure pour venir y plaquer le tissu. Il y avait là trop peu de délicatesse, et la douleur se propagea immédiatement dans sa mâchoire. Elle ferma les yeux un instant, ravalant toute cette souffrance, se maudissant pour son geste précipité.
Alice ne voulait pas que Britanny voit sa joue, ni qui que ce soit. C’était trop tôt, beaucoup trop tôt. La Serpentard n’acceptait toujours pas d’avoir été défigurée. Chaque matin était comme le réveil d’un cauchemar, et chaque matin était une désillusion lorsque ses doigts effleuraient son pansement. Ce serait cela toute sa vie, Alice en était persuadé. Jamais elle ne pourrait accepter et faire son deuil. Sa beauté s’en était allé, jamais elle ne ressemblerait à tante Élise. On lui répéterait qu’une blessure ne fait pas d’elle une enfant laide, toute sa vie. Des mensonges, seulement des mensonges. Des mensonges pour qu’un matin, il ne lui vienne pas l’envie de se planter sa baguette dans l’œil jusqu’à ce que mort s’en suive.

« Au moins ce n’est qu’une entorse, ce n'est pas cassé ou arraché » lança Alice en regardant la jambe de Britanny depuis le miroir. « Ça s’arrangera vite... ménage ton pied et tout ira bien. »

Donner des conseils sur la meilleure façon de guérir, tenter de rassurer Britanny alors qu’elle même peinait à se rétablir et à garder la tête de l’eau, c’était presque ironique. Peu importait, de toutes façons.
Alice se tourna finalement pour faire face à Britanny. Alliée ou non, elle n’aimait pas être dos à qui que ce soit. C’était une question de politesse, et d’autre chose aussi. La Serpentard n’aimait pas se l’avouer, mais il était vrai que depuis quelques temps, quelque chose n’allait pas, elle était incapable de se tenir dans une pièce sans imaginer le pire. Cette sensation de détresse était exacerbée par la présence des autres.

Ses yeux d’argent posés sur Britanny, sa main plaquée sur sa compresse, elle ne disait mot, attendait une quelconque continuité à la discussion, ou un départ. Alice avait des choses à faire, et elle voulait les faire vite avant que d’autres personnes ne rentre dans les toilettes des filles.

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Britanny n'osait pas trop bouger. Elle attendait une réponse de la Serpentard qui semblait perdue dans ses pensées, une main sur sa joue. La fillette était plutôt du genre à agir avant de réfléchir. Et à présent, elle trouvait sa question assez stupide. Bien sûr que ça a du se passer au bal, et évidemment tu mets les pieds dans le plat ! La rouquine baissa la tête, gênée par la situation. Et la réponse de sa camarade fut courte et précise : oui. Alice semblait tout à fait maître de ses émotions et avait apparemment instaurer un ton détaché pour parler de ce fameux soir d'Halloween. C'était comme si la jeune fille avait érigé une barrière autour d'elle pour paraître inébranlable. Britanny avait essayé de créer cette façade elle aussi à l'école, alors qu'on se moquait d'elle en permanence. Cela avait marché quelques temps, avant que tout s'effrite et s'écroule. Nathan avait été là à ce moment, et heureusement vu son état. Ce n'est que lorsqu'elle avait raconté à son frère tout ce qu'il se passait qu'elle s'était senti mieux. Elle n'allait pas conseiller à Alice de parler à quelqu'un, elle ne l'écouterai certainement pas, elle n'avais pas une grande relation non plus. Mais elle espérait qu'elle comprenne que ça lui ferait du bien.

C'est sa seconde question qui semblait fissurer légèrement la carapace de la Serpentard. Elle se tourna vers la rousse sous la surprise et la fixa un moment. Assez longtemps pour que la fillette retourne sa question dans tous les sens, cherchant un problème invisible. Finalement, Alice se retourna de nouveau, le calme ayant repris sa place dans ces yeux et son attitude. Elle finit par décliner son offre et s'attela à l'ouverture de la petite boîte, avec une seule main. Alors que la petite rousse voyait bien qu'elle avait un peu de mal, elle allait s'approcher mais Alice répéta qu'elle n'avait pas besoin d'aide. Elle ne sut pas vraiment si ce message était destinée à elle-même ou à sa camarade, mais elle décida de ne pas intervenir.

Finalement, la Serpentard réussi au bout d'un petit moment à ouvrir sa boîte et Britanny découvrit de loin tout un attirail de soins. De ce qu'elle pouvait voir, elle identifia pas mal de petites filles, des pansements ainsi que des compresses. Bien sûr, Alice était là pour refaire son pansement. Mais alors qu'elle allait détourner les yeux pour lui laisser un peu d'intimité lorsqu'elle nettoierai sa blessure, elle l'a vit simplement remplacer l'ancienne compresse sans appliqué quoi que ce soit. Et le geste sembla être trop brusque car elle vit sa camarade fermer les yeux avec une petite expression de douleur contrôlée.

Pour lui laisser un peu de temps, la fillette se retourna et alla refermer la porte des toilettes qu'elle avait laissé ouverte après sa presque-chute. Elle voulait sincèrement parlé à Alice, s'excuser de s'être envolé à un moment, d'avoir abandonné son binôme alors que c'était à ce moment que le M.E.R.L.I.N. avait le plus besoin d'elle. Mais elle ne savait pas comment aborder le sujet. Surtout après avoir vu l'état psychologique de Souris. Elle n'a certainement pas envie de parler de ça. Elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour commencer son monologue qu'elle venait de préparer dans sa tête quand elle entendit sa camarade reprendre la parole. Elle hocha la tête à ses paroles puis se souvient qu'elle lui tournait le dos et qu'elle ne pouvait donc pas la voir. Elle répondit doucement en se retournant, gênée par ses béquilles.


- Oui, c'est pas bien grave, je sais. Et puis, je me muscles les bras au moins !

C'est peut-être pas le moment de faire de l'humour là. Britanny fronça les sourcils en réponse à sa conscience. Elle était reconnaissante à Alice de lui donner des conseils. Et puis, cela prouvait que Souris n'était pas perdue. Cette dernière finit par se tourner vers elle et l'observa, semblant attendre quelque chose. Sa main était toujours plaquée sur sa compresse.

- Tu… tu devrais peut-être nettoyer ta plaie. Enfin, ma mère travaille dans la biologie et elle m'a expliqué pourquoi c'était important… Les bactéries tout ça...

Appuyé contre le mur, elle lâcha une des béquille et se passa la main dans les cheveux en signe de gêne. C'était le moment ou jamais. Elle souffla puis se lança :

- Alice, je… Je voulais m'excuser. Peut-être que Loki t'a parlé un peu de ce qu'il s'est passé ce soir-là. Je suis désolée de l'avoir abandonné à un moment. J'ai fais la première chose que tu m'as demandé - le trouver - mais après j'ai disparu alors qu'on cherchait les autres membres. C'est pas super comme comportement alors que l'organisation avait besoin de nous tous mais… Enfin, mon frère… Charlie, il…

Elle ne put continuer, les larmes lui montant aux yeux en se souvenant de la peur qu'elle avait eue. Elle prit une profonde inspiration et finit dans un murmure.

- Il fallait que je le trouve. J'espère que tu veux toujours de moi quand même.

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Britanny était une gentille fille, Alice n’avait jamais douté de cela. Elle était agréable, avait le coeur sur la main et était motivée à l’idée d’aider son prochain. C’était la plus jeune de ses recrues, et même si seulement une année les séparait, Alice se sentait un peu responsable d’elle. C’était idiot, ce n’était pas elle son binôme, et faire du sentimentalisme privatisé n’était pas une belle chose. Mais Britanny avait ce petit côté touchant, cette volonté de bien faire, qui frappait Alice en plein coeur. C’est pour ces personnes là qu’Alice faisait de son mieux au quotidien, il fallait que plus d’élèves soient comme Britanny. Si c’était le cas, les journées seraient plus belles et l’avenir moins sombres.

Mais aussi gentille soit Britanny, Alice n’aimait pas que l’on tourne autour du pot. Elle avait des choses à lui dire, c’était indéniable. Et pourtant, Britanny ne parlait pas, continuait à parler de cette blessure dont Alice ne voulait pas parler, certainement pas ici. Elle aurait nettoyé sa plaie si elle en avait eu le temps ! Ce n’était pas un joli spectacle, elle ne voulait pas l’imposer, et surtout pas à un membre du MERLIN. Elle savait à quel point c’était laid, et si ce n’était pas sur sa joue, si elle avait cela sous ses yeux à tout bout de champ, Alice en ferait certainement des cauchemars.
Elle en faisait déjà, des cauchemars, mais au moins ne voyait-elle pas son visage. Son inconscient se “contentait” de lui montrer tantôt son père torturé, tantôt le visage infâme du manteau noir qui l’avait agressé cet été, tantôt celui de Carry Harrison penchée sur elle, sa baguette retrouvée. Comment diable parvenait-elle encore à trouver le sommeil ? La véritable question, c’était pourquoi diable Alice ne prenait-elle pas sa potion de Sommeil sans Rêves qui prenait la poussière dans sa table de chevet ? Cette réponse, elle la connaissait bien sûr, Alice connaissait toutes les réponses à son sujet, elle se connaissait bien. Si elle s’infligeait chaque nuit ces cauchemars, c’était pour voir son père. C’était tordu, mais elle avait peur d’oublier son visage. Cela faisait si longtemps à présent qu’elle ne l’avait vu… les rêves qui meurtrissaient son sommeil valait le coup de les vivres : au bout du compte, elle y retrouvait son père, quand bien même il était secoué par des sortilèges terribles.

La Gryffondor orienta enfin la discussion sur la vraie raison qui l’avait poussée à parler avec Alice. Elle l’écoutait sans un mot, buvait ses regrets sans faire de commentaire. C’était difficile d’entendre cela. Pourquoi diable s’excuser ? Britanny avait certes “désobéi” mais Alice ne pouvait lui en vouloir, personne ne le pouvait.
Les larmes qui humidifiaient les yeux de Britanny étaient terribles à voir. Elle s’en voulait tellement.

« Alors c’est de ça dont tu voulais me parler » lança Alice en se tournant pour revenir à sa petite boîte de médecine. Elle en attrapa une autre compresse, bien plus grosse celle là. Elle en détacha ses bords qui libérèrent des surfaces collantes. C’était un pansement, quelque chose comme cela, une belle invention moldue, très pratique. Elle vint la placer sur la compresse de sa joue et l’y installa soigneusement, enfin, autant que sa condition lui permettait. Ce n’était pas parfait, mais au moins cela cachait le tout. Alice agita un peu sa tête pour replacer ses grosses boucles sur son visage, puis se tourna à nouveau, ses yeux d’argent braqués sur Britanny.

« C’était une terrible soirée. Tu n’as pas à t’en vouloir d’avoir préféré ton frère à quoi que ce soit d’autre. D’accord ? Personne ne contrôlait rien, nous n’étions pas préparer à ce qui s’est passé, et ça c’est de ma faute, j’aurais dû… »

* Quoi donc ? * gronda silencieusement Alice. * Prévoir une attaque de suprémacistes Sang-Pur au sein même de l’école, sous le nez de miss Loewy, monsieur Penwyn, monsieur Saunders et tous les autres ? Impossible. Personne n'aurait pu. * Et pourtant, même en le reconnaissant, Alice s’en voulait. Même si personne n’aurait pu prévoir tout ça, elle aurait dû préparer le Merlin à ce genre d’horreur. C’était à elle de le protéger, et elle n’avait rien fait. Pour donner des ordres, Alice était forte… mais pas pour le reste des responsabilités que lui incombe son rôle de fondatrice du Merlin.

« Ne t’en veux pas, s’il te plait. » poursuivit Alice. « Bien sûr que je veux encore de toi dans le Merlin. Je suis fière de ce que tu as montré même si tu n’as pas poursuivi. Tu n’as pas hésité à faire ce que je t’avais demandé. Peut-être que tu as disparu ensuite pour chercher ton frère, mais ça ne change rien. Tu es une bonne recrue, tu as ta place au sein du Merlin. Tu es brave, tu le rends plus fort. »

Ce qui n’était pas le cas de Wilson qui avait, encore une fois, brillé par son absence. Lui aurait certainement pu faire la différence, ce soir là. Peut-être que si il avait été là …

« Je ne veux plus que tu t’excuses. C’est compris ? »

Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

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Alice resta de marbre au discours de la fillette. Elle la regardait, attendant qu'elle termine son discours, qu'elle dise tout ce qu'elle voulait dire. Britanny eut honte de pleurer devant Souris. Elle détestais se montrer faible face aux autres. Elle avait appris à rester stoïque devant les remarques de ses camarades à l'école, pour évacuer sa tristesse et son mal-être seulement à l'abri des regards. Elle avait évoluer depuis les premiers piques qu'elle avait reçu. Au début, elle partais se cacher en courant. A la fin, elle évitait les contacts et, s'il y en avait, elle tentait de rester impassible. Mais c'était la première fois qu'elle avait eut peur pour un membre de sa famille, et pas pour elle-même. La situation avait été inédite et trop difficile pour elle. Elle ne voulait plus jamais revivre ça. Ne pas savoir quoi faire, ne pas savoir où se trouve son frère, ne pas réussir à le rejoindre, le perdre de vue une nouvelle fois, ... Non, plus jamais. Et faire parti du M.E.R.L.I.N. l'avait aidé à ne pas céder à la panique tout de suite. Elle avait écouter les recommandations d'Alice et avait tenté de les appliquées, même si son esprit lui avait vite rappelé que Charlie était lui aussi dans la salle. Britanny était sûre que cette organisation l'aiderait, d'une façon ou d'une autre. Elle devait apprendre à gérer ces émotions, à distinguer qu'elles étaient les priorités dans une situation compliquées, et surtout, apprendre à réagir correctement, que cela soit avec ou sans la Magie. Elle avait été incapable de se servir de sa baguette ce soir-là, et ne voulait pas que cela se reproduise.

Finalement, Alice prit la parole, mais cela ne rassura pas la rousse. Elle semblait totalement détachée, et elle lui avait de nouveau tourné le dos pour fouiller dans sa boite. La fillette se ressaisit et essuya rapidement les larmes traîtresse à l'aide de sa robe de sorcier et attendit que Souris continue. Elle ne savait pas si elle devait s'attendre à des remontrances ou pas, et elle fixait son dos, la peur au ventre.
Enfin, après avoir déposer un pansement sur sa joue et cacher le tout légèrement à l'aide de ses cheveux, la Serpentard se tourna une nouvelle fois vers Britanny, qui baissa instinctivement la tête en fermant les yeux. Elle attendait la sentence.

Alors qu'elle ne s'y attendait pas, Alice la rassura doucement. Relevant doucement son visage, la rouquine écouta sa camarade en silence. Elle la vit s'interrompre, semblant ne pas savoir quoi dire. Sa faute ? La rousse ne voyait pas pourquoi elle s'en voulait. Elle a bien réagit... Souris enchaîna rapidement, ne lui laissant pas le temps de s'interroger davantage. C'est avec une joie dissimulée que la rousse accueillit les paroles de sa camarade. Alors je reste au M.E.R.L.I.N.. La Serpentard lui fit alors des compliments qui la touchèrent sincèrement. Elle baissa la tête, gênée. Brave ? Jamais personne ne lui avait attribué cette qualité. La qualité de sa Maison. Une autre larme lui échappa. Elle ne pensait pas que cela lui ferait autant plaisir.

Se redressant, elle acquiesça à la demande d'Alice. Oui, enfin avant de s'arrêter, il faut aussi présenter tes excuses à Alexei. Hochant une nouvelle fois la tête, à ses pensées cependant, Britanny décida de revenir sur un point et murmura :


- Je ne crois pas que tu aurais pu faire quoi que ce soit d'autre. Tu as donné des directives très vite et tu as bien géré alors qu'on avait jamais imaginé que ça pouvait arriver. Je t'ai trouvé impressionnante.

Elle passa une main dans ses cheveux et continua doucement :

- Et... enfin, je... Merci. Pour ce que tu as dit. J'espère que tu as raison. En tout cas, je ferais tout pour continuer à me montrer digne de ta confiance. Et merci de m'avoir écouter. Je suis désolée pour... Enfin je voulait pas te rendre mal à l'aise avec...

Britanny lança un regard à la joue d'Alice pour lui indiquer de quoi elle parlait, puis reporta rapidement son attention sur les yeux de la fillette.

- Enfin, si besoin... Bref, hésite pas.

Elle se repositionna correctement sur ses béquilles et s'adressa à Alice plus clairement.

- Je... Je vais te laisser tranquille. Ça va aller ? Tu as besoin de quelque chose ?


Désolée pour le temps de réponse...

7ème année RP en 2050-2051 - #800000
Nos sentiments comptent

Inquiétudes RPG++
Alice étira un maigre sourire en réponse aux compliments de Britanny. Non, elle n’avait pas été impressionnante, loin de là. Elle avait agis parce qu’il avait fallu agir. Et puis, en réalité, non, elle n’avait rien fait. Rien pour le Merlin, en tout cas. Mais cela, Britanny n’avait pas besoin de l’entendre, mais maintenant qu’Alice lui avait redonné un peu de confiance en elle. Si elle n’était pas une bonne dirigeante, Britanny elle était une bonne recrue. De tous les membres du Merlin, ce fut la seule à s’inquiéter de son rôle lors du bal. Personne n’était venu la voir, ni Rufus, ni Alexei, ni Lili, ni Wilson. Personne. Tant mieux, finalement. Alice ne voulait pas les voir. Elle ne voulait en voir aucun. Rufus la considérerait avec trop de flegme, cela mettrait Alice hors d’elle. Elle l’imaginait déjà regarder sa joue avec un air dubitatif, comme si lui aurait pu tout éviter, comme si il était le plus fort d’entre eux. Le maudit.
Britanny, elle, avait cette douceur, cette candeur, cette volonté de bien faire. En la regardant avec toute cette motivation qui la définissait, Alice en était envieuse. Jamais elle n’avait été ainsi. On lui avait arraché cela lorsqu’on lui avait volé son père. Alice avait douze ans, Alice n’en avait pas cette impression. Elle se sentait lasse, acculée par des milliers de problèmes et de responsabilité, l’inquiétude la meurtrissait tous les jours un peu plus. Ce n’était pas la vie d’une enfant, Alice ne voulait pas de tout cela. Elle voulait se reposer, fermer les yeux et retrouver sa vie. Retrouver son père, frapper un grand coup dans les jambes de cette malédiction qui lui avait été jeté. Il s’agissait forcément d’une malédiction, rien d’autre n’aurait pu briser ainsi sa vie.

Les yeux verts de Britanny s’étaient posés sur la joue d’Alice alors qu’elle s’excusait précisément pour cet acte qu’elle répétait pourtant. La rendre mal à l’aise … Non, Britanny était loin du compte. C’était Alice qui craignait que les autres le soient à son contact, et la Gryffondor confirmait cela. Alice remua un peu la tête comme pour dire que ce n’était rien. Elle ne voulait surtout pas en parler, elle voulait seulement que cette discussion se termine, qu’Alice puisse s’en aller vaquer à ses occupations. Quelle qu’elles soient.

Britanny s’en allait désormais, mais s’inquiétait encore un peu de l’état d’Alice. Inquiéter une autre en béquille, c’était cocasse. Elle devait vraiment faire peine à voir pour ainsi inspirer la pitié. C’était tout de même gentil de la part de Britanny.

« Non, ça va. » répondit Alice en se retournant. « Je n’ai besoin de rien. Merci. »

Sans un mot supplémentaire, Alice se saisit de sa trousse de soin qu’elle referma pour la ranger dans son sac. Sans précipitation, même si elle voulait quitter cet endroit au plus vite. C’était mal poli de ne pas faire la discussion, de tourner le dos à Britanny qui s’inquiétait pour elle, mais Alice n’avait pas la force de discuter. La paix, c’était tout ce qu’elle désirait. S’enfoncer dans le fauteuil de la salle commune, étirer ses jambes jusqu’à sentir la chaleur de la cheminée lui lécher les pieds, et attendre sagement l’arrivée d’une Irisia, d’un Brett et d’un Aliosus.

Elle referma son sac pour le passer à son dos, avant de reposer enfin ses yeux sur Britanny.

« Prends soin de toi avant de penser aux autres. » dit-elle. « Nous nous reverrons vite. »

Et sur un fin sourire, Alice ajusta son sac d’un petit coup d’épaule et quitta les toilettes abandonnées. Elle ouvrit grand la porte pour permettre à Britanny d’en sortir plus facilement lorsque cette dernière désirerait s’en aller. Alice ne serait plus là, Alice craignait de devoir partager un morceau de chemin avec Britanny. Avec qui que ce soit, de toutes façons.
Un jour viendrait où il lui faudrait mettre un mot sur ce mal être qui la rongeait. Elle avait peur pour son avenir doré qui était à présent condamné. Il n’y aurait plus de joli sourire, plus d’insouciance. Alice n’aurait plus rien d’autre que des larmes et du sang. De gros nuages noirs dans son ciel qu’elle aurait voulu d’un bleu éclatant.


Fin du RP, merci pour ce beau moment !

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Inquiétudes RPG++
Étrangement, Alice ne réagit pas vraiment aux propos de la rouquine, lorsque cette dernière lui fit part de son ressentit face à comment elle avait géré cette crise au bal. Son sourire était mince et semblait juste là par politesse. Comme si elle ne croyait pas vraiment ce qu'elle lui disait, comme si elle n'était pas vraiment d'accord mais ne souhaitait pas échanger à ce sujet. Elle avait apparemment décidé qu'il était inutile d'en dire plus, et le clôturait sans rien avancer de plus. Cette réaction laissa la fillette perplexe. A cet instant, c'était comme si sa camarade portait tout le poids du monde sur ces épaules, mais était résignée à ce que cela soit ainsi. Elle lui faisait penser un peu à elle quand elle devait aller à l'école et revoir ses bourreaux, se sentant idiote, inutile et lâche, mais ne faisant rien pour changer cela, n'en n'ayant pas la force.

Une excuse supplémentaire pour avoir été maladroite avec ses mots, mais encore une fois, Souris ne dit rien. Elle se contenta de secouer la tête. Britanny grimaça en la voyant faire, elle savait que ses excuses avaient été nulles. Elle doit penser que j'ai de la pitié maintenant. Elle ne voulait juste pas pointer sa joue du doigt et avait donc jeter un regard dessus pour lui faire comprendre de quoi elle parlait. Mais évidemment, elle aurait peut-être simplement dû ne plus en parler. Lorsqu'elle pensait à ces derniers mois à l'école primaire, personne ne l'avait approché et, bien que cela fut reposant, ça n'avait pas été une super période non plus. Au fond, elle aurait aimé qu'ils se rendent compte et qu'ils viennent s'excuser pour leurs comportement, pour qu'ils voient qu'elle n'avait rien de bizarre. Mais leur silence l'avait conforter dans cette idée qu'elle n'était pas normale pour les autres. En s'excusant auprès d'Alice, elle voulait lui montrer qu'elle ne se souciait pas de cela, mais apparemment, cela a eut l'effet inverse.

Comme Britanny s'y attendait, la Serpentard refusa toute aide. Elle se saisit ensuite de sa petite trousse et la ferma d'un coup sec, comme si elle voulait sortir de la pièce au plus vite. La rousse ne dit rien, la laissant mettre ses affaires dans son sac et le passer sur son dos. Son manque de tact et de discernement concernant les relations entre êtres humains venaient de se confirmer avec cette discussion. Elle baissa la tête, mal à l'aise face à elle-même.

Elle était en train de se dire qu'elle devrait vraiment éviter les contacts avec les autres lorsqu'Alice reprit la parole. Cela lui fit redresser la tête immédiatement. Penser à moi avant les autres ? Si la situation s'y prêtait, Britanny en aurait ri. Elle avait passer son enfance à penser à sa famille avant elle, leur cachant ses problèmes pour ne pas les inquiéter. Elle ne savait pas faire ça, penser à elle. Elle ne se rendait même pas compte qu'elle se préoccupait plus des autres que d'elle. Après des années à se remettre en question à cause du regard d'autrui, elle avait ce réflexe d'essayer de savoir ce que l'autre avait besoin, ce que l'autre voulait qu'elle soit. Alors ce n'est pas en deux mois passé dans une nouvelle école que cela allait changer malheureusement.

Alors, comme sourit avant elle, elle lui fit un maigre sourire, un sourire résigné qui n'appelle pas à approfondir la discussion car c'était inutile de son point de vue.


- A bientôt Alice, murmura-t-elle.

Elle vit bien qu'en sortant, cette dernière avait ouvert la porte en grand, afin de faciliter la sortie de la petite rousse. Elle partit sans un mot de plus, mais laissant une attention qui faisait que Britanny n'avait aucun doute sur le fait que c'était quelqu'un de bien.

Une fois qu'elle eut disparue de son champ de vision, il fallut quelques seconde à la fillette pour se souvenir de bouger. Sa jambe d'appui la faisait souffrir maintenant qu'elle reprenait ses esprits. Elle s'appuya correctement sur ses béquilles et avança jusqu'aux lavabo pour se rincer le visage. Après avoir soufflé un peu, elle reprit son chemin pour rejoindre son dortoir et s'effondrer sur son lit.

Fin du RP
Merci beaucoup à toi Alice ^^

7ème année RP en 2050-2051 - #800000
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