Maudits volatiles
Première partie: L'arrivée de la lettre
Fin Août 2044, Banlieue de Londres
Comme à son habitude, a famille Gallagher rentrait de Sainte-Lucie où ils avaient passé l’été. C’était l’accord qui avait été conclue avec la famille d’Elysha, seul moyen pour eux d’accepter son départ pour des îles si lointaines. Sophie et ses parents passaient donc là-bas près de deux mois pleins chaque année. Ces vacances de l’été 2044, c’était d’ailleurs formidablement bien déroulées. Il avait fait magnifiquement beau ce qui leur avait permis de profiter de l’île et de ses lagons de sable fin.
Quelle ne fut donc pas leur surprise de rentrer chez eux, dans leur petite banlieue de Londres, pour retrouver leur perron de bois blanc ensevelit sous des fientes d’oiseaux et une pile de lettres qui dépassait de sous l’ouverture de la porte.
_ Ah mais, c’est pas possible ces animaux-là ! s’écria rageusement Elysha. Il faudrait tous les faire passer à la marmite.
Liam, profond défenseur de la cause animale, d’ailleurs végétarien depuis de nombreuses années, ne semblait pas vraiment partager l'opinion de sa femme. Néanmoins, la nitescence de son regard en disait long sur l’amour qu’il lui portait. Il affectionnait tout particulièrement son impétuosité qui contrastait avec son flegme anglais caractéristique.
Laissant ses parents débattre des bienfaits ou non de la marmite, Sophie regardait attentivement une des lettres qui dépassait du pas de la porte. Il lui semblait y voir inscrit son nom d’une écriture élégante. Trépignant de joie, elle tira sur les vêtements de sa mère pour attirer son attention et s’écria:
_ Regardez, regardez ! On m’a écrit une lettre !
Dans son excitation, elle ne prit même pas la peine de s’avancer pour récupérer la dite lettre. Celle-ci sauta directement dans ses mains. Ses parents échangèrent alors un regard inquiet et entendu. Ce n’était pas la première que ce genre d’incident se produisait et il ne fallait surtout pas que quiconque remarqua les aptitudes extraordinaires de leur enfant chérie. Sans perdre un instant, Liam attrapa Sophie pendant qu’Elysha ouvrait précipitamment la porte de la maison afin qu’ils puissent se réfugier des regards indiscrets.
Une fois à l’intérieur, Sophie, consciente d’être la cause du chamboulement soudain, retenait difficilement ses larmes.
_ Je suis désolée… je… je ne voulais pas… réussit-elle à articuler la gorge nouée.
_ Ça va aller ma chérie, la rassura son père en s’agenouillant à sa hauteur. Sophie regarde-moi ! dit-il en levant gentiment la tête de l’enfant qui avait jusque alors les yeux rivés sur le carrelage. Sophie, ne pleure pas, nous ne voulions pas te faire peur. Mais, Darling, il faut que tu fasses très attention ! Tu es quelqu’un d’incroyable avec un don unique. Mais tes petits tours peuvent être dangereux. Qui sait les personnes mal intentionnées qui par convoitise, par peur ou par jalousie chercheraient à te faire du mal.
_ Ton père a raison tu sais, continua Elysha une lueur de douleur dans les yeux. Certaines personnes peuvent avoir peur de ce qui est différent, de ce qu’il ne connaisse pas ou de ce qui apporte des changements. Ils se mettent à détester sans raison ce qui a causé chez eux cette angoisse irrationnelle. La peur se traduit en repli sur soi, en haine inconditionnelle de l’autre. Et cette haine est une maladie extrêmement transmissible, de parent à enfant, d’ami à ami. Tellement transmissible qu’ils ne se souviennent même plus du pourquoi ils se sont mis à détester au départ, sauf que l’agressivité persiste. Nous ne voulons pas que tu deviennes une victime innocente de la haine.
La jeune fille hocha la tête, elle ne comprenait pas encore tout ce qu’essayait de lui expliquer ses parents. Comment peut-on haïr quelqu’un ? Pourquoi détester une personne sans raison ? Mais surtout pourquoi lui en vouloir à elle ? Elle leur sourit néanmoins et monta dans sa chambre, la lettre à la main.
Suite à son départ, Liam et Elysha échangèrent un regard qui en disait long. Ils n’avaient pas besoin de se parler pour savoir ce que l’autre pensait. Ils souhaitaient par-dessus tout protéger leur enfant. Mais ils savaient très bien que c’était impossible, qu’elle était différente et qu’elle aurait donc à se battre toute sa vie contre les préjugés. Ils comptaient bien néanmoins essayer de retarder au maximum ce moment
Nitescence, défi réalisé @Elfie Sweetheart
Enfant du démon et mangeuse d'âmes!
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